A l'occasion de la journée d'action des juges, le blogueur accueille leurs récriminations contre Rachida Dati.

Pour l'occasion - la journée d'action du 23 octobre, marquée par des manifestations contre Rachida Dati -, Maître Eolas, avocat-blogueur, a transformé son blog en « journal des magistrats en colère ».
Ils sont déjà 61 à témoigner de leur ras-le-bol vis-à-vis de leur ministre de tutelle sur ce bureau des plaintes virtuel. « C'est l'extraordinaire maladresse confinant à l'incompétence de l'actuelle Garde des sceaux qui a conduit à ce projet un peu fou. Qu'elle en soit remerciée », ironise l'avocat. Florilège.
Truffe, juge d'instance, évoque la suppression des tribunaux de proximité, décidée en 2007 :
« Comment feront ces gens surendettés qui viennent aux audiences de rétablissement personnel, expliquer pourquoi ils ne parviennent plus à joindre les deux bouts et qui, la plupart du temps, sont soit venus à pied, soit par les transports en commun. Par manque de personnel, ils n'ont pas eu la chance de rencontrer quelqu'un à la Commission de la Banque de France qui a statué “sur pièces” et pour la première fois, ils rencontrent un juge auquel ils vont pouvoir expliquer leur situation, poser leurs questions et comprendre à quelle sauce ils vont être mangés… Ce temps sera bientôt révolu. »
Petrella, magistrate, rappelle de son côté des conditions de travail difficiles, souvent ignorées du grand public :
« J'ai exercé au Parquet pendant dix ans. (…) J'ai fait des permanences 24h/24, une semaine de rang, week-end compris, sans un jour de récupération, mais au contraire reprendre le lendemain où je restituais ma permanence avec une audience correctionnelle qui finissait à 22 ou 23 heures. »
Ils sont tous presque unanimes pour évoquer le manque de moyens alloués au personnel de la Justice : certains experts psychiatriques ne sont « plus payés depuis le 15 septembre car la caisse des frais de justice est vide. Il faudra attendre janvier ».
Une magistrate explique :
« Je me bats, comme je peux, avec les moyens que je n'ai pas. Je devrais faire face à la réforme des tutelles, sans les moyens en personnel pour le faire. Et si j'échoue, on recherchera ma responsabilité. »
Alma, juge d'instruction n'est guère optimiste pour l'avenir :
« Je parie que l'année prochaine, vu le rattrapage à faire et l'absence de revalorisation, les caisses seront vides fin juillet. »
Sans parler du manque de considération de leur travail, comme en témoigne Sharl Dalauz, assistant de justice :
« Je pense que le mythe du fonctionnaire plus occupé à compter ses heures de travail qu'à les accomplir n'est pas applicable aux magistrats. »
Le blog de Maître Eolas permet de cristalliser frustrations et attentes déçues du personnel pénitentiaire. Un surveillant évoque le sort réservé aux détenus en détention provisoire :
« Ce ne sont pas des anges s'ils sont ici, mais en maison d'arrêt, il y a aussi des prévenus supposés innocents jusqu'à preuve du contraire. Des prévenus attendent leurs jugements parfois deux ans, pour s'entendre confirmer leur innocence. Qu'ont-ils subi en attendant ? »
Il s'interroge sur sa capacité à remplir son rôle :
« De même, j'ai le devoir de restituer à la société ces détenus dans un bon état. C'est-à-dire que je dois veiller à ce qu'ils aient accès aux soins, à l'éducation, à l'emploi, à leurs familles, à leurs avocats. Ce sont les droits fondamentaux des détenus. Bref, tout ce qu'il faut pour aider à leur réinsertion sans récidive. Je sais, je suis un idéaliste. Comment est-ce possible dans de telles conditions ? »
D'autant que la Cour européenne des droits de l'Homme vient de condamner la France pour ses manquements à assurer le droit à la vie d'un détenu. Le surveillant poursuit :
« Faute de places, les mélanges de détenus, prévenus et condamnés, jeunes ou vieux, délinquants et criminels, transforment les prisons en viviers de la délinquance et de la criminalité. C'est cela aussi, la surpopulation carcérale. »
