Polemique

Procès Péan : il n'est pas raciste de trouver les Tutsi menteurs

L'écrivain a été relaxé des poursuites engagées par SOS-Racisme pour « provocation à la discrimination raciale ». Décryptage.

Des enfants tutsi font la queue pour de la nourriture à Kigali en 1994 (Corinne Dufka/Reuters).

Les Tusti ont-ils une culture du mensonge ? Et les femmes de leur diaspora tutsi ont-elle su choisir « des lits appropriés » pour infiltrer certaines organisations internationales ? Ce sont là quelques propos de l'ouvrage de Pierre Péan, « Noires fureurs, Blancs menteurs ». SOS Racisme et Ibuka, association de rescapés du génocide avaient déposé plainte pour diffamation raciale et provocation à la discrimination raciale contre lui. Il a été relaxé.

Yvonne sort de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, le regard extrêmement triste. Mais presque résigné. Rwandaise, de passage à Paris, elle vient d'assister au délibéré du procès intenté par SOS Racisme à Pierre Péan, pour « diffamation raciale » et « provocation à la discrimination raciale » à la suite de la publication de son ouvrage « Noires fureurs, Blancs menteurs ». Se constituant partie civile, SOS Racisme avec Ibuka, association des rescapés du génocide, déposaient plainte et réclamaient un euro symbolique de dommages et intérêts à Pierre Péan et son éditeur, Claude Durand, directeur de Fayard.

Des « témoins » qui s'abritent derrière « le langage colonial de l'époque »

Tous deux ont été relaxés. Le tribunal a estimé « que la formulation “culture du mensonge et de la dissimulation”, aussi brutale qu'elle puisse apparaître, spécialement pour les victimes d'un génocide, ne peut être considérée comme l'imputation d'un fait précis visant à jeter le discrédit sur l'ensemble des Tutsis ». Yvonne rejoint un cercle de rescapés du génocide des Tutsi. Même tristesse. Même résignation.

Auteur de nombreux livres d'enquête, le journaliste était poursuivi pour quatre pages (sur six cents) attribuant aux Tutsi une « culture du mensonge et de la dissimulation ». Pierre Péan explique que cette formation au mensonge a été « observée par les premiers Européens qui ont eu un contact prolongé avec les Tutsis ». Et de citer l'un d'entre eux, un certain Paul Dresse, agent territorial dans les années 1940 :

« (…) C'est ce qui fait de cette race l'une des plus menteuses qui soit sous le soleil. »

Comme le langage peut paraître violent, Pierre Péan spécifie au lecteur, en bas de page, que l'auteur de ces propos utilise « le langage colonial de l'époque ». Rassuré par cette précision, ce même lecteur aura cependant eu de nombreuses occasions d'éprouver un nouveau choc face au vocabulaire, colonial ou non, déployé durant les trois jours de procès les 23, 24 et 25 septembre.

Une vingtaine de témoins de la Défense ont défilé à la barre pour expliquer que, oui, pour les Tutsi, le mensonge était « une culture », « un lieu commun » ou « dans la mentalité primitive ». Une ancienne missionnaire au Rwanda explique, à propos de cachotteries que pouvaient faire des enfants tutsi à l'école : « Notre éducation essayait de les rendre normaux. »

« Ces mots sur les Tutsi, on les a déjà entendus, on sait où ils ont mené. »

Chaque fois, le ton est tranquille, sur le mode de la démonstration didactique (historiens, journalistes) ou magistrale (politiciens). Hubert Védrine, ex-secrétaire général de l'Elysée sous Mitterrand et Bernard Debré, ex-ministre (RPR) de la Coopération en 1994 étaient, en effet, là pour défendre Pierre Péan. Et la thèse de son livre : Paul Kagamé, actuel président du Rwanda, aurait abattu l'avion du président hutu Habyarimana, le 6 avril 1994, et déclenché le génocide. Cette thèse est également celle du juge Bruguière, qui a délivré des mandats d'arrêt contre des proches de Kagame.

Les témoins de la défense ont d'autre part, invoqué les nombreux massacres de Hutu qui, après la prise de Kigali par l'ex-chef du Front patriotique rwandais (la rébellion tutsi), auraient constitué un double génocide.

