a suivre

Etats généraux de la presse, sous l'égide de l'Etat partial

L'expression « états généraux » peut être trompeuse… Pas d'assemblée fiévreuse débattant de résolutions révolutionnaires, mais une réunion majoritairement masculine et cravatée devant des présentations powerpoint. L'enjeu : la crise de la presse, traitée d'abord sous un angle industriel et économique lors qu'elle est sans doute plus profonde que cela.

La première réunion d'un groupe de travail de ces états généraux à laquelle j'ai participé jeudi dans une salle anonyme parisienne a été consacrée à l'état des lieux de cette crise, pas réjouissant pour les responsables de médias présents, entourés d'experts venus du monde de la pub, du web, de l'université et même du parlement avec l'élue socialiste -et blogueuse- Aurélie Filipetti…

La crise financière et la récession accélèrent la migration des dépenses publicitaires vers l'internet, sans garantie de revenir une fois la crise passée, soulignait un des experts appelés à la rescousse dans ces discussions. Une destabilisation accrue pour des entreprises de presse qui cherchent désespérément la sortie de crise face aux changements de comportements, de modèles économiques et technologiques.

Avant même cette brusque aggravation, la situation de la presse écrite française était suffisamment sérieuse pour justifier une mobilisation nationale. Et c'est l'Etat, comme souvent en France, qui s'est érigé en sauveur d'un secteur industriel mal en point, et incapable d'organiser lui-même la concertation nécessaire pour dégager des pistes d'action. C'est triste, mais ô combien classique !

Là où le bât blesse, c'est que l'Etat n'est pas un acteur impartial, surtout pas sous le règne de Nicolas Sarkozy, qui ne cesse de le prouver. Le projet de loi sur l'audiovisuel, présenté cette semaine en Conseil des ministres, porte la marque présidentielle en faveur de l'émergence de grands groupes privés - dont le hasard fait qu'ils sont entre les mains de ses amis personnels et politiques.

Le chef de l'État a la même vision pour la presse écrite, et souhaite faire sauter quelques verrous anti-concentration pour faire émerger de grands groupes : les mêmes.

C'est dans ce contexte que vient de démarrer le processus des états généraux, devant déboucher sur des propositions au gouvernement, qui décidera seul des suites qu'il y donnera, sous la forme de projets de loi ou de réformes. La concertation s'arrêtera là où commencera le pouvoir de décision politique.

C'est en connaissance de cause, et « sans illusions » comme nous l'avons écrit d'entrée de jeu, que nous avons accepté de participer à cet exercice lorsque nous avons été invités à rejoindre le groupe de travail numéro trois, consacré au « choc du numérique », et présidé par Bruno Patino (ex-patron du Monde.fr et depuis peu à la tête de France Culture).

Nos confrères de Médiapart, représentés par François Bonnet, directeur de la rédaction, ont choisi de claquer la porte de ce groupe après avoir posé un préalable remettant en cause la manière dont ont été organisés ces états-généraux, et en particulier l'absence des Sociétés de Journalistes. Il s'en explique sur son site.

Pour notre part, comme nous l'avons exprimé ici-même, il ne nous semble pas que la politique de la chaise vide soit la plus judicieuse, même quand on identifie clairement les failles (la faible voix des journalistes…) et les limites de l'exercice (le dernier mot à Sarkozy).

Il nous semble que l'enjeu est suffisamment important pour faire entendre, dans cette enceinte, la voix de sites indépendants comme le nôtre : une indépendance que nous démontrons d'abord et avant tout dans notre capital, dans notre fonctionnement, et dans nos articles, au quotidien.

Et nous entendons bien défendre le point de vue de ceux, journalistes et citoyens, qui veulent une information pluraliste, indépendante aussi bien vis-à-vis des politiques que des groupes industriels qui ont fait main basse sur l'information.

Défendre ce point de vue au sein des états généraux est le meilleur moyen d'éviter que la réorganisation de la presse ne se fasse au profit de quelques grands groupes et sur le dos du secteur indépendant qui tente d'émerger sur la toile. Même si, en dernière analyse, c'est Nicolas Sarkozy qui garde le dernier mot. Au moins, ne lui facilitons pas la tâche en renonçant à défendre notre point de vue au sein de « ses » états-généraux…

Il y a, évidemment, un enjeu démocratique de premier plan à sortir la presse française de son impasse actuelle. Une partie de la réponse est d'ordre réglementaire et législative ; mais l'essentiel restera dans les choix rédactionnels, des entreprises mais aussi des journalistes eux-mêmes. Les états-généraux n'y changeront rien.

Pierre Haski

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Portrait de parti

De parti

punishment park | 22H49 | 23/10/2008 | Permalien

« sortir la presse française de son impasse actuelle »…quelle est-elle, au juste, cette impasse ?

