Polémique 08/11/2008 à 10h45

Grandes écoles : les failles du système éducatif français

Non fiction"
Marianne Blanchard | nonfiction.fr

« Bienvenue sur les étoiles mortes de l'enseignement supérieur. » Les premières pages de « Grandes écoles. La fin d'une exception française » de Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter donnent le ton : le système scolaire français, ultra-élitiste, serait responsable des difficultés économiques du pays et condamné face à la mondialisation du marché éducatif.

Jaquette de 'Grandes écoles. La fin d'une exception française (DR).

Le thème n'est pas nouveau. Pourtant, alors que les réformes de l'enseignement supérieur sont fortement débattues, il n'est pas inutile de bénéficier des mises au point que proposent les deux auteurs.

Sur certains points, il ne s'agit que de variations sur un thème devenu classique. On n'échappe pas au passage obligé sur « l'enfer des prépas », avec les bêtes à concours dressées depuis leur plus jeune âge pour entrer à l'X ou HEC. Ce type de discours, présentant une image souvent caricaturale, est à peine nuancé par une rapide évocation des prépas « moins cotées et moins sélectives ».

Les auteurs s'intéressent en outre aux politiques dites d'« ouvertures sociales » mises en place dans différents établissements afin d'élargir le recrutement extrêmement élitiste de ces formations.

Les classements passés à la loupe

Ils reviennent ainsi sur des mesures emblématiques, comme les 30% de boursiers en classes préparatoires souhaités par Jacques Chirac ou la fameuse « classe préparatoire à l'enseignement supérieure » à Henri-IV en 2006. Ils reconnaissent un léger malaise face à ce dispositif qui contribue à vider les bons établissements de banlieue de leurs meilleurs éléments : « Pas facile de réinjecter artificiellement de la diversité ».

Il est ensuite question des grandes écoles. Les auteurs en dénombrent environ quatre cents. Pourtant, il n'est en réalité question que de quelques établissements : Polytechnique (l'X), HEC, l'ESSEC, l'ESCP-EAP, Centrale, Les Mines, l'ENA et parfois les ENS.

L'ouvrage fournit des clés de lecture claires pour comprendre la « folie » des classements et les luttes d'images qui se jouent entre les écoles de commerce et d'ingénieurs, que ces classements soient nationaux, via la presse magazine, ou internationaux comme le classement de Shanghaï.

Le financement des étudiants : une « redistribution à l'envers »

Mais la question centrale est celle du financement de ces établissements. Les auteurs soulignent les profondes inégalités qui existent en termes de financement étatique entre les étudiants. Un étudiant en deuxième cycle universitaire de sciences économiques coûte 3 465 euros à l'Etat, contre 34 905 pour un élève de l'X.

Or un grand nombre des meilleurs étudiants formés dans cette école se destine à une carrière dans le privé, voire dans un autre pays. Pourquoi l'Etat, et donc les contribuables devraient payer pour cette formation ?

Ceci apparaît d'autant plus injuste que les élèves des grandes écoles sont pour la grande majorité issus de milieux très favorisés. On assiste de fait à un phénomène de « redistribution à l'envers » :

« Les classes moyennes dont les enfants étudient à l'université payent par leurs impôts la scolarité confortable de jeunes gens biens nés. »

Les grandes écoles coûtent chères, mais en plus elles sont inefficaces affirment les auteurs. Elles produisent plus de banquiers que d'entrepreneurs, ingénieurs ou chercheurs, ce qui n'est pas propice au dynamisme économique du pays. Pire, elles contribuent à une uniformisation des manières de faire et de voir des dirigeants de notre pays, qui en sont pour la grande majorité issus.

Une succession d'initiatives qui confortent le système

Ceci mène à la question de l'ouverture sociale de ces établissements. Ici, c'est Sciences Po Paris et ses « conventions ZEP » qui font figure de modèle. Les auteurs parviennent pourtant à se détacher du discours lénifiant souvent présent dans les médias, et prônent une certaine distanciation face aux invariables « belles histoires » de « pépites des cités », sorties du ruisseau. La médiatisation de Sciences Po a provoqué l'augmentation du nombre de candidatures ce qui a eu pour effet de renforcer la sélection à l'entrée de l'école.

L'ouvrage présente ensuite une série d'initiatives, dont celles regroupées sous l'étiquette « une prépa, une grande école, pourquoi pas moi » ? (PQPM).

Au final, les auteurs reconnaissent que ces initiatives « ont médiatisé la nécessité de réformer le recrutement des élites en France » mais paradoxalement « confortent le système et ses ancestrales hiérarchies ». Réussir, c'est encore faire une classe préparatoire et entrer dans une grande école.

La conclusion de l'ouvrage est sans appel :

« L'exception culturelle, parfois, ne mérite pas qu'on s'y accroche désespérément. »

Reste maintenant à discuter de ce qui pourrait remplacer l'actuel système.

Grandes écoles. La fin d'une exception française de Thomas Lebègue et Emmanuelle Walter - Calmann-Lévy, 219p., 17€.

Publié initialement sur
Non fiction
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  • dulconte
    • Posté à 13h30 le 08/11/2008

    Cher Gaétan avez-vous fait une prépa ?
    Avez-vous conscience de la machine à broyer que cela représente ?

    J'ai fait une petite prépa rien d'exceptionnel, il faut dire que je n'ai ni l'intelligence, ni la force de travail nécessaire pour pouvoir faire une grande prépa.

    Cependant ça a été quoi ces 3 années de prépa, allez j'vous raconte :

    42 heures de cours/semaine (dont 20 heures de math et 15 de physiques)
    + 5 heures d'exam
    + 2 heures de colles
    + minimum 20 à 30 heures de boulot à la maison.

    soit globalement près de 80 heures de boulot par semaine en comptant que en dehors des grandes vacances, où l'on bosse peu. C'est un rythme effrayant et pendant 2 ans, en général 3 ans vous n'avez aucune vie autre que l'obsession des exams des prochaines semaines, des rendus de notes sanglants et méprisants.
    En prime on vous enseigne que vous êtes les meilleurs, que ceux qui n'ont pas fait de prépas sont des faibles, que vous êtes fait pour dominer le monde, en tout cas que vous serez cadres dirigeants !

