Le débat public sur les commémorations historiques ne semble pas prêt d'atteindre l'Education nationale, coincée dans sa rengaine guerrière et patriotique. Pour le 11 novembre 2008, la traditionnelle circulaire ministérielle (BO, 22/06/2008) reprend les lourdes injonctions de Sarkozy sur le « devoir de mémoire » et les lieux communs sur les « combattants morts pour la France ».
Les partenaires privilégiés par l'administration pour sensibiliser les jeunes à cette période de l'Histoire sont recherchés exclusivement du côté des autorités militaires (ministère de la Défense) ou des anciens combattants, dans les rangs desquels dominent très majoritairement les combattants d'Algérie et d'Indochine, dont l'omniprésence dans les écoles, lorsqu'il s'agit de mémoire, devrait inquiéter les enseignants.
Au niveau local, par exemple dans la Meuse, les projets mis en place dans les écoles primaires par l'Inspection académique, sous couvert d'historicité et d'activités pédagogiques, relèvent, au mieux, de la dissimulation et le plus souvent de la manipulation la plus grossière.
Ainsi à Commercy, des élèves de CM, soigneusement encadrés par les anciens combattants, visitent les tranchées (on a déblayé les cadavres), apprennent à différencier les uniformes (ils les ont même portés pour faire plus réaliste) et découvrent les armes (on ne sait s'ils se sont exercés à leur maniement).
Bien sûr, ils chantent « la Marseillaise » et si personne n'a –du moins pour le moment– pensé à rétablir les bataillons scolaires, à Verdun, on fait écrire à des enfants de CP des poèmes sur le thème : « Si j'étais un soldat » !
Commémoration malhonnête ou obscène
Pour la trentaine d'écoles mises à contribution, la « mémoire » de la guerre se ramène à la visite de champs de bataille, de monuments aux morts, de cimetières militaires, d'enquêtes plus ou moins scabreuses sur l'équipement ou la vie quotidienne du soldat, de participation à des parades militaires. Commémoration entre malhonnêteté et obscènité, parce que, sous prétexte de rendre hommage aux morts, en réalité on honore la guerre.
Car s'il s'agit de mémoire, on aurait peut-être pu, tout bêtement, faire réfléchir les enfants aux causes de la guerre, toujours futiles en regard des résultats, leur montrer les souffrances, l'horreur des tranchées, la stupidité criminelle des chefs, les profits des marchands de canons…
Mais leur montrer aussi les champs et les villes ravagés, le travail des hommes dévasté. Leur faire découvrir, aussi, ceux qui ne voulaient pas la guerre, et qui ont dû s'exiler (Romain Rolland) ou ceux qu'on collait au poteau d'exécution ou ceux qui fraternisaient avec « l'ennemi » et découvraient en cet « ennemi » leur semblable.
Mais ne pas oublier, non plus, les larmes des orphelins. Leur parler, tout simplement, de paix plutôt que de gloire factice, de honte plutôt que d'honneur. Déshonorer la guerre plutôt qu'en faire la promotion. S'agit-il vraiment de « mémoire » que l'on veut entretenir ou d'amnésie, d'aveuglement, devant ce qui reste la pire des monstruosités : la guerre ?
Le sens du souvenir : empêcher le retour
Car si le souvenir d'une guerre ou d'un épisode dramatique de l'Histoire doit avoir du sens, n'est-ce pas avant tout pour en empêcher le retour ?
En 1994, alors que les enfants des écoles étaient réquisitionnés pour le 50e anniversaire du débarquement en Normandie, le Rwanda était la proie du génocide que l'on sait, avec la complicité des Grands de ce monde qui se pressaient sur les plages du débarquement. Pour qu'on n'oublie pas, comme on le prétendait alors, ou plutôt pour détourner le regard de ce qui se passait sous nos yeux ?
Depuis 1918, les guerres n'ont jamais cessé, même si elles se sont déplacées, alimentées par le commerce des armes et les budgets militaires démentiels. Alors que le monde a dépensé l'an passé plus de 1200 milliards de dollars pour faire la guerre et que les prévisions de la France seule en équipements militaires pour les prochaines années avoisine les 200 milliards d'euros, comment croire à l'honnêteté des cérémonies commémoratives du 11 novembre ?
