Polémique

Grandes écoles : les failles du système éducatif français

« Bienvenue sur les étoiles mortes de l'enseignement supérieur. » Les premières pages de « Grandes écoles. La fin d'une exception française » de Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter donnent le ton : le système scolaire français, ultra-élitiste, serait responsable des difficultés économiques du pays et condamné face à la mondialisation du marché éducatif.

Jaquette de 'Grandes écoles. La fin d'une exception française (DR).

Le thème n'est pas nouveau. Pourtant, alors que les réformes de l'enseignement supérieur sont fortement débattues, il n'est pas inutile de bénéficier des mises au point que proposent les deux auteurs.

Sur certains points, il ne s'agit que de variations sur un thème devenu classique. On n'échappe pas au passage obligé sur « l'enfer des prépas », avec les bêtes à concours dressées depuis leur plus jeune âge pour entrer à l'X ou HEC. Ce type de discours, présentant une image souvent caricaturale, est à peine nuancé par une rapide évocation des prépas « moins cotées et moins sélectives ».

Les auteurs s'intéressent en outre aux politiques dites d'« ouvertures sociales » mises en place dans différents établissements afin d'élargir le recrutement extrêmement élitiste de ces formations.

Les classements passés à la loupe

Ils reviennent ainsi sur des mesures emblématiques, comme les 30% de boursiers en classes préparatoires souhaités par Jacques Chirac ou la fameuse « classe préparatoire à l'enseignement supérieure » à Henri-IV en 2006. Ils reconnaissent un léger malaise face à ce dispositif qui contribue à vider les bons établissements de banlieue de leurs meilleurs éléments : « Pas facile de réinjecter artificiellement de la diversité ».

Il est ensuite question des grandes écoles. Les auteurs en dénombrent environ quatre cents. Pourtant, il n'est en réalité question que de quelques établissements : Polytechnique (l'X), HEC, l'ESSEC, l'ESCP-EAP, Centrale, Les Mines, l'ENA et parfois les ENS.

L'ouvrage fournit des clés de lecture claires pour comprendre la « folie » des classements et les luttes d'images qui se jouent entre les écoles de commerce et d'ingénieurs, que ces classements soient nationaux, via la presse magazine, ou internationaux comme le classement de Shanghaï.

Le financement des étudiants : une « redistribution à l'envers »

Mais la question centrale est celle du financement de ces établissements. Les auteurs soulignent les profondes inégalités qui existent en termes de financement étatique entre les étudiants. Un étudiant en deuxième cycle universitaire de sciences économiques coûte 3 465 euros à l'Etat, contre 34 905 pour un élève de l'X.

Or un grand nombre des meilleurs étudiants formés dans cette école se destine à une carrière dans le privé, voire dans un autre pays. Pourquoi l'Etat, et donc les contribuables devraient payer pour cette formation ?

Ceci apparaît d'autant plus injuste que les élèves des grandes écoles sont pour la grande majorité issus de milieux très favorisés. On assiste de fait à un phénomène de « redistribution à l'envers » :

« Les classes moyennes dont les enfants étudient à l'université payent par leurs impôts la scolarité confortable de jeunes gens biens nés. »

Les grandes écoles coûtent chères, mais en plus elles sont inefficaces affirment les auteurs. Elles produisent plus de banquiers que d'entrepreneurs, ingénieurs ou chercheurs, ce qui n'est pas propice au dynamisme économique du pays. Pire, elles contribuent à une uniformisation des manières de faire et de voir des dirigeants de notre pays, qui en sont pour la grande majorité issus.

Une succession d'initiatives qui confortent le système

Ceci mène à la question de l'ouverture sociale de ces établissements. Ici, c'est Sciences Po Paris et ses « conventions ZEP » qui font figure de modèle. Les auteurs parviennent pourtant à se détacher du discours lénifiant souvent présent dans les médias, et prônent une certaine distanciation face aux invariables « belles histoires » de « pépites des cités », sorties du ruisseau. La médiatisation de Sciences Po a provoqué l'augmentation du nombre de candidatures ce qui a eu pour effet de renforcer la sélection à l'entrée de l'école.

L'ouvrage présente ensuite une série d'initiatives, dont celles regroupées sous l'étiquette « une prépa, une grande école, pourquoi pas moi » ? (PQPM).