    Une fois en écoles vous n'avez qu'une seule envie, faire la fête avec tous les excès que cela implique, sexe, alcool, drogue. J'ai des amis qui sont sortis de ce second cycle alcooliques. Nous calculions le succès d'une soirée au nombre de litres d'alcool écoulés !

    Et pourtant oui cela forme des gens compétents mais pas franchement équilibrés. Mes amis qui ont intégré mon école depuis un DUT ou un BTS n'ont pas connu cette folie et ils n'étaient pas moins brillants que nous (même si sur des thèmes purement théoriques ils souffraient, alors que nous étions ridicules dés que cela touchait à la pratique).

    Le pire de tout cela et malgré un fort niveau technique très peu 10 ans après la fin de leur étude travaillent encore dans des domaines techniques, cela ne me semble pas très logique !

    • jissé
      jissé répond à dulconte
      • Posté à 13h51 le 08/11/2008

      Bonjour Dulconte.

      Je confirme pour le « bagne » des prépas aux grandes écoles.
      Comme pour le fait, dans une même « promo » que ce sont ceux qui sont restés « technique » qui ont le moins bien réussi ..

      Pour le reste, les soirées « open-bar » n'étaient pas encore inventées et nous aurions, autre époque, été bien en peine pour trouver de quoi « rouler un joint'.
      Savions même pas ce que c'était.

      A cette époque, les écoles nationales sup d'ingés étaient réservées exclusivement aux mecs ..

      Bonne fin de journée.

      Fort cordialement.

      Jissé

       
      • Propergol
        Propergol répond à jissé
        • Posté à 00h46 le 09/11/2008

        Je ne confirme pas ; ).
        J'ai fait une prépa, certes une prépa dite moyenne à Paris (donc pas du tout de compétition entre les élèves - la suprême connerie évitée-).

        Et bien j'ai bossé, mais franchement pas beaucoup. J'ai passé plus de temps à jouer en réseau qu'à bosser mes colles (j'y allais en improvisant). Ca ne m'a pas empêché d'obtenir une bonne Ecole de Commerce, de pas trop foirer mes concours. Ok, j'ai pas eu HEC...mais avec le recul je ne regrette rien, j'ai du voir plus de choses diverses qu'un étudiant d'HEC.
        Aujourd'hui je suis en alternance dans un cabinet de chasse, pour ma dernière année. En face de moi j'ai un ESC Bordeaux stagiaire...comme quoi ; )

      • CG13
        CG13 répond à jissé
        http://www.youtube.com/user/ (...)
        • Posté à 13h56 le 11/11/2008
        • Internaute
          http://www.youtube.com/user/ (...)

        « A cette époque, les écoles nationales sup d'ingés étaient réservées exclusivement aux mecs .. »
        Je ne sais pas de quelle époque vous parlez, mais si vous avez moins de 65-70 ans, je conteste vigoureusement vos propos...
        Ingénieur retraité, dites-vous ? Et par quelles « écoles nationales sup d'ingés » êtes-vous passé, sans indiscrétion aucune ?

      2 autres commentaires
  • had
    had
    • Posté à 13h34 le 08/11/2008

    salut Gaetan,

    as tu déjà entendu parler de « reproduction sociale » ?

    bonnes recherches et lectures,
    a+ had

    • Artemisia.G
      Artemisia.G répond à had
      • Posté à 14h11 le 09/11/2008

      Je crois que pour ce cher Gaetan, la « grandeur » de sa France ne tient justement QUE dans la reproduction sociale...

  • Cinsault
    • Posté à 13h43 le 08/11/2008

    Je pense aussi qu'on ne règlera pas le problème du délabrement de l'université en détruisant ce qui marche aujourd'hui. (sauf l'ENA, dont on ne sait pas bien à quoi ça sert).
    Ce qui serait une exception, ce serait de réussir ses études en échappant au travail et à la sélection.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Cinsault
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 14h04 le 08/11/2008
      • Internaute
        Prisonnier dans le village (...)

      L » Ena on ne sais pas très bien à quoi ça sert , mais il se trouve qu » il n » y pratiquement pas d » Enarques dans le gouvernement Sarkozy ( qui a fait des études médiocres) , et que tous ces gens sont des catastrophes sur pattes ..

  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 14h01 le 08/11/2008
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    la faille du système français ?
    c'est qu'on fini par avoir des élites qui sortent de la même école, ils ont eu les même professeurs, et qui pensent à peu près la même chose , qu'il soit de droite ou de gauche.
    cela donne une espèce d'uniformité, morose, sans génie, créativité...etc..

  • Au sud de nul part-
    • Posté à 22h39 le 09/11/2008

    Ouaich ! Vas-y mon gaétan des sommets, mon super-barbapapi, redresse tous les torts qui sont de travers, brave le démon, terrasse le dragon gauchisse, pourfend l'injustice ! Je sais que tu peux vaincre ceux qui veulent que la France s'assoit sur une chaise.

    Il fort, gatouné.

    Au SuD De NuL ParT

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 11h41 le 08/11/2008
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Binge drinking, fêtes « open bar » à répétitions, cours intensifs de finance, de marketing et de créations de camemberts sur Power Point, bizutages sadiques, organisations d » universités d » été du MEDEF , conférences régulières de représentants de la droite hyper libérale,reproduction à l » identiques des dominances de classe, associations de cooptations d'anciens éléves ...
    Je me demande comment la France pourrait se passer des bienfaits apportés par la formation de ces super élites par les Grandes Écoles ..