Dans une joute moins flamboyante parce que trop douloureuse, des rescapés du génocide du Rwanda étaient également venus déposer, côté partie civile. Après avoir évoqué ces cent jours de génocide vécus, Esther Mujawayo, psychothérapeute et fondatrice de Avega, association des veuves du génocide d'Avril, avait dit :

« Monsieur Péan, vous êtes écrivain, vous connaissez la force des mots. Ces mots sur les Tutsi, on les a déjà entendus, on sait où ils ont mené. Et là, maintenant, ça recommence… »

Puis, prise par une brusque émotion, elle s'était adressée à la cour, le regard anxieux :

« Là, je me dis que vraiment, on peut devenir fou, folle… Je suis devant vous à devoir vous prouver que je ne mens pas en vous parlant… »

Etrange procès en effet, où il fallait juger si racisme il y avait dans les propos de l'accusé tandis que les questions même de son avocat utilisaient abondamment l'emploi ambigu du pluriel : « Est-ce que les Tutsi ont une culture du mensonge… », « Est-il vrai que les Tusti… »

Remplacez Tutsi par juif et vous vous retrouvez dans « Mein Kampf »

C'est cette ambiguïté, justement, qu'ont souligné Yves Ternon, chercheur spécialiste de crimes contre l'humanité, et Benjamin Abtan, ex- président de l'UEJF, Union des étudiants Juifs de France, appelés par SOS Racisme. Pour mesurer le danger du langage choisi par Péan, le premier a suggéré de remplacer le mot « juif » par celui de « Tutsi », le second l'a carrément fait.

Benjamin Abtan a, en effet, lu au tribunal un texte de la pire prose antisémite des années 30, dont certains propos sur le « juif menteur comme protection de soi ou du groupe auquel il appartient » rappelaient avec précision certaines phrases pour lesquelles comparaissait Péan. A la fin de sa lecture, considérée comme provocatrice par certains, Abtan avait révélé sa source : « Mein Kampf ». En larmes, Pierre Péan n'a pas supporté le parallèle.

Enfin, dernier élément qui faisait partie de la plainte de SOS Racisme et Ibuka mais peu retenu durant ce procès : l'image des « très belles femmes tutsi » que Péan suggère comme manipulatrices en évoquant leur choix « de lits appropriés ».

En clôture des débats, la procureure, Anne de Fontette, avait considéré que les délits étaient bel et bien constitués aux yeux du tribunal. Elle reprochait à Péan un usage confus des guillemets dans ces nombreuses citations et l'amalgame régulièrement fait entre les mensonges politiques prêtés au président Kagamé avec les Tutsi, en général. Le tribunal ne l'a pas suivie. Le délibéré énonce ainsi :

« Si l'auteur attribue principalement aux Tutsi ce particularisme culturel, il le prête également aux Hutu et plus généralement aux Rwandais. »

Marcel Kabanda, président d'Ibuka, retient, amer, que dans ce jugement, n'a nullement été pris en compte la question des femmes espionnes. Il rappelle combien ce préjugé sur la séduction manipulatrice des femmes tutsi a été un argument fort des génocidaires et cause de nombreux viols.

Un jugement indécent parce qu'il ne considère pas graves les propos tenus

Pierre Péan, qui n'a pas voulu s'exprimer pour Rue89 (« avec tout le mal qu'ils disent de moi ! » -où donc ? ? ? NDLR-) a déclaré à notre consœur de France Culture « vivre quelques minutes de soulagement après trois ans de souffrance » tandis que son avocat saluait cette « grande victoire pour la liberté d'expression ».

Marcel Kabanda éprouve pour sa part une immense déception. Il le dit dans une extrême dignité.

« Je trouve ce jugement indécent parce qu'il ne considère pas que les propos tenus sont graves. C'est comme s'il y avait une incapacité de la part de la justice à mesurer les ravages que ce livre a causés chez les victimes… Je respecte la liberté d'expression mais je pense que la meilleure façon de la protéger, c'est que ceux qui écrivent se montrent plus responsables dans ce qu'ils disent. »

Sans hausser le ton, l'historien à l'Unesco ajoute :

Peut-être les juges ont-ils été particulièrement sensibles à la personnalité des témoins appelés par Mr Péan et Mr Fayard Fayard ? Ces hommes politiques, dont l'un est député à l'Assemblée, ont donné une caution morale à cet ouvrage. Quel poids, victime, peut-on avoir en face ? Dans les considérations de la Cour, nous avons pesé très peu. »

José Kagabo, historien à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), spécialiste des rapports entre la France et le Rwanda opte, lui, pour une lecture politique de ce procès :

« Ce jugement ne pouvait pas être autre, sinon cela revenait à désavouer le juge Bruguière. »

Photo : des enfants tutsi font la queue pour de la nourriture dans l'église Sainte-Famille à Kigali en 1994 (Corinne Dufka/Reuters).