Au final, les auteurs reconnaissent que ces initiatives « ont médiatisé la nécessité de réformer le recrutement des élites en France » mais paradoxalement « confortent le système et ses ancestrales hiérarchies ». Réussir, c'est encore faire une classe préparatoire et entrer dans une grande école.

La conclusion de l'ouvrage est sans appel :

« L'exception culturelle, parfois, ne mérite pas qu'on s'y accroche désespérément. »

Reste maintenant à discuter de ce qui pourrait remplacer l'actuel système.

En partenariat avec :

Grandes écoles. La fin d'une exception française de Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter - Calmann-Lévy, 219p., 17€.

47 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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11H13 | 08/11/2008 | Permalien

Il ne manquerait plus que ça que l'on démolisse les seules institutions qui tiennent à peu près debout en France. L'acharlnement de certains intellectuel ( petit format) contre leur pays qu'ils veulent mettre à genoux est une infamie ! assez d'imposture, d'analyses truquées, de chiffres mensongers !

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Mordu par un fachogarou | 13H30 | 08/11/2008 | Permalien

Cher Gaétan avez-vous fait une prépa ?
Avez-vous conscience de la machine à broyer que cela représente ?

J'ai fait une petite prépa rien d'exceptionnel, il faut dire que je n'ai ni l'intelligence, ni la force de travail nécessaire pour pouvoir faire une grande prépa.

Cependant ça a été quoi ces 3 années de prépa, allez j'vous raconte :

42 heures de cours/semaine (dont 20 heures de math et 15 de physiques)
+ 5 heures d'exam
+ 2 heures de colles
+ minimum 20 à 30 heures de boulot à la maison.

soit globalement près de 80 heures de boulot par semaine en comptant que en dehors des grandes vacances, où l'on bosse peu. C'est un rythme effrayant et pendant 2 ans, en général 3 ans vous n'avez aucune vie autre que l'obsession des exams des prochaines semaines, des rendus de notes sanglants et méprisants.
En prime on vous enseigne que vous êtes les meilleurs, que ceux qui n'ont pas fait de prépas sont des faibles, que vous êtes fait pour dominer le monde, en tout cas que vous serez cadres dirigeants !

Une fois en écoles vous n'avez qu'une seule envie, faire la fête avec tous les excès que cela implique, sexe, alcool, drogue. J'ai des amis qui sont sortis de ce second cycle alcooliques. Nous calculions le succès d'une soirée au nombre de litres d'alcool écoulés !

Et pourtant oui cela forme des gens compétents mais pas franchement équilibrés. Mes amis qui ont intégré mon école depuis un DUT ou un BTS n'ont pas connu cette folie et ils n'étaient pas moins brillants que nous (même si sur des thèmes purement théoriques ils souffraient, alors que nous étions ridicules dés que cela touchait à la pratique).

Le pire de tout cela et malgré un fort niveau technique très peu 10 ans après la fin de leur étude travaillent encore dans des domaines techniques, cela ne me semble pas très logique !

Portrait de jissé

à dulconte Portrait de dulconte De jissé

Ingé retraité | 13H51 | 08/11/2008 | Permalien

Bonjour Dulconte.

Je confirme pour le « bagne » des prépas aux grandes écoles.
Comme pour le fait, dans une même « promo » que ce sont ceux qui sont restés « technique » qui ont le moins bien réussi ..

Pour le reste, les soirées « open-bar » n'étaient pas encore inventées et nous aurions, autre époque, été bien en peine pour trouver de quoi « rouler un joint'.
Savions même pas ce que c'était.

A cette époque, les écoles nationales sup d'ingés étaient réservées exclusivement aux mecs ..

Bonne fin de journée.

Fort cordialement.

Jissé

Portrait de Propergol

à jissé Portrait de jissé De Propergol

à bord du Head Hunter | 00H46 | 09/11/2008 | Permalien

Je ne confirme pas ; ).
J'ai fait une prépa, certes une prépa dite moyenne à Paris (donc pas du tout de compétition entre les élèves - la suprême connerie évitée-).

