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Violences, trafics, menaces : les coulisses de la CGT du Livre

Retour sur les méthodes passées et présentes du syndicat du Livre, connu pour être un adepte de la négociation musclée.

Exemplaires du quotidien gratuit Metro répandus sur la route par le syndicat du Livre en 2002 (Charles Platiau/Reuters)

Mercredi matin, aux aurores, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le siège des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), le groupe qui assure la distribution des quotidiens, dans le XIIe arrondissement de la capitale. Certaines étaient casquées ou encagoulées et brandissaient des masses.

Ces ouvriers, membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT) qui proteste contre un plan de modernisation plutôt avantageux, entendaient entrer à l'intérieur du bâtiment.

L'un d'eux, qui travaille au service maintenance du Journal officiel, a donc tenté de fracturer la porte en verre à coup de masse. Il a été interpellé par les CRS présents et a passé la journée en garde à vue.

« Vous voulez réécrire “Les Protocoles des Sages de Sion'”

Une telle action est dans la tradition du syndicat du Livre, communément surnommé “la bête noire des patrons de presse”. Ces derniers ne se sont pas pressés pour répondre aux questions de Rue89.

Certes, Laurent Joffrin (PDG de Libération) ou Nicolas Beytout (patron des Echos) dénoncent leurs méthodes -le premier a évoqué jeudi sur France Inter des menaces physiques constantes, le second l'avait fait en juin lors d'une précédente grève.

Mais beaucoup d'autres se taisent : très susceptible, le Livre peut bloquer la parution de leurs journaux et leur faire perdre des millions d'euros. “Off the record” cependant, des patrons se répandent sur des méthodes qu'ils jugent “mafieuses”, voire “terroristes”.

Il y a un an, alors que j'enquêtais sur une censure ordonnée par la direction du Progrès par peur de la réaction du syndicat, j'avais joint un chargé de communication du Livre.

Avec une violence inouïe, cet homme m'avait accusé de “vouloir réécrire les Protocoles des Sages de Sion”, m'avait traité d'“antisémite”… alors que le sujet n'avait évidemment rien à voir avec le judaïsme et que, surtout, son syndicat n'était pas en cause dans la censure…

Un ancien patron : “très aimables, très policés, jamais violents”

Mais tous les ouvriers du Livre ne sont pas si énervés. Ancien numéro 2 de l'imprimerie du Figaro puis patron de celle du Monde jusqu'en 2004, Jean-Pierre Guérin assure qu'ils ont toujours été “très aimables, très policés, jamais violents” avec lui :

“Ce que je retiens surtout, c'est l'impression de ne pas avoir été le patron chez moi. Quand, dans une imprimerie, on est 10 sur 300 à ne pas avoir sa carte du syndicat, il faut tout négocier.”

Selon Guérin, qui est aujourd'hui l'un des dirigeants du Syndicat de la presse quotidienne nationale, la période violente du Livre est en grande partie révolue. “D'ailleurs, on ne peut plus parler ‘du’ Livre. Il y en a qui ont évolué, comme le Syndicat des imprimeries parisiennes. D'autres continuent comme avant, et c'est le cas du SGLCE.”

Dans le conflit les NMMP, les positions de ce dernier (seul syndicat représenté chez les ouvriers de la presse parisienne et des NMPP) ne sont d'ailleurs pas suivies par sa fédération, la Filpac-CGT.

5000 armes et leurs munitions planquées aux NMPP

Avant, les ouvriers du Livre pouvaient cacher des armes, détourner du papier par tonnes pour l'envoyer aux camarades cubains, ou se battre à coups de battes de base-ball. “J'en ai déjà vu manier la batte, mais entre eux, des gens du service départ contre les rotativistes”, relate Jean-Pierre Guérin.

Fin 1991, le patron du syndicat du Livre de l'époque, Roger Lancry, appelle un des dirigeants des NMPP et lui annonce une curieuse nouvelle : “On vient de me dire que vous détenez dans vos locaux un stock d'armes.”