Lire aussi : Kagabo : Péan, un procès pour l'honneur de la France

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Portrait de LeLapin

à fetiche Portrait de fetiche De LeLapin

Infopigiste | 23H56 | 08/11/2008 | Permalien

Je trouve que votre intervention est excellente. Mais en lisant cet article puis en la lisant, il m'est venu quelques remarques et questionnements. D'abord, bien avant l'intertitre parlant de la Shoah, je me disais qu'au fil de cet article ou de ses commentaires le sujet allait certainement ressurgir. Dans une certaine culture, on appelle ça un « Point Godwin ».
Ayant lu l'article dans son entier - et pour soutenir la comparaison entre les Tutsi et le paradoxal retournement de situation que sont les sionistes extrémistes vis à vis des palestiniens en comparaison de l'hégémonie Tutsi face aux « larbins » hutu, je me disais qu'après tout, on ne doit pas se plaindre de subir le revers de la loi du Talion. Mais tout ceci est aussi vain que de tenter à enseigner la tolérance et la bonté à l'espèce humaine.
Et justement, je me demande s'il est utile/nécessaire de judiciariser les mots et les idées. Le Web a connu (et connait encore) les expressions d'opinions les plus extrèmes. Et alors ? Quand vous croisez dans la rue quelqu'un qui dit « c'est vert » alors que c'est bleu, vous allez faire un cordon sanitaire autour de l'individu en haranguant la foule : « ne l'écoutez pas ! C'est pas vert, c'est bleu ! C'est un colorévisionniste ! Monsieur l'agent, s'il vous plait, veuillez arrêter cet homme qui dit vert un truc bleu ! »
Ce que je veux dire par là, c'est que la connerie ne se vaccine pas par la loi. Il faut laisser tout le monde exprimer y compris les pires conneries, et comme ça nos peuples auront les idées qu'ils méritent. Si la majorité pense des conneries, qu'on en meure, car on n'a pas mérité de vivre.

Portrait de Ukuri

De Ukuri

riverain de rue 89 | 19H01 | 08/11/2008 | Permalien

Ce qui est terrible c'est que Pierre Péan a utilisé la même réthorique que les « médias de la haine » qui ont par leur propagande incité au génocide des Tutsi. Un exemple :

« Les femmes tutsies étaient vendues ou mariées à des intellectuels ou à des hauts fonctionnaires hutus, pour mieux espionner les cercles d'influence hutus, répartir les postes clés aux affaires, distribuer des permis spéciaux d'importation et révéler des secrets à l'ennemi » Hassan Ngeze, rédacteur en chef du journal Kangura, condamné à 30 ans de prison par le TPIR pour « incitation à commettre le génocide »

« Les associations de Tutsi hors du Rwanda ont fait ainsi un très efficace lobbying pour convaincre les acteurs politiques du monde entier de la justesse de leur cause. Elles ont infiltré les principales organisations internationales, et d'aucuns, parmi leurs membres, ont su guider de très belles femmes tutsi vers des lits appropriés… Leur brillante intelligence a su parfaitement se jouer de nombreux milieux intellectuels ». Pierre Péan, journaliste français.

D'autres exemples, dans cet article très digne trouvé sur le blog d'une rescapée du génocide.

http://kagatama.blogspot.com/2008/09/au-rwanda-le-tutsi-et-menteur-et-la…

Portrait de Freddasse_Terre

à Ukuri Portrait de Ukuri De Freddasse_Terre

touche à tout | 15H48 | 13/11/2008 | Permalien

La différence c'est l'usage qu'ont fait de ces mots leurs auteurs. Dans le premier cas, il s'agit d'appeler au meurtre et au génocide, dans le second, il s'agissait de porter un regard de chercheur, d'investigateur…

En gorssissant le trait pour bien me faire comprendre, il y a quand même une grosse différence entre des propos tels que : « Les *** sont des cons, donc tuons-les tous » et « Les *** sont des cons ».

Non ?

Portrait de Kaiser

De Kaiser

journaliste | 19H33 | 08/11/2008 | Permalien

Tous les Rwandais savent bien que Mr PEAN a bien dit la vérité dans son livre « Noires fureurs,Blans menteurs… Ici au Rwanda, il est tabou de dire de telles vérités, le pouvoir en place à kigali voulait seulement diaboliser l'auteur du livre et ses révélations sur le rwanda que la communauté internatonale a essayé de cacher jusqu'à présent…

Nous demandons, à vous tous les personnes de bonne foi de continuer à parler sur la réalité de ce qui s'est passé au Rwanda afin que les rwandais puissent se pardonner et se réconcilier eux-mêmes ; et avec les pays étranger.

Nous nous réjouissont de cette décision de justice
afin que le peuple rwandais continue à se dire les vérités sans tabou.

Merci à tous.