    • Molto
      Molto répond à Numerosix
      • Posté à 12h09 le 08/11/2008

      Tu peux ajouter à ta liste le verrouillage à l'accès aux fonctions de direction dans l'administration (le « plafond de verre » ).
      Ce n'est pas le moindre handicap de notre pays que d'avoir une « élite » qui fait tout pour rester déconnectée des réalités du terrain.

    • parti
      parti répond à Numerosix
      • Posté à 12h48 le 08/11/2008

      ça s'appellerait pas une « monarchie » ce que tu décrits ?

  • guitouni
    • Posté à 12h12 le 08/11/2008
    • Internaute

    Peut-on raisonnablement penser que c'est vraiment différent dans les autres pays ?

    Les grandes universités américaines ou anglaises sont-elles tellement différentes des grandes écoles françaises ? Y a-t-il une majorité de fils d'ouvriers ? Beaucoup d'étudiants s'y destinent-ils à des professions dans le social, la technique ou l'éducation ?

    N'oublions pas qu'un nombre non négligeable d'étudiants polytechniciens, centraliens et surtout normaliens (les écoles normales supérieures étant sans doute les plus difficiles de toutes à intégrer) décident de se lancer dans la recherche, branche dans laquelle ils gagneront moins qu'un bon plombier (le fameux)...

    En revanche le système des classes préparatoires est sans doute à revoir. Mais là encore il est faut de croire que c'est un passage obligé. De très grandes d'ingénieurs recrutent en université, et pas seulement une poignée d'étudiants.

  • Propergol
    • Posté à 12h12 le 08/11/2008

    Visiblement, les auteurs de ce livre ne sont même pas fichus de faire la distinction entre Ecoles Publiques et Privées. Si les X, ENA, etc sont effectivement financées par l'état, les Ecoles de Commerce sont toutes privées et prennent 0 € de l'état Français.

    C'est comme ça que je paye 7700 € l'année mon école. Et pourtant mon père est simple agent de maîtrise, ma mère chômeuse..je me suis débrouillé pour avoir un prêt et financé le reste par des petits boulots+mon alternance. Et j'en vois peu dans mon école qui flambent le fric. Mais c'est vrai que ce n'est pas HEC..

    Et non, Numerosix, mon école ne fait pas venir des intervenants uniquement de la droite libérale, on a même des profs qui sont ouvertement à gauche (il y en a un qui a bossé dans le gouvernement Mitterand aux affaires culturelles). On a pas que de la Finance, mais aussi des cours de géopolitique, d'éthique du travail, de philo...

    Le problème des Grandes Ecoles de Commerce se situe au niveau des plus grandes. Et d'abord au niveau de la classe prépa. J'ai fait une petite prépa. Mon prof d'Anglais qui était prof dans une prépa top à Paris me racontait comment tous les dossiers venant du 93 étaient systématiquement rejetés sans être même ouverts...(il a démissionné).

    L'élitisme continue au concours. En effet pour intégrer les meilleures, il faut être un crack en maths aux concours. Bref, elles sont ultra-sélectives, et ciblées sur un couloir étroit de matière. Cela n'encourage pas la diversité, ne serait-ce que des qualités intellectuelles. Un bon matheux ne fait pas un humain cultivé..

    Et plus grave, ces « élites » trustent les meilleures places dans les plus grosses boites ! Le réseau de HEC donne le tournis ! Avec de l'autre côté des boites qui ne veulent que des stagiaire/employés venant des trois grandes (HEC, ESSEC, ESCP-EAP). Un peu comme le cercle fermé du pouvoir..je l'ai connu quand j'ai postulé pour une boîte comme Ernst & Young.

    De manière plus générale, elle sont très chères (et la qualité des profs se justifie, pour mon école au moins), et cela décourage les étudiants et leur famille. 7000€ l'année, qui peut se le permettre à première vue avec une bourse qui donne 2000€ à l'année ? Pourtant on peut sans problème se débrouiller. Mais les chiffres donnent évidemment le tournis.

    Le problème selon moi vient majoritairement du cercle fermé Prépas Parisiennes préstigieuses-HEC-ESCP-ESSEC-Grosses boîtes....
    Ne manque plus que le maillon « pouvoir en place »...

    Ce qui est bête et méchant. Le reste des écoles de commerce n'a rien à envier à ceux-là. Et il existe des formations universitaires excellentes qui bottent les fesses aux masters d'écoles de commerce. Mais on n'en parle jamais...

    • nelmezzodelcamin
      • Posté à 12h31 le 08/11/2008

      certes, l'école privée en elle même ne touche pas d'argent de l'Etat, du moins pas directement.
      Par contre on ne peut pas en dire autant des prépas qui y mènent : à ma connaissance il n'y a pas d'écoles de commerce publiques, et je ne vois absolument pas pourquoi l'éducation nationale devrait financer la préparation de concours privés. Pourquoi ne pas généralsier les prépas intégrées, qui existent déjà dans beaucoup d'écoles privées ?
      D'autant que si on additionne le salaire des profs (la plupart du temps hors classe) et les colles payées les yeux de la tête, cela coûte extrêmement cher.
      Je me souviens avoir vu que les prépas comptent 4% des élèves du système mais que les frais en termes de salaires représentent 20% du total.... et après on mégote sur les postes de pions en collège,on fermes les RASED en primaire... on peut pas tout financer ma bonne dame....

      • CG13
        CG13 répond à nelmezzodelcamin
        http://www.youtube.com/user/ (...)
        • Posté à 19h35 le 08/11/2008
        • Internaute
          http://www.youtube.com/user/ (...)

