Enquete 09/11/2008 à 17h24

Education : 220 000 euros par an pour surveiller l'opinion


Le ministère veut renforcer la surveillance de ses fonctionnaires trop critiques. Témoignages de réfractaires à la base élèves.

Infosignalée par
un internaute



Nicolas Sarkozy en visite dans une école primaire de Distre en juin 2008 (Stephane Mahe/Reuters).

Xavier Darcos, déjà très décrié pour ses saillies sur les couches à la maternelle et ses 11 900 suppressions de postes, ne pouvait pas mieux s’y prendre pour crisper davantage les enseignants : depuis quelques jours circule sur le Net un document officiel de huit pages intitulé « Cahier des clauses particulières - Objet : veille de l’opinion ».


Ce document, qui relève d’un appel d’offre, émane de la délégation à la Communication du ministère de l’Education nationale et date du 15 octobre, soit il y a trois semaines :

« Article 1 : Les présents marchés portent sur la veille de l’opinion dans les domaines de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. (...)

Article 4 : Chaque marché est conclu du 1er janvier 2009 jusqu’au 31 décembre 2009. »

C’est un peu plus loin que la volonté des ministères concernés apparait le plus explicitement (« description des prestations ») :

« Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à :

  • identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
  • identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
  • repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
  • anticiper les risques de contagion et de crise.

En clair : le ministère de l’Education nationale va débourser 100 000 euros par an, et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 120 000 euros, pour surveiller l’opinion dans la Toile.

Suit une liste des espaces à surveiller de plus près, blogs et sites participatifs notamment, auxquels s’ajoutent, selon les termes de l’appel d’offre, médias traditionnels, dépêches d’agences, baromètres et enquêtes annuelles.

Non, ce n’est pas un canular : sur le site du Journal officiel, on retrouve bien cet appel d’offre pour le marché public de la veille de l’opinion parmi les personnels de l’Education nationale.




Aussi spectaculaire soit-elle, cette volonté d’identifier les leaders de la contestation n’est pas nouvelle. C’est en tous cas ce dont témoignait samedi une vingtaine de directeurs d’école réfractaires, réunis à Paris pour une journée de travail sur le fichier base-élèves.

Dans le Lot, quarante réfractaires à la base élève en avril, quatre aujourd’hui

Au total, cette toute première journée de coordination nationale, qui réunissait une vingtaine de collectifs départementaux, a rassemblé 75 personnes, dont de nombreux parents d’élèves. Leur but : faire le point sur “le fichage des enfants”, notamment depuis le nouveau décret qui est venu modifier le contenu du fichier le 1er novembre dernier.

Mais aussi soutenir les directeurs d’écoles récalcitrants. Car le ministère met la pression sur ces derniers résistants au fichier, parfois quatre ans après le lancement de la base-élèves dans leur zone. Ils le disent d’ailleurs eux-mêmes, à l’instar de Jean :

“Entre une entrée en vigueur morcellée et le discours moderniste qui allait avec, le ministère a réussi à émietter la contestation. Le milieu enseignant a fini par entrer dedans honteusement. Dans le Lot, nous étions quarante directeurs d’école réfractaires en avril, dix en juillet, et seulement quatre aujourd’hui. Il était temps de monter au front nationalement alors que certains renonçaient parce qu’ils se sentaient lâchés.”

Jean, à trois ans de la retraite, enseigne depuis trente-trois ans et gagne 2600 euros net. Directeur depuis plus de vingt ans, il travaille dans de “très petites écoles” et est aujourd’hui à la tête d’une classe unique :

“Dans les petites écoles, on suit les enfants pendant cinq ans, on a une relation beaucoup moins administrative au terrain. Or la Base-élèves et le fichage des élèves, c’est la mise à mort d’un encadrement que le ministère juge trop humaniste. J’en fais une question de principe et accepter de ficher mes élèves, ce serait comme un reniement à la fin de ma carrière.”

Pression financière et menaces de fermetures de classes

Parce qu’il s’oppose, Jean y perd financièrement : pour faire taire la bronca contre le fichier base-élèves et ses scories (comme le numéro d’identifiant qui immatricule les enfants jusqu’à… 35 ans), la hiérarchie de l’Education nationale a décidé de sanctionner sur la fiche de paye.

Pour l’instant, le directeur d’école du Lot a eu deux retenues sur salaire, à raison d’un trentième du brut, soit environ 104 euros de moins à chaque fois. Une folie militante ?

“Avant cela, je n’avais jamais eu de conflit dur avec l’inspection d’académie, j’étais bien noté et j’avais acquis une certaine légitimité : on me fait venir à l’IUFM ! J’étais comme un dinosaure endormi, rangé des voitures en ce qui concerne le militantisme. Mais pour moi cette lutte-ci est encore plus fondamentale que toutes les autres, même celles pour les suppressions de postes.”

Mireille, elle, est à la retraite depuis l’été, mais a ferraillé contre la base-élèves pendant deux ans depuis le Vercors, où elle était directrice d’école. Elle raconte que, lors d’une réunion publique organisée dans un village par des parents, la hiérarchie académique lui a ordonné de se taire, en la menaçant de sanctions. Elle n’en a rien fait et a même déposé un recours devant le Conseil d’Etat, cosigné d’un parent d’élèves. L’audience devant le Conseil d’Etat aura lieu le 26 novembre.

“On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes !”

Mireille, contrairement aux autres, n’a jamais vu son salaire amputé mais raconte que certains directeurs d’école commencent à flancher. Ainsi, cette instit rennaise qui a renoncé à un poste de direction à force de pressions. Ou encore ce courrier de l’inspection d’académie du Lot, que Rue89 s’est procuré, qui menace les directeurs d’école de fermer des classes :

Les parents d’élèves prennent le relais


Les enseignants mobilisés l’assurent : l’avenir de la contestation contre le fichage est dans les mains des parents d’élèves. Samedi, Rue89 a rencontré deux mères et un père, qui avaient fait le déplacement à Paris depuis l’Ille-et-Vilaine et le Lot. Extraits :

Mathilde : “Ça fait quatre ans que base élèves existe en Ille-et-Vilaine. Que sont devenues les informations enregistrées avant que le décret ne vienne modifier les champs du fichier, comme par exemple la nationalité, le lieu de naissance ou la catégorie sociale ? Le ministère refuse d’apporter la preuve de la destruction de ces fichiers.”

Maryline : “L’Etat utilise l’obligation scolaire à partir de six ans pour ficher toute la population. Mais pourquoi ma fille de trois ans devrait-elle avoir un matricule et rendre des comptes à la société ? Parce que je le refusais, on m’a menacée de refuser d’inscrire ma fille.”

