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Violences, trafics, menaces : les coulisses de la CGT du Livre

Retour sur les méthodes passées et présentes du syndicat du Livre, connu pour être un adepte de la négociation musclée.

Exemplaires du quotidien gratuit Metro répandus sur la route par le syndicat du Livre en 2002 (Charles Platiau/Reuters)

Mercredi matin, aux aurores, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées devant le siège des Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), le groupe qui assure la distribution des quotidiens, dans le XIIe arrondissement de la capitale. Certaines étaient casquées ou encagoulées et brandissaient des masses.

Ces ouvriers, membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT) qui proteste contre un plan de modernisation plutôt avantageux, entendaient entrer à l'intérieur du bâtiment.

L'un d'eux, qui travaille au service maintenance du Journal officiel, a donc tenté de fracturer la porte en verre à coup de masse. Il a été interpellé par les CRS présents et a passé la journée en garde à vue.

« Vous voulez réécrire “Les Protocoles des Sages de Sion” »

Une telle action est dans la tradition du syndicat du Livre, communément surnommé « la bête noire des patrons de presse ». Ces derniers ne se sont pas pressés pour répondre aux questions de Rue89.

Certes, Laurent Joffrin (PDG de Libération) ou Nicolas Beytout (patron des Echos) dénoncent leurs méthodes -le premier a évoqué jeudi sur France Inter des menaces physiques constantes, le second l'avait fait en juin lors d'une précédente grève.

Mais beaucoup d'autres se taisent : très susceptible, le Livre peut bloquer la parution de leurs journaux et leur faire perdre des millions d'euros. « Off the record » cependant, des patrons se répandent sur des méthodes qu'ils jugent « mafieuses », voire « terroristes ».

Il y a un an, alors que j'enquêtais sur une censure ordonnée par la direction du Progrès par peur de la réaction du syndicat, j'avais joint un chargé de communication du Livre.

Avec une violence inouïe, cet homme m'avait accusé de « vouloir réécrire les Protocoles des Sages de Sion », m'avait traité d'« antisémite »… alors que le sujet n'avait évidemment rien à voir avec le judaïsme et que, surtout, son syndicat n'était pas en cause dans la censure…

Un ancien patron : « très aimables, très policés, jamais violents »

Mais tous les ouvriers du Livre ne sont pas si énervés. Ancien numéro 2 de l'imprimerie du Figaro puis patron de celle du Monde jusqu'en 2004, Jean-Pierre Guérin assure qu'ils ont toujours été « très aimables, très policés, jamais violents » avec lui :

« Ce que je retiens surtout, c'est l'impression de ne pas avoir été le patron chez moi. Quand, dans une imprimerie, on est 10 sur 300 à ne pas avoir sa carte du syndicat, il faut tout négocier. »

Selon Guérin, qui est aujourd'hui l'un des dirigeants du Syndicat de la presse quotidienne nationale, la période violente du Livre est en grande partie révolue. « D'ailleurs, on ne peut plus parler “du” Livre. Il y en a qui ont évolué, comme le Syndicat des imprimeries parisiennes. D'autres continuent comme avant, et c'est le cas du SGLCE. »

Dans le conflit les NMMP, les positions de ce dernier (seul syndicat représenté chez les ouvriers de la presse parisienne et des NMPP) ne sont d'ailleurs pas suivies par sa fédération, la Filpac-CGT.

5000 armes et leurs munitions planquées aux NMPP

Avant, les ouvriers du Livre pouvaient cacher des armes, détourner du papier par tonnes pour l'envoyer aux camarades cubains, ou se battre à coups de battes de base-ball. « J'en ai déjà vu manier la batte, mais entre eux, des gens du service départ contre les rotativistes », relate Jean-Pierre Guérin.

Fin 1991, le patron du syndicat du Livre de l'époque, Roger Lancry, appelle un des dirigeants des NMPP et lui annonce une curieuse nouvelle : « On vient de me dire que vous détenez dans vos locaux un stock d'armes. »

Pas moins de 5 000 armes dormaient dans un entrepôt des NMPP : fusils, carabines, armes de guerre et munitions ad hoc, toutes issues de la faillite de Manufrance dix ans plus tôt, et stockées là par des ouvriers CGT. Elles n'avaient pas été vendues pour soutenir les ouvriers licenciés, comme dans le cas des montres de Lip.

Alors pourquoi ? « Les ouvriers ont considéré les NMPP comme l'entreprise la plus sûre de France, car ils y ont entreposé des matériels d'un intérêt stratégique, voire révolutionnaire », croit savoir Emmanuel Schwartzenberg, qui relate cette histoire dans son livre « Spécial Dernière » (Calmann-Lévy, 2007).

Finalement, le gouvernement a négocié avec la CGT la remise de tout le stock d'armes contre l'impunité des auteurs. Discrètement transportées par des gendarmes, on les a retrouvées un beau matin dans un champ d'Eure-et-Loir.

Du papier détourné par centaines de tonnes pour le camarade Fidel

Pour Marc Norguez, actuel secrétaire général du SGLCE, ce matériel avait été stocké là pour « récupérer un pécule ». « D'ailleurs, il y avait aussi des vélos », rappelle-t-il.

A la fin des années 80, c'est un trafic de bobines de papier qui est découvert. Chaque mois, 200 tonnes de papier étaient expédiées vers Cuba pour imprimer le journal Granma.

