Polemique

Procès Péan : il n'est pas raciste de trouver les Tutsi menteurs

L'écrivain a été relaxé des poursuites engagées par SOS-Racisme pour « provocation à la discrimination raciale ». Décryptage.

Des enfants tutsi font la queue pour de la nourriture à Kigali en 1994 (Corinne Dufka/Reuters).

Les Tusti ont-ils une culture du mensonge ? Et les femmes de leur diaspora tutsi ont-elle su choisir « des lits appropriés » pour infiltrer certaines organisations internationales ? Ce sont là quelques propos de l'ouvrage de Pierre Péan, « Noires fureurs, Blancs menteurs ». SOS Racisme et Ibuka, association de rescapés du génocide avaient déposé plainte pour diffamation raciale et provocation à la discrimination raciale contre lui. Il a été relaxé.

Yvonne sort de la XVIIe chambre du tribunal correctionnel de Paris, le regard extrêmement triste. Mais presque résigné. Rwandaise, de passage à Paris, elle vient d'assister au délibéré du procès intenté par SOS Racisme à Pierre Péan, pour « diffamation raciale » et « provocation à la discrimination raciale » à la suite de la publication de son ouvrage « Noires fureurs, Blancs menteurs ». Se constituant partie civile, SOS Racisme avec Ibuka, association des rescapés du génocide, déposaient plainte et réclamaient un euro symbolique de dommages et intérêts à Pierre Péan et son éditeur, Claude Durand, directeur de Fayard.

Des « témoins » qui s'abritent derrière « le langage colonial de l'époque »

Tous deux ont été relaxés. Le tribunal a estimé « que la formulation “culture du mensonge et de la dissimulation”, aussi brutale qu'elle puisse apparaître, spécialement pour les victimes d'un génocide, ne peut être considérée comme l'imputation d'un fait précis visant à jeter le discrédit sur l'ensemble des Tutsis ». Yvonne rejoint un cercle de rescapés du génocide des Tutsi. Même tristesse. Même résignation.

Auteur de nombreux livres d'enquête, le journaliste était poursuivi pour quatre pages (sur six cents) attribuant aux Tutsi une « culture du mensonge et de la dissimulation ». Pierre Péan explique que cette formation au mensonge a été « observée par les premiers Européens qui ont eu un contact prolongé avec les Tutsis ». Et de citer l'un d'entre eux, un certain Paul Dresse, agent territorial dans les années 1940 :

« (…) C'est ce qui fait de cette race l'une des plus menteuses qui soit sous le soleil. »

Comme le langage peut paraître violent, Pierre Péan spécifie au lecteur, en bas de page, que l'auteur de ces propos utilise « le langage colonial de l'époque ». Rassuré par cette précision, ce même lecteur aura cependant eu de nombreuses occasions d'éprouver un nouveau choc face au vocabulaire, colonial ou non, déployé durant les trois jours de procès les 23, 24 et 25 septembre.

Une vingtaine de témoins de la Défense ont défilé à la barre pour expliquer que, oui, pour les Tutsi, le mensonge était « une culture », « un lieu commun » ou « dans la mentalité primitive ». Une ancienne missionnaire au Rwanda explique, à propos de cachotteries que pouvaient faire des enfants tutsi à l'école : « Notre éducation essayait de les rendre normaux. »

« Ces mots sur les Tutsi, on les a déjà entendus, on sait où ils ont mené. »

Chaque fois, le ton est tranquille, sur le mode de la démonstration didactique (historiens, journalistes) ou magistrale (politiciens). Hubert Védrine, ex-secrétaire général de l'Elysée sous Mitterrand et Bernard Debré, ex-ministre (RPR) de la Coopération en 1994 étaient, en effet, là pour défendre Pierre Péan. Et la thèse de son livre : Paul Kagamé, actuel président du Rwanda, aurait abattu l'avion du président hutu Habyarimana, le 6 avril 1994, et déclenché le génocide. Cette thèse est également celle du juge Bruguière, qui a délivré des mandats d'arrêt contre des proches de Kagame.

Les témoins de la défense ont d'autre part, invoqué les nombreux massacres de Hutu qui, après la prise de Kigali par l'ex-chef du Front patriotique rwandais (la rébellion tutsi), auraient constitué un double génocide.

