L'Observateur Paalga 01/11/2008 à 20h30

MSF quitte le Niger, sur fond de polémique avec le pouvoir

Evariste Ouédraogo | L'observateur paalga


Photo d'un enfant malnutri au Niger dans une exposition MSF, à Athènes (John Kolesidis/Reuters).


(De Ouagadougou) Accusée d'avoir présenté la malnutrition des enfants dans le sud du Niger comme plus grave qu'elle ne l'est afin de mobiliser les donateurs et d'avoir promu l'usage de pâtes alimentaires nutritionnelles comme mode de traitement du déséquilibre alimentaire, Médecins sans frontières (MSF) a été priée par les autorités de Niamey, mi-juillet 2008, de suspendre ses activités au Niger.

C'est alors avec un vif regret que l'organisation humanitaire s'est résolue à prendre la dommageable décision d'abandonner ses actions dans la patrie du président Mamadou Tandja, non sans répondre aux mesures gouvernementales, en constatant un déni de réalité des autorités nigériennes. (Voir la vidéo de la conférence de presse de MSF du 30 octobre, notamment à partir de la quatrième minute)



La double incompréhension qui a causé le divorce entre les deux parties a suscité la réaction de Caroline Livio, responsable de MSF au Niger, pour qui « il n'existe pas de normes internationales dans le traitement de la malnutrition ».

Elle déplore du reste la situation, car, soutient-elle, le Niger est l'un des pays qui a permis à sa structure de travailler à des programmes sur une échelle inégalée ailleurs.

L'ONG n'a pu reprendre le dialogue avec le pouvoir nigérien

Selon des informations données par MSF, en 2006, dans deux districts du sud de la région de Maradi, la plus déshéritée du Niger, plus de 70 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë globale, sévère comme modérée, ont été pris en charge, avec un taux de guérison supérieur à 90%.

En 2007, en période de soudure [entre la fin de la consommation de la récolte de l'année précédente et la récolte suivante, ndlr], il a été distribué un produit nutritionnel spécifique aux enfants de moins de 3 ans, la tranche d'âge la plus touchée par la malnutrition aiguë.

Une prise en charge dans des structures médicales lors d'épisodes de maladies ou au stade de malnutrition sévère, en suivant les nouveaux standards de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a été effectuée.

Les tentatives de l'ONG pour renouer le dialogue avec les autorités nigériennes sont restées vaines, ce qui a eu pour effet de liquider progressivement ses activités dans les deux districts en question. Interdite donc de s'occuper de nouveaux enfants, la structure a vu ses dispensaires se vider peu à peu.

Face au manque de fléchissement du pouvoir, les procédures de licenciement du personnel local (près de 350 personnes) ont été enclenchées. Les ONG et les organisations humanitaires, à tort ou à raison, sont parfois soupçonnées d'outrepasser leurs missions. Mais dans le cas présent, il faut croire que Tandja n'aime pas du tout la tranquillité.

Après l'affaire Moussa Kaka, le président Tandja prend encore des risques

En décidant de mettre à la porte les travailleurs de MSF exerçant au Niger, il en rajoute à son impopularité, lui dont la réputation est déjà un peu trop écornée par des décisions présidentielles qui ne sont pas loin d'être dictatoriales.

Si ce n'est pas le journaliste Moussa Kaka ou l'ancien Premier ministre Hama Amadou qu'il envoie goûter aux amertumes de la prison, c'est à Areva qu'il s'en prend, et la liste de ses indésirables ne fait que s'allonger jour après jour.

La mesure de Tandja est, pour le moins, préjudiciable à des enfants innocents et à beaucoup de ses concitoyens, qui perdent ainsi, sans le vouloir, leur travail, dans un pays pauvre où la traversée du désert est une réalité quotidienne.

De tout cela, le premier des Nigériens s'en moque éperdument, seul maître qu'il est à bord. Aujourd'hui, c'est MSF qui est dans le collimateur du grand chef de Niamey. A qui le tour demain ?

Photo : Photo d'un enfant malnutri au Niger dans une exposition MSF, à Athènes (John Kolesidis/Reuters).

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  • pierrejcallard
    pierrejcallard
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    • Posté à 00h04 le 02/11/2008
    • Internaute
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    @ Phil2922 : il est simplement impossible de travailler au bien des populations par dessus la tête des oligarques corrompus actuels. Payons-les ce qu'il faut et disons leur céder le pouvoir.

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    Pierre JC Allard

  • Roland Petitevarlope
    • Posté à 08h26 le 02/11/2008

    Et on continue à avoir les même réflexes de colonisateur avec de telles remarques. Tandja a été élu démocratiquement -c'est même en exemple en Afrique, rien à voir avec l'élection de Bush aux USA-, et notre président à nous, est-il sensible à la misère de son peuple ?
    Ceci n'est pour défendre la politique de Tandja mais seulement pour faire comprendre que l'on a pas le droit de donner des leçons. Comment réagirait-on, nous bons français à des leçons données par des pays étrangers ?

