Enquete

Education : 220 000 euros par an pour surveiller l'opinion

Le ministère veut renforcer la surveillance de ses fonctionnaires trop critiques. Témoignages de réfractaires à la base élèves.

Nicolas Sarkozy en visite dans une école primaire de Distre en juin 2008 (Stephane Mahe/Reuters).

Xavier Darcos, déjà très décrié pour ses saillies sur les couches à la maternelle et ses 11 900 suppressions de postes, ne pouvait pas mieux s'y prendre pour crisper davantage les enseignants : depuis quelques jours circule sur le Net un document officiel de huit pages intitulé « Cahier des clauses particulières - Objet : veille de l'opinion ».

Appel d'offre du ministère de l'Education nationale.Ce document, qui relève d'un appel d'offre, émane de la délégation à la Communication du ministère de l'Education nationale et date du 15 octobre, soit il y a trois semaines :

« Article 1 : Les présents marchés portent sur la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche. (…)

Article 4 : Chaque marché est conclu du 1er janvier 2009 jusqu'au 31 décembre 2009. »

C'est un peu plus loin que la volonté des ministères concernés apparait le plus explicitement (« description des prestations ») :

« Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à :

  • identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
  • identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion
  • repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
  • anticiper les risques de contagion et de crise.

En clair : le ministère de l'Education nationale va débourser 100 000 euros par an, et celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 120 000 euros, pour surveiller l'opinion dans la Toile.

Suit une liste des espaces à surveiller de plus près, blogs et sites participatifs notamment, auxquels s'ajoutent, selon les termes de l'appel d'offre, médias traditionnels, dépêches d'agences, baromètres et enquêtes annuelles.

Non, ce n'est pas un canular : sur le site du Journal officiel, on retrouve bien cet appel d'offre pour le marché public de la veille de l'opinion parmi les personnels de l'Education nationale.


Aussi spectaculaire soit-elle, cette volonté d'identifier les leaders de la contestation n'est pas nouvelle. C'est en tous cas ce dont témoignait samedi une vingtaine de directeurs d'école réfractaires, réunis à Paris pour une journée de travail sur le fichier base-élèves.

Dans le Lot, quarante réfractaires à la base élève en avril, quatre aujourd'hui

Au total, cette toute première journée de coordination nationale, qui réunissait une vingtaine de collectifs départementaux, a rassemblé 75 personnes, dont de nombreux parents d'élèves. Leur but : faire le point sur “le fichage des enfants”, notamment depuis le nouveau décret qui est venu modifier le contenu du fichier le 1er novembre dernier.

Mais aussi soutenir les directeurs d'écoles récalcitrants. Car le ministère met la pression sur ces derniers résistants au fichier, parfois quatre ans après le lancement de la base-élèves dans leur zone. Ils le disent d'ailleurs eux-mêmes, à l'instar de Jean :

“Entre une entrée en vigueur morcellée et le discours moderniste qui allait avec, le ministère a réussi à émietter la contestation. Le milieu enseignant a fini par entrer dedans honteusement. Dans le Lot, nous étions quarante directeurs d'école réfractaires en avril, dix en juillet, et seulement quatre aujourd'hui. Il était temps de monter au front nationalement alors que certains renonçaient parce qu'ils se sentaient lâchés.”

Jean, à trois ans de la retraite, enseigne depuis trente-trois ans et gagne 2600 euros net. Directeur depuis plus de vingt ans, il travaille dans de “très petites écoles” et est aujourd'hui à la tête d'une classe unique :

“Dans les petites écoles, on suit les enfants pendant cinq ans, on a une relation beaucoup moins administrative au terrain. Or la Base-élèves et le fichage des élèves, c'est la mise à mort d'un encadrement que le ministère juge trop humaniste. J'en fais une question de principe et accepter de ficher mes élèves, ce serait comme un reniement à la fin de ma carrière.”

Pression financière et menaces de fermetures de classes

Parce qu'il s'oppose, Jean y perd financièrement : pour faire taire la bronca contre le fichier base-élèves et ses scories (comme le numéro d'identifiant qui immatricule les enfants jusqu'à… 35 ans), la hiérarchie de l'Education nationale a décidé de sanctionner sur la fiche de paye.

Pour l'instant, le directeur d'école du Lot a eu deux retenues sur salaire, à raison d'un trentième du brut, soit environ 104 euros de moins à chaque fois. Une folie militante ?