Dans une joute moins flamboyante parce que trop douloureuse, des rescapés du génocide du Rwanda étaient également venus déposer, côté partie civile. Après avoir évoqué ces cent jours de génocide vécus, Esther Mujawayo, psychothérapeute et fondatrice de Avega, association des veuves du génocide d'Avril, avait dit :

« Monsieur Péan, vous êtes écrivain, vous connaissez la force des mots. Ces mots sur les Tutsi, on les a déjà entendus, on sait où ils ont mené. Et là, maintenant, ça recommence… »

Puis, prise par une brusque émotion, elle s'était adressée à la cour, le regard anxieux :

« Là, je me dis que vraiment, on peut devenir fou, folle… Je suis devant vous à devoir vous prouver que je ne mens pas en vous parlant… »

Etrange procès en effet, où il fallait juger si racisme il y avait dans les propos de l'accusé tandis que les questions même de son avocat utilisaient abondamment l'emploi ambigu du pluriel : « Est-ce que les Tutsi ont une culture du mensonge… », « Est-il vrai que les Tusti… »

Remplacez Tutsi par juif et vous vous retrouvez dans « Mein Kampf »

C'est cette ambiguïté, justement, qu'ont souligné Yves Ternon, chercheur spécialiste de crimes contre l'humanité, et Benjamin Abtan, ex- président de l'UEJF, Union des étudiants Juifs de France, appelés par SOS Racisme. Pour mesurer le danger du langage choisi par Péan, le premier a suggéré de remplacer le mot « juif » par celui de « Tutsi », le second l'a carrément fait.

Benjamin Abtan a, en effet, lu au tribunal un texte de la pire prose antisémite des années 30, dont certains propos sur le « juif menteur comme protection de soi ou du groupe auquel il appartient » rappelaient avec précision certaines phrases pour lesquelles comparaissait Péan. A la fin de sa lecture, considérée comme provocatrice par certains, Abtan avait révélé sa source : « Mein Kampf ». En larmes, Pierre Péan n'a pas supporté le parallèle.

Enfin, dernier élément qui faisait partie de la plainte de SOS Racisme et Ibuka mais peu retenu durant ce procès : l'image des « très belles femmes tutsi » que Péan suggère comme manipulatrices en évoquant leur choix « de lits appropriés ».

En clôture des débats, la procureure, Anne de Fontette, avait considéré que les délits étaient bel et bien constitués aux yeux du tribunal. Elle reprochait à Péan un usage confus des guillemets dans ces nombreuses citations et l'amalgame régulièrement fait entre les mensonges politiques prêtés au président Kagamé avec les Tutsi, en général. Le tribunal ne l'a pas suivie. Le délibéré énonce ainsi :

« Si l'auteur attribue principalement aux Tutsi ce particularisme culturel, il le prête également aux Hutu et plus généralement aux Rwandais. »

Marcel Kabanda, président d'Ibuka, retient, amer, que dans ce jugement, n'a nullement été pris en compte la question des femmes espionnes. Il rappelle combien ce préjugé sur la séduction manipulatrice des femmes tutsi a été un argument fort des génocidaires et cause de nombreux viols.

Un jugement indécent parce qu'il ne considère pas graves les propos tenus

Pierre Péan, qui n'a pas voulu s'exprimer pour Rue89 (« avec tout le mal qu'ils disent de moi ! » -où donc ? ? ? NDLR-) a déclaré à notre consœur de France Culture « vivre quelques minutes de soulagement après trois ans de souffrance » tandis que son avocat saluait cette « grande victoire pour la liberté d'expression ».

Marcel Kabanda éprouve pour sa part une immense déception. Il le dit dans une extrême dignité.

« Je trouve ce jugement indécent parce qu'il ne considère pas que les propos tenus sont graves. C'est comme s'il y avait une incapacité de la part de la justice à mesurer les ravages que ce livre a causés chez les victimes… Je respecte la liberté d'expression mais je pense que la meilleure façon de la protéger, c'est que ceux qui écrivent se montrent plus responsables dans ce qu'ils disent. »

Sans hausser le ton, l'historien à l'Unesco ajoute :

Peut-être les juges ont-ils été particulièrement sensibles à la personnalité des témoins appelés par Mr Péan et Mr Fayard Fayard ? Ces hommes politiques, dont l'un est député à l'Assemblée, ont donné une caution morale à cet ouvrage. Quel poids, victime, peut-on avoir en face ? Dans les considérations de la Cour, nous avons pesé très peu. »

José Kagabo, historien à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), spécialiste des rapports entre la France et le Rwanda opte, lui, pour une lecture politique de ce procès :

« Ce jugement ne pouvait pas être autre, sinon cela revenait à désavouer le juge Bruguière. »

Photo : des enfants tutsi font la queue pour de la nourriture dans l'église Sainte-Famille à Kigali en 1994 (Corinne Dufka/Reuters).