Portrait de adaunis

De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 07H13 | 24/10/2008 | Permalien

C'est parfait !
Nous considérons donc qu'à partir du même constat :
« l'absence des Sociétés de Journalistes » ; deux médias d'importance, Mediapart et Rue 89, ont choisi deux position différentes.
Médiapart « claque la porte » !
Vous restez !
Loin de moi, de vouloir juger laquelle des positions est la plus efficace (dans le temps), n'ayant en l'esprit, ni la connaissances des dossiers, ni la prétention d'avoir une quelconque science infuse.
Je ne vous cache pas que ma préférence immédiate, irait vers la « politique de la chaise vide », avec comme corolaire de le faire savoir, le crier, le hurler dans le média que je dirige.
Mais comme je le disais précédemment, je ne suis pas compétant.

Mais ce qui me « chiffonne » en l'occurrence, devant cette imposture que semble être une fois de plus, la réunion de ces « états généraux », qui ne s'annoncent pas être « généreux », c'est que vous voulez faire entendre dans cette enceinte :
 » La voix de sites indépendants comme le nôtre : une indépendance que nous démontrons d'abord et avant tout dans notre capital, dans notre fonctionnement, et dans nos articles, au quotidien. »

S'il vous semble que « l'enjeu est suffisamment important », pensez vous également que vous serez entendus ?
Car vous savez fort bien Pierre, (et ceci est valable pour tous les « politiques »), que selon l'adage :
N'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre !
Hors vous savez très bien aussi, que ce gouvernement, ces « individus », et le « chef suprême » sont particulièrement « autistes », (je m'excuse d'ailleurs pour les autistes, mais c'était la première expression qui me venait en tête) !
Et les quelques représentants de celui ci, les noms annoncés de présidents des groupes de travail tout prestigieux qu'ils semblent être, n'y changeront rien.

En somme, j'en conclue, puisque vous faites tous le même bilan quand à l'inanité de telles « agapes », (même au sein de « ses » états-généraux…), que dans ce style de « commissions truc muche », de « Grenelle chose », on vous roule, on nous roule dans la farine.
Quand au choix, que vous faites, je vous en laisse seul juge.
Au plaisir Pierre, car vous concluez vous aussi, « Les états-généraux n'y changeront rien. »

Portrait de Pierre Haski

à adaunis Portrait de adaunis De Pierre Haski

Rue89 | 12H46 | 24/10/2008 | Permalien

Merci de ce commentaire équilibré. Vous avez le droit d'être en désaccord avec notre attitude, et je regrette surtout que les journalistes aient été incapables de se concerter avant cette échéance.

En attendant, je ne suis pas sûr que la « bataille » principale de l'indépendance se déroule dans cette enceinte : elle est d'abord dans notre pratique journalistique.

Portrait de in girum

De in girum

07H41 | 24/10/2008 | Permalien

pourquoi ne pas faire front contre l'affront ? il fallait partir ensemble, tous, ne pas accepter la manip'. les magistrats le font bien …

Portrait de Clearstream75

De Clearstream75

journaliste | 08H24 | 24/10/2008 | Permalien

La grande consultation lancée par Nicolas Sarkozy autour de la presse est
avant tout l'occasion pour la profession journalistique de réagir à sa
perte d'identité, à sa crise de foi.

Les « Etats généraux de la presse » lancés par Nicolas Sarkozy et
relayés aujourd'hui dans la presse, ne sortent pas du chapeau. Ils ont
été longuement préparés par l'Elysée à coups de rapports d'experts et
de consultations. Mais qu'en est-il exactement du côté des intéressés,
les journalistes ? Cette mise sur la table de la question de la presse en
France, ô ! combien complexe, n'est-elle pas l'occasion pour nous,
journalistes, de faire le point et de se poser face à nos propres
contradictions ?

L'absence même de propositions concrètes autour de la protection du
métier de journaliste dans ces « Etats généraux » et dont la profession
s'inquiète aujourd'hui, parce qu'elle serait orchestrée par Nicolas
Sarkozy, et les grands capitaines de groupes de presse, pour ne faire place
qu'aux questions économiques, est révélatrice de d'une réalité plus
inquiétante encore la faiblesse de notre profession et de la conscience
qu'elle a d'elle même.

Nicolas Sarkozy ne s'attaque jamais à un secteur fort. C'est la faiblesse
du journalisme en France qui donne l'occasion au président de la
République de vouloir forger une presse suivant sa conception très
personnelle ; la concentration des médias en étant la manifestation la
plus patente. Alors c'est vrai, la question de l'indépendance des
rédactions n'a pas été soulevée, oui, le pluralisme est en péril, oui,
la précarité déjà très grande des journalistes est en passe de
s'aggraver et oui, il est de plus en plus difficile d'enquêter.