Et bien j'ai bossé, mais franchement pas beaucoup. J'ai passé plus de temps à jouer en réseau qu'à bosser mes colles (j'y allais en improvisant). Ca ne m'a pas empêché d'obtenir une bonne Ecole de Commerce, de pas trop foirer mes concours. Ok, j'ai pas eu HEC…mais avec le recul je ne regrette rien, j'ai du voir plus de choses diverses qu'un étudiant d'HEC.
Aujourd'hui je suis en alternance dans un cabinet de chasse, pour ma dernière année. En face de moi j'ai un ESC Bordeaux stagiaire…comme quoi ; )

Portrait de CG13

à jissé Portrait de jissé De CG13

deuxcopainsdabord.musique.com | 13H56 | 11/11/2008 | Permalien

« A cette époque, les écoles nationales sup d'ingés étaient réservées exclusivement aux mecs .. »
Je ne sais pas de quelle époque vous parlez, mais si vous avez moins de 65-70 ans, je conteste vigoureusement vos propos…
Ingénieur retraité, dites-vous ? Et par quelles « écoles nationales sup d'ingés » êtes-vous passé, sans indiscrétion aucune ?

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voyageur | 13H34 | 08/11/2008 | Permalien

salut Gaetan,

as tu déjà entendu parler de « reproduction sociale » ?

bonnes recherches et lectures,
a+ had

Portrait de Artemisia.G

à had Portrait de had De Artemisia.G

Lulucarabine | 14H11 | 09/11/2008 | Permalien

Je crois que pour ce cher Gaetan, la « grandeur » de sa France ne tient justement QUE dans la reproduction sociale…

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Graine de rosé | 13H43 | 08/11/2008 | Permalien

Je pense aussi qu'on ne règlera pas le problème du délabrement de l'université en détruisant ce qui marche aujourd'hui. (sauf l'ENA, dont on ne sait pas bien à quoi ça sert).
Ce qui serait une exception, ce serait de réussir ses études en échappant au travail et à la sélection.

Portrait de Numerosix

à Cinsault Portrait de Cinsault De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 14H04 | 08/11/2008 | Permalien

L » Ena on ne sais pas très bien à quoi ça sert , mais il se trouve qu » il n » y pratiquement pas d » Enarques dans le gouvernement Sarkozy ( qui a fait des études médiocres) , et que tous ces gens sont des catastrophes sur pattes ..

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14H01 | 08/11/2008 | Permalien

la faille du système français ?
c'est qu'on fini par avoir des élites qui sortent de la même école, ils ont eu les même professeurs, et qui pensent à peu près la même chose , qu'il soit de droite ou de gauche.
cela donne une espèce d'uniformité, morose, sans génie, créativité…etc..

Portrait de dulconte

à pablico Portrait de pablico De dulconte

Mordu par un fachogarou | 15H03 | 08/11/2008 | Permalien

C'est le péché originel de l'ENA.

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Situation | 22H39 | 09/11/2008 | Permalien

Ouaich ! Vas-y mon gaétan des sommets, mon super-barbapapi, redresse tous les torts qui sont de travers, brave le démon, terrasse le dragon gauchisse, pourfend l'injustice ! Je sais que tu peux vaincre ceux qui veulent que la France s'assoit sur une chaise.

Il fort, gatouné.

Au SuD De NuL ParT

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 11H41 | 08/11/2008 | Permalien

Binge drinking, fêtes « open bar » à répétitions, cours intensifs de finance, de marketing et de créations de camemberts sur Power Point, bizutages sadiques, organisations d » universités d » été du MEDEF , conférences régulières de représentants de la droite hyper libérale,reproduction à l » identiques des dominances de classe, associations de cooptations d'anciens éléves …
Je me demande comment la France pourrait se passer des bienfaits apportés par la formation de ces super élites par les Grandes Écoles ..

Portrait de Molto

à Numerosix Portrait de Numerosix De Molto

12H09 | 08/11/2008 | Permalien

Tu peux ajouter à ta liste le verrouillage à l'accès aux fonctions de direction dans l'administration (le « plafond de verre » ).
Ce n'est pas le moindre handicap de notre pays que d'avoir une « élite » qui fait tout pour rester déconnectée des réalités du terrain.

Portrait de parti

à Numerosix Portrait de Numerosix De parti

punishment park | 12H48 | 08/11/2008 | Permalien

ça s'appellerait pas une « monarchie » ce que tu décrits ?