La loi sur les peines planchers de la ministre de la Justice, promesse de campagne du Président, a elle aussi été très contestée. Un juge d'instruction donne le ton :
« Asseyez-vous sur les bancs d'une audience correctionnelle, de préférence en comparutions immédiates, vous vous prendrez en pleine figure toute la violence des évolutions récentes. »
Un autre s'interroge :
« Comment rendre la violence de ces dispositions, qui réduisent quasiment les juges à l'impuissance ? Qui aboutissent à ne faire aucun cas de la gravité de l'infraction, tout en feignant hypocritement de préserver le principe d'individualisation de la peine ? »
Et de poursuivre avec cet exemple :
« La première application à laquelle j'ai dû prendre part concernait un homme, condamné par le passé pour trafic d'héroïne, et qui avait été interpelé en possession d'une dizaine de grammes de résine cannabis. Ancien héroïnomane, il expliquait avoir mis un terme à sa consommation de drogues dures mais pas à celle de cannabis, dont il ne pouvait se passer. (…). Ce sont donc quatre années dans toute leur rigueur qui sont tombées. J'aurais voulu ne jamais retourner dans la salle pour annoncer la décision. »
Alex, juge de tribunal correctionnel, lance un appel à témoins :
« S'il y a parmi les téléspectateurs de TF1 ou les commentateurs du Figaro.fr quelqu'un qui est capable de prédire l'avenir de chaque délinquant, je lui offre mon salaire, mes gants et mon maillot à simarre. Sinon, je n'exige qu'un peu de respect. »
Rachida Dati, elle, ne s'est pas rendu au congrès annuel de l'USM, le syndicat majoritaire, pour dialoguer avec les magistrats, les 10 et 11 octobre derniers. Elle a préféré y envoyer son secrétaire général, Gilbert Azibert, prétextant un emploi du temps chargé.
« Donner envie aux magistrats de s'exprimer ainsi, souligne Maître Eolas, ce qui va tant contre leur culture, restera sa plus grande réussite. Il y a des fleurs qui poussent dans les cimetières. »




















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De Seb30
Biologiste expatrié | 15H11 | 24/10/2008 |
« Remplacer les juges par un logiciel »
Vous avez une idée du nombre de bugs qu'un ordi peut faire dans la journée ?
Surtout si vous essayez de le programmer avec les lois françaises. Plantage de mémoire garanti.
De plus, un des reproches que vous ou d'autres faites aux juges est leur « arrogance ». C'est sûr qu'un ordi, c'est vachement plus humain. En fait, ce sera au mieux aussi humain que son programmateur. Qui c'est qui programme la bécane ? Notre président, connu pour son humanisme ?
Au passage, « arrogance » : ben oui, ils sont là pour juger des gens qui ont dérapés, des faibles , des mesquins, des salauds, des menteurs-affabulateurs, et plus généralement, des gens comme vous et moi qui ont été au mauvais endroit au mauvais moment, et qui ont pris la mauvaise route. Perso, je pourrai pas, à moins de me blinder l'âme et de garder de la distance. Vous croyez qu'ils sont là pour qu'on pleure sur leur épaule ?
De Lairderien
21H57 | 23/10/2008 |
je viens de me plonger dans la lecture d'une bonne douzaine de témoignages de magistrat ou d'auxiliaire de justice, comme ce surveillant de prison.
Impossible de continuer…..
C'est Zola et kafka à la fois, c'est aussi clairement un appel au secours des magistrats pas pour eux mêmes, pas pour leurs salaires, leurs congés, mais pour la Justice et les moyens de la rendre.
C'est aussi une condamnation sans appel, à l'unanimité de leur ministre, un rejet massif de ses méthodes, ainsi que de l'inflation des lois toujours plus répressive, leurs laissant de moins en moins la possibilité de nuancer leurs jugements ! ! !
C'est clairement une révolte, dans une profession qui ne nous a pas habitué à un tel étalage de ses états d'âme.
Que de dégats en 18 mois de présidences de l'élu des 53% ! ! ! !
De cardo
22H14 | 23/10/2008 |
Les magistrats ne sont que des hommes mais je peux témoigner de la très grande honneteté de la grande majorité d'entre eux dans l'accomplissement de leurs missions.