    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Roland Petitevarlope
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      • Posté à 15h11 le 03/11/2008
      • Internaute
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Roland Petite varlope : L'Afrique est une catastrophe. Nous, Occidentaux, sommes largement responsables de cette catastrophe. Nous avons non seulement le droit, mais le devoir d« aider les populations que, sous prétexte de démocratie, nous avons mises sous la coupe d'exploiteurs corrompus nationaux pires que les colonisateurs ne l'ont jamais été.

      Si vous vous donniez la peine de lire le premier lien indiqué a mon commentaire précédent,, vous pourriez comprendre la situation en Afrique et cesseriez de vos cantonner dans une réctitude politique assez abjecte pendant que des centaines de millions d'Africains souffrent et meurent par notre négligence.

      Pierre JC Allard

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      • Roland Petitevarlope
        • Posté à 18h44 le 03/11/2008

        je ne comprends rien à votre diatribe contre mes propos. En particulier la partie « cesseriez de vos cantonner dans une réctitude politique assez abjecte » Lisez ce que j'ai écrit plus bas en particulier la phrase suivante :

         » Il va être temps que les ONG, les organisations internationales arrêtent de travailler POUR mais AVEC les populations, leurs représentants politiques, religieux et traditionnels. » On évitera qu'un conseil général français subventionne un km de route bitumé en pleine brousse, que des ONGs (pleines de bonnes intentions) construisent des écoles en parpaings et tôles ondulés alors que le banco est 10 fois moins cher et bien moins chaud. J'ai des dizaines d'exemples de ce genre. Et des ONGs déçues que leurs actions n'aient pas l'impact espéré chez les populations locales. Je maintiens donc que l'aide au développement doit se faire dans la micro (les populations) et non la macroéconomie (les gouvernements) et pas POUR mais AVEC les populations.
        Tant qu'à comprendre la situation en Afrique, je crois la connaitre un peu, revenant d'un an au Niger, de Deux ans au Sénégal et en Guinée -et toujours du mauvais coté du manche-.

      1 autres commentaires
    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Roland Petitevarlope
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      • Posté à 15h11 le 03/11/2008
      • Internaute
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Roland Petite varlope : L'Afrique est une catastrophe. Nous, Occidentaux, sommes largement responsables de cette catastrophe. Nous avons non seulement le droit, mais le devoir d« aider les populations que, sous prétexte de démocratie, nous avons mises sous la coupe d'exploiteurs corrompus nationaux pires que les colonisateurs ne l'ont jamais été.

      Si vous vous donniez la peine de lire le premier lien indiqué a mon commentaire précédent,, vous pourriez comprendre la situation en Afrique et cesseriez de vos cantonner dans une réctitude politique assez abjecte pendant que des centaines de millions d'Africains souffrent et meurent par notre négligence.

      Pierre JC Allard

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    • pierrejcallard
      pierrejcallard répond à Roland Petitevarlope
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      • Posté à 15h12 le 03/11/2008
      • Internaute
        http://www.nouvellesociete.org

      @ Roland Petite varlope : L'Afrique est une catastrophe. Nous, Occidentaux, sommes largement responsables de cette catastrophe. Nous avons non seulement le droit, mais le devoir d'aider les populations que, sous prétexte de démocratie, nous avons mises sous la coupe d'exploiteurs corrompus nationaux pires que les colonisateurs ne l'ont jamais été.

      Si vous vous donniez la peine de lire le premier lien indiqué a mon commentaire précédent,, vous pourriez comprendre la situation en Afrique et cesseriez de vos cantonner dans une réctitude politique assez abjecte pendant que des centaines de millions d'Africains souffrent et meurent par notre négligence.

      Pierre JC Allard

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  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 21h54 le 02/11/2008
    • Internaute
      journaleux - blogueur

    @ Phil2922,

    en Côte d'Ivoire aussi :
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    mais ce n'est pas une dictature puisque le conseiller du président Gbagbo et celui du président Sarkozy n'en font qu'un… comme indiqué ici :
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    ils se connaissent depuis 1983 du « bon vieux temps » du RPR.

  • jacques13
    • Posté à 11h35 le 03/11/2008
    • Internaute

    N'est se pas la conséquence des propos de kouchner sur la réalité des ONG comme MSF qui seraient des espions pour les gouvernements occidentaux (Lien).

  • Thierry_427
    • Posté à 21h19 le 01/11/2008
    • Internaute

    Humanitaire moi-même, je suis consterné ! Les chiffres sont pourtant éloquents (ce que ne souligne pas assez l'article), et en fin de compte, ce sont les bénéficiaires qui subissent les conséquences...
    70000 enfants prix en charge dans les centres nutritionnels, voilà la réalité Monsieur Tandja !