A ces écoliers de la Meuse et d'un peu partout, manipulés par des commémorations qui en viennent à glorifier la guerre, il faut surtout montrer que la guerre –malgré les parades, les hymnes, les discours de tous les « détrousseurs de cadavres et imposteurs“- n'a jamais d'excuse, qu'elle n'est jamais belle, qu'elle n'est jamais un jeu. Il faut leur rappeler, avec Prévert : ‘Quelle connerie, la guerre’.



















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De flixp
13H02 | 11/11/2008 |
D'après le lien que vous avez bien voulu nous proposer, les projets des écoles sont sensiblement différends. Plus ou moins pacifistes ou militaristes.
Ne serait-ce pas à l'enseignant et à l'équipe pédagogique de l'établissement de définir exactement la mise en application des directives académiques ?
à flixp
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 17H49 | 11/11/2008 |
Je conviens que quelques projets ne manquent pas d'intérêt mais globalement on ne pose jamais les questions qui pourtant, en 2008, sont les seules légitimes :
- Comment en est-on arrivé là ? Parce qu'on l'a bien voulu.
- Etait-ce évitable ? Oui.
- Comment faire pour que ça ne se reproduise plus ? En développant en toutes circonstances une logique de paix plutôt que d'affrontement.
Contre la folie des hommes en 14-18, la seule réaction légitime était la révolte.
à Bernard Girard
De karlM
18H13 | 11/11/2008 |
Suite au rapport THELLOT, le (N ième), parents et enseignants demandaient une éducation à la « gestion non-violente des conflits », resté lettre morte.
Hélas notre système privilégie le programme (la programmation) et pas l'élève (qui dysfonctionne ! ! )
De plus les programmes sont mis au point par des élites débiles !
à karlM
De Lairderien
23H10 | 11/11/2008 |
Ne diffamez pas les zélites, svp, elles sont très intelligentes, puisqu'elles arrivent à se perpétuer sans jamais changer, en se transmettant par héritage (presque net d'impot, merci qui ? )de père en fils, leurs valeurs (monétaires et immorales) de supériorité sur les pôv cons de la masse du peuple.
à Bernard Girard
De Lairderien
18H30 | 11/11/2008 |
Oui vous avez entièremenr raison, mais ceux qui étaient contre cette guerre, étaient relativement rares.
certains, comme Jaurès l'ont payé de leur vie.
Déja à cette époque le bourrage de cranes fonctionnait bien, pensez les prussiens nous avaient enlevé l'Alsace et la Lorraine ! !
Pendant plus de 40 ans, de la fin de la guerre de 1870 jusqu'en 1914, dans les écoles la préocupation était de préparer la revanche.
De nos jours sur le fond, rien n'a véritablement changé, c'est seulement plus subtil et l'ennemi n'est plus clairement désigné, seul reste la glorification de la guerre.
C'est la seule manière de justifier l'ampleur du complexe militaro-industriel existant dans tous les pays et qui se nourrit, au sens littéral, de tous les conflits aux 4 coins de la planète.
Ces conflits plus ou moins violents ou larvés, consomment les matériels de guerre au sens large, à une vitesse bien plus élevée que toute autre production de biens qui permettraient d'améliorer le sort de l'humanité.
Avec les armes la croissance est assurée, puisqu'il faut sans cesse remplacer celles détruite ou usées au combat.
Voila la seule justification des guerres, y compris et surtout le principal conflit actuel qui oppose les US à….qui au fait ? A vrai dire on ne sait pas vraiment, l'important c'est le budjet d'armement qui sert à enrichir quelques uns.
Et donc, il faut impérativement continuer à cultiver le patriotisme, glorifier la guerre à travers ceux qui l'ont faite.
Dur de vouloir aller à contre courant et parler de paix !
à Lairderien
De kestiontoi
travailleur forcé | 20H51 | 11/11/2008 |
« ou ceux qui fraternisaient avec “l'ennemi” et découvraient en cet “ennemi” leur semblable. »
Etonnant ou pas ? ?
Le citoyen français ou allemand réclamait-il cette guerre malgré le bourrage de crâne de l'époque ?
