
Le planning familial, une affaire de cinéma ? Tel est le pari relevé par la réalisatrice Claire Simon, entourée de comédiennes célèbres (Isabelle Carré, Nathalie Baye, Nicole Garcia) et… inconnues. Le résultat : « Les Bureaux de Dieu », un film qui évoque la condition des femmes aujourd'hui. Attention, choc !
Une adolescente, seize ans, veut prendre la pilule, mais refuse que ses parents soient au courant. Une femme se demande de qui elle est enceinte (son mari ou son amant ? ) et tremble de frousse. Une autre cherche comment avorter alors que les délais légaux sont dépassés. Comme dans les 150 établissements d'information en contact avec 350 000 personnes chaque année, les mots s'entrechoquent. Les histoires se mêlent. Parfois cocasses, souvent douloureuses, toujours intimes…
Le grand appartement, lieu unique de l'action, abrite un tohu-bohu permanent. Il sert de refuge à un centre du planning familial où des femmes de toutes conditions viennent parler de leur corps, évoquer leur désir ou non d'avoir un enfant. Un documentaire ? Non, mais une fiction d'un genre très particulier…
« Les Bureaux de Dieu », basé in extenso sur des témoignages réels, est interprété par des actrices célèbres (Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Béatrice Dalle…) et des non-professionnelles. Dans le rôle des conseillères (il y en a 1200 en France, réparties dans 70 associations départementales), les « stars » écoutent. Dans celui des femmes qui fréquentent le planning, les inconnues parlent, parlent et parlent encore. Un paradoxe parmi d'autres de ce film passionnant et utile. La cinéaste Claire Simon (également documentariste) travaille sur ce projet depuis le début des années 2000. Elle se souvient :
« J'avais été contactée par le Planning pour tourner des courts-métrages pédagogiques : utilisation du préservatif, éducation sexuelle… Ça ne m'intéressait pas ! Toutefois, j'ai eu l'occasion de découvrir un centre à Grenoble. J'y ai passé quelques jours : j'ai été estomaquée.
Je ne me doutais pas que le planning jouait encore un rôle si important. Des femmes, et aussi quelques hommes, cherchent à y répondre à des questions essentielles -donner la vie ou pas ? - qui nous concernent tous. Très vite j'ai eu envie de tourner un film sur ce lieu au féminin. Je voulais éviter la sociologie, le misérabilisme. Ce qui s'exprime ici est à la fois bien plus intime et bien plus universel. »
Le droit des femmes à disposer librement de leur corps reste un sujet d'actualité
Le planning familial, incarnation d'une époque révolue ? Symbole des lointaines années du féminisme conquérant ? « Les Bureaux de Dieu », conjugué au présent, prouve le contraire. Le film apprend des choses au spectateur comme il en a parfois appris à ses principaux interprètes (lire ci dessous l'interview d'Isabelle Carré). Françoise Laurant, présidente du Planning depuis 2000, a vu le film. Elle y retrouve, sur grand écran, des expériences vécues au plus près des femmes.
