Le ministère veut renforcer la surveillance de ses fonctionnaires trop critiques. Témoignages de réfractaires à la base élèves.

Xavier Darcos, déjà très décrié pour ses saillies sur les couches à la maternelle et ses 11 900 suppressions de postes, ne pouvait pas mieux s'y prendre pour crisper davantage les enseignants : depuis quelques jours circule sur le Net un document officiel de huit pages intitulé « Cahier des clauses particulières - Objet : veille de l'opinion ».
Ce document, qui relève d'un appel d'offre, émane de la délégation à la Communication du ministère de l'Education nationale et date du 15 octobre, soit il y a trois semaines :
« Article 1 : Les présents marchés portent sur la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche. (…)
Article 4 : Chaque marché est conclu du 1er janvier 2009 jusqu'au 31 décembre 2009. »
C'est un peu plus loin que la volonté des ministères concernés apparait le plus explicitement (« description des prestations ») :
« Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à :
- identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
- identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion
- repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
- décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
- anticiper les risques de contagion et de crise.
En clair : le ministère de l'Education nationale va débourser 100 000 euros par an, et celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 120 000 euros, pour surveiller l'opinion dans la Toile.
Suit une liste des espaces à surveiller de plus près, blogs et sites participatifs notamment, auxquels s'ajoutent, selon les termes de l'appel d'offre, médias traditionnels, dépêches d'agences, baromètres et enquêtes annuelles.
Non, ce n'est pas un canular : sur le site du Journal officiel, on retrouve bien cet appel d'offre pour le marché public de la veille de l'opinion parmi les personnels de l'Education nationale.

Aussi spectaculaire soit-elle, cette volonté d'identifier les leaders de la contestation n'est pas nouvelle. C'est en tous cas ce dont témoignait samedi une vingtaine de directeurs d'école réfractaires, réunis à Paris pour une journée de travail sur le fichier base-élèves.
Dans le Lot, quarante réfractaires à la base élève en avril, quatre aujourd'hui
Au total, cette toute première journée de coordination nationale, qui réunissait une vingtaine de collectifs départementaux, a rassemblé 75 personnes, dont de nombreux parents d'élèves. Leur but : faire le point sur “le fichage des enfants”, notamment depuis le nouveau décret qui est venu modifier le contenu du fichier le 1er novembre dernier.
Mais aussi soutenir les directeurs d'écoles récalcitrants. Car le ministère met la pression sur ces derniers résistants au fichier, parfois quatre ans après le lancement de la base-élèves dans leur zone. Ils le disent d'ailleurs eux-mêmes, à l'instar de Jean :
“Entre une entrée en vigueur morcellée et le discours moderniste qui allait avec, le ministère a réussi à émietter la contestation. Le milieu enseignant a fini par entrer dedans honteusement. Dans le Lot, nous étions quarante directeurs d'école réfractaires en avril, dix en juillet, et seulement quatre aujourd'hui. Il était temps de monter au front nationalement alors que certains renonçaient parce qu'ils se sentaient lâchés.”
Jean, à trois ans de la retraite, enseigne depuis trente-trois ans et gagne 2600 euros net. Directeur depuis plus de vingt ans, il travaille dans de “très petites écoles” et est aujourd'hui à la tête d'une classe unique :
“Dans les petites écoles, on suit les enfants pendant cinq ans, on a une relation beaucoup moins administrative au terrain. Or la Base-élèves et le fichage des élèves, c'est la mise à mort d'un encadrement que le ministère juge trop humaniste. J'en fais une question de principe et accepter de ficher mes élèves, ce serait comme un reniement à la fin de ma carrière.”
Pression financière et menaces de fermetures de classes
Parce qu'il s'oppose, Jean y perd financièrement : pour faire taire la bronca contre le fichier base-élèves et ses scories (comme le numéro d'identifiant qui immatricule les enfants jusqu'à… 35 ans), la hiérarchie de l'Education nationale a décidé de sanctionner sur la fiche de paye.
Pour l'instant, le directeur d'école du Lot a eu deux retenues sur salaire, à raison d'un trentième du brut, soit environ 104 euros de moins à chaque fois. Une folie militante ?