Philippe : “Les modalités ont été si différentes d’un département à l’autre voire d’un canton à l’autre, que ça a renforcé notre suspicion. Même s’ils ont supprimé des champs, ce fichier existe, et personne ne peut nous répondre sur ce qu’il va devenir.”

“Le premier constat des saisies des élèves fait apparaître une diminution de l’ordre de cinq cents élèves par rapport à l’an dernier. Je rappelle que le constat arrêté au niveau académique et national sur lequel s’appuiera le travail de préparation de rentrée, notamment pour les suppressions et créations d’emplois, est celui de la base élèves.”

Christophe, lui, promet de tenir bon. Directeur dans la Vienne, il avait pris contact avec Rue89 il y a plusieurs semaines mais hésitait à s’exprimer au grand jour (même s’il est syndiqué). Comme d’autres, il a subi des pressions. Par oral, on l’a menacé de sanctions de l’ordre d’une journée de salaire retenue par journée réfractaire. Sachant qu’il n’a pas flanché depuis la rentrée de septembre, la fronde commençait à peser cher : Christophe, six ans au compteur, gagne 1700 euros par mois.

Finalement,la pénalité sera la même que pour les autres : un trentième par lettre d’injonction. Sorti de l’anonymat, il espère mobiliser à nouveau :

“La base-élèves et le numéro d’immatriculation des enfants sont devenus des sujets tabous. Quand on en parle, on dirait que les collègues ne sont pas fiers, ils préfèrent regarder ailleurs.”

En écho, Jean, pour qui les menaces verbales se sont transformées en retenue d’un trentième par injonction écrite, s’interroge : “comment la profession a pu basculer là-dedans ?”

En juin, Darcos a parlé à l’Assemblée de “fichier liberticide”. Depuis, ils disent qu’ils sont revenus en arrière en supprimant certains champs. Mais c’est un écran de fumée, car ce que nous avons fini par comprendre, c’est que c’est le numéro d’identifiant qui est le plus problématique. On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes ! »

Côté ministère, on espère faire taire la contestation en affirmant que des modifications ont bien été faites dans le fichier, après que le ministre avait reconnu certains écueils à l’ancienne mouture, le 13 juin dernier.

Photo : Nicolas Sarkozy en visite dans une école primaire de Distre en juin 2008 (Stephane Mahe/Reuters).


Addendum lundi 10 novembre, à 23h36 : Le ministère de l’Education nationale, lors d’un entretien postérieur à la publication de cet article, a tenu à préciser qu’il s’agissait en fait d’une surveillance qui remonte à 2006, mais qui a simplement mué, notamment cette année, vers une veille accrue sur le Net, évolution du militantisme oblige. L’équipe de Xavier Darcos précise par ailleurs que « tous les grands ministères ont un budget alloué à la veille de l’opinion ».
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  • Emma T.
    Emma T. répond à mechante langue
    Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
    • Posté à 02h02 le 10/11/2008
    • Internaute 40366
      Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

    Pourquoi dites-vous cela à Sabrina dont justement les propos sont non seulement très sensés mais de plus très sensibles ?

    Méchante langue, méchante langue... ce pseudo, voilà qui me rappelle des colibets enfantins. Tout petit déjà elle aurait été dans l’obligation de vous ficher peut-être avec cette annotation : « Elève mal parti : ne supporte pas la valeur et la réussite de ses camarades, s’aigrit spontanément à leur contact. »

    Nous avons beaucoup de chance qu’il existe des femmes et des hommes comme elle.

    Et pour vous aussi c’est une chance.

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 09h24 le 10/11/2008
    • Internaute 1001
      nc

    mechante langue 23H54 09/11/2008

    Pauvre type, va.

    « Et pour vous aussi c’est une chance »

    Là, Emma, sans vous commander, allez pisser dans un violon plutôt que de croire ML capable de devenir simplement humain.

    • Emma T.
      Emma T. répond à A déménagé le 8-10
      Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
      • Posté à 10h18 le 10/11/2008
      • Internaute 40366
        Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

       : -D

      Dans un violon ? Certainement non, ce serait dommage d’esquinter un si bel instrument histoire d’épargner un si triste sire.

    • parti
      parti répond à A déménagé le 8-10
      punishment park
      • Posté à 11h25 le 10/11/2008
      • Internaute 36257
        punishment park

      ...dans un violon selles...plutôt...

      • Emma T.
        Emma T. répond à parti
        Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
        • Posté à 12h04 le 10/11/2008
        • Internaute 40366
          Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

         : -D

        Moins encore malheureux ! ! !

        Un gaffophone à la rigueur : cet instrument m’a l’air indestructible et de plus, de par sa taille montrueuse, de nature à recevoir toutes les mictions de ceux qui ont tenté de convertir ce très authentique méchant...

  • Léonard
    Léonard répond à sabrina
    chercheur (errer humanum est)
    • Posté à 22h29 le 09/11/2008
    • Expert 24584
      chercheur (errer humanum est)

    Bravo et bon courage.

    Puissent les yeux de nombreux citoyens se dessiller ; on ne peut que souhaiter que des collègues (enseignants ou non) en nombre vous soutiennent dans votre combat !

    Existe-t-il une pétition nationale ?

  • Pierrrrre
    Pierrrrre répond à sabrina
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h46 le 10/11/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)
    • Millecalottes SARKASTIK
      Millecalottes SARKASTIK répond à Pierrrrre
      Variable
      • Posté à 23h05 le 10/11/2008
      • Internaute 44768
        Variable

      Rougis pas Pierrrre, nous sommes d’accord, c’est très « CON » de ma part... j’n’ai plus de pastilles !

      Ballo-naN ?

      Cordialement TOP

    • Pierrrrre
      Pierrrrre répond à Pierrrrre
      → → → → → → → le marché autant (...)
      • Posté à 14h06 le 11/11/2008
      • Internaute 23078
        → → → → → → → le marché autant (...)

      ► suis touché que mes pensées silencieuses génèrent tant d’approbations..
      Elles sont pourtant encore plus pugnaces que mes écrits.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre répond à sabrina
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 17h46 le 10/11/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ….j’ai du subir le harcèlement de mon inspecteur : …. »
    ► Arrêtez votre cinéma.. vous le voyez quand votre inspecteur ? en général, c’est une fois pâr année bissextile… et une fois par trimestre, ça devient donc du harcèlement

    —————

    « …par ses menaces de retenues sur salaire (salaire pas énorme quand on est en première année d’enseignement)… »

    ► une retenue de salaire sur fonctionnaire.. vous en connaissez beaucoup ?