Ce travail est excessivement difficile et exigeant et il mérite le respect.
Chaque citoyen devrait apporter la plus grande attention au sort de notre justice, car chacun un jour peut être concerné et sera alors bien heureux de rencontrer des magistrats intègres et indépendants du pouvoir en place.
Reflechissez bien à la conjonction de big brother (edwige et cie..) et d'une justice contrainte, il faudrat alors bien penser et le démontrer
Sarko en nommant Rachida, nous rend service, ses véritables intentions en deviennent évidentes avec cette gardienne des sots aussi peu nuancée.
à cardo
De Alain Pacifique
03H50 | 24/10/2008 |
tout à fait d'accord Cardo,
ce qu'il faut, c'est le bouquin « la justice pour les nuls “ ou de bon docs télé sur toutes les chaines pour expliquer enfin, qu'est ce que la Justice et comment ca marche ( en France au moins ).
c'est pourtant moins compliqué que l'économie ou la crise financière mondiale, mais personne ne le fait, à part quelques blogs, dont maitre Eolas et aussi celui d'un magistrat : http://www.parolesdejuges.fr/ . il y en a certainement d'autres.
quand je lis le nombre de conneries écrites au sujet de la Justice, je suis vert ( de rage). et pourtant il n'y a pas si longtemps que je m'y intéresse.
ps : après Eco89, Justice89 ca ne serait pas du luxe ! ! ; )
à Alain Pacifique
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 07H52 | 24/10/2008 |
Alain, il y a plusieurs angle de vision de la justice, il y a la vision de l'horloger pour qui la pendule est une mécanique qui fonctionne ou pas (vision des magistrats), la vision du patron de l'usine pour qui la pendule est un outil de contrôle (vision du pouvoir), la vision de l'ouvrier à la chaine pour qui la pendule est l'outil du patron, dont on fait fi lorsque ce dernier souhaite que les ouvriers fassent des heures sup mais à la quelle ils n'ont pas l'initiative de la dérogation donc un outil plus au service du puissant que du faible (vision du citoyen de base).
Même si cette exemple est caricatural le « selon que vous serez puissant ou faible… » de la Fontaine possède encore et d'autant plus ces dernières années une réalité imparable.
à ToRDReLoRDRE
De Alain Pacifique
19H05 | 24/10/2008 |
je ne suis pas d'accord avec cette vision même si elle est caricaturale. un exemple parmi d'autres, le tribunal des prud'hommes. à ce que je sais, ils ne donnent pas systématiquement raison aux patrons.
à Alain Pacifique
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 14H22 | 25/10/2008 |
Je reconnais totalement (et j'en ai bénéficié dans le rôle du gueux) le statut d'exception aux prud'hommes mais la tendance générale, navré d'être têtu, reste acquise à la fable de la Fontaine.
De caro
délinquante avérée | 22H25 | 23/10/2008 |
ce qui est intéressant, c'est que les témoignages viennent de tous les métiers dépendant du ministère de la justice (le tout sans majuscule), de magistrats, de surveillants d'établissements pénitentiaires, de la PJJ etc
Ce qui serait encore plus intéressant, c'est que tout le monde tienne compte des problèmes des uns et des autres, que les magistrats, par ex, arrêtent d'incarcérer à tour de bras, quand ils savent que les cellules prévues pour 3 ou 4 personnes en contiennent déjà 7 ou 8. Il y a des peines de substitution pour les petites peines, elles sont de moins en moins appliquées. Pourquoi appliquer les peines les plus lourdes ? par peur d'être convoqué et se faire engueuler par la garde des sceaux, comme cela arrive ? Vous voulez l'indépendance de la Justice ? prenez-la, au moins dans la mesure de vos moyens, et vous en avez.
à caro
De fermtag
22H48 | 23/10/2008 |
Lesquels ?
à fermtag
De caro
délinquante avérée | 23H06 | 23/10/2008 |
par ex, que les juges arrêtent de suivre les réquisitions des procs ou même aillent au-delà. Les procs représentent le ministère public.