Selon Schwartzenberg, « les imprimeries de tous les quotidiens nationaux » étaient concernées, et Castro lui-même traitait avec les ouvriers du Livre. Robert Hersant, le « papivore », propriétaire notamment du Figaro, a préféré étouffer l'affaire plutôt que d'affronter une grève.

Pour cette raison, jamais les éditeurs n'ont osé porter plainte contre le Livre. Ils l'ont fait une fois, mais pas directement contre le syndicat, en 2003, quand un trafic de journaux a été découvert. Chaque jour pendant plusieurs années, entre 500 et 2 000 exemplaires de quotidiens étaient détournés par certains ouvriers et vendus par des kiosquiers.

Préjudice estimé : 3 millions d'euros par an. Des brebis galeuses du Livre étaient complices des trafiquants. Le syndicat s'est totalement désolidarisé des agissements de ces ouvriers, dont « un adhérent » ; qui a été licencié, selon Marc Norguez.

2002 : des courses poursuites sur l'autoroute

La récupération des plaques d'imprimerie offset, en revanche, est tacitement allouée au syndicat par les patrons de journaux, sauf ceux du groupe Amaury (Le Parisien, L'Equipe). Ces plaques de métal peuvent se revendre, et rapporter jusqu'à 100 000 euros par an, en fonction des cours des métaux qui les composent. Le trafic de la « gâche » (les rebuts) du papier peut représenter, par quotidien, environ 500 000 euros par an. Là aussi, parfois avec l'accord des patrons, le Livre serait impliqué.

Voilà pour la routine. En cas de conflit, c'est moins paisible. Au moment de l'arrivée en France des premiers gratuits, en 2002-2003, les ouvriers ont donné le coup de poing, selon les patrons des groupes concernés. Metro se plaignait de colporteurs agressés. Frédéric Filloux, qui dirigeait à l'époque la rédaction de 20 Minutes, raconte que son groupe avait donné pour consigne aux colporteurs de « ne pas résister » :

« C'était trop dangereux, on en a eu qui se sont fait poursuivre sur l'autoroute par des voitures qui leur faisaient des queues de poisson. Ce qui m'a marqué, c'est ce jour de 2002 où ils ont répandu place de la Nation 600 000 exemplaires volés aux distributeurs.

Je me souviens de l'un d'eux disant aux CRS de ne pas intervenir, car il était en ligne avec le ministère de l'Intérieur. Il leur disait que s'ils intervenaient, Le Monde ne paraîtrait pas l'après-midi. Quelques minutes plus tard, j'ai entendu l'ordre d'annuler l'intervention dans un talkie-walkie de CRS. »

Pour le secrétaire général du Livre, « qui veut tuer son chien l'accuse de la rage »

Pour Marc Norguez, absolument tout ce qui est relaté ci-dessus est faux.

Les hommes encagoulés devant les NMPP ?

« Il faisait froid ce matin-là. Il y a eu une vitre cassée, mais si on avait été si méchants et déterminés, on serait entrés. »

Leur entrée mouvementée au siège de Lagardère, cette semaine ?

« On a peut-être mis un coup d'épaule, on a des gars un peu costauds. »

La guerre des gratuits ?

« Il n'y a eu aucune plainte de déposée. »

Les trafics ?

« Il y a des indélicats dans toutes les professions. »

Selon le syndicaliste, cette « psychose » autour du Livre n'a qu'une origine : « Qui veut tuer son chien l'accuse de la rage. Ce qu'on gagne, on le mérite et on veut pouvoir le garder. » D'après Emmanuel Schwartzenberg, un rotativiste perçoit environ 4 500 euros bruts par mois pour 32h30 de travail hebdomadaire (nocturne).

« Laurent Joffrin ferait mieux de faire un bon journal plutôt que de chercher des boucs émissaires », poursuit Marc Norguez, qui rappelle que la diffusion des quotidiens est déficitaire, et couverte par celle des magazines. « Nous traiter de terroristes, c'est diffamatoire. Mais on ne le poursuivra pas, ça ne fait pas partie de nos méthodes. »

A lire aussi : NMPP : le courage de Joffrin face au syndicat CGT du Livre

Photo : Exemplaires du quotidien gratuit Metro répandus sur la route par le syndicat du Livre en 2002 (Charles Platiau/Reuters)

194 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de jmax

à bifteack Portrait de bifteack De jmax

12H46 | 01/11/2008 | Permalien

nécessité d'être casqués, encagoulés en brandissant des masses et en s'en servant ?

Portrait de Le Yéti

De Le Yéti

yetiblog.org | 13H12 | 01/11/2008 | Permalien

MUSCLES

Autant le recours aux muscles dans les négociations salariales fut un temps regrettable et excessif (surtout de la part du syndicat CGT du Livres, c'est vrai). Autant il est maintenant indispensable.

Sans muscles, tu manges ton chapeau. Et parler aujourd'hui de « plan de “'modernisation''(sic) avantageux ”, c'est assez rigolo.

D'ailleurs, aucune des grandes avancées sociales du passé (désormais hélas bien obsolètes), n'a été obtenue sans le recours à la vigueur des muscles.

Quant à cette évocation des “armes et leurs munitions planquées” et du “papier détourné par centaines de tonnes pour le camarade Fidel”, là ça fait vraiment grosses ficelles et compagnie !