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« Ce que montre le film correspond au quotidien de nos centres. Il faut souvent plusieurs rendez-vous pour que les femmes, au-delà de leurs demandes précises, parviennent à exprimer ce qui les préoccupe… Malgré les progrès législatifs et les victoires des années 70, il demeure beaucoup de tabous et la parole des femmes, concernant leur intimité, est très insuffisamment prise en compte. En France, une fois les lois votées, on considère que les problèmes sont réglés. C'est loin d'être le cas. Le droit des femmes à disposer librement de leur corps reste un sujet d'actualité. »
Nicole Garcia a connu le tumulte féministe des années 70. Avant de participer au film, elle aussi croyait l'institution « obsolète ». Elle ne se doutait pas, par exemple, qu'il est parfois impossible de recourir à un avortement, l'été, quand les vacances et les effectifs en forme de peau de chagrin viennent s'ajouter aux refus de nombreux établissements de « pratiquer » :
« Je pensais naïvement que la médecine traditionnelle avait pris le relais. J'avais tort. Le film témoigne d'une réalité toujours brûlante et, en ce sens, il est d'utilité publique. En même temps, il dépasse de beaucoup le cadre thérapeutique et n'est en rien un brûlot militant. Les conseillères ne règlent pas seulement l'urgence. Plus profondément, elles recueillent la parole des femmes. Dans ces bureaux modestes vibre une parole ancestrale. Quelque chose d'infiniment fragile qui nous regarde toutes. Toutes… et tous. »
Ni sensiblerie ni voyeurisme
Pour donner à voir la dimension universelle de ce qui se joue au planning, la cinéaste a rapidement abandonné l'idée de tourner un documentaire : refus du voyeurisme, crainte de ne retenir que quelques « cas » exemplaires :
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« Le spectateur doit comprendre immédiatement qu'il s'agit d'une fiction. Pour cela, j'avais besoin de visages célèbres. »
Avec ses comédiennes professionnelles et néophytes, la cinéaste a mis au point un système de tournage atypique. Sur le plateau, avant les prises, les actrices ne savaient jamais en face de qui elles allaient se retrouver :
« Claire aime débusquer l'artifice, explique Nicole Garcia. Elle voulait préserver la spontanéité et restituer, par un curieux détour, les conditions réelles des entretiens et la réalité bouillonnante du planning. »
Le résultat, enthousiasmant, échappe à la sensiblerie et aux surenchères. Du côté du Planning, si l'on regrette à demi-mot que Claire Simon n'insiste pas sur l'aspect « revendicatif et militant » de l'institution, le film est reçu avec une évidente bienveillance. Claire Ricciardi, conseillère à Marseille depuis douze ans note ainsi :
« Au planning, on dit souvent que le privé regarde le public. “Les Bureaux de Dieu” remplit cette fonction. Il montre la réalité d'aujourd'hui et souligne l'importance capitale de l'écoute dans notre travail. D'ailleurs, le titre de “conseillère” ne nous convient pas. Avec les femmes, il s'agit plutôt de “tenir conseil”, ensemble… »

Isabelle Carré se marre, elle vient d'accoucher : « Je suis dans de très bonnes dispositions pour évoquer le Planning, non ? » Les impressions de l'actrice sur « ce film qu'elle n'oubliera pas ».
Avez-vous été surprise par la réalité du planning familial ?
Complètement ! Pour moi, le planning représentait les années 70. Quand j'ai lu le scénario, je me suis aperçue de sa nécessité pour de très nombreuses femmes. Et j'ai aussi découvert ma propre ignorance : j'ai appris des choses sur mon corps, tout simplement… Comme beaucoup d'autres, ma connaissance s'arrêtait en gros à la pilule, aux préservatifs et au stérilet. Le film a vraiment un sens aujourd'hui. Récemment, à la télévision, j'ai entendu un chroniqueur connu déclarer qu'il ne voyait pas en quoi l'avortement était un progrès. Hallucinant, non ?
Le film va également être vu par des hommes…
J'espère ! Ils vont découvrir ce lieu où il n'est pas seulement question de résoudre des problèmes « techniques », mais aussi et surtout d'être à l'écoute d'une intimité. Les conseillères ne sont pas comparables à des psys, mais leur travail sur ce point est fondamental.
Certaines actrices connues ont refusé de participer au film.
Ah bon ! Je ne savais pas. Moi, c'est l'inverse. A l'origine, le script ne m'était pas destiné. Je suis tombée dessus par hasard. J'ai commencé à le lire. Impossible de décrocher… J'ai contacté Claire Simon pour lui faire part de mon désir de participer à l'aventure. Le sujet me plaisait. Et aussi le fait que nous, actrices connues, soyons à l'écoute des non-professionnelles. Ne pas parler tout le temps, ça nous change !
Comment vous êtes-vous adaptée aux méthodes de travail de Claire Simon ?
C'était comme un jeu. On ne savait jamais en face de qui on allait se retrouver avant de tourner une scène. On devait se cacher pour aller au maquillage. En plus, Claire tourne en plan-séquence, et certains durent un quart d'heure. Les non-professionnelles ne se sont jamais plantées dans leur texte. Alors que les comédiennes connues, parfois…
Le film n'a rien de militant. Néanmoins, vous sentez-vous plus féministe après cette aventure ?