    ——————

    « …. et ses visites surprises avec insultes…. »
    ►insultes devant témoins ? puisque vous avez tant de courage et de combativité, pourquoi n’avez vous pas porté plainte ?

    ——————

    « …j’ai perdu un poste dans une école que j’adorais…. »
    ► Si c’est votre première année, c’est comme partout, en général, on essaye d’être un minimum positif.
    Et quand on ne l’est pas, dans le privé, on est viré.

    Sinon, rassurez vous, dés que vous serez titulaire, vous serez inamovible, indéboulonnable.. vous pourrez alors faire votre propagande pendant les réunions de parents d’élève, vous plaindre de ce « harcèlement » qu’on vous ferait subir, de ces « fiches de police » qu’on vous ferait remplir sur les enfants.

    Les parents acquiesceront, ils savent qu’ils n’ont pas intérêt, à cause de leurs enfants, à se mettre à mal avec l’institutrice… elle semble tellement « enragée »

    • sabrina
      sabrina répond à Pierrrrre
      NounouOgg ascendant Vimaire
      • Posté à 18h50 le 10/11/2008
      • Internaute 24259
        NounouOgg ascendant Vimaire

      Pierre, vous lire est toujours un délice... a chaque fois, ca me permet de me rappeler qui sont les 53% de cons qui ont voté Sarko...

      Le mépris de votre part me conforte dans l’idée que la lutte est nécessaire... merci !

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à sabrina
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 21h03 le 10/11/2008
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « ....Le mépris de votre part me conforte dans l’idée que la lutte est nécessaire… merci ! ...... »

        ► réponse du prof à l’élève quand il ne sait plus que dire...avec hauteur et dignité....

        Je vous conseille de commander un moulin à vent pour ce Noel,
        avec lance Don Quichotesque.

      • désintox.com
        désintox.com répond à sabrina
        • Posté à 22h14 le 10/11/2008
        • Internaute 40708

        Bravo Sabrina,

        Vous honorez notre profession. » Le courage est la seule qualité qu’on ne peut contrefaire « ( de mémoire ,citation de J.F. Deniaud ?)

        Ne perdez pas votre temps à répondre à des idiots qui n’ont pas le courage de passer les concours ni d’exercer notre métier afin de profiter de nos “fabuleux” avantages ...

        Songez aussi qu’internet est un lieu d’expression mais aussi de manipulation, donc soyez consciente que Big Brother peut prendre part à la discussion...

        A lire ou à relire : “1984” ou “La ferme des animaux” d’Orwell.

        Dans les véritables démocraties, les intellectuels, les artistes et les journalistes ne subissent pas de pressions du pouvoir ni ne risquent un délit d’opinion ...

        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à désintox.com
          → → → → → → → le marché autant (...)
          • Posté à 14h36 le 11/11/2008
          • Internaute 23078
            → → → → → → → le marché autant (...)

          « ....Dans les véritables démocraties, les intellectuels, les artistes et les journalistes ne subissent pas de pressions du pouvoir ni ne risquent un délit d’opinion …... »

          ► Vous nous interessez,
          auriez vous un seul exemple de « véritable démocratie » selon vous ?
          Pour la part, je m’avance et vous donne des noms de « véritables démocraties » dont j’assume les qualités et les travers :
          ce sont toutes des démocraties occidentales et libérales .. France.. Allemagne.. Canada..USA..Australie..Suède... liste non exhaustive.

          et vous ? s’il vous plait.. un seul nom, rien que pour savoir si vous ne seriez pas dans l’invention sectaire.

  • Aliocha zavitch
    Aliocha zavitch répond à thierry reboud
    Professeur de lettres
    • Posté à 19h18 le 09/11/2008
    • Expert 56430
      Professeur de lettres

    La dictature, ce n’est pas Sarkozy. C’est nous.

    Très juste. Ils ne sont fort que de nos lâchetés.

  • Manoplas
    Manoplas répond à thierry reboud
    En los madriles
    • Posté à 09h58 le 10/11/2008
    • Internaute 23174
      En los madriles

    Surveiller et punir, et comment finissons nous par nous surveiller et autocensurer nous-mêmes. Foucault avait vu juste.
    Mais il est indéniable que sous couvert de démocratie ce sont des pratiques autoritaires, exécutées de manière sournoise.

  • kkadim
    kkadim répond à thierry reboud
    service public rhone alpes
    • Posté à 20h38 le 09/11/2008
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    tres cher thierry d’ordinaire je suis admiratif de vos propos,mais là je ressens comme un trouble. je ne parle pas du fait que je pense que sarkozy nous méne vers une forme de dictature libérale ( peut être déjà en place ), mais ceci n’est qu’opinion, que croyance, donc votre point de vue m’est parfaitement acceptable. je suis d’accord avec vous, l’homme n’est qu’un instrument, une représentation, mais pas « l’axe créateur » de cette idéologie, cette volonté synoptique de la société n’est pas d’aujourd’hui.
    par contre votre conclusion me choque, me décoit. la dictature c’est nous, donc personne déclame beaucoup. une des trames du libéralisme : jamais de responsable, que des individus « anonymisés » dans le ON ou le NOUS.
    de plus c’est l’art des systémes totalitaires que de rendre chacun à la merci d’un « NOUS », votre voisin, collégue de travail, membre de votre famille, ou votre boulanger. or ces « NOUS » n’ont pas la capacité de resister à des systémes contraignants ; certes ils le peuvent dans une certaine mesure, mais combien de temps ; et surtout à quel prix. moi même je serais tenu de dénoncé une personne me présentant, dans le cadre de mon travail, une piéce d’identitée prouvant que ladite personne réside irréguliérement sur le territoire ( hè oui je suis fonctionnaire, assermenté et tout le baratin qui va avec ). celà vous rappelle sans doute une affaire récente. oui je le devrais, dans le cas contraire je pourrais me retrouver à la porte, à plus de 50 ans. je vous laisse deviner les conséquences matérielles pour une personne qui ne posséde aucune fortune ( le total de mes économies, et biens matériels ne dépasse pas une année d’un salaire trés moyen ). toutefois n’attendez pas de moi que j écrive ici, que je ferme les yeux. non je respecterais les valeurs de la République Française, celle issues de 1789, celles héritées des Héros de la Résistance.
    je pense que de nombreux enseignants se retreveront dans ce dilemme, qu’individuellement ON NOUS force à porter. les enseignants ne peuvent que ralentir, il faut une mobilisation plus large, mais tout le processus en place vise justement à saper toute mobilisation.
    je sais mon texte un peu confus, mais lorsque vous vous trouvez à devoir assumer de tels décisions, vous êtes dans la confusion.
    juste une précision : j’ai rédigé ce petit texte sans avoir lu les autres réactions.