Mais à qui la faute ? La ligne politique du Nicolas Sarkozy, bien avant
qu'il n'accède à la plus haute fonction de l'Etat n'a-t-elle pas toujours
été la même concernant les médias et la presse ? Découvrons-nous
aujourd'hui, nous journalistes censés informer nos concitoyens, ce que
Nicolas Sarkozy a toujours prôné ?

Si c'est le cas, cela signifie que nous ne sommes pas en amont de
l'information, mais bien en aval. Jetons nos cartes de presse et oublions
notre rôle : nous n'en sommes pas dignes.
Si au contraire, nous le savions depuis longtemps, alors l'Elysée a
raison : il tape la où ça blesse. Il tire parti du peu de cohésion et de
solidarité que la profession peut avoir pour ses propres membres.

Mais c'est vrai, la profession de journaliste n'est pas une. Et c'est un
véritable souci de fond, au delà de l'évidence première. Sans aucune
dépréciation, travailler pour un magazine de musique (comme j'ai pu le
faire) n'est pas la même chose que de travailler pour une rédaction
d'investigation comme peut l'être le canard enchaîné.
Nier cette réalité, c'est se condamner à ne pas comprendre le problème
qui nous est posé aujourd'hui. L'hétérogénéité non assumée de la
profession est une des causes de sa faiblesse. Ainsi, lorsqu'un coup est
porté à un journaliste d'un autre secteur, cela ne touche pas, en tout
cas pas assez, le reste de la profession : trois journalistes sont
interpelés et fouillés alors qu'il photographient une banderole
pro-tibétaine en pleins JO de Pékin ? La profession se sent elle menacée
 ? Honnêtement, non. Quelques incartades de Robert Ménard, trop trublion
pour malheureusement être pris au sérieux, ont émaillé ça et là les
JT, les quotidiens ou les hebdos, mais rien de significatif.

Aujourd'hui, il n'y a plus de défense du journaliste, car personne ne
sait plus ce qu'est un journaliste. La profession traverse une crise de
foi. Non que les prétendants manquent à l'appel (ils sont des milliers à
regarder le miroir aux alouettes comme un Graal), mais les journalistes en
place, eux ont pour beaucoup déchanté. Informer est devenu ingrat et
parfois coûteux.

Le corollaire de tout cela est la fuite du journalisme d'investigation
dans l'édition et donc, hors du terrain journalistique, hors du soutien
des rédactions et parfois hors de la déontologie et de la charte que
chaque journaliste s'engage à respecter dès lors qu'il s'encarte. Ou alors, on se dirige vers des dérives façon « les infiltrés ». La
profession s'affaiblit là encore un peu plus.

Aujourd'hui, il serait dangereux de croire que la question économique
soulevée par ces « Etats généraux de la presse » est l'enjeu majeur des
rédactions. Ce qui est en jeu, c'est l'esprit de corps, la solidarité et
la réaffirmation du journaliste au delà de son statut. Ce qui est en
danger, c'est la vocation même, celle d'informer et non de relayer.

Il y a toujours eu un fond de rébellion dans l'histoire du journalisme et
dans le coeur de ceux qui le pratiquaient. Aujourd'hui, c'est la perte de
cet esprit frondeur, suspicieux et toujours dans le doute, principes
fondateurs de toute recherche de vérité qui menace les journalistes. Et
avec eux toute la société française.

Portrait de Tophee

à Clearstream75 Portrait de Clearstream75 De Tophee

en haut a gauche | 13H51 | 24/10/2008 | Permalien

« Les “ Etats généraux de la presse ” lancés par Nicolas Sarkozy et relayés aujourd'hui dans la presse, ne sortent pas du chapeau. Ils ont été longuement préparés par l'Elysée à coups de rapports d'experts et de consultations. Mais qu'en est-il exactement du côté des intéressés,les journalistes ? »

La presse sera en difficulté, et donc vulnérable aux attaque de Sarko tant que les journaliste ne comprend pas que la presse doit AVANT TOUT intéressé les lecteurs.

Tant que les journaleux considerons qu'il sont le centre du monde, il n'y aura queux pour lire la bouillie qu'ils cherchent a nous servir.

Je suis d'accord avec vous pour dire que les journalistes aurais du avoir une place plus importantes dans ces état généraux, mais n'oubliez pas le lecteur !