Lire aussi : Kagabo : Péan, un procès pour l'honneur de la France

11 commentaires sélectionnés

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De dianne0

rien | 15H19 | 08/11/2008 | Permalien

Merci chère Souad Belhaddad.
Cette « relaxe » provoque mon écoeurement. La France sera allée jusqu'au bout : nier la parole des martyrs.
Pour qui s'est un peu documenté sur les faits, rien ne peut justifier pareille décision. Si ce n'est, comme le rappellent fort justement certains intervenants que vous citez, que le pot de fer a cassé le pot de terre, une fois de plus.

On ne saurait trop conseiller, à ceux qui ont consenti à cette conclusion, de lire « La Fleur de Stéphanie » que votre plume a permis à Esther Mujawayo d'offrir à l'Histoire pour que cette fleur devienne une partie de notre mémoire.

Dans quelques années, quand la vérité, qui est têtue et ne se laisse jamais complètement étouffer, aura eu raison des contraintes géopolitiques, puisse la honte empêcher de dormir celui par qui la douleur a été réveillée.

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De Gaétan

15H54 | 08/11/2008 | Permalien

Je crois que c'est Alain Finkielkraut, Alain le Magnifique qui a dit : l'antiracisme sera le stalinisme du XXI° siècle ! Comme il avait raison ! Plus moyen de parler de ces problèmes sans qu'un procés en sorcellerie soit engagé contre vous. Ce sont de vrais procés de Moscou. Les démocrates de ce pays devraient réagir contre ce terrorisme intellectuel !

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De Alfary

Ronchon | 16H00 | 08/11/2008 | Permalien

Je ne vois guère de différence entre un essentialiste et M. Péan, dans sa formulation des passages incriminés. Il suffit de substituer d'autres catégories (Hommes, Corses, Grecs, Femmes etc) à Tutsi pour s'en apercevoir.

Que l'essentialisme, en tant que procédé malhonnête produise des textes douteux, il n'y guère que ses adeptes pour en douter.
Le tribunal avait à juger d'une généralisation abusive. Apparemment, compte a été tenu de la personnalité de M. Péan. Ce qui revient à un jugement essentialiste du racisme (propos, écrits et comportements).

Comprendre donc, qu'il existerait des catégories de personnes, par essence, incapables de certains délits. Le parquet voulait que l'on dise simplement le droit. Dommage que la décision se soit construite ailleurs. Au mépris du préjudice réel de la partie civile.

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De Diane67

16H21 | 08/11/2008 | Permalien

je crois qu'il faut raison garder. On sort quelques lignes d'un ouvrage complet et on les met en exergue. Si la justice a estimé qu'il n'y avait pas racisme, il ne nous appartient pas de vomir sur une décision de justice.

Ce qui est extraordianire,c « est qu'on peut sdire certaines choses sur certaines personnes et pas sur d'autres.
Le titre c'est “ noires fureurs, blancs menteurs” si on applqiue la nation de racistes, il a également traité les blancs de menteurs ; quelqu'un a déposé plainte pour les allégations anti- blancs ?

je sais que vous allez tous hurler au scandale, mais vous n'avez pas parfois l'impression que vous avez ici une pensée unique et c'est cette pensée unique, qui se veut branchée qui est dangereuse car elle empêche tout débat de fond et partant de là la contradiction et l'émergence de la vérité.
Or la, visiblement , il y a une tentative de mettre au point une vérité officielle.

Vous venez tous hurler au racisme. Si vous appliquiez au quotidien ce que vous venez raconter sur rue89, il y aurait des députés et sénateurs noirs en france. Y en a-t-il ? non.
Les USA ont eu l'intelligence d'élire un homme pour ce qu'il est et ce à quoi il croit et non pour sa couleur et pourtant si je lis rue89 quest ce que les états unis prennent régulièrement des volées de boios vert ici.

Portrait de thierry reboud

De thierry reboud

Fan-club à kk, carte n° 1 | 17H34 | 08/11/2008 | Permalien

Puisque Péan se réfère à d'augustes prédécesseurs fleurant le bon vieux temps des colonies pour traiter l'ensemble des Tutsi de menteurs, on peut sans doute lui suggérer de s'intéresser au fait (bien connu et parfaitement documenté aux mêmes sources) que l'Arabe est feignant, le Noir indolent, le Chinois fourbe et cruel, le Polonais alcoolique et, puisque nous y sommes, la femme frivole. (La liste n'est pas exhaustive, bien sûr.)

