Deux métiers sont actuellement en train d'être supprimés de l'Education nationale par les députés et le gouvernement. Devant le succès de la mobilisation (plus de 100 000 signatures en quinze jours) la majorité s'affole et oppose des arguments fallacieux. De quels métiers s'agit-il ?
D'abord, des instits de maternelle chargés des tout-petits :
Les classes des deux ans seraient remplacées par des « jardins d'éveil » privés et donc payants (lire ci-contre le rapport de la sénatrice Monique Papon qui s'appuie entre autres sur le précédent rapport Bentolila).
Niant sans aucun scrupule les données statistiques qui prouvent qu'une scolarisation précoce dans de bonnes conditions (et qui n'a rien à voir avec une quelconque surveillance de sieste ou autre change-culotte) est facteur de réduction des inégalités sociales, les auteurs du rapport souhaitent supprimer purement et simplement un outil d'intégration scolaire et donc sociale pour l'échanger contre un système privé payant dont on peut déjà deviner les conséquences sociales.
Les enseignants spécialisés travaillant dans les réseaux d'aides aux élèves en difficulté (RASED).
Des discours spécieux sur l'Education, ce « commerce comme les autres »
Les discours tenus sont totalement mensongers et les arguments fallacieux. Comment croire quelqu'un qui affirme que le travail fait actuellement par les Rased ne correspond pas à la réalité de la difficulté scolaire lorsque tout prouve le contraire ?
Prétendre que les Rased sont inefficaces car il reste 15% d'enfants en échec scolaire est du même type que prétendre que les antibiotiques sont inefficaces au prétexte que certains malades y sont allergiques. Tout ce discours est un mensonge permanent qui n'a qu'un seul but : faire des économies et favoriser l'éclosion de la nouvelle société régie par l'AGCS, l'accord général sur les commerces et les services :
L'Education nationale deviendra un « service » comme les autres, sous-entendu un « commerce » comme les autres, non seulement rentable mais pouvant générer de gros bénéfices.
Une députée de la majorité ne le cache pas :
« Il faut remettre les enseignants spécialisés dans des classes normales et si des élèves ont des difficultés, les orienter vers les CMPP et autres thérapeutes. »
Les CMPP sont tous saturés, six mois d'attente pour la plupart. Quant aux thérapeutes libéraux, qui peut se les offrir ? (N'oublions pas le surcoût engendré alors pour la Sécurité sociale.)
Un pas en arrière dans la lutte contre l'échec scolaire
De plus, dans leur majorité, les élèves pris en charge par les Rased ne relèvent pas de structures extérieures. Leur difficulté durable dans la classe est prise en compte dans l'école par une équipe d'enseignants professionnels spécialisés et généralistes, en collaboration avec les parents. L'argument qui consiste à dire que ces enfants, lors de leur prise en charge par le Rased, sont stigmatisés par leur sortie de la classe est fallacieux :
- d'une part, parce que l'enfant qui, en classe, s'ennuie, s'agite, ne comprend pas, est volontaire pour cette prise en charge en dehors de la classe et soulagé par cet espace d'expression qui lui est donné.
- d'autre part, parce qu'une autre prise en charge extérieure à l'école se fera quasi-naturellement pendant le temps scolaire : les CMPP ne travaillent ni le samedi, ni le dimanche ni la nuit et les mercredi s ne comportent que 8 heures !
Faire cesser la prise en charge en petits groupes ou individuelle des élèves en difficulté équivaut à supprimer purement et simplement un grand volet de la lutte contre l'échec scolaire. La mise en place (laborieuse) des heures de soutien par les enseignants généralistes ne correspond absolument en rien aux besoins des élèves les plus en difficulté.
Prétendre que tout ce changement annoncé n'est pas une suppression de poste est aussi un argument mensonger puisque, en « sédentarisant » les enseignants spécialisés et en les confinant dans une classe normale, on leur retire : leur spécialité, leur action spécifique et leur action en Réseau. La destruction de ces métiers est sans précédent dans l'Education Nationale. Ce n'est pas vouloir garder un privilège que de se battre pour le maintien des aides spécialisées à l'école. C'est croire que tous les élèves auront encore une chance de réussite à l'école.




