Quand a rue89 qui refuse la politique de la chaise vide, au prétexte qu'il vaut mieux se faire entendre, cela me surprend. Croyez-vous vraiment que quelqu'un vas chercher a vous entendre ? Non ! Vous y aller pour dire quelque chose, mais quoi que vous disiez, naboleon a sont plan déjà fait, et vous ne pouvez rien y changer. Tout ce que votre participation a cette mascarade apporte, c'est que par la suite on vous clouera le bec en faisant croire au bon peuple que les mesure prise par le gouvernement le sont en concertation avec les organe de presse. Se prêter a une telle mascarade c'est être complice des saloperies qui vont en sortir.

Portrait de Clearstream75

à Tophee Portrait de Tophee De Clearstream75

journaliste | 15H09 | 24/10/2008 | Permalien

Alors que faire…

Deux façons de voir la chose concernant l'implication du lecteur dans les débats :

A- On ne va pas inviter des malades à une convention des médecins, on ne va pas inviter des lecteurs à des Etats généraux de a presse.

OU

B- On écoute ce que les lecteurs ont à dire…

Donc B,

je vous laisse la parole.

Portrait de Tophee

à Clearstream75 Portrait de Clearstream75 De Tophee

en haut a gauche | 17H21 | 24/10/2008 | Permalien

Si on n'invite pas forcement les patients a un congrès de médicine, il me parait normal de les inviter a une table ronde en vue de réformer la sécurité sociale.

Donc voici mes propositions :

Il faut garantir au lecteur l'accès à une information qui soit indépendante des pressions des groupes industriels et du pouvoir politique. Pour cela il faut :

- Garantir la pluralité en interdisant les concentrations : n'autoriser que les personne physique a être actionnaire d'un groupe de presse et interdire a la même personne de détenir plus de 1% des actions dans plusieurs groupe de presse.
-
- Limiter la dépendance de la presse en vis-à-vis des annonceurs en limitant le volume de publicité, et la part de chaque annonceur.
-
- Garantir la pérennité des entreprise de presse en mettant en place un système de subvention clair et impartial, non soumis a la décision des politiques (i.e tant au numéro vendu pour la presse écrite, a la page afficher pour le web, au l'audience pour les programme d'info télévisé ou radiophonique) et en contrepartie taxe fortement les bénéfices des entreprises de presse.

- Garantir le secret des sources des qui est le seul moyen pour que les journalistes puisse faire in travail d'investigation correct

- Protéger les journalistes et leur employeur des procédures abusive que certaine personne ou entreprise sont tenté d'engager pour faire pression sur elle en créant un fond de garanti prenant a sa charge les couts en défense des organes de presse attaques.

- Obliger les libraires a distribué les quotidiens (Essayez de trouver Libération ou L'humanité dans un village de la Vendée profonde, vous m'en direz des nouvelles)

Voila, ce ne sont que quelques idées exprimée rapidement, il existe surement d'autre mesuré qui pourrait être prise dans l'intérêt des lecteurs. Celle-ci ne sont pas exactement dans la ligne de pensée de la majorité actuelle et je ne serait pas surpris si les mesures annoncées sont exactement le contraire de ce que je demande ici.

Bien sur, il existe des associations de lecteurs qui connaissent le problème bien mieux que moi et qui on certainement une idée plus claire sur la question, c'est leur représentants qu'il faudrait implique dans ces états généraux.

Portrait de Tita

à Tophee Portrait de Tophee De Tita

oiseau | 11H44 | 26/10/2008 | Permalien

A Trophee

Vous dites : « La presse sera en difficulté, et donc vulnérable aux attaque de Sarko tant que les journaliste ne comprend pas que la presse doit AVANT TOUT intéressé les lecteurs. »(sic)

Votre affirmation me semble à nuancer. Bien entendu, il faut prendre en compte le lecteur qui ne lira pas un article sur la reproduction de la tettigonia viridissima (une sauterelle) avec la même attention qu'un article sur l'augmentation des impôts dans sa ville.
Cependant, la motivation du lecteur n'est pas nécessairement liée à ses « intérêts » mais souvent, voire même « plus souvent », à ce qu'il a envie d'entendre et ce qui lui fait plaisir. Ainsi, si la presse se doit d'être aux petits soins de ses lecteurs comme votre phrase pourrait le laisser croire, on va se retrouver avec une presse qui va nous faire des facsimilés de star-ac, de chauvinisme et de populisme tel que certaines chaines de télévision -- et journaux-- offrent à la gourmandise de la majorité (et à l'indigestion de quelques uns).

On attend donc d'un journaliste des informations, même quand elles ne font pas plaisir ou qu'elles remettent en cause nos certitudes et nos opinions.

On attend d'un journaliste des informations indépendantes. Et le lecteur infère l'indépendance de l'information quand il infère l'indépendance du journaliste vis-à-vis du pouvoir et des propriétaires des journaux qu'il sert. A ce niveau, on attend donc autre chose qu'un simple relaie du pouvoir, mais une discussion, une mise en doute, etc… A ce niveau toujours, la concentration des médias que propose le pouvoir dans les Etats-généraux n'est certainement pas une avancée.

