critique

« Les Bureaux de Dieu », un film d'intérêt public

Nathalie Baye dans 'Les Bureaux de Dieu' (DR).

Le planning familial, une affaire de cinéma ? Tel est le pari relevé par la réalisatrice Claire Simon, entourée de comédiennes célèbres (Isabelle Carré, Nathalie Baye, Nicole Garcia) et… inconnues. Le résultat : « Les Bureaux de Dieu », un film qui évoque la condition des femmes aujourd'hui. Attention, choc !

Zoom sur le docu-fiction de Claire Simon

Une adolescente, seize ans, veut prendre la pilule, mais refuse que ses parents soient au courant. Une femme se demande de qui elle est enceinte (son mari ou son amant ? ) et tremble de frousse. Une autre cherche comment avorter alors que les délais légaux sont dépassés. Comme dans les 150 établissements d'information en contact avec 350 000 personnes chaque année, les mots s'entrechoquent. Les histoires se mêlent. Parfois cocasses, souvent douloureuses, toujours intimes…

Le grand appartement, lieu unique de l'action, abrite un tohu-bohu permanent. Il sert de refuge à un centre du planning familial où des femmes de toutes conditions viennent parler de leur corps, évoquer leur désir ou non d'avoir un enfant. Un documentaire ? Non, mais une fiction d'un genre très particulier…

Affiche du film 'Les Bureaux de Dieu' (DR).« Les Bureaux de Dieu », basé in extenso sur des témoignages réels, est interprété par des actrices célèbres (Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Béatrice Dalle…) et des non-professionnelles. Dans le rôle des conseillères (il y en a 1200 en France, réparties dans 70 associations départementales), les « stars » écoutent. Dans celui des femmes qui fréquentent le planning, les inconnues parlent, parlent et parlent encore. Un paradoxe parmi d'autres de ce film passionnant et utile. La cinéaste Claire Simon (également documentariste) travaille sur ce projet depuis le début des années 2000. Elle se souvient :

« J'avais été contactée par le Planning pour tourner des courts-métrages pédagogiques : utilisation du préservatif, éducation sexuelle… Ça ne m'intéressait pas ! Toutefois, j'ai eu l'occasion de découvrir un centre à Grenoble. J'y ai passé quelques jours : j'ai été estomaquée.

Je ne me doutais pas que le planning jouait encore un rôle si important. Des femmes, et aussi quelques hommes, cherchent à y répondre à des questions essentielles -donner la vie ou pas ? - qui nous concernent tous. Très vite j'ai eu envie de tourner un film sur ce lieu au féminin. Je voulais éviter la sociologie, le misérabilisme. Ce qui s'exprime ici est à la fois bien plus intime et bien plus universel. »

Le droit des femmes à disposer librement de leur corps reste un sujet d'actualité

Le planning familial, incarnation d'une époque révolue ? Symbole des lointaines années du féminisme conquérant ? « Les Bureaux de Dieu », conjugué au présent, prouve le contraire. Le film apprend des choses au spectateur comme il en a parfois appris à ses principaux interprètes (lire ci dessous l'interview d'Isabelle Carré). Françoise Laurant, présidente du Planning depuis 2000, a vu le film. Elle y retrouve, sur grand écran, des expériences vécues au plus près des femmes.

Repères


1956. Création de l'association « Maternité heureuse ». Ancêtre du Mouvement français pour le Planning familial » (MFPF) qui propose la libre contraception en France.

1961 Création des premiers centres d'accueil, dans l'illégalité.

1973 Décision de pratiquer illégalement l'IVG pour lutter contre l'inertie des pouvoirs publics.

1975 Suite à la loi Veil, le MFPF cesse de pratiquer l'IVG dans ses centres pour que les services publics prennent le relais.

2008 Colloque sur le droit à l'avortement en Europe et inquiétudes face aux blocages et reculs dans certains pays (en Italie, 70% des gynécologues refusent de pratiquer l'IVG).

« Ce que montre le film correspond au quotidien de nos centres. Il faut souvent plusieurs rendez-vous pour que les femmes, au-delà de leurs demandes précises, parviennent à exprimer ce qui les préoccupe… Malgré les progrès législatifs et les victoires des années 70, il demeure beaucoup de tabous et la parole des femmes, concernant leur intimité, est très insuffisamment prise en compte. En France, une fois les lois votées, on considère que les problèmes sont réglés. C'est loin d'être le cas. Le droit des femmes à disposer librement de leur corps reste un sujet d'actualité. »