Je ne sais ce qu'il en est des “armes” du Syndicat du livres. Mais moi, celles que je vois de plus en plus sortir au grand jour, c'est celles des “forces de l'ordre” qui patrouillent de plus en plus ostensiblement dans les lieux publics, pendant que dans notre monde en ruines, une bande de sales voyous s'en fout plein les poches à grands coups d'augmentation annuel de 20% et de stock-options non taxés avec la bénédiction des élus et, ô surprise, celle de ces médias aux ordres qui se disent victimes des agissements de la CGT.

Portrait de michel 13

De michel 13

| 12H45 | 01/11/2008 | Permalien

Face à des patrons voyous qui n'acceptent aucune négociation, les salariés n'ont pas d'autres moyens de se faire entendre. Il est plus facile de dénoncer les agissements des salariés que les comportements de certains employeurs dont le profit est la seule règle.

Portrait de jmax

à michel 13 Portrait de michel 13 De jmax

12H47 | 01/11/2008 | Permalien

Si, il y a d'autres moyens que d'être casqués, encagoulés et en se servant de masses pour tout casser

Portrait de Milarepa-voyageurdanslespace

à jmax Portrait de jmax De Milarepa-voyageurdanslespace

retraité | 12H57 | 01/11/2008 | Permalien

Explique et donne des exemples de négociations difficiles qui ont abouties sans aucune pression ! ! peut être a Lourdes ?

Portrait de Anastaze

De Anastaze 53186

☺ | 12H48 | 01/11/2008 | Permalien

De tous temps, les luttes de classe ont été illégales, car elles ont étés faites contre les classes dirigeantes , et les classes dirigeantes font les lois.

Aujourd'hui, elles s'appellent « délinquance des banlieues », « suicide au travail », « sans papiers », ou « droit au logement ».

Le syndicat du livre dérange Joffrin, ça tombe bien, c'est lui qui est visé.

Les classes populaires n'ont rien à attendre des dirigeants, qu'il soient syndicaux ou patronaux.

Portrait de eskimo

De eskimo

12H50 | 01/11/2008 | Permalien

non non et non ! trop c'est trop !

 » Ces ouvriers, membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT) qui proteste contre un plan de modernisation %%% plutôt avantageux %%%, entendaient entrer à l'intérieur du bâtiment. »

le lien renvoie à la tribune de Hugues Serraf, c'est un lien auto référentiel et ce n'est pal le travail de journalisme (vérification des faits) qui avait été promis.

« Yann Guégan | Rue89
22H55 30/10/2008

C'est le chiffre donné par Joffrin à l'antenne de France Inter, il n'a pas été démenti dans la journée. Augustin Scalbert, qui suit les médias pour Rue89, prépare un article sur ce sujet, ne zappez pas ! »

« déluge | menuisier
12H52 31/10/2008

Il a été démenti par le secrétaire national cgt/livre aux infos de France Inter de 13h, le 30 10. »

je suis scandalisé, je veux connaitre la vérité sur ce plan social, sinon publiez directement les communiqués des patrons de presse.

Je précise que je n'ai pas de sympathie particuliere pour le syndicat du livre mais je veux juger sur piece.

Portrait de Yann Guégan

De Yann Guégan

Rue89 | 14H17 | 01/11/2008 | Permalien

Du calme ! Je ne suis pas au courant en direct 24h/24 des enquêtes menées par les rédacteurs. Il se trouve qu'Augustin a préféré se concentrer sur cet historique des actions du syndicat du Livre, et n'est pas revenu sur le montant des indemnités.

Selon les NMPP, « 62 millions d'euros sont mobilisés par les messageries et les éditeurs pour financer le départ de personnel en préretraite sans aucun licenciement sec ».
http://www.nmpp.fr/actu/flash/commu261008.htm

Le tout pour 350 départs :
http://www.nmpp.fr/actu/flash/com100608.htm

Ce qui nous fait, en moyenne , un peu plus de 177 000 euros par salarié Le chiffre avancé par Laurent Joffrin (« jusqu'à 300 000 euros ») ne paraît pas aberrant.

Edit : Sur son blog, Emmanuel Berreta évoque lui une moyenne de 200 000 euros, avec le calcul suivant :

« Environ 260 ouvriers partiront en préretraite à partir de 55 ans révolus, et les 40 autres seront reclassés. Les NMPP ont provisionné 62 millions d'euros. Traduction : en moyenne, pour chaque ouvrier, 200 000 euros (en salaires, charges sociales et indemnités) seront déboursés. »

http://www.lepoint.fr/actualites-medias/blocage-du-livre-cgt-une-honte/1…

Mais je ne sais pas comment il arrive à 200 000, un rapide calcul donne 234 000 euros en moyenne par salarié volontairement parti.

Ce sont les chiffres de la direction, mais je n'en ai pas trouvé d'autres. Le dernier communiqué du Filpac (repris sur le site du SGCLE présente les revendications en terme d'organisation des NMPP, mais ne revient pas sur les montants accordés.
http://www.filpac-cgt.fr/IMG/pdf/declaration_NMPP_14_decembre.pdf

« Le conflit ne porte pas sur le volet social »
http://afp.google.com/article/ALeqM5iVkejVG9cbCUCT7nsE3SyQ9z5mCQ

Voilà pour cette rapide mise au point, mais je suis bien sûr preneur d'autres sources.