Pas moins de 5 000 armes dormaient dans un entrepôt des NMPP : fusils, carabines, armes de guerre et munitions ad hoc, toutes issues de la faillite de Manufrance dix ans plus tôt, et stockées là par des ouvriers CGT. Elles n'avaient pas été vendues pour soutenir les ouvriers licenciés, comme dans le cas des montres de Lip.

Alors pourquoi ? “Les ouvriers ont considéré les NMPP comme l'entreprise la plus sûre de France, car ils y ont entreposé des matériels d'un intérêt stratégique, voire révolutionnaire”, croit savoir Emmanuel Schwartzenberg, qui relate cette histoire dans son livre “Spécial Dernière” (Calmann-Lévy, 2007).

Finalement, le gouvernement a négocié avec la CGT la remise de tout le stock d'armes contre l'impunité des auteurs. Discrètement transportées par des gendarmes, on les a retrouvées un beau matin dans un champ d'Eure-et-Loir.

Du papier détourné par centaines de tonnes pour le camarade Fidel

Pour Marc Norguez, actuel secrétaire général du SGLCE, ce matériel avait été stocké là pour “récupérer un pécule”. “D'ailleurs, il y avait aussi des vélos”, rappelle-t-il.

A la fin des années 80, c'est un trafic de bobines de papier qui est découvert. Chaque mois, 200 tonnes de papier étaient expédiées vers Cuba pour imprimer le journal Granma.

Selon Schwartzenberg, “les imprimeries de tous les quotidiens nationaux” étaient concernées, et Castro lui-même traitait avec les ouvriers du Livre. Robert Hersant, le “papivore”, propriétaire notamment du Figaro, a préféré étouffer l'affaire plutôt que d'affronter une grève.

Pour cette raison, jamais les éditeurs n'ont osé porter plainte contre le Livre. Ils l'ont fait une fois, mais pas directement contre le syndicat, en 2003, quand un trafic de journaux a été découvert. Chaque jour pendant plusieurs années, entre 500 et 2 000 exemplaires de quotidiens étaient détournés par certains ouvriers et vendus par des kiosquiers.

Préjudice estimé : 3 millions d'euros par an. Des brebis galeuses du Livre étaient complices des trafiquants. Le syndicat s'est totalement désolidarisé des agissements de ces ouvriers, dont “un adhérent” ; qui a été licencié, selon Marc Norguez.

2002 : des courses poursuites sur l'autoroute

La récupération des plaques d'imprimerie offset, en revanche, est tacitement allouée au syndicat par les patrons de journaux, sauf ceux du groupe Amaury (Le Parisien, L'Equipe). Ces plaques de métal peuvent se revendre, et rapporter jusqu'à 100 000 euros par an, en fonction des cours des métaux qui les composent. Le trafic de la “gâche” (les rebuts) du papier peut représenter, par quotidien, environ 500 000 euros par an. Là aussi, parfois avec l'accord des patrons, le Livre serait impliqué.

Voilà pour la routine. En cas de conflit, c'est moins paisible. Au moment de l'arrivée en France des premiers gratuits, en 2002-2003, les ouvriers ont donné le coup de poing, selon les patrons des groupes concernés. Metro se plaignait de colporteurs agressés. Frédéric Filloux, qui dirigeait à l'époque la rédaction de 20 Minutes, raconte que son groupe avait donné pour consigne aux colporteurs de “ne pas résister” :

“C'était trop dangereux, on en a eu qui se sont fait poursuivre sur l'autoroute par des voitures qui leur faisaient des queues de poisson. Ce qui m'a marqué, c'est ce jour de 2002 où ils ont répandu place de la Nation 600 000 exemplaires volés aux distributeurs.

Je me souviens de l'un d'eux disant aux CRS de ne pas intervenir, car il était en ligne avec le ministère de l'Intérieur. Il leur disait que s'ils intervenaient, Le Monde ne paraîtrait pas l'après-midi. Quelques minutes plus tard, j'ai entendu l'ordre d'annuler l'intervention dans un talkie-walkie de CRS.”