Nicole Garcia a connu le tumulte féministe des années 70. Avant de participer au film, elle aussi croyait l'institution « obsolète ». Elle ne se doutait pas, par exemple, qu'il est parfois impossible de recourir à un avortement, l'été, quand les vacances et les effectifs en forme de peau de chagrin viennent s'ajouter aux refus de nombreux établissements de « pratiquer » :

« Je pensais naïvement que la médecine traditionnelle avait pris le relais. J'avais tort. Le film témoigne d'une réalité toujours brûlante et, en ce sens, il est d'utilité publique. En même temps, il dépasse de beaucoup le cadre thérapeutique et n'est en rien un brûlot militant. Les conseillères ne règlent pas seulement l'urgence. Plus profondément, elles recueillent la parole des femmes. Dans ces bureaux modestes vibre une parole ancestrale. Quelque chose d'infiniment fragile qui nous regarde toutes. Toutes… et tous. »

Ni sensiblerie ni voyeurisme

Pour donner à voir la dimension universelle de ce qui se joue au planning, la cinéaste a rapidement abandonné l'idée de tourner un documentaire : refus du voyeurisme, crainte de ne retenir que quelques « cas » exemplaires :

Les missions du planning


- Veiller à la garantie des droits fondamentaux des femmes concernant la maîtrise de leur fécondité (contraception, avortement).
- Accueil des femmes victimes de violence. Action de formation auprès des professionnels de l'éducation, de la police et de la médecine.
- Lutte contre les mutilations sexuelles.
- Politique d'éducation sexuelle dans les écoles.
- Information sexuelle des jeunes dans les centres.
- Activités internationales pour favoriser une plus grande autonomie des femmes et la reconnaissance de leurs droits.

« Le spectateur doit comprendre immédiatement qu'il s'agit d'une fiction. Pour cela, j'avais besoin de visages célèbres. »

Avec ses comédiennes professionnelles et néophytes, la cinéaste a mis au point un système de tournage atypique. Sur le plateau, avant les prises, les actrices ne savaient jamais en face de qui elles allaient se retrouver :

« Claire aime débusquer l'artifice, explique Nicole Garcia. Elle voulait préserver la spontanéité et restituer, par un curieux détour, les conditions réelles des entretiens et la réalité bouillonnante du planning. »

Le résultat, enthousiasmant, échappe à la sensiblerie et aux surenchères. Du côté du Planning, si l'on regrette à demi-mot que Claire Simon n'insiste pas sur l'aspect « revendicatif et militant » de l'institution, le film est reçu avec une évidente bienveillance. Claire Ricciardi, conseillère à Marseille depuis douze ans note ainsi :

« Au planning, on dit souvent que le privé regarde le public. “Les Bureaux de Dieu” remplit cette fonction. Il montre la réalité d'aujourd'hui et souligne l'importance capitale de l'écoute dans notre travail. D'ailleurs, le titre de “conseillère” ne nous convient pas. Avec les femmes, il s'agit plutôt de “tenir conseil”, ensemble… »


Lolita Chammah et Isabelle Carré dans 'Les Bureaux de Dieu' (DR).


Isabelle Carré : « Un film qui a du sens »

Isabelle Carré se marre, elle vient d'accoucher : « Je suis dans de très bonnes dispositions pour évoquer le Planning, non ? » Les impressions de l'actrice sur « ce film qu'elle n'oubliera pas ».

Avez-vous été surprise par la réalité du planning familial ?

Complètement ! Pour moi, le planning représentait les années 70. Quand j'ai lu le scénario, je me suis aperçue de sa nécessité pour de très nombreuses femmes. Et j'ai aussi découvert ma propre ignorance : j'ai appris des choses sur mon corps, tout simplement… Comme beaucoup d'autres, ma connaissance s'arrêtait en gros à la pilule, aux préservatifs et au stérilet. Le film a vraiment un sens aujourd'hui. Récemment, à la télévision, j'ai entendu un chroniqueur connu déclarer qu'il ne voyait pas en quoi l'avortement était un progrès. Hallucinant, non ?

Le film va également être vu par des hommes…

J'espère ! Ils vont découvrir ce lieu où il n'est pas seulement question de résoudre des problèmes « techniques », mais aussi et surtout d'être à l'écoute d'une intimité. Les conseillères ne sont pas comparables à des psys, mais leur travail sur ce point est fondamental.

Certaines actrices connues ont refusé de participer au film.

Ah bon ! Je ne savais pas. Moi, c'est l'inverse. A l'origine, le script ne m'était pas destiné. Je suis tombée dessus par hasard. J'ai commencé à le lire. Impossible de décrocher… J'ai contacté Claire Simon pour lui faire part de mon désir de participer à l'aventure. Le sujet me plaisait. Et aussi le fait que nous, actrices connues, soyons à l'écoute des non-professionnelles. Ne pas parler tout le temps, ça nous change !