“Avant cela, je n'avais jamais eu de conflit dur avec l'inspection d'académie, j'étais bien noté et j'avais acquis une certaine légitimité : on me fait venir à l'IUFM ! J'étais comme un dinosaure endormi, rangé des voitures en ce qui concerne le militantisme. Mais pour moi cette lutte-ci est encore plus fondamentale que toutes les autres, même celles pour les suppressions de postes.”
Mireille, elle, est à la retraite depuis l'été, mais a ferraillé contre la base-élèves pendant deux ans depuis le Vercors, où elle était directrice d'école. Elle raconte que, lors d'une réunion publique organisée dans un village par des parents, la hiérarchie académique lui a ordonné de se taire, en la menaçant de sanctions. Elle n'en a rien fait et a même déposé un recours devant le Conseil d'Etat, cosigné d'un parent d'élèves. L'audience devant le Conseil d'Etat aura lieu le 26 novembre.
“On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes ! ”
Mireille, contrairement aux autres, n'a jamais vu son salaire amputé mais raconte que certains directeurs d'école commencent à flancher. Ainsi, cette instit rennaise qui a renoncé à un poste de direction à force de pressions. Ou encore ce courrier de l'inspection d'académie du Lot, que Rue89 s'est procuré, qui menace les directeurs d'école de fermer des classes :
|
“Le premier constat des saisies des élèves fait apparaître une diminution de l'ordre de cinq cents élèves par rapport à l'an dernier. Je rappelle que le constat arrêté au niveau académique et national sur lequel s'appuiera le travail de préparation de rentrée, notamment pour les suppressions et créations d'emplois, est celui de la base élèves.”
Christophe, lui, promet de tenir bon. Directeur dans la Vienne, il avait pris contact avec Rue89 il y a plusieurs semaines mais hésitait à s'exprimer au grand jour (même s'il est syndiqué). Comme d'autres, il a subi des pressions. Par oral, on l'a menacé de sanctions de l'ordre d'une journée de salaire retenue par journée réfractaire. Sachant qu'il n'a pas flanché depuis la rentrée de septembre, la fronde commençait à peser cher : Christophe, six ans au compteur, gagne 1700 euros par mois.
Finalement,la pénalité sera la même que pour les autres : un trentième par lettre d'injonction. Sorti de l'anonymat, il espère mobiliser à nouveau :
“La base-élèves et le numéro d'immatriculation des enfants sont devenus des sujets tabous. Quand on en parle, on dirait que les collègues ne sont pas fiers, ils préfèrent regarder ailleurs.”
En écho, Jean, pour qui les menaces verbales se sont transformées en retenue d'un trentième par injonction écrite, s'interroge : “comment la profession a pu basculer là-dedans ? ”
En juin, Darcos a parlé à l'Assemblée de “fichier liberticide”. Depuis, ils disent qu'ils sont revenus en arrière en supprimant certains champs. Mais c'est un écran de fumée, car ce que nous avons fini par comprendre, c'est que c'est le numéro d'identifiant qui est le plus problématique. On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes ! »
Côté ministère, on espère faire taire la contestation en affirmant que des modifications ont bien été faites dans le fichier, après que le ministre avait reconnu certains écueils à l'ancienne mouture, le 13 juin dernier.
Photo : Nicolas Sarkozy en visite dans une école primaire de Distre en juin 2008 (Stephane Mahe/Reuters).
Addendum lundi 10 novembre, à 23h36 : Le ministère de l'Education nationale, lors d'un entretien postérieur à la publication de cet article, a tenu à préciser qu'il s'agissait en fait d'une surveillance qui remonte à 2006, mais qui a simplement mué, notamment cette année, vers une veille accrue sur le Net, évolution du militantisme oblige. L'équipe de Xavier Darcos précise par ailleurs que « tous les grands ministères ont un budget alloué à la veille de l'opinion ».




















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à parti
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 01H09 | 10/11/2008 |
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Bonne nuit Mamorille, j'ai topé « Tapage Nocturne » de COM…
Faut-il dire la vérité aux malades incurables ?
Mesdames… Salut thierry
à mechante langue
De Emma T
TBBT addict. | 02H02 | 10/11/2008 |
Pourquoi dites-vous cela à Sabrina dont justement les propos sont non seulement très sensés mais de plus très sensibles ?