Pour le secrétaire général du Livre, “qui veut tuer son chien l'accuse de la rage”

Pour Marc Norguez, absolument tout ce qui est relaté ci-dessus est faux.

Les hommes encagoulés devant les NMPP ?

“Il faisait froid ce matin-là. Il y a eu une vitre cassée, mais si on avait été si méchants et déterminés, on serait entrés.”

Leur entrée mouvementée au siège de Lagardère, cette semaine ?

“On a peut-être mis un coup d'épaule, on a des gars un peu costauds.”

La guerre des gratuits ?

“Il n'y a eu aucune plainte de déposée.”

Les trafics ?

“Il y a des indélicats dans toutes les professions.”

Selon le syndicaliste, cette “psychose” autour du Livre n'a qu'une origine : “Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage. Ce qu'on gagne, on le mérite et on veut pouvoir le garder.” D'après Emmanuel Schwartzenberg, un rotativiste perçoit environ 4 500 euros bruts par mois pour 32h30 de travail hebdomadaire (nocturne).

“Laurent Joffrin ferait mieux de faire un bon journal plutôt que de chercher des boucs émissaires”, poursuit Marc Norguez, qui rappelle que la diffusion des quotidiens est déficitaire, et couverte par celle des magazines. “Nous traiter de terroristes, c'est diffamatoire. Mais on ne le poursuivra pas, ça ne fait pas partie de nos méthodes.”

A lire aussi : NMPP : le courage de Joffrin face au syndicat CGT du Livre

Photo : Exemplaires du quotidien gratuit Metro répandus sur la route par le syndicat du Livre en 2002 (Charles Platiau/Reuters)

194 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Augustin Scalbert

à Phil2922 Portrait de Phil2922 De Augustin Scalbert (auteur)

Rue89 | 16H56 | 01/11/2008 | Permalien

Le secrétaire général du syndicat s'exprime dans mon article, et il répond aux déclarations de Laurent Joffrin.

Portrait de Waldeck

De Waldeck

Naufragé en Sarkoland | 16H00 | 01/11/2008 | Permalien

Allons Yann, ne nous dites pas que vous n'avez pas consulté le Carnet de Vaticination de notre ami Hugues Serraf ?

http://www.rue89.com/tribune-vaticinateur/2008/10/30/nmpp-le-courage-de-…

On dirait que R89 fait une attaque en « piqué » sur la CGT du Livre. Bien sûr, leurs méthodes sont assez éloignées de celles de soeur Emmanuelle, mais après tout, ce sont des ripostes comme celles-ci qui conviennent, face aux agressions (le mot n'est pas trop fort) du Pouvoir et du Patronat et de la finance depuis mai 2007.

Portrait de bifteack

De bifteack

pierreux | 16H39 | 01/11/2008 | Permalien

On ne peut négocier paisiblement qu'avec des gens prés à le faire. Lors de négociation syndico -patronal c'est la vie de gens qu'on négocie le management actuelle crée un mal etre qui ce répercute au domaine privée de la vie alors le cynisme d'accuser de violence alors que pour le profit on démolit complètement des gens et des familles c'est l'hypocrisie des gens à pouvoir. On crée les conditions qui les pousserons à etre violent après on feint l'étonnement de cet violence, bref face à ces (enfants) gater et capricieux du patronnas qu'ils viennent pas ce plaindre des extrêmes aux qu'elle ils poussent les gens car ils sont les premiers violents et provocateurs.

Portrait de jyeden

De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 16H54 | 01/11/2008 | Permalien

j'ai trouvé des maladresses et des approximations dans cet article
en le lisant, à un moment donné, on a l'impression que les ouvriers de Lipp ont vendus des armes….

il y a aussi des ficelles un peu grosses

ce que je constate c'est une grande majorité de riveraisn aimerait bien que les syndicats soient aussi puissants et influents dans les autres branches

si le syndicat du livre devenait un modèle… tremblez patrons ! ! ! !

Portrait de Augustin Scalbert

à jyeden Portrait de jyeden De Augustin Scalbert (auteur)

Rue89 | 17H45 | 01/11/2008 | Permalien

Je pensais -à tort apparemment- qu'il était clair pour tout le monde que Lip fabriquait des montres, et pas des armes. C'est rectifié.