Portrait de eskimo

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De eskimo

14H54 | 01/11/2008 | Permalien

merci pour le calcul et les sources : )

désolé de mon emportement (sincerement), mais l'article ressemble beaucoup à un papier à charge allant dans le meme sens que celui d'hier là ou pour ma part j'aurai eu besoin de qq éléments sur les mutations de la distribution et la remise en cause du principe de traitement équitable des quotidiens, histoire de prendre du recul et sortir de la perspective « grevistes terroristes ». Apres ce ne sont pas les lecteurs qui définissent les priorités certes.

Juste que si je fais le compte, de violence effective agitée par Joffrin qui passe ainsi à peu de frais pour un type qui a pas peur de dire les vérités je ne lis qu'une tentative de bris de glace = « L'un d'eux, qui travaille au service maintenance du Journal officiel, a donc tenté de fracturer la porte en verre à coup de masse. Il a été interpellé par les CRS présents et a passé la journée en garde à vue. ».

Portrait de Yann Guégan

à eskimo Portrait de eskimo De Yann Guégan

Rue89 | 22H51 | 01/11/2008 | Permalien

j'aurai eu besoin de qq éléments sur les mutations de la distribution et la remise en cause du principe de traitement équitable des quotidiens, histoire de prendre du recul et sortir de la perspective « grevistes terroristes ». Apres ce ne sont pas les lecteurs qui définissent les priorités certes.

Vaste débat. Dans ce fil de commentaires, des riverains proposent déjà des liens pour aprofondir. Mais je retiens l'idée de revenir sur le sujet, cette fois sous l'angle des principes de distribution des journaux et de leur traitement équitable.

Quant à votre interprétation de l'action menée cette semaine, je ne peux pas la partager, mais c'est là un point de vue personnel. Au risque de passer pour un mou du genou, je ne pense pas que venir négocier avec une masse ou une batte de base-ball à la main soit une façon acceptable de pratiquer le dialogue social en entreprise.

Portrait de Milarepa-voyageurdanslespace

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De Milarepa-voyageurdanslespace

retraité | 10H49 | 02/11/2008 | Permalien

Vous avez entièrement raison ! mais vous parlez de dialogue….quand il y a dialogue, il n'y a pas batte de base-ball. Seulement quand il y a monologue. Et ces façons de faire ne sont pas nouvelles et ne sont pas non plus le privilège des dockers ou autres syndicalistes du livre ; dans les années 60, le pdg de Dassault, monsieur Vallières, a bien falli être accroché au pont roulant, et seule la fuite lui avait épargée cela ; les grévistes réclamaient seulement la parité des salaires entre usines du groupe, il a fallu des années de luttes pour y arriver ! alors, ou est le dialogue la dedans ? les directions, par leur immobilisme et leurs langue de bois ne poussent elles pas les gens a employer des méthodes musclées ? a force de prendre les gens pour des imbéciles, on en arrive a ces extrémités et c'est comme ça que commencent les grands soulèvements.

Portrait de eskimo

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De eskimo

16H42 | 02/11/2008 | Permalien

heu pardon mais je n'ai pas interprété de cette façon et encore moins émis un jugement positif ; simplement je rappelais que en terme de violence effective cette mobilisation a été bien légère et pas spécifique au mouvement du livre = pensons aux marins pecheurs (y en a quand meme un qui avait menacé notme président d'un coup de tête, symboliquement c'est beaucop plus violent que des masses ! ! ! ), agriculteurs, camionneurs, etc … Les métiers de force induisent souvent des manifestations mettant cet attribut en avant. Rien de spécifique.

J'en profite pour dire que l'appropriation de ressources par les travailleurs est une autre pratique ouvriere non spécifique au syndicat du livre, ca s'appelle faire la perruque je crois. Qui a des ouvriers dans son entourage sait qu'ils donnent volontiers des coups de main en revendant du matos ou utilisant des outils de leur lieu de travail. Apres effectivement les pratiques que vous exposez de revente semblent se jouer à une autre échelle.

Donc le débat pour moi c'est pas entre mous et durs du genou : ) toute action qui fait l'économie de la violence tout en étant progressiste est supérieure au résultat équivalent obtenu par la violence, et encore une fois mes interventions ne sont pas mues par de la sympathie pour ce syndicat.

Portrait de DBL8

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De DBL8

Retraité | 19H06 | 01/11/2008 | Permalien

Bon article ; Bonnes précisions.
Merci ! !

Portrait de eskimo

De eskimo

12H55 | 01/11/2008 | Permalien

« Il y a un an, alors que j'enquêtais sur une censure ordonnée par la direction du Progrès par peur de la réaction du syndicat, j'avais joint un chargé de communication du Livre.