à caro
De Alain Pacifique
03H57 | 24/10/2008 |
Caro, je crois que tu simplifies un peu. les peines de subtitutions sont utilisées, mais là aussi il faut un encadrement, des places disponibles etc..
les juges n'appliquent pas systématiquement les peines les plus lourdes et heureusement ( ce ne sont pas des machines à juger). et tu oublies que pour les crimes les plus graves , jugés aux assises, c'est le jury populaire qui détermine la peine.
les magistrats commencent à réagir, encourageons les plutot .
à caro
De fermtag
11H04 | 24/10/2008 |
Les magistrats appliquent la Loi.
Si leurs décisions ne vous plaisent pas, prenez-vous en à la Loi et au législateur, pas aux magistrats !
C'est d'ailleurs bien pour ça qu'ils protestent, ce qui est excessivement rare.
Par exemple, on leur demande de mettre en détention provisoire le plus de monde possible d'un côté, et de l'autre de ne pas mettre d'innocents en détention provisoire. Ce qui est totalement contradictoire, voire schizophrénique, puisqu'une personne non-jugée est présumée innocente !
Et la justice judiciaire est rendue dans l'intérêt du peuple (c'est à dire dépassionnée), et non pas celle des victimes. Il existe, pour elles, une justice civile… Mais nos politiques semblent un peu l'oublier… probablement par soucis démagogique.
Et magistrats ne veut pas dire uniquement « juges du siège » : les procureurs, entre autres, sont aussi des magistrats !
PS : Désolé, Alain Pacifique, mon commentaire était à adressé à caro !
à fermtag
De caro
délinquante avérée | 11H52 | 24/10/2008 |
réponse globale
fermtag, vous écrivez Par exemple, on leur demande de mettre en détention provisoire le plus de monde possible d'un côté, et de l'autre de ne pas mettre d'innocents en détention provisoire.
pourquoi les magistrats continuent à alimenter les maisons d'arrêt plus qu'archi-pleines, alors que la présomption d'innocence devrait profiter aux mis en examen et les laisser dehors, même avec un contrôle judiciaire ?
Pourquoi dans les revendications (c'est pour Alain le Pacifique) n'y a-t-il pas le développement des mesures alternatives ?
Pourquoi seuls les gardiens de prison ont obtenu satisfaction avec des postes en plus quand on sait qu'il n'y a plus de places en prison ? Il vient d'y avoir un 93e suicide ! ! ! ! !
Je ne mets pas dans le même sac tous les juges et tous les procs (merci, je connais la différence), je dis que, puisqu'ils ne peuvent aller à l'encontre des lois (tant qu'elles ne sont pas changées, et ça urge de les changer) s'ils sont contre, il faudrait les appliquer a minima. Il ne faut pas se leurrer, certains les appliquent a maxima. Je défends les premiers, pas les seconds.
à caro
De fermtag
14H32 | 24/10/2008 |
Parcequ'ils n'ont pas la charge des preuves et que la Loi est la Loi. Et il y en a qui n'en dorment pas la nuit que de n'avoir pas eu d'autre choix : ils sont parfaitement conscients que la prison, et surtout dans les conditions actuelles n'est pas la solution pour la société !
Et quand ils n'ont que cinq minutes pour lire en travers un dossier alors qu'il leur en faudrait trente mais qu'ils sont en sous effectifs et que le travail doit être fait et que donc ils le font du mieux qu'ils peuvent, avec, en plus, des lois qui changent tous les trois jours… c'est un peu trop facile de les critiquer ! Si « nul n'est censé ignorer la Loi », qu'en dire quand ceux qui sont chargés de l'appliquer ont eux même du mal à la suivre ou la comprendre ! CQFD.
Sans compter les délais, d'une durée inadmissibles, dus en grosse partie au sous effectif chronique (juges, greffiers et tout les autres rouages indispensable à un bon fonctionnement du système) : vous pouvez passer deux ans, voire plus, en détention préventive avant d'être… éventuellement relaxé !
Et ça, ce n'est pas une erreur humaine, ni même un dysfonctionnement budgétaire, mais une simple question de moyens alloués !
Quand aux peines alternatives, beaucoup sont prononcées quotidiennement, comme les jours amende par exemple, mais ça, les journaux n'en parlent pas.
Enfin les procureurs ont pour supérieur hiérarchique… le Garde des Sceaux, puisqu'ils représentent le ministère public. Ce qui n'est pas le cas des magistrats du siège.
