Tribune 30/10/2008 à 17h48

Des programmes d'histoire revus et corrigés par le Parlement ?

Bernard Girard | Enseignant blogueur

Bernard Girard est professeur d'histoire-géographie dans un collège de l'Ouest de la France. Il a déjà publié plusieurs tribunes sur Rue89 et souhaitait réagir à l'idée de Xavier Darcos de faire préparer les programmes d'histoire par le Parlement.

Les programmes d'histoire décidés par le Parlement ? Avec cette idée lancée devant la mission d'information sur les questions mémorielles de l'Assemblée nationale, Darcos ne pouvait qu'aller au-devant des désirs maintes fois exprimés par Sarkozy.

Avec l'épisode malheureux de la lettre de Guy Môquet en lycée, avec la proposition -non moins malheureuse- de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant de la Shoah, mais aussi avec le discours de Dakar sur l'Afrique ou celui de Latran sur la France « fille aînée de l'Eglise », on sait la propension du président de la République à réécrire l'histoire mais aussi à dire comment on doit l'enseigner.

Au cours de son audition du mardi 28 octobre, le ministre a d'ailleurs commis un curieux lapsus.

En donnant la liste des lois mémorielles votées ces dernières années et qui doivent obligatoirement trouver leur traduction dans les programmes scolaires -« ça fait partie de nos missions, ce sont des lois, l'école les intègre »-, il a bien imprudemment rajouté -en s'y affichant « favorable à titre personnel »- ce fameux amendement « les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la présence française outre-mer ». (Voir la vidéo)



Le député Christian Vanneste lui fait alors observer que l'amendement en question avait finalement été retiré suite au tollé qu'il avait provoqué chez les historiens et les enseignants. Moment d'inattention ou bien le ministre rêve-t-il tout haut ?

« Les héros... les exemples... les modèles positifs »

Pour savoir ce que seraient les programmes scolaires écrits par le Parlement, il suffit d'écouter les observations présentées par quelques députés suite à la communication du ministre. On peut y voir un Christian Vanneste brandissant le manuel d'histoire-géographie Nathan, scandalisé par la présentation de la question coloniale où « il n'y a pas grand-chose de positif », alors, affirme-t-il, que la colonisation a apporté tellement de progrès médicaux en Afrique et en Asie... (Voir la vidéo.)



Pour Vanneste, l'histoire à l'école doit enseigner « les héros... les exemples... les modèles positifs », mettre en valeur tous ceux qui « ont donné leur vie pour la France », en un mot faire naître chez les élèves « un rapport positif avec leur pays ».

On imagine ce que le thème du héros « positif » (l'adjectif apparaît une demi-douzaine de fois) hérité de la propagande stalinienne pourrait donner transcrit en programme scolaire. Bugeaud, qui enfumait les Arabes dans les grottes serait sans doute perçu comme un bienfaiteur de l'Algérie. Et la mort honteuse de millions de jeunes dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, comme une grande avancée dans l'histoire de l'humanité.

Une morale d'Etat et une sorte de catéchisme historique

Le manuel Nathan se trouve à nouveau bien malmené par le député Lionnel Luca, avec un enseignement qui ne donne pas de « vision positive (encore ! ) de notre histoire ». Pour Luca, l'histoire à l'école doit avoir pour objet de « donner aux jeunes des motifs d'attachement à la nation ».

Il est vrai qu'avec les bûchers de Montségur, le Code noir, les guerres napoléoniennes, la rafle du Vel » d'Hiv » ou les massacres de Sétif, l'attachement à la nation ne va pas de soi.

Une histoire officielle, donc, véhiculant une morale d'Etat, gommant les questions dérangeantes, une sorte de petit catéchisme historique destiné aux enfants, c'est ainsi que pourraient se présenter les programmes d'histoire écrits par le Parlement.

Un Parlement mû par une vision étroitement idéologique de l'histoire, frileusement bornée par les frontières nationales, réduisant les programmes à une série de dates et de personnages, les « héros positifs », qu'il suffirait de mémoriser. C'est d'ailleurs dans cet esprit, précise Darcos aujourd'hui, qu'ont été conçus les programmes du primaire :

« Il est légitime de demander à la représentation nationale son avis sur les programmes. Nous l'avons fait sur les programmes du primaire et cet avis a été utile. »

De nouveaux programmes à chaque changement de majorité ?

Mise au point intéressante : alors qu'on ne sait toujours pas qui a conçu ces programmes bâclés et rétrogrades, que les enseignants ont été superbement ignorés, Darcos, nous apprend que, pour ce qui touche à l'apprentissage de l'histoire, il s'en est remis à la grande sagesse d'éminents spécialistes comme les députés Vanneste et Luca.

Cette énième annonce médiatique du ministre intervient alors que les enseignants de collège découvrent à peine les nouveaux programmes d'histoire applicables à la rentrée 2009, des programmes qui, si le ministre allait jusqu'au bout de sa logique, devraient être retirés de la circulation pour être réécrits par les parlementaires, « une bonne fois pour toutes », a-t-il précisé. « Une bonne fois pour toutes », vraiment ?