A noter que cette accusation d'appartenir à « une culture du mensonge et de la dissimulation » est aussi de plus en plus répandue au sujet des musulmans (notamment par l'inénarrable Adler, depuis qu'il a entendu parler de la notion de taqqiya). Cette accusation, qui fait fortune sur certains sites d'extrême-droite, ne soulève pas la moindre indignation. Elle semble même de mieux en mieux acceptée par certains « intellectuels ».

L'accusation de dissimulation est, par sa nature même, irréfutable, puisque la réfuter peut très facilement être interprété comme l'une des manifestations de cette culture de la dissimulation. C'est très précisément sur ce type de mécanisme que repose la cohérence inaltérable d'un mensonge aussi stupide que Les Protocoles des Sages de Sion ou les fables sur le 11 septembre 2001. Cette accusation est une arme absolue, quand bien même elle ne repose sur rien : c'est le sens du témoignage d'Esther Mujawayo.

Sur le jugement proprement dit, sauf erreur, je remarque que le délit est bel et bien constitué. Ce que semble dire le tribunal, c'est qu'il était erroné d'imputer à Péan un racisme anti-Tutsi, mais que lui imputer un racisme anti-Rwandais aurait été pertinent. C'est sûr que ça va beaucoup mieux comme ça.

Portrait de fetiche

De fetiche

18H59 | 08/11/2008 | Permalien

Ce verdict me parait juste. Voici quelques arguments :

On peut dire que Péan a tort, qu'il raconte un certain nombre de bêtises sur un sujet aux implications émotionnelles fortes, où l'exactitude doit être recherchée. Toutefois, il ne faut pas tomber dans l'autocensure, et laisser aux victimes un monopole sur la mémoire. Si l'on prend l'exemple emblématique de la Shoah, celle-ci qui devient mythe (re)fondateur du sionisme est ensuite instrumentalisée à des fins politiques (l'historiographie du totalitarisme le montre bien). Et à lire une récente interview du « judéophile » (expression terrible, porteuse d'une hiérarchie ethnique latente, et d'une prétention essentialiste de l'existence d'un « homo judeicus ») Philippe Val, j'apprends que le simple fait d'affirmer ici ce qui me parait être un fait, me classe comme antisémite.

Pour revenir à notre sujet, Pierre Péan a tout a fait le droit selon moi d'écrire, en conscience, ce qu'il estime être le résultat de sa réflexion. Qu'il puisse avoir écrit quelque chose de faux, soit. Mais ce n'est pas à la justice de le décider. Si tous les chercheurs portaient plainte contre leurs collègues à chaque fois qu'ils estiment lire des énormités historiques, les tribunaux engorgés d'aujourd'hui nous paraitraient plus que vides. Le principe de la controverse est justement que par la réponse, des contre-arguments peuvent être avancés montrant que non, il est faux de dire que…, etc. Par le recours au judiciaire, on oublie là un élément fondamental : les sciences sociales sont parmi les plus sujettes à l'erreur, et soumises à un processus d'autodépassement permanent. Là devrait arriver un juge pour dire « non, monsieur, c'est faux ! » ? On est dans la même dynamique que les lois mémorielles, très compréhensible parce que liée aux sentiments, mais contre la liberté de recherche (cf. l'affaire récente à propos de Pétré-Grenouilleau sur la traite des esclaves). Un exemple extrême d'intervention étatique de l'histoire est le cas chinois où la mémoire du passé s'oriente en fonction des volontés présentes des dirigeants. A l'autre extrême, comment gérer le négationnisme ? Je pense que l'interdire participe à lui donner du crédit puisqu'il s'inscrit dans une autre dynamique à mi-chemine entre héroïque et victimaire, tout aussi constitutrice d'identité. J'ajoute qu'il n'y d'autant plus pas de raison d'intervenir pour l'Etat que cette pratique est peu utile : quelqu'un qui veut se procurer aujourd'hui des écrits/vidéos négationnistes le ferait par les mêmes réseaux si l'Etat se retirait de ce champ de prérogatives (Quel libraire mettrait Faurisson en tête de gondole ? Combien « oublieraient » une commande négationniste ? etc.). Acheter Mein Kampf, dont la vente est autorisée, se révèle par exemple très difficile dans les librairies traditionnelles.