Leurs revendications ne sont pas salariales (même si la pluparts sont payés avec un lance pierre et sans heures supplémentaires) mais purement citoyenne : que le troisième pouvoir qui garanti l'intégrité de la République puisse être exercé en toute indépendance, l'exécutif mettant de plus en plus la pression, entre autres en les dénigrant et les méprisants.
L'ingérence insidieuse et permanente de l'exécutif dans le judiciaire est absolument intolérable, aussi imparfait que puisse être ce judiciaire.
Heureusement la justice administrative est encore assez saine car elle ne dépend pas directement de l'exécutif, ce qui nous garanti (encore) l'indépendance des trois pouvoirs…
Sinon, comment appelleriez-vous un régime répressif et sans justice judiciaire, déjà ?
à fermtag
De Seb30
Biologiste expatrié | 15H22 | 24/10/2008 |
En complément de votre réponse (très bien, rien à contredire),
Les peines alternatives ne sont malheureusement pas la panacée. Je lisais sur le blog de Maîte Eolas le témoignage d'un magistrat qui estime que sur les ados, le bracelet électronique n'a pratiquement pas effet dissuasif.
Ce qui fait sens, si on y réfléchit - un ado peut passer beaucoup de temps à braver les interdits (« attrapez-moi si vous l'osez ! »). Une laisse électronique n'est alors qu'un défi de plus…
L'alternative, la prison avec les durs, est encore pire. Avis aux lecteurs du Figaro, eux qui savent tout : Que faire ?
à fermtag
De Alain Pacifique
19H17 | 24/10/2008 |
@ Fermtag,
200% d'accord avec toi. je ne défends les magistrats que depuis que j'en connais plusieurs personnellement, dont une plus intimement. avant ca, j'étais comme beaucoup d'autres à taper sur la justice. maintenant qu'on m'a expliqué son fonctionnement, j'en ai une vision totalement différente ( même si certains magistrats sont nuls ou à la botte de leur patronne ). la plupart d'entre eux font tout leur possible pour tempérer leurs jugements dans cette époque du tout répressif.
@ Caro : c'est pas Alain LE Pacifique, c'est alain DU Pacifique. ; ))
De compte supprimé16
révolté | 00H20 | 24/10/2008 |
Ce qui est écoeurant, c'est que nous sommes là à commenter les actes d'une ministre de la justice alors qu'ils ne valent même pas qu'on les ignore. On aurait jamais du avoir à en parler !
Hier Perben et Clément. Aujourd'hui Dati. Et demain Flavie Flament ou Cauet ?
Sarkozy a fait de ce ministère régalien un laboratoire de sa conception daubée :
-1.de la société, en recrutant une Française d'origine arabe pour fabriquer une illusion d'intégration ;
-2.de la justice, en la mettant au service des victimes alors qu'elle est au service de l'ensemble de la société (C'est vrai que Chirac avait bien commencé avec l'amie Guedj, secrétaire d'Etat aux droits des victimes sous Raffarin).
Malheureusement, Dati n'est pas Badinter. Ni la Justice, ni l'Intégration ne sortent grandies de cette lamentable aventure que Sarkozy a imposée à la France.
De Le Yéti
yetiblog.org | 00H05 | 24/10/2008 |
LA MÉCHANTE (bis)
Je ne résiste pas à l'envie de vous rappeler cette histoire, écrite en février 2008, et publiée en commentaire sur ma chère Rue ; ça s'intitulait LA MÉCHANTE :
S'il fallait désigner le personnage le plus désagréable sévissant aujourd'hui au sommet de l'État, nulle doute que la palme reviendrait à Mme Dati.
Arrogance, cynisme et absence totale de scrupules caractérisent la démarche de cette jeune femme dont il n'est qu'à regarder la dureté du regard, le maquillage glacial, le fond de teint sépulcral et la mâchoire crispée à se rompre, pour deviner la terrible fièvre de pouvoir qui l'anime.
Passé ce premier constat d'apparence, un examen plus approfondi de son parcours et de ces actes balaie en un tournemain toute possible présomption d'innocence.
