L'écrivain Kléber Haedens aura un collège à son nom à la Garenne-Colombes dans les Hauts-de-Seine (92). Le conseil général, à majorité UMP, a voté pour ce choix de Philippe Juvin, maire UMP de la ville.
Verts, PS et PC se sont prononcé contre, en accord avec le MoDem qui a condamné la décision, qualifiant Haedens d'auteur de « la mouvance maurrassienne, nationaliste et royaliste ».
Kléber Haedens était-il un de ces affreux qui, comme Céline, ne mérite pas de voir son nom sur une plaque ? Il est d'abord un écrivain oublié.
A juste 30 ans, Kléber Haedens publie une érudite « Histoire de la littérature française », commandée par l'éditeur René Julliard. Le jeune critique littéraire publie son oeuvre majeure en 1943. En 1988, Le Quotidien de Paris salue sa réédition, préfacée par l'académicien Michel Déon :
« Kléber Haedens n'a exclu personne, même pas les vieux auteurs grincheux et ennuyeux, de la fête à laquelle il nous convie. Il réussit à faire revivre les morts en les revêtant du corps glorieux de leurs brillantes années. »
Philippe Juvin, maire de la Garennes-Colombes, en a fait son livre de chevet : « C'est une histoire subjective écrite par un anarchiste littéraire. Il avait des passions littéraires. »
Kléber Haedens : « bougrement, joyeusement » réactionnaire
L'un de ses projets pour le futur collège est de le faire figurer en bonne place dans le programme scolaire. Ce qui lui a valu les foudres du MoDem :
« Cet ouvrage met notamment en cause la pensée des philosophes des Lumières, qui ont inspiré la Révolution et les fondements de notre République. Philippe Juvin, qui décrit sur son blog cette “Histoire de la littérature française” comme “le premier des tous les livres”, souhaiterait d'ailleurs que cet ouvrage soit distribué à tous les enfants entrant en sixième pour “développer leur esprit critique” ! »
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Une attaque qui agace le maire amoureux des lettres : « Mais sur le plan politique, il n'y a rien, il n'a jamais rien écrit de politique. » Et de défier ses adversaires de trouver un passage qui pose problème. « J'ai cherché, fait des enquêtes. Il n'y a rien. Ils n'ont jamais lu Kléber Headens. » (Ecouter le son)
Réac, Kléber Haedens ? « Bougrement. Et joyeusement. Réactionnaire de tempérament, d'instinct, par refus d'être dupe (…) Haedens, à l'image de Daudet [Léon, écrivain et polémiste d'extrême-droite, ndlr] s'impose comme un lyrique mais d'un lyrisme distinct du polémiste, plus en retrait, boudant au fracas politique », écrit Eric Vatré, spécialiste des figures maurrassiennes, dans le « Quotidien de Paris » en 1986.
Maurras, « l'amant de la beauté pleine et entière »
Maurrassien, Kléber Haedens ? Copain de Maurice Blanchot, de Drieu la Rochelle et d'autres écrivains de droite, il était proche de Charles Maurras, a collaboré à plusieurs publications d'extrême-droite, notamment à L'Action française où il tenait la rubrique culturelle. Kléber Haedens écrit du chef de file des nationalistes et monarchistes de l'époque :
« Maurras n'est pas seulement le défenseur de l'intelligence et de la raison, l'ennemi intrépide de la bêtise, il est aussi l'amant de la beauté pleine et entière. »
Philippe Juvin, sur la défensive,assure que pendant la guerre, Haedens a servi de « boîte aux lettres » à Pierre de Bénouville, écrivain, homme politique et résistant (ex de L'Action française). Ajoute qu'à la Libération, le chroniqueur littéraire, fou de rugby, jouait au tennis avec Jacques Chaban-Delmas :
« Vous imaginez Chaban-Delmas, général de la Libération, jouer au tennis avec un type qui aurait fait des choses horribles pendant la guerre ? Tout ça est décalé. »
Certes, Kléber Haedens avait de mauvaises fréquentations, mais jamais il ne s'était attiré de telles foudres de son vivant. Il a obtenu le prix Interallié pour « L'été finit sous les tilleuls » et le prix de l'Académie française pour « Adios ». Dans les années 80, un prix Kléber-Haedens avait été fondé par la fondation Mumm. Parmi les lauréats, Antoine Blondin.