  • compte supprimé16
    • Posté à 00h51 le 02/11/2008

    Dire que MSF quitte le Niger est sans doute faux car on parle ici spécifiquement de la section française. Il y en a d'autres qui travaillent au Niger, comme la section suisse dans la région de Zinder.

    La section française de MSF a fait une grossière erreur de stratégie et elle la paye maintenant. Elle a utilisé son programme nutritionnel du Niger pour lancer une campagne internationale sur une solution à la malnutrition qu'elle prétend disons universelle : la distribution généralisée, également en approche préventive, d'un produit appelé « plumpy nut ». Il est important de noter que cette approche fait débat chez les nutritionnistes et chez les experts en sécurité alimentaire.

    Cette campagne a focalisé l'attention internationale sur le Niger qui est devenu ainsi ces dernières années LE pays de la malnutrition en Afrique, ce qui est évidemment faux puisque la situation n'y est pas pire que dans certains autres pays du continent. Tous les pouvoirs sont sensibles à ce type de publicité et MSF le sait parfaitement. La réalité, ce n'est pas uniquement des enfants qui meurent de faim. C'est aussi parfois un pouvoir politique autiste et aux abois qui faut savoir gérer pour remplir sa mission d'assistance.

    Alors, était-il judicieux de prendre un tel risque : se servir du Niger comme levier international pour promouvoir un traitement nutritionnel qu'on prétend efficace au niveau mondial, qui est loin de faire l'unanimité, et dont les études cliniques suffisamment solides sont limitées à ce seul pays ?

    • Roland Petitevarlope
      • Posté à 08h09 le 02/11/2008

      Merci Léo. En France on est d'une suffisance extraordinaire. On attribue des bons ou des mauvais points sans rien savoir. Imaginons une grande ONG américaine vouloir récolter des fonds en montrant le dénuement des SDF français. Quelle serait la réaction de notre Président à nous, lui aussi élu démocratiquement.
      Notre esprit colonisateur est toujours là. Il va être temps que les ONG, les organisations internationales arrêtent de travailler POUR mais AVEC les populations, leurs représentants politiques, religieux et traditionnels.

    • Patrick Lecoeuche
      • Posté à 10h57 le 02/11/2008
      • Internaute

      Merci léo, j'ai cru, sur les premières réactions que nous allions encore avoir droit à des commentaires lénifiants tout au long de ces réponses. Il est désagréable d'avoir à lire ces proses. Je suis un grand voyageur, mes pas m'ont amené au Niger, il y a quelques années. Le Niger est un pays magnifique, mais malheureusement pour lui, il est aussi l'un des plus pauvres de la terre… Les ONG qui travaillent dans cette région font un boulot remarquable, même si parfois ils oublient qu'ils ne doivent jamais instrumentaliser la misère. Je ne connais pas le dossier de MSF au Niger actuellement, donc je me garderais bien de juger, et j'aimerais que l'ensemble des gens qui veulent s'exprimer sur les blogs fasse de même !

    • starsss
      • Posté à 13h05 le 02/11/2008

      Merci Mr Hamelin pour cette _remise à plat_, suis _restée sur ma faim_ à la lecture de cet article !

      On connait tous le programme de « Plumpy nut » et sa promotion douteuse (je reste polie) et ne pas le mentionner dans cet article est vraiment preuve de mauvaise foi !

    • homard
      homard répond à compte supprimé16
      cuisinier
      • Posté à 14h52 le 02/11/2008
      • Internaute
        cuisinier

      quelques info complémentaires

      Par ailleurs, sur le problème de la malnutrition il y a une lutte très forte entre les tenants du Plumpy_nut (nourriture concentrée poudre de lait,arachides ) inventée par André Briend chercheur à l'ird en 1999 et les tenants du développement de la consommation de spiruline (algue bleue hyperprotéinée pouvant se développer localement à tès peu de frais contrairement au plumpy_nut).

      les enjeux économiques autour de ce produit sont extrêmement élevés

      La diffusion de plumpy_nut, ce produit « miracle » est soutenue par A. Briend et MSF France.

      A noter que l'inventeur A. Briend est maintenant à l'OMS « Andre Briend, département Santé et développement de l'enfant et de l'adolescent de l'OMS » in
      (Lien)
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      • senlog
        senlog répond à homard
        Log
        • Posté à 16h04 le 03/11/2008
        • Internaute
          Log

        re-bonjour, une autre info complementaire :
        ça doit être passionant de developper « localement » un dérivé d'« algue bleue » au Niger, Soudan, Tchad ou Mali..mmm..mais ou est donc la mer ? sinon, on importe les algues bleues..un peu comme le plumpy quoi...
        (ah, je n'ai pas d'action chez nutriset mais dans le café, je prefere le plumpy que l'algue..allez savoir)

         
        • homard
          homard répond à senlog
          cuisinier
          • Posté à 18h17 le 03/11/2008
          • Internaute
            cuisinier

          la spiruline n'a pas besoin de la mer et pousse très bien au bord du lac Tchad
          . mais voyez les quelques documents :

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        1 autres commentaires
      • compte supprimé16
        • Posté à 16h11 le 03/11/2008

        Sur cette problématique, il est aussi important d'intégrer dans l'analyse la position d'une entreprise comme Nutriset, fournisseur de produits nutritionnels.

