
C'est à coups de canif, réputés moins douloureux, que Nicolas Sarkozy et la majorité UMP sont en train de remettre en cause, sans le dire, le modèle social français. Quelques euros de franchise médicale par ci, un peu de travail le dimanche par là, des réductions d'effectifs et des coupes budgétaires tous azimuts… Et voilà désormais la retraite à 70 ans !
Les Français qui n'ont pas bien suivi ont dû être surpris d'apprendre samedi 1er novembre -jour de la Toussaint ! -, que leurs députés avaient voté dans la nuit, sans que l'on y prenne garde, une disposition permettant aux salariés de travailler jusqu'à l'âge de 70 ans, sur une base volontaire évidemment.
Les réactions de plusieurs porte paroles de la gauche et des syndicats ne s'y sont pas trompés. Il est clair, comme l'a déclaré la député des Verts, Martine Billard, que « l'âge de la retraite est insidieusement repoussé à 70 ans ».
Le volontariat n'est, à ce stade, qu'un cache sexe d'une réforme fondamentale à venir, du fait que, selon toute vraisemblance, de moins en moins de salariés auront suffisamment cotisé à leur arrivée à l'âge de la retraite légale, à 65 ans.
Certaines des réformes sociales engagées sont de logiques adaptations à un environnement différent, à l'évolution de la pénibilité de certaines tâches, ou constituent des modernisations acceptables.
Des réformes décidées de manière unilatérale, et souvent en avançant masqué
Le problème tient, comme à chaque fois depuis l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence il y a dix-huit mois, à la méthode. Les réformes sont décidées de manière unilatérale, après parfois une concertation de façade, et souvent en avançant masqué.
Ce qui est plus grave aujourd'hui, c'est que la crise financière et la récession dans laquelle est entrée la France -les chiffres du dernier trimestre le confirmeront dans quelques jours- servent de prétexte à accélérer et légitimer ces évolutions. Au début de l'année, le refrain était « les caisses sont vides » ; désormais, ça va être « on n'y peut rien, c'est la crise »…
Ce serait acceptable si le président de la République tenait un discours de vérité aux Français, non pas sur l'ampleur de la crise, de ce point de vue, il en a rajouté dans le rôle du chef des pompiers planétaires envoyés sur le front du « 11 Septembre de la finance »…
Non, c'est sur sa vision de l'évolution de la société française que le chef de l'Etat ne dit pas aux Français où il nous entraîne.
Avec sa méthode, Sarkozy prend le risque de susciter un refus violent
Il a un problème, évidemment : difficile de croire aujourd'hui à un discours churchillien (« du sang et des larmes ») contre l'ennemi commun de la récession quand le quinquennat a commencé par le péché originel du paquet fiscal.
Les sacrifices et les coupes sont acceptables quand ils sont perçus comme équitables en période difficile : il est clair que, de ce point de vue, Nicolas Sarkozy souffre d'un déficit chronique de crédibilité, et pas seulement parmi ceux qui n'ont pas voté pour lui.
En procédant comme il le fait, par petits coups de canif qui ne disent pas leur nom dans un édifice social qui est le produit de la riche histoire politique et sociale française depuis un siècle et demi, Nicolas Sarkozy prend le risque de susciter un refus violent.
Un refus qui ne trouve pas aujourd'hui sa traduction politique, vu l'état de délabrement de l'opposition, et qui, en France, trouve toujours d'autres moyens de s'exprimer. Attention aux réveils douloureux.
Photo : une vendeuse d'espadrilles à Madrid (Susana Vera/Reuters).



















12
De caro
délinquante avérée | 13H42 | 02/11/2008 |
les MJS sont un peu plus percutants que leurs aînés !
Action sur les Temps modernes
envoyé par mjstv
De Pierrrrre
14H32 | 02/11/2008 |
Il est exact que de passer la retraite à 60 ans, sans aucune prospective de faite sur les conséquences et sur la possibilité pour la Nation de supporter un tel coût, c'est un comportement beaucoup plus « citoyen ».