Un mastodonte hédoniste, cultivé, provincial
Ses livres, romans et recueils d'articles ou de pensées, ont étés réedités après sa mort, et certains sont encore disponible à la vente. Son « Histoire de la littérature française », érudite et indocile, éreinte quelques monuments. De Victor Hugo, Kléber Haedens écrit :
« Son théâtre, construit sur l'indigente pensée qu'il est urgent de marier le grotesque et le terrible, le bouffon et le sublime, semble avoir été inventé par un spadassin de mélodrame en délire. On l'excuse en disant que les vers sont beaux. Ce n'est pas vrai. »
Plus loin, il célèbre Gérard de Nerval, Max Jacob, Corneille, Malraux, Théophile de Viau et témoigne ainsi de son grand amour de la lecture. Qu'il transmet merveilleusement au lecteur.
Ses portraits parus dans la presse ou dans la biographie qui lui a été consacrée par Etienne de Montety - directeur du Figaro littéraire - racontent un mastodonte hédoniste, cultivé, provincial, fou de rugby, d'écriture et de dîners avec ses copains.
Peut-on avoir été un mastodonte hédoniste, cultivé etc. et avoir été monarchiste et nationaliste ? Oui. Peut-on avoir été brillant et d'extrême-droite ? Oui. Et les écrivains Georges Bernanos, Maurice Blanchot et Maurice Barrès ont bien des établissements scolaires à leur noms.
► Rectifié le 23/10 à 13h03. Titre changé, pour tenter de mieux qualifier le positionnement politique de Kléber Haedens (cf. commentaires).



















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à Panama
De MartineB
conceptrice-rédactrice | 16H33 | 23/10/2008 |
Et quand le maire de la ville en question dit qu'il souhaite que l'ouvrage principal de Haedens, Une Histoire de La Littérature Française, soit offerte par le Conseil Municipal à tous les enfants entrant en sixième, parce qu'il s'agit d'une oeuvre écrite par un esprit « libre et anticonformiste, bien plus apte à développer leur esprit critique que le Lagarde et Michard », vous ne trouvez pas qu'il y a problème ?
Bien sûr, et bien heureusement, Philippe Juvin est à côté de la plaque car cet ouvrage n'intéressera pas les enfants. Reste ce qui peut s'apparenter à une tentative d'endoctrinement…
à MartineB
De Panama
enseignant | 18H27 | 23/10/2008 |
Je ne trouve pas ça très fin de la part du maire, certes, mais je doute que cette mesure soit adoptée. Cela dit, si on commence à traquer les « tentatives d'endoctrinement » à l'école, on va avoir du boulot. La manie de trier entre les « bons » et les « mauvais » auteurs a la vie dure, il me semble, et je n'aime pas plus une école qui veut à tout prix former des gentils citoyens bien-pensants que celle qui voulait former de valeureux petits soldats.
à Panama
De dem92
Cadre | 16H57 | 23/10/2008 |
Le MoDem de La Garenne Colombes propose le nom de Jacques Tati, qui a vécu dans cette commune et qui ferait un lien avec le passé cinématographique de cette dernière.
N'est-ce pas agréable l'idée de croiser Mr Hulot dans les couloirs ? ; -)
http://www.la-garenne-democrate.com/kleber-haedens/lettre.asp
à MartineB
De noemielubitsch92
houlà | 11H30 | 25/10/2008 |
CQFD ! Merci MartineB !
si nous étions dans un match de foot, je dirai 1 partout, la balle au centre et on reprend. Mais bien que nous soyons en République, donc dans un système démocratique, nous sommes à la Garenne-Colombes, le terrain de jeu d'un homme qui a des ambtions (pour lui, pas pour sa ville ni son département … pardon, il a en a pour sa région : lire article du figaro d'hier) : donc, on continue à jouer sans s'occuper des buts marqués, puisque le Maire, grand érudit devant ses électeurs, dit ce qu'il faut penser et est sûr de son bon droit (pardon là aussi,plutôt sûr de son pouvoir) . Et pour ma part, je mets au Panthéon de mes écrivains préférés Montesquieu et Voltaire, qui s'ils n'ont pas toujours au raison, ont eu le mérite de me faire réfléchir, notamment sur ce que doit être une société, une démocratie.