Portrait de y-Bot

à Kaiser Portrait de Kaiser De y-Bot

01H23 | 09/11/2008 | Permalien

T'es ouf toi…

Portrait de sam09

De sam09

20H21 | 08/11/2008 | Permalien

J'ose poser une question de fond… puisqu'on en parle sans jamais l'aborder.
Est-il possible qu'un peuple développe une culture du mensonge et de la dissimulation ?
Je ne cite aucun peuple, donc je ne risque pas de procès. Ou bien de tous les peuples…

Le problème, c'est que si l'on considère que ce peuple en tant « qu'Ethnie » a une culture du mensonge, il va falloir apporter un matériau précis, important, convainquant, et aussi comparer aux autres peuples. Il va falloir aussi prouver que cela vient des gênes de ce peuple, car si ça ne vient pas des gênes, cela vient des circonstances. Et ces circonstances sont variables avec l'Histoire.

Tout cela pour en venir où ? Je prends l'exemple du Peuple Français. Il n'y a rien de plus hétéro-gène…
Durant l'occupation nazie, les troupes d'occupation durent trouver que les Français avaient une culture du mensonge et de la dissimulation…

De même, les troupes françaises coloniales et les colons ont estimé que les arabes étaient menteurs. Quoi de plus normal que de mentir à l'ennemi qui vous envahit et vous domine ? Pour des questions importantes,militaires, stratégiques, et aussi au quotidien.

Ce que je dirais à M. Péan, c'est de réfléchir un peu avant d'accuser « un peuple » (quelle homogénéité ? ) de mentir aux colons. C'est tout à fait normal que ce peuple le fasse. Il aurait dû ajouter que les sources coloniales étaient mal placées pour parler d'une culture du mensonge qui serait « l'essence » d'un peuple. Personne n'aime les ethnologues en uniforme…

Comme disait Migel de Unamuno, « Soy yo y mi circunstencias… »

Portrait de dianne0

à sam09 Portrait de sam09 De dianne0

rien | 00H30 | 09/11/2008 | Permalien

Bien sûr sam09 !
C'est pour cela qu'il s'agit de racisme, purement et simplement. Il est tout bonnement ahurissant que l'on ait pu assister de fait, dans une enceinte de justice française, au procès d'un peuple puisque c'est en utilisant ce genre d'argument que le défendeur a pu mener son affaire jusqu'à la relaxe !

Portrait de sam09

à dianne0 Portrait de dianne0 De sam09

12H54 | 09/11/2008 | Permalien

Bien évidemment, je suis d'accord avec vous. A partir du moment où l'on désigne « un trait » d'un peuple comme étant « congénital » sans se référer aux circonstances historiques qui ont fait apparaître ce trait, on fige les choses. Et les colons ne peuvent pas penser que c'est leur faute si les colonisés leur mentent, car ce serait reconnaître qu'ils ne font que se défendre contre eux.
Dans ces cas, le mensonge et la dissimulation s'appellent « résistance ».

Portrait de jck

à sam09 Portrait de sam09 De jck

09H01 | 09/11/2008 | Permalien

Je pense que n'importe quel peuple peut développé une culture du mensonge dans un sens orwellien, c'est à dire sans qu'aucun critère racial y soit pour quoique ce soit.
Ensuite l'article n'explique tout de même pas très bien ce que Péan a voulu dire. Qu'est ce qu'il a dit lui-même au procès ?

Portrait de Mandrin

De Mandrin

20H31 | 08/11/2008 | Permalien

Quelle hypocrisie !

Bien évidemment que ce procès est un procès en sorcellerie quand on voit :

_ que l'avocat de SOS racisme, Lev Forster, est aussi l'avocat de Kigali dans l'affaire de la destruction de l'avion du président rwandais (et celui de Pasqua…),
- Que tant ,que Abtan, Soppo ou que Encel qui était bien présent dans la salle sont des habitués de Kigali,
- Que l'étoile du gouvernement de Kigali est en train de sacrément pâlir chez les gens qui ont cru à la fable que des Rocard ou d'autres qui avaient des comptes à règler avec Mitterrand ont colportée du FRP « Libérant le Rwanda comme la division Leclerc a libéré la France » (déclaration devant la commission parlementaire).

En effet :

- Les 40 mandats d'arrêt internationaux lancés par l'Espagne contre des proches de Kagamé,
- Les révèlations bien tardives sur le rôle, entre autre de Kagamé, dans les massacres qui perdurent dans l'Est du Congo qui ont fait 4 millions de morts,

mettent en lumière la vraie nature de ce régime.

Et les idiots utiles qui ont marché derrière cette désinformation, il faut donc leur donner autre chose : alors allons-y pour ce procès en sorcellerie, cela fera oublier la nature du régime de Kagamé et ses responsabilités.