Sinon, de quelles approximations et maladresses parlez-vous ?

Portrait de admirateur

à Augustin Scalbert Portrait de Augustin Scalbert De admirateur

18H24 | 01/11/2008 | Permalien

« d'après Emmanuel Schwartzenberg, un rotativiste perçoit environ 4 500 euros bruts par mois pour 32h30 de travail hebdomadaire (nocturne) »

c'est qui lui et ça veut dire quoi ce nombre ? ça se compare à quoi ? c'est pour faire des envieux ? nous faire comprendre qu'ils abusent ?
mais d'après seulement - curieux comme méthode… éthique ?

Portrait de eskimo

à admirateur Portrait de admirateur De eskimo

19H39 | 01/11/2008 | Permalien

il a écrit en 2007 un livre qui explique la difficulté de la presse panr ce systeme de distribution, l'article d'Augustin de 2007 en donne des éléments

Portrait de admirateur

à eskimo Portrait de eskimo De admirateur

20H43 | 01/11/2008 | Permalien

si le livre écrit en 2007 est aussi argumenté que cet articulet, je ne vois pas où vous voulez en venir ! ! ! en tout cas votre ami si bien documenté qui a écrit un livre en 2007 ne répond à aucune des questions posées par les riverains, il ne sait que sous-entendre
oh, excusez, il a écrit un livre, léchez-l'on lui les pieds ! , ok, sans moi

Portrait de eskimo

à admirateur Portrait de admirateur De eskimo

17H19 | 02/11/2008 | Permalien

oulala …. je cite juste l'existence du livre pour répondre à la question, je n'ai rien dit sur le contenu de ce livre, et n'ai exprimé aucune sympathie pour son auteur, DU CALME

Portrait de jyeden

à Augustin Scalbert Portrait de Augustin Scalbert De jyeden

khmer vert ( age des caverne, bougi... | 21H22 | 01/11/2008 | Permalien

lipp c'etait il y a tout de meme pas mal de temps
tout le monde ne se souvient peut etre plus de ces vents militantes.
La phrase était mal tournée, et on pouvait comprendre que les lip avaient vendu des armes
quand on ecrit un article on se relit
quand à ces milliers d'armes détenues…. hummm… un peu gros tout ça. Comment n'y aurait il eu aucune fuite sur un sujet pareil ?

Portrait de xavier-xavier

à jyeden Portrait de jyeden De xavier-xavier

muntagnolu | 22H01 | 01/11/2008 | Permalien

J'ignore si les dites armes étaient stockées aux Nmpp, mais je peux témoigner, pour l'avoir vécu de -relativement- près, que lors de la faillite de Manufrance, des armes ont bien été nuitamment déménagées des entrepots à St-Etienne par des militants CGT . Il ne s'agissait pas de préparer la révolution prolétarienne, mais de mettre à l'abri un stock de valeur.
17 syndicalistes furent condamnés puis relaxés en appel en 93 pour cette « mise à l'abri ».

Portrait de jabier

De jabier 31087

consultant dans les Landes | 16H58 | 01/11/2008 | Permalien

Méthodes de l'anarco syndicalisme, autant au « livre » qu'aux « dock »

Portrait de Lize

De Lize

Curieuse-chercheuse | 17H58 | 01/11/2008 | Permalien

Puisque certains font référence à l'Histoire, en voici une, jolie, d'histoire :

-1913 : Emma Couriau, une jeune femme typographe qui vient, avec son mari, de s'installer à Lyon, demande à adhérer au syndicat CGT. Non seulement cette autorisation lui est refusée mais, en plus, son mari est exclu du syndicat. Motif : il était interdit à un ouvrier d'imprimerie CGT de laisser sa femme exercer cette profession.
Bien sûr, à l'époque, de nombreux ouvriers craignaient la concurrence des femmes, comme aujourd'hui on nous fait peur avec celle des immigrés. Et les ouvriers, dans leur ensemble, ont mis du temps à comprendre que cette guerre faisait le jeu des patrons. Mais un seul syndicat disait haut et fort, certain d'avoir raison, que son but était de chasser toutes les femmes des emplois. C'était déjà la CGT du Livre.