Dans l'attente utopique de vrais débats à La Garenne-colombes, bon week-end à tous (une heure de plus … pour réfléchir ? )
De sigismund
12H28 | 23/10/2008 |
De plus, pour extrapoler le débat : « un artiste a-t-il obligation de sainteté ? ». Cette manie de décortiquer les biographies pour y trouver les plus petites zones d'ombre… Tout comme ce livre anglais sorti il y a quelques temps sur la sexualité de Kafka…
Reproche-t-on à Victor Hugo son passé réactionnaire, alors qu'il a été un fervent partisan de la restauration dans sa jeunesse, et écrit des choses édifiantes comme « Ode sur le rétablissement de la Statue d'Henri IV » ?
Quand David Bowie demanda à Brel l'autorisation de reprendre « Amsterdam », celui-ci lui aurait répondu : « je ne donne pas mes chansons à un pédé »… A quand l'article « un collège peut-il porter le nom d'un chanteur homophobe ? » Brel est né en 1929, avec l'univers mental et social qui va avec, on ne peut pas lui demander d'être au diapason de tous les combats d'avant-garde de son époque…
De nestor
12H41 | 23/10/2008 |
la vérité d'un jour n'est pas celle du lendemain , pour moi un écrivain est bon ou mauvais mais pas réac ou bien pensant . Céline est le plus grand écrivain du xx ème siècle et pourtant c'était un salaud . Haedens fait partie de cette école des « hussards » ( Nimier , Blondin ) qui a son charme .
à nestor
De MartineB
conceptrice-rédactrice | 13H10 | 23/10/2008 |
OL, mais si l'on part du principe qu'une école, un collège, un lycée doivent être porteurs des valeurs de la République, peut-on concevoir que le nom de ces écrivains nationalistes serve à baptiser un établissement d'enseignement ?
De Phil2922
Retraite invalidité | 12H54 | 23/10/2008 |
Peu importe le nom de leur collège, les gamins auront toujours l'impression d'aller au chagrin avant d'aller à celui de leur travail s'ils ne pointeront pas à la plus grande entreprise de France : l'ANPE
Tant qu'il ne mette pas de collège au nom de BHL… !
à Phil2922
De dem92
Cadre | 16H55 | 23/10/2008 |
Il faut aussi voir quelle alternative est proposée. En l'occurence le MoDem de La Garenne Colombes propose le nom de Jacques Tati, qui a vécu dans cette commune et qui ferait un lien avec le passé cinématographique de cette dernière.
Là au moins, en allant au collège, on pourrait s'attendre à croiser Mr Hulot ! !
Il était également proposé « Collège des Champs Philippe » en référence au quartier (où il sera implanté) et au « Collège Les Vallées », autre quartier de cette ville.
http://www.la-garenne-democrate.com/kleber-haedens/lettre.asp
De Bardamu
difficile | 19H27 | 23/10/2008 |
Oui, oui.
Baudelaire était férocement antisémite et politiquement d'extrême-droite : il faut l'exclure d'urgence des manuels scolaires. Et je ne parle même pas de Voltaire : lisez les passages révoltants de Candide !
Le Lycée Louis le Grand célèbre un odieux tyran, à débaptiser d'urgence !
Un autre maurrassien, proche de l'Action française dans sa jeunesse, c'est le général de Gaulle. A ostraciser de toute urgence ! No pasaran !
Allez, au suivant ! On les pend par le croc à nobles et on les passe à la trappe à nobles ! Merdre de merdre !
Comme c'est beau tous ces fantasmes de purification idéologique… Ce zèle rafraichissant de la police de la pensée toujours aussi vigilante…
Mais je comprends la rage impuissante de tous nos Trissotins bien-pensants : le style, comme le libertinage, a toujours été de droite.
De litrondelnefaitpasleprintemps
13H21 | 23/10/2008 |
Pour le commentateur qui fait référence à Paul Lapie et qui se fiche du nom de son établissement. Cela témoigne d'une culture défaillante…
Qui était Paul Lapie ? un recteur d'académie. C'était aussi un disciple d'Emile Durkheim sociologue français qui s'est intéressé à la question de la mobilité sociale par l'école. Si l'ancien élève de Paul Lapie de Courbevoie avait fait des sciences économiques et sociales. Il l'aurait sans doute appris… Encore faut-il que ce soit un enseignement considéré comme utile à tous les citoyens et donné à tous les élèves de 2ndes.