Comment vous êtes-vous adaptée aux méthodes de travail de Claire Simon ?

C'était comme un jeu. On ne savait jamais en face de qui on allait se retrouver avant de tourner une scène. On devait se cacher pour aller au maquillage. En plus, Claire tourne en plan-séquence, et certains durent un quart d'heure. Les non-professionnelles ne se sont jamais plantées dans leur texte. Alors que les comédiennes connues, parfois…

Le film n'a rien de militant. Néanmoins, vous sentez-vous plus féministe après cette aventure ?

On ne joue pas dans un tel film pour gagner de l'argent ou pour accomplir son numéro d'acteur. J'ai rencontré des gens impliqués au quotidien dans la vie du Planning. Nos conversations m'ont enrichie, ouvert des portes. J'appartiens à une génération pour laquelle les victoires du féminisme semblent acquises. J'ai découvert que la réalité est bien plus complexe.



Les Bureaux de Dieu de Claire Simon - avec Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Rachida Brakni, Béatrice Dalle…

Voir aussi : le site du Planning familial. Renseignements au 01 48 07 29 10.

A lire aussi : « Les Bureaux de Dieu » font l'impasse sur l'anneau contraceptif

Photo : Nathalie Baye dans « Les Bureaux de Dieu » (DR). Lolita Chammah et Isabelle Carré dans « Les Bureaux de Dieu » (DR).

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Portrait de r_v

à Kassandr Portrait de Kassandr De r_v

14H32 | 08/11/2008 | Permalien

Avez-vous vraiment vu ce film ?

Portrait de bernard027

De bernard027

14H47 | 07/11/2008 | Permalien

Echangerais demi-mot du Planning contre mot entier de la Clairette. Z'ont pas du rigoler tous les jours !

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 14H51 | 07/11/2008 | Permalien

J'ai entendu Claire Simon avec une jeune fille, non professionnelle, qui joue dans le film, hier sur France Inter et ç'a m'avait déjà donné envie d'aller le voir le film. Bon, avec celui de Depardon, « La vie moderne », ce week-end j'ai deux toiles à aller voir… !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de compte supprimé16

De compte supprimé16

révolté | 15H29 | 07/11/2008 | Permalien

Merci à Evelyne et Marie-dédée ! Gisèle, toujours besoin de toi ! Vive les 343 salopes ! Le castor n'est pas mort !

Portrait de chti54

De chti54

fonctionnaire | 15H53 | 07/11/2008 | Permalien

pouvez m'expliquer le titre du film ? pourquoi une référence à « Dieu »

Portrait de Camille

à chti54 Portrait de chti54 De Camille

Mauvais genre | 16H16 | 07/11/2008 | Permalien

Je suppose que c'est en lien avec « les faiseuses d'anges » ?

Portrait de hoshiko

à chti54 Portrait de chti54 De hoshiko

16H30 | 07/11/2008 | Permalien

Nathalie Baye disait que les bureaux du Planning Familial sont rarement au RdC (Dieu = là-haut).
J'aurais tendance à croire que c'est parce qu'on y décide de donner la vie ou pas…

Portrait de Maryk

De Maryk

Toulouse | 17H18 | 07/11/2008 | Permalien

bonsoir à touTEs,
je suis allé voir ce film en avant premiére avec comme invitée la réalisatrrice de ce documentaire. Il est vraiment bien.
Les sujets traités sont l'avortement et la contraception, les questions liées au sida et aux vih ne sont pas exposées.
je vous le laisse aller le voir

Portrait de PIT LE CHIEN

De PIT LE CHIEN

18H10 | 07/11/2008 | Permalien

Avec un tel sujet on pouvait craindre un film militant-barbant… C'est tout le contraire, on rit, on est ému, on ouvre les yeux et les oreilles comme rarement. Les comédiens et comédiennes pro et amateurs sont un régal.
(Il faut voir Marie Laforêt ! ) . Et on se dit qu'en cette période de régression sociale, de répression des droits, il serait bien de faire passer le message à tous les jeunes et les autres afin qu'on ne retourne pas complètement aux temps obscurs.

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 18H24 | 07/11/2008 | Permalien

J'ai appris que ce film était filmé caméra à l'épaule, donc non et non. Ce procédé est horrible lorsqu'il dure plus de cinq minutes, c'est une des rares choses qui me donne le mal de mer !