Bref, la seule question qui vaille la peine d'être posée au tribunal est celle du racisme supposé de Péan, celle à laquelle il est répondu. Au passage, l'attitude facile et du genre à plaire aux médias de Benjamin Abtan qui consiste à prendre des citations hors contexte puis à les comparer entre elle est vraiment ignoble et malhonnête, et je comprends donc parfaitement la réaction de Péan.

Portrait de Ukuri

De Ukuri

riverain de rue 89 | 19H01 | 08/11/2008 | Permalien

Ce qui est terrible c'est que Pierre Péan a utilisé la même réthorique que les « médias de la haine » qui ont par leur propagande incité au génocide des Tutsi. Un exemple :

« Les femmes tutsies étaient vendues ou mariées à des intellectuels ou à des hauts fonctionnaires hutus, pour mieux espionner les cercles d'influence hutus, répartir les postes clés aux affaires, distribuer des permis spéciaux d'importation et révéler des secrets à l'ennemi » Hassan Ngeze, rédacteur en chef du journal Kangura, condamné à 30 ans de prison par le TPIR pour « incitation à commettre le génocide »

« Les associations de Tutsi hors du Rwanda ont fait ainsi un très efficace lobbying pour convaincre les acteurs politiques du monde entier de la justesse de leur cause. Elles ont infiltré les principales organisations internationales, et d'aucuns, parmi leurs membres, ont su guider de très belles femmes tutsi vers des lits appropriés… Leur brillante intelligence a su parfaitement se jouer de nombreux milieux intellectuels ». Pierre Péan, journaliste français.

D'autres exemples, dans cet article très digne trouvé sur le blog d'une rescapée du génocide.

http://kagatama.blogspot.com/2008/09/au-rwanda-le-tutsi-et-menteur-et-la…

Portrait de Kaiser

De Kaiser

journaliste | 19H33 | 08/11/2008 | Permalien

Tous les Rwandais savent bien que Mr PEAN a bien dit la vérité dans son livre « Noires fureurs,Blans menteurs… Ici au Rwanda, il est tabou de dire de telles vérités, le pouvoir en place à kigali voulait seulement diaboliser l'auteur du livre et ses révélations sur le rwanda que la communauté internatonale a essayé de cacher jusqu'à présent…

Nous demandons, à vous tous les personnes de bonne foi de continuer à parler sur la réalité de ce qui s'est passé au Rwanda afin que les rwandais puissent se pardonner et se réconcilier eux-mêmes ; et avec les pays étranger.

Nous nous réjouissont de cette décision de justice
afin que le peuple rwandais continue à se dire les vérités sans tabou.

Merci à tous.

Portrait de Mandrin

De Mandrin

20H31 | 08/11/2008 | Permalien

Quelle hypocrisie !

Bien évidemment que ce procès est un procès en sorcellerie quand on voit :

_ que l'avocat de SOS racisme, Lev Forster, est aussi l'avocat de Kigali dans l'affaire de la destruction de l'avion du président rwandais (et celui de Pasqua…),
- Que tant ,que Abtan, Soppo ou que Encel qui était bien présent dans la salle sont des habitués de Kigali,
- Que l'étoile du gouvernement de Kigali est en train de sacrément pâlir chez les gens qui ont cru à la fable que des Rocard ou d'autres qui avaient des comptes à règler avec Mitterrand ont colportée du FRP « Libérant le Rwanda comme la division Leclerc a libéré la France » (déclaration devant la commission parlementaire).

En effet :

- Les 40 mandats d'arrêt internationaux lancés par l'Espagne contre des proches de Kagamé,
- Les révèlations bien tardives sur le rôle, entre autre de Kagamé, dans les massacres qui perdurent dans l'Est du Congo qui ont fait 4 millions de morts,

mettent en lumière la vraie nature de ce régime.

Et les idiots utiles qui ont marché derrière cette désinformation, il faut donc leur donner autre chose : alors allons-y pour ce procès en sorcellerie, cela fera oublier la nature du régime de Kagamé et ses responsabilités.

Et banco pour le billard à trois bandes qui consiste à esayer de se payer Péan (sans doute pour des raisons bien + anciennes qui n'ont rien à voir avec la Rwanda)…avec la bonne foi en bandoulière, les idiots utriles marcheront une fois de plus !