Cet exemple montre qu'à travers le nom d'un établissement on entend promouvoir un idéal républicain. La Garenne-Colombes pourra t'elle s'enorgueillir d'avoir un établissement scolaire qui porte le nom de celui qui fut « le plus dévoué » des anciens secrétaires particuliers de Charles Maurras, l'ami et collaborateur de Xavier Vallat (ex-commissaire aux questions juives du régime de Vichy), et l'un des membres de l'OAS ? Ah, j'oubliai… ce n'est pas un modèle pour les jeunes : Roselyne Bachelot compte-t-elle s'appuyer sur le collège qui porte le nom d'un poivrot pour promouvoir la lutte contre l'alcoolisme des jeunes ?
à litrondelnefaitpasleprintemps
De Bardamu
difficile | 13H35 | 23/10/2008 |
Vous avez raison, c'est honteux.
D'ailleurs je connais le cas d'un collège qui porte le nom d'un ancien vichyssois, décoré de la Francisque par le Maréchal Pétain, et qui fut toute sa vie l'ami du sinistre Bousquet.
Il paraît même qu'il aurait, comme ministre de l'intérieur, donné des pouvoirs de police à l'armée pendant la guerre d'Algérie, ce qui déboucha sur les actes de torture que l'on sait !
J'espère de tout coeur qu'un nom aussi chargé d'opprobre cessera d'encombrer le fronton de bâtiments destinés à l'éducation de notre belle jeunesse !
Vigilance & dénonciation !
De Citizen Kanzaki
Etudiant | 13H37 | 23/10/2008 |
Je ne vois ici qu'une seule véritable raison de ne pas nommer un collège Kléber Haedens : il ne s'agit QUE de la volonté politique et sentimentale d'un homme, amateur de cet auteur.
Que Haedens ait été fasciste, communiste, naziste, trotskiste, si ses écrits sont aussi bons que sa voie politique « mauvaise » - jugement personnel - et si la volonté du maire était celle de faire découvrir cet auteur, alors, oui, qu'on baptise un collège Kléber Haedens !
Mais ici - en tout cas de ce qui semble ressortir en partie de l'article - nous sommes loin de cette volonté d'un érudit vers les jeunes. Citer un autre auteur d'extrême-droite pour soutenir Kléber Haedens montre clairement l'optique du maire. Dire qu'il a écrit le « premier livre » est un exemple de plus du choix partial et irréfléchie du maire.
Qu'on baptise de lycée L.Céline et des collèges K.Haedens ! Mais qu'on le fasse pour les bonnes raisons.
De Albert Fulor
13H47 | 23/10/2008 |
Il y a quelques années un collège Diwan (écoles associatives bretonnes sous contrat), du Finistère voulut s'appeler Roparz Hemon, du nom d'un linguiste et écrivain britophone que peu connaissaient et dont effectivement la biographie comporte des périodes qui posent interrogation. Ceci aurait pu rester un fait très local. Une réflexion approfondie sur la personnalité de l'écrivain de la part de l'association elle-même aurait pu lui faire changer d'avis.
Cependant de Charlie Hebdo au Figaro, toute la presse nationale française s'est emparée de l'affaire, accusant les militants linguistiques bretons de vouloir blanchir « l'histoire sombre de la Bretagne » en faisant honneur à un écrivain « nazi ».
Il faut croire que l'affaire avait de l'importance. Pendant plusieurs mois, les médias se sont intéressés à cet événement, eux qui habituellement ne s'intéressent pas à la diversité culturelle de ce pays et rarement à celle du monde. L'affaire avait de l'importance puisqu'à cette époque la France devait se prononcer sur la ratification ou non de la Charte Européenne des Langues les moins répandues. Plutôt qu'à un véritable débat démocratique nous avons eu droit à une guerre sournoise.
A ma connaissance, le Collège ne porte plus le nom de Roparz Hemon, mais il y a toujours en France des rues Alexis Carel et des stades Pierre de Coubertin.