« Et donc, il faut impérativement continuer à cultiver le patriotisme, glorifier la guerre à travers ceux qui l'ont faite. » (lairderien)
Patriotisme ne voilà-t-il pas un joli mot ?
Pourquoi les riches fuient-ils la France pour ne plus payer les impots français qui leur volent leurs bénéfices si rudement gagnés ?
Par patriotisme ? ?
Pourtant ne sont-ils pas les premiers à être fiers d'être français ?
Que penser de nos sportifs qui représentent la France alors qu'ils vivent en Suisse ou à Monaco ou …. ?
Le patriotisme n'est-il pas un mot comme le mot morale juste bon à manipuler les masses laborieuses ?
D'ailleurs la patrie n'est-elle pas associer au valeur de Travail et Famille ?
Travail et Famille, deux mots pourtant opposés non ?
Ne passe-t-on pas moins de temps en famille quand on augmente son temps de travail ? ? ? ?
à kestiontoi
De LETSGONICE1
() | 22H17 | 11/11/2008 |
En effet, l'Europe devrait enfin se charger d'ôter quelques « verrues » sur les mains de son noble pouvoir, géopolitique oblige !
Et dire qu'on se posait des questions sur l'entrée de la Turquie au sein de l'Europe… On aurait mieux à faire en s'occupant d'abord de ces « anomalies ».
Et pour ce qui concerne la légitimité d'une commémoration, on pourrait s'incliner chaque jour devant ces 63 années sans guerre sur notre territoire national ! Et se demander à qui les doit-on…
Cela devrait nous faire réfléchir sur l'opportunité à faire changer les viles paroles de notre hymne national
à kestiontoi
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 09H52 | 12/11/2008 |
bonjour,
Je suis désolée de te contre dire, mais la devise de ma france c'est liberté égalité et fraternité, non travail famille patrie .
Nous sommes tous des combatants pour la liberté en france mais chacun à sa manière,
et même je dirai que ceci derange beaucoup de gens riches ou moins riche.
Il semble que toutes ces guerres ont étaient faites dans ce but …..
à moins que je n'ai loupé un chapitre……
pour cet seule raison, ceux qui sont mort pour la liberté ne doivent jamais étre oubliés.
Maintenant qu'on tire les leçons du pourquoi et comment éviter une telle guerre, ce serait judicieux.
Aux non de la liberté comme au nom de l'amour jadis, beaucoup de dictature naissent à travers le monde .
Les idéaux sont fait pour rassembler, malheuresement ces ferveurs sont toujours manipulabes à souhait !
Je vois pas ou est le problème d'honorer la mèmoire de ceux qui y ont cru et ont donné leur vie.
un grand sacrifice humain pour etre europeen aujourd'hui, hitler rêvé de l'europe !
la france et l'allemagne l'on fait, mais on parle anglais partout dans le monde !
et il faudrait rappeler aux gosses que la société de l'époque c'ètait la mèritocratie, seul le resutat comptait quel qu » en était les moyens !
et que c'est justement la défaite des allemands en 14 18, qui a provoqué « ça “.
UNE inconscience collective, à qui il faut toujours un coupable comme un gosse qui ne veut pas voir ces propres faiblesses et en rejette la faute sur l'autre.
MAIS il y a tellement de choses à dire sur le sujet !
en tous cas, il faudrait réfléchir à la socièté que nous voulons et aux moyens à employer pour y parvenir !
car ils ne sont pas tous bons !
à ganima
De El mamón méxicano
17H20 | 12/11/2008 |
Parceque les morts de 1914-1918 sont morts pour la liberté ?
Les paysans bretons qui ne savaient ni lire ni écrire mais qui étaient apréciés par les instances militaires pour leur « rusticité » (pardonnez-moi l'expression)et leur « tolérance » à la vie dans les tranchées,sont-ils morts pour la liberté ?
Il me semble que la liberté a le dos large et qu'elle est instrumentalisée pour essayer de justifier l'injustifiable…
que disaient les anciens combatants de la première guerre ? Plus jamais ça…parceque rien au monde ne peut justifier de telles atrocités,et je pense (cela n'engage que moi) qu'après avoir vécu ça on peut se demander si cela en a valu la peine.