On ne joue pas dans un tel film pour gagner de l'argent ou pour accomplir son numéro d'acteur. J'ai rencontré des gens impliqués au quotidien dans la vie du Planning. Nos conversations m'ont enrichie, ouvert des portes. J'appartiens à une génération pour laquelle les victoires du féminisme semblent acquises. J'ai découvert que la réalité est bien plus complexe.
► Les Bureaux de Dieu de Claire Simon - avec Nathalie Baye, Nicole Garcia, Isabelle Carré, Rachida Brakni, Béatrice Dalle…
► Voir aussi : le site du Planning familial. Renseignements au 01 48 07 29 10.
► A lire aussi : « Les Bureaux de Dieu » font l'impasse sur l'anneau contraceptif
Photo : Nathalie Baye dans « Les Bureaux de Dieu » (DR). Lolita Chammah et Isabelle Carré dans « Les Bureaux de Dieu » (DR).





















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De cecile from the block
urbaniste | 14H09 | 07/11/2008 |
super initiative ce film !
ca va réveiller des consciences endormies j'espère
car le féminisme est toujours d'actualité
à cecile from the block
De Socrate Tchatcha
viouuuu du vent | 15H11 | 07/11/2008 |
A quand le bureau du diable ? C'est aussi intéressant. Merci
http://adjimdanngar.over-blog.net/
De Camille
Mauvais genre | 14H12 | 07/11/2008 |
Je n'ai pas pour habitude de « me » faire de la pub dans l'article de quelqu'un d'autre mais pour ma part, j'ai trouvé qu'il manquait quelques infos importantes sur la contraception… Je ne refais pas ici la critique constructive que j'ai faite là.
Ajout à 15h40 : d'après un commentaire de hoshiko, les repérages pour le film ont été faits il y a 10 ans, ce qui explique qu'il manque des infos sur les moyens de contraception récents
De r_v
14H16 | 07/11/2008 |
Moi aussi j'ai vu ce film en avant premiere, il y a quelques semaines et j'ai été vraiment tres decu !
Le casting impressionnant (dont certain-e-s que j'admire…), une sujet interessant mais au final ca prend pas.
Le film n'est qu'un emboitement d'entretien au planning familiale avec des « cas » et des gens certes differents mais bon…
De plus, pas une seule allusion a la protection par rapport aux mst, ca m'a choqué, je pense (ou j'espere) que ca ne correspond pas a la realité.
Ha oui, certaines scenes sont ininteressantes au plus…je pense a la clope au balcon par ex !
Enfin, aucun engagement feministe n'est perceptible dans ce film.
bref amon avis, un film qu'on peut ne pas voir, désolé rue89 !
De Gudule
14H20 | 07/11/2008 |
Le féminisme n'est pas qu'affaire de femmes. C'est aussi l'affaire des hommes, il en va de leur intérêt de voir une réèlle altérité se mettre en place.
Altérité humaine s'entend : il n'est nullement question de renoncer à ce qui nous caractérise.
Je n'ai jamais compris pourquoi se déclarer féministe suscite autant de haine de la part de ceux qui croient savoir ce que c'est.
Je n'ai pas vu ce film. Mais, à notre époque que l'on croit si moderne, parler de féminisme n'est pas dépassé : les femmes meurent sous les coups de leur compagnon, elles sont vendues sur les trottoirs, elles sont les reines du travail précaire à temps partiel…la liste est longue.
Oui, il faut encore se battre et réaffirmer que les femmes ont le droit de disposer de leur corps et qu'il n'appartient qu'à elles.
De Camille
Mauvais genre | 14H24 | 07/11/2008 |
Leur corps n'appartient qu'à elles mais les enfants continuent de se faire à deux. Tant qu'il en sera ainsi, il me semble essentiel que les hommes puissent comme vous dîtes « être féministes ». Ils doivent avoir accès à la contraception, ils doivent également pouvoir choisir d'être ou non père (et non être pris comme géniteurs lors d'un moment d'inadvertance).
à Camille
De compte supprimé16
révolté | 01H52 | 08/11/2008 |
« les enfants continuent de se faire à deux. » ? ? ? ! ! !