Darcos devrait quand même se rendre compte que donner au Parlement la responsabilité de rédiger les programmes d'histoire expose au risque de devoir en élaborer de nouveaux à chaque changement de majorité et que faire dépendre l'avenir de l'école de capricieuses considérations politiques n'est sûrement pas dans l'intérêt des élèves.

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  • kawouede
    • Posté à 20h57 le 30/10/2008

    Je suis bien d'accord meg sur le fond du problème (la politique de casse de l'éducation nationale), et pourtant il faut se défendre : sinon ils se croiront tout permis.

    La présentation « positive » ou « neutre » de tel ou tel épisode : c'est exactement le discours employé par Poutine et ses ministres en Russie, depuis quelques temps. Résultat : les manuels y sont tenus de dire « de manière équilibrée » que le stalinisme avait ses défauts... et ses bons côtés !

    En Italie paraît-il il y avait un million de personnes pour défendre l'école publique aujourd'hui ; bref il reste des raisons d'espérer...

    • quetzal2012
      quetzal2012 répond à kawouede
      • Posté à 12h56 le 31/10/2008

      La question de la mémoire collective, celle du poids du passé et notamment des héritages du 20ème siècle sur les problèmes d'aujourd'hui doit figurer explicitement dans le cahier des charges de l'éducation de tous les adolescents français du 21è siècle.
      Enseigner le rôle positif de la colonisation (qui n'est autre que le capitalisme sous sa forme embryonnaire) reviendrait à expliquer aux élèves le rôle positif de l'exploitation de l'Homme par l'Homme...

      Que voulons-nous pour nos enfants ?

      La question est large, et l'enjeu est très lourd car l'enseignement de l'histoire concerne autant les enseignants et les chercheurs, que l'ensemble des citoyens. Ne prêtons pas le flanc à la lancinante critique de n'être que des « lobbies disciplinaires », mais exprimons la volonté de faire exister et perdurer dans ce pays une intelligence collective.

      La mobilisation en Italie m'a en effet agréablement surpris, je commençais à désespérer des italiens, comme des français d'ailleurs... comme quoi !

      Lien

       
      • Houvaton nouveau compte
        • Posté à 21h18 le 31/10/2008

        Merci Quetzal pour cet excellent article (pour les manifs à Rome, j'étais au courant, rien dans Rue89 ...)

        Je relève
        « vendredi 24 octobre 2008
        Les escadrons du néo-libéralisme

        Les chiens sont lâchés et prolifèrent, aboyant maintenant sur place publique, alléchés qu'ils sont par l'odeur du corps exsangue de l'Amérique latine, les veines ne se sont pas encore refermées. La croisade occidentale financée par de dangereux néo-cons et fondamentalistes chrétiens ont l'alibi des crimes parfaits : les luttes contre le terrorisme et le narcotrafic ... »

        Note personnelle :
        Quand on sait que l'Afghanistan est le premier, et de loin, producteur mondial de pavot à opium et alimente tout le trafic de l'héroïne qui débarque ensuite à Paris ou à New-York revendu 100 fois plus cher, le terrorisme a effectivement bon dos.
        Nos petits soldats, payés avec nos impôts, vont bientôt savoir monter à cheval.

      1 autres commentaires
  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 12h31 le 31/10/2008
    • Internaute
      promeneur écoutant

    Exact ! Rien à ajouter !
    Je suis d'accord avec l'usage de livres qui traiteraient des bienfaits de la colonisation française le jour où les allemands éditeront des manuels scolaires traitant des bienfaits de l'occupation allemande de la France entre 1940 et 44.

  • Désinscrit le 19 avril
    • Posté à 18h21 le 31/10/2008

    C'est clair... Lien

  • meg
    meg
    • Posté à 16h11 le 01/11/2008

    J'ai subitement une petite idée de ce que ces ordures voulaient cacher :

    « Les députés ont repoussé l'âge limite du départ à la retraite. Les salariés qui le souhaitent pourront désormais travailler jusqu'à 70 ans. »

    J'aime beaucoup de « qui le souhaitent » il sent bon la vaseline.

    Lien

    Je pense lire pas mal de journaux et je n'ai pas entendu nulle part aucun journal parler de ce débat à l'assemblé. La retraite à 70 ans ca ne concerne personne ? tout le monde est déjà au chômage ?

    Hier je me souvins avoir lu que le chômage des jeunes auguementais plus que les autres +1 ; 4% de chômage chez les jeunes en Septembre...

  • Pseudo
    • Posté à 18h18 le 30/10/2008

    Le gouvernement se donne bien du mal ! Pourquoi ne pas supprimer les cours d'histoire tout simplement ? On les remplacerait par des cours d'arts plastiques : par exemple apprendre à confectionner une poupée vaudou.

    • Jonas2
      Jonas2 répond à Pseudo
      Les mouches ne me trouveront (...)
      • Posté à 18h38 le 30/10/2008
      • Internaute
        Les mouches ne me trouveront (...)

      Un petit livre bleu du petit timonier ça t'aurait encore plus de gueule, Pseudo.

    • agnès93
      agnès93 répond à Pseudo
      • Posté à 20h35 le 30/10/2008

      Je suis d'accord avec vous, à ce rythme Sarko finira par supprimer purement et simplement l'Education Nationale pour faire des économies. Merci aux 53% ! La dictature rien de telle pour faire place net.