à Lairderien
De mechante langue
21H44 | 11/11/2008 |
« Pendant plus de 40 ans, de la fin de la guerre de 1870 jusqu'en 1914, dans les écoles la préocupation était de préparer la revanche. »
Faux
« C'est la seule manière de justifier l'ampleur du complexe militaro-industriel existant dans tous les pays et qui se nourrit, au sens littéral, de tous les conflits aux 4 coins de la planète. »
Le patronat français brittanique et allemand etaient contre la guerre
Source . France Inter 19h30 vous pouvez recouter l'emmision sur le site de radio france . A votre service
à mechante langue
De Lairderien
23H16 | 11/11/2008 |
Bof, comme d'habitude, vous êtes la meilleure des méchantes langues, mais cela vous empèche de vous informer en lisant un peu pluis que vos médias favoris à la solde de, de qui, dites moi ?
Regardez qui est propriétaire du Figaro, un marchand de bonbons ou un marchand d'armes ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Et Le JDD ?
On peut continuer, mais c'est trop long.
à Lairderien
De mechante langue
02H20 | 12/11/2008 |
C'etait sur France Inter et c'etait trois historiens dont un allemand.
Je ne sais pas a la solde de qui est France Inter
à mechante langue
De reveric
Rillard | 09H48 | 12/11/2008 |
faux ?
Préparer une revanche ou préparer une guerre en exaltant le patriotisme par tout les moyens, le « sacre » du militarisme pour imposer l'Ordre Moral.
J'ai consulté l'Anthologie de la connerie militariste tome 1 de L. Seroux pour mesurer l'ampleur de la propagande de l'état depuis l'école primaire jusqu'au service militaire. Il y est représenté par exemple page 12 un extrait d'une leçon de lecture intitulé extrait d'un livre « de lecture courante à l'usage des classes enfantines » de 1919. Edifiant.
Maintenant , dis moi , que pense tu faire
Pour ce cher pays, toi dont le coeur bat
Au son du clairon, au seul mot guerre ?
( fièrement) - Moi ? Je veux grandir pour être soldat !
Felix Comte
Les petits chant des écoliers
Education, Patriotisme, culture du goût.
ed A. Colin 1908
à Bernard Girard
De ADB
observateur | 22H17 | 11/11/2008 |
Réponses un peu simplistes, émanant d'une personne qui juge en 2008 avec les pensées d'un homme de 2008.
L'article est lui aussi un peu simpliste, même si je ne peux être que d'accord sur les idées générales. Et d'accord aussi sur les questions que nous devrions nous poser sur ce fameux devoir de mémoire. Sur les guerres perpétuelles de notre monde. Sur l'argent de la guerre et de l'industrie de guerre. Etc.
Quant aux actions des enseignants et des écoliers, elles sont bien sûr aussi diverses que les opinions, les caractères et le vécu des uns et des autres. J'étais pour des raisons professionnelles à une cérémonie patriotique ce matin, et j'ai rencontré et discuté aussi bien avec des enseignants de primaire, venus avec des élèves, qu'avec des anciens combtattants, qui me semblent dans une autre logique que celle que vous dénoncez (pas tous ? ). J'ai entendu qu'« une guerre n'est jamais grande, car une guerre porte toujours en elle les germes de la haine et de la division, et cette guerre-là est née aussi d'une volonté de revanche. (…). Vive la paix. » Un « message de l'Union française des associations de combattants et de victimes de guerre », qui demandait à ce qu'il soit lu par un jeune… En tout cas, le sujet fait débat…
à Bernard Girard
De reveric
Rillard | 22H43 | 11/11/2008 |
Evitable ?
je ne pense pas que ce désastre ait été évitable.
Qu'est d'ailleurs devenu l'assassin de Jaurès ?
La propagande et la désinformation de l'état était déjà très puissante à l'époque d'où la naissance de multiple canards ( de tranchée) dont le Canards Enchaînée est le dernier survivant.