42
(Pour réagir, connectez-vous)
De Alabama
16H58 | 05/11/2008 |
Tout est dit dans cet excellent article.
Le dernier paragraphe est un très bon résumé de ce que ressentent nombres d'enseignants spécialisés. De plus, ne pas être « devant une classe » ne signifie absolument pas ne pas enseigner : un maître de RASED suit une soixantaine d'élèves par an en moyenne : ça fait à peu près les effectifs de deux classes !
Mais quand on veut sabrer l'école publique avec autant de force, on se demande bien pour servir quels intérêts ?
De marie 75 3563
17H14 | 05/11/2008 |
c'est écoeurant, désolant et dramatique pour ces élèves à qui l'école pouvait apporter une solution de vie.
Mais SarkO L'UMP et son parti n'en ont que faire …
Leurs enfants fréquentent les écoles privées (cf la rentrée à Ste Clotilde, art. ds le canard : les petits fillon, hortefeux, ferry …) et leur objectif est de « foutre “en l'air” tout le système du sce public français.
à marie 75
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 22H03 | 05/11/2008 |
Il y avait ceci hier :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2008/10/rassemblement-d.htm…
mais la plupart des gens avaient l'esprit ailleurs.
Je pense que les enseignants avaient mal choisi leur date !
Le métier de bibliothécaire est également en danger :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2008/11/vers-un-clateme.htm…
dans les commentaires sont expliqués les petits soucis pour signer la pétition. mais ça vaut le coup.
La culture fout le camp, par l'Education !
De OhLui
citoyen | 17H38 | 05/11/2008 |
Excellent article. Ne manquez pas de regarder cette video qui montre ce que M. Darcos connait réellement des RASED :
http://fr.youtube.com/watch ? v=jaXMYYbRr_4
ou :
http://www.dailymotion.com/retourneauCM1/video/x79f3s_darcos-et-les-rase…
Déjà près de 15 000 vues depuis le 1er novembre !
à OhLui
De martha
Enseignante à la Réunion | 10H43 | 06/11/2008 |
merci pour l'adresse du site vidéo (adresse à faire passer, mais c'est vrai qu'on ne sait plus où donner de la tête).
C'est instructif, et on comprend mieux les représentations du métier de notre ministre et sa déconnection de la réalité .
Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas savoir.
personnellement je me sens assommée, anesthésiée par toutes ces réformes, j'ai le tournis.. l'impression , une pierre après l'autre, d'assister à la déconstruction méthodique du service public. Alors évidemment , ce gros tas de pierres, çà va faire fouillis, alors, ils pourront dire : « vous voyez ? le service public ? çà ne marche pas, ce n'est qu'une ruine … »
De Alabama
17H51 | 05/11/2008 |
« Supprimer les aides spécialisées dans l'éducation nationale c'est amputer le service public d'un dispositif d'aides et de trois métiers.
Dans le domaine médical cette mesure reviendrait à interdire les spécialistes (ORL , gastro , etc) tout en proclamant que les généralistes sauront tout autant répondre aux besoins des malades ! »
A.Ouzoulias
paroles d'un pro.
De Bon Scott
17H51 | 05/11/2008 |
Le Sarkoshow creuse davantage les inégalités dans ce pays ! Quel héritage de sa politique va t-il nous laisser ? !
Et dire qu'aux USA, les Américains ont voté massivement pour un espoir d'intégration de tous les citoyen(ne)s, quelle que soit leur origine !
Ce n'est pas un fossé qui sépare les politiques de l'UMP avec la population mais un océan !
à Bon Scott
De punky
ni jah ni maitre | 18H24 | 05/11/2008 |
L'Atlantique…non ?
à punky
De FabiendeMénilmontant
journaleux - blogueur | 22H05 | 05/11/2008 |
bravo !
et comme Sarko ce matin, j'espère que tu as félicité « Barak » (sans c)…
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 17H58 | 05/11/2008 |
Des thérapeutes pour un mioche qui fait pas correctement sa ligne de « a » ? ? ?