Avec une violence inouïe, cet homme m'avait accusé de “vouloir réécrire les Protocoles des Sages de Sion”, m'avait traité d'“antisémite”… alors que le sujet n'avait évidemment rien à voir avec le judaïsme et que, surtout, son syndicat n'était pas en cause dans la censure… »

ah ouais d'accord … moi aussi je tombe parfois sur un con … j'en fais pas un édito à charge dans un grand média national …

Portrait de Yann Guégan

à eskimo Portrait de eskimo De Yann Guégan

Rue89 | 14H21 | 01/11/2008 | Permalien

Merci pour le « grand média national », mais je crois que vous vous avancez un peu : -)

Pas d'accord sur le reste. Le fait qu'un chargé de communication se permette d'insulter un journaliste qui fait son boulot est en soi une information. Qu'auriez-vous écrit si le service de presse de l'Elysée et de Total avait traité un journaliste de Rue89, au cours de son enquête, d'antisémite ? Que ce n'était pas une info valable ?

Portrait de eskimo

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De eskimo

15H27 | 01/11/2008 | Permalien

là par contre pas de mea culpa de ma part :

* pour grand média national j'espere une prompte reconnaissance : )

* ce n'est pas sur ce mode là qu'est présentée cette info. Que le chargé de comm insulte un journaliste est effectivement inadmissible (j'ai écrit « con »). Ça peut faire un papier. En 2007 Augustin écrit ceci = « Sollicité par Rue89, un représentant national du syndicat a exprimé avec une vindicte inouïe -mais \“off the record\‘- tout le mal qu'il pensait de l'ouvrage d'Emmanuel Schwartzenberg. ’… pourtant c'était l'occasion ?

Dans l'enchainement argumentatif proposé là je ne vois en revanche pas le rapport = on commence sur un manifestant arreté, puis on enchaine sur les patrons qui en off se lachent mais osent rien dire en public, et paf on apprend que par téléphone un journaliste est tombé sur un syndicaliste parano et un peu con, sur une toute autre histoire au demeurant pas très claire (la conclusion de l'article de 2007 est qu'il n'y a pas eu de censure et dans l'histoire du syndicat aucun cas de censure soupçonné). Ca ressemble pour moi à un papier à charge, comme dans une discussion un peu animée ou chacun y va de son histoire = l'accumulation de faits isolés passés sur un fait divers, des opinions off et une expérience malheureuse d'investigation. Ou Augustin veut-il en venir ? chaque histoire est juste esquissée, pas démontrée, une seule enquete vaut mieux que la recension de mille enquetes possibles ou tout reste à montrer.

Franchement écrire ceci = ‘ Ces ouvriers, membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT) qui proteste contre un plan de modernisation plutôt avantageux, entendaient entrer à l'intérieur du bâtiment. ’ c'est faire fi d'une regle élémentaire = on ne décide pas pour les autres ce qui est bon pour eux, on écoute ce qu'ils ont à dire ! ! là en plus c'est facile il y a des communiquués je suis allé les lire et c'est intéressant.

en fait je me dis = je n'y connaissais rien avant les papiers d'hier et aujourdhui, mais j'ai une impression désagréable comme si y avait plein d'histoires que se racontent journalistes et directeurs de rédaction sur ce syndicat qui a l'air effectivement un peu olé olé. Ça sort sans recul car ça vous prend aux tripes peut etre ? non parce que généralement je lis avec intéret les papiers d'Augustin et je n'ai pas de sympathie pour le syndicat du livre. Ca a juste l'air d'un article avec des éléments mis en vrac pour faire pencher la balance comme dit un autre riverain en comm.

Portrait de Augustin Scalbert

à eskimo Portrait de eskimo De Augustin Scalbert (auteur)

Rue89 | 17H25 | 01/11/2008 | Permalien

Ce que vous semblez me reprocher constitue en fait l'angle de mon article : revenir sur les méthodes du syndicat du Livre, et pas sur le fond du conflit ou sur les combats de ce syndicat. Ces méthodes sont quelquefois fustigées par les patrons de presse sur un ton révolté, mais la presse écrite n'écrit jamais rien dessus (comme le montre l'exemple du Progrès, qui pour moi est très clair : la direction du journal censure un article sur le Livre par peur, justifiée ou non, d'une réaction du syndicat).

Si je n'avais pas mentionné la teneur de mon échange avec le directeur de la communication dans mon article de l'an dernier, c'est parce qu'elle n'entrait pas dans mon angle à l'époque. Je la mentionne aujourd'hui parce qu'elle me paraît éclairante sur les rapports de force qui peuvent exister entre le Livre et les autres acteurs de la presse. Mais ces rapports de force ne sont pas toujours aussi violents, comme le montrent le témoignage de Jean-Pierre Guérin et l'échange tout à fait courtois que j'ai eu avec le secrétaire général du syndicat.

Pour le reste, il ne s'agit pas d'« accumulation de faits isolés et d'opinions off » : deux anciens patrons de presse s'expriment « on » dans mon article, et si j'explique que d'autres parlent « off » de méthodes mafieuses ou terroristes, je ne le reprends pas à mon compte.

Les faits que je rapporte entrent tous dans l'angle de mon article, qui est celui des méthodes décriées de ce syndicat. Et si, pour vous, « chaque histoire est juste esquissée », je vous rappelle d'abord que nous ne publions pas de « ragots » sur ce site : tout ce qui est écrit dans mon article est soit vérifié, soit assumé par les personnes qui le disent. Si mon papier vous paraît « à charge », c'est peut-être simplement parce que les méthodes de ce syndicat posent questions, non ?

Ensuite, je dois vous préciser qu'il est extrêmement difficile d'enquêter sur le fonctionnement du syndicat du Livre : la plupart des gens que j'ai joints ne voulaient pas s'exprimer, tout simplement.