J'ai lu récemment la biographie ( de Verdun a Cayenne - M. Valette préface d « A. Jacquard ) d'un soldat passé par Verdun et ayant déserté après l'épisode du fort de Vaux. Il avait pris 16 ans de bagnes, les camps de la morts par le travail et la faim de la république française ; Il n'a jamais été réhabilité.
c'est instructif de voir comment il est rentré dans cette guerre “malgré lui”.
et de savoir comment il est ressorti du bagne.
Révolté par la guerre il l'a été tout au long de ce qu'il lui a resté à Vivre
Je pense que tout peut ces mécaniques infernales peuvent se remettre en branle tant les moyens de propagandes et de coercitions ont évolués en plus “raffiné”.
à Bernard Girard
De Tigerente
22H45 | 11/11/2008 |
Tout à fait d'accord avec vous et avec votre article.
Valoriser la paix et bien se souvenir que dans une guerre, il n'y a jamais de vainqueur : seulement d'innombrables morts inutiles, d'un côté comme de l'autre.
De Chou marin
kiné | 13H08 | 11/11/2008 |
Merci beaucoup, cela fait plaisir de lire votre article.
De greenworld
13H08 | 11/11/2008 |
Oui, très bel article.
PAIX
à greenworld
De pablico
17H50 | 11/11/2008 |
quand on apprend les guerres, toutes.
Le prof devrait expliquer les pourquoi, tenants et aboutissants et en conclusion expliquer qu'à part les morts, les souffrances, personne ne gagne en définitive.
Cela se paye très cher en vies , en argent, et surtout en appauvrissement des deux parties.
qu'en définitive, si il n'y avait pas eu de guerre , tout le monde aurait été plus heureux et plus prospère.
ET cela se vérifie toujours, comme une preuve par neuf…
ps : j'ai entendu l'interview d'un républicain lambda américain, qui avait peur de la fin de la guerre en Irak, car il allait payer plus cher son pétrole.
il n'a pas pensé une seconde que c'était :
des milliers de morts en offrande pour asservir ses déplacements en voiture.
Il était contre les impôts pour aider les autres, mais il ne voyait pas là que c'était un impôt de vies à payer pour servir toute une collectivité…paradoxal non ?
De Pépé61
Enterré vivant | 13H10 | 11/11/2008 |
Malheureusement, il n'y a pas que dans ces endroits où on commémore la guerre. En Normandie foisonnent les musées où on peut voir des ados passionnés par l'arsenal en exposition permanente, alors qu'à quelques km de là, les centaines de croix blanches sur les jeunes venus de si loin mourir là sans savoir pourquoi sont presque ignorées.
Pour une fois que l'Europe est autre chose qu'un alibi à des décisions contraignantes, il me paraîtrait plus intelligent de raconter ce qui s'est passé entre l'évènement commémoré et aujourd'hui, et de comparer les relations inter-européennes du XXIème siècle avec celles du début du XXème. Et de faire comprendre que le « patriotisme » n'était que la façon politique d'utiliser le levier d'un nationalisme exacerbé actionné par des politiciens incapables de mesurer les conséquences de leurs décisions. Paul Valéry disait que la guerre consistait à faire s'entretuer des gens qui ne se connaissaient pas pour le compte de gens qui se connaissaient très bien.
à Pépé61
De DBL8
Retraité | 14H00 | 11/11/2008 |
»…où on peut voir des ados passionnés par l'arsenal en exposition permanente… »
C'est exact, mais comment faire comprendre la tuerie qui a eu lieu ?
En mettre moins ? Oui, mais de vielle barbes qui sont restés tranquillement dans leurs coin vont pousser des cris.
à DBL8
De Imbroglio
Lycéen | 21H32 | 11/11/2008 |
Cependant, il ne faut pas oublier que pour des jeunes il est plus intéressant de voir du « concret “ que d'entendre des témoignages etc … bien que pour moi, ces derniers soient de véritables traces du passé et de l'Histoire, bien plus que quelques babioles touchant au militaria …
à Pépé61
De Wooz
14H58 | 11/11/2008 |
Heureusement, le musée le plus important à Caen c'est le mémorial pour la Paix, http://www.memorial-caen.fr/
qui retrace justement très bien l'histoire du siècle dernier et met en valeur ceux qui ce sont battu contre les guerres, la galerie des Prix Nobel fait d'ailleurs un bien fou.