De Jean-Marc Proust
chargé de communication | 14H07 | 23/10/2008 |
Le jour où il n'y aura plus de rues Lénine en France, on pourra se poser la question d'une épuration des plaques d'écrivains…
Et en quoi est-il plus blâmable d'avoir une rue Aragon qu'une rue Drieu (ils étaient pour le moins très très amis), qu'une rue Céline, qu'une rue Haedens (que je n'ai pas lu, je l'avoue), qu'une rue.. Coluche ?
à Jean-Marc Proust
De MartineB
conceptrice-rédactrice | 14H10 | 23/10/2008 |
Ce n'est pas une rue dont il s'agit, mais d'un établissement public d'enseignement : cela n'a pas la même portée symbolique.
à MartineB
De mechante langue
14H33 | 23/10/2008 |
Je ne crois absolument pas a la sincérité des arguments du Modem !
Le Modem essaie simplement de faire du bruit sur tout ou sur rien pour exister médiatiquement . Tous les pretextes son bons .
Ainsi parfois on peu lire des déclarations du Modem tellement démago qu'elles font passer Besancenot …pour un centriste
De dupontlajoie
cadre sud | 14H45 | 23/10/2008 |
Evidemment il fallait un conseil général UMP pour oser franchir les barriéres de l'humanisme et de l'intelligence.L'attrait morbide que certains écrivains réactionnaires ou révisionnistes ou collaborateurs exercent sur certains est tel qu'ils n'hésitent pas à dénommer un collége lieu d'enseignement pour la jeunesse de cette maniére.Et aprés le TOUTPETIT va nous faire du cinéma en faisant lire la lettre de GUY MOQUET dans les colléges.C'est non seulement antinomique mais parfaitemnt démago et populiste.La droite française a toujours été réactionnaire de la pire espéce y compris pour une partie d'entre elle (mais pas tous car il y avait aussi des gens de droite éclairés et progressistes ! ! ) en se vautrant dans la collaboration avec le nazisme et là ils monrent bien leur vrai courant de pensée.Ils n'ont qu'à aussi appeller un collége PIE 12 dans ce départemnt cela leur ira bien ! ! ! ! ! ! !
De Panama
enseignant | 15H22 | 23/10/2008 |
Bernard Guégan, dans son blog du Nouvel Obs (http://bibliobs.nouvelobs.com) posait récemment la question qui tue : « Les bons romans sont-ils toujours de droite ? » Le texte est savoureux et donne à réfléchir (car il incline vers une réponse positive, bien sûr, pour des raison qu'il explique et que je vous laisse découvrir).
Même si l'on peut dire que Kléber-Haedens a un « style » de droite (je suis disposé à débattre de cette notion…), ce sont surtout ses amitiés qui le font classer comme réac, et c'est surtout au moment de la guerre d'Algérie que cela s'est vu. C'est un réac beaucoup plus proche d'écrivains comme Alexandre Vialatte ou Jacques Perret, ou Antoine Blondin, que de Maurras ou de Léon Daudet. Ce n'est pas un idéologue, ni même un militant. Ses romans ont vieilli (sauf Adios, à mon avis), mais ils gardent un certain charme, celui de la bande de copains, amateurs de rugby et de bon pinard, pas snobs et surtout pas « parisiens ».
Maintenant, puisque l'article (très bon) pose une question d'ordre général, il me semble clair que la réponse est « oui », et qu'il y a assez de collèges ou de lycées qui portent le nom de Balzac ou de Baudelaire pour le prouver, heureusement… Il faut que notre enseignement des lettres soit bien « épuré », pour que cette dimension majeure de leur pensée ne soit pas plus reconnue et étudiée pour elle-même.
De Opale
sale bourge de droite | 15H38 | 23/10/2008 |
Et ce genre de chose vous offusque ? En France on ne compte même plus les rues, bâtiments publics etc affublés de noms de glorieux communistes… ça ça ne vous fait rien ? Il est vrai que l'« avenir radieux » promis fait encore vibrer plus d'un naïf mais tout de même, il faut se réveiller, le communisme même s'il se cache sous des intentions humanistes n'a abouti qu'à un champ de ruines, au mensonge et à la terreur.