        Bonjour.
        Entièrement d'accord avec vous.
        Par ailleurs, dans les années 60, je parle plus bas de ces classes, ceux qui préparaient HEC étaient assez loin scolairement du niveau des autres prépas, étaient quasi exclusivement des représentants de la grande industrie ou du haut négoce local, presque tous externes, pourvus d'automobiles (ou enfants de ministre de pays francophones venant se former en France) : bref, vulgairement, ça puait le fric, déjà (et cela sent plus fort encore quand les autres en ont peu).
        Paradoxal : ce sont eux d'ailleurs qui organisaient une fructueuse vente de viennoiseries aux récréations, et en offraient rarement aux internes nécessiteux lol.
        Non, non, rien n'a changé...

      • martha
        • Posté à 13h40 le 09/11/2008

        Je ne suis pas du tout d'accord : les prépas en lycée public sont gratuites pour les familles ce qui évite une sélection par l'argent avant les concours.Donner tout au privé reviendrait à ne laisser les places d'élite qu'aux familles qui ont les moyens de parier sur l'avenir. Certes, il y a peu d'enfants de familles « pauvres » dans ces classes prépa, mais il y en a quand même.
        J'ajoute que les « petites » prépas peuvent avoir de très bons résultats : celle de La Réunion a permis à quatre élèves d'intégrer une parisienne et les autres ont intégré une bonne écricome.

         
        • CG13
          CG13 répond à martha
          http://www.youtube.com/user/ (...)
          • Posté à 20h57 le 09/11/2008
          • Internaute
            http://www.youtube.com/user/ (...)

          Navré, mais ou nous ne parlons pas des mêmes choses, ou vous n'avez rien compris.
          Et ce n'est pas en vous votant un Cinq et en taillant vos prédécesseurs que cela donnera la moindre force à vos propos !
          Nous parlions là des écoles de commerce uniquement, qui n'ont rien à faire avec les classes préparatoires aux grandes écoles en vérité !

          • martha
            martha répond à CG13
            • Posté à 05h20 le 10/11/2008

            « Et ce n'est pas en vous votant un Cinq et en taillant vos prédécesseurs que cela donnera la moindre force à vos propos ! »
            Cette phrase n'est certainement pas un exemple d'argument. De plus, j'ai l'élégance de ne pas voter sur mes propos.
            Et si je n'ai rien compris c'est que votre démonstration laisse à désirer.
            Je persiste à penser qu'il faut des prépas publiques aux écoles qui forment les élites : HEC, ESSEC, ESCP font partie ( dans le domaine du management )des écoles qui forment les décideurs futurs.
            Pourquoi faudrait-il laisser ces places uniquement aux familles ayant les moyens de supporter le coût financier de prépas privées.

            • CG13
              CG13 répond à martha
              http://www.youtube.com/user/ (...)
              • Posté à 14h02 le 11/11/2008
              • Internaute
                http://www.youtube.com/user/ (...)

              « HEC, ESSEC, ESCP font partie »... des écoles privées !
              L'argent public a mieux à faire !
              Je vais donc enfoncer le clou ! Il est hélas regrettable que ces « décideurs », comme vous dites, soient incultes et fort limités intellectuellement le plus souvent (j'ai connu les meilleurs et ça n'allait pas bien haut). Par ailleurs, au niveau du topic, vous restez toujours à côté de la plaque en généralisant ce qui ne doit pas l'être.
              Qui croyez-vous influencer par vos sophismes ?

        3 autres commentaires
    • vert du Rhin
      vert du Rhin répond à Propergol
      • Posté à 00h14 le 09/11/2008

      Salut,
      c'est pas pour dire mais 7000€ par an ça ne paye même pas le salaire de tes profs. Et il y a d'autres choses à payer. L'éducation coute cher, mais ces 7000€ sont plus vraisemblablement le prix du carnet d'adresse de l'école, qui est par ailleurs subventionnée. Et c'est ce carnet d'adresse qui fait la différence, et non, comme d'ailleurs tu le remarques, la qualité de l'enseignement.

      • Propergol
        Propergol répond à vert du Rhin
        • Posté à 00h50 le 09/11/2008

        Qu'appelles-tu « Carnet d'adresses » ?
        Et quelles seraient ces subventions ? ? (je n'en connais qu'une, c'est celle de l'apprentissage, mais elle se limite à 5000€ maximum sur une année et concerne 70 étudiants à tout casser)

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 13h01 le 08/11/2008
    • Internaute
      oiseau

    L'éducation de la république était montrée jadis comme étant l'outil de la mobilité sociale et de la chance de tous les enfants de la république d'être qui un médecin, qui un capitaine, qui un entrepreneur, à égalité de chance.

    Les analyses montrent qu'il n'en est strictement rien et qu'au contraire, c'est un outil à l'immobilité sociale. Le fils d'ouvrier a toujours beaucoup moins de chance de devenir grand patron que le fils de ce dernier.

    L'éducation nationale de la république est donc un instrument de réplication de la hiérarchie sociale aux bénéfices des familles de l'aristocratie bourgeoise.

    L'ouvrage présenté dans l'article ne fait que le confirmer en rajoutant peut-être que l'État et les classes moyennes sont les dindons de cette farce puisqu'ils en paient les coûts. Il y a alors comme du cynisme. En même temps, ceux qui au gouvernement sont aussi souvent des anciens des grandes écoles et des enfants de l'aristocratie bourgeoise.

    Évidemment, les tenants et les bénéficiaires de cette mécanique s'empressent de la justifier au titre de la méritocratie et de quelques bourses attribuées ici ou là, mais quelques poissons volants ne sauraient être représentatifs du genre « poisson » et quelques contre-exemples ne sauraient cacher les faits globaux. Quant à la méritocratie, elle se résume souvent au mérite d'avoir de l'argent.