Guillemette, au secours ! Y a la prétresse du sexe qui dit (encore) des bétises !
http://www.amazon.fr/b%C3%A9b%C3%A9-toute-seule-Guillemette-Faure/dp/208…
à Camille
De Gudule
15H42 | 07/11/2008 |
Pour ne pas être pris comme géniteur « par inadvertance » il y un truc qui s'appelle un préservatif.
On a des bébés en faisant l'amour (c'est là où inadvertance me fait sourire), faut savoir ce qu'on veut.
Après il y a les tordues qui mentent pour se faire faire un bébé dans le dos du mec, mais bon, vivre c'est risquer.
à Camille
De hoshiko
16H04 | 07/11/2008 |
Tout à fait d'accord, Camille ! Mon grand-père était même plus féministe que moi (et pourtant ! ).
Mais en cas de désaccord (dans un sens ou dans l'autre), j'ai tendance à penser que la décision revient à la femme. Après tout, c'est elle qui le portera ou pas ou se fera avorter.
Hors mariage, aucun homme n'est tenu de reconnaître un enfant (ok, une femme peut aussi accoucher sous X…).
Et sauf cas de c*nnasse qui fait un bébé « dans le dos » (sic) et la Licorne Rose Invisible* sait que je ne les supporte pas, les hommes ont leur part de responsabilité au moins dans l'acte sexuel si ce n'est dans la contraception (les cas de viols d'hommes par des femmes qui veulent être enceintes ne doivent pas courir les rues, je pense).
Pour la contraception masculine, pas de nouvelles du « slip chauffant » ?
* Déesse de la religion du même nom ; )
à hoshiko
De Camille
Mauvais genre | 16H15 | 07/11/2008 |
On est très en phase Hoshiko : -)
Cela étant si, à ma connaissance, un homme peut être tenu de reconnaitre un enfant hors mariage si procédure juridique de la part de la femme il y a (un changement de loi récent qui m'a fait bondir, j'aimerai bien qu'on me le confirme)
D'autre part, un de mes amis s'est retrouvé père à 19 ans (à une époque où le préservatif était moins courant) d'une femme qui lui avait dit prendre la pillule parce qu'elle cherchait un géniteur… c'est assez traumatisant.
à Camille
De hoshiko
17H21 | 07/11/2008 |
« un homme peut être tenu de reconnaitre un enfant hors mariage »
Je ne savais pas et ça me choque aussi.
En même temps, c'est assez protecteur pour les enfants en cas de c*nnard…
Je ne sais pas si c'est un mal ou un bien.
« un de mes amis s'est retrouvé père à 19 ans (à une époque où le préservatif était moins courant) d'une femme qui lui avait dit prendre la pillule parce qu'elle cherchait un géniteur… c'est assez traumatisant »
J'imagine. En même temps, c'est une question de confiance. Je vois mal comment on peut empêcher les c*ns de truander les gentils.
Et une « copine » de fac s'est, elle, fait engrosser _a l'insu_ du coup d'un soir rencontré en boîte (pas de capote dès le 1er soir ! ! ). Je ne sais quel est le pire : « votre » père, « le mien » ou coucher avec un parfait inconnu sans protection dans le but d'avoir un bébé au risque de transmettre une MST à un gosse qui n'a rien demandé.
« On est très en phase Hoshiko : -) »
Tout à fait d'accord, Camille ! Mais pas de sexe entre nous, svp ! Ma vie sexuelle est déjà assez compliquée comme ça ; )
à hoshiko
De Camille
Mauvais genre | 18H23 | 07/11/2008 |
Ma vie sexuelle est déjà assez compliquée comme ça ; )
Mais justement, allongez-vous, racontez moi… ; -)
à Camille
De hoshiko
19H47 | 07/11/2008 |
Non, non, Camille ! Vous avez trop mauvais genre ; ) pour un psy.