Ainsi la culture, la seule, la bonne, la vraie, l'humaine, n'appartiendrait-elle qu'à la gauche ? Belle tolérance. C'est vrai que lorsque la presse parle d'un écrivain, d'un chanteur, d'un réalisateur « engagé », c'est toujours à gauche. A contrario quand on est de droite on est forcément inculte, étroit d'esprit, froid, vide. La droite c'est toujours quelquechose de mal vu, que l'on doit cacher, toujours le côté des méchants ! Manipulation.
à Opale
De kk
star malgré elle | 21H03 | 23/10/2008 |
« forcément inculte, étroit d'esprit“Comme chanteur engagé, vous pensez à Johnny, Mireille Mathieu, Doc Gynéco ?
Louera-t-on la culture de Faudel ?
‘forcément inculte, étroit d'esprit’, c'est vous qui l'avez dit
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 16H21 | 23/10/2008 |
Euh… Je ne suis pas convaincu qu'il faille faire tout un fromage autour du nom de baptême d'un collège. Ce n'est pas comme si l'ADN intellectuel et moral de feu Haedens-le-réac pouvait se transmettre aux générations d'élèves qui fréquenteront ce collège et polluer ainsi leur vertus républicaines !
Personnellement, j'ai fréquenté un lycée Corneille, dramaturge dont les oeuvres étaient au programme. Mon intérêt pour lui n'allait pas plus loin. De longues années après le lycée, j'ai découvert que Corneille appartenait à la mouvance « militaire » au XVIIème siècle, ce qui n'était certainement pas une référence à mes yeux. En tant que poète, je lui préférais de loin Racine, mais ce n'est pas pour autant que la substitution du nom de Racine à celui de Corneille au fronton de mon lycée m'aurait enchanté. Après tout, Racine a été un courtisan et un intrigant plutôt vil à la cour du Roi Soleil une bonne partie de sa vie.
Dans le cas d'Haedens, je suis persuadé que, n'en déplaise à l'UMP locale, les élèves ne se jetteront pas sur ses oeuvres dans les bibliothèques. Pas plus que leurs parents ou relations. Haedens restera vraisemblablement moins connu pour ses oeuvres et sa biographie politique que pour le collège auquel il aura pu donner son nom (si la « pétition républicaine » échoue).
Il s'agit ni plus ni moins que de satisfaire un caprice de maire, dont les potaches n'ont que faire. Au bout du compte, je crois que je m'abstiendrais si j'étais membre du conseil général. Désolé pour les militants du MoDem ! Les adversaires de l'UMP feraient à mon avis mieux de combattre les bénis-oui-oui du sarkozysme au vu de la réalité politique et économique actuelle plutôt qu'au sujet de symboles vétustes.
De pete sampras
étudiant | 16H53 | 23/10/2008 |
http://carpediempolitique.hautetfort.com/
De marie 75 3563
17H11 | 23/10/2008 |
une news de l'extrême droite.
Jörg Haider avait pour amant son porte-parole
info … mais non propos homophobe… Mais cette extrême droite … elle est trop !
Jörg Haider avait pour amant son porte-parole AUTRICHE | Stefan Petzner, porte-parole et dauphin politique à la tête du BZÖ, affirme dans un entretien à la radio autrichienne ORF avoir été l'amant de l'homme politique autrichien Jörg Haider, décédé dans un accident de voiture samedi 11 octobre.
tdg.ch avec agences | 23.10.2008 | 15 : 04
« Nous avions une relation qui allait au-delà de l'amitié. Jörg et moi étions reliés par quelque chose de vraiment spécial. Il était l'homme de ma vie », a indiqué Stefan Petzner, porte-parole et dauphin politique à la tête du BZÖ (Bündnis Zukunft Österreich), dans un entretien à la radio autrichienne ORF. Cette nouvelle, qui lève un tabou sur la bisexualité du défunt, a largement été relayée par la presse anglaise – le Times, The Independent et le Daily Telegraph.
