Sur le terrain 22/10/2008 à 16h26

Profils bas au salon de recrutement de la finance

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Sous les voûtes du palais Brongniart, ex-temple de la Bourse parisienne, la fébrilité des postulants du salon PROFinance est perceptible. La quatrième édition de ce salon de recrutement des métiers de la banque, de l'assurance, du conseil et de la finance s'est déroulée lundi et mardi avec l'affluence habituelle côté candidats. Chez les exposants en revanche, « il y en a un tiers de moins », témoigne la commissaire d'exposition, Laurence Zimmermann.

Apprêtés, CV en mains, de jeunes diplômés et quelques seniors tout juste licenciés, font la queue devant les stands où les recruteurs ne les reçoivent pas avec des fleurs. Certains ont déjà revu à la baisse leurs prétentions, comme Clément, 25 ans, qui a deux ans d'expérience en fusions-acquisitions et a décidé de chercher plutôt dans les métiers du conseil et de l'audit, et autour de 30 à 35 000 euros brut annuels au lieu des 40 000 euros avant la crise.

Beaucoup auraient rêvé de travailler sur les salles de marché, mais se réorientent vers le contrôle de gestion, jugé très porteur ces temps-ci, « car les banques ont bien besoin d'être accompagnées pour prévenir les risques », remarque Julien, 26 ans. Laurence Zimmermann, la commissaire de ce salon, le seul sur cette niche, témoigne :

« Les banques de détail ne sont pas encore affectées par la crise, et en informatique et conseils, le secteur de la finance n'a pas revu à la baisse ses besoins. »

Dans l'ensemble, l'ambiance est au repli chez les candidats, qui s'attendent à chercher plusieurs mois avant de décrocher le job espéré. Et à renoncer à des salaires mirobolants pour encore quelques années. (Voir la vidéo).



« Les salaires risquent de baisser, vu le nombre de candidats », prévoit de son coté Laurence Zimmermann. D'autant que, selon le dernier baromètre annuel de l'APEC (association pour l'emploi des cadres), publié le 16 septembre, les offres d'emplois disponibles pour les « cols blancs » du secteur finance-comptabilité sont en recul de 15 points en août 2008, par rapport au même mois de l'année d'avant.

Et dans les salles de marché, on commence à couper des têtes. « J'ai un ami qui a 130 personnes sous ses ordres, sa direction lui a demandé 50 têtes », raconte-t-elle. Témoins de la possible précarisation des emplois, « les cabinets d'intérim sont plus nombreux que d'habitude ».

La remise en question n'est pas un exercice habituel dans ces milieux où même très jeunes, les gens sont assez sûrs d'eux. Interrogés sur la crise financière, qui a révélé certains excès du capitalisme dérégulé, tous plaident pour des réformes et font profil bas sur la question de savoir « si on peut encore faire ce métier la tête haute ». (Voir la vidéo)



Mais peu de personnes croisées dans les allées du salon semblent affolées. Nombre de jeunes interviewés estiment qu'« il faut attendre encore quelques semaines pour connaître toutes les incidences de la crise et 2009 pour réellement sentir les impacts en termes d'emploi ».

  • 2802 visites
  • 5 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 16h38 le 22/10/2008
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    on s'en occupe Marie 75.

    (vu dans la presse belge)

  • Carmagnole
    • Posté à 16h56 le 22/10/2008

    A.Chabot a signé la lettre mais c'est Sarkozy qui l'a dictée...qui ignore que les directions de la TV publique sont aux ordres et sous le contrôle de l'Elysée ?

  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 16h37 le 22/10/2008
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    même les cochons ne veulent plus entrer dans les banques ! ! : -)

  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 17h15 le 22/10/2008
    • Internaute
      Enterré vivant

    Pujadas sur les traces de PPDA ? Ils vont pouvoir faire un duo, ils doivent s'adorer.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 00h04 le 23/10/2008
    • Internaute
      yetiblog.org

    LE DÉBUT DE LA FIN

    « Le fonds public américain de garantie des retraites (PBGC) a perdu 3,1 milliards de dollars sur les marchés financiers au cours des 11 premiers mois de l'année fiscale, ce qui pourrait mettre en péril le versement des pensions. » (Reuters)

    Ça sent le sapin dans les maisons de retraite américaine ! Combien de temps la nauséabonde odeur tardera-t-elle à s'étendre chez nous ?