Portrait de Camille

à Keldan Portrait de Keldan De Camille

Mauvais genre | 20H24 | 07/11/2008 | Permalien

J'ai eu le même problème

Portrait de greee

De greee

quidam | 02H14 | 08/11/2008 | Permalien

J'ai été très déçu par ce film.
La caméra qui tremblote c'est très pénible sur 1h30 et puis j'ai aussi TRÈS choqué qu'on ne parle à aucun moment de MST (du sida ou de plein d'autres saloperies plus ou moins graves).
La flopée de grand noms fait très envie mais ça ne suffit pas à faire un bon film… : -(

Portrait de PIT LE CHIEN

à greee Portrait de greee De PIT LE CHIEN

16H07 | 08/11/2008 | Permalien

C'est un sujet sur le planning familial et là, on traite avant tout de contraception et d'avortement.. Les MST, rien n'interdit d'en parler mais généralement l'urgence est ailleurs !

Portrait de Kamikanaze

De Kamikanaze

Bombe virtuelle | 20H34 | 07/11/2008 | Permalien

Première réaction :
En tout cas, un titre bien « alléchant » et un casting de rêve…

Alors, certaines ont refusé d'y participer : tant pis pour elles !

Tout ce qui relève de la condition féminine est à promouvoir…

2ème réaction en ayant lu l'avis de greee :
Dommage…

Portrait de Julos

De Julos

ex E.N | 22H26 | 07/11/2008 | Permalien

La démarche de Claire Simon (se documenter d'abord puis écrire une fiction) m'a fait penser à celle de Laurent Cantet pour « Entre les murs ». La différence, sans doute, c'est que pour « les bureaux de Dieu » il n'y aura pas de grands débats pour savoir si c'est un doc ou une fiction, si ça aurait été mieux si… patati patata…

L'idée de faire jouer des « pros » face à des « non-pros », en leur mettant en bouche les « vrais mots » de « vrais gens » est une sacrée trouvaille en effet. Car du coup plus de problème de préservation de l'anonymat ! Le 2e effet kisscool de cette idée c'est qu'on ne sent pas la différence de statut pros/non pros. Au contraire même, c'est peut-être ce qui donne toute sa force au film !

Dernière chose : dans la salle du MK2, nous étions 2 hommes sur une trentaine de spectateurs/trices… nous sommes fin 2008 quand même, réveillons-nous les uns les autres !

Portrait de Kassandr

De Kassandr

22H40 | 07/11/2008 | Permalien

Drôle de titre pour parler de la condition féminine !
A quand le vaccin contre la grossesse dès la puberté ? Évidemment les pilules ça rapportent plus aux labos !
Il y a mieux que la pilule : le stérilet ou la vasectomie.
Ce film devrait passer dans les collèges et lycées ! et le rendre obligatoire dans les cursus des études de médecine et des métiers de la santé.
Il y avait moins de tabous en 1975 qu'en 2008 ça craint ! !

Portrait de flammèche

à Kassandr Portrait de Kassandr De flammèche

22H29 | 08/11/2008 | Permalien

je suis conseillère en libéral en Belgique. J'ai travaillé en planning. il y a beaucoup à faire pour apprendre aux jeunes ce qu'est l'amour. Ne pas coucher parce qu'on a peur d'être plaquée,le respect de soi et des autres,le problème des films pornos de plus ne plus regardés par les jeunes et qui deviennent la référence, ne pas vivre dans l'image et accepter de ressentir, une fille de 14 ans qui dit qu'un gamin de son âge est « un mauvais coup », laisser le temps de grandir.

Portrait de Yvon

De Yvon

23H10 | 07/11/2008 | Permalien

Tant pis si le film n'est pas parfait..merci à ces 4 grandes actrices…militantes.
Face aux églises, religions, autres pape et dalaï machin…c'est une bouffée d'oxygène pour tant de femmes.
La liberté d'une société se juge à celle accordée, gagnée par les femmes. Vive les bureaux du bon Dieu !

Portrait de monat

De monat

10H53 | 08/11/2008 | Permalien

pas de commentaires

A VOIR ABSOLUMENT

Portrait de lumerien

De lumerien

11H24 | 08/11/2008 | Permalien

merci de penser collectif ! ! ce film est militant mais subtilement ! Il est d'abord tendre (lumière douce et visages proches comme des éclats dorés de sensualité !

Nicole Garcia dégage une énergie, une force qui fait barrage à tout pathos ! meilleure au cinéma qu'en Andromaque bien que la référence à l'héroîne + cadrage + lumière + couleur soit absolument réussie dans le duo de répét théatrale !

