Polemique

Faut-il condamner un prof amoureux de son élève ?

Jusqu'où un(e) prof attiré(e) par un(e) de ses élèves doit-il (ne pas) aller ? Et quand l'élève elle-même se définit comme « totalement consentante » ? Le tribunal correctionnel de Guingamp, dans les Côtes d'Armor, a relaxé un enseignant de 43 ans accusé d'« atteinte sexuelle sans contraite » sur une mineure de plus de 15 ans.

Les faits ont démarré il y a trois ans. Lui est prof de français dans un collège de Guingamp. Elle est son élève et vingt-six ans les séparent. Ouest-France, qui a assisté à l'audience, raconte que l'histoire a d'abord démarré sur un registre platonique (« des nuits entières à parler au téléphone »).

Puis, un an plus tard, un premier baiser et, dans la foulée, une histoire charnelle qui commence. Entretemps, elle est passée en seconde mais il est toujours son enseignant. C'est la mère de l'élève qui a décidé de porter plainte, même si sa fille avait atteint la majorité sexuelle (15 ans) et que son journal intime la montre « amoureuse ».

Pour juger cet enseignant, le tribunal a examiné s'il y avait abus d'autorité. Et a conclu que non, là où le parquet requérait un an de prison. Dans la foulée de la décision, la mère et le parquet ont décidé de faire appel.

Sur le Web, on trouve des témoignages par dizaines, principalement sur des forums. Des élèves amoureuses (à décliner au masculin, plus rarement) de leur prof, mais aussi des enseignants qui racontent, profitant de l'anonymat, leur embarras, qui vire parfois au désarroi. Rarement, il s'agit de plastronner -plus souvent, de s'interroger sur les risques juridiques du passage à l'acte.

Mary Kay Letourneau : moins de clémence pour un cas similaire

Car la justice a connu d'autres affaires semblables à celle de Guingamp. Et s'est souvent montrée moins clémente, en France ou à l'étranger. Le cas le plus célèbre a traversé l'Atlantique : c'est celui de Mary Kay Letourneau, enseignante américaine.

Mère de famille au moment de l'idylle, elle avait été jugée coupable par la Cour de l'Etat de Washington après avoir noué une histoire avec Vili Fualaau, élève de douze ans dont toute la presse précisait un peu bizarrement à l'époque qu'il faisait « plus que son âge ». Une petite fille était déjà née lorsque son procès a eu lieu.

Nous étions en novembre 1997, un an après leur rencontre, quand le 20 heures s'en faisait l'écho. Sur France 2, Béatrice Schönberg n'y va pas de main morte et parle « d'amours scandaleuses » : (Voir la vidéo. Il s'agit du journal dans son intégralité, reportez-vous six minutes après le début)

A sa sortie de prison, Marie Kay Letourneau a fini par épouser Vili, en 2005. On ne peut pas en dire autant de Gabrielle Russier. Agrégée de lettres, née dans l'entre-deux guerres, cette Marseillaise est restée célèbre pour s'être suicidée au gaz en 1969 après avoir été condamnée pour « détournement de mineur » : elle avait entretenu une liaison avec un de ses élèves, âgé de seize ans.

« Mourir d'aimer tandis que le monde me juge… »

A l'époque, cette affaire qui bouscule la France pompidolienne est peu relayée dans les médias. Mais, le 22 septembre 1969, un journaliste de RMC s'autorise une question à Georges Pompidou en queue de conférence de presse. Avec sans doute de la gêne et surtout pas mal de silence, le président répond un peu étrangement qu'il ne dira pas « tout ce qu'il a pensé, ni même ce qu'il a fait » mais répondra par des vers destinés par Eluard aux femmes tondues à la Libération :

En écho à la décision du tribunal de Guingamp, un internaute breton nous a envoyé ce mardi matin les paroles de la chanson « Mourir d'aimer », de Charles Aznavour. Ce titre avait justement été composé pour le film éponyme d'André Cayatte, sorti en 1971 et basé sur l'histoire de Gabrielle Russier -un carton au cinéma.

Et comme Aznavour chantait « Tandis que le monde me juge, je ne vois pour moi qu'un refuge, toute issue m'étant condamnée, mourir d'aimer », cet extrait sur scène pour la route :


518 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

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Portrait de Hétérodoxe

De Hétérodoxe

08H44 | 22/10/2008 | Permalien

C'est marrant comme la morale est à géométrie variable.

D'un côté, on laisse des gamins ultra jeunes devant des conneries obscènes à la télé, on veut même les faire bosser dés 14 ans .. de l'autre, on fait un procès à un homme parce qu'il a eu le tort de tomber amoureux d'une fille de 20 ans sa cadette.

Je parle ici d'amour, et non de désir ou de pulsion. C'est con, mais ça peut arriver.

Là où nous aurions tous écouté la doxa, l'homme a choisi son coeur. Peut-on vraiment l'en blâmer ?

L'essentiel n'est-il pas que sa trop jeune dulcinée était manifestement consentante ? Quant au bien fondé de cette relation, l'avenir parlera de lui-même … si l'erreur est patente, ils finiront par se séparer.

Si l'autorité était incompatible avec l'Amour, alors les flics, les juges, les présidents et je dois en oublier, n'auraient pas droit à un peu de bonheur dans leur vie privée ? ! Pourquoi les profs seraient traités à part ? Parce que c'est bien là le problème, apparemment. Et ça promet une palanquée de procès !

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| 11H55 | 22/10/2008 | Permalien

« on fait un procès à un homme parce qu'il a eu le tort de tomber amoureux d'une fille de 20 ans sa cadette. »

De TRENTE ans sa cadette.

« Là où nous aurions tous écouté la doxa, l'homme a choisi son coeur. Peut-on vraiment l'en blâmer ? »

En l'occurrence, ce n'est pas une quelconque « doxa » qu'il faut choisir, mais la LOI, qui interdit à des gens majeurs d'avoir des relations sexuelles avec de jeunes MINEURS. Ca s'appelle de la pédophilie.

Portrait de Camille

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De Camille

Mauvais genre | 13H21 | 22/10/2008 | Permalien

Non, vous n'avez manifestement pas compris ce qu'était la pédophilie, ni légalement ni psychologiquement.

Il s'agit d'instrumentaliser des enfants, non encore formés. A priori, après 15 ans, l'élève était une femme, très jeune mais avec un corps de femme et non plus avec un corps d'enfant.

Par ailleurs, la jeune femme était certes mineure : mineure administrativement mais non mineure sexuellement.

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à Camille Portrait de Camille De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 13H52 | 22/10/2008 | Permalien

Leur « relation a commencé quand elle avait TREIZE ans. Elle était mineure dans TOUS les sens du terme. C'est indicutablement de la pédophilie ET de l'instrumentalisation d'enfant, je ne comprends même pas que la question se pose. La majorité sexuelle entre un prof et un(e) élève, c'est 18 ans : c'est une mesure de protection de l'enfance.

Portrait de survivant

De survivant

09H08 | 22/10/2008 | Permalien

Encore un pépère pervers qui s'est fait griller à la sortie des écoles avec sa boîte de cachou. Qu'on les pendent par les couilