à lire sur lemonde.fr 01/11/2008 à 23h32

Vers la mort de la mort ?

Dans un texte de réflexion sur la mort, à l'occasion de la Toussaint, le philosophe Robert Redeker interroge notre façon de concevoir et de vivre la fin de la vie : « Un humain ignorant de la mort, est-ce encore un homme ? Il ne connaîtra pas le temps. » Et d'alerter sur le risque d'une « disparition de la mort », qui serait la « vraie mort de l'homme ».

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  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    la V2 est naze...
    • Posté à 05h33 le 02/11/2008
    • Internaute
      la V2 est naze...

    un philosophe qui confond science, science fiction et marketing pour nous annoncer la fin de la mort, l'immortalité quoi !
    ca m'a bien fait rire cet article. ca doit beaucoup moins faire rire tous ceux qui crèvent de faim , de maladies ou des guerres dans le monde.
    philosophe, tu parles, rêveur peut être !

  • Xa_chan
    • Posté à 13h24 le 02/11/2008

    Je ne sais pas si on va vers la « mort de la mort », mais en tout cas la « mort de la branlette intellectuelle » n'est pas en vue...

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 13h35 le 02/11/2008

    Pas d'accord avec Alain. C'est une vraie réflexion. Redeker n'annonce pas la « fin de la mort » mais au contraire dénonce la perte du sens de la mort à l'oeuvre dans nos civilisations occidentales (étasuniens en tête).

    Autrefois, le deuil se faisait de manière rude mais efficace : on mourrait à la maison, devant la famille, le voisinage et les amis venaient veiller le cadavre, tout était en noir, on « portait le deuil » tant de mois, etc.

    Aujourd'hui plus rien de tout ça, que des rituels de contournement, comme le maquillage du mort pour qu'il n'ait pas l'air mort.

    Et ce contournement obsessionnel se trouve parfaitement illustré dans les avis de décès : vous ne verrez jamais Untel « est mort le... » mais « nous a quittés », « a rejoint Dieu ». On nous annonce son départ, à la rigueur son décès. Le mot « mort », vous ne le verrez jamais.

    Et touts ces avis où X, Y, Z, nous annoncent ça et ça, alors que Z, accompagné d'une croix, est donc mort et ne peut rien annoncer du tout ! Tous ces anniversaires où on lit que un an, cinq dix ans après « tu es toujours là » et « notre douleur est intacte » alors que le travail de deuil vise précisément à ce que le mort soit bien mort, et qu'il ne soit plus là que comme souvenir, bon si possible ! Bon sang, mes parents sont morts il y a des années, je ne les invoque jamais, et me souvenir d'eux (souvent) ne me fait que du bien ! Plus de douleur !

    Parce que voilà un sacré paradoxe : à vouloir nier la mort, elle n'en est que plus obsédante. Vos morts sans cesse évoqués, vivantifiés, ne font que vous empêcher de vivre.

    Bon, ça me fera bien chier de mourir. Mais en attendant, je vis !

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à A déménagé le 8-10
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 13h42 le 03/11/2008
      • Internaute
        v2=notes articles en moins...

      Hier, en passant rapidement et voyant que ce texte était signé Redekker j'avoue que je ne l'avais même pas lu, et là j'y retourne en lisant des commentaires de gens comme vous qui s'y sont apparemment laissé prendre. Alors que trouve t-on dans ce texte ? Une confusion totale entre vieillesse et mort pour commencer, pour finir par la sempiternelle valeur de le vie « venant de la mort », vieille rengaine des pourritures religieuses contre lesquelles la philosophie depuis Spinoza par exemple, n'ont eu de cesse de lutter, tout comme mon prof » de philo au lycée d'ailleurs qui n'a eu de cesse de mettre en garde contre ce genre d'idées recues. Il est vraiment consternant d'apprendre que cet individu soit non seulement professeur de philosophie de nos jours, mais que de plus ses écrits soient publié par « Le Monde », qui va finir par se décrédibiliser complètement.
      Petit florilège de bêtise en passant pour ceux qui y aurait échappé :
      - « Sans le surplomb de la mort, l'avancée de la rouille, la morsure de la précarité de l'existence, le temps n'est plus sensible, il n'est plus que chiffre. » (M. Redekker n'est finalement que comme ces personnes qui, accumulant un capital, ont pour la seule jouissance cette peur de le perdre. Il le dit lui même, sans celà : la vie, l'amour n'ont aucune valeur en soi, ils ne sont que du « chiffre“(sic))
      - ‘ l'humain ignorant de la mort court le risque de n'être qu'une machine vivante sans âme.’(tiens donc ! Revoilà que le spectre de l'âme balancé par la fenêtre, rentre par la porte de derrière ! )
      - ‘ La philosophie nous l'enseigne : l'homme est l'être-pour-la-mort, ’ (et moi elle m'a toujours ensigné que l'homme est l'être-pour-la-vie)
      - ‘ le vivant tire son être de son rapport à la mort. ’ (cad l'être ne se définit que par ce qui n'est pas encore, donc...brillant. Auquel on pourrait substituer par exempl : le vivant tire son être de son rapport au monde, de ce que l'homme, fondamentalement libre, choisit de faire de son existence)
      Lisez donc la réponse de ‘ SuperVraiLumineux ’ quelques messages plus loin, qui vaut infiniment plus que le catéchisme de vieux réactionnaires.