Méchante langue, méchante langue… ce pseudo, voilà qui me rappelle des colibets enfantins. Tout petit déjà elle aurait été dans l'obligation de vous ficher peut-être avec cette annotation : « Elève mal parti : ne supporte pas la valeur et la réussite de ses camarades, s'aigrit spontanément à leur contact. »
Nous avons beaucoup de chance qu'il existe des femmes et des hommes comme elle.
Et pour vous aussi c'est une chance.
à mechante langue
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 09H24 | 10/11/2008 |
mechante langue 23H54 09/11/2008
Pauvre type, va.
« Et pour vous aussi c'est une chance »
Là, Emma, sans vous commander, allez pisser dans un violon plutôt que de croire ML capable de devenir simplement humain.
à compte supprimé 22
De Emma T
TBBT addict. | 10H18 | 10/11/2008 |
: -D
Dans un violon ? Certainement non, ce serait dommage d'esquinter un si bel instrument histoire d'épargner un si triste sire.
à compte supprimé 22
De parti
punishment park | 11H25 | 10/11/2008 |
…dans un violon selles…plutôt…
à parti
De Emma T
TBBT addict. | 12H04 | 10/11/2008 |
: -D
Moins encore malheureux ! ! !
Un gaffophone à la rigueur : cet instrument m'a l'air indestructible et de plus, de par sa taille montrueuse, de nature à recevoir toutes les mictions de ceux qui ont tenté de convertir ce très authentique méchant…
à Emma T
De parti
punishment park | 13H11 | 10/11/2008 |
oui emma, ou peut-être un instrument à vent…
à parti
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 13H32 | 10/11/2008 |
.
.
… Levant… Jusqu'à la tempête ! ! !
Sortons les para-ploucs, les moutards ruineux, etc…
1000K
à Millecalottes SARKASTIK
De déluge
menuisier | 13H36 | 10/11/2008 |
.
.
C'est festival ici !
à déluge
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 13H44 | 10/11/2008 |
.
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La météo annonce des tempêtes et des cyc'lopes, Mon Déluge ! ! !
1000K
à Millecalottes SARKASTIK
De parti
punishment park | 15H05 | 10/11/2008 |
tenons la barre ! ne lâchons rien !
à sabrina
De Léonard
chercheur (errer humanum est) | 22H29 | 09/11/2008 |
Bravo et bon courage.
Puissent les yeux de nombreux citoyens se dessiller ; on ne peut que souhaiter que des collègues (enseignants ou non) en nombre vous soutiennent dans votre combat !
Existe-t-il une pétition nationale ?
à sabrina
De Pierrrrre
17H46 | 10/11/2008 |
à Pierrrrre
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 23H05 | 10/11/2008 |
Rougis pas Pierrrre, nous sommes d'accord, c'est très « CON » de ma part… j'n'ai plus de pastilles !
Ballo-naN ?
Cordialement TOP
à Pierrrrre
De Pierrrrre
14H06 | 11/11/2008 |
► suis touché que mes pensées silencieuses génèrent tant d'approbations..
Elles sont pourtant encore plus pugnaces que mes écrits.
à sabrina
De Pierrrrre
17H46 | 10/11/2008 |
« ….j'ai du subir le harcèlement de mon inspecteur : …. »
► Arrêtez votre cinéma.. vous le voyez quand votre inspecteur ? en général, c'est une fois pâr année bissextile… et une fois par trimestre, ça devient donc du harcèlement
—————
« …par ses menaces de retenues sur salaire (salaire pas énorme quand on est en première année d'enseignement)… »
► une retenue de salaire sur fonctionnaire.. vous en connaissez beaucoup ?
——————
« …. et ses visites surprises avec insultes…. »
►insultes devant témoins ? puisque vous avez tant de courage et de combativité, pourquoi n'avez vous pas porté plainte ?
——————
« …j'ai perdu un poste dans une école que j'adorais…. »
► Si c'est votre première année, c'est comme partout, en général, on essaye d'être un minimum positif.
Et quand on ne l'est pas, dans le privé, on est viré.