    • Network 23
      Network 23 répond à Pseudo
      • Posté à 17h14 le 31/10/2008

      Pourquoi ne pas supprimer les cours d'histoire tout simplement ?

      Idée lumineuse, en effet, qui a traversé la tête de Xavier Darcos, puisqu'il propose, dans le cadre de la refonte des filières au lycée (fini la section S - scientifique, ES - économique et social - et « l'infâme » L - littéraire), de faire de l'histoire-géographie une matière optionnelle.

      Les maths et l'histoire-géo doivent en effet disparaître du tronc commun dès la Première :

      Lien ;

      Lien

      La réforme est pilotée, entre autres, par le recteur de Marseille, ex-maoïste qui a fait parlé de lui dans Rue 89 :
      Lien

      Ce qui implique qu'un élève pourrait avoir son Bac sans avoir étudié l'histoire du XXe siècle .

      En tout état de cause, on pourrait demander aux députés qui veulent faire de l'histoire une discipline morale de retourner en cours de philosophie , et en particulier d'étudier Kant (égérie des philosophes conservateurs Luc Ferry et Alain Renaut), qui distingue l'histoire de la « philosophie de l'histoire », qui seule a une dimension d'exhortation et de « prophétie », mais rien de bien scientifique.

      C'est qui déjà qui parlait de « défaite de la pensée » ?

  • Houvaton nouveau compte
    • Posté à 18h28 le 30/10/2008

    En France, un recteur d'académie est le responsable d'une académie, circonscription administrative, propre au service public d'éducation nationale.

    Choisi parmi les professeurs des universités, le recteur est désigné en conseil des ministres et nommé par décret par le Président de la République.

    Le recteur d'académie — qui porte également le titre de chancelier des universités — dirige la politique éducative dans l'académie de son ressort, sous l'autorité du ministre de l'Éducation nationale. Il a autorité sur les trois degrés d'enseignement : primaire, secondaire et supérieur, et donc sur l'ensemble du personnel affecté dans les établissements d'enseignement et de services relevant de ses attributions.

    Tous les programmes sont donc revus et corrigés chaque année selon l'orientation de la propagande gouvernementale, monsieur Girard. C'est une vaste entreprise de formatage qui n'éveille pas les jeunes à la notion de citoyenneté mais fabrique des futurs consommateurs idiots, de « bons petits soldats » prêts à servir le dieu Croissance et satisfaire les appetits des puissants.

    Pas la peine donc de vous scandaliser d'une Histoire revue et corrigée par le Parlement car le scandale est permanent, la désinformation et l'embrigadement règles n°1, surtout en Histoire !

    • SUP. à la demande du riverain 02.07.09
      • Posté à 22h00 le 30/10/2008
      • Internaute
        ....

      Et voilà qu'apparaît le personnage du recteur d'Académie, ce grand commis de l'Etat, qui met en oeuvre la politique gouvernementale.

      Dans les dernières réformes, menées par la droite brutale actuelle, c'est un certain Jean Paul de Gaudemar, recteur de l'académie de Marseille qui officie.
      Celui-là était déjà en poste sous Jospin, Lang, Allègre, qu'il a servis avec dévotion.
      Puis il continue avec Ferry (Luc) puis de Robien et Darcos II.

      Il est certainement à gauche. Je veux dire à gauche de la droite.
      Mais c'est surtout un Grand Commis de l'État, capable de mettre tout son talent au service de la pire des idéologies. Très pro, le Jean Paul.

      QUESTION D'HISTOIRE :
      Parmi ces 3 préfets de la République, lequel a tout fait pour quitter cette prestigieuse charge en 1940 ?

      -1- Maurice PAPON
      -2- Jean MOULIN
      -3- Bernard BONNET

  • Ouko
    • Posté à 18h29 le 30/10/2008

    La faillite de l'école française ...

    de Cécile Revéret, Professeur de Français ...

    Lien

    Il est temps que le gouvernement reprenne les choses en main que la gauche et notamment les syndicats d'enseignants qui ont coulé l'Education nationale ........
    le mal ne date pas d'aujourd'hui......

    Mais peut être que certains internautes ont besoin d'autres informations pertinentes ...

    affaire à suivre...

    Ouko citoyen.

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à Ouko
      Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
      • Posté à 18h51 le 30/10/2008
      • Expert
        Enseignant blogueur

      Les derniers ministres de l'EN s'appellent, en remontant la chronologie : Darcos, de Robien, Fillon, Ferry et Darcos (déjà ministre en 2002, on a un peu tendance à l'oublier), politiciens parfaitement respectables mais qu'on ne peut pas qualifier de gauchistes ou de soixante-huitards. Aujourd'hui, après six ans et demi de « reprise en main », on a quand même un peu de mal à en sentir les effets bénéfiques.
      Et puisque vous évoquez indistinctement « les syndicats », il faut préciser qu'il n'y a pas grand chose de commun entre le Snes, le Snalc, l'Unsa ou le Sgen et que les deux premiers cités ont toujours largement contribué à figer le système éducatif. On a encore eu l'occasion de s'en rendre compte ces derniers jours quand Darcos préféré bloquer la réforme des lycées pour ne pas mécontenter le Snes.
      Le collège, quant à lui, reste immobilisé sur la ligne qu'avait fixée il y a un quart de siècle un des ministres les plus conservateurs qu'on ait connus : Chevènement. Comme quoi, il ne suffit pas de se dire « de gauche » pour avoir une école progressiste.