Portrait de Numerosix

à parti Portrait de parti De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 13H08 | 08/11/2008 | Permalien

Une oligarchie, plutôt .
C'est peut être pire ..

Portrait de parti

à Numerosix Portrait de Numerosix De parti

punishment park | 13H37 | 08/11/2008 | Permalien

une oligarchie monarchique…

Portrait de guitouni

De guitouni

12H12 | 08/11/2008 | Permalien

Peut-on raisonnablement penser que c'est vraiment différent dans les autres pays ?

Les grandes universités américaines ou anglaises sont-elles tellement différentes des grandes écoles françaises ? Y a-t-il une majorité de fils d'ouvriers ? Beaucoup d'étudiants s'y destinent-ils à des professions dans le social, la technique ou l'éducation ?

N'oublions pas qu'un nombre non négligeable d'étudiants polytechniciens, centraliens et surtout normaliens (les écoles normales supérieures étant sans doute les plus difficiles de toutes à intégrer) décident de se lancer dans la recherche, branche dans laquelle ils gagneront moins qu'un bon plombier (le fameux)…

En revanche le système des classes préparatoires est sans doute à revoir. Mais là encore il est faut de croire que c'est un passage obligé. De très grandes d'ingénieurs recrutent en université, et pas seulement une poignée d'étudiants.

Portrait de Propergol

De Propergol

à bord du Head Hunter | 12H12 | 08/11/2008 | Permalien

Visiblement, les auteurs de ce livre ne sont même pas fichus de faire la distinction entre Ecoles Publiques et Privées. Si les X, ENA, etc sont effectivement financées par l'état, les Ecoles de Commerce sont toutes privées et prennent 0 € de l'état Français.

C'est comme ça que je paye 7700 € l'année mon école. Et pourtant mon père est simple agent de maîtrise, ma mère chômeuse..je me suis débrouillé pour avoir un prêt et financé le reste par des petits boulots+mon alternance. Et j'en vois peu dans mon école qui flambent le fric. Mais c'est vrai que ce n'est pas HEC..

Et non, Numerosix, mon école ne fait pas venir des intervenants uniquement de la droite libérale, on a même des profs qui sont ouvertement à gauche (il y en a un qui a bossé dans le gouvernement Mitterand aux affaires culturelles). On a pas que de la Finance, mais aussi des cours de géopolitique, d'éthique du travail, de philo…

Le problème des Grandes Ecoles de Commerce se situe au niveau des plus grandes. Et d'abord au niveau de la classe prépa. J'ai fait une petite prépa. Mon prof d'Anglais qui était prof dans une prépa top à Paris me racontait comment tous les dossiers venant du 93 étaient systématiquement rejetés sans être même ouverts…(il a démissionné).

L'élitisme continue au concours. En effet pour intégrer les meilleures, il faut être un crack en maths aux concours. Bref, elles sont ultra-sélectives, et ciblées sur un couloir étroit de matière. Cela n'encourage pas la diversité, ne serait-ce que des qualités intellectuelles. Un bon matheux ne fait pas un humain cultivé..

Et plus grave, ces « élites » trustent les meilleures places dans les plus grosses boites ! Le réseau de HEC donne le tournis ! Avec de l'autre côté des boites qui ne veulent que des stagiaire/employés venant des trois grandes (HEC, ESSEC, ESCP-EAP). Un peu comme le cercle fermé du pouvoir..je l'ai connu quand j'ai postulé pour une boîte comme Ernst & Young.

De manière plus générale, elle sont très chères (et la qualité des profs se justifie, pour mon école au moins), et cela décourage les étudiants et leur famille. 7000€ l'année, qui peut se le permettre à première vue avec une bourse qui donne 2000€ à l'année ? Pourtant on peut sans problème se débrouiller. Mais les chiffres donnent évidemment le tournis.