De l'Histoire plus proche : Alors étudiante et stagiaire, j'ai vécu la fin du grand conflit entre le Parisien Libéré et les ouvriers du Livre. Les stocks mis à sac, les voitures renversés, les employés agressés, ce n'est pas une invention.Il vous suffit d'ailleurs de retrouver les reportages photos de cette période.

Ce n'est pas seulement par peur que les patrons de presse laissent faire, mais aussi parce que ça les arrange. Je parle des « grands » patrons de presse ; grand dans le sens de la possession. Les rapports de Robert Hersan avec la CGT du Livre étaient bien meilleurs qu'on ne peut l'imaginer. Lancry en sait quelque chose.
C'est la CGT du Livre qui a cassé la longue grève des journalistes du quotidien régional « Paris Normandie » opposé à l'arrivée d'Hersan. Sous le prétexte que la pluralité, ou autre babiole comme, la liberté de l'information, ce n'était pas son problème. Ce fut pour Hersan une victoire difficile mais une belle et grande victoire. Ensuite la papivore a fait son marché dans l'ensemble de la presse française…

Enfin, pourquoi s'insurger parce que l'on dénonce des faits inadmissibles. Etes vous comme les médecins ou autres notaires qui ne veulent pas avouer lorsque l'un d'entre eux fait des erreurs ou pique dans la caisse, sous prétexte que cela ferait du tord à leur profession ?
Je pense que c'est au contraire tout à l'honneur des gens de gauche, et des syndicalistes en particulier, de dénoncer eux-mêmes ce qui ne va pas. Utiliser des moyens totalitaires pour le bien d'une minorité corporatiste est tout de même bien loin de l'idéal syndical.

Portrait de Suzanne Citron

à Lize Portrait de Lize De Suzanne Citron

Historienne et auteure | 18H26 | 01/11/2008 | Permalien

Ces méthodes sont tout simplement fascisantes et rien, en effet, ne peut les justifier.

Portrait de admirateur

à Suzanne Citron Portrait de Suzanne Citron De admirateur

18H51 | 01/11/2008 | Permalien

éventuellement stalinienne ; pour un prof d'histoire c'est un peu navrant

Portrait de michel 13

à Lize Portrait de Lize De michel 13

| 19H55 | 01/11/2008 | Permalien

Vous évoquez un évènement de 1973, nous sommes en 2008, et sans contester la véracité de votre propos je pense que les mentalités ont évolué, même à la CGT.
Vous parles « de faits inadmissibles » de la part des ouvriers du livre. Pensez-vous que les avancées sociales s'obtiennent dans les salons d'un ministère en buvant du champagne ou s'arrachent (souvent par la force) sur le terrain. Les conditions de travail (horaires, salaires et autres) n'ont pas été « données » par le patronat mais arrachées, et personne ne doit le leur reprocher.
Quant à « l'honneur des gens de gauche » il ne se situe pas forcément là où vous le placez. Certains à gauche veulent une société plus juste, plus humaine, plus tolérante. Dans toute évolution sociale il y a une locomotive qui fait avancer les choses et si l'exemple des ouvriers du livre pouvait se développer ce serait un grand pas en avant pour de nombreux salariés.
Pourquoi ne pas parler aussi de la main mise sur la presse par 2 ou 3 grands groupes. Je crois que cette situation est bien plus dangereuse pour la liberté de la presse que toutes les actions du syndicat du livre.

Portrait de Le Yéti

à michel 13 Portrait de michel 13 De Le Yéti

yetiblog.org | 09H43 | 02/11/2008 | Permalien

1913, pas « 1973 ». Eh oui, ils vont les chercher loin leurs arguments !