    • OISANS38
      OISANS38 répond à Tita
      • Posté à 14h04 le 08/11/2008

      « les analyses montrent qu'il n'en est strictement rien ». Les analyses actuelles, je veux bien - quoique - pour notre époque. Mais tout a une histoire, l'école comme le reste. Il y avait un plus fort pourcentage (je crois autour de 30%) il y a plus de trente ans, d'étudiants de prépas issus de milieux simples. Je ne peux m'empêcher de voir dans cette baisse une conséquence des politiques scolaires de tous bords, qui se sont faites sur le dos des valeurs républicaines.

      A l'étudiant heureux (je n'ai pas fixé son nom) : ouf, je commençais à croire que beaucoup d'élèves de Terminale qui m'ont subi pendant 39 ans étaient des nazes.

      • Tita
        Tita répond à OISANS38
        oiseau
        • Posté à 14h32 le 08/11/2008
        • Internaute
          oiseau

        Même à 30%, ce chiffre reste en deçà du pourcentage à qui il doit être comparé : celui de la population représentée. Et je doute fort que, il y a 30 ans, la population française était composée à 70% de bourgeois gras et nantis et à 30% de petites gens.
        Quant à l'évolution de ce rapport, je reste assez d'accord avec vos dires.

        Heureux l'élève qui comme la Romanche suit son cours dans son lit.

  • Bardamu
    • Posté à 13h34 le 08/11/2008

    Les dysfonctionnements du système scolaire français ont trois causes fondamentales :

    - Le panmathématisme : la sélection se fait exclusivement par les mathématiques, ce qui aboutit à un appauvrissement général de la culture générale des futures élites. On a cru qu'en se débarrassant des « humanités » on démocratiserait l'enseignement. C'est le contraire qui s'est produit.

    - La massification qui a provoqué l'effondrement du niveau des bacheliers que l'on entretient dans l'illusion qu'ils ont la capacité de suivre des études supérieures, alors qu'ils ne font qu'encombrer les filières.

    - Le nombre ridicule de places dans les grandes écoles, qui ne permet pas de créer une « masse critique » suffisante permettant d'accroître le nombre de cadres de haut niveau : le pyramidion de la pyramide sélective française est minuscule.

    • CG13
      CG13 répond à Bardamu
      http://www.youtube.com/user/ (...)
      • Posté à 21h23 le 08/11/2008
      • Internaute
        http://www.youtube.com/user/ (...)

      Bonsoir !

      D'accord avec vous sur le second point, stats à l'appui.

      Un bémol sur le premier : à mon époque, il y avait très peu des meilleurs matheux en prépa qui ne sortaient pas des filières également classiques (sans doute parce que les meilleurs élèves étaient envoyés en section latin-grec, c'était la voie royale vers l'X).

      Un non ferme et définitif à la troisième (voir mon article plus bas) : il y a « les » Grandes écoles, de « grandes écoles » et des écoles qui ne sont grandes que par le nombre de diplômés nullissimes qu'elles envoient sur le marché du travail chaque année : cela peut satisfaire des familles ou des individus emplis d'égo, mais les grandes entreprises ne s'y trompent pas : certaines étiquettes valent à peine le prix du papier, de l'encre et de la colle.

      Il faudra bien un jour mettre un terme à la foire aux illusions qu'entretiennent les pouvoirs successifs depuis plus de vingt ans, en en remerciant le plus grand fossoyeur de l'Education nationale d'hier et donc de la France d'aujourd'hui : monsieur René Haby, avec un grand bravo aux syndicats de gauche qui ont accepté sa réforme par pure idéologie, complices de fait crétins ou conscients...

      Paix à ses cendres mais honte à eux !

  • bouclette
    • Posté à 13h07 le 08/11/2008
    • Internaute

    Du Nord,du Sud ou de Bretagne on peut entrer à polytechnique.Dans nos capitales régionales il y a de « très bonnes prépas » ; pourquoi les « bons“de ‘province’ partent ils à Paris loin de leurs familles,leurs amis ? ?
    Les enfants des classes ‘très moyennesont aussi leurs chances.Certes nos enfants sont bons en maths’ mais aussi et surtout TRAVAILLEURS.S'ils ont choisi l'x c'est parce qu'ayant une solde, ils n'étaient plus à la charge de leurs parents.Et à la sortie de l'école même ‘dans la botte’ ils sont chez nous, en France, ingénieurs et chercheurs.Voici mon expérience, heureuse je l'avoue, de parents.

    • Au sud de nul part-
      • Posté à 21h38 le 09/11/2008

      Bonsoir bouclette.

      Je me permets une folle question : écrivez vous le mot « TRAVAILLEURS » en MAJUSCULE parce que vous avez peur que les lecteurs ne le remarquent pas sinon ?

      Rassurez vous : le MESSAGE est bien passé.

      Mais bon, au cas où :

      POUR REUSSIR A L'ECOLE FAUT PAS ETRE UNE FEIGNASSE ET MES ENFANTS CEUX NE SONT PAS DES FEIGNASSES.

      C'était un message de bouclette à tous les branlotins qui obtiennent leur bac à 10 ou 12 et qui ne seront pas ingénieurs ou chercheurs et qui vont rater leurs vies parce que ceux sont des feignasses qui feront honte à leurs parents et à leur pays.

      Voilà : merci qui ?

      Merci super SuD de NuL ParT !

  • hagalma
    • Posté à 14h56 le 08/11/2008
    • Internaute

    L'écolier français a comme horizon la grande école. D'abord lorsqu'il quitte la moyenne section de maternelle pour aller chez les grands. Aller chez les grands, est le sas vers le Cours Préparatoire, la grande école proprement dite. Déjà bien préparé à ces passages infinitésimaux vers l'état de grand, dont on lui dit que ce sera de plus en plus difficile, il abordera peut-être un jour, s'il n'a pas chuté dans quelque filière moins grande - voire en impasse (car le système fondamentalement élimine en cours de route) - un nouveau sas préparatoire aux grandes écoles (ben oui, cette fois il y en a plusieurs ! ). Sérieux, travailleur, un peu talentueux, si possible riche et en bonne santé, il abordera enfin le le statut de grand. Il pourra alors commencer à le remettre en question, et devenir adulte. Quelques uns n'y arrivent jamais.