Et il fait quoi ? Il lui file trois Prozac et lui passe « Martine à la plage » en mode subliminal ?
Et 15% d'échec scolaire, je trouve ça étonnant. Je pensais que c'était plutôt 50%, vu qu'aujourd'hui un gamin de 15 ans sur deux est incapable d'écrire un message lisible sur un forum.
à Keldan
De punky
ni jah ni maitre | 19H49 | 05/11/2008 |
Keldan vous vous trompez ,les 50% d'echec (voir +) ne ce trouvent pas sur les bancs d'écoles mais sur les bancs de l'assemblé ! ! !
à Keldan
De martha
Enseignante à la Réunion | 10H52 | 06/11/2008 |
Donnez une définition de l'échec scolaire… Tout le monde n'a pas forcément la même… C'est quoi les critères de réussite pour vous ?
C'est quoi vos critères de mépris ?
à martha
De Keldan
Polytoxicomane à temps partiel | 15H18 | 06/11/2008 |
mé kritaire c kd, lé tipe y son pa caapble décrir 1 trukon ari va lir
ou alors lorsqu'ils ont besoin d'une machine pour calculer 10 + 5 - 7 * 2 (et que même avec ils se plantent…)
Ça va, ce n'est pas trop exigeant comme critères, c'est le niveau CM2 : être alphabétisé, savoir compter et avoir un minimum de culture.
Et pourtant, c'est une véritable catastrophe qui sévit aussi bien chez ceux qui sont dans le cadre scolaire que chez ceux qui en sont sorti.
à Keldan
De ramassis
(ch'tite racaille) | 21H18 | 06/11/2008 |
Justement, Keldan,
Le rôle des Rased n'est pas simplement de « refaire des lignes de a ».
C'est plutôt de prendre en charge les élèves en grande difficulté (ne peuvent plus suivre, ou ne voient pas l'intérêt de l'école, voire même l'intérêt de vivre,…)
Quand un enseignant de Rased peut intervenir sur un enfant comme ça, c'est parfois la possibilité de lui faire raccrocher les wagons et essayer de suivre (même si c'est avec difficulté).
« Aujourd'hui », un gamin sur deux est incapable d'écrire ?
Ne joue pas les démagos. Tu sais que l'illettrisme est plus important chez les séniors que chez les jeunes adultes.
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 18H09 | 05/11/2008 |
SCANDALEUX !
De punky
ni jah ni maitre | 18H23 | 05/11/2008 |
Encore plus d'enfants au bord de la route….allez y… ! ! ! Les excluent d'aujourd'hui..deviendront les ptits agités de demain ! ! !
Y en a marre de s'offuquer de ce gouvernement,organisons nous ! ! !
Pour info : les 23-24 nov « les ministres européens dulogement organisent leur congres à Marseille ? ? ? ! ! ! »
Une provocation de plus quand on connait la situation du logement dans la cité
De Michoco
internaute | 19H36 | 05/11/2008 |
Merci pour cet article argumenté et lisible qui permet à tous de mieux comprendre cette importante réforme de l'école, qui se fait malheureusement sans concertations et sans bruit. Elle se fait surtout au détriment des élèves et des familles les plus démunies.
De verseau
20H43 | 05/11/2008 |
Et une raison de plus de faire grève le 20 novembre .
On sait : Sarko et Darcos s'en foutent : et si on ne fait rien ? c'est pas ça qui va les déranger non plus !
Alors montrons nous bon sang !
De Noebat
22H11 | 05/11/2008 |
A l'auteur : Merci pour votre article.
Je suis d'accord avec vous sur la casse généralisée du service public et de l'école en particulier, mais j'ai téléchargé le rapport, et j'y ai lu « service public » et non privé dans le paragraphe concernant les jardins d'éveil…alors, sans être naïfs bien sûrs, gardons-nous de propager des idées fausses et encore plus alarmantes sur les projets du gouvernement.
On ne peut pas nier que l'école maternelle publique n'est pas toujours adaptée aux tout-petits de 2 ans, loin de là.