Dans cet interview, il indique que la veuve de Jörg Haider, Claudia, consentait à cette relation extra-conjuguale. « Elle l'aimait comme une femme. Il l'aimait comme un homme. Je l'aimais de manière différente et personnelle. Elle comprenait cela. » La sœur de Stefan Petzner estime cependant que Claudia Haider n'était pas si compréhensive : « Parfois elle était jalouse, parce que Stefan passait plus de temps qu'elle avec son mari. »
Dispute avant l'accident
Ces révélations interviennent juste après la publication dans la presse de photos montrant Jörg Haider dans un bar gay, quelques minutes avant l'accident fatal. Selon des témoins, M. Haider aurait quitté l'endroit après une dispute avec Stefan Petzner. Depuis, le BZÖ a décidé de suspendre le dauphin de Jörg Haider, et de le remplacer par Josef Buchner, 43 ans. M. Petzner restera le numéro 2 du parti
in tribune de geneve
De Ramon Mercader
mexicain basané | 17H33 | 23/10/2008 |
Attention, derrière toute cette affaire,en dehors des considérations littéraires ou politiques se dissimule aussi la réalité de la démocratie locale et les dérives de nos hommes politiques.
Si quelques citoyens n'avaient pas été fouiner sur Mr
Google, la polémique ne serait pas née via les blogs garennois et elle continue… les découvertes sont parfois surprenantes.
Le maire UMP (qui est aussi vice président du conseil général du 92) féru de littérature et dont le blog donne le catalogue de ses ouvrages favoris ( qui s'en soucie ? ), a choisi personnellement de donner le nom de cet écrivain au collège, parce qu'il trouvait son histoire de la littérature essentielle ( une question de goût) et que ce choix sortait du commun.
Sa majorité municipale l'a votée, et bien sûr le Conseil général à majorité UMP a suivi.Peut-on tout faire lorsque l'on est majoritaire ?
La semaine dernière, il a d'ailleurs baptisé une école du nom de son héros favori Jean Jerphanion ( Les hommes de bonne volonté) et il se propose de donner à tout élève entrant en sixième un exemplaire de l'ouvrage de KH ….
Le modem local que certains condamnent si violemment s'est fait écho de la voix de certains administrés
Quoi d'anormal ?
Et maintenant qu'on été révélés les liens de KH avec l'extrême droite, que faire ?
Utiliser l'argument bidon « vous n'avez pas lu le livre , vous ne pouvez pas juger…
Prouver qu'il a été un résistant exemplaire (difficile). Crier au complot comme le fait la majorité municipale (grotesque)
Inonder le blog du maire avec de post vantant les qualités de KH “ J'ai lu son histoire
de la littérature , c'est un excellent ouvrage bla bla bla …”
Non, ce nom est mal choisi car le choix du nom d'un collège est lourd de sens. Le soutien apporté par les royalistes sur le blog “royal artillerie” à ce choix m'incite à penser qu'il n'est pas très judicieux.
De Tom-
17H33 | 23/10/2008 |
La Garennes… sa rue du Transvaal, cette province d'Afrique du Sud d'où est partie la révolte des Boer qui formera le socle de l'Afrique du Sud d'Appartheid. Dans le même genre, vous trouverez une rue du Président Kruger dans la commune de Courbevoie voisine.
Une fois, c'est un accident, deux fois, c'est une récidive.
De Impots-utiles.com
www.impots-utiles.com | 17H39 | 23/10/2008 |
L'Etat coupe dans ses subventions. Plusieurs associations qui font de l'aide aux devoirs dans les banlieues lancent un cri d'alarme.
http://observatoiredessubventions.com/2008/education-nationale-l-etat-co…
De Chris du Fier
Chroniqueur | 18H12 | 23/10/2008 |
Pourquoi il y aurait-il des squares et autres places dénommés Baboeuf, Lénine, Salengro, Léon Blum, Mendès France, Mitterand, etc.. et pas de places dénommés Bernanos, Maurras, Pétain (l'ancien patron de Mitterand en plus d'avoir été le vainqueur de Verdun -un détail..), etc… ?
Y a t-il deux types de français pour vous ? ..
à Chris du Fier
De parti
punishment park | 21H29 | 23/10/2008 |
vainqueur de verdun le pétain ? ah c'est donc lui qu'était au front…
à Chris du Fier
De déluge
menuisier | 12H26 | 24/10/2008 |
Tout à fait d'ac mon cricri, il faut une place Charles Mauras : Je te suggère à Drancy pour rappeler le grand philosémite qu'il fut (en plus d'avoir été un démocrate exemplaire).