Enfin, on attend aussi d'un journaliste qu'il sache nous intéresser par sa plume à des sujets qui, parce qu'on les ignore ou parce qu'on les méconnait, ne nous intéressaient pas avant.

Portrait de marie 75

De marie 75

09H29 | 24/10/2008 | Permalien

Elégance française !
La France nous avait habitués à mieux. De toute évidence, sa légendaire élégance, et avec elle son exquise politesse, foutent le camp.
La pseudo-interview du présentateur-vedette de France 2, chaîne du groupe public, de Jean-Claude Juncker hier soir valait son pesant d'or. Au terme d'un reportage aussi primitif que futile, le chef du gouvernement luxembourgeois se vit traiter et interrompre comme un vulgaire chanteur de seconde zone par un journaliste aux petits soins et tout sourire quand il se retrouve face à Sarkozy.
En matière de liberté d'expression, les médias français font tout, sauf école. Obséquieux face au pouvoir, constamment menacés à leurs postes au moindre soupçon d'incartade, en voilà d'aucuns soudain „courageux« face au premier ministre du „petit“ Luxembourg.
Une fois de plus, les stars parisianistes survolent leur sujet et ne comprennent pas qu'on se sert d'eux. Car le dossier des prétendus paradis fiscaux parmi lesquels le Luxembourg figurerait est en fait une vieille histoire. La place financière dérange depuis longtemps et
l'actuelle crise bancaire et financière est tout bonnement instrumentalisée.
On pourrait s'attendre à autre chose de la part d'un pays qui se dit ami.
danielle Fonck, tageblatt

Portrait de Tinhinane

De Tinhinane

Médiatrice scientifique | 09H32 | 24/10/2008 | Permalien

Comme la Rue participe pour faire « entendre la voix des lecteurs »*, pourrait-elle transmettre ce message.

Mesdames, messieurs les journalistes, il y a une réalité qu'il ne faut surtout pas minorer : la désaffection du public est en grande partie due à la qualité du travail de la majorité d'entre vous. Vous êtes majoritairement des relais d'un discours convenu, d'une vision du monde avec des œillères, parfaitement inféodée. Un ton docte, en contraste avec l'inconsistance de votre réflexion, et des postures se prétendant humbles mais en réalité arrogante envers les « anonymes » et serviles envers ceux qui vous tiennent par une laisse qui assourdit nos oreilles. Vous avez glissé, avec si peu de résistance, sur la pente de la servitude volontaire qu'on a du mal à vous plaindre.

Vous pensez que la crise des médias n'est qu'économique et financière et qu'elle ne regarde que votre profession et ceux qui la soumette à un puissant joug. Là est sans doute une autre de vos erreurs. Les lecteurs, auditeurs, spectateurs ne sont pas là massivement pour vous soutenir car les valeurs que vous portez et défendez (même dans un appart démagogique) ne sont pas celles que nous respectons. Revenez aux fondamentaux déontologiques de votre métiers et il y aura peut être réconciliation. Vous pourrez avoir tous les appuis financiers possibles, si nous ne sommes pas là pour asseoir votre audience vous finirez au pilon.

* S'il fallait se battre pour que les acteurs de la profession soient entendus, il aurait été parfaitement justifié de se battre également pour trouver une modalité de présence des destinataires de vos production.

Pour mémoire, c'est de circonstances, interviewez les Prix Nobel de médecine de cette année et ils vous confirmeront que la lutte et la recherche sur le SIDA a beaucoup gagné par l'association des malades en tant qu'acteurs co producteurs de connaissances.

Portrait de Pépé61

De Pépé61

Enterré vivant | 09H46 | 24/10/2008 | Permalien

La naïveté de ceux qui ont accepté de participer à cette mascarade a queque chose de pathétique. La presse, qu'elle appartienne ou non à des grands industriels proches du pouvoir est obligée de se soumettre aux dures lois du marché. Et pour vendre, il y a quelques recettes simplistes : le people, les histoires de fesses, le catastrophisme, hurler avec les loups en ménageant les annonceurs et le pouvoir. Toutes les manifestations de résistance intellectuelle, ou la simple volonté de rendre un peu l'esprit critique au bon peule (les électeurs), me paraissent vouées à l'échec. Les divers blogs servent de défouloir, et j'en profite. Pour combien de temps encore ?

Portrait de anamaywong

De anamaywong

09H59 | 24/10/2008 | Permalien

Alors subir ou réagir ?
Voyez comme les magistrats et les avocats ont su s'organiser contre les lois scélérates Dati, hortefeux.
Ca marche !
A quand un blog rassemblant les journalistes ,les bloggeurs, ceux qui refusent la main-mise du pouvoir sur les médias ? ?
Quel est la place de la liberté de la presse des médias français dans le monde ?