“Avant cela, je n'avais jamais eu de conflit dur avec l'inspection d'académie, j'étais bien noté et j'avais acquis une certaine légitimité : on me fait venir à l'IUFM ! J'étais comme un dinosaure endormi, rangé des voitures en ce qui concerne le militantisme. Mais pour moi cette lutte-ci est encore plus fondamentale que toutes les autres, même celles pour les suppressions de postes.”

Mireille, elle, est à la retraite depuis l'été, mais a ferraillé contre la base-élèves pendant deux ans depuis le Vercors, où elle était directrice d'école. Elle raconte que, lors d'une réunion publique organisée dans un village par des parents, la hiérarchie académique lui a ordonné de se taire, en la menaçant de sanctions. Elle n'en a rien fait et a même déposé un recours devant le Conseil d'Etat, cosigné d'un parent d'élèves. L'audience devant le Conseil d'Etat aura lieu le 26 novembre.

“On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes ! ”

Mireille, contrairement aux autres, n'a jamais vu son salaire amputé mais raconte que certains directeurs d'école commencent à flancher. Ainsi, cette instit rennaise qui a renoncé à un poste de direction à force de pressions. Ou encore ce courrier de l'inspection d'académie du Lot, que Rue89 s'est procuré, qui menace les directeurs d'école de fermer des classes :

Les parents d'élèves prennent le relais


Les enseignants mobilisés l'assurent : l'avenir de la contestation contre le fichage est dans les mains des parents d'élèves. Samedi, Rue89 a rencontré deux mères et un père, qui avaient fait le déplacement à Paris depuis l'Ille-et-Vilaine et le Lot. Extraits :

Mathilde : “Ça fait quatre ans que base élèves existe en Ille-et-Vilaine. Que sont devenues les informations enregistrées avant que le décret ne vienne modifier les champs du fichier, comme par exemple la nationalité, le lieu de naissance ou la catégorie sociale ? Le ministère refuse d'apporter la preuve de la destruction de ces fichiers.”

Maryline : “L'Etat utilise l'obligation scolaire à partir de six ans pour ficher toute la population. Mais pourquoi ma fille de trois ans devrait-elle avoir un matricule et rendre des comptes à la société ? Parce que je le refusais, on m'a menacée de refuser d'inscrire ma fille.”

Philippe : “Les modalités ont été si différentes d'un département à l'autre voire d'un canton à l'autre, que ça a renforcé notre suspicion. Même s'ils ont supprimé des champs, ce fichier existe, et personne ne peut nous répondre sur ce qu'il va devenir.”

“Le premier constat des saisies des élèves fait apparaître une diminution de l'ordre de cinq cents élèves par rapport à l'an dernier. Je rappelle que le constat arrêté au niveau académique et national sur lequel s'appuiera le travail de préparation de rentrée, notamment pour les suppressions et créations d'emplois, est celui de la base élèves.”

Christophe, lui, promet de tenir bon. Directeur dans la Vienne, il avait pris contact avec Rue89 il y a plusieurs semaines mais hésitait à s'exprimer au grand jour (même s'il est syndiqué). Comme d'autres, il a subi des pressions. Par oral, on l'a menacé de sanctions de l'ordre d'une journée de salaire retenue par journée réfractaire. Sachant qu'il n'a pas flanché depuis la rentrée de septembre, la fronde commençait à peser cher : Christophe, six ans au compteur, gagne 1700 euros par mois.

Finalement,la pénalité sera la même que pour les autres : un trentième par lettre d'injonction. Sorti de l'anonymat, il espère mobiliser à nouveau :

“La base-élèves et le numéro d'immatriculation des enfants sont devenus des sujets tabous. Quand on en parle, on dirait que les collègues ne sont pas fiers, ils préfèrent regarder ailleurs.”

En écho, Jean, pour qui les menaces verbales se sont transformées en retenue d'un trentième par injonction écrite, s'interroge : “comment la profession a pu basculer là-dedans ? ”

En juin, Darcos a parlé à l'Assemblée de “fichier liberticide”. Depuis, ils disent qu'ils sont revenus en arrière en supprimant certains champs. Mais c'est un écran de fumée, car ce que nous avons fini par comprendre, c'est que c'est le numéro d'identifiant qui est le plus problématique. On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes ! »

Côté ministère, on espère faire taire la contestation en affirmant que des modifications ont bien été faites dans le fichier, après que le ministre avait reconnu certains écueils à l'ancienne mouture, le 13 juin dernier.