Il suffira comme l'ont fait Ternon et Abtan se vautrer dans des comparaisons odieuses (Un dignitaire nazi condamné à Nuremberg, Mein Kampf, Faurisson etc…) et les idiots utiles auront leur dose et marcheront….

Comment peut-on abaisser ainsi le journalisme au nom de la morale ?

Portrait de Flore Balthazar

De Flore Balthazar

auteur de bédés | 20H39 | 08/11/2008 | Permalien

Je ne me prononcerai pas dans ce débat, mais ce petit extrait d'un article de Robert Ménard (reporters sans frontières) et Hervé Deguine (journaliste et témoin de la défense de Péan) paru sur Libération peut peut-être éclairer la polémique :
« Pourtant, ce n'est pas à cette thèse que s'attaque SOS Racisme, mais à quatre lignes figurant dans l'introduction du livre : “…il est important d'ajouter […] que le Rwanda est aussi le pays des mille leurres, tant la culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis, et, dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus.” La formulation est maladroite. On comprend qu'elle ait pu blesser. Mais plus simpliste encore est l'interprétation qu'en donne SOS Racisme : selon Sopo, Péan traiterait les Tutsis de menteurs et inciterait à la haine raciale. Seule une lecture spécieuse de ce texte permet une telle interprétation. En évoquant le poids du mensonge et de la dissimulation dans la culture rwandaise, chez les Tutsis et chez les Hutus, il ne fait que reprendre un fait établi par les spécialistes. Il y a même un mot en kinyarwanda, la langue nationale, pour exprimer ce concept : ubgenge, qui signifie “une forme particulière d'intelligence, qui vise l'acquisition d'avantages matériels et sociaux par quelque moyen que ce soit. L'équivalent en français le plus acceptable serait fourberie, si ce terme n'avait pas une connotation péjorative, alors que celle d'ubgenge est admirative… A défaut de substantif, le français possède un adjectif assez équivalent : malin” (Coupez, 1970). Au Rwanda, l'art de la dissimulation est valorisé. Savoir tromper son adversaire est un signe d'éducation. Cette culture est une réalité de fait, n'en déplaise à SOS Racisme. Fallait-il porter ce débat devant un tribunal ? Les responsables de SOS Racisme n'ont-ils pas fait preuve d'aveuglement, sinon de malveillance ? »
On peut lire la totalité de l'article ici : http://www.liberation.fr/societe/0101162883-pean-sos-racisme-se-trompe-d…

Portrait de Alex Engwete

De Alex Engwete

Consultant | 22H17 | 08/11/2008 | Permalien

Verdict juste ! … Et j'ajouterai des éléments post-génocide pour étayer mon appui à ce verdict et aux thèses courageuses de Péan :
1) Les Hutu réfugiés au Congo ont été poursuivis et massacrés par leurs compatriotes tutsi dans une campagne sanglante de « contre-génocide » qui aurait fait plus d'un million de morts. A chaque fois que l'ONU voulait entreprendre des investigations sur ces crimes, le régime rwandais poussait des cris d'orfraie en agitant le spectre du génocide commis par les Hutu, comme si ceci justifiait cela !
2) Le Rwanda a occupé l'est du Congo pendant cinq ans pour y poursuivre les génocidaires Hutu. Or, pendant toutes ces longues années, les Rwandais ne faisaient que piller les ressources naturelles du Congo (et des rapports de l'ONU l'attestent). Les génocidaires hutu se trouvaient justement dans l'est occupé par le Rwanda.
3) Un officier rwandais, Laurent Nkunda, se fait passer pour un Tutsi congolais dont le mouvement viserait à défendre la « minorité » tutsi. Pourtant, le recrutement et l'approvisionnement de la milice ethnique de Nkunda se font en territoire rwandais (des organisations non-gouvernementales — comme Human Rights Watch— l'ont prouvé). Qui plus est, parler de « minorité » au Congo, c'est jeter de la poudre aux yeux de l'opinion internationale car toutes les 430 tribus qui composent le pays y sont minoritaires et les Tutsi n'y ont jamais été l'objet de haine…
4) Sous le couvert du génocide et du capital de sympathie que ces horreurs continuent de susciter de par le monde, Kagame a mis en place un régime ethno-fasciste et autocratique dont la violence ne peut être comparée qu'à des régimes comme le régime d'Enver Hoxha en Albanie.
Les Rwandais — Hutu et Tutsi confondus — sont donc des menteurs fieffés !

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