Sinon, rassurez vous, dés que vous serez titulaire, vous serez inamovible, indéboulonnable.. vous pourrez alors faire votre propagande pendant les réunions de parents d'élève, vous plaindre de ce « harcèlement » qu'on vous ferait subir, de ces « fiches de police » qu'on vous ferait remplir sur les enfants.
Les parents acquiesceront, ils savent qu'ils n'ont pas intérêt, à cause de leurs enfants, à se mettre à mal avec l'institutrice… elle semble tellement « enragée »
à Pierrrrre
De sabrina
instit qui y croit! | 18H50 | 10/11/2008 |
Pierre, vous lire est toujours un délice… a chaque fois, ca me permet de me rappeler qui sont les 53% de cons qui ont voté Sarko…
Le mépris de votre part me conforte dans l'idée que la lutte est nécessaire… merci !
à sabrina
De Pierrrrre
21H03 | 10/11/2008 |
»….Le mépris de votre part me conforte dans l'idée que la lutte est nécessaire… merci ! …… »
► réponse du prof à l'élève quand il ne sait plus que dire…avec hauteur et dignité….
Je vous conseille de commander un moulin à vent pour ce Noel,
avec lance Don Quichotesque.
à sabrina
De désintox.com
22H14 | 10/11/2008 |
Bravo Sabrina,
Vous honorez notre profession. » Le courage est la seule qualité qu'on ne peut contrefaire « ( de mémoire ,citation de J.F. Deniaud ? )
Ne perdez pas votre temps à répondre à des idiots qui n'ont pas le courage de passer les concours ni d'exercer notre métier afin de profiter de nos “fabuleux” avantages …
Songez aussi qu'internet est un lieu d'expression mais aussi de manipulation, donc soyez consciente que Big Brother peut prendre part à la discussion…
A lire ou à relire : “1984” ou “La ferme des animaux” d'Orwell.
Dans les véritables démocraties, les intellectuels, les artistes et les journalistes ne subissent pas de pressions du pouvoir ni ne risquent un délit d'opinion …
à désintox.com
De Pierrrrre
14H36 | 11/11/2008 |
»….Dans les véritables démocraties, les intellectuels, les artistes et les journalistes ne subissent pas de pressions du pouvoir ni ne risquent un délit d'opinion …… »
► Vous nous interessez,
auriez vous un seul exemple de « véritable démocratie » selon vous ?
Pour la part, je m'avance et vous donne des noms de « véritables démocraties » dont j'assume les qualités et les travers :
ce sont toutes des démocraties occidentales et libérales .. France.. Allemagne.. Canada..USA..Australie..Suède… liste non exhaustive.
et vous ? s'il vous plait.. un seul nom, rien que pour savoir si vous ne seriez pas dans l'invention sectaire.
à thierry reboud
De Aliocha zavitch
Professeur de lettres | 19H18 | 09/11/2008 |
La dictature, ce n'est pas Sarkozy. C'est nous.
Très juste. Ils ne sont fort que de nos lâchetés.
à thierry reboud
De Manoplas
en los madriles | 09H58 | 10/11/2008 |
Surveiller et punir, et comment finissons nous par nous surveiller et autocensurer nous-mêmes. Foucault avait vu juste.
Mais il est indéniable que sous couvert de démocratie ce sont des pratiques autoritaires, exécutées de manière sournoise.
à thierry reboud
De kkadim
service public rhone alpes | 20H38 | 09/11/2008 |
tres cher thierry d'ordinaire je suis admiratif de vos propos,mais là je ressens comme un trouble. je ne parle pas du fait que je pense que sarkozy nous méne vers une forme de dictature libérale ( peut être déjà en place ), mais ceci n'est qu'opinion, que croyance, donc votre point de vue m'est parfaitement acceptable. je suis d'accord avec vous, l'homme n'est qu'un instrument, une représentation, mais pas « l'axe créateur » de cette idéologie, cette volonté synoptique de la société n'est pas d'aujourd'hui.
par contre votre conclusion me choque, me décoit. la dictature c'est nous, donc personne déclame beaucoup. une des trames du libéralisme : jamais de responsable, que des individus « anonymisés » dans le ON ou le NOUS.