      • compte supprimé16
        • Posté à 16h11 le 03/11/2008

        Sur cette problématique, il est aussi important d'intégrer dans l'analyse la position d'une entreprise comme Nutriset, fournisseur de produits nutritionnels.

    • senlog
      senlog répond à compte supprimé16
      Log
      • Posté à 15h59 le 03/11/2008
      • Internaute
        Log

      Bonjour,
      Dire que le plumpy n'a été testé qu'au Niger est une ineptie, c'est le produit nutritionelle le plus utilisé durant les grandes crises humanitaires (Tsunami, Darfour, etc..)
      Dire qu'MSF « a fait une grossière erreur de stratégie » voir pire « Alors, était-il judicieux de prendre un tel risque : se servir du Niger comme levier international pour promouvoir un traitement nutritionnel qu'on prétend efficace au niveau mondial, qui est loin de faire l'unanimité, et dont les études cliniques suffisamment solides sont limitées à ce seul pays ? », c'est plus, de la médisance, de la calomnie et beaucoup, beaucoup d'ignorance. L'intervention humanitaire n'est pas une science exacte mais les équipes terrain ont autre chose à foutre que des « operations de com' ». A croire que dans ce domaine aussi, il y en a des donneurs de lecons (tiens, j'ai oublié la cedille)...
      Un log (mais pas d'MSF ; -)

      • compte supprimé16
        • Posté à 16h30 le 03/11/2008

        Juste une rectification : je parle d'études cliniques sérieuses (ce qui n'a rien à voir avec des tests) permettant de soutenir la thèse de la distribution de plumpy nut comme remède universel à la malnutrition applicable partout. Quant aux opérations de com, je suis d'accord avec vous, elles sont rarement montées par les équipes de terrain.

         
        • senlog
          senlog répond à compte supprimé16
          Log
          • Posté à 17h08 le 03/11/2008
          • Internaute
            Log

          N'étant ni medecin, ni nutritioniste et encore moins chercheur, j'aurais du mal à avoir une idée précise quand à la qualité des étude cliniques faites sur le plumpy. Par contre, le produit est utilisé massivement au Darfour, non seulement par MSF mais aussi par ACF, le CICR et MDM, bref, par les acteurs majeurs de la lutte contre la malnutrition.
          Tout produit importé au Soudan a des fins therapeutiques doit recevoir l'agrement des autorités sanitaires Soudanaises, ce qui est le cas pour le plumpy. Là encore, je ne suis pas spécialiste et ne pretend même pas que ce produit soit LA solution au traitement de la malnutrition mais les contoles et normes existent, notament au niveau de l'OMS et les ONGs s'y conforment. Ceci dit, il n'y a pas de mal à s'interroger sur d'autres solutions ou sur la politique de nutriset ; -).. par contre, presenter MSF-F comme un VRP de nutriset et leur programme au Niger comme un faire-valoir est tout simplement indescent.
          Je n'ai pas toujours été d'accord avec la politique de MSF, y compris au niveau operationel, mais, pour avoir souvent cotoyé leurs equipes, je ne met pas en cause leur professionalisme et leur integrité.

          • compte supprimé16
            • Posté à 23h59 le 03/11/2008

            Le Soudan n'est pas le reste du monde et l'utilisation d'un produit ne signifie pas étude clinique.
            En ayant cette attitude inconditionnelle, je ne sais pas si vous rendez service aux populations... à MSF France et aux ONGs françaises qui seraient les seuls non-gouvernementaux majeurs à travailler en nutrition au Darfour ?

        2 autres commentaires
  • Abou7
    • Posté à 04h01 le 02/11/2008
    • Internaute

    Leo Hamelin, nous avons les idées sur la question. En effet, d'autres sections MSF (espagnoles notamment) continuent leur travail sans être inquiétée. MSF Maradi a commis des maladresses procédurales, comme le disent les nigériens, en payant la mise en scène obscène... Et puis, quid du business des ONG, tant décrié en Afrique et ailleurs ?
    Il est de bon ton que l'Observateur Paalga « tape » à chaque occasion sur le Niger en amalgamant la situation de Moussa Kaka et de l'ancien PM et MSF. Qu'en est-il du Burkina ?
    Faut-il rappeller, n'en déplaise à Phil2922 que le président Tandja a quand même été élu démocratiquement ?