Il est exact aussi que de clamer tout haut les réformes nécessaires, impacte dans l'électorat des manifestations de reconnaissance pour l'honnèteté intellectuelle des politiques.. Raffarrin l'a appris à ses dépends…
Que voulez vous, nous avons droit à « Des réformes décidées de manière unilatérale, et souvent en avançant masqué »…
il n'y a que ça qui puisse passer,
et si le patient a besoin d'avoir l'attention détournée afin qu'on puisse lui mettre le suppositoire salvateur.. tant mieux…
à électorat infantile, comportement adapté.
De Ellul
Travailleur indépendant | 14H50 | 02/11/2008 |
Ce n'est pas tant le système sur lequel « je » tape, mais bien sur qui oriente et maîtrise ce système.
Qui diffuse ces idéologies mercantiles, politiques, citoyennes, etc…Le monde des médias ! Quid de l'appropriation collective des médias ? c'est une question à soumettre, il existe bien des télés de quartier…Et que le peuple les contrôle, en partie, ne m'effraie pas, cela permettra au peuple de se ré-apprprier la notion qu'il existe et doit se comporter en citoyen. Lisez si vous enavez loisir, ce roman de Norman Spinrad : éla grande geurre des bleus et des roses » c'est jubilatoire et instructif. Oui il est difficile d'accéder au consensus, mais il existe toujours des éléctions. Il est possible que l'épargne enrichisse et protège l'épargnant sans risques démesurés. Puisque l'déal fait avancer, avançons par l'éducation et la loi, vers l'obligation de prendre en considération autrui. Nous ne le ferons pas ? Nous en subirons aveuglement les conséquences. Nous le ferons, nous assumerons de manière éclairée les conséquences qui en découleront.
La retraite garantie est un leurre pour les PERP, sauf si vous êtes dans une haute tranche d'imposition.Puisque nos responsables politiques européens et de par le monde OCDE reveinnet à une certaine implication de l'Etat, ce sera effectivement à cette institution, ou là aussi le pire pourait être à craindre, de garantir la vie digne de ceux qui ont contribué à la richesse collective. Nul besoin pour vivre pleinement sa retraite d'un revenu princier, mais plutôt de projets, de compagnie, de participation, y compris au sens Gaullien. Désirs de consommation limités, possibilité de s'éduquer, s'informer, participer à la construction d'une information pertienente et citoyenne, voilà des pistes que les personnes peuvent ensemble parcourir. s'interroger pour améliorer ou orienter notre sytème actuel. Sans aller jusqu'à se gifler soi-même, doit on pour autant s'aveugler ? Il y à des choses à faire et des attitudes à adopter, rien n'est jamais totalement perdu.
Nous avons du nous croiser, sur des forums, et peut-être d'autres actes citoyens, c'est cela qui est bon, contradiction et vigilance. Capitalisme et Communisme ont échoué, par ce que l'Homme change…A nous d'explorer cet « avénement » pour que humainement nous puissions exister, ensemble.
Merci pour votre apport
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H51 | 02/11/2008 |
Encore 3 ans et demi à subir la casse sociale sarkozyenne… !
Le pire c'est que cette décision est prise par des députés bénéficiant d'un régime de retraite particulier et privilégié avec un budget de leur caisse de retraite dans le rouge, ainsi que celle des sénateurs.
Décision, prise en catimini, le soir de la Toussaint et sans nous offrir un tube de vaseline pour mieux faire passer le suppo…
Aujourd'hui, 2 novembre, à ces députés, coupés des réalités sociales, qui ont voté ce texte, je leur souhaite une bonne fête…
Même avec mon fauteuil roulant, je suis volontaire pour la prochaine manif et GREVE GENERALE INTERPROFESSIONNELLE RECONDUCTIBLE. Bon sang, l'autre jour ils étaient 2 millions à manifester contre Berlusconi à Rome, les Italiens. Et nous, on attend quoi… ? !
http://phil195829.overblog.com
De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 15H54 | 02/11/2008 |
vous appeler ça a coup de canif , c'est a coup de serpe plutot
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 16H04 | 02/11/2008 |
L'équipe Sarko est imbattable dans la stratégie du jeu de go. Elle avance ses pions dans tous les sens, sans ordre apparent. Nous sommes assez naïfs pour passer d'une indignation à l'autre jusqu'à ne plus savoir par où et comment engager la lutte.