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 10H40 | 24/10/2008 | Permalien

La Presse dans tous ses Etats gère …

Portrait de déluge

à Numerosix Portrait de Numerosix De déluge

menuisier | 13H32 | 24/10/2008 | Permalien

T'as pas honte ?

Portrait de adaunis

à déluge Portrait de déluge De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 13H51 | 24/10/2008 | Permalien

Il n'a pas à avoir honte, s'il trouve ça « commode » !
Ne soit pas « sévère » !

Portrait de Numerosix

à adaunis Portrait de adaunis De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 16H31 | 24/10/2008 | Permalien

C'est pas vrai , peut être , ce que j » ai ecrit ?

Portrait de déluge

à Numerosix Portrait de Numerosix De déluge

menuisier | 16H37 | 24/10/2008 | Permalien

Meuuuh si que c'est vrai, t'inquiète pas : On taquine.

(Hors sujet total : J'essaye de trouver le titre d'un film italo-français des 70's avec Noiret, Blier, Tognazi, ou il y a une scène où les compaires sur le quai d'une gare, giflent les têtes des voyageurs qui dépassent des vitres tandis que le train avance… Pas vu depuis des années. Ca te dit qq chose ? )

Portrait de Numerosix

à déluge Portrait de déluge De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 17H01 | 24/10/2008 | Permalien

« Mes chers amis », cher ami .

Portrait de déluge

à Numerosix Portrait de Numerosix De déluge

menuisier | 19H59 | 24/10/2008 | Permalien

yeaaaaaaahh !

 : -))

Portrait de Courageux anonyme

De l´axe du bien

11H36 | 24/10/2008 | Permalien

« Nous considérons donc qu'à partir du même constat :
“ l'absence des Sociétés de Journalistes ” ; deux médias d'importance, Mediapart et Rue 89, ont choisi deux position différentes.
Médiapart “ claque la porte ” !
Vous restez ! »

Adaunis résume bien ce que je pense. plusieurs riverains (dont moi) vous avaient bien prévenus qu´il n´y a avait rien a tirer de cette convoc chez le patron… mal vous en a pris… pas la peine de couiner ensuite !

Portrait de HUGOHUGO

De HUGOHUGO

etudiant | 12H01 | 24/10/2008 | Permalien

Mediapart claque la porte, nous on reste…
La politique de la chaise vide n'est pas la bonne selon nous…
Soit.
Mais si Mediapart a claqué la porte, avant cela ils ont posté un préalable…destiné à faire réagir les autres participants comme rue 89, le monde, libération…
Si chacun de ces participants avaient pris position, montré leur critique vs. les Etats généraux de Sarkozy en VRAI au lieu de se contenter de critiquer cela sur un site, alors peut être que les organisateurs des etats généraux auraient revus leur facon de faire….
Mais voila, plus rien à attendre de Jofrin, ni du MOnde… Je pensais qu'au moins rue 89 se serait fait entendre, avec Mediapart, mais non.
Silence complet.
Alors oui la politique de la chaise vide n'est pas tjrs la meilleur, mais celle du silence alors qu'on vous offre l'occasion de faire bouger les choses, encore moins.
Vous auriez pu vous joindre aux réclamations de Mediapart, d'autres journalistes auraient suivis peut être. Mais non. SILENCE.
On parle d'indépendance ? de ligne éditoriale ? l'indépendance n'est pas que lache, sur le web, elle est aussi en vrai. Vous semblez prendre plus facilement la parole sur le web que dans la réalité physique.
….. on retrouvera surement les interventions de Rue 89 a propos des états généraux sur le site de l'Elysée, qui héberge le site des Etats généraux. CQFD.
Vous avez raté une occasion de vous affirmer, de faire bouger les choses…de montrer la vraie différence assumée entre vous et le monde, libération etc…

Portrait de Pierre Haski

à HUGOHUGO Portrait de HUGOHUGO De Pierre Haski

Rue89 | 12H44 | 24/10/2008 | Permalien

Claquer la porte n'est pas nécessairement l'attitude la plus radicale, et encore moins la plus efficace pour faire passer son message. Surtout quand on agit seul.

Les journalistes ont été incapables, dans cette affaire, de la moindre action collective, de la moindre concertation, contrairement à d'autres professions. Trop individualistes, trop d'égos ? …

Vous jugez un peu vite… L'indépendance, dites-vous, n'est que lache sur le web ? Je suis en désaccord avec ce postulat : c'est au contraire dans notre contenu que nous montrons notre indépendance en premier lieu. Quand nous sortons la vidéo de Montfermeil, par exemple, qui met l'UMP dans tous ses états…

Portrait de Tophee

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De Tophee

en haut a gauche | 14H10 | 24/10/2008 | Permalien

Je suis d'accord avec vous sur le fait que rue89 montre sont indépendance quotidiennement.