Son entrée en politique est un modèle d'ambigüité : une « lettre de candidature » adressée à la gauche institutionnelle socialiste alors en place ; suivie, faute de réponse, d'un tourner-casaque immédiat vers l'autre bord d'opinion. L'ambition n'a souvent que de lointains rapports avec la conviction.
L'exercice de son ministère renforce cette très détestable impression. Fort, pense-t-elle, du soutien des urnes, elle croit bon de faire fi des avis tiers, même de ceux émanant de son propre camp, pour prendre une série de mesures toutes plus agressives les unes que les autres : démantèlement des tribunaux de région, lois répressives en rafales, dépénalisation du droit des affaires…
Mme Dati fait mine d'ignorer la critique, prétend avec une feinte superbe que celle-ci est la contrepartie incontournable du pouvoir. De fait, à l'heure qu'il est, les rares protestations peuvent paraître relever du cri d'impuissance.
Mme Dati aurait pourtant tout lieu de se méfier. De par ses excès, elle devient sans y paraître ce personnage de théâtre caricatural qui, à force de polariser les détestations, finit sous les coups vengeurs de ses victimes. Dans les tragédies, ce personnage — le traître, le tyran, le salaud — subit immanquablement les foudres les plus cruelles avant même le dernier acte de la pièce.
Il ne cède pas sans drames. Acculé, il est capable des pires excès, des vilénies les plus cruelles. Mais à la fin, il cède. Sa défaite est consommée. Il est broyé sans pitié sous les applaudissements soulagés des spectateurs.
La décrépitude des mœurs politiques qui sévit aujourd'hui sur notre pays est telle que la diablesse perd tout sens de la mesure et du discernement. Saisie d'une frénésie suicidaire qui touche à la volupté, Mme Dati semble vouloir précipiter l'issue finale qui la perdra. Il suffit d'entendre, déjà, les réactions outrées de certains de ses propres partenaires pour s'en convaincre.
J'attends, avec je l'avoue une certaine impatience amusée, la scène capitale du dénouement, lorsque les boues du rejet, les foudres de la sentence, maculeront les si précieux tailleurs haute-couture, les si ahurissants escarpins de comédie de la méchante.
à Le Yéti
De Claude-le-breton
| 05H47 | 24/10/2008 |
Cette histoire, enfin, ce réquisitoire ressemble à s'y méprendre à celui de l'affaire d'Outreau, établi à partir d'une instruction manifestement conduite « à charge et à décharge », « comme ils disent » !
Même Arpaillange, au plus fort de sa « gloire » n'a pas eu droit, me semble-t-il, à un réquisitoire aussi manichéen.
Cela dit, je n'aurais très probablement pas aimé travailler sous les ordres de Mme Dati, mais s'il fallait éliminer tous les femmes et hommes politiques (pour ne parler que d'eux) sous les ordres de qui je n'aurais pas aimé travailler, ça ferait de la place pour les jeunes !
à Claude-le-breton
De Le Yéti
yetiblog.org | 09H54 | 24/10/2008 |
« Réquisitoire aussi manichéen », dites-vous ? Demandez donc à ses ex-collaborateurs qui ont fini par fuir la pétaudière ministérielle, demandez donc aux personnels des prisons que cette furie a visités, demandez donc aux juges, avocats et autres hommes et femmes de loi qui l'ont rencontrée quand elle a fermé leurs tribunaux.
à Le Yéti
De Kara
Itinérante | 09H22 | 24/10/2008 |
» démarche de cette jeune femme dont il n'est qu'à regarder la dureté du regard, le maquillage glacial, le fond de teint sépulcral et la mâchoire crispée à se rompre, pour deviner la terrible fièvre de pouvoir qui l'anime. »
Mon dieu ça me rappelle ma prof de Latin ! ! Beurkkkkkk
De Phil2922
Retraite invalidité | 06H23 | 24/10/2008 |
Je n'ai pas encore tout lu d'Eolas, en tout cas je tiens à remercier Dati d'avoir su rassembler TOUTE la profession judiciaire, du gardien de prison au juge, qui a manifesté hier contre ses décisions et son mépris.
Une enquête est toujours en cours pour savoir qui est le père de son bébé. Aux dernières nouvelles Julie Lescaut serait sur l'affaire… ! !
http : : //phil195829.overblog.com
De Petite citoyenne
Indépendante | 06H33 | 24/10/2008 |
La France me donne l'impression d'une terre brulée. Ou se cache le bon sens et l'interet COLLECTIF.