Portrait de himalove

De himalove

ouvrier agricole | 17H59 | 01/11/2008 | Permalien

Augustin Scalbert : un tonton flingueur, au service du patronat

Au lieu de fusiller un syndicat qui défend les intérêts de votre profession, vous devriez mieux faire votre boulot.

Vos lecteurs ne savent même pas pourquoi et comment le syndicat du Livre a acquis le monopole de l'embauche, parfois, la cogestion de l'entreprise et le contrôle de la distribution de la presse, en région parisienne.

Pendant la Seconde guerre mondiale, la plupart des titres et des patrons de presse collaboraient avec l'occupant, les seuls à résister étaient les ouvriers, les typos, etc.

A la Libération, ils sont devenus, sans tirer un coup de feu, les propriétaires légitimes des moyens de production.

C'est le syndicat du Livre qui a négocié directement avec le gouvernement De Gaulle où il y avait des ministres communistes, le statut d'une presse libre et indépendante (ordonnances de 1945), par rapport aux pouvoirs financier et politique.

C'est à ce syndicat que vous devez, entre autres, votre « clause de conscience » qui vous permet de partir avec des indemnités lorsqu'un nouveau patron rachète le journal et que vous n'êtes pas d'accord avec la nouvelle ligne éditoriale.

Ne pas évoquer cette histoire quand on se dit journaliste, spécialisé de la presse, relève soit de l'ignorance soit de la mauvaise foi.

Dans les deux cas, c'est une faute.

Portrait de Augustin Scalbert

à himalove Portrait de himalove De Augustin Scalbert (auteur)

Rue89 | 19H11 | 01/11/2008 | Permalien

Vous réécrivez l'Histoire. D'où sortez-vous que c'est le syndicat du Livre qui a donné la clause de conscience aux journalistes ?

Et surtout, dire que pendant la guerre « les seuls à résister étaient les ouvriers, les typos, etc. » est, en plus d'être historiquement faux (certains résistaient, de même que certains journalistes ou certains cheminots), totalement absurde : il existait des journaux sous Vichy, imprimés par des « ouvriers, des typos, etc ».

Portrait de admirateur

à Augustin Scalbert Portrait de Augustin Scalbert De admirateur

19H24 | 01/11/2008 | Permalien

allez dites-nous l'origine de cette « clause de conscience » et dans quelle cadre elle a été obtenue ?

Portrait de Milarepa-voyageurdanslespace

à admirateur Portrait de admirateur De Milarepa-voyageurdanslespace

retraité | 21H08 | 01/11/2008 | Permalien

Alors, vous répondez pas a Admirateur ? j'aimerai bien savoir.

Portrait de admirateur

à Augustin Scalbert Portrait de Augustin Scalbert De admirateur

19H24 | 01/11/2008 | Permalien

allez dites-nous l'origine de cette « clause de conscience » et dans quelle cadre elle a été obtenue ?

Portrait de Yann Guégan

à admirateur Portrait de admirateur De Yann Guégan

Rue89 | 23H10 | 01/11/2008 | Permalien

Elle date en fait de la loi de 1935 définissant le journaliste professionnel :
Cf. Olivier Da Lage (ancien président de la commission de la carte de presse) :

« Ce texte définit le journaliste, prévoit la création d'une carte professionnelle, définit un barème de salaires minima, assure la couverture du risque maladie, garantit une indemnité de rupture de contrat égale à un mois par année de présence, avec arbitrage au-delà de la quinzième année et introduit une clause de conscience en cas de changement d'orientation du journal. »

http://mapage.noos.fr/odalage/monde/statut.html

Portrait de admirateur

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De admirateur

23H33 | 01/11/2008 | Permalien

si vous citiez l'article correctement, vous nous diriez que c'est l'ordre des journalistes qui acquiert une certaine légitimité et évoque en 1935 la clause de conscience… qui est introduite après la guerre dans le code du travail et prend sa véritable dimension - article l 761 sqq du code du travail… enfin celui de 45

Portrait de mechante langue

à himalove Portrait de himalove De mechante langue

17H33 | 02/11/2008 | Permalien

« Pendant la Seconde guerre mondiale, la plupart des titres et des patrons de presse collaboraient avec l'occupant, les seuls à résister étaient les ouvriers, les typos, etc »