Le problème selon moi vient majoritairement du cercle fermé Prépas Parisiennes préstigieuses-HEC-ESCP-ESSEC-Grosses boîtes….
Ne manque plus que le maillon « pouvoir en place »…

Ce qui est bête et méchant. Le reste des écoles de commerce n'a rien à envier à ceux-là. Et il existe des formations universitaires excellentes qui bottent les fesses aux masters d'écoles de commerce. Mais on n'en parle jamais…

Portrait de nelmezzodelcamin

à Propergol Portrait de Propergol De nelmezzodelcamin

di nostra vita | 12H31 | 08/11/2008 | Permalien

certes, l'école privée en elle même ne touche pas d'argent de l'Etat, du moins pas directement.
Par contre on ne peut pas en dire autant des prépas qui y mènent : à ma connaissance il n'y a pas d'écoles de commerce publiques, et je ne vois absolument pas pourquoi l'éducation nationale devrait financer la préparation de concours privés. Pourquoi ne pas généralsier les prépas intégrées, qui existent déjà dans beaucoup d'écoles privées ?
D'autant que si on additionne le salaire des profs (la plupart du temps hors classe) et les colles payées les yeux de la tête, cela coûte extrêmement cher.
Je me souviens avoir vu que les prépas comptent 4% des élèves du système mais que les frais en termes de salaires représentent 20% du total…. et après on mégote sur les postes de pions en collège,on fermes les RASED en primaire… on peut pas tout financer ma bonne dame….

Portrait de CG13

à nelmezzodelcamin Portrait de nelmezzodelcamin De CG13

deuxcopainsdabord.musique.com | 19H35 | 08/11/2008 | Permalien

Bonjour.
Entièrement d'accord avec vous.
Par ailleurs, dans les années 60, je parle plus bas de ces classes, ceux qui préparaient HEC étaient assez loin scolairement du niveau des autres prépas, étaient quasi exclusivement des représentants de la grande industrie ou du haut négoce local, presque tous externes, pourvus d'automobiles (ou enfants de ministre de pays francophones venant se former en France) : bref, vulgairement, ça puait le fric, déjà (et cela sent plus fort encore quand les autres en ont peu).
Paradoxal : ce sont eux d'ailleurs qui organisaient une fructueuse vente de viennoiseries aux récréations, et en offraient rarement aux internes nécessiteux lol.
Non, non, rien n'a changé…

Portrait de martha

à nelmezzodelcamin Portrait de nelmezzodelcamin De martha

Enseignante à la Réunion | 13H40 | 09/11/2008 | Permalien

Je ne suis pas du tout d'accord : les prépas en lycée public sont gratuites pour les familles ce qui évite une sélection par l'argent avant les concours.Donner tout au privé reviendrait à ne laisser les places d'élite qu'aux familles qui ont les moyens de parier sur l'avenir. Certes, il y a peu d'enfants de familles « pauvres » dans ces classes prépa, mais il y en a quand même.
J'ajoute que les « petites » prépas peuvent avoir de très bons résultats : celle de La Réunion a permis à quatre élèves d'intégrer une parisienne et les autres ont intégré une bonne écricome.

Portrait de CG13

à martha Portrait de martha De CG13

deuxcopainsdabord.musique.com | 20H57 | 09/11/2008 | Permalien

Navré, mais ou nous ne parlons pas des mêmes choses, ou vous n'avez rien compris.
Et ce n'est pas en vous votant un Cinq et en taillant vos prédécesseurs que cela donnera la moindre force à vos propos !
Nous parlions là des écoles de commerce uniquement, qui n'ont rien à faire avec les classes préparatoires aux grandes écoles en vérité !

Portrait de martha

à CG13 Portrait de CG13 De martha

Enseignante à la Réunion | 05H20 | 10/11/2008 | Permalien

« Et ce n'est pas en vous votant un Cinq et en taillant vos prédécesseurs que cela donnera la moindre force à vos propos ! »
Cette phrase n'est certainement pas un exemple d'argument. De plus, j'ai l'élégance de ne pas voter sur mes propos.
Et si je n'ai rien compris c'est que votre démonstration laisse à désirer.
Je persiste à penser qu'il faut des prépas publiques aux écoles qui forment les élites : HEC, ESSEC, ESCP font partie ( dans le domaine du management )des écoles qui forment les décideurs futurs.
Pourquoi faudrait-il laisser ces places uniquement aux familles ayant les moyens de supporter le coût financier de prépas privées.