    Pour le reste, l'argent ne fait pas le bonheur, mais il y contribue. Les parents, en s'interdisant de penser à des études coûteuses (car elles le sont), orientent sans le savoir le choix de l'enfant : entrer le plus vite possible dans la petite école de la vie, car la grande école, c'est décidément pas pour lui !

    • Au sud de nul part-
      • Posté à 22h31 le 09/11/2008

      Bonsoir hagalma

      Non, en tant qu'écolier j'avais une vue sur la cour, et en tant que collégien un horizon -surtout en cours de maths ou de français, exposé au nord- orienté sur des immeubles.

      Au SuD De NuL ParT

  • Tom Roud
    • Posté à 15h38 le 08/11/2008

    Le problème des Grandes Ecoles par rapport à la recherche n'est pas que quantitatif (i.e. trop peu de chercheurs ). Il est aussi beaucoup plus « qualitatif » : les diplômes d'ingénieurs sont beaucoup mieux reconnus et valorisés sur le marché de l'emploi que le doctorat.
    On en arrive au paradoxe que les emplois de recherche et développement sont occupés bien souvent par des ingénieurs et non des docteurs (je crois que Monthubert, à la tête de Sauvons La Recherche, donnait le chiffre de 13% de docteurs dans les départements de R&D). Les conséquences sont multiples : d'abord les ingénieurs n'ont pas de doctorat, donc n'ont pas de formation proprement dite à la recherche (et cela compte énormément : bachoter est une activité technique, chercher est d'un tout autre ordre et cela s'apprend aussi). Ensuite et surtout, les ingénieurs ne connaissent pas le monde de la recherche proprement dite, ce qui nuit fortement aux interactions entreprises/universités par exemple.

    • Propergol
      Propergol répond à Tom Roud
      • Posté à 00h56 le 09/11/2008

      Tout simplement parce que les boîtes n'ont pas besoin d'ultra-spécialistes dans un domaine restreint très précis, mais de personnes simplement spécialistes, qui savent s'adapter à d'autres situations que leur poste initial n'en amène. Pour cela un Bac+5 suffit.
      J'ajoute que les docteurs ne connaissent pas le monde de l'entreprise aussi bien que les étudiants en Ecole d'Ingé ou Commerce.
      Je vais sortir de mon Ecole de Commerce avec au minimum plus d'un an d'expérience en entreprise de par les stages. En réalité, pour avoir fait une année de césure+mon alternance en ce moment, je vais pouvoir vanter 3 ans d'expérience à la sortie de mon Ecole.
      Combien de mois de stages en Fac, combien de temps passe un docteur en entreprise (si j'ose dire, dans la réalité du terrain) ? J'en ai aucune idée, mais j'avais entendu parler de stages de 15 jours pour la fac de journalisme...

      • watashi_baka
        watashi_baka répond à Propergol
        ...
        • Posté à 19h52 le 09/11/2008
        • Internaute
          ...

        Votre image du docteur ultra spécialiste dans un domaine ne tiens pas la route,
        C'est effectivement le cas de l'étudiant qui passe un master recherche à la Fac, qui connait très bien sa discipline ( Math, Physique / Bio / etc...) et à fond sa spécialité ( Optique / Genetique/ Histoire médiévale). Laché dans un labo le thesard, va devoir absolument élargir son Horizon. On ne fait pas avancer un thème donner simplement en connaissant la somme de tout ce qui a été fait avant, Il faut se soucier d'électronique et d'informatique en science expérimentale, De médecine et d'architecture en archéologie et ainsi de suite. Surtout il faut développer des capacités de communications tant en face du grand public qu'en face de ses pairs. La rédaction d'une thèse en soit est un exercice de synthèse, qui est loin d'être trivial ( Difficile de faire tenir 3 ans de travail en 150 pages (Moins en Math, plus en lettre)).
        Certes le jeune docteur à un handicap celui de ne pas connaitre le monde de l'entreprise, mais c'est quelqu'un qui à sus naviguer dans les luttes de pouvoir interne au milieu universitaire. Qui à participé à plusieurs congrès internationaux. qui à eu des responsabilités. Qui sait utiliser des techniques correspondant à l'état de l'art. Bref quelqu'un de bien plus près a travailler qu'un ingénieur ayant 3 ans de PME dans les pattes...

        J'ajoute en commentaire plus général qu'a part quelques très grandes écoles le niveau est pas si terrible, bien au contraire, et qu'il est donc assez scandaleux que les écoles touche tellement plus d'argent public que les universités.
        Encore une fois qu'on ne parle pas de sélection lorsque (presque) tout étudiant entrant en prépa integre une école et qu'il y a 30% de réussite en première année de Fac, et que 10-15% des étudiants arriverons en Master.

    • Au sud de nul part-
      • Posté à 21h40 le 09/11/2008

      Bonsoir. Je me permets une intrépide question : quelle est la hauteur de plafond des grandes écoles ?

      Au SuD De NuL ParT

  • Panca
    • Posté à 15h53 le 08/11/2008

    Si Albert Einstein avait 20 ans de nos jours et se présentait aux concours des grandes publiques écoles françaises, il y a fort à parier qu'il échouerait tant celles-ci formatent ceux qui y rentrent et y sortent. Le formatage est d'ailleurs à mon sens le problème numéro un de l'emploi et de l'enseignement en France, et ces questions (chomage et échec scolaire) ne sont pas le fait d'une classe d'age « qui ne veut pas travailler » en dépit d'une idéologie bien ancrée, même chez les enseignants ! Il faut cependant bien se garder de jeter le bébé avec l'eau du bain car jusqu'à présent il y a plus d'enfants d'ouvriers et de paysans dans les grandes écoles françaises qu'à l'université, quant aux université états-uniennes ce même n'est pas la peine pour eux d'y penser !