  • Kamikanaze
    • Posté à 18h08 le 02/11/2008

    Et bien dites donc, c'est d'une gaieté affolante !

    Heureusement que pour beaucoup de religions, il y a un paradis après la mort : nul ne nous interdit d'y croire encore !

  • lamichael
    • Posté à 22h02 le 02/11/2008

    Le plus important des bilans de la vie est le dernier.
    Ce bilan qui fera de nous des gens de bien ou des enculés.
    Qu'importe les petites érreurs passées.
    Non,rien de rien, je ne regrette rien n'est valable que si,sur l'échelle d'une vie,
    Nous essayons d'aider plus que d'écraser,
    De sourire plus que de faire la gueule,
    D'aimer plus qu » haîr,
    De faire la paix plus que la guerre
    ECT ECT...
    Etre le contraire d'un con demande beaucoup d'énergie.
    De temps,de patience,et des tonnes de volonté qui sont parfois tachés de kilo d'avoir baissé les bras.
    Mais qu'importe,
    J'éspère que la « branlette intelectuelle » de ce que dit se philo éjacule à la face de certain.

    Merci Redeker

  • SuperVraiLumineux
    • Posté à 01h29 le 03/11/2008

    Redeker n'a pas vraiment extrait le problème et nous balance un pataquès à démêler, à croire qu'il n'a vraiment pas observé ni la mort ni le monde d'aujourd'hui dans lequel ce ne sont pas les quelques vieux ésthétisés qui font le poids face aux enfants qui meurent de faim à chaque minute.
    Je crains que ce ne soit que pour nous balancer son idéologie morale du sacrifice qu'il critique un « fascisme de la beauté » qu'il n'ose pas nommer.
    Son rapport au corps n'est pas clair, et comme croque-mort ce n'est pas sa pensée qui va nous éveiller.
    Bien sûr qu'il est nécessaire d'apprendre à penser par soi-même et que la pensée à propos de la mort est fondatrice d'un être humain qui pense, mais que l'homme soit un « être-pour-la mort » c'est discutable, l'homme est là, point, l'homme n'est pas fait pour quelque chose, il meurt entre autre chose une fois dans sa vie, c'est même, selon Bernard Stiegler, la mort qui est la seule chose qui va réellement lui arriver dans sa vie, puisque tout passe, rien ne demeure. Et même cette mort n'existe pas puisque nous ne serons pas là pour la vivre...nous serons « mort ». Redeker fantasme sur le fantasme d'une vie éternelle biologique qui serait une mort spirituelle, il oublie de dire que l'homme « être-pour-la-mort » et « être-pour-la vie » (je reprends ses tirets-liants) c'est le même être et notre vie collective s'en porterait mieux car nous prendrions soin de l'aspect « spirituel » de notre existence et plutôt que d'être des « enfants de la patrie » nous serions des êtres responsables par nous-mêmes, des « pairs de la matrie », conscients de la réalité de notre réalité, et de n'être pas si différent que celà d'autrui puisque lui aussi penserait à sa mort comme ce qu'elle est, un fantasme, un inconcevable, la mort morte n'est pas perdue pour tout le monde si elle devient un éveil au monde vrai. Du point de vue de la conscience la mort ne peux pas exister et ce n'est en rien un déni de la mort mais sa réalité. Pensons-y, la mort est déjà morte avant d'avoir vécu, et uniquement dans nos fantasmes, comme fantasme. C'est un grand rendez-vous qui nous invite à examiner la grande liberté de notre vie et
    à en faire une aventure qui nous ressemble, la mort nous invite à nous rapprocher de qui nous sommes, et à laisser mourir qui nous ne sommes pas. La mort nous invite à mettre la tête dans les étoiles et un peu partout, la mort ne vit rien, les étoiles c'est vous qui les vivez par le lieu même au sein duquel vous pensez à la mort, qui n'existe pas.

    Tchâ-O

  • Alain Pacifique
    Alain Pacifique
    la V2 est naze...
    • Posté à 04h22 le 03/11/2008
    • Internaute
      la V2 est naze...

    et , en plus, quand on sait que la première cause de mortalité c'est... la vie ! ca fait flipper ! ! !

  • A déménagé le 2 mai 2011
    • Posté à 17h06 le 03/11/2008

    Comme disait Soeur Emmanuelle « La Mort est le plus beau jour de la Vie ! ! »

  • AlexisR
    AlexisR
    agent d'artiste
    • Posté à 18h26 le 03/11/2008
    • Internaute
      agent d'artiste

    « Souviens toi qu'il existe 2 types de fous : ceux qui ne savent pas qu'ils vont mourir et ceux qui ont oublié qu'ils étaient en vie. »

  • Spirou
    • Posté à 12h00 le 04/11/2008
    • Internaute

    Cette affaire des caricatures ne finira jamais de produire ses effets. Une de ses conséquences les plus tragiques, c'est qu'elle a fait croire à Redeker qu'il était un grand philosophe, dont les écrits étaient diffusables dans un grand quotidien national.

    Pas étonnant qu'il suscite des vocations. Un plan de carrière bien construit commence par des attaques contre les minorités, de préférence, contre les musulmans.