La justice n'est pas parfaite soit mais c'est un corp qui fonctionne. La mettre à bas sans vision est suicidaire.
De toute facon, pour moi, ne pas donner de moyens à l'éducation ni à la justice décimente la France.
On entend beaucoup de critiques d'en haut du monde des enseignants mais quand je les cotoie (par obligation scolaire) je ne peux que constater que ce corp tend collectivement la main aux élèves. C'est du vécu et je parle bien du public. J'ai vécu l'inverse dans le privé.
Pourquoi ce bon peuple si avide de sécurité qu'il a mis un homme stupide et sans vision collective à la tête de l'état, pourquoi ce petit peuple ne réalise pas que ce n'est pas la repression qui élève les hommes mais leur éducation. Enfermer des bêtes sauvages ne règle aucun problême de sécurité. Ils ressortent encore plus sauvages.
Et comme il y en un petit stock, il y en a toujours beaucoup dehors.
Qui pense à proteger ses enfants ? . On ne protège pas ses propres enfants en enfermant les autres. On tend la main et on fait le choix collectif d'élever la société et ca protègera autrement mieux la société.
On régule les prix de première consommation et on fait en sorte qu'un maximum de personnes vivent de leur travail.
« On » c'est nous. Et « nous » nous votons comme des empaffés pour un système qui broie l'individu, donc « nous » A Société de m… dirigeants de m…
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 07H31 | 24/10/2008 |
Au risque de passer pour une réac fascisante, ce que je ne suis absolument pas, je trouve que la « colère des magistrats » ressemble plus à un caprice d'enfant gâté.
je n'ai aucune affinité particulière avec Rachida. Elle m'indiffère plutôt.
mais j'ai été dans sa position, de nana avec poste à grosses responsabilités dans un monde de mecs.
A partir du moment où tu te bouges plus que tes collègues mâles, tu peux être sûre qu'il y en aura un qui essaiera de dévaloriser complètement ton travail et de te casser.
Je me méfie donc énormément de ces revendications. Certaines sont probablement légitimes mais on ne peut pas se voiler la face : la justice va mal, je fais partie du tiers de français qui n'a pas confiance en son système.
Indépendance de la justice ? A outreau, la justice était indépendante ou suivait les directives des médias/peuple ?
à bilqis
De Eowyn
12H26 | 24/10/2008 |
En fait, il y a une certaine contradiction dans vos propos :
- vous n'avez plus confiance dans la justice et son indépendance
-lorsque les magistrats manifestent pour l'indépendance de cette même justice, vous vous méfiez de leurs revendications ?
Pour Rachida Dati, je ne vois pas en quoi le fait qu'elle soit femme lui permettrait de faire n'importe quoi. Nous avons déjà eu des femmes garde des sceaux ( Guigou, Lebranchu -, qui elles aussi ce sont battues sans doute pour en arriver là : si les différentes composantes du monde judiciaire étaient si machistes que ça (je précise que les greffiers et magistrats sont à 70%/ 80% des femmes )je pense qu'elles s'en seraient pris à elles aussi. Ce n'a pas été le cas.
C'est donc plus pour ses actions et son caractère qu'elle est critiquée.
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 07H40 | 24/10/2008 |
Comment ose-t-on critiquer une ministre qui est tellement professionnelle qu'elle prendra un congé maternité non de trois mois mais de trois semaines ?
Pauvre gosse, qui fera comme tant de gosses de VIP du showbizz ou de la politique (ce qui, avec Rachida, est kifkif) : être élevé et surtout aimé par les bonnes.
En tout cas, voilà au moins une mère qui ne subira pas les reproches d'Aldo Naouri.
PS Bilqis, l'argument « on m'en veut car je suis une femme » n'est en soi pas faux, mais Mme Dati l'a usé jusqu'à la corde. En plus de « on m'en veut car je suis une rebeu » et « on m'en veut car je suis une ancienne pauvre ». Alors ça suffit. Ajoutons que son teasing sur l'identité du père (dont en soi je me fous) est aussi indécent que ses exhibitions vestimentaires et bijoutières. Et aussi fait pour alimenter le buzz de diversion sur le fait que NS et elle poussent à la destruction de la justice comme entité efficace et indépendante. Vous dites que la justice doit bouger ? Oui, sauf si c'est en direction de la poubelle.