Photo : Nicolas Sarkozy en visite dans une école primaire de Distre en juin 2008 (Stephane Mahe/Reuters).


Addendum lundi 10 novembre, à 23h36 : Le ministère de l'Education nationale, lors d'un entretien postérieur à la publication de cet article, a tenu à préciser qu'il s'agissait en fait d'une surveillance qui remonte à 2006, mais qui a simplement mué, notamment cette année, vers une veille accrue sur le Net, évolution du militantisme oblige. L'équipe de Xavier Darcos précise par ailleurs que « tous les grands ministères ont un budget alloué à la veille de l'opinion ».

340 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Teberli

à WALTER le Suisse Portrait de WALTER le Suisse De Teberli

Enseignant | 02H01 | 13/11/2008 | Permalien

Nos partis politiques traditionnels sont de droite, de droite maquillée en gauche et de centre-droit (tous favorables au libéralisme-capitalisme) à l'exception d'un parti bien affaibli - le PC et d'un parti anticapitaliste qui est en train de grandir et de se constituer en force crédible pour sortir de l'ornière « gauchelibérale-droite-centre »

Au niveau Européen, c'est la même chose concernant les partis mais les peuples sont plus contestataires et ne veulent pas de cette Europe du capital qu'on veut leur faire avaler au nom de la pseudo-démocratie social démocrate capitaliste jusqu'à la moelle.

Portrait de Sylvain Bt

De Sylvain Bt

nihil obstat | 23H00 | 12/11/2008 | Permalien

Ce qui est nouveau n'est pas le flicage et l'existence de ces pratiques mais le fait qu'elles sont de plus en plus publiquement et ouvertement revendiquées. Insidieusement les esprits s'imprègnent et finissent par banaliser et avaliser l'avènement de la société totalitaire.

De compromis en compromissions puis en trahisons, les intellectuels (ou prétendus comme tels), les forces de gauche, « d'extrême gauche » et progressistes associatives ont fini par être emportées dans ce reniement gigantesque.

Il est d'ailleurs symptômatique qu'aujourd'hui la légitimité des objectifs et des luttes pour changer ou renverser cette société soit complètement inféodée à la bienséance des moyens utilisés. Ceux qui veulent nous imposer Edvige et la base-élèves sont les mêmes que ceux qui ont provoqué en d'autres temps l'apparition du groupe Baader, des Brigades Rouges ou d'Action Directe.

Cordialement

Portrait de Teberli

De Teberli

Enseignant | 02H07 | 13/11/2008 | Permalien

Le problème est bien de n'avoir qu'un choix biaisé entre droite et fausse gauche à chaque élection.

Fort heureusement, la force anticapitaliste se renforce et rassemble tous ceux qui en ont assez de se voir trompés par les messages libéraux qui ne libèrent en fait que les possesseurs du capital, des moyens de production et des média.

Rassemblons toutes les énergies de liberté et de justice sociale absolue.

Portrait de r0d

De r0d

exilé heureux | 15H38 | 13/11/2008 | Permalien

En réponse à Léonard :

Nous sommes un peu hors-sujet mais bon, c'est intéressant. Et je m'excuse de répondre si tard, mais je ne suis pas souvent connecté en ce moment.

Si je vous ais bien compris, vous dites que la fabrique du consentement n'est pas comparable en France et aux USA. Pour ma part, je crois que si, et je crois même que les but sont les mêmes, buts que l'on peu résumer, en gros, à : « faire en sorte qu'un extrême minorité, l'élite, garde le pouvoir et puisse en abuser sans risque. »

Vous dites que « dans le cadre américain, la propagande d'état n'existe pas vraiment. ». Là je ne suis pas d'accord, je me demande même si elle n'est pas plus importante qu'en France. Effectivement, E. Bernays écrivait, dans Propaganda (il y a presque un siècle), que les états n'utilisaient pas les techniques de propagande (à l'époque le mot n'était pas négatif) ou « relations publiques », et il s'en désolait, estimant que cette forme de l'exercide du pouvoir était le meilleur (point de vue dont la critique amène également à des discussions passionnantes). Mais depuis, ces techniques sont utilisées par les états. Le permier à en avoir usé et abusé a été l'allemagne, avec les conséquences que l'on connait, d'où ma comparaison avec l'ascension d'Hitler (comparaison qui ne va pas plus loin que cette ascension et ce facteur-là, étant évident qu'il n'explique pas à lui seul cette ascension). Et d'ailleurs Chomsky en parle. J'ai la flemme de chercher les références, mais en particulier lorsqu'il parle du « terrorisme d'état » et autres « renversements de régimes », il cite abondamment les exemples de cette fabrique du consentement, en montrant, par exemple, comment l'état des USA commence par faire naître une menace, ce qui lui permet de désigner un aggresseur, afin de légitimer (au point de vue de l'opinion) ses guerres.