Et banco pour le billard à trois bandes qui consiste à esayer de se payer Péan (sans doute pour des raisons bien + anciennes qui n'ont rien à voir avec la Rwanda)…avec la bonne foi en bandoulière, les idiots utriles marcheront une fois de plus !

Il suffira comme l'ont fait Ternon et Abtan se vautrer dans des comparaisons odieuses (Un dignitaire nazi condamné à Nuremberg, Mein Kampf, Faurisson etc…) et les idiots utiles auront leur dose et marcheront….

Comment peut-on abaisser ainsi le journalisme au nom de la morale ?

Portrait de dianne0

à Mandrin Portrait de Mandrin De dianne0

rien | 00H23 | 09/11/2008 | Permalien

« Que tant ,que Abtan, Soppo ou que Encel qui était bien présent dans la salle sont des habitués de Kigali, »

Ah ça on ne peut pas en dire autant de Pierre Péan, qui n'y a jamais mis les pieds puisque selon ses dires « c'est un régime sanguinaire ». La frousse quoi, d'aller faire sur le terrain les investigations nécessaires. On comprend mieux d'ailleurs que nombre de grands reporters soient désormais… des femmes !
Pour ce qui est des trois personnes citées, cela leur a permis de se faire une idée exacte de la souffrance des survivants. Fort utile pour éviter de les traiter de menteurs, bien planqué derrière un clavier à Paris.

Portrait de Mandrin

à dianne0 Portrait de dianne0 De Mandrin

08H51 | 09/11/2008 | Permalien

Ne faites pas semblant de ne pas comprendre :

Les Encel, Abtan et Ternon sont-ils allés « enquêter » à Kigali ou prendre des ordres ?

La réponse est dans la question…

Et la présence de Forster comme avocat est quand même significative : Forster l'avocat de Kigali dans l'affaire de l'avion abattu du Président rwandais !

On ne pouvait pas faire plus gros et plus visible, non ?

La preuve que tous les désinformateurs dans cette dossier dramatique prennent les citoyens pour des imbéciles.

Bien évidement que c eprocès est télgiuide par Kigali et Kagamé et que les personnes citées sont des courroies de transmission.

Je remarque quand même que vous ne répondez pas sur deux points essentiels :
-1- Les 40 mandats d'amener de la justice espagnole contre des proiches de Kagamé,
-2- Les révèlations actuelles sur le drame que vit l'est du congo et où vos grand amis les kagamistes ne brillent pas par leur neutralité.

De sacrés cailloux dans vos chaussures, non ? Des lames de rasoir même….

Il va être de plus en plus difficile de tenir des propos comme les votre dans les mois à venir, non ,

On va se marrer avec vos contorsions et vos choix sélectifs sur les victimes : « les bonnes victimes » et les autres..

Moi, je ne fais aucune différence entre les victimes de la barbarie car je suis un homme libre.

Je n'en dirais pas autant de beaucoup d'intevenants sur ce forum…

Portrait de dianne0

à Mandrin Portrait de Mandrin De dianne0

rien | 12H42 | 09/11/2008 | Permalien

Mais je comprends. Trop bien même.
Vous déplacez le propos d'un procès à l'autre pour noyer le poisson.

Paradoxalement, votre propos revient à nier à ceux qui ont quelques lumières sur l'affaire, le droit de la commenter. C'est limpide.

Vous parlez de « courroies de tranmission » concernant les personnes que vous transformez en objets en les affublant d'un déterminant méprisant. C'est dire si pour vous le débat contradictoire a quelque légitimité.

Ce que je comprends parfaitement, c'est que selon vous il aurait fallu faire appel à des gens qui n'y connaissent rien au motif qu'ils auraient été « insoupçonnables ».

C'est presque ce qu'a fait le « journaliste ». Sauf que certains de ses témoins ont eu des activités plutôt soutenues au moment des faits… Mais là, curieusement, pas de procès en « illégitimité ». Et pas de récusation. Tiens… tiens… C'est comme le saumon à l'unilatérale, c'est cuit d'un seul côté !

Je remarque que tous ceux qui montent au créneau contre les plaignants (qui représentent les victimes contrairement à ce que la réthorique salonnarde parisienne tend à laisser penser) se dépêchent d'utiliser la situation actuelle à leur encontre.

La subtilité qui consiste à utiliser des expressions comme « dossier dramatique » en donnant quitus aux bourreaux est, elle, une vraie contorsion.