Ce n'est bien sûr pas une raison pour laisser passer la suppression des RASED et de tous dispositifs employant des personnels précieux au quotidien au sein de l'école.
Ainsi, dans l'élémentaire de ma fille,les parents sont de + en + sollicités pour remplacer un éducateur / animateur « remercié » sans ménagement et qui travaillait très bien : aide pour les séances de bibliothèque de l'école, d'informatique…
De même, suppression de 1/4 de décharges du directeur, 2 années consécutives, qui empêche maintenant le travail en petits groupes…
Bref, restons vigilants.
De guarana
22H35 | 05/11/2008 |
les élites ne se soucient guère des ces petites écoles,leurs enfants ne les fréquentent pas ou si peu !
il en est de même pour les petits hôpitaux,les petits tribunaux,les petites gares,les petites maternités…..
De Alabama
23H45 | 05/11/2008 |
Et on peut toujours signer la pétition pour sauver les RASED sur
http://www.sauvonslesrased.org/
plus de 100000 signatures obtenues ce jour !
De Vincent Mérand (auteur)
Internaute | 08H00 | 06/11/2008 |
POur Noebat :
Voici le passage concernant les jardins d'éveil dans le rapport Papon et C° :
3. Imaginer une nouvelle forme d'accueil pour la tranche d'âge des deuxtrois
ans : le jardin d'éveil, outil d'un nouveau service public
Tout le monde s'accorde sur le fait qu'une véritable structure spécifique et
adapté à cette tranche d'âge charnière – les enfants de deux/trois ans- est à construire
et à imaginer.
Il s'agit aussi d'accroître l'offre de garde, pour permettre la conciliation de la
vie familiale et professionnelle. Cette proposition est un élément de réponse à une des
promesses du Président de la République en matière de droit à la garde d'enfants.
La mise en oeuvre de cette structure suppose d'engager au niveau national une
réflexion sur les principaux points suivants :
- assouplir les normes d'encadrement relatives aux établissements d'accueil
du jeune enfant, selon un ordre de grandeur d'un adulte pour quinze enfants ;
- recenser les locaux disponibles ;
- développer l'emploi dans le secteur de la petite enfance en privilégiant le
recrutement d'éducateurs de jeunes enfants dont la formation est plus adaptée à cette
tranche d'âge ;
- créer un lien privilégié avec l'éducation nationale. »
Si ce n'est pas un appel ouvert à la création d'établissement privés, je n'y comprends plus rien ! Nulle part est mentionnée l'educ. Nat sauf en termes de COLLABORATION et de « nouveau service public »… voir à ce sujet le passage sur l'AGCS (avec le « S » de Service). Il n'est pas fait mention des instits mais de recruter des éducateurs de jeunes enfants. Il n'est pas question d'utiliser les locaux scolaires mais de recenser de nouveaux locaux.
Je ne suis pas certain que les fausses rumeurs dont vous parlez concernant ma contribution soient aussi fausses que vous le pensez… Malheureusement !
à Vincent Mérand
De sup. à la demande du riverain 24.09.09
12H55 | 06/11/2008 |
C'est très vicieux, comme tous les rapports de technocrates :
« développer l'emploi dans le secteur de la petite enfance en privilégiant le
recrutement d'éducateurs de jeunes enfants dont la formation est plus adaptée à cette
tranche d'âge ;
- créer un lien privilégié avec l'éducation nationale. “
Il s'agit en effet de jardins d'enfants qui sont ‘un outil d'un nouveau service public’ qui ont ‘un lien privilégié avec l'éducation nationale . Qui dit outil’ dit privé, donc payant, donc pas pour les pauvres, donc echec. Et mat.
Il n'y a plus de service public, il n'y a que des services rentables. Ou pas.
Ils renflouent les banques, mais font des économies (ou des affaires plutot) sur l'Education, la Poste, le Rail, la Culture etc…
à Vincent Mérand
De mechante langue
11H55 | 07/11/2008 |
« Si ce n'est pas un appel ouvert à la création d'établissement privés, je n'y comprends plus rien ! »
Mauvais point pour vous : ce n'est justement pas un appel « ouvert » !