Après oui, bien évidemment je suis d'accord avec vous qu'il y a des différences entre la France et les USA sur la mise en oeuvre de la fabrique du consentement, mais le fond et les buts recherchés sont, je crois, les mêmes. Et effectivement il serait fort intéressant de creuser ces différences.

Vous dites que « il me semble qu'il y a une spécificité bien française qui est de critiquer le gouvernement mais de détester encore davantage son voisin pour les privilèges qu'on lui attribue ». En fait, je crois aujourd'hui que cet état de fait est une conséquence (un effet de bord, ou dégat collatéral, c'est plus à la mode) de la forme qu'a pris la fabrique du consentement en France. J'aurais tendance à l'expliquer par plusieurs facteurs, tels l'absence de patriotisme en France (ou plutôt, en fait, le patriotisme exacerbé aux USA, qui « rapproche » en quelque sorte les citoyens), les stratégies des élites, très utilisées en France, de division de l'opinion (par exemple, aux USA sous Reagan, le gouvernement à tout cassé d'un coup, alors qu'en France, le démantelement se fait par secteur), ou du un modèle de propagande, lui aussi spécifique à la France (qui fait de gros efforts pour stigmatiser certaines parties de la population, selon les besoins de l'élite).

Vous dites : « Jusqu'à présent, le président français actuel paraît seulement servir les intérêts des empires davantage en en jouissant de manière plus ostentatoire que ses prédécesseurs. Certes, il n'est pas exclu qu'in fine, il décide de cesser de jouer le laquais. » Ce n'est pas exclus, effectivement, mais en a-t-il le pouvoir ? Je crois que les derniers discours qu'il a commis montrent qu'il n'en a pas le pouvoir. Je pense que ces discours lui ont coûté beaucoup (s'il croyait ce qu'il a dit, il serait à présent classé à gauche de Besancenot, et ça, je ne pense pas qu'il a apprécié) et que s'il avoir le pouvoir, ces discours n'auraient pas eu du tout le même contenu, il ne se serait pas contenter du pipeau habituel d'homme de droite qui fait un discours de gauche pour calmer l'opinion ; ça ne lui ressemble pas.

Portrait de Léonard

à r0d Portrait de r0d De Léonard

chercheur (errer humanum est) | 10H48 | 14/11/2008 | Permalien

Merci de votre réponse d'autant qu'effectivement, je vous ai peut-être entraîné un peu hors sujet. Elle contient des points très intéressants.

Je pense que nous sommes d'accord sur le principe de la fabrique du consentement. De même, je reconnais que dire que la propagande d'état n'existe pas aux USA est un peu vite dit.

Je crois qu'il est important de comprendre les différences de fonctionnement, sans quoi le terme « fabrique du consentement » devient un mot codé qui expliquerait tout.

Une des différences préoccupantes (disons pour quelqu'un qui vit en France) est celle-ci. Même Chomsky reconnaît que la liberté d'expression aux USA est inégalée dans le monde. Bien entendu, il ne s'attarde pas sur ce point jusqu'à en faire une célébration complaisante. Au contraire, il dit en substance que cette liberté demande en retour du citoyen américain un souci accru de s'en servir pour défendre et faire progresser un certain nombre de valeurs. (Et il ne manque pas d'ajouter que cette liberté est contrebalancée par la toute-puissance de la propagande qui tend à rendre inaudibles les voix dissidentes.)

Ce que je veux dire, c'est que malgré tout, un critique aussi vétéran que Chomsky trouve un fond essentiellement positif aux USA. On trouve aussi des critiques radicaux en France de l'état, de ses institutions, et même des critiques encore plus radicaux qui critiquent ces critiques jugé(e)s trop complaisant(e)s, trop conformistes (selon lesquels toute critique de l'état est déjà une concession à l'état). Mais il me semble que n'importe lequel de ces critiques serait immédiatement qualifié de ringard ou de réac s'il évoquait - fût aussi brièvement que Chomsky - une liberté ou une valeur qu'il trouverait positive en France.