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à kkadim
      • Posté à 23h35 le 09/11/2008
      • Internaute 20923

      Bonsoir Kkadim.

      Je crois que je vois ce que vous avez voulu dire. Est-ce que les précisions que j’ai apportées ensuite répondent à vos questions, voire vous rassurent sur mes positions ?

  • V.M
    V.M répond à thierry reboud
    • Posté à 23h19 le 09/11/2008
    • Internaute 3097

    En réaction aux propos de Thierry Reboud, mais pas contre eux… : -)

    Vous dites, : « (…) cette compulsion qui porte l’époque (plus que Sarkozy, qui n’en est que le symptôme) à surveiller tout et n’importe quoi me semble très révélatrice du désir d’une société qui, paradoxalement, n’a vraiment rien pour rassurer.(…) »

    Je me demande à quel désir vous faites référence … N’est-ce pas plutôt le désespoir de ceux qui n’ont rien pour être rassurés…

    Je me demande aussi si - à la compulsion qui a porté une autre époque à surveiller et puis persécuter des milliers du juifs, de communistes et autres dérangeants et résistants, - on ne peut reconnaître aucun responsable ?

    N’était-elle pas soutenue et encouragée par quelques hauts fonctionnaires et autres membres haut placés d’une nation ?
    Ce genre de compulsion n’est pas le fait de tous, mais sa force émane de la force (irrésistible) de quelques uns.

    N’y a-t-il pas eu quand même en cette autre époque une toute petite poignée d’humains qui a trouvé la force de s’opposer (Certains il est vrai l’ont payé au plus cher de leur vie)… pour faire en sorte que d’autres ne se trouvent pas emportés par la violence de la vague compulsive soulevée au mépris de tous par ceux qui se croyaient en leur bon droit, quelques soient leurs actes, parce que à la tête d’un État.

    Vous dites encore :

    « Ce qui me frappe le plus, c’est le nombre extrêmement faible des enseignants qui ont refusé de se soumettre. Bravo et merci à eux, mais où sont passés les autres ? Il n’y a rien qui les choque, ces autres ? »

    Je me dis que…et vous le soumets :

    Il me semble que les gens n’ont plus ou pas la force de s’exprimer, ni les moyens … et que la peur d’être surveillé et dénoncé achève ceux qui en ont encore un peu.

    220 000 euros par ans pour fliquer le net entre autre, il faut le faire. Sans doute l’argent est-il mieux utilisé ainsi du point de vue de ceux qui lancent un tel appel d’offre qu’à nourrir des femmes trop cher payées, estiment-ils, pour changer des couches à des enfants de maternelles qui ne se trouvent à l’école que par complaisance parentale… Non ?

    « Taisez-vous vous êtes surveillés. »

    Je me demande ci d’ici peu je pourrai tenir les mêmes propos, et poser les questions que je me pose sur ce site.

    On lit sur cet appel d’offre :

    « La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites “ commentateurs ” de l’actualité,
    revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de
    syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de
    mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. »

    Je me demande si ce ne sont pas les leaders d’une époque plus que l’époque qui poussent ainsi à la surveillance qui en d’autres temps portait aussi d’autres noms…

    À propos des couches, si mon allusion semble hermétique, je vous renvoie sur : Lien

    et ici Lien… où une superbe vidéo laisse entendre ce qui se cache derrière ce genre d’appel d’offre vraiment moche.

    Profitons de notre liberté de parole tant qu’elle nous est encore accordée. En espérant que ceux qui lancent ce genre d’appel d’offre prennent conscience que les mots écrits ne tuent pas et que la liberté d’expression est la meilleure garante de la santé.

  • JJ Reboux outrageur de poulets
    • Posté à 23h32 le 09/11/2008
    • Internaute 41591

    Salut Thierry,
    Que le mot « dictature » soit exagéré, je te l’accorde. N’empêche qu’on assiste à une plongée vers un régime de plus en plus destructeur et TOTALITAIRE. Plongée RESISTIBLE. Il suffit pour cela de ré-sis-ter, comme le fait Sabrina la Bretonne. Comme on le fait, dans un autre registre (mais toujours celui des libertés, des violences policières à la pénalisation des rapports sociaux en passant par la répression de la parole syndicale), avec le Codedo, dont l’action (alors qu’aucun de nous au départ n’était un militant) commence à faire du bruit, et à porter ses fruits. (Il est vrai que Sarkozy nous aide bien avec ses plaintes stupides, ses crises d’autoritarisme paranoïaque !)
    Complètement d’accord avec ta conclusion : « La dictature, ce n’est pas Sarkozy. C’est nous ». Ce n’est sûrement pas un hasard si, chaque semaine, ou presque, le pouvoir dégoupille une nouvelle grenade, une nouvelle saloperie…
    Bougez-vous le cul, les Français, merde ! ! !
    (23 février 2009 : journée nationale pour en finir avec le délit d’outrage et le crime de lèse-majesté.)

    • thierry reboud
      • Posté à 23h44 le 09/11/2008
      • Internaute 20923

      Salut Jean-Jacques.

      Il faudrait peut-être commencer par s’entendre sur le sens que j’ai donné au pronom nous : dans mon esprit (mais j’ai sans doute manqué de clarté dans l’expression), ça ne désigne personne en particulier. Oui, tu as raison, il faut résister, mais c’est justement ce qui me frappe, nous-le-peuple ne résistons pas beaucoup.

      Ensuite, il faudrait s’entendre sur le sens du mot totalitaire. Si tu entends par là un système englobant auquel il est quasi impossible d’échapper, oui. Si en revanche tu penses aux prémisses d’un régime de terreur, non. Je crois vraiment que nous n’en sommes pas là.

      Ce qui est préoccupant, c’est ce qui était parfaitement exprimé par le slogan Derrière le bruit des bottes, le silence des pantoufles. Je dois dire que je trouve le silence des pantoufles de nous-le-peuple assourdissant (et je ne m’en exonère pas).

       
      • caro
        caro répond à thierry reboud
        délinquante avérée
        • Posté à 01h07 le 10/11/2008
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        je pense qu’il faudrait changer le slogan derrière le bruit des bottes, le silence des pantoufles, car tout se fait sans bruit, en catimini et le gouv avance à pas de loup. Et nous, pauvres moutons, va-t-on changer un jour ?