    Autre question utile à se poser : si Einstein était un français entre 20 et 26 ans, pourrait il encore rentrer au CNRS (ou dans ce qu'il en reste en 2008), voire même seulement publier ses travaux quelque part ? Le conformisme en sciences, lequel n'est que le pendant du « conformisme mondialisé », ou plus simplement du fait d'une « pensée unique » de plus en plus mondiale (c'est l'uniformisition déjà évoqué par Pasolini, pourtant déjà disparu depuis 30 ans ! ) et qui s'oppose à toute véritable innovation.

    Petit rappel historique à méditer,lequel est en partie à décharge des institutions françaises d'enseignement supérieur, Einstein s'est fait refusé à ses débuts un emploi d'enseignant universitaire en Suisse (l'équivalent du maitre de conférence en France : premier grade des enseignants en titre à l'université ), il a cependant publié ses premiers travaux dans sa langue, à l'époque l'Allemand, le pourrait-il de nos jour ? Pourrait il seulement publier dans quelque revue ou pays que ce soit ?

  • CG13
    CG13
    http://www.youtube.com/user/ (...)
    • Posté à 18h53 le 08/11/2008
    • Internaute
      http://www.youtube.com/user/ (...)

    Je pense l'évolution de « l'après-Grandes écoles » (c'est-à-dire, navré, pour moi exclusivement scientifiques, les ENS s'étant toujours consacrées à l'enseignement et à la recherche) autre depuis la fin des années 60.
    Pour en avoir connu avec un certain succès les filières les plus élitistes (A », concours général, taupe et tutti quanti), je crois pouvoir dire que l'immense majorité des taupins de mon époque a évolué ensuite dans le secteur public.
    Et nous n'étions pas si nombreux...
    Dans toute la région PACA, il n'y avait de prépa qu'à Nice (Masséna), Toulon (Dumont d'Urville) et Marseille (Thiers).
    Ce dernier, de loin le plus important, recevait aussi les élèves du Vaucluse et des Alpes, l'internat en étant globalement majoritaire.
    Il ne comprenait pourtant en tout et pour tout qu'une petite vingtaine de classes (4 sup, 4 spé, 1 hypokhâgne, 1 khâgne, 2 Cyrards, 2 veto, 2 agro, 2 Hec) tant l'accès y était contingenté.
    Les remarques sur certains dirigeants actuels par rapport à « un appauvrissement de l'élite intellectuelle de la nation » apparaissent donc fondées, tout autant que celles realtives à la pérennisation de la prise en charge par les deniers publics des coûts de l'enseignement en prépa (même si les candidats passant certains concours dits « privés » postulent aussi à des publics).
    La charge de travail décrite plus haut peut certes sembler monstrueusement abusive à des lycéens de maintenant, elle ne l'était pas pour un élève de seconde A » qui en faisait presque autant, venant lui-même de petites classes bien plus exigeantes qu'aujourd'hui.
    Le « bon élève » était à l'époque un super-athlète bien entraîné, et ce de façon progressive, depuis sa plus tendre enfance.
    Choix de société, certes, mais qui ouvrait à l'époque toutes les portes aux enfants « pauvres mais méritants », même si ça peut faire sourire certains aujourd'hui.
    Sous la blouse grise du taupin, il y avait souvent des pulls tricotés par la grand-mère, usés par les aînés et remplis de trous : la blouse n'était pas un uniforme dégradant, mais était destinée à les cacher.
    Bien sûr, il y avait aussi des « fils de famille » (peu) : ils avaient souvent de plus que les autres moins que ce qu'a aujourd'hui le moindre ado de famille « pauvre » .
    Les diplômes étant plus rares et la sélection plus sévère, le népotisme s'exerçait bien moins finalement, et en avoir un valait vraiment une situation, agent d'ascenseur social vrai (et souvent largement mérité).
    En les ouvrant, ce qui est bien aussi et en motive davantage, on a du même coup ouvert bien des portes malsaines, dérobées près des cabinets...

    Les supprimer pour les remplacer par encore moins bien, mais en en contrôlant encore mieux les orientations, et en pouvant y faire ce que souhaitent certains politiques ou financiers ? faites donc... depuis quand demande-t-on leur avis aux gens, en tout cas pour s'en servir ?

    Pour ma part, contrairement aux auteurs de l'article et du livre, je pense que les Grandes écoles ne sont plus, justement, ultra-élitistes, que c'est bien là que le bât blesse, et pense en avoir donné une petite justification : d'une ultra-élite très écrémée sur des critères purement intellectuels et se destinant au public, on est passé à une bien plus large « élite faisant plaisir à beaucoup de parents, friqués » et allant vers le privé, l'argent remplaçant finalement les capacités.
    Tel est en tout cas mon témoignage.

    ANNEXE :
    Pour curiosité, Jéhovah, hymne taupin, que chantait déjà Alfred Dreyfus lorsqu'il était à Polytechnique, mais on ne va pas en faire une affaire...(sur l'air bien connu des « Artilleurs de Metz »)

    Jehovah fit sortir le Taupin du néant
    Planant sur l'univers de son vol de géant
    Du flot de ses calculs il inonda le monde
    Et répandit partout sa semence féconde

    Refrain :
    Ô Taupins mes chers frères

    A sa santé buvons un verre
    Et répétons ce gai refrain
    Chic à la Taupe et aux Taupins
    Et répétons (bis) ce gai refrain (bis)
    Chic à la Taupe et aux Taupins

    Pour résoudre ce problème il eut la fière idée
    De ne choisir qu'un axe de coordonnées
    Dans le ciel étoilé de saphir et d'onyx
    Il plaça le Taupin sur le grand axe des X

    Et quand viendra la fin de cette vie sur Terre
    Quand tout s'écroulera dans un bruit de tonnerre
    Quand aux deux points cycliques on verra apparaître
    Tracé aux traits de feu : « Le monde a cessé d'être »

    Dédaignant cet avis émanant de Dieu même
    Cherchant à démontrer un dernier théorème
    Sur les débris fumants des empires humains
    On verra se dresser le dernier des Taupins .