Ceci dit, lorsque vous dites : « Claquer la porte n'est pas nécessairement l'attitude la plus radicale, et encore moins la plus efficace pour faire passer son message. Surtout quand on agit seul. », je voudrais vous faire les remarques suivantes :

- Vous n'auriez pas agit seul puisque mediapart l'a fait avant vous.

- Ce n'est peut etre pas la meilleur facon de se faire entendre, mais croyez-vous vraiement etre entendu au cours de ces etat generaux ? Dire quelque-chose n'est pas necessairement etre entendu.

Portrait de HUGOHUGO

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De HUGOHUGO

etudiant | 22H01 | 24/10/2008 | Permalien

Vous semblez ne pas comprendre ce que je reproche à Rue89 dans cette affaire :

- l'information malhonnête concernant la position de mediapart dans l'un de vos précédent article, ou vous indiquiez que mediapart se contredisait entre sa critique et le fait de participer, alors qu'il a été dit clairement par François Bonnet, Plenel & une lettre ouverte vs. les états généraux ce qu'ils iraient y faire (ce qui n'a pas été dit dans l'article laissant entendre que mediapart crachait dans la soupe, mais venait comme tout le monde la boire).

- Le fait de critiquer la façon dont se déroule les états généraux, tout en justifiant votre participation, alors qu'il s'agit d'une mascarade vérouillée en interne. Vous pensez qu'en participant vous ferez avancer les choses, tout en affirmant que votre parole ne sera presque pas entendue. Elle le sera d'ailleurs encore moi a partir du moment ou en participant à ces états généraux, vous cautionnez leur méthode.

- « trop individualistes ? trop d'égos ? » la nous sommes d'accord, mais nous n'aboutissons pas à la meme conclusion : Mediapart à dit haut et fort ce qu'il y avait à dire en essayant de provoquer une contestation solidaire de la méthode employée, pouvant ainsi déboucher sur une révision de cette méthode. Or personne n'a suivit, je m'y attendais venant de Jofrin ou le Monde, je suis déçu par Rue 89. C'est vous qui avez fait preuve de trop d'égos en ne rejoignant pas une critique ouverte et assumée des états généraux. La votre voix ne serait pas passé inaperçu, avec celle de mediapart, i y aurait eu de la force et des gens en aurait parlé, les choses auraient bougé.

- Oui la politique de la chaise vide ne mène souvent à rien lorsqu'on est seul. Mais comme la personne précédente vous la fait remarquer, si vous aviez suivit vous n'auriez pas été seul, c'est bien la le problème, Mediapart vous a offert la possibilité de ne pas etre seul, vous l'avez refusé. Et c'est cela qu'il manque dans votre article, vous vous dissociez totalement de la position de médiapart en affirmant que « mediapart a joué la politique de la chaise vide », mais vous ne dite pas pourquoi : car personne ,dont vous, n'a suivi leur critique ouverte dans le but de faire bouger les choses. En partant, Mediapart n'accepte donc pas le jeux des etats généraux, ni le cautionnement implicite des participants muets.

- je suis un fidèle lecteur de Rue 89 depuis longtps, encore plus de Mediapart, et je suis désagréablement surpris par votre position, et votre information erronée concernant Mediapart. La ou j'attendais une solidarité entre vous, ou au moins un peu de tacte, je vois que vous suivez le train dans le meme wagon que jofrin et Le monde la ou vous auriez pu vous distinguer ; et que vous ne vous êtes pas gené pour faire planer le doute sur une posture étrange de Mediapart, la ou il n'y avait qu'un positionnement assumé et annoncé.

Ce n'est pas de cette facon que Rue 89 gardera des lecteurs fidèles, Mediapart et Rue 89 sont complémentaires, ne commencez pas à les attaquer sournoisement, l'air de rien.
Oui votre indépendance vous la prouvez tout les jours sur le web, et hier vous avez perdu une occasion de la prouver encore une fois, de manière bien plus forte et symbolique.

Portrait de Pierre Haski

à HUGOHUGO Portrait de HUGOHUGO De Pierre Haski

Rue89 | 00H38 | 25/10/2008 | Permalien

Où voyez vous une attaque contre médiapart ? Nous avons le droit d'avoir une analyse différente sans pour autant se faire la guerre. Je n'ai fait qu'énoncer notre position, déjà annoncée dans un papier précédent. N'essayez pas de nous opposer, car même si nous n'avons pas eu la même attitude, nous n'avons ni envie, ni intérêt à nous diviser.