De Gina Grimont
19H43 | 07/11/2008 |
@Camille
Moins traumatisant que d'être abandonné par le pére, pére consentant, à la naissance de l'enfant ! Des cas comme ça, je peux t'en raconter pleins ! Quant aux nombres de femmes qui élévent SEULES leurs enfants, parce que le pére fait sa vie ailleurs en jurant crachant qu'il adore ses enfants, ça aussi on peut d'en raconter plein des histoires comme ça ! Ce ne sont même plus des traumatismes, ce sont des vies de femmes sacrifiées ! Moi non plus je n'aime pas les femmes qui font des enfants dans le dos des hommes mais de toute façon elle se retrouveront seules à l'élever ! Et la contraception pour hommes s'appelle pour l'instant, préservatif.
Ceci dit, les luttes féministes sont loin d'être acquises. Le nombre de filles jeunes qui intériorisent encore leur infériorité, acceptent comme un fatalité la violence des hommes et leur soi disant sexualité irrépressible ! Le chemin est encore trés long pour les femmes d'être simplement convaincue qu'elles valent quelque chose, qu'elles sont des individus à part entiére et devant être respectées , d'être heureuse et fière aussi d'être femme !
On ne naît pas femme, on le devient !
à Gina Grimont
De hoshiko
19H51 | 07/11/2008 |
Gina !
Vous m'aviez manqué !
On se fait un thé entre féministes un de ces jours ? : )
Ps : Camille est bienvenu(e) bien sûr ! Et tous ceux qui pensent qu'avoir moins de matériel génétique ne vous rend pas meilleur, aussi !
à hoshiko
De Gina Grimont
20H48 | 07/11/2008 |
@hoshiko
OK quand tu veux mais .je préfére le café et mes (jeunes) copines la biére et en terrasse au soleil toulousain ….
à Gina Grimont
De solene
vagabonde | 14H23 | 10/11/2008 |
oh la la, oui, d'autant plus si c'est en terrasse toulousaine ! Ca sera kir, pour moi !
à Gina Grimont
De hoshiko
14H59 | 10/11/2008 |
Ok, alors quand j'irai voir la famille qui n'est pas « montée » à la capitale…
; )
à Gina Grimont
De Camille
Mauvais genre | 20H31 | 07/11/2008 |
Je ne veux pas hiérarchiser les traumatismes. Une femme doit rester maitresse de son corps (ou l'offrir à qui elle veut ; -) ) ; tout le monde est d'accord.
Certaines femmes cherchent à faire des enfants dans le dos du père et d'obligent le père à le reconnaitre pour avoir de l'argent. Je ne dis pas que c'est la situation la plus courante, je dis que ça existe aussi. En l'occurence, ce n'était pas le cas de l'ami cité, la femme avait choisi de faire un gamin et elle l'a fait avec un jeune homme crédule et fécondant ; elle l'a assumée seule par la suite. Mais c'est plus choquant qu'on l'imagine pour la personne, même dans ce cas.
Et justement, il y a d'autres solutions que le préservatif pour les hommes et il me semble important que les hommes s'impliquent plus dans la contraception (ce qui va avec « 's'impliquer plus dans le fait de faire des enfants »).
Les luttes féministes doivent aller avec plus d'égalité et donc d'implications des hommes (qui doivent pouvoir avoir des congés paternités par exemple, qui doivent pouvoir maitriser la contraception, etc…)
à Camille
De Gina Grimont
20H45 | 07/11/2008 |
@camille
La pilule pour homme est au point. Elle est à prendre une fois par mois. Simplement, le labo a fait une étude de marché, les hommes ne la prendrait pas par peur d'être impuissant ou stérile… Dés qu'autre chose qu'une main de femme leur touche la zigounette, ils appellent leur mére, z'ont trés, trés peur ! ( note que certains quand on leur touche la zigounette, appellent leur mére…)
Quant aux hommes opprimés par les femmes , il y en a, oui, en nombre infinitèsimale. Quant à l'implication des hommes dans l'éducation des enfants et les tâches ménagéres, TOUTES les femmes sont d'accord mais elles constatent que trés souvent ça va plus vite de faire elles-mêmes !
L'émancipation des femmes sera réelle, le jour où elles n'auront plus besoin de faire la liste des courses à leur mec, partant vaillamment seul à Auchan avec les enfants et dont il fera plusieurs semaines le récit de cette incroyable épopée !