  • RETRO
    RETRO
    artiste guitariste/chanteur/ (...)
    • Posté à 09h00 le 02/11/2008
    • Internaute
      artiste guitariste/chanteur/ (...)

    sans sortir de chez lui,le bon français,point démunie,fait discours,sans rien connaitre.
    moi sa me fous les boules tous ses gens qui critique apres un jt de TF1

    MAIS BORDEL VOUS ETES AVEUGLES SARKO SE GAVE NOUS ONT SE LES CAILLES ? PAS DE TAF EN BAS ? DES VOYAGES EN JET POUR EN HAUT ? SI CA C'EST PAS UNE REPUBLIQUE DE DICTATEUR ! ! ! ! ! !

  • Humain
    • Posté à 12h27 le 02/11/2008
    • Internaute

    Nous nous moquons totalement de l'Afrique ! !
    C'est malheureux !

    Par exemple : Les ordinateurs que nous utilisons seraient un tiers plus chers sans l'Afrique et particulièrement le Congo !
    Nous avons grand besoin des ressources de l'Afrique, mais nous nous moquon totalement des Africains.

    La récente réorganisation du FMI et celle de l'Europe concerne entre autre les affaires Africaines !
    (Allez donc traîner vos guètres à la Commission Européenne, vous serez vite au pied de la chose).

    De plus, les liens, ou plutôt dans le manque de liens entre la banque Européenne de développement et le FMI avec les pays « pauvres » dont l'Afrique, est sous pretexte de « crise » abandonné.

    Ce lien est lâché à l'avantage de pays « clients » de l'Afrique, mais pas à son bénéfice. Hélas.

  • Renaud Vialet
    • Posté à 22h47 le 02/11/2008

    N'oublions pas, comme se plait d'ailleurs souvent à le rappeler Rony Brauman, que l'humanitaire n'est pas déconnecté de la politique, bien au contraire, dictateur ou pas dictateur. Si vous pensez le contraire, d'abord relisez Brauman, et si ce n'est pas suffisant, alors suivez le Dr Kouchner, chantre du devoir d'ingérence.
    D'ailleurs beaucoup moins chantre actuellement, notre ministre, de manière surprenante, car il est maintenant un des poids lourds de l'exécutif français, et il ne tient qu'à lui que ses théories (que je pense fumeuses et dangereuses mais cependant télégéniques) puisse devenir pratiques.

  • flastflood
    flastflood
    Situation
    • Posté à 09h27 le 03/11/2008
    • Internaute
      Situation

    à quoi ça sert de donner à manger à des types qui se découperont en rondelles plus tard ?

  • Alex Engwete
    • Posté à 10h36 le 03/11/2008

    L'Afrique postcoloniale est le dernier repaire où l'on laisse champ libre à des pirates sans foi ni loi de prendre les rênes des républiques bananières non-durables pour rançonner et prendre en otages leurs propres peuples. Au lendemain de la Grande Guerre, la Ligue des Nations avait saisi les colonies africaines de l'Allemagne défaite pour les confier sous mandat à d'autres pays colonisateurs : ainsi, le Ruanda-Urundi fut confié au Royaume de Belgique ; une partie du Cameroun à la France ; et le Sud-Ouest africain à l'Afrique du sud… L'ONU devrait s'emparer des Etats africains en faillite pour tout au moins une durée de quarante ans, le temps qu'une culture de la responsabilisation politique prenne racine ! Ces pays ne seront plus appelée « pays colonisés » mais « pays en voie responsabilisation »… Le Niger devrait figurer parmi les premiers pays africains à mettre sous ce mandat de l'ONU !

    • raannemari
      • Posté à 12h34 le 03/11/2008

      Il est vrai que nous avons fait « oeuvre civilisatrice “ et nous sommes conduits en dirigeants ‘éclairés’ dans les colonies.
      Lien

  • Annie
    • Posté à 11h00 le 03/11/2008

    Au-delà de la querelle à propos du Plumpy nut, il y a aussi eu la tendance ces dernières années à privilégier des réponses « économiques » plutôt que nutritionnelles. On parle davantage d'insécurité économique que de malnutrition. C'est une position que MSF a toujours combattue, mais l'ONG est bien minoritaire en cela, parmi ses pairs. Elle est devenue l'un des derniers bastions de l'intervention directe, c'est-à-dire donner à manger lorsque les gens ont faim, ou à boire lorsqu'ils ont soif, et à ne pas vouloir instrumentaliser politiquement les crises alimentaires en les subordonnant à des objectifs de développement. C'est aussi à nous le public d'être vigilant.

    • senlog
      senlog répond à Annie
      Log
      • Posté à 16h09 le 03/11/2008
      • Internaute
        Log

      Bonjour,
      MSF, l'un des derniers bastions de l'intervention « directe » (c'est quoi indirecte) ? ah oui.. avec ACF, MDM, Solidarité, Premiere Urgence, AMI, CAM ......