Portrait de HUGOHUGO

à Pierre Haski Portrait de Pierre Haski De HUGOHUGO

etudiant | 11H59 | 25/10/2008 | Permalien

Dans votre précédent article sur les etats généraux de la presse , 2eme paragraphe. Il ne s'agit pas d'une attaque frontale, mais d'une phrase paraissant anodine, qui pourtant laisser planer une certaine ironie :
« Quant au journal en ligne Mediapart, fondé et présidé par Edwy Plenel, il se révolte contre ce qu'il considère comme une absence de transparence et un “ marché de dupes ”, mais annonce qu'il s'y rendra tout de même. “

Pk ne pas reprendre dans cette information sur la position de mediapart, l'argumentaire de Bonnet qui avait annoncé qu'il s'y rendrait pour voir si il était possible de faire bouger les regles d'organisation, et que si ce n'etait pas possible, que Mediapart partirait ? En vous lisant, on pourrait penser que mediapart crache dans la soupe, tout en allant la boire, comme je vous l'ai deja dit… Ce n'etait peut être pas la volonté de Rue89, mais etrangement l'information etait incomplete, tout comme sur le blog d'un journaliste du nouvel obs qui parlait de la contradiction de mediapart (et oubliait lui aussi l'explication de Bonnet).

Essayer de vous diviser ? comme pourrais je avoir ce pouvoir ? Ce n'est ni mon but car je suis un lecteur des 2, et je ne suis pas représentant de mediapart, je parle en mon nom, lecteur jeune de mediapart et rue 89, je fais juste par de mon mécontentement face à 2 informations que vous avez donné qui me paraissent erronées.
Mediapart avait expliqué dès le départ le but de sa participation , et je n'ai pas du tout la meme interprétation sur la politique de la chaise vide. Encore une fois, en vous joignant à eux dans la contestation ouverte, les choses auraient pu bouger.
Bonne continuation tout de meme, ne prenez pas la mouche, mais ne venez pas pondre des articles critiquant les etats généraux, vous y etes maintenant, faites ce que vous avez à y faire mais n'oubliez pas que vous auriez pu faire bouger les choses, et vous en avez eté incapable a mon grand regret.
C'est l'opinion d'un fidèle lecteur , qui est simplement décu car je portait plus d'espoir en vous à cette occasion.

Portrait de General Subverciòn

De General Subverciòn

réfractaire délocalisé | 13H59 | 24/10/2008 | Permalien

Cui Cui Cui ! ! ! voire même très cuit vôtre débat…et carbonisée,la liberté d'expression…Est-ce que vous croyez encore qu'on aie le choix ? ? ? Si vous restez,vous semblez cautionner les pétages de câbles de Rastapopoulos et sa clique,et c'est ça qui compte pour eux…si vous vous cassez,vous êtes….les pov'cons qu'on va dénigrer ou ignorer,et bien évidemment…censurer…

Je ne sais pas à quoi il va ressembler le futur en matière de droits humains,mais en ce moment,je trouve que ça craint ! ! !

Portrait de Tita

De Tita

oiseau | 16H47 | 24/10/2008 | Permalien

Je me trompe peut-être, mais j'ai l'impression que ces Etats-généraux empruntent à cette technique de management (pour ne pas dire de « manipulation ») qui consiste à faire des réunions, non pas pour faire remonter des informations ou prendre des décisions, mais pour légitimer les décisions déjà prises par les chefs.

Bref, comme d'hab, on fait croire que vous êtes importants et qu'on vous écoute, mais dans les faits, la moindre occasion (comme une crise par exemple) sera utilisée pour faire avancer les pions et les projets décidés depuis longtemps. Les amis du président ont bien de la chance. Mais nous ?

A propos de faire croire que les journalistes de bases sont importants, après le Grenelle, ne trouvons-nous pas ici un autre mot rappelant de grandioses choses historiques pour désigner maintenant des petitesses actuelles ? Les Etats-Généraux sous l'ancien régime étaient fort influant. Quant à ceux de maintenant…

Portrait de NicolasB

à Tita Portrait de Tita De NicolasB

Lycéen à Paris | 09H16 | 25/10/2008 | Permalien

C'est peut-être le cas. Je suis certain que ce sera Nicolas Sarkozy qui aura le dernier mot… Mais, au moins, il y a une lueur d'espoir et je soutiens pleinement l'attitude de Rue89. Il faut être ludice, clairvoyant, réaliste mais il faut y être présent ! Mediapart, qui a beau critiquer ouvertement les disfonctionnements de la presse, pourrait au moins rester à ces Etats Généraux. Leur attitude est lâche et déçevante.

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