Pas un jour sans qu'une régression ne chasse l'autre ; jamais dans le même domaine ; jamais au détriment des mêmes victimes mais toujours à un rythme effréné.
La colère d'aujourd'hui sera obsolète demain. Nous nous laissons fasciner à chaque fois par le dernier coup tordu avant d'avoir eu le temps de tordre le cou au précédent.
Et le pire des paradoxes, est que les média qui font le mieux leur boulot sont les meilleurs alliés de cette stratégie.
Ne nous essoufflons plus à essayer de lutter partout en même temps. Prenons le plus bel os et ne le lâchons plus avant de passer au suivant.
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 17H13 | 02/11/2008 |
Il faudrait un jour comptabiliser le nombre de ces articles de lois, décrets votés en « loucedé » de nuit, dans l'Assemblée ou au Sénat devant des bancs vides, en catimini dirions nous.
« Des réformes décidées de manière unilatérale, et souvent en avançant masqué ».
J'imagine qu'en son temps le PS a du utiliser des mêmes pratiques (ôtez moi d'un doute) et cela en dit long sur la moralité et la déliquescence de la morale politique, et de son rejet dans l'esprit populaire.
Maintenant, avec cette « autre coups de canif » (La retraite à 70 ans), et le « détricotage » constant du « modèle social français », nous savons à quoi nous en tenir, sur la moralité et et le désir de mettre définitivement à bas une centaine d'années de luttes sociales, acquises au prix du de sang parfois, de sueur et de combats, (acquits obsolètes au nom du progrès, aux yeux des nervis au pouvoir).
Même en imaginant qu'un avenir meilleur et une espérance de vie plus longue soit possible, nous allons arriver globalement à un situation, ou la masse laborieuse, la denrée « humaine » passera de l'enfance très courte, à l'enseignement et au travail très rapidement, pour une vie vouée à enrichir quelques uns, puis à l'automne de leur vie, avoir une retraite tronquée, la plus courte possible afin de ne pas encombrer le système, (retraites, maladies, assurances vies) déblayer l'espace rapidement.
Ça me rappelle curieusement un film célèbre : Soleil Vert !
http://www.youtube.com/watch ? v=eZKJuya4rMk
Maintenant quand à votre conclusion Pierre :
« vu l'état de délabrement de l'opposition, et qui, en France, trouve toujours d'autres moyens de s'exprimer. Attention aux réveils douloureux. »
D'accord pour « l'état de délabrement de l'opposition », mais est ce l'effet induit du climat et de l'automne finissant, je suis encore plus pessimiste que vous pour assister à un réveil et une réaction à cet état de fait !
Puissiez vous être grand Clerc !
De Kamikanaze
Bombe virtuelle | 18H06 | 02/11/2008 |
Oui, DJD, même réflexion… on ne veut plus des salariés à partir de 45 ans (en gros).. Les licenciements sont légion à partir de 50 ans…
20 ans à occuper ! J'écoute Bernard Thibault de la CGT sur la 5 : ils ont accepté que les salariés changent de filières, qu'ils gagnent moins avec l'emploi raisonnable…
Arrêtons de réinventer la pompe à bicyclette en croyant réellement que les « privés d'emploi » ne cherchent pas réellement un emploi, et que la réalité économique fait qu'il y a moins d'offres que de demandes.