Il n'y a pas de bonnes et de mauvaises victimes. Il y a eu 800 000 morts. Tutsi. Et des milliers de femmes martyres. Tutsi aussi. A qui l'on dénie, comme souvent en notre bon XXIe siècle occidental triomphant au masculin, le droit de demander un peu de considération.

Un petit peu de doc (gratuitement, de la part du « complot-tutso-arabo-juif ») pour équilibrer les communications « officielles » et les comptes-rendus du mec qui a vu le mec qui connaissait le beau-frère du type qui causait dans le poste à radio-mille-collines ?

-Raphaêl Haddad « Tuez-les tous » (docu tourné sur le terrain, là où c'est « sanguinaire », comme dit Péan)
-Patrick de St Exupéry (il y est allé) « L'inavouable »
-Souad Belhaddad (elle y est allée)« La fleur de Stéphanie »
-Collectif (dont Ch. Taubira qui y est allée itou) préfacé par B. Kouchner(qui y était) « Pour un dialogue des mémoires »
-Le Monde Diplomatique (articles de C. Braekmann qui y est allée)

Mandrin, homme libre ? Allez-y et ensuite on en reparle.

Portrait de dianne0

à dianne0 Portrait de dianne0 De dianne0

rien | 15H08 | 09/11/2008 | Permalien

erratum : « Tuez-les tous ! » est un document réalisé par Raphaël Glucksmann.

Portrait de Mandrin

à dianne0 Portrait de dianne0 De Mandrin

21H57 | 09/11/2008 | Permalien

Une seule question pour démontrer l'inanité de votre argumentation : Qui était l'avocat français de SOS Racisme dans ce procès ?

Reponse : Lev Forster qui comme par hasard est l'avocat de Kigali dans l'affaire d el'avion du président rwandais.

Jeu set et match …

Ps : et vous ne vous rendez même pas compte dans vote loghorrée de ce que vous écrivez et les monstruosités que co,ntiennent vos écrits . Je cite : « n'y a pas de bonnes et de mauvaises victimes. Il y a eu 800 000 morts. Tutsi. » .

Relisez-vous avant d'envoyer vos messages….

Portrait de Mandrin

à dianne0 Portrait de dianne0 De Mandrin

09H23 | 10/11/2008 | Permalien

Portrait de fabinet

à Mandrin Portrait de Mandrin De fabinet

16H05 | 10/11/2008 | Permalien

merci Mandrin ! !
Encore bravo.
et honte aux journalistes de rue89 qui publient un tel torchon diffamatoire sur M Péan.

Portrait de Mandrin

De Mandrin

20H59 | 08/11/2008 | Permalien

@Souâd Belhaddad
Vous citez José Kabogo : « Ce jugement ne pouvait pas être autre, sinon cela revenait à désavouer le juge Bruguière. »

C'est quand même un peu court !

Et les 40 mandats d'amener de la justice espagnole c'est quoi ?

Une collusion entre la Françafrique et l'Espagnafrique ?

Un complot international ?

Et les responsabilités de la clique à Kagamé dans les évènements de l'est du Congo, c'est quoi ?

Une invention des amis à Péan ?

Poor arguments….

Portrait de dianne0

à Mandrin Portrait de Mandrin De dianne0

rien | 12H46 | 09/11/2008 | Permalien

C'est juste 14 ans après ce qui nous occupe.
Une paille.

Portrait de Mandrin

à dianne0 Portrait de dianne0 De Mandrin

23H28 | 09/11/2008 | Permalien

 ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

Les crimes qui ont motivé les mandats d'amener de la justice espagnole datent de quand ?

Les crimes dans l'est du Congo ont commencé quand ?