        • Emma T.
          Emma T. répond à caro
          Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
          • Posté à 12h13 le 10/11/2008
          • Internaute 40366
            Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

          Très mignon votre mouton-garou ... je me suis mis ça en nouveau fond d’écran au boulot, certains y ont vu comme de la malignité de ma part.

          Ah bon ?

        • Emma T.
          Emma T. répond à caro
          Pom-Pom girl chez Tatane- (...)
          • Posté à 13h33 le 10/11/2008
          • Internaute 40366
            Pom-Pom girl chez Tatane- (...)

          Caro, sans blague, puisqu’il parait que chacun doit se lancer dans l’entreprise pour survivre, vous croyez qu’on pourrait monter ensemble un business de bottes à carreaux ? ? ?

          « Ils les ont inventées, on le fait. »

      3 autres commentaires
  • V.M
    V.M répond à thierry reboud
    • Posté à 23h33 le 09/11/2008
    • Internaute 3097

    Quand vous dites : « La dictature, ce n’est pas Sarkozy. C’est nous. »

    Je ne suis pas du tout d’accord.
    Et je pense que cette affirmation est dangereuse.
    Elle retire toute responsabilité à ceux qui sont à la tête de l’état.
    Et dénie toute portée significative aux mots.
    Dictature ou pas, ce qui se passe à la tête d’un état est sous la responsabilité de ceux qui ont réclamé cette responsabilité.
    Ce qui se passe et qui est agréé par l’état et son principal représentant, tel cet appel d’offre à la surveillance, est de sa responsabilité.
    Si cela vous fait penser à une dictature, cela ne tient qu’à vous.

    Si pour vous cela mérite le nom de dictature et que vous pensez qu’un « nous (à l’exclusion de Sarkozy) est cette dictature », cela est de votre seule responsabilité ; vous n’avez pas à engager, derrière vous, d’autres que vous ; il eut été plus juste de dire « La dictature, ce n’est pas Sarkozy. C’est moi. Et vous, si vous vous y reconnaissez. »
    Vous n’avez pas à entraîner d’autres dans votre sillage sans avoir demandé auparavant leur consentement.

    Peut-être n’aviez-vous pas pris conscience de la portée de cette expression « La dictature, ce n’est pas Sarkozy. C’est nous. » au moment où vous la rédigiez pour conclure votre post.

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à V.M
      • Posté à 23h55 le 09/11/2008
      • Internaute 20923

      Bonsoir V.M.

      Je réponds ici à vos deux messages. Pour le premier, je crois que les autres réponses que j’ai données répondront aussi à vos remarques. Mais c’est surtout ici, dans le deuxième, qu’il y a un os.

      Je comprends ce que vous voulez dire, je comprends que vous ayez été choqué, mais je maintiens pourtant la formulation de ma conclusion (que je crois plus provocante que dangereuse).

      La responsabilité de Sarkozy est manifeste et évidente. La nôtre est, selon moi, plus insidieuse, mais peut-être plus grande. Ce qui me semblerait dangereux, à moi, c’est que nous nous contentions de pointer les responsabilités de Sarkozy sans avoir conscience des nôtres.

       
      • V.M
        V.M répond à thierry reboud
        • Posté à 10h37 le 10/11/2008
        • Internaute 3097

        Bonjour Thierry,

        Merci d’avoir pris le temps de répondre à ma ... réponse.
        Mais je maintiens ce nous est extrêmement pernicieux ; -) à mon sens.
        La première responsabilité est la responsabilité des propos que l’on tient. Des actes que l’on fait. Certains sont plus ou moins mis en lumière.

        Vous dites :

        « Ce qui me semblerait dangereux, à moi, c’est que nous nous contentions de pointer les responsabilités de Sarkozy sans avoir conscience des nôtres. »

        Une fois de plus ce glissement du je au nous me peine.

        Il existe plein de gens - et d’instit - comme l’a signalé un post ici - qui font de la résistance, il est vrai qu’on les entend peu. Il est vrai aussi qu’il n’est pas conseillé aujourd’hui de faire entendre sa résistance. Ce n’est parce que on ne les entend qu’ils n’existent pas. Sans vouloir être agressive, mais au risque d’être perçue comme telle, je dirai que ce n’est pas parce que vous n’êtes pas au courant de leurs actions qu’elles n’existent pas.
        Vous voyez, je me dis que celui ou celle qui s’engage dans un mouvement de résistance, à titre privé, à titre personnel - à ce qui lui semble nocif pour la liberté, cesse de parler au « nous » . A conscience de ses responsabilités. Et du danger de ce nous rassembleur dans lequel on se sent au chaud.

        C’est à la mode de parler du symptôme, c’est à la mode de pointer la responsabilité du peuple, il est vrai qu’elle existe et que Hitler n’a pas été seul à faire ce dont il a porté la responsabilité essentielle, mais ce n’est pas une raison de renvoyer cette responsabilité majeure sur le dos d’un nous un peu trop commode, qui finit par ne rien dire, sinon culpabiliser des gens, les endormir, les assommer, brouiller par amalgame leur faculté de réflexion.
        Que chacun pense sa responsabilité au je .
        Un + un + un + un + .......+

        Avec une ténacité résistante mais un sourire néanmoins, si vous maintenez votre conclusion, je vous demande d’y rajouter : moins un. Car je ne veux pas être incluse dans ce nous dans lequel pointez non pas une majorité mais une totalité fictive (j’aillais fictionnelle,mais ça n’existe pas), et de plus à l’exclusion de Sarkozy !

        Non seulement cela ne me semble pas juste comme position, donc je ne peux y adhérer, mais de plus je trouve dangereux pour ma part de placer quiconque au-dessus de tous et de tout. Depuis quand un président serait exclus de l’ensemble ?

        Pointer la responsabilité en ces termes est une façon, je pense que vous finirez par le découvrir, de fixer la culpabilité.

        Il est d’autres façons d’encourager à l’action que de dire « je m’étonne que nous ne faisons rien »...
        Quelle étrange façon de voir, il suffit d’ouvrir la fenêtre, la moins facile d’accès il est vrai, pour voir que d’autres « que nous » font. Autrement dit « d’autres que moi ». Et il est important de ne pas décourager ce qui en prennent conscience. En leur laissant entendre que c’est de leur responsabilité si « nous » ne faisons rien.

        Cela étant dit, je comprends le sens de votre message, il est d’ailleurs extrêmement bien rédigé.