Est-ce que vous voyez ce que je veux dire ? C'est me semble-t-il une différence irréductible. Est-ce un héritage de la révolution française ? Cela me paraît être une hypothèse raisonnable. Howard Zinn analyse la révolution américaine de façon à la démystifier et montre qu'elle procède elle aussi d'une mise à distance des masses, etc. Mais là encore, son histoire du peuple des Etats-Unis s'appuie sur un fond positif, qui lui s'exprime davantage comme la constitution historique, progressive, d'un noyau positif d'un ensemble de valeurs par les masses précisément et ceux qui sont les grains de sable d'en bas dans la machine. Ces valeurs sont essentiellement sociales et parfois religieuses. Notez que Chomsky aussi a exprimé à plusieurs reprises l'importance (positive) de la religion (catholique) en Amérique centrale ou en tout cas de certains religieux (comme ferment d'organisation sociale). On est très, très loin de l'image du religieux américain moyen véhiculé par les media français. (Mon but ici n'est pas du tout de faire l'apologie de la religion catholique mais de pointer à nouveau une différence que je crois importante.) Imaginez-vous un critique français disant cela tout en continuant à être pris au sérieux ? Est-ce dû à la force du mépris des élites, à l'héritage politique antireligieux des Lumières ?

Bon, je me suis encore un peu éloigné du sujet. Merci pour l'échange d'idées.

Portrait de Louve Bleue

De Louve Bleue

en survie | 10H41 | 14/11/2008 | Permalien

Je savais pas ! …Mais c'est épouvantable !
Digne du temps d'Hitler, ni plus ni moins.
Il est plus que temps d'apprendre à désobéir. C'est cela le courage pour rester un citoyen digne.

Portrait de abfaboune

De abfaboune

13H47 | 14/11/2008 | Permalien

Certaines solutions existent pour contourner ce flicage, si le gouvernement parvient à passer cette mesure malgré la mobilisation des universitaires notamment qui commence à prendre forme.

http://abfaboune.blogspot.com/2008/11/profs-blogueurs-et-forumeurs-big.h…

Portrait de gelu42

De gelu42

14H07 | 15/11/2008 | Permalien

On nous parle de 15% d'élèves en grande difficultés à l'entrée de la 6è , mais d'où sortent ils ce chiffre ? En fait ils font référence à l'enquête internationale PIRLS . L'enquête
analyse en fait les compétences échouées par la tranche des 15% des élèves les plus en difficultés et ce dans les pays de l'OCDE.
Et la com du ministre a transformé cela en 15% d'élèves en difficultés. plus c'est gros plus ça marche et tout le reste des mesures sont déclinés avec cette argumentation

Portrait de ortolan

De ortolan

Enseignante | 14H16 | 15/11/2008 | Permalien

Non mais cessez de critiquer : c'est artistique ! Cette façon de faire passer les pires horreurs sans faire trop de bruit ? Digne du Louvre ! ! ))
En plus, c'est 50 cents par collègue dénoncé, ce qui fait 5 euros au bout de dix ! ! )) Quelle belle occasion d'ajouter quelques sous à fiche de paie !
Suis prof des écoles, viens de retrouver gout chemin école : VIVE SARKO I ! ! ! ! ! )

Madame Michu : Sophie (ANONYME)
http://soflv.blogspot.com/

Portrait de ortolan

De ortolan

Enseignante | 14H29 | 15/11/2008 | Permalien

En ce qui me concerne (merci de ne pas me dénoncer), je pratique en ce moment la greve du zele : service minimum quant à RDV parents ! Ils ont voté Sarko ? Ils l'ont eu ! ET nous (les profs), on se coltinne le SOUTIEN ! Quand on doit faire l'étude (Objectif : ne pas être interdit bancaire), on a des journées usantes. 10 à 15 % d'élèves au soutien ? Quid des autres ? Ceux devant lesquels vous faites la tronche à 13h30 parce que crevé ?
Bref je suggère de débloquer 200 000 euros (au minimum ! ) pour « surveiller » conneries gouvernement !

Bon courage,
Sof
http://soflv.blogspot.com/

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code