Portrait de Flore Balthazar

De Flore Balthazar

auteur de bédés | 20H39 | 08/11/2008 | Permalien

Je ne me prononcerai pas dans ce débat, mais ce petit extrait d'un article de Robert Ménard (reporters sans frontières) et Hervé Deguine (journaliste et témoin de la défense de Péan) paru sur Libération peut peut-être éclairer la polémique :
« Pourtant, ce n'est pas à cette thèse que s'attaque SOS Racisme, mais à quatre lignes figurant dans l'introduction du livre : “…il est important d'ajouter […] que le Rwanda est aussi le pays des mille leurres, tant la culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis, et, dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus.” La formulation est maladroite. On comprend qu'elle ait pu blesser. Mais plus simpliste encore est l'interprétation qu'en donne SOS Racisme : selon Sopo, Péan traiterait les Tutsis de menteurs et inciterait à la haine raciale. Seule une lecture spécieuse de ce texte permet une telle interprétation. En évoquant le poids du mensonge et de la dissimulation dans la culture rwandaise, chez les Tutsis et chez les Hutus, il ne fait que reprendre un fait établi par les spécialistes. Il y a même un mot en kinyarwanda, la langue nationale, pour exprimer ce concept : ubgenge, qui signifie “une forme particulière d'intelligence, qui vise l'acquisition d'avantages matériels et sociaux par quelque moyen que ce soit. L'équivalent en français le plus acceptable serait fourberie, si ce terme n'avait pas une connotation péjorative, alors que celle d'ubgenge est admirative… A défaut de substantif, le français possède un adjectif assez équivalent : malin” (Coupez, 1970). Au Rwanda, l'art de la dissimulation est valorisé. Savoir tromper son adversaire est un signe d'éducation. Cette culture est une réalité de fait, n'en déplaise à SOS Racisme. Fallait-il porter ce débat devant un tribunal ? Les responsables de SOS Racisme n'ont-ils pas fait preuve d'aveuglement, sinon de malveillance ? »
On peut lire la totalité de l'article ici : http://www.liberation.fr/societe/0101162883-pean-sos-racisme-se-trompe-d…

Portrait de leconcombrevert

à Flore Balthazar Portrait de Flore Balthazar De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 13H34 | 09/11/2008 | Permalien

Les Français - peuple intrinsiquement menteur ?

Je vous fais remarquer que l'article que vous mettez en lien part sur un mensonge : l'auteur prétend que le procès intenté à Péan se base uniquement sur 4 ligne de la préface. Or, en vérité, sont mises en cause 4 pages.

Est-ce malin ou fourbe ? Ah, là, j'ai rarement lu une démonstration linguistique plus hypocrite et tirée par les cheveux.

Si vous considérez que « savoir tromper son adversaire » n'est pas prisé par les locuteurs du français, vous n'avez jamais mis les pieds dans un palais de justice ou chez un marchand de voitures d'occasion ….

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 22H17 | 08/11/2008 | Permalien

Verdict juste ! … Et j'ajouterai des éléments post-génocide pour étayer mon appui à ce verdict et aux thèses courageuses de Péan :
1) Les Hutu réfugiés au Congo ont été poursuivis et massacrés par leurs compatriotes tutsi dans une campagne sanglante de « contre-génocide » qui aurait fait plus d'un million de morts. A chaque fois que l'ONU voulait entreprendre des investigations sur ces crimes, le régime rwandais poussait des cris d'orfraie en agitant le spectre du génocide commis par les Hutu, comme si ceci justifiait cela !
2) Le Rwanda a occupé l'est du Congo pendant cinq ans pour y poursuivre les génocidaires Hutu. Or, pendant toutes ces longues années, les Rwandais ne faisaient que piller les ressources naturelles du Congo (et des rapports de l'ONU l'attestent). Les génocidaires hutu se trouvaient justement dans l'est occupé par le Rwanda.
3) Un officier rwandais, Laurent Nkunda, se fait passer pour un Tutsi congolais dont le mouvement viserait à défendre la « minorité » tutsi. Pourtant, le recrutement et l'approvisionnement de la milice ethnique de Nkunda se font en territoire rwandais (des organisations non-gouvernementales — comme Human Rights Watch— l'ont prouvé). Qui plus est, parler de « minorité » au Congo, c'est jeter de la poudre aux yeux de l'opinion internationale car toutes les 430 tribus qui composent le pays y sont minoritaires et les Tutsi n'y ont jamais été l'objet de haine…
4) Sous le couvert du génocide et du capital de sympathie que ces horreurs continuent de susciter de par le monde, Kagame a mis en place un régime ethno-fasciste et autocratique dont la violence ne peut être comparée qu'à des régimes comme le régime d'Enver Hoxha en Albanie.
Les Rwandais — Hutu et Tutsi confondus — sont donc des menteurs fieffés !

Portrait de leconcombrevert

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 00H27 | 09/11/2008 | Permalien

« Les Rwandais — Hutu et Tutsi confondus — sont donc des menteurs fieffés ! »

---- sauf les morts.

Juste une question : Y-a-t-il des peuples « honnêtes » ?

R-i-d-i-c-u-l-e.

Portrait de Alex Engwete

à leconcombrevert Portrait de leconcombrevert De Alex Engwete

Consultant | 02H57 | 09/11/2008 | Permalien

Le cas rwandais est particulier et d'ailleurs aujourd'hui on a au Rwanda un régime ethnocentrique basé essentiellement sur un grand mensonge… Pour ce qui est des morts, je te laisserai méditer sur les 5 millions de morts causés par les Rwandais en République Démocratique du Congo et qui ont eu pour linceuls le mensonge du régime de Kigali !