        J’ai pu, à une époque, avoir ce genre de point de vue et de déclaration, c’est avec le temps que j’en ai découvert le danger. J’ai changé, comme Tati, le cinéaste, de point de vue. Le monde s’est révélé autrement.
        Les parents sont responsables et si les enfants le sont aussi, les parents restent responsables des actes de ces derniers.
        Cette notion est en train d’être mise à mal. Dangereusement. On rend (de nouveau) summum de la perversion les plus jeunes coupables des gestes des précédents. Comme si les enfants avaient produit leurs parents. Et on laisse croire aux aînés qu’ils peuvent ainsi se dédouaner.

        Regardez ce qui se passe sur le net vous verrez le nombre de personne qui s’activent pour résister, beaucoup plus grand que vous ne l’imaginez ; pour ne pas laisser faire ni se laisser faire. En le découvrant vous serez toujours je pense « étonné » mais alors par la détermination extraordinaire, parfois maladroite, mais merveilleusement touchante et généreuse, d’un petit nombre de personnes qui s’opposent à ce qui se passe aujourd’hui.

        Je dirais même que la responsabilité de Sarkozy n’est pas tant « évidente et manifeste », selon vos mot, mais qu’elle est. Il est important de ne pas la délayer dans la masse. Au pouvoir suprême responsabilité suprême. Au sujet d’assumer chacun pour sa part sa responsabilité ; on n’a pas à lui faire porter celle de qu’il n’a pas demandé, celle qui ne lui revient pas.

        Bien à vous,

        Bonne journée

      1 autres commentaires
  • tetane
    tetane répond à thierry reboud
    • Posté à 11h44 le 10/11/2008
    • Internaute 37012

    La dictature, c’est Sarkozy, grâce à nous (y compris ceux qui n’ont pas voté pour lui ...).

    Bravo et merci à tous ceux qui ont voté pour ça ...

  • janis06
    janis06 répond à thierry reboud
    from Nice
    • Posté à 18h05 le 10/11/2008
    • Internaute 11322
      from Nice

    Vous seriez surpris du résultat si on pouvait se procurer le pourcentages d’enseignants qui ont voté sarkozy à la dernière présidentielle !
    Pour avoir passé de nombreuses années en lycée, je me suis toujours demandée pourquoi les gens avaient la conviction que tous les profs sont des marxistes.
    Ce sont en majorité des réactionnaires et j’emploie ce mot à dessein.

  • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
    • Posté à 20h37 le 10/11/2008
    • Internaute 22426
      ....

    Bjr Thierry,
    J’ai lu le fameux décret et je peux vous dire qu’aucunes données ne sera conservée plus d’un an après la sortie de l’élève du primaire et que si il y avait eu un souci, la CNIL serait intervenue. Il n’existe aucune preuve que ce décret puisse servir à ficher au sens où les journalistes du site veule l’entendre (guerre, fichage, vous me comprenez). Il faut se poser les bonnes questions avant de foncer tête baissée : ce fichage peut-il être pratique pour l’administration (données sur la famille, personnes a prévenir.....). Pour cela il faut lire le décret. Ensuite faire état de la situation existante. Toutes ces données, l’administration les a déja. Cela est une centralisation. Pour juger il faut connaître le présent et le passé proche. Bcp de commentateurs jugent, comment dire, en ayant recours à leur émotivité : décret=fiche= rafle=controle=méchant gouvernement. Cette posture est inétressante en soi : elle révèle combien en France le rapport aux politiques est complexe : il est vu a priori comme un charlatan qui voeux nous la mettre à l’envers, un valet du capitalisme. C’est, comme disait d’Iribarne, une logique de l’honneur qui prévaut : je m’oppose, indépendamment du contexte historique (pourtant indispensable pour comprendre un fait, comme je l’ai dit avec le fait que ces données existent déja, que rien ne sera gardé et que la CNIL encadre tt cela), pour défendre mon amour propre car je ne tolère pas que l’état fasse au grand jour cela, même s’il le fait déja. C’est à mon sens une réistance symbolique symptomatique d’une importante fracture entre les élites politiques et le grand public (raisons a chercher du coté de la transformations des citoyens en consommateurs, de la recherche du profit, symbolique ou matériel, a court terme, de l’abcence de pédagogie et de réformes globales des politiques). Cela ne veut pas dire, cher Thierry, que je soutiens cette mesure. Cela veut dire qu’avant d’émettre un avis, j’essaie de voir pourquoi cette mesure fait-elle tant de bruit alors que ttes ces données existent déja. Peut etre aussi, comme nous l’avez expliqué un enseignant de démographie, qu’en France, apres le souvenir de la seconde guerre mondiale, où des fichiers démograhiques furent utilisés contre les juifs, toute tentative de centralisation des données, même encadrée, fait l’objet d’une vive contestation. Je ne connais pratiquement sur cette question du fichage, mais une chose est sur : je me méfie de la présentation journalistique qu’on en fait ici comme ailleurs : tres souvent ces derniers présentent les choses enrobées dans de l’idéologie politique, et c’est normal, nous sommes tous influencés par notre trajectoire sociale et psychique. Mais les sociologues, eux, a la différence de certains journalistes (pas tous, loin s’en faut) explicitent les biais consécutifs à leur rapport à l’objet et a leur place dans l’espace social et font le point de la situation en oubliant pas de plonger dans la grande Histoire. En conséquence, méfiance. Personne ne détient de vérité universelle et il nous appartient de nous documenter sérieusement en luttant contre la flemme et les raccourcis faciles qui nous menacent tous, même si nous avons du mal à l’admettre pour nous même (faut bien préserver sa face aux yeux de soi même). S’opposer frontalement renvoie à l’ordre symbolique : c’est mettre du sens.
    Je suis d’accord avec vous, il faut dépasser cette affaire pour la comprendre. La surveillance ne date pas d’aujourdhui (« surveiller et punir ») et dès moyen age les opréations de comptage des mendiants...ont commencé (Castel, « les métamorphoses de la question sociale »). C’est un mouvement, et vous avez tt a fait raison, auquel nous participons tous : les politiques font de la démago avec la sécurité, avec les peurs. Pourquoi ? Parc qu’ils savent bien, en grands cyniques, que nous marchons dedans ? Pourquoi marchons nous dedans ? Parce que nous ne sommes plus citoyens mais consommateurs, on a peur a nos fesses, a notre pognon et notre avenir. Alors les pauvres en cité et les bandits en prison. Nous sommes tous coupables de cette médiocratie et de cette faignantise intellectuelle. Une fois de plus, je suis décu du traitement jounralistique de l’affaire (qui n’en est pas une) : du polémique, rien que ca. Pourquoi ? Parce que rue 89 a besoin d’internautes pardi alors comme clother, on fait ses choux gras comme on peux ! ! ! ! ! ! ! ! Résistons a cette facilité et pensons que diable au lieu de nous engouffrer ds ts les lieux communs (ca nous arrange en créant du sens et nous présserve d’une longue réflexion). Cet atricle aurait du faire le point sur les éléments de ce décret,les objectifs des ministères, l’état des lieux histoirques, interroger des démographes, statisticiens, sociologues....Affirmer de manioère péremptoire que Sarkozy est un dictateur (je n’ai pas voté pour lui mais je me fais l’avocat du diable car comme disait Aron, pour être honnête, il faut commencer par critiquer ses amis et défendre l’ennemi), a part remplir de commentaires et de pubs les pages du site, ne nous apprend rien quand au contenu de cette affaire.