      • A déménagé le 8-10
        • Posté à 20h09 le 30/10/2008

        Vous, on voit bien que vous ne connaissez pas Ouko.

        A moins que votre sacerdoce auprès des élèves dont certains ont le cerveau plutôt « en jachère » ne vous ait habitué à répondre à tout, mais vraiment à tout : -)

        Blague à part, cette idée de faire établir les programmes par le Parlement est, comment dire, soviétique.

         
        • kawouede
          • Posté à 20h59 le 30/10/2008

          soviétique, c'est le mot.

          La chaîne de télé gouvernementale aussi d'ailleurs.

          • Les Chats
            Les Chats répond à kawouede
            • Posté à 08h35 le 01/11/2008

            Ce qui prouve que nous sommes bien dans un gouvernement d'êxtrème droite qui ne dit pas son nom.

        2 autres commentaires
      • Czar.
        Czar. répond à Bernard Girard
        • Posté à 20h47 le 30/10/2008

        Ah parce qu'avoir une « école progressiste » ce n'est pas avoir une école idéologisée ?

        Vous crachez sur une récupération politique de l'enseignement mais vous faites exactement la même chose, c'est à cause de l'activisme politicard au sein d'une école censée être « laïque et neutre politiquement » que vous avez permis aujourd'hui à d'autres de défendre la prise de contrôle par la parlement des programmes (d'ailleurs actuellement sous contrôle étatique par le biais de la Commission nationale des programmes.

        Et à tout prendre je préfère encore la version Lucca (prof d'histoire-géo d'ailleurs) à celle d'une larve ethno-masochiste dans votre genre.

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 12h41 le 31/10/2008

          « d'une larve ethno-masochiste dans votre genre. »

          Il sentirait pas un peu fort le pol-pot le pitit czar ?

        • Bernard Girard
          Bernard Girard répond à Czar.
          Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
          • Posté à 15h08 le 31/10/2008
          • Expert
            Enseignant blogueur

          Quand on en arrive à ce genre d'invectives, c'est qu'on n'a pas grand chose à dire.
          Sur le fond, le « contrôle étatique » est une forme de contrôle politique. Où ai-je écrit que la chose était satisfaisante ? Et qui oserait sérieusement parler de « neutralité » de l'école ?
          Pour voir avec quelle désinvolture sont traités les programmes d'histoire, on peut renvoyer le lecteur au blog de Claude Lelièvre qui fournit sur le sujet quelques informations croustillantes : Lien

        • PonG
          PonG répond à Czar.
          rationaliste fondamentaliste à (...)
          • Posté à 10h24 le 03/11/2008
          • Internaute
            rationaliste fondamentaliste à (...)

          « [...] celle d'une larve ethno-masochiste dans votre genre. »

          C'est fou comme à chacun de vos messages, on meurt d'envie de vous inviter à dîner. Tant d'urbanité, à notre époque vraiment, ça fait chaud au coeur. Des riverains sympas comme ça, on en redemande.

        3 autres commentaires
    • battuta
      battuta répond à Ouko
      • Posté à 11h52 le 31/10/2008

      Avec un titre comme ça j'imagine le niveau... vous trouverez ce livre dans la rubrique « Je lu beaukou » de Valeurs Actuelles entre « Pétain, un destin au service de la France » et « Papon, une victime des marxistes »...arrêtons avec ces conneries : oui nos gamins ne feront pas tous Harvard, non ils ne sont pas plus cons que leurs grand pères, oui il y a des problèmes, non l'école ne coule pas... Et puis ce fantasme du prof de gauche, quelle belle connerie : dans une salle des profs vous trouverez de tout... et être de gauche ne veut pas dire être pareil : je vous l'assure... et heureusement que les gauchos sont là pour débattre : par ce que le groupuscule UMP c'est 200 000 adhérents et pas une idée.. ah, si la troisième tentative de loie mémorielle.... ben.... sinon demian on s'occupe des exclus et du chômage ? ? ? ? ?

  • el Chiquito
    • Posté à 18h32 le 30/10/2008

    L'écriture de « l'histoire officielle », celle qui est enseignée est bien entendu un acte politique. La droite en profite, après les « aspects positifs de la colonisation », les exemples qui vont dans lesens « des valeurs républicaines »...de droite.
    Excellant article qui attire l'attention sur des aspects qui ont tendance à passer inaperçus.

  • sabrina
    sabrina
    NounouOgg ascendant Vimaire
    • Posté à 18h44 le 30/10/2008
    • Internaute
      NounouOgg ascendant Vimaire

    Là, je revêts ma double casquette : instit et historienne...

    Notre cher et adoré ministre de la propagande gouvernementale auprès de la jeunesse, euh, pardon... ministre de l'éducation, s'interroge (comme quoi tout arrive ! ) : ne serait-ce pas aux députés de prescrire ce que l'on devrait trouver dans les programmes d'Histoire à l'école ?