à Gina Grimont
De Kassandr
22H51 | 07/11/2008 |
@gina, les femmes ne sont pas obligées de donner la liste des courses à leur mec avec comme projet de vie : torcher les mômes et lessiver chaque semaine le pavillon de banlieue payé à crédit par un « bon » mari ! La France n'est pas l'Afghanistan ! Aux femmes de France de continuer leur émancipation interrompue depuis 15 ans !
Voire un peu les mentalités des jeunes femmes d'aujourd'hui « j'en ai marre de travailler, je veux rentrer au chaud à la maison et pondre mais faut que ça me rapporte des sous quand même'
voir l'article du Elle de la semaine dernière… édifiant, les femmes régressent à tout allure !
à Kassandr
De Flore Balthazar
auteur de bédés | 09H30 | 08/11/2008 |
Je suis bien d'accord : il y a une responsabilité des femmes aussi ! C'est trop facile de toujours tout mettre sur le dos des affreux machos…
Malheureusement, il y a toujours pas mal de femmes qui sont plus ou moins satisfaites de leur situation, et du pouvoir que ça leur confère, quand bien même ce pouvoir ne serait que celui de se plaindre et de se moquer du mâle…
à Flore Balthazar
De Gina Grimont
10H39 | 08/11/2008 |
@Kassandr et Flore
Ce n'est pas avec le journal ELLE que tu sauras où en est la condition des femmes, journal féminin qui continue à perpétuer l'esclavage des femmes à la beauté physique, au jeunisme, véritable torchon d'aliénation des femmes à la loi des mecs comme tous les journaux féminins ! Il faudrait leur faire des procés !
On ne doit pas fréquenter les mêmes femmes, celles que je connais, celles avec qui je travaille triment, maison, enfants, boulots, courses, cuisine.
Je connais aussi des couples merveilleux, égalitaires mais quand tu creuses un peu c'est grâce à la femme que cela s'est construit petit à petit…
D'accord qu'il est urgent que les femmes se désaliénent parce que ce monde d'hommes est fatigant ! À noter qu'Obama n'a mis aucune femme dans son gouvernement ! !
Quant aux femmes vénales, entretenues, depuis la nuit des temps les hommes payent pour avoir un coup à disposition. Quand un homme t'invite au resto, c'est pour coucher avec toi, non ? Toutes les régles sociales, religieuses ,économiques ont été mises en place par les hommes pour avoir ce coup à disposition, un objet domestique et sexuel chez eux. Prostitution légale. L'épouse se devant être la pute propre, celle dont le trou n'appartient qu'à un seul homme et l'autre la méchante pute, dont le corps libre est forcément sale ! Tous les jours j'entends de jeunes garçons traiter des filles libres de salopes !
Allez les filles, y'à du boulot ! !
à Gina Grimont
De Flore Balthazar
auteur de bédés | 23H15 | 08/11/2008 |
Ben oui, bien d'accord : mais c'est un boulot à faire ensemble, hommes et femmes, et pas en se polarisant les uns contre les autres !
Je crois que cette bonne vieille Simone en parle très bien dans le tome 2 du « Deuxième Sexe ».
Quand on se libère de tout système infâme, type apartheid, ségrégation, esclavage, etc, le maître se libère en même temps que l'esclave (même si, bien entendu, l'esclave subit plus les choses dans sa chair, mais le maître est aussi avili par le système).
Je connais quelques couples « libérés », et ça arrange bien tout le monde ! Tandis que, dans le cas d'un « esclavage », qu'il soit flagrant ou rampant, on est dans la frustration des deux côtés…Frustration qui, parfois, dans la râlerie, la moquerie, etc, se trouve un semblant de pouvoir.
Par ailleurs, beaucoup de féministes sont… des hommes, qui préfèrent, malgré leur testostérone, avoir affaire à des êtres humains épanouis, autorisés à utiliser toutes leurs facultés dans la société, ces individus fussent-ils femelles : ))
C'est vrai qu'il y a un sacré boulot (je suis personnellement très choquée de l'instrumentalisation qui est faite des jeunes filles, objets sexuels et publicitaires avant même d'être pubères), mais ce boulot, il se fait ensemble, sinon c'est reparti pour un tour.