de plus c'est l'art des systémes totalitaires que de rendre chacun à la merci d'un « NOUS », votre voisin, collégue de travail, membre de votre famille, ou votre boulanger. or ces « NOUS » n'ont pas la capacité de resister à des systémes contraignants ; certes ils le peuvent dans une certaine mesure, mais combien de temps ; et surtout à quel prix. moi même je serais tenu de dénoncé une personne me présentant, dans le cadre de mon travail, une piéce d'identitée prouvant que ladite personne réside irréguliérement sur le territoire ( hè oui je suis fonctionnaire, assermenté et tout le baratin qui va avec ). celà vous rappelle sans doute une affaire récente. oui je le devrais, dans le cas contraire je pourrais me retrouver à la porte, à plus de 50 ans. je vous laisse deviner les conséquences matérielles pour une personne qui ne posséde aucune fortune ( le total de mes économies, et biens matériels ne dépasse pas une année d'un salaire trés moyen ). toutefois n'attendez pas de moi que j écrive ici, que je ferme les yeux. non je respecterais les valeurs de la République Française, celle issues de 1789, celles héritées des Héros de la Résistance.
je pense que de nombreux enseignants se retreveront dans ce dilemme, qu'individuellement ON NOUS force à porter. les enseignants ne peuvent que ralentir, il faut une mobilisation plus large, mais tout le processus en place vise justement à saper toute mobilisation.
je sais mon texte un peu confus, mais lorsque vous vous trouvez à devoir assumer de tels décisions, vous êtes dans la confusion.
juste une précision : j'ai rédigé ce petit texte sans avoir lu les autres réactions.
à kkadim
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 23H35 | 09/11/2008 |
Bonsoir Kkadim.
Je crois que je vois ce que vous avez voulu dire. Est-ce que les précisions que j'ai apportées ensuite répondent à vos questions, voire vous rassurent sur mes positions ?
à thierry reboud
De V.M
23H19 | 09/11/2008 |
En réaction aux propos de Thierry Reboud, mais pas contre eux… : -)
Vous dites, : « (…) cette compulsion qui porte l'époque (plus que Sarkozy, qui n'en est que le symptôme) à surveiller tout et n'importe quoi me semble très révélatrice du désir d'une société qui, paradoxalement, n'a vraiment rien pour rassurer.(…) »
Je me demande à quel désir vous faites référence … N'est-ce pas plutôt le désespoir de ceux qui n'ont rien pour être rassurés…
Je me demande aussi si - à la compulsion qui a porté une autre époque à surveiller et puis persécuter des milliers du juifs, de communistes et autres dérangeants et résistants, - on ne peut reconnaître aucun responsable ?
N'était-elle pas soutenue et encouragée par quelques hauts fonctionnaires et autres membres haut placés d'une nation ?
Ce genre de compulsion n'est pas le fait de tous, mais sa force émane de la force (irrésistible) de quelques uns.
N'y a-t-il pas eu quand même en cette autre époque une toute petite poignée d'humains qui a trouvé la force de s'opposer (Certains il est vrai l'ont payé au plus cher de leur vie)… pour faire en sorte que d'autres ne se trouvent pas emportés par la violence de la vague compulsive soulevée au mépris de tous par ceux qui se croyaient en leur bon droit, quelques soient leurs actes, parce que à la tête d'un État.
Vous dites encore :
« Ce qui me frappe le plus, c'est le nombre extrêmement faible des enseignants qui ont refusé de se soumettre. Bravo et merci à eux, mais où sont passés les autres ? Il n'y a rien qui les choque, ces autres ? »
Je me dis que…et vous le soumets :
Il me semble que les gens n'ont plus ou pas la force de s'exprimer, ni les moyens … et que la peur d'être surveillé et dénoncé achève ceux qui en ont encore un peu.
220 000 euros par ans pour fliquer le net entre autre, il faut le faire. Sans doute l'argent est-il mieux utilisé ainsi du point de vue de ceux qui lancent un tel appel d'offre qu'à nourrir des femmes trop cher payées, estiment-ils, pour changer des couches à des enfants de maternelles qui ne se trouvent à l'école que par complaisance parentale… Non ?
« Taisez-vous vous êtes surveillés. »
Je me demande ci d'ici peu je pourrai tenir les mêmes propos, et poser les questions que je me pose sur ce site.