C'est là, et non pas à Verdun que notre président devrait commémorer les armistices, en oubliant pas les civils.
Mais cette réécriture de l'histoire qui plait tant à ce gouvernement est en marche, encore pour 4 ans.
à Wooz
De la champenoise
16H55 | 11/11/2008 |
Etes-vous déjà allés à Verdun et Douaumont ? Avez-vous visité tous ces cimetières militaires qui jalonnent les routes de l'Est ? L'un des vôtres est-il dans un de ces cimetières ?
S'incliner devant eux ne veut pas dire honorer la guerre, mais honorer ceux qui se battaient en espérant que nous n'ayons jamais à le faire.
à la champenoise
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 17H55 | 11/11/2008 |
Honorer les morts ne peut être qu'un choix personnel, lié aux convictions morales ou religieuses de chacun et nullement une obligation collective.
»…ceux qui se battaient en espérant… » Qu'en savez-vous et pourquoi faire parler les morts ? Je ne crois pas qu'on accepte sa propre mort sur un champ de bataille.
à Bernard Girard
De la champenoise
18H28 | 11/11/2008 |
Je ne fais pas parler les morts, je ne suis pas présomptueuse à ce point.
Mais je le sais parce que je l'ai entendu d'un de mes oncles qui lui l'avait faite et savait donc de quoi il parlait. Et aussi parce qu'un autre de mes oncles l'a lui aussi faite cette guerre et qu'à la seconde, trop vieux pour être mobilisé, il s'est engagé dans la résistance, ce qui lui a valu d'être fusillé le 6 juin 1944.
Par ailleurs, je n'ai jamais parlé d'une obligation collective, simplement posé quelques questions.
à la champenoise
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 20H27 | 11/11/2008 |
Admettons que ma réponse s'adressait au commentateur suivant (Czar) plutôt qu'à vous, la Champenoise. Vous serez néanmoins d'accord avec moi pour reconnaître qu'il y avait sans doute d'autre moyen de règler ces ridicules questions de frontière que de massacrer une bonne partie de la jeunesse d'Europe.
à Bernard Girard
De Czar.
réac | 19H07 | 11/11/2008 |
Et toi, crétin, tu les fait pas parler, les morts ?
Y a pas pire crachat à la gueule du million et demi de morts que de laisser croire qu'il s'agissait d'un troupeau de moutons envoyés à la boucherie sans savoir pourquoi.
En 1914, nous avons été envahis par un voisin expansionniste qui en était encore à réclamer l'annexion du bassin de Briey quelques mois à peine avant sa défaite.
Le principal crime de cette guerre est de ne pas avoir voulu assumer le choix de la poursuivre quelques semaines pour faire en sorte que les Allemands comprennent qu'il ne s'agissait pas d'une paix blanche mutilée mais bien d'une défaite, ce qui leur aurait permis de la digérer un peu mieux.
Accessoirement, en tant que fonctionnaire, tu es tenu de faire un cours selon les programmes élaborés par ceux qui sont chargés de les faire, pas de faire ton petit meeting politique. Et si tu sors un peu trop de ton devoir de réserve, j'espère bien que tu t'en prendras plein la gueule, les petits soviets en salle des profs, c'est terminé camarade.
à Czar.
De Bernard Girard
(auteur)
Enseignant blogueur | 20H22 | 11/11/2008 |
C'est en lisant ce genre de commentaires de Czar qu'on se rend compte que les commémorations cachent bien des choses pas très nobles…
Les « détrousseurs de cadavres et imposteurs » que je cite dans mon texte sont une expression tirée de « Johnny s'en va-t-en guerre » de Dalton Trumbo, un romancier américain qui met en scène un rescapé de la guerre, une sorte de mort-vivant plus exactement, à qui il reste suffisamment de force pour hurler sa rage contre les bonimenteurs qui font la guerre avec la peau des autres. A lire et à relire un jour comme aujourd'hui.
à Bernard Girard
De parti
punishment park | 23H29 | 11/11/2008 |
non seulement il n'a pas dû le lire…mais encore on peut lui signaler qu'il en a fait un film (son unique je crois)…un individu atypique et courageux ce trumbo en période maccarthyste pleine de czars…