à Gina Grimont
De Camille
Mauvais genre | 16H48 | 08/11/2008 |
La pilule pour homme est au point. Elle est à prendre une fois par mois. Simplement, le labo a fait une étude de marché, les hommes ne la prendrait pas par peur d'être impuissant ou stérile…
Merci de l'info, je ne savais pas. Il me semble que des hommes seraient intéressés. Il faut aussi faire passer cette information là. Les femmes aussi, les premières à prendre la pillule, ont eu peur. Certaines ont encore peur (d'être « stérilisées », d'avoir un cancer, etc…) d'ailleurs. Ce n'est pas en disant que les hommes ont peur qu'on fait avancer le schmilblick. Il faut informer, il faut que les plannings familiaux puissent informer les hommes aussi… Dans l'intérêt de tous.
Par ailleurs, Gina, j'insiste, je ne cautionne à aucune moment les violences dont sont victimes les femmes, je ne dis pas que le féminisme est inutile, je dis qu'il ne faut pas opposer « progrès de la condition de la femme » et « progrès de la condition de l'homme », pour moi les deux sont parallèles et avanceront ensemble : avec le congé paternité par exemple, avec une maitrise de la contraception des deux côtés, etc.
à Camille
De Gina Grimont
16H57 | 08/11/2008 |
@Camille
Alors que les hommes deviennent féministes….
à Gina Grimont
De flammèche
22H18 | 08/11/2008 |
Gina
je ne t'autorise pas à parler pour moi :
Quant à l'implication des hommes dans l'éducation des enfants et les tâches ménagères, TOUTES les femmes sont d'accord mais elles constatent que très souvent ça va plus vite de faire elles-mêmes !
Je ne suis pas d'accord avec toi. je connais de nombreux hommes qui préparent le repas du soir, nettoient, repassent. mais il faut accepter qu'ils aient le temps d'apprendre et on ne peut leur imposer notre façon de travailler. Car autrement, ils ne sont plus des partenaires à part entière mais des domestiques ! ! Le ménage est le travail des deux pas la chasse gardée de la femme qui impose sa façon de faire ! !
Par ailleurs, quand on parle de violence, il ne suffit pas de voir derrière chaque homme un violeur et une violent en puissance et donc de mettre un gendarme derrière chaque mâle mais d'apprendre aux femmes à mettre leurs limites.
à Gina Grimont
De Belga
en veut | 16H02 | 08/11/2008 |
Je vous donne juste quelques exemples de ce qui de passe aujourd'hui, en France, dans le milieu des professions libérales…
- un mari qui tente de forcer son épouse à avoir un troisième enfant alors qu'elle ne veut pas. Mais le chantage et la manipulation peuvent être tels qu'on y cède, …
- monsieur qui « pète un câble » quand il apprend que sa femme prend la pillule pour ne pas tomber enceinte
- un mari qui dit que le corps de sa femme lui appartient et que le viol dans le mariage n'existe pas
- un père « parfait » qui adore ses enfants, qui ne s'en occupe plus quand il y a une séparation, ne paie pas de pension, ne les appelle pas, les prend avec lui une fois par mois. Mais qui, devant le juge, exige la garde complète.
- …
Ce ne sont que quelques exemples, mais ils m'ont fait prendre conscience du fait qu'on a besoin des féministes, que les filles et les femmes doivent prendre conscience de leur valeur, de leur intégrité physique, etc etc… J'ai l'impression que la génération de ma mère et mes tantes (55 à 65 ans aujourd'hui) était bien plus consciente de ces combats. L'article dans ELLE en est un bon exemple…
Les femmes ne sont pas des anges. Je connais de près aussi le cas d'un enfant fait dans le dos de l'homme, dans ce même milieu. Oui, les hommes sont responsables aussi de la contraception, mais on sait toutes qu'on peut dire n'importe quoi sur notre cycle…
à Gudule
De r_v
14H49 | 07/11/2008 |
Tout a fait d'accord, mais ce film ne m'a pas du tout semblé feministe…ni même traiter de feminisme.
à r_v
De Kassandr
22H45 | 07/11/2008 |
ben si il est féministe ! Le féminisme c'est considérer les femmes comme des êtres humains et défendre les droits des femmes !
Etre féministe est donc naturel !