    • compte supprimé16
      • Posté à 17h00 le 03/11/2008

      J'ai un peu de mal avec votre expresson « aide directe » car elle semble opposer différents types d'aide. En matière d'éradication de la faim, je vois plutôt les choses sous forme de continuum partant de l'aide nutritionnelle d'urgence (dont fait partie la distribution de plumpy nut) et allant jusqu'à l'indépendance alimentaire des populations. L'aide d'urgence est sans doute la plus facile à mettre en oeuvre. En aucun cas, elle ne doit apparaitre comme un remède miracle et encore moins permettre à certains acteurs de verser dans l'auto-satisfaction et le dénigrement de ceux qui décident de porter leurs efforts à un autre niveau.

      • senlog
        senlog répond à compte supprimé16
        Log
        • Posté à 17h16 le 03/11/2008
        • Internaute
          Log

        L'aide d'urgence n'est en aucun cas une solution long terme (comme son nom l'indique) et pas non plus la plus simple à mettre en oeuvre, du moins au niveau d'une association (ce que sont, rappelon-le, les ONGs).
        Mais est-ce bien le rôle des ONGs de proposer des solutions long terme au problèmes de la faim dans le monde ? n'est-ce pas plutôt aux états et organismes internationaux voir même à la population de la planète dans son ensemble ? Ne s'agit-il pas plutôt de s'interroger (au moins) sur le système politique et économique qui en est la cause ? l'action des ONGs, c'est mettre des rustines sur une immense chambre à air, mais ca n'est pas nous qui conduisons le vélo..
        Quid de notre gouvernement qui ne respecte pas ses engagements d'aide au developpement (pas plus que les autres d'ailleur) ? quid de ces chefs d'entreprise que l'on erige en model alors que leurs fortunes viens du pillage de la planète ? ou de la vente d'arme ? ...beaucoup d'armes importées en Afrique..pas beaucoup de producteurs.. allo ? Sarko ? ya quelqu'un ? tuuut..tuuut..tuut

         
        • compte supprimé16
          • Posté à 18h39 le 03/11/2008

          Vous aurez certainement noté que je ne parle pas de solution... tout court. Et je le fais a dessein.

          Quant à la mise en oeuvre de l'aide d'urgence, c'est une question de moyens. Elle coûte chère, réclame certains savoir-faire notamment logistique mais tout cela n'est pas très complexe, en tout cas moins que d'intervenir en essayant de tenir compte d'un environnement économique et social comme le nécessitent des interventions de type structurel ou communautaire.

          Je ne vois pas le rapport entre association et ONG (Organisation Non Gouvernementale). Quand une association est dépendante à 80% de fonds publiques, ou est le non-gouvernemental.
          Pour mémoire, MSF - qui n'est pas que la section française, il faut le rappeler, mais 5 unités opérationnelles - dépense en 1 an 500 000 millions d'euros, le budget annuel de l'office humanitaire européen ECHO (ces dernières années, il s'agit à 85/90% de fonds privés). MSF au Darfour, c'est l'équivalent du Comité International de la Croix Rouge en terme de présence sur le terrain. Une association peut donc avoir de très gros moyens.

          D'autre part, les ONG ont sauté à pieds joints dans les objectifs du millénaire. Que font-elles si ce n'est participer à une opération collective de réduction de la pauvreté érigée en solution, elle aussi miracle ?

          Je vous rejoins sur l'humanitaire qui n'est pas une solution. Seulement, les ONGs sont devenues un instrument aux mains des « puissances publiques nationales et internationales » qui financent de l'humanitaire pour masquer une absence totale de volonté politique. Donc, à leur corps défendant peut-être, elles sont devenues opératrices en solution humanitaire.

        1 autres commentaires
  • nicolasdegauche
    nicolasdegauche
    employé
    • Posté à 16h11 le 03/11/2008
    • Internaute
      employé

    voilà la réalité du monde dans lequel nous vivons et que finalement nus acceptons... Nous sommes gouvernés par des gens qui se foutent de nous, je ne parle pas ici uniquement de Sarkozy (en tête de liste quand même) mais de tous ces dirigeants politiques qui trouvent des milliards pour la bourse, nous font une propagande du tonnerre pour que nous consommions et bien sur des politiciens qui laissent leurs peuples mourrir de faim alors que la somme nécessaire pour aider ces populations est bien inférieure aux milliards offerts aux banques. Tout va bien ! Sarkozy nous fera peut être un discours sur les droits de l'homme !