Nathalie Baye met sa grâce et son intelligence au service des situations délicates et Boujenah est craquant dans un rôle monstrueusement difficile

parler avec tant de pudeur de ces vies de femmes et de jeunes filles avec leur sexualité et ses implications vaut un formidable remerciement ! ce film permet de dire et de redire qu'il y a un parquet pour craquer sous vos pas et une fenêtre pour regarder la vie de loin quand on est sans fric et sans mots et chagrine !

Portrait de paconform

De paconform

parent | 10H55 | 09/11/2008 | Permalien

Bonjour,
J'ai dépassé les 80 ans, j'ai un fils âgé de 17 ans, quatre autres autour de la cinquantaine, neuf petits-enfants et un arrière petit-fils.
J'ai donc une vue de la vie sur une longue durée et aussi une longue pratique du parentage et du « grand'parentage ».
Je tiens à dire que je souffre de voir certaines constantes comme le regard que l'on porte sur l'enfant ; Déjà au milieu du 20 ème siècle il était de bon ton de dire : « quand ils sont là on les aime bien, mais… »
Aujourd'hui on n'hésite pas à déclarer que l'avortement est bon et légitime, et à faire taire ceux qui disent le contraire ; on dit aussi que la crèche est indispensable pour socialiser les bébés et que les parents sont trop laxistes puisque ces bébés deviennent ensuite des enfants rois !
Je vous aime pourtant bien tous, mais je n'ai plus ma place parmi vous.

Portrait de charlotte cordier

De charlotte cordier

19H52 | 09/11/2008 | Permalien

je suis allée voir ce film , et je l » ai trouvé interessant et humain.
j » ai presque 60 ans et bien que n » ayant jamais eu à fréquenter le planing familial, ni à avoir recours à l » avortement , je me rend compte que les mentalités n'ont pas vraiment évoluées par rapport à notre jeunesse
parents qui menacent de mettre les filles dehors si elles sont enceintes , jeunes filles qui se retrouvent enceintes avec des rapports mal ou non protéges , et obligation , parce que réflexions trop longues sur le fait d » avorter ou non qui conduit ces jeunes filles à aller en Espagne, pour avoir dépassé les délais légaux .
avant la légalisation de l » avortement en France (merci Simone weil )il fallait soit aller en Suisse soit en Angleterre …..
Je conseilles à tous ceux et toutes celles qui ont autour d » eux des jeunes en age de procréer , d » aller voir ce film ….

Portrait de Manuzan

à charlotte cordier Portrait de charlotte cordier De Manuzan

en surchauffe | 16H49 | 10/11/2008 | Permalien

Humain, exactement…

Portrait de paconform

De paconform

parent | 07H58 | 10/11/2008 | Permalien

Bonjour,
Finalement, je reste encore un peu…….
C'est vrai qu'il y a beaucoup à dire ; encore faudrait-il trouver des oreilles pour se faire entendre losqu'on n'a pas un discours politiquement correct.
Je m'en tiendrai à cette pensée générale qu'une culture qui refuse de donner la priorité aux enfants (adultes de demain comme chacun ne semble pas savoir) se prépare de mauvais lendemains (qui sont déjà des « aujourd'hui » depuis un certain temps).
Donner la priorité aux enfants leur permet d'arriver en bonne santé psychique (et physique ) à l'âge adulte, ce qui empêche beaucoup de problèmes de naître et aide grandement à résoudre ceux qui existent ; et puisque c'est le sujet, on peut aussi donner à penser aux enfants, notamment par l'exemple, qu'il est d'un usage courant de maîtriser sa sexualité et de respecter le sexe « opposé » (référence à la cohérence et la solidité des couples et des familles).
Appelez-moi conservateur si vous voulez, moi je pense à l'immense et inutile souffrance humaine et je me sens plutôt révolutionnaire.

Portrait de Manuzan

De Manuzan

en surchauffe | 16H47 | 10/11/2008 | Permalien

Adoré ! Et pourtant sur le papier c'était pas gagné : 1. des « stars » réunies dans un planning familial, on se demande si on va y croire. 2. mon voisin a liquidé la moitié des stocks mondiaux de maïs en « gloutonisant » un seau de pop corn. Le truc insupportable devant un film intimiste et donc peu bruyant. Mais bon. Bref.
Que d'acteurs formidables ! Parfois au cinéma j'ai l'impression de voir des coquilles vides. Même quand les acteurs jouent bien, on « sent » l'acteur derrière et pas le « vrai gens ». Là, en sortant, on jurerait que Boujenah est médecin maintenant et que Garcia a comme hobby Andromaque montée dans une salle municipale avec les déco de Noël qui restent en août.
J'ai aussi beaucoup aimé cette façon de filmer en très gros plans avec une caméra mobile… et pourtant j'étais au premier rang.
Et quel joli plan de fin…

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