    L'Histoire, en tant que science, se doit d'être objective ; Or, il est difficile d'imaginer que des politiciens soient objectifs, et ce quel que soit leur bord politique ! Dès lors, il y a un risque de voir l'enseignement de l'Histoire devenir un enjeu de propagande, de désinformation.

    Qu'attend t-on de l'enseignement de l'Histoire ? Personnellement, je veux apprendre à mes élèves les évènements qui ont fait que notre pays, notre monde, en est là où il en est aujourd'hui. Leur donner les clefs pour comprendre ce monde et se forger leur propre jugement.
    Or, en écoutant les observations des députés qui seraient prescripteurs à la suite de l'audition du sinistre, il semble que l'on en sera loin.

    • Houvaton nouveau compte
      • Posté à 20h42 le 30/10/2008

      Je suis d'accord sauf sur un point : ce n'est pas non plus aux parlementaires de décider des programmes.
      Alors même qu'internet subit de continuelles attaques gouvernementales, le SIG s'inscrustant un peu partout sur la toile (y compris là où le naïf ne l'attend pas ...), je n'ai jamais autant appris et compris (car il s'agit de comprendre) qu'à travers internet. Principalement grâce à la wikipédia qui est pour moi un extraordinaire outil d'information, ultra rapide qui plus est. Wikipédia a l'avantage de confronter divers point de vue, toujours réferencés sur la base de l'info officielle (sinon tôt ou tard supprimés). Et c'est là que l'extraordinaire se produit : les milieux officiels lachent toujours quelques bribes de vérités et ce sont les wikipédiens, de droite ou de gauche, athées ou croyants, qui reconstituent le puzzle. Au bénéfice du lecteur !

      Maintenant pour mettre à l'épreuve ce que vous dites que pensez-vous de la ligne page 20 : orientation générale CLASSE DE 3ème Le monde d'aujourd'hui : approcher le fait religieux (par exemple : la déchristianisation dans le cadre des transformations culturelles de la société française depuis 1945, ou l'islamisme radical au moment de l'évocation des attentats du World Trade Center).
      Lien

      En comparaison vous avez ça sur internet :
      Lien

      Lien

      ou ça depuis le 03/04/2007 : 9 millions de visionnages et 11ème vidéo la + regardée (toutes périodes) en actualité et politique pour le moment (pour la petite histoire du hasard des chiffres) sur le site anglo-US.

      Lien

      (liste non exhaustive bien sûr)

      • Spiripotain
        Spiripotain répond à Houvaton nouveau compte
        promeneur écoutant
        • Posté à 12h42 le 31/10/2008
        • Internaute
          promeneur écoutant

        Wikipédia est la pire bouillie intellectuelle qui puisse exister. Et un fantasme vain. Penser que n'importe qui peut écrire sur tout et n'importe quoi et que le conglomérat de tout ça produit de la connaissance est une utopie dévastatrice.
        C'est le contraire qu'il faut encourager, des points de vue particuliers à confronter (par le lecteur). La dialectique plutôt que le compromis mou.
        C'est ce qui se tente lentement mais sûrement ici :
        Lien
        Ca, je préfère !

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Spiripotain
          • Posté à 17h35 le 31/10/2008

          Wikipédia n'est ni la « pire bouillie intellectuelle », ni - encore moins - la panacée pédagogique (sommé de choisir entre l'opinion de Houvaton et la votre, je serai tout de même tenté de vous suivre).

          En fait, Wikipédia est à l'image d'Internet : il y a des infos intéressantes, mais tout comme le mensonge n'était pas légalement réprimé dans les contrats juridiques antiques, la loi étant faite pour les citoyens avertis, l'information n'est pas une donnée qui s'avale toute mâchée, mais des mots qu'il faut lire en perspective et retravailler.

          Condamner sans autre forme de mesure Wikipédia ou en faire l'apologie sans nuances revient au même : on se prive d'une lecture intelligente.

          Mais il est sûr que la réforme actuelle, qui vise à rendre un tas de matières optionnelles (dont l'histoire-géo) et qui veut remplacer les filières S, ES et L par des dominantes « humanités et arts, sciences, sciences de la société et technologie » (on voit mal comment on peut étudier, au XXIe siècle, les « humanités » en faisant l'impasse sur les sciences sociales), enlèvera toute possibilité aux « eaux bouillonnantes de la jeunesse » (Braudel) d'une telle lecture réfléchie.

          Laisser passer cette réforme, c'est se foutre de la gueule de la jeunesse !

          Après, il ne reste plus qu'à lire la nouvelle de Buzzati, dans Le K , où ceux-ci font la chasse aux vieux.

          L'UMP cherche la guerre sociale et divise les générations et les familles entre elles. C'est pas très conservateur comme programme, mais bien ultra-réactionnaire.