  • Annie
    • Posté à 17h14 le 03/11/2008

    Senlog,
    Vous avez raison de poser la question parce qu'en fait je me suis exprimé en faisant un raccourci, mais cela veut dire faire primer l'impératif humanitaire au-dessus de toute autre considération. Pour être précis, choisir d'intervenir directement en cas de famine, et de fournir une aide alimentaire ou de soigner directement la malnutrition, plutôt que de choisir d'autres méthodes, comme la consolidation des moyens d'existence, la distribution de bons (vouchers) ou d'argent liquide, le plaidoyer etc. c'est-à-dire des méthodes qui privilégient particulièrement le maintien des moyens économiques. Ce qui n'est pas en soi un problème, sauf si la santé de l'économie devient plus importante que celle des hommes. Je faisais en fait davantage allusion aux ONG anglosaxonnes, mais les ONG françaises n'ont pas été totalement épargnées par cette évolution. Le cas du Niger est tout à fait significatif à cet égard, et si vous allez sur le site de MSF France, vous pourrez consulter le gros dossier qui a été consacré au Niger et découvrir certaines des raisons derrière la lenteur d'intervention des autres ONG, des Nations Unies et du gouvernement nigérien. N'oublions pas que la communauté internationale s'est mobilisée en juin ou juillet 2005 je crois, mais que les premières évaluations avaient été faites en octobre 2004 qui montraient déjà la gravité de la situation et que depuis lors, MSF n'avait cessé de tirer la sonnette d'alarme pour demander aux autres acteurs humanitaires d'intervenir. MSF était une des rares ONG à être déjà sur le terrain.

    • compte supprimé16
      • Posté à 19h07 le 03/11/2008

      Votre comparaison ONGs anglo-saxonnes et MSF France est très limitée et vraiment réductrice. Ce que vous désignez par « moyens économiques » s'appelle aussi sécurité alimentaire, et elle n'exclut en aucun cas l'aide d'urgence et la distribution de nourriture.

      Les ONGs subissent toutes, entre autres, une influence culturelle du pays dans lequel elles se trouvent, comme le montre le mouvement MSF. MSF Belgique, MSF Hollande, MSF Espagne, MSF Suisse... et MSF France ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde au Niger puisque certaines sections continuent de travailler au Niger, et ce n'est pas le seul cas.

      Quand au ramdam de 2005 sur la situation au Niger, souvenons-nous du ramdam fondateur du Biafra en 1971 dont il faut continuer de tirer les leçons en étant vraiment toujours très clair sur son objectif au Biafra, au Niger... ou ailleurs.

      • Annie
        • Posté à 19h35 le 03/11/2008

        Malheureusement je ne pense pas que ce soit réducteur ; la question n'est pas de savoir si c'est la culture française ou anglo-saxonne, mais plutôt jusqu'où la culture de rentabilité et de l'utilisation dite stratégique de l'aide humanitaire fera des ravages. Quant aux leçons à tirer sur le Niger ou bien le Biafra, j'aimerai aussi que l'on tire les leçons de toutes ces années de développement. Je ne souhaite pas opposer l'un à l'autre, mais je voudrai simplement que l'on ne prétende pas que l'un est l'autre, et surtout que l'aide humanitaire ne devienne pas politisée au point d'ignorer les besoins. Vous avez raison, la sécurité alimentaire n'exclut pas l'aide alimentaire ; en tout cas elle ne devrait pas l'exclure. Mais il se trouve que dans la pratique c'est ce qui arrive et vous avez qu'à voir la réaction du PAM sur l'aide alimentaire, pour qu'elle ne devienne pas comme certaines ONG le demandaient une solution de dernier recours.

         
        • compte supprimé16
          • Posté à 12h47 le 04/11/2008

          Si la question n'est pas culturelle, pourquoi la présentez-vous en ces termes ?
          Le débat sur les manquements du développement a eu lieu dans les années fin 80s et 90s. On en a rien retenu... comme ce sera le cas pour le débat sur le tout humanitaire des années 1995/2005.
          Qui détermine qu'il y a une crise, qui détermine qu'il y a des besoins et qui en dresse la hiérarchie ? Qui décide de s'intéresser à telle problématique plutôt qu'à telle autre ?

        1 autres commentaires
  • senlog
    senlog
    Log
    • Posté à 17h26 le 03/11/2008
    • Internaute
      Log

    Je comprends votre point de vue mais encore une fois, est-ce le role des ONGs de trouver des solutions long-terme (voir mon poste plus haut).
    D'autre part certaine des mesures que vous évoquez sont regulièrement mise en place en situation d'urgence. En clair, l'urgence ca n'est pas seulement la distribution directe d'aide alimentaire. Il y a les soins, il y a l'aide à la reconstitution de semences, d'outils suite à un conflit ou une catastrophe naturelle (la « food security ») ou d'autres outils de travail (« IGA : Incomming Generatrice Activities », activités génératrices de revenus), le traitement de l'eau, etc.. tout cela c'est aussi de l'aide d'urgence et pratiqué par les ONGs dont c'est la spécialité.
    Un petit commentaire sur la distribution directe d'argent : mis en place après le Tsunami par ce que la masse monétaire avait été detruite (physiquement, plus de billets) mais très vite remplacé par le « cash for work », la distribution d'argent en echange de la remise en état des champs. cela permet de redonner des revenues aux populations les plus vulnerables (les femmes seules avec enfants en l'occurence, dans ce contexte). La distribution directe d'argent est génératrice de dependance et detruit le tissus socio-economique (un peu aprenti-sorcier le truc).