On lit sur cet appel d'offre :
« La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne : sites “ commentateurs ” de l'actualité,
revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de
syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d'associations, de
mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d'opinion. »
Je me demande si ce ne sont pas les leaders d'une époque plus que l'époque qui poussent ainsi à la surveillance qui en d'autres temps portait aussi d'autres noms…
À propos des couches, si mon allusion semble hermétique, je vous renvoie sur : http://www.lesmotsontunsens.com/xavier-darcos
et ici http://www.lesmotsontunsens.com/darcos-medailles-enseignant-maternelle-c… où une superbe vidéo laisse entendre ce qui se cache derrière ce genre d'appel d'offre vraiment moche.
Profitons de notre liberté de parole tant qu'elle nous est encore accordée. En espérant que ceux qui lancent ce genre d'appel d'offre prennent conscience que les mots écrits ne tuent pas et que la liberté d'expression est la meilleure garante de la santé.
à thierry reboud
De JJ Reboux outrageur de poulets
23H32 | 09/11/2008 |
Salut Thierry,
Que le mot « dictature » soit exagéré, je te l'accorde. N'empêche qu'on assiste à une plongée vers un régime de plus en plus destructeur et TOTALITAIRE. Plongée RESISTIBLE. Il suffit pour cela de ré-sis-ter, comme le fait Sabrina la Bretonne. Comme on le fait, dans un autre registre (mais toujours celui des libertés, des violences policières à la pénalisation des rapports sociaux en passant par la répression de la parole syndicale), avec le Codedo, dont l'action (alors qu'aucun de nous au départ n'était un militant) commence à faire du bruit, et à porter ses fruits. (Il est vrai que Sarkozy nous aide bien avec ses plaintes stupides, ses crises d'autoritarisme paranoïaque ! )
Complètement d'accord avec ta conclusion : « La dictature, ce n'est pas Sarkozy. C'est nous ». Ce n'est sûrement pas un hasard si, chaque semaine, ou presque, le pouvoir dégoupille une nouvelle grenade, une nouvelle saloperie…
Bougez-vous le cul, les Français, merde ! ! !
(23 février 2009 : journée nationale pour en finir avec le délit d'outrage et le crime de lèse-majesté.)
à JJ Reboux outrageur de poulets
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 23H44 | 09/11/2008 |
Salut Jean-Jacques.
Il faudrait peut-être commencer par s'entendre sur le sens que j'ai donné au pronom nous : dans mon esprit (mais j'ai sans doute manqué de clarté dans l'expression), ça ne désigne personne en particulier. Oui, tu as raison, il faut résister, mais c'est justement ce qui me frappe, nous-le-peuple ne résistons pas beaucoup.
Ensuite, il faudrait s'entendre sur le sens du mot totalitaire. Si tu entends par là un système englobant auquel il est quasi impossible d'échapper, oui. Si en revanche tu penses aux prémisses d'un régime de terreur, non. Je crois vraiment que nous n'en sommes pas là.
Ce qui est préoccupant, c'est ce qui était parfaitement exprimé par le slogan Derrière le bruit des bottes, le silence des pantoufles. Je dois dire que je trouve le silence des pantoufles de nous-le-peuple assourdissant (et je ne m'en exonère pas).
à thierry reboud
De caro
délinquante avérée | 01H07 | 10/11/2008 |
je pense qu'il faudrait changer le slogan derrière le bruit des bottes, le silence des pantoufles, car tout se fait sans bruit, en catimini et le gouv avance à pas de loup. Et nous, pauvres moutons, va-t-on changer un jour ?
à caro
De Emma T
TBBT addict. | 12H13 | 10/11/2008 |
Très mignon votre mouton-garou … je me suis mis ça en nouveau fond d'écran au boulot, certains y ont vu comme de la malignité de ma part.
Ah bon ?
à caro
De Emma T
TBBT addict. | 13H33 | 10/11/2008 |
Caro, sans blague, puisqu'il parait que chacun doit se lancer dans l'entreprise pour survivre, vous croyez qu'on pourrait monter ensemble un business de bottes à carreaux ? ? ?
« Ils les ont inventées, on le fait. »