          • Spiripotain
            Spiripotain répond à Network 23
            promeneur écoutant
            • Posté à 18h17 le 31/10/2008
            • Internaute
              promeneur écoutant

            J'admets avoir exagéré. Wikipedia est un outil, certes, et en tant que tel, il implique un usage, il nous produit autant que nous le produisons et son immense défaut (outre les articles de mauvaise qualité, je vous conseille celui sur le film Vertigo, d'Alfred Hitchcock, qui est du niveau fanzine d'ados) est d'annuler toute distance entre celui qui cherche et l'objet de sa recherche. Un clic et c'est là et quand je veux !
            Je ne vais pas épiloguer mais seulement donner un exemple : je donne des cours dans une grande école. Chaque année, je colle entre 2 et 4 zéros pour des dossiers entièrement copiés-collés (notamment à partir de Wikipédia). Et les coupables sont les futurs dirigeants de ce monde... C'est tout dire...

            • Houvaton nouveau compte
              • Posté à 10h53 le 01/11/2008

              Je vous sens assez éloigné de Jim Fetzer, prof au Minesota (ou de Daniele Ganser, suisse) :

              Lien

              Quant à Vertigo (Sueurs froides) sur WP, s'il est pour vous de mauvaise qualité, améliorez-le ! ! ! ! Franchissez le pas :
              Lien

              • Spiripotain
                Spiripotain répond à Houvaton nouveau compte
                promeneur écoutant
                • Posté à 20h07 le 01/11/2008
                • Internaute
                  promeneur écoutant

                Effectivement, après avoir regardé la vidéo avec Jim Fetzer, j'admets être aux antipodes de ce personnage...
                Quant à Vertigo, il y a, heureusement plein de publications formidables sur le sujet, donc Wikipedia...

        • Houvaton nouveau compte
          • Posté à 20h59 le 31/10/2008

          Spiropotain, vous racontez n'importe quoi !
          L'article parle de la propagande de l'Enseignement. Cette propagande est justement combattue, battue en brèche, dans la wikipédia par l'affrontement permanent des différentes sources officielles.
          C'est le savoir par tous et pour tous mais pas n'importe comment ! ! ! !
          Si vous trouvez un article incomplet, mal rédigé ou autre, rien ne vous empêche de l'améliorer. Votre contribution sera tôt ou tard soupesée, analysée par une foule d'observateurs wikipédiens qui ne vous feront aucun cadeau.
          Il n'y a pas de consensus mou dans wikipédia. Au contraire, notamment concernant les sujets d'actualité « politique » au sens large, les guerres d'édition sont d'une rare violence mais vous pouvez être sûr par contre que chaque phrase qui ne fait pas l'objet d'un « manque de référence », si elle tient une semaine ou un jour, sera aussi fiable que le granit est dur.
          J'apprécie wikipédia justement parce que ni sa forme ni son contenu ne sont « scolaires ». Personne n'est le maître dans la wikipédia. Elle reflète la réalité du monde qui évolue et bouge sans cesse. Elle le reflète à chaque seconde. Un peu comme une grande démocratie qui fonctionne toute seule sans président ni parlementaires. En plus elle est gratuite, sans pub et aucun contributeur n'est rétribué. Elle ne coûte rien (ou si peu) et enrichit tout le monde. C'est le « bazar » qui triomphe de la cathédrale. Les logiciels libres relèvent du même principe. Aujourd'hui l'Etat et les administrations utilisent quoi ? Les logiciels libres (et les journalistes se refèrent régulièrement à la wikipédia pour améliorer voire « soupeser » leurs articles, les fouineurs et les curieux aussi)...

          • Spiripotain
            Spiripotain répond à Houvaton nouveau compte
            promeneur écoutant
            • Posté à 20h15 le 01/11/2008
            • Internaute
              promeneur écoutant

            Vos arguments sont impeccables. Démocratie, savoir partagé et débattu, gratuité, que vouloir de plus ? Nous touchons là à l'utopie. Alors pourquoi résister ? Pourquoi soupçonner que la transmission du savoir ne relève précisément pas de ces exigences ? Pourquoi craindre que l'ignorance s'accumule ? Pourquoi se figer dans une vieille conception du savoir qui implique un certain type de rapports entre celui qui donne et celui qui reçoit, une certaine distance, indispensable, et enfin un certain chemin à accomplir pour accéder à ce savoir ? Désolé, mais j'en reste là et Wikipédia est l'inverse de cela.
            J'aimerais penser autrement mais cela me paraît difficile...

        6 autres commentaires
    • jissé
      jissé répond à sabrina
      • Posté à 11h39 le 31/10/2008

      Sabrina, bonjour.
      Edit : copie conforme pour PMB.

      On est actuellement en plein sovietisme.

      En Pologne, après Jaruzelski, une assoce de bénévoles
      s'est créée pour appeler à témoigner ceux qui l'avaient vécue, ce qu'il en avait été REELLEMENT et rectifier l'histoire « officielle' !
      Le tout publié dans une revue financée par des dons.

      A quand une “Kresowe Stanice” (nom de la revue) Made-in-France ? ?

      Cordial bon vouique.
      Et mort aux kongues.

      Jissé

  • lesuperdidou
    • Posté à 18h45 le 30/10/2008

    Que le ministre Pampers disent des conneries, nous y sommes habitués, que des salauds les cautionnent c'est une autre histoire mais sûrement pas la notre.