De plus, il faudrait donner au chômeur qui accepte un emploi raisonnable moins bien payé, le « mode d'emploi » pour payer ses charges courantes en gagnant moins, car beaucoup de classes ne boucleront plus les fins de mois ainsi. Vous me faites tous bien rire avec ce genre d'élucubrations…
De fâché.com
perdu | 18H47 | 02/11/2008 |
Certains commentaires font peur (niveau zéro), d'autres sont pertinents.
a retenir, le débat permet de diviser encore un peu plus la population, non plus par classes ou par revenus (chose dont n'ont pas envie nos néo-cons et nos libéraux boboïsés) mais en confrontant jeunes et vieux pour le partage d'un morceau de beefsteack. Rappelons-nous, ils ont fait la même chose en montant grévistes et « pris en otage » les uns contre les autres, puis ça a été les régimes spéciaux contre les régimes généraux de retraite et ainsi de suite… Tout est bon pour diviser, faire diversion quand les solutions sont à portée de main, mais demanderont des sacrées révisions sociales et de partage des richesses ! De l'imagination il y en a ..
De éternellerebelle
enragée ! | 19H08 | 02/11/2008 |
La mafia syndicale au sommet,dont je viens d'écouter
à Ripostes,
le Grand leader,j'ai nommé ,B thibault,appelle comme d'hab,à une GRANDE RIPOSTE UNITAIRE,
dans….. les prochaines semaines ! ! ! !
demain petite reception chez sarko
sùrement pour négocier le parcours de la manif rituelle
Basille Nation,ou Nation Bastille
ensuite réunion avec les autres leaders ,
on arrivera vers Noél,etlà
on envisagera : LA TRÉVE.
Faut pas pousser la messe de minuit c'est sacré ! !
Thibault n'a bien sùr pas parler des retraites,en fait il en a profité pour faire sa propagande pour les élections au prudhommes,
Quand allons nous virer ces vendus ?
et prendre nos destins en mains,à l'intérieur des boites
en assemblées générales,c'est la base qui doit décider et pas les chéfaillons syndicaux
Je sais c'est pas facile de lutter contre le pouvoir,
les patrons,et les maffias syndicales….
mais courage ! ça ne peut plus durer !
,en Italie,des millions sont en lutte
depuis des semaines,unis,déterminés,bloquant,occupantles écoles en gréve générale le 14 novembre
On peut le faire en France aussi .
De bernarddub
Artisan | 00H15 | 03/11/2008 |
J'aimerai savoir s'il est possible de connaitre l'identité de ces vaillants députés qui ont pu au soir du 31/10 voté cette chose, et rendre public cette liste , car cette technique du vote de derrière les fagots sans
débat sent la prise de pouvoir de bas quartier.
Sortons de l'anonymat nos représentants qu'il nous montre de quel bois ils sont ; les arguments de leurs décisions du soir nous intéressent.
De Thomas GREDAT
| 01H38 | 03/11/2008 |
Un amendement voté en catimini, en période de vacances, sans le retentissement médiatique qu'il aurait mérité auparavant, avec peu d'échos une fois que le mal est fait. Où est le courage politique ? Où est la volonté fièrement proclamée de moderniser le pays par des réformes courageuses car nécessairement impopulaires ? Agit-on ainsi quand on est sûr de son bon droit ?
La majorité gouvernementale a donné un premier signe de faiblesse en attribuant aux banques, dans l'urgence, sous l'effet de la panique, 360 milliards d'euros puisés dans des caisses supposées vides. Allonger la durée du travail d'une manière aussi sournoise est un deuxième signe de faiblesse. Du reste, si ce droit de travailler jusqu'à 70 ans s'instaure sur la base du volontariat, si les choses sont si simples, s'il n'y a pas d'entourloupe, pourquoi une telle discrétion ?
Autre incohérence : autoriser le travail à 70 ans alors que des salariés ont du mal à trouver ou garder leur place après 55 ans.
En fait, ce nouveau texte donne aux Français le droit de chômer jusqu'à 70 ans. C'est courageux, c'est réformiste, c'est moderne… c'est sarkozyen !
Attention : un système tient sur deux piliers, qui sont la justice et la force. Un système injuste peut tenir quand il se montre fort et capable de réprimer. En ce moment, les citoyens voient les injustices s'accroître. Et maintenant, le pouvoir commence à paniquer, à trembler sur ses bases. La droite « décomplexée » retrouve des complexes. Le pilier « justice » s'est effondré, le pilier « force » s'effrite.
Vous donnez au peuple l'envie de vous renverser. Ne lui en donnez pas le courage. Il vous prendrait au mot.