  • guguguieu
    guguguieu répond à thierry reboud
    instit » en retraite
    • Posté à 21h13 le 10/11/2008
    • Internaute 58294
      instit » en retraite

    Ce type de pouvoir, sans être dictatorial, recherche toujours à tout cadrer ... question d’habitude et peu de chagement depuis le début de la Ve ! ! !
    Sauf à trouver quelqu’un de fiable pour qui voter, qui, au minimum, ne soit pas à droite, mais le dernier choix des français a bien montré ce que le peuple attendait ... à ce moment-là : (
    Espérons que la prochaine fois ça évolue ...
    Donc oui, la dictature, c’est un peu nous, quand on se fait avoir par les beaux discours, tant des uns que des autres ... et/ou quand les médias ne font pas de grands efforts pour être un peu plus objectifs.
    Quant au nombre bien faible (plutôt qu’extrêmement) des des enseignants ... (actuellement !), qui résistent, ce sont bien sûr des « directeurs/trices » (puisque ce sont eux qui gèrent), qui subissent (encore actuellement) une grosse pression et qui en même temps se rendent compte que « base élèves » est totalement vide, vide de contenu (heureusement, c’est un moindre mal !) ; donc un bon nombre a craqué ... bien dommage ! ! ! Comme si leurs supérieurs hiérarchiques (IEN puis I.A.) pouvaient réellement agir contre eux.
    Désolé si j’ai un peu paraphrasé Caro dans ce dernier passage ...

  • comptesuprimé30
    comptesuprimé30 répond à thierry reboud
    hestia
    • Posté à 13h45 le 12/11/2008
    • Internaute 54180
      hestia

    @ thierry
    Tu définis une dictature comment ?
    Ne pense tu pas qu’il exite de l’aspartam de dictature ? !

    je relève la copie dans une semaine : merci de ne pas me tordre les boyaux de la tete mais d’etre dans le parler vrai.
    merci !

  • Sexus Empiricus
    • Posté à 19h00 le 09/11/2008
    • Internaute 6004

    La « veille de l’opinion », en soi, est anecdotique : c’est l’affaire de la plupart d’entre nous, car rares sont ceux qui y sont indifférents (à l’opinion). Qu’un appareil d’Etat s’en préoccupe, on dira que cette tâche n’est pas nouvelle. Et a priori pas plus malsaine que de laisser des bureaucrates claquemurés dans leur tour pondre une riche idée à leur nom.

    Si « veiller », c’est être attentif aux discours de la place publique, de la rue, du café ou de la salle des profs, qui s’en plaindra ? Se tenir au courant des propos qui se tiennent, ceux dont le cours s’envole, ceux dont le cours s’effondre, etc. D’une certaine façon, ces yeux et ces oreilles sont des instruments d’administration et de gestion politique, pas foncièrement différents de la fameuse « démocratie participative ».

    En reprenant la description de la commande ministérielle, il n’y a presque rien à redire sur la plupart des boutons de commande, qui sont d’un ordre consultatif.

    * identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
    * identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
    * décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
    * anticiper les risques de contagion et de crise.

    Tous ces points-là sont anodins, car les idées dans l’air du temps sont toutes contagieuses, - et dans un sens imprévisible. (L’opinion publique ou privée, ce n’est jamais qu’un phénomène de contagion dans le discours. Vrai pour toutes les idées en vogue sur l’école, de Jules Ferry à aujourd’hui.)

    Le point noir saute aux yeux : repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau .
    Ce qui fait tache, ce n’est pas l’analyse du « potentiel d’influence », évidemment ; c’est la volonté de personnaliser l’opinion, en se braquant sur « les leaders » comme s’il s’agissait d’aller à leur rencontre ou d’envisager leur recrutement. Volonté de contrôler des personnes, au lieu de s’emparer des discours, et d’en prendre de la graine.

    Toutes ces autorités qui ont un besoin angoissé d’identifier (qui es-tu ? ton nom ? ton profil ? ton portrait ? d’où tu parles ?) sont des bêtes assommantes.

    • Network 23
      Network 23 répond à Sexus Empiricus
      identité perdue dans mes papiers (...)
      • Posté à 19h14 le 09/11/2008
      • Internaute 23367
        identité perdue dans mes papiers (...)

      Ouh la, si vous confondez la surveillance plus ou moins policière de l’opinion et des phénomènes de propagation des opinions et de la mobilisation avec la démocratie participative, on est mal barré !

      Non non, je vous assure, la démocratie participative ne consiste pas à se fliquer soi-même !

      Et vous auriez pu relever, outre la « volonté de personnaliser l’opinion », le vocabulaire hygiéniste utilisé dans l’expression paranoïaque « anticiper les risques de contagion et de crise ».

      Assimiler l’expression d’opinions et de révolte face à la remise en cause des droits les plus élémentaires d’une démocratie à un « virus », voilà qui me semble guère « démocratique ».

    • kkadim
      kkadim répond à Sexus Empiricus
      service public rhone alpes
      • Posté à 20h52 le 09/11/2008
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      cher sexus je ne sais si vous êtes un pratiquant quotidien de la prose du type « fonction publique ». un principe de base, que dis-je un pilier : « L ECRIT LAISSE DES TRACES ». donc vous ne trouverez que des phrases anodines, qui veulent tout dire, et ne rien dire comme « décrypter les sources des débats et leur mode de propagation ». il ne faut surtout pas que le texte ( forcément produit par quelqu’un ou sous la responsabilité de quelqu’un ) puisse un jour vous revenir en pleine figure. il faut lire entre les lignes. or là les précautions sont à peine prises. est-ce par morgue, ou du fait de l’assurance de sa toute puissance ? En tout cas celà me parait alarmant.
      a moins que la diffusion de ce texte ne soit de la provocation.