    • compte supprimé16
      • Posté à 18h46 le 03/11/2008

      Et la distribution de nourriture n'est pas génératrice de dépendance et ne détruit pas pas le tissu économique et social ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h47 le 03/11/2008
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    A propos de la relation entre économie et famine, plutôt que d'importer massivement de la nourriture d'Occident, ne serait-il pas plus profitable pour les régions voisines de leur acheter leur surplus de nourriture (si surplus il y a) pour le distribuer dans les zones de famine ?
    Cela permettrait non seulement de filer à manger aux affamés, mais aussi de booster l'économie des zones alentours, ce qui pourrait peut être leur éviter une future famine.

    • compte supprimé16
      • Posté à 19h19 le 03/11/2008

      Très bon raisonnement mais parfois, la sous-région ne peut pas fournir la nourriture nécessaire et ça a été le cas en Afrique de l'Ouest ces dernières années. Sachant que la spéculation sur les marchés alimentaires y compris régionaux peut contribuer à aggraver une situation, comme cela a été le cas pour le marché des céréales en Afrique de l'ouest en 2005 et 2006. L'image de gens mourant de faim a coté d'entrepos de denrées alimentaires n'est malheureusement pas un cliché infondé.

  • Annie
    • Posté à 17h52 le 03/11/2008

    Toujours à Senlog,
    C'est exactement mon argument ; je ne pense pas que ce soit aux ONG de trouver des solutions à long terme. Et les mesures que j'ai citées et que vous reprenez, je ne les critique pas en soi, lorsqu'elles sont associées à d'autres formes d'aides, surtout immédiates ; j'en reviens à l'article et à MSF, parce que cela me paraît le coeur du problème. Il y a eu un véritable problème au Niger en cela que les foyers d'insécurité alimentaire ne correspondaient pas aux foyers de malnutrition (enfin pas toujours). Si vous ne mettez en place que des interventions de sécurité alimentaire, et surtout si vos systèmes d'alerte ne mesurent que la sécurité alimentaire, ce qui est plus ou moins le cas aujourd'hui et pas seulement au Niger, vous allez passer à côté de nombreux cas de malnutrition. Et il y a eu de la part de MSF une réelle incompréhension, parce que la malnutrition est aussi une maladie qui requiert une aide alimentaire thérapeutique. MSF a l'impression qu'elle possède cette arme thérapeutique, mais que personne n'est disposée à la financer, que ce soit les bailleurs de fonds ou le gouvernement nigérien, parce que ce qui est vraiment privilégié est la santé de l'économie. Il se trouve que c'est une analyse que je partage malheureusement.

    • compte supprimé16
      • Posté à 19h44 le 03/11/2008

      MSF France relaie la croyance bien nationale que la médecine curative est la solution... miracle. La sécurité alimentaire et la nutrition ne s'excluent pas mais se complètent et les SAP (systèmes d'alerte précoce) doivent refléter cette complémentarité.

      Plus simplement, la malnutrition n'est pas seulement le résultat d'un manque de nourriture mais aussi de l'absence de consommation de micro-nutriments, de minéraux... en particulier pour certains groupes de population à certains moments de la vie. En celà, la médecine peut aider mais ne peut le faire utilement que dans le cadre d'une appréhension globale d'une situation de crise et par la mise en oeuvre d'un processus visant à terme à l'indépendance alimentaire des populations.

      • Annie
        • Posté à 20h50 le 03/11/2008

        Je ne pense pas que l'aide soit une solution miracle et MSF n'a jamais prétendu le contraire. Mais le mouvement humanitaire s'est créé en réaction à une souffrance, réelle ou perçue et il est aujourd'hui détourné à d'autres fins ; vous parlez comme beaucoup d'appréhender les choses dans leur ensemble, et d'aider les populations à devenir autonome sur le plan alimentaire et autre ; alors dites-moi pourquoi de nos jours personne ne s'intéresse plus à l'agriculture ou si peu ? Pourquoi le développement économique semble être la condition sine qua non de l'autosuffisance alimentaire ? Pourquoi les ONG sont-elles devenus des sous-traitants des gouvernements du Nord, en préconisant la privatisation de certains services publics, et en conditionnant leur aide à la bonne gouvernance ?

  • compte supprimé16
    • Posté à 23h48 le 03/11/2008

    @ Annie
    Tout simplement parce-que l'indépendance alimentaire des populations n'est l'objectif de personne, même pas de MSF.