Portrait de CG13

à martha Portrait de martha De CG13

deuxcopainsdabord.musique.com | 14H02 | 11/11/2008 | Permalien

« HEC, ESSEC, ESCP font partie »… des écoles privées !
L'argent public a mieux à faire !
Je vais donc enfoncer le clou ! Il est hélas regrettable que ces « décideurs », comme vous dites, soient incultes et fort limités intellectuellement le plus souvent (j'ai connu les meilleurs et ça n'allait pas bien haut). Par ailleurs, au niveau du topic, vous restez toujours à côté de la plaque en généralisant ce qui ne doit pas l'être.
Qui croyez-vous influencer par vos sophismes ?

Portrait de vert du Rhin

à Propergol Portrait de Propergol De vert du Rhin

00H14 | 09/11/2008 | Permalien

Salut,
c'est pas pour dire mais 7000€ par an ça ne paye même pas le salaire de tes profs. Et il y a d'autres choses à payer. L'éducation coute cher, mais ces 7000€ sont plus vraisemblablement le prix du carnet d'adresse de l'école, qui est par ailleurs subventionnée. Et c'est ce carnet d'adresse qui fait la différence, et non, comme d'ailleurs tu le remarques, la qualité de l'enseignement.

Portrait de Propergol

à vert du Rhin Portrait de vert du Rhin De Propergol

à bord du Head Hunter | 00H50 | 09/11/2008 | Permalien

Qu'appelles-tu « Carnet d'adresses » ?
Et quelles seraient ces subventions ? ? (je n'en connais qu'une, c'est celle de l'apprentissage, mais elle se limite à 5000€ maximum sur une année et concerne 70 étudiants à tout casser)

Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 13H01 | 08/11/2008 | Permalien

L'éducation de la république était montrée jadis comme étant l'outil de la mobilité sociale et de la chance de tous les enfants de la république d'être qui un médecin, qui un capitaine, qui un entrepreneur, à égalité de chance.

Les analyses montrent qu'il n'en est strictement rien et qu'au contraire, c'est un outil à l'immobilité sociale. Le fils d'ouvrier a toujours beaucoup moins de chance de devenir grand patron que le fils de ce dernier.

L'éducation nationale de la république est donc un instrument de réplication de la hiérarchie sociale aux bénéfices des familles de l'aristocratie bourgeoise.

L'ouvrage présenté dans l'article ne fait que le confirmer en rajoutant peut-être que l'État et les classes moyennes sont les dindons de cette farce puisqu'ils en paient les coûts. Il y a alors comme du cynisme. En même temps, ceux qui au gouvernement sont aussi souvent des anciens des grandes écoles et des enfants de l'aristocratie bourgeoise.

Évidemment, les tenants et les bénéficiaires de cette mécanique s'empressent de la justifier au titre de la méritocratie et de quelques bourses attribuées ici ou là, mais quelques poissons volants ne sauraient être représentatifs du genre « poisson » et quelques contre-exemples ne sauraient cacher les faits globaux. Quant à la méritocratie, elle se résume souvent au mérite d'avoir de l'argent.

Portrait de OISANS38

à Tita Portrait de Tita De OISANS38

retraitée | 14H04 | 08/11/2008 | Permalien

« les analyses montrent qu'il n'en est strictement rien ». Les analyses actuelles, je veux bien - quoique - pour notre époque. Mais tout a une histoire, l'école comme le reste. Il y avait un plus fort pourcentage (je crois autour de 30%) il y a plus de trente ans, d'étudiants de prépas issus de milieux simples. Je ne peux m'empêcher de voir dans cette baisse une conséquence des politiques scolaires de tous bords, qui se sont faites sur le dos des valeurs républicaines.

A l'étudiant heureux (je n'ai pas fixé son nom) : ouf, je commençais à croire que beaucoup d'élèves de Terminale qui m'ont subi pendant 39 ans étaient des nazes.

Portrait de Tita

à OISANS38 Portrait de OISANS38 De Tita

oiseau | 14H32 | 08/11/2008 | Permalien

Même à 30%, ce chiffre reste en deçà du pourcentage à qui il doit être comparé : celui de la population représentée. Et je doute fort que, il y a 30 ans, la population française était composée à 70% de bourgeois gras et nantis et à 30% de petites gens.
Quant à l'évolution de ce rapport, je reste assez d'accord avec vos dires.

Heureux l'élève qui comme la Romanche suit son cours dans son lit.

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