Portrait de leconcombrevert

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De leconcombrevert

La vraie vérité >:-)) | 13H19 | 09/11/2008 | Permalien

Mais depuis des temps immémoriaux le mensonge, la manipulation, la mise en scène font partie de l'outillage politique de toutes les nations du globe.

Je n'ai ni le temps, ni la place ici de lister tout les exemples historiquement connus du genre.

C'est indigne et la preuve d'un pseudo-scientisme raciste lamentable de vouloir ramener cette problématique dans le cas des Rwandais à des « traits de caractère ethniques » des Tutsi.

Je ne prétends pas connaître tous les tenants et aboutissants de ce conflict et en particulier des circonstances qui ont menées au génocide, mais face à l'ineptie évidente d'une démonstration qui croit devoir recourir à des arguments aussi lamentables pour étayer sa thèse, je doûte fort que Péan en sache beaucoup plus que moi.

Portrait de dianne0

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De dianne0

rien | 01H41 | 09/11/2008 | Permalien

Cela a été l'habileté suprême des bourreaux de se faire passer pour victimes au yeux de la communauté internationale. Les premières images mondialisées du génocide ont fait pleurer misère sur les fuyards qui tentaient d'échapper… à la vindicte des derniers survivants de leurs exactions quand la situation s'est retournée. Votre point numéro un relève de la propagande la plus éhontée. Reprenez le calendrier des faits.

Ce que le gouvernement rwandais a ensuite mené comme politique vis à vis de ses voisins et de ses populations n'autorise ni Péan ni vous à nier les souffrances de ceux qui restent en les traitant de menteurs. C'est de cela qu'il s'agissait dans ce procès. Rien de plus. Ne tentez pas de noyer le poisson.

Portrait de Alex Engwete

à dianne0 Portrait de dianne0 De Alex Engwete

Consultant | 03H09 | 09/11/2008 | Permalien

Les réfugiés hutu massacrés au Congo par les troupes tutsi du Front Patriotique Rwandais (FPR) n'avaient bénéficié d'aucune sympathie internationale. Ceux que vous appelez les « derniers survivants du génocide » étaient des forces surarmées du FPR provenant de l'Ouganda et qui, selon des témoignages convergents, auraient elles-mêmes déclenché la fureur génocidaire des Hutu en abattant l'avion du président Habyarimana. Il est ironique que vous m'accusez de « propagande » alors que c'est mon pays qui est la victime de la propagande internationale rwandaise, avec à son actif 5 millions de Congolais morts et bien d'autres encore qui continuent de périr pendant que nous nous adonnons à cette conversation oiseuse !

Portrait de Flore Balthazar

à Alex Engwete Portrait de Alex Engwete De Flore Balthazar

auteur de bédés | 09H58 | 09/11/2008 | Permalien

En tant que Belge, avec une Maman et des oncles et tantes qui ont passé quelques années de leur enfance au Burundi voisin, je suis assez sensible à ce qui peut se passer dans cette partie du monde… Les Belges ont bien foutu le boxon, c'est la seule chose de sûre, notamment en favorisant « l'aristocratie » tutsie, et on continue à se servir sur ce qui reste sans souci des millions de morts, qu'ils soient hutu, tutsi ou congolais…

Le problème est très complexe, ça aussi c'est bien sûr. Essayons donc d'y voir clair, le plus calmement possible, sans se coller des procès dans la figure dès que quelqu'un comme Pierre Péan (qui n'est pas vraiment soupçonnable de racisme ou de néo-colonialisme) utilise une formule un peu maladroite.
Peut-être qu'il faut passer par des opinions quelque peu outrancières pour arriver à une vision équilibrée…

Il faudrait, dans un Monde idéal, que l'Europe retrouve enfin des relations normales et équilibrées avec ces pays. C'est pas demain la veille, malheureusement, tant que l'Afrique restera la laissée-pour-compte du monde.

A nous d'essayer de comprendre un peu mieux l'Afrique et les Africains dans leur infinie multiplicité, toutes ces langues, ces cultures souvent passionnantes. Avec humilité mais sans non plus se frapper la poitrine en pleurant « mea culpa » : je ne me sens en aucune façon coupable des conneries sanglantes de Léopold II et des colons belges après lui. Mais que mon pays et la France, mon pays d'adoption, aient une responsabilité particulière en Afrique, ça oui.

Portrait de dianne0

à Flore Balthazar Portrait de Flore Balthazar De dianne0

rien | 13H57 | 09/11/2008 | Permalien

Bien sûr que la France, entre autres, a une responsabilité particulière. Elle doit le montrer notamment en n'avalisant pas le fait que l'on puisse officiellement traiter les africains de menteurs jusque dans les prétoires.

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