à compte supprimé 22
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 08H39 | 24/10/2008 |
Bjr PMB,
C'est pas vraiment : « on m'en veut car je suis une femme », c'est plutôt « on m'en veut car je suis une femme qui fait bouger les choses, choses qui auraient dû bouger depuis longtemps !
(suis pas parano à ce point ; -)
Entendu ce matin à France Inter : un violeur récidiviste relâché car qui de droit n'a pas pris la peine de relire le compte rendu.
Infirmer au lieu de confirmer…
Bien entendu c'est la faute à rachida… Les pôvres ils étaient tellement perturbés par la ministre qu'ils n'arrivent pas à travailler correctement ?
à bilqis
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 10H41 | 24/10/2008 |
Bilqis,
Bien entendu mon reproche ne vous vise pas. J'ajoute que ce n'est pas de faire bouger qui lui est reproché, mais de faire bouger comme ça.
Pour la faute grave reprochée à qui a écrit « infirmer » et non « confirmer » comme à qui a signé ça, je n'ai pas encore entendu dire que c'était de la faute de Mme Dati. Vous avez des infos là-dessus ?
En tout cas, j'espère que cette faute sera sanctionnée. Sauf si on peut prouver qu'elle est liée à une surcharge de travail et à un déficit de moyens pour l'accomplir. Pour savoir comment, dans bien des cas, la justice se rend avec des moyens totalement insuffisants, allez sur le blogue d'Eolas. Les juges sont ce qu'ils sont, qualité et défauts, mais ils sont quand même mieux placés que nous pour savoir comment ils travaillent.
à compte supprimé 22
De bilqis
pr vivre heureux vivons caché | 17H20 | 24/10/2008 |
La justice manque de moyens, ca c'est vrai…
mais comme répondu à Tomgrand plus bas, là il s'agit de 2 personnes qui ont failli.
Une a fait une erreur grave et celle qui était censé veiller à ce qu'elle soit corrigée, n'a pas réagi.
Et quand je dis que c'est la faute à rachida, c'était bien entendu à prendre au second degré, je n'ai entendu nul part qu'on l'accusait.
De Sup.25.08.09 àlademandeduriverain
09H04 | 24/10/2008 |
Certes, Dati est insupportable, à l'image de tout le gouvernement de lavettes et de pieds-plats qui n'est après tout qu'une espèce de cours portant la parole et le pré-mâché vers le parlement-chambre d'enregistrement puisque seul le fait du prince a maintenant droit de cité dans cette république bananière. C'est ainsi que Sarkouille décide de renvoyer Petrella en Italie en rompant le deal que ses prédécesseurs avaient respecté, ce qui est scandaleux, puis revient sur sa décision et la dame-patronesse, la Maintenon, va porter la bonne parole au chevet de la malade. Il est vrai que quand on mène la vie qu'il mène, on n'a guère le temps de réfléchir et que le roi et sa dame font et défont à leur guise. Peu de réactions là dessus.
Malgré cela, j'ai du mal à plaindre une magistrature qui a si bien servi la soupe, étouffé, et dénié la justice sous d'autres règnes. On ne l'a pas beaucoup entendue se plaindre alors. Chirac l'attend toujours avec impatience chez Hariri. Ce qui la fait réagir maintenant, c'est la Question auxquels certains de ses augustes membres ont été soumis sur ordre de la Torquemada en attente d'hoir. Il y a depuis longtemps à redire sur le fonctionnement de la justice française comme sur bien d'autres choses, main on regardait ailleurs… Il n'y a que l'attaque personnelle qui fasse réagir ; apparemment. Il y a longtemps que l'idéalisme n'est plus de mise. Le carriérisme et le cul au chaud l'ont remplacé.
La magistrature devrait au contraire adorer un prince qui consent à attaquer en justice les manants qui le brocardent : il peut d'un trait de plume, étant seul monarque maître à bord de cette pétaudière, mettre fin à son existence même… Que les clercs ne l'oublient pas !