  • péchou
    péchou
    Etudiant élève ingénieur
    • Posté à 22h48 le 08/11/2008
    • Internaute
      Etudiant élève ingénieur

    C'est intéressant comme étude ! Etant étudiant en école d'ingénieur, sans être passé par la case CPGE (j'ai fais une prépa intégrée), je ne pourrais même pas en parler !

    Quoiqu'il en soit, je réussis assez bien mon école, je suis content et épanoui, et j'ai de l'ambition pour la suite, comme plusieurs étudiants autour de moi, et nous ne sommes pas « bloqués » par cette élite qui bloque l'accès aux postes a responsabilités ... C'est une réalité, nous le savons ... Mais il y a aussi d'autres possibilités de réussite ... Comme l'entrepreneuriat (la France pourrait faire des progrès là dessus) ...

    Et, pour avoir discuter plusieurs fois avec des amis de l'élitisme des CPGE et tout le tralala, pour nous le problème, il vient du lycée et des professeurs qui font tout pour faire passer les étudiants dans la case université ... qui est la plupart du temps synonyme d'échec, car les jeunes y sont trop peu assistés (donc seuls les plus matures réussissent).

    Il est facile de critiquer les prépas ... Moi je critiquerais aussi la complaisance dans laquel nous pousse le système ... A savoir « avoir la moyenne », « avoir son bac » ... Je pense qu'il faudrait pousser les élèves, et ce, dès le collège !

    Qui ne se souvient pas au collège, de s'être moqué des « intellos » ? ? Dans d'autres pays, ils sont plutôt admirés !

  • Jean-Patrick Nanteuil
    • Posté à 19h55 le 09/11/2008
    • Internaute

    Pour en revenir à l'ouvrage, il constitue une excellente synthèse de tous les poncifs et de toutes les critiques traditionnelles des grandes écoles. L'affaire Kerviel, la faute aux grandes écoles. Les jeunes qui se droguent ou boivent, les grandes écoles. Les grandes écoles créent des service psychologiques pour aider les élèves, c'est la preuve qu'elles sont dangereuses pour la santé. D'ailleurs les prépas « font peur », etc.
    Soyons simples et direct : ce livre est médiocre et démagogique. Il ne mérite ni d'ëtre lu, ni d'être commenté.

  • Romeowyn
    • Posté à 01h19 le 10/11/2008
    • Internaute

    Élève de khâgne dans la meilleure CPGE de ma région (une des plus densément peuplées de France), je témoigne qu'on est loin des classes de « fils à papa » (quoi qu'en khâgne, on ne doive parler de « filles à papa »). La plupart des élèves viennent de milieux modestes, vivent en internat (loin d'être luxueux : chauffage pas enclenché alors que les températures descendent jusqu'à 3° la nuit, seulement 10 sorties jusque 22h max. autorisé durant l'année, pour une prépa littéraire se voulant être culturelle, c'est loin d'être suffisant, idem si l'on veut souffler un peu) ou dans des chambres d'étudiant miteuses (et je pèse mes mots) avec un lavabo et un butagaz, une douche pour 5 chambres.

    Ajoutez à cela un forfait de travail quotidien d'environ 15h/jour, parfois plus.
    SI, avec tout cela, vous arrivez à décrocher une place à l'ENS (étant dans une bonne prépa, chaque année entre 1 et 3 élèves intègrent Normale sur un total d'une centaine), j'affirme que l'élite vaut par elle-même, non par ses prétendues prédispositions sociales.

    Avoir de l'argent ou non ne veut pas dire savoir tenir la pression, réussir à se bourrer suffisamment la cervelle et maintenir une estime de soi ainsi qu'une vie sociale correcte.

    Je réprouve l'injustice sociale, mais l'élitisme est, malheureusement, un mal nécessaire.

    A distinguer, donc, déterminisme par l'argent, ou déterminisme par le mérite.

    ANNEXE @ CG13 :

    C'est Khâgneux, Khâgneux, Khâgneux qui fait chanter La Bruyère
    C'est Khâgneux, Khâgneux, Khâgneux qui fait chanter Montesquieux
    Khâgneeuux, Khâgneeuux qui fait chanter La Bruyère
    Khâgneeuux, Khâgneeuux qui fait chanter Montesquieux

    • Compte supprimé le 21 janvier 2
      • Posté à 13h31 le 10/11/2008

      On ne peut pas reprocher aux Grandes Ecoles de faire travailler les taupins comme des sourds et de leur reprocher d'être élitistes. Le travail, c'est une valeur obsolète pour ceux dont le papa garde une place au chaud. Plus on baissera le niveau, plus les trous-du-culs trouveront une place pour se caser. Personnellement, je garde une image indélébile de ma prépa au Lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, où 2 fils de paysans (j'ai les noms...) ont intégré l'X. C'est sûr qu'à l'oral de l'ENA, ils n'avaient pas le niveau. Pardon, le look...

    • CG13
      CG13 répond à Romeowyn
      http://www.youtube.com/user/ (...)
      • Posté à 14h07 le 11/11/2008
      • Internaute
        http://www.youtube.com/user/ (...)

      J'étais pris en khâgne aussi lol et ai acheté souvent mes cigarettes avec les leçons de latin et grec que je donnais aux khâgneux...
      Par ailleurs, merci de l'hommage rendu à l'X par le MontesquieuX.

      Après le Y et le Z, l'X a souvent le mot de la fin.