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à Sexus Empiricus
      Citoyen
      • Posté à 02h20 le 11/11/2008
      • Internaute 28239
        Citoyen

      Bon, ça ressemble à du bête boulot d’analyse, quoi.
      Marrant ou navrant, l’EN à un budget pour faire joujou au renseignement, encore plus délirant que dans les Spirou de notre enfance.
      Ou plutôt l’EN, si chiche, a encore assez de budget pour faire faire du renseignement à une officine privée, puisqu’il y a un appel d’offre. En passant ça donne bien une idée de la rigueur du bidule : -)))
      Un véritable appel à l’intox, aux manips et franches poilades de petits plaisantins même pas forcément profs, ça risque de devenir un véritable jeu on-line.

      Franchement, ceux qui en ont eu cette lumineuse idée et l’ont mise en oeuvre aussi « discrètement » feraient mieux de laisser ça à des gens dont c’est le boulot dans un cadre institutionnel et juridique bien précis (qu’ils essayent de contourner ?), ça leur éviterait bien des déconvenues : même si le ridicule ne tue pas, là, quand même... Ils ne devaient pas avoir assez de casseroles à traîner...

      Delenda Carthago

  • N.MARECHAL
    • Posté à 19h14 le 09/11/2008
    • Internaute 9175

    Merci pour cet article ! ! !

    Notre beau pays change de couleur, virant au gris terne du control, du fichage, du traçage, de la culpabilité et de la punition.

    Ceci n’est pas la réponse d’une politique de gauche ou de droite mais bien l’impulsion d’un homme qui n’a aucune confiance en personne et donc réclame naturellement du control, avec sans cesse, un fond de menace et de sanction.

    Les règles deviennent de plus en plus strictes… de plus en plus contraignantes. A chaque nouvelle saison, de nouvelles règles apparaissent… Aujourd’hui on veut contrôler nos enseignants, nos enfants et nous-mêmes ; parents par la même occasion… Et finalement, tout ça, ça sert a quoi ? Brimer une population qui subit déjà une crise énorme. Ces actions sont contre productives car elles détournent petit a petit la libre expression qui stimule notre créativité, notre équilibre et notre épanouissement.

    Bonjour tristesse ! ! ! .

  • delalo
    delalo
    Anti A.G.C.S
    • Posté à 19h11 le 09/11/2008
    • Internaute 26064
      Anti A.G.C.S

    @ Thierry Reboud
    la dictature c’est peut-être nous mais quand même... toutes c’est réformes (toutes aussi retrograde les unes que les autres) menées de fronts : la justice, l’éducation nationale,etc etc quasiment chaque ministère a une réforme à faire passer et leur technique c’est ça : c’est de toutes les faire en même temps. donc en plus du dangereux « on s’habitue à tout » il ya le faite que chaque corporation gueule dans son coin, alors que tout la population devrait être dans la rue dérriere une seule et unique banderole : « le neoliberalisme est un crime contre l’humanité ! » toutes c’est réforme sont le fruit de l’ideologie libérale...il faut construire autre chose ce que propose etienne Chouard est intéresssant.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 19h12 le 09/11/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    C’est la dernière mode du gouvernement , la veille internet , on dirait .

    Salut les cafards ! On ne vous a jamais dit que c’est pas beau, de cafter ?

    • kkadim
      kkadim répond à Numerosix
      service public rhone alpes
      • Posté à 20h57 le 09/11/2008
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      surtout qu’il me semble avoir lu que le sénat venait de porter à 1 an le délai pour porter plainte en diffamation pour internet ( le délai restant à trois mois pour la presse ).

  • fatalyst
    • Posté à 19h14 le 09/11/2008
    • Internaute 24368

    Je viens de faire lire l’article à ma femme (qui travaille dans la police) et sa première réaction a été : « SUPER ! ! ! maintenant on “flique” les enseignants ! ! ! BRAVO ! ! ! et demain c’est l’ouvrier de chez Renault ? ? ? ABSURDE ! ! ! ! Du grand n’importe quoi. »

    Ça devient grave, je suis nul en histoire mais j’ai l’impression que l’on revient en 1938, à l’époque les juifs étaient montrés du doigt, aujourd’hui c’est l’enseignant....

    Ce qui me choque le plus :
     » * identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
    * identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion
    * repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte, et analyser leur potentiel d’influence et leur capacité à se constituer en réseau
    * décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
    * anticiper les risques de contagion et de crise. »

    Encore une fois je ne suis pas historien ni prof quoique (MF1, OWSI, BEES1 de plongée et BEES2 de parachutisme) je me sens un peu concerné (et consterné) par ce genre de proposition. Si demain nous (enseignants de tout bord) fédérons un « conglomérat » d’enseignants, nous risquons l’emprisonnement (ou pire) vue comme vont les choses... J’ai vraiment du mal à avaler la pilule.
    PS : le KGB est mort vive le KGB ! ! ! mon dieu....

  • Noël
    • Posté à 19h22 le 09/11/2008
    • Internaute 5326

    Merci Chloé ,pour cette info.
    Voila comme l’on privatise les RG.
    La photo aussi m’interpelle.
    Dormez bien,je veille sur vous.
    En bref, la réalité rattrape la fiction.

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant en collège
    • Posté à 20h32 le 09/11/2008
    • Expert 31637
      Enseignant en collège

    La facilité avec laquelle une grosse majorité de profs semble accepter Darcos est à mettre en parallèle avec l’opposition frontale qui les avait opposés à Allègre il y a quelques années, qui pourtant en avait fait dix fois moins que Darcos. Il est vrai que Darcos conforte les plus paresseux d’entre eux par une politique conservatrice qui leur permet de ne rien changer à leurs habitudes mais aussi il les achète par des primes accordées non pas aux plus méritants mais à ceux qui plient devant son autorité. Par exemple dans le secondaire, plusieurs dizaines de milliers de profs acceptent sans état d’âme de faire des heures sup rémunérées avec les économies faites sur les emplois supprimés.
    Il faut vraiment se poser la question : les profs sont-ils majoritairement de droite ?

    • fatalyst
      • Posté à 20h41 le 09/11/2008
      • Internaute 24368

      Entre dégraisser le mammouth (d’Allégre) et le voir mourir (de Darcos) il y a un monde (je suis d’accord avec vous ; -)

  • lesuperdidou
    lesuperdidou
    Saltimbanque
    • Posté à 19h31 le 09/11/2008
    • Internaute 46485
      Saltimbanque

    Le ministre Pampers passe dans la classe superieur :
    il devient le ministre Panpan-Cucul.

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