Faux !
Le syndicat du livre fut CONTRE la resistance jusqu'en 41, et soutint la demande des dirigeants communistes demandant aux allemands l'autorisation de refaire paraitre l'Humanité

Portrait de Milarepa-voyageurdanslespace

à mechante langue Portrait de mechante langue De Milarepa-voyageurdanslespace

retraité | 19H01 | 02/11/2008 | Permalien

Tout le monde sait qu'Hachette a collaboré avec les allemands. Entre collaborer et travailler pour gagner sa vie, il y a une différence ; beaucoup de gens n'ont pu faire autrement que d'exercer leur métier en travaillant pour eux, la liste serait trop longue.

Portrait de sinclair

De sinclair

18H10 | 01/11/2008 | Permalien

Le ton de l'article est désagréable. Il rappelle les cheminots qui prennent les Français en otages alors qu'ils sont surpaye et privilégies, les fonctionnaires ces parasites privilégies qui vivent sur le dos des Français, les enseignants qui travaillent pratiquement pas avec des vacances a rallonge qui font grève pour emmerder les parents et qui en plus ne sont pas foutu de dispenser un enseignement correct a nos enfants.

Je veux bien que l'on donne tous les point de vue mais là sa fait beaucoup.

Peut on préciser que provisionner n'est pas distribuer et pas forcement pour la même chose.
Que la négociation sociale tous assis en rond est un leurre. Cela marcherait si le rapport de force était équilibre or il l'est de moins en moins. La preuve ces derniers mois ou les syndicats comme les politiques de gauche ont été inexistant voir coopératif et ou les conditions sociales se sont dégradées..

Que les avancées ou la préservation des avantages sociaux ne se sont que très très rarement faite dans l'ambiance feutrée d'un salon et dans la sérénité.
Effectivement ces salaries sont prêt a se battre pour leur travail et pour ceux qui suivront. Quel horreur donc ils mettent en difficultés les grands groupe de presse et prennent le lecteur en otage mon dieu ou va t on ?

Non n'est ce pas, ils devraient se contenter de ce qu'on leur donne, apprécier le smic a vie entre CDD, intérim, chômage et rmi comme tout le monde quoi, la normale, comme tout le monde, au lieux de devenir violent, de s'encagouler comme de vulgaire racailles a karcheriser. Enfin quoi on est entre gens bien n'est ce pas, on a une éthique, un code moral, on passe d'ailleurs des accords en son nom.

Portrait de Lize

De Lize

Curieuse-chercheuse | 18H07 | 01/11/2008 | Permalien

@himalove
je pense que vous confondez CGt et CGT du Livre. Et c'est bien là le problème

Le Livre n'a jamais fait d'action ni négocié quoi que ce soit pour les journalistes ! Pas plus dans le passé qu'aujourd'hui.

Portrait de vincelemat

à Lize Portrait de Lize De vincelemat

non comuniquee | 06H38 | 02/11/2008 | Permalien

Pour la bonne raison que peu de journalistes en sont membres.

Portrait de Béatrice1

De Béatrice1

| 18H19 | 01/11/2008 | Permalien

Comme d'habitude, il est impossible de dénoncer des pratiques inadmissibles dès l'instant où elles sont le fait de ceux qui se prétendent « de gauche » sans être aussitôt insulté et taxé d'« agent du patronat ». Or, loin d'être « de gauche », ces méthodes sont celles de totalitaires et de graines de fachos.

Et on se demande pourquoi la gauche française est en train de crever.

D'autre part, voyons le résultat de ces méthodes musclées et népotiques dans les deux domaines où elles sont pratiquées - la presse et les ports - et on pourra constater que c'est l'illustration de la devise bien connue « Après moi le déluge » ou de l'expression « scier la branche sur laquelle on est assis ».

La presse française se meurt. Les ports français se meurent. Vous êtes sûr que ceci traduit l'intérêt général ? Réponse de ces irresponsables : rien à foutre, moi d'abord.

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