Enfin, je vous rappelle que je donne la parole à un représentant du syndicat, qui a répondu à toutes mes questions.

Portrait de eskimo

à Augustin Scalbert Portrait de Augustin Scalbert De eskimo

17H09 | 02/11/2008 | Permalien

« Ce que vous semblez me reprocher constitue en fait l'angle de mon article : revenir sur les méthodes du syndicat du Livre, et pas sur le fond du conflit ou sur les combats de ce syndicat. »
effectivement a posteriori je regrette le ton un peu agressif de mes interventions initiales, lié à l'article précédent de serraff dans le meme angle sur le meme sujet, mais plus à charge encore. J'ai rapidement mis les deux dans le meme sac. Je ne vous accuse pas de colporter des ragots non plus mais je reste sur mon sentiment de nb histoires pas claires (pas de plaintes, pas de jugements, pas de faits avérés) qui mises bout à bout entrainent l'assentiment par effet d'accumulation, ce qui est pour moi la def de l'article à charge. Je ne dis pas que ce sont des ragots, mais l'échelle temporelle est vaste (des années 1980 à nos jours), aucun fait avéré meme si bcp de choses effectivement troublantes. C'est le statut de ces infos (elles en sont) qui aurait peut etre pu etre traité avec plus de recul encore.
L'interview à la fin est drolement amené.

Et encore une fois ce passage au début = « Ces ouvriers, membres du Syndicat général du livre et de la communication écrite (SGLCE-CGT) qui proteste contre un plan de modernisation plutôt avantageux, entendaient entrer à l'intérieur du bâtiment. »

est ce qui des le départ met dans de mauvaises conditions de lecture car vous substituez aux arguments des syndicalistes qui sont intéressants votre évaluation du plan, leur déniant tout droit à une autre vision du développement de la presse, bref parlant pour eux. J'ai lu les communiqués pour en savoir plus = ils ont une pensée articulée et ne mettent pas en avant que leur intéret. Notamment eux aussi ont leur avis sur la crise de la presse, eux aussi savent monter en généralité et proposer des solutions (ou cette fois ils ne sont pas seuls boucs émissaires).
Voila, le désaccord persiste mais je m'excuse pour la forme initiale.

Portrait de amilcar

De amilcar

peureux célèbre | 12H59 | 01/11/2008 | Permalien

oui, augustin, ne nous as-tu pas pondu là un article de droite ? avec ça tu aurais pu faire une pige sous pseudo au figaro ou dans un autre canard patronesque.

les méchants syndicalistes, bouh ouhouhouhou, qui viennent violemment perturber l'apathie pateline de nos doux patrons respectueux des lois et des bonnes moeurs

avec ce constat terrible en conclusion, ces terribles et barbares méthodes ont permis aux ouvriers du livres de gagner 4500€ en faisant 32h 30

quel monde injuste et prévisible, augustin, que celui où les rapports de force se règlent par la force, vous me rappelez le temps lointain, au dix-neuvième siècle, quand les pauvres étaient suffisamment bêtes pour croire que les patrons étaient de braves gens, l'affreux temps où nous-mêmes étions de braves cons, qui croyaient au père noël, de toute façon la cgt a toute ma sympathie pour ne pas dire mon amour que j'ai déjà donné à martine aubry que je soutiens de tout mon coeur, mais la cgt avec la façon dont elle a géré la régularisation des travailleurs sans papier a gagné ma confiance, ils sont des pros, ils prennent le truc par un bout et tirent discrètement sans faire plus de bruit que nécessaire pour obtenir ce qu'on veut, et on met le pied dans la porte pour la régularisation de centaines de milliers de personnes, donc bravo, et merci, à la cgt, de savoir ce que veut dire défendre les intérêts des pauvres, le rapport de force, pour obtenir les milliards qui tombent du ciel, c'est de tout bloquer, de retrousser nos manches pour taper sur la table du gentil monsieur très doux, je ne voudrais pas rappeler à augustin les causes de la violence, les travailleurs qui ont crevé dans des sous-pentes pourries, sans indemnité en crachant leur poumons après avoir été virés parce qu'usés, les millions de vies écrabouillées dans des accidents de toutes sortes, les salaires de misère les journées exténuantes, des vies d'esclaves, et le droit de l'esclave à taper sur la gueule du doux mais gras monsieur qui s'affirme être son propriétaire pour lui ôter le goût de la domination est un droit légitime, les moyens mis pour nous maintenir dans l'asservissement sont très violents et très cruels, très couteux.

il semble que la discipline soit utile dans la poursuite d'une action précise, il semble qu'on ne doive collectivement poursuivre que des but à très court terme, comme soutenir martine aubry au congrès du ps, que le parti socialiste sorte de sa période famille adams, avec aubry on repartira sérieusement, main dans la main, et de tout notre coeur, avec la cgt dans l'autre main, j'ai fait tout ce commentaire sans mentionner l'UIMM, c'est dommage, quand l'UIMM finançait de faux syndicats de droite pour casser les revendications légitimes et évidentes des gens qui se font opprimer, les milliards de l'UIMM contre nos petits bras avec cette cerise sur le gateau de l'arsenal de manufrance, ce qui prouve que même dans une armée inflexible et brutale il y a des gens qui aiment rigoler, et quand il y a des gens qui aiment rigoler augustin n'est jamais très loin.