Il semble qu'il est dans le projet du gouvernement de ne plus confier les enfants de 2 ans a des prof , mais ou avez vous vu qu'il s'agissait de confier les élèves à des établissements privés ?
à mechante langue
De Vincent Mérand
(auteur)
Internaute | 23H44 | 07/11/2008 |
si ce n'est pas à des « prof » que les enfants de deux ans seront confiés, à quels « fonctionnaires » le seront-ils ?
réponse du rapport Papon :
* à des éducateurs de jeunes enfants (pas des instits),
* dans des locaux que l'on cherche (donc pas des locaux de l'Education Nationale),
* en collaboration (sic) avec l'Education Nationale
* dans un « nouveau » Service public…
Si ce n'est pas une déclaration de suppression de la scolarité des deux ans dans le véritable service public … ! ?
De déluge
menuisier | 09H51 | 06/11/2008 |
A surveiller de très prês les « réformes » de l'EN et du primaire :
Fin des RASED donc, disparition des IUFM (remplacés par des masters donnés par des universités rendues autonomes), externalisation programmée des activités non « sérieuses » (arts plastiques, musique..)…
On assiste à l'éclatement de l'EN prélude à sa privatisation : Gros marché et grosse caillasse pour les groupes amis du pouvoir.
Sarkozy et sa clique mettent notre patrimoine en coupe réglée pour le plus grand profit des amis.
Après la nationalisation des pertes des crapules financières, la privatisation des services fondamentaux et le fichage des enfants (base élève).
De eva2007
11H01 | 06/11/2008 |
« Je me souviens qu'en 95 déjà on mettait déjà en cause l'utilité des RASED, et c'était sous la gauche
Il fallait sans cesse prouver que notre action avait une utilité (rapports, plus rapports, plus rapports…)
à Paris, en 98, des inspecteurs chargeaient les membres du Rased, toutes fonctions confondues de tâches de contôle pédagogique afin de les assurer du bon fonctionnement dans les classes de leur circonscription (qualité de l'apprentissage de la lecture au CP, tests de niveaux, etc etc..)
les Rased nés d'une idée géniale de 92, ont dû en permanence, batailler auprès des enseignants eux-mêmes pour organiser un travail collectif et rentable. J'ai vu, au cours de ma carrière en Rased à quel point les enseignants en charge de classe avaient tendance à “ironiser” sur ces enseignants mobiles, soupçonnés d'avoir une vie professionnelle beaucoup plus plaisante que la leur…
Ce que la gauche faisait de façon sournoise, la droite l'accomplit froidement, sans même s'être vraiment documentée sur la question… Et les enseignants découvrent trop tardivement que cela leur apportaient vraiment une aide !
Pour moi ce sont eux les premiers responsables de ce dézinguage en règle. Et je pense que si les décideurs législatifs avaient senti une réelle solidarité ils n'auraient jamais osé réduire à néant ce corps, ¨O combien utile !
Heureusement, il y a toujours des exceptions à la règle, et j'ai aussi connu des enseignants convaincus de l'utilité du système avec lesquels une complémentarité des tâches s'établissait dans l'intérêt des enfants. »
à eva2007
De Louisa SR
enseignante retraitée | 12H34 | 06/11/2008 |
La mort des RASED sous ce gouvernement n'est que l'accélération d'une mort annoncée depuis 1990 avec la suppression des GAPP et initiée dès 1981 par la dévalorisation indiciaire des personnels spécialisés, la diminution de plus en plus forte de leur recrutement (la formation n'a cessé de diminuer depuis 1981 ! ! ! ! ! ). Ce n'est pas que le fait de ce gouvernement, ce qui change mais comme pour tout le reste c'est l'accélération ! ! ! !
Moi ce qui me chagrine c'est que j'ai fait beaucoup de conseils d'écoles et que pratiquement jamais (à quelques exceptions près) les parents d'élèves ne se sont souciés du fonctionnement et des difficultés des RASED : les sorties scolaires, les lotos et les kermesses prenaient beaucoup plus de temps d'échanges entre autres sujets secondaires ! ! ! ! !