  • sinead
    sinead
    électeur
    • Posté à 18h46 le 30/10/2008
    • Internaute
      électeur

    Si les français s'intéressaient aux histoires de coucheries / de patrimoine / de morale ... des hommes politique la France aurait eu du mal à se choisir un président

    Comme disait un célèbre sénateur : « En bien ou en mal l'essentiel c'est qu'on parle de moi »

    Belle démonstration de la montée en puissance de Besancenot, de ses idées ou du moins de ce qu'il représente à savoir la rupture entre le parti socialiste et toute une frange de la population qui ne s'y reconnait plus...

    • Houvaton nouveau compte
      • Posté à 22h45 le 30/10/2008

      Si vous faites reference à l'article précédent « Non, les médias ne protègent pas un Besancenot qui roule sur l'or », j'en profite pour dire qu'il m'est impossible d'ajouter d'autres commentaires, la page se crispant vers le bas, j'ai eu le temps de lire qu'un autre commentateur avait le même problème.
      Cet article sur OB reprenant une caricature, considérée comme un hoax par nos éminents experts journalistes, est lui-même une caricature. Exemple son appart de 55 m2 à Paris estimé à 37000 euros ... c'est mignon tout plein. Un gars qui se dit communiste révolutionnaire et achète à crédit son appart comme la moitié des consommateurs français sans lutter du côté des « gens sans terre » me mets un peu les boules.
      Pour ma part je continuerai à voter blanc dans cette mascarade de démocratie en appelant de mes voeux la démocratie directe avec ses referendums d'initiatives citoyennes pour faire contre-poids à cette oligarchie mafieuse gauche/droite, oligarchie en totale connivence avec les medias, y compris bien sûr Rue89.
      Ne suis ici que pour les commentaires.

      • Bee
        • Posté à 12h31 le 31/10/2008

        Si je ne désapprouve pas votre message en substance, votre exemple est inexact, ne confondons pas tout...

        « Exemple son appart de 55 m2 à Paris estimé à 37000 euros “ Il n'est pas dit que son appart est estimé à 37000 euros il est dit :
        ‘Il est copropriétaire depuis 2004 d'un appartement de 55 m2 dans le XVIIIe arrondissement de Paris : la valeur de son patrimoine est de 37 000 euros.’

        La valeur de son patrimoine est de 37 000 euros, l'appartement en question ayant été acheté à crédit, Besancenot a remboursé pour l'instant un montant égal à 37k euros du capital.

        Le reste de la valeur de l'appartement appartient au patrimoine de la banque et est transféré à celui de Besancenot au fur et à mesure de son remboursement.

        Je ne trouve personellement pas choquant qu'il achète un appartement à crédit comme tout le monde qui aspire à fonder un foyer, on peut vouloir lutter sans pour autant n'être que lutte.

         
        • Houvaton nouveau compte
          • Posté à 21h02 le 31/10/2008

          Le crédit est le plus vaste piège pour le consommateur qu'ont pu imaginer les banques. Fonder un foyer ? Chaque mois, en ce moment, 60 mille familles US se retrouvent à la rue pour avoir acheté leur maison à crédit. Phénomène qui n'est pas prêt de s'arrêter. Le crédit rend esclave et deresponsabilise le consommateur. Je sais bien qu'acheter une maison à crédit est le choix du plus grand nombre mais c'est non seulement une grosse erreur sur le plan de l'intérêt général mais banalise également le fait qu'on doive bosser 20, 30 ou 40 ans pour se payer un bien de première necessité : le logement !
          Beaucoup n'y trouve rien à redire. Moi si ! Besancenot fait « comme tout le monde » et ne se bat pas au quotidien pour changer la donne et rendre légal le fait de pouvoir vivre autrement sans polluer ou en recyclant soi-même ses propres déchets, sans consommer tout et n'importe quoi, sans crédits, pour la décroissance et une meilleure qualité de vie. Besancenot qui se dit communiste révolutionnaire et prétend vouloir lutter contre la capitalisation des banques me fait bien marrer justement parce qu'il ne remet pas en question l'injustice profonde qui consiste à passer sa vie à devoir se vendre pour se loger dignement. Il existe pourtant une autre façon de vivre et d'habiter mais notre postier « révolutionnaire » l'élude totalement (normal, car ici la lutte est et sera intense pour obtenir gain de cause ! ) :

          Lien

        1 autres commentaires
  • Garp
    • Posté à 18h54 le 30/10/2008

    Toute dictature commence par réécrire l'histoire dans le sens qui l'arrange.
    Et dire qu'il en est qui se demandent encore où l'on va ...

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 19h14 le 30/10/2008
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    les grandes heures du parlement ( godillots , capitulation devant Pétain etc etc) seront-ils racontés objectivement dans ces manuels d » histoire révisés ?

    • Jonas2
      Jonas2 répond à Numerosix
      Les mouches ne me trouveront (...)
      • Posté à 19h28 le 30/10/2008
      • Internaute
        Les mouches ne me trouveront (...)