Portrait de compte supprimé 13

De compte supprimé 13

13H04 | 01/11/2008 | Permalien

un souvenir anecdotique :

Il y a peu d'années j'ai voulu réaliser un reportage photo sur les locaux de l'Imprimerie Nationale avant leur fermeture, rue de la Convention dans le XVe arrdt de Paris.
Je n'ai jamais eu à rencontrer la Direction pour obtenir la permission ! Un représentant du Livre CGT, de ma connaissance, a passé un coup de fil, donné mon nom et dès le lendemain j'étais accueilli et guidé dans l'ensemble des bâtiments (cave au grenier). Pendant les trois jours consacrés à mon projet, toutes les portes étaient miraculeusement ouvertes.

Portrait de Milarepa-voyageurdanslespace

à compte supprimé 13 Portrait de compte supprimé 13 De Milarepa-voyageurdanslespace

retraité | 16H09 | 01/11/2008 | Permalien

Vous avez raison, j'ai une autre anecdote, vrai celle la ! En vu de la reception de Kadafhi a l'Elysée, son ministre des affaires étrangères(a ma connaissance) a téléphoné a B. THibaut pour avoir la permission, et le lendemain, Sa majesté était a Paris pour plusieurs jours et a même installé sa tente sur le gazon de l'Elysée ! ! Et toutes les portes lui ont étées miraculeusement ouvertes. Il a même était guidé par un petit homme, représentant de commerce, qui lui vendu centrales nucléaires et tou et tout ….Que serait donc la france sans ce syndicat ! ! ! ! ! ! ! !

Portrait de Gaïzag

De Gaïzag

prolétaire | 13H05 | 01/11/2008 | Permalien

Étrange tonalité cet article…
L'auteur fait la liste des histoires plus ou moins louches avec une certaine gourmandise. On charge la balance, voilà qu'elle penche, en toute objectivité attention ! Pas d'avis mais une certaine manière de présenter les faits.
Le sujet m'intéresse pourtant. Si quelqu'un peut fournir un éclairage…

Portrait de Yann Guégan

à Gaïzag Portrait de Gaïzag De Yann Guégan

Rue89 | 14H36 | 01/11/2008 | Permalien

Sur chacune de ces histoires « plus ou moins louches », Augustin donne, en fin de papier, la position du syndicat (qui, vous l'aurez remarqué, ne dément rien sur ces faits). *

Comme il s'agit d'un article sur les méthodes musclées de ce syndicat (c'est l'« angle » choisi), le texte ne revient pas en détail sur l'historique du Livre, le système de « closed shop » (certains l'expliquent dans les commentaires), les négociations avec les patrons de presse, etc.

Portrait de unagi

De unagi

Fatalitas | 13H11 | 01/11/2008 | Permalien

« Mais de nos jours le mot syndicat du livre n'a plus guère qu'un sens péjoratif. Il sert à désigner une manière de s'associer entre criminels, voire à affirmer l'existence d'une société criminelle unique, se déployant à travers le monde. Toutefois, ce n'est qu'au cours du XIX° siècle que ce sens a prévalu. On peut même préciser que ce serait dans un rapport officiel des autorités judiciaires de Paris que, en 1838, pour la première fois, le syndicat du livre a été citée par écrit en tant que société secrète dangereuse, car capable d'employer n'importe quel moyen pour atteindre ses buts. Avant d'en arriver là, le mot “ syndicat du livre ” a permis de décrire les attitudes les plus nobles, les plus courageuses faces aux diverses sortes d'oppressions qui ont pesé sur l'histoire de la Presse. Il a même permis de synthétiser un ensemble de sentiments, d'attitudes, de manières, d'être dispersés depuis des siècles dans la conscience populaire.

Comment ce mot a-t-il pu en arriver à devenir le nom une sorte de confédération des syndicats du crime organisé, dont certains soutiennent qu'elle tenterait de s'emparer de la nation ?

(d'après http://www.innovation-democratique.org/La-Mafia-la-Cosa-Nostra-la-Camorr…)

Portrait de sydiev

De sydiev

Journaliste précaire | 13H29 | 01/11/2008 | Permalien

En tant que journaliste (très précaire), je suis à 200 % avec les Syndicats du Livre. Ok le statut des journalistes est très avantageux (abattement fiscal, nombreux avantages…) comme celui des ouvriers du Livre mais eux possède quelque chose que je n'ai encore JAMAIS trouvé chez les syndicats de journaliste : la solidarité et la défense de l'intérêt collectif. Chez les journalistes une fois que les élections sont passées tout le monde se terre ou se glisse dans l'ombre du directeur. Une preuve : Voit on des syndicats de journaliste défendre le statut de stagiaire ou leur nombre important au sein d'une rédaction ? J'aurai plutôt tendance à croire que les journalistes mâles (donc les plus nombreux) se battent pour une recrudescence des jeunes stagiaires féminines. Vieux briscards/vieux lubriques même combat.
Au moins, selon le papier, les syndicats du Livre ont vu le danger pour les différentes professions de la presse des gratuits.
Les gratuits ou l'histoire des benêts qui se tirent une balle dans le pied.