J'ai ressenti les mêmes travers venant de quelques collègues enseignants. Leurs regards sur les prétendus avantages des maîtres spécialisés n'a certainement pas permis de défendre ces fontions. Maintenant il leur faudra faire sans eux.Le manque fera malheureusement prendre conscience de ce qui aura été perdu et ceci alors que la loi d'intégration de tous les enfants handicapés quel que soit le handicap va peser encore plus lourdement dans leur quotidien se rajoutant à la gestion de la difficulté scolaire.
Certains se sont beaucoup mobilisés en 1990 lors de la création des RASED mais bien trop localement et pas assez relayés politiquement, syndicalement et associativement.
La Pédagogie différenciée de Mr Jospin et d'autres a largement contribué à ce qui se passe aujourd'hui.
Le fait aggravant c'est la politique de ce gouvernement qui veut récupérer des postes, tout livrer au secteur marchand et donc à la concurrence et au profit. Avec ces objectifs bien sûr il était évident que les postes RASED n'échapperaient pas au « lessivage ».
La dégradation des conditions de travail(notamment par le saupoudrage de plus en plus marqué des moyens) et ce depuis la mise en place des RASED annonçait cette mort programmée de longue date par les gouvernements socialistes aussi ! ! ! !
à Louisa SR
De Julos
ex E.N | 17H54 | 06/11/2008 |
Louisa, vous avez entièrement raison concernant l'historique des Gapp, leur dilution dans les rased jusqu'aux risques de disparition actuels, mais quand vous dites :
« La Pédagogie différenciée de Mr Jospin et d'autres a largement contribué à ce qui se passe aujourd'hui. »
je m'interroge : quelle pédagogie différenciée ? prônée par des pédagogues comme Meirieu, certes, pas par des ministres de l'EN, mêmes socialistes !
Mais surtout, pratiquée effectivement par qui, dans les classes de l'école élémentaire ? Pas grand monde ! car il faut une formation pour ça, et qui a formé les formateurs ? Personne !
Sachant que la dite pédagogie différenciée a surtout été préconisée pour le collège (voire le lycée), dans le but de faire face à l'hétérogénéité des élèves à ce stade de la scolarité.
Alors, de grâce, ne simplifions pas la réalité si complexe à coup d'anathèmes rageurs et nostalgiques.
à Julos
De Louisa SR
enseignante retraitée | 19H09 | 06/11/2008 |
Je suis très surprise par votre réaction.
Qui simplifie la réalité ?
La pédagogie différenciée a largement concerné l'école élémentaire. En effet les maîtres depuis qu'elle est devenue une exigence avaient pour mission de l'appliquer dans leur classe. Bien sûr il y a eu des effets très positifs par rapport à ses objectifs dont celui non négligeable de porter un regard plus pointu sur les enfants en difficulté. Mais comme toute chose il y a eu aussi des dérives à sa mise en place. L'une de ces dérives a été d'inverser le contexte d'intervention pour les personnels des RASED.
Le travail le plus porteur et le plus efficace est celui de la prévention : agir avant que l'échec ou la difficulté ne soit trop installée et donc bien plus difficile à surmonter.
Les maîtres se trouvant face à l'exigence de mettre en place une pédagogie différenciée dans leur classe, la tendance s'est inversée. Les personnels RASED ne doivent plus maintenant intervenir que lorsque tout a été tenté dans la classe. Cela change beaucoup de choses et met à mal le principe de prévention. Voilà pourquoi je considère qu'elle a contribué à la situtation actuelle.
Je n'ai pas eu du tout l'impression et en tout cas le désir de jeter des anathèmes et encore moins rageurs ou nostalgiques.
J'en ai fini avec mon travail, je peux tourner la page je n'ai plus à être nostalgique.
Je confirme que la pédagogie différenciée comme on nous l'a faite appliquer n'est pas étrangère à ce qui se passe aujourd'hui.
Les politiques sont peut être un peu trop éloignés des réalités de terrain, cela ne les empêchent pas de prendre des décisions souvent plus médiatiques que pertinentes et mêmes à gauche.