      Ah ! Numérosix. Arrête avec ton persiflage de gauchiste.
      Puisqu'on se tue à t'expliquer que la politique n'a pas droit de citée à l'école.
      Les thèses de droite étant par définition apolitique doivent, en revanche,avoir une place privilégiée dans les programmes.
      De même que le droit canon de notre sainte-mère l'Eglise dont la France faut-il le rappeler est la fille ainée.
      Il faudrait d'ailleurs rétablir le régime du concordat pour l'école avec enseignement obligatoire du catéchisme.
      On n'est jamais trop scrupuleux en matière d'objectivité.

  • compte supprimé 13
    • Posté à 19h41 le 30/10/2008

    M. Girard

    j'ai envie de vous dire « chiche ! éloignons les politiques et enseignons l'Histoire, mais la vraie, pas celle d'un parti ou d'une idéologie ou d'un lobby dominant ».
    Parlons de tout, pas de l'Histoire des vainqueurs mais celle qui s'est déroulée et qui conditionne encore notre vie.
    Vous etes prêt ? il va y avoir de grands bouleversements dans la société.
    Si vous n'êtes pas prêt, inutile de vous indigner.

    Petit PS (post-scriptum pas l'autre) : où étiez-vous (vous les enseignants) quand les lois Gayssot ont été votées et que des historiens rédigeaient des pétitions contre cette vision de l'Histoire ?

    • Bernard Girard
      Bernard Girard répond à compte supprimé 13
      Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
      • Posté à 21h10 le 30/10/2008
      • Expert
        Enseignant blogueur

      Les profs d'histoire, du moins pour beaucoup d'entre eux, sont très motivés par le débat sur les lois mémorielles. Ce n'est pas parce que les médias n'en font pas état qu'il faut ignorer leurs contributions, leur engagement, sur leur lieu de travail ou au sein d'organisations pédagogiques ou professionnelles. Et pour un média comme Rue89 qui ouvre ses colonnes à ceux qui ont quelque chose à dire, combien d'autres restent indifférents ou préfèrent laisser la parole à quelques « noms », toujours les mêmes ?

      • compte supprimé 13
        • Posté à 22h27 le 30/10/2008

        Je vous crois bien entendu lorsque vous dites que votre profession se sent « motivée » par ce débat.
        Mais avouez qu'il est tout de même curieux que - pour une fois - nulle manifestation (sous quelque forme que ce soit) n'ait été organisée, alors que des historiens ou des juristes ont manifesté leur désaccord. Le corps enseignant nous a habitués à davantage de « démonstrations » et sur des sujets parfois mineurs au regard de celui-ci.

         
        • mass0
          • Posté à 11h54 le 31/10/2008

          Je crois malheureusement que le corps enseignant est complètement démotivé, par ce qu'il leur est promis dans un futur proche.

          Les politiques ont réussi a faire des profs (comme la plupart des fonctionnaires) des boucs émissaires, vis à vis des autres salariés. Je comprends leur démotivation quand on voit comment les parents d'élèves agissent plutôt que de les soutenir.

          • citoyenne inquiète
            • Posté à 12h57 le 31/10/2008

            Tout à fait d'accord avec vous : l'éducation nationale est attaquée de tous les cotés et les profs se sentent bien seuls pour la défendre. Les médias leur donnent rarement la parole et les parents ne semblent pas concernés. Dernier exemple en date . Jeudi 23 octobre : 25 000 personnes manifestaient à Paris pour la défense du service public et contre les suppressions de postes dans la Fonction publique - parmi eux des profs qui ont fait grève. Quel média en a parlé ?
            Je suis actuellememt à Milan. Depuis 10 jours, lycéens et étudiants se mobilisent contre la « privatisation » de l'école publique. Ce mouvement prend de plus en plus d'ampleur : à la différence de la France, les parents sont aussi dans la rue !
            (question annexe : rue 89 ne pourrait-elle écrire un article sur la situation en Italie, la plupart des médias français laissent entendre que les Italiens sont heureux d'avoir Berlusconi, c'est faux comme le prouvent ces manifestations)

            • Lorycalque
              • Posté à 00h03 le 02/11/2008

              Tout à fait exact, et c'est d'ailleurs du mécontentement dans le primaire qu'est parti le mouvement en Italie, précisément parce que les parents d'élèves refusent ce qui serait un retour en arrière de près de 40 ans, outre à devoir trouver à leur frais une garderie l'après-midi. D'ailleurs les femmes, déjà les plus mal loties de l'Europe occidentale pour l'accès à l'emploi, le poids du travail domestique le plus élevé d'Europe, et leur utilisation comme ammortisseuses sociales non rétribuées, sont particulièrement remontées contre la réforme Gelmini parce qu'elles savent bien qu'elles seraient les premières à en faire les frais, y compris dans l'enseignement, puisque 2 sur 3 se retrouveraient sans emplois, et que comme chacun sait les instits sont essentiellement...des femmes.

          • Houvaton nouveau compte
            • Posté à 21h52 le 31/10/2008

            Moi je crois que le corps enseignant est complètement formaté et complètement motivé pour conserver des « acquis sociaux » distribués par les gouvernements successifs.
            Combien d'enseignants se sont bougés le cul au côté des étudiants, pas encore tout à fait formatés, en lutte contre la loi Pécresse, l'hiver dernier ? ? ? ? ? Infâme loi qui est finalement passée à cause de la lacheté de 99% du corps enseignant.
            Alors arrêtez vos salades.

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