Portrait de LeLapin

à sydiev Portrait de sydiev De LeLapin

Infopigiste | 23H42 | 01/11/2008 | Permalien

- « Voit on des syndicats de journaliste défendre le statut de stagiaire ou leur nombre important au sein d'une rédaction ? »
- Oh oui mon ami, et même encore maintenant.

- « Ok le statut des journalistes est très avantageux (abattement fiscal, nombreux avantages…) comme celui des ouvriers du Livre mais eux possède quelque chose que je n'ai encore JAMAIS trouvé chez les syndicats de journaliste : la solidarité et la défense de l'intérêt collectif. »
- L'abattement ? Vous êtes sûr que vous êtes journaliste ? parce que je vous signale qu'il n'existe plus. Quant à la solidarité, demandez-vous pourquoi vous n'en avez pas bénéficié alors que bien d'autres si.
- « mais eux possède »…
- Ah voilà, c'est pour ça que vous ne ressentez pas la solidarité, déjà les correcteurs et secrétaires de rédaction doivent vous détester.

Portrait de sydiev

à LeLapin Portrait de LeLapin De sydiev

Journaliste précaire | 03H12 | 02/11/2008 | Permalien

- Je suis heureux de savoir qu'il y a des rédactions qui se battent pour ne pas être composées majoritairement de stagiaires.
- Pour l'abattement je n'invente rien : « A comme Allocation pour frais d'emploi. Elle a été obtenue en 1998, après trois années de lutte de la profession. Cette allocation, soit 7650 euros pour une année complète d'activité, à temps plein ou à temps partiel, est à déduire par le journaliste de ses revenus imposables (l'abattement de 10 % est opéré directement par les services fiscaux). D'où la nécessité de corriger la déclaration préremplie basée sur les revenus déclarés par l'employeur. Il ne revient pas, en effet, à celui-ci d'opérer cette déduction. » Source : SNJ http://www.snj.fr/article.php3 ? id_article=165
- Pour les correcteurs et secrétaires de rédaction, ils ont toute mon estime étant passé de nombreuses fois à ce poste (et ne me convenant pas du tout, mon orthographe le prouvant).

Quant à la solidarité, j'aimerai y croire mais en règle générale c'est plutôt l'inverse que j'ai constatée. Ce qui relève le mérite des gens biens.

Portrait de nemo3637

De nemo3637

Déchoukeur | 13H33 | 01/11/2008 | Permalien

Le syndicat du Livre CGT, comme celui des dockers, a obtenu, par la lutte, dès l'origine, le monopole de l'embauche. C'est ce qui existe encore dans de nombreux secteurs d'activités aux Etats-Unis (teamsters). Pas moyen de travailler dans l'entreprise sans la carte du syndicat.C'est d'ailleurs par lui qu'il faut passer pour se faire embaucher par l'employeur. Au départ cela se voulait un contrôle ouvrier, une avancée à l'avantage des salariés. Rapidement il y a eu une dérive corporatiste et sectaire. Le syndicat ne pensait plus qu'à sa pomme, sans plus aucune solidarité avec les salariés d'autres secteurs. Ce qui contredit quand même les statuts de la CGT.
Abandonnant ainsi une vision internationaliste le syndicat des dockers CGT - pour faire court - n'a pas pu résister à l'offensive de démantèlement qui a lieu, n'étant pas capable de s'allier - ou de tenter de le faire - avec les dockers de Barcelone ou de Gênes.
D'autre part, monopole syndical veut dire aussi hégémonie d'une seule organisation, en l'occurrence la CGT. Gare à ceux qui veulent jouer aux originaux ! Gênant quand même quand le Livre est devenu inféodé au stalinisme (sauf le syndicat des correcteurs). Corporatisme et stalinisme vont évidemment très bien ensemble.
Les gars du Livre savent se montrer musclés.C'est vrai qu'on n'a rien sans rien et sûrement pas avec des défilés de traine-savates. Que diraient les chochottes qui s'en offusquent au vu des grèves outre-atlantique ?
Que ne poussent-ils pas leurs cris effarouchés quand des magnats de la presse ou des chefs d'état manipulent grace à elle des populations entières ?
Cela dit nombre d'internautes ne s'y trompent pas et comprennent bien que les attaques contre la citadelle que représente le Livre, ne sont que des raids préludant une offensive générale contre tous les salariés et leurs revenus.

Portrait de déluge

à nemo3637 Portrait de nemo3637 De déluge

menuisier | 13H39 | 01/11/2008 | Permalien

Tout à fait d'accord avec vous, à la nuance prêt que « l'offensive générale » a été d'ores et déjà lancée.
Et malheureusement est victorieuse pour le moment.

Là ils assiègent Massada.

Portrait de xavier-xavier

De xavier-xavier

muntagnolu | 13H49 | 01/11/2008 | Permalien

Faut-il, parce que les attaques contre le syndicat du livre « ne sont que des raids préludant une offensive générale contre tous les salariés et leurs revenus » se ranger sans réserve, comme le font ici nombre de riverains, aux côtés d'un syndicat qui (comme celui des dockers d'ailleurs) a totalement dévoyé le syndicalisme ?

Le syndicat du livre ( la CGT dockers également) utilise la CGT et le mouvement ouvrier au profit d'intérêts corporatistes et même purement personnels (par exemple, parmi les conséquences du monopole d'embauche, pour ceux qui l'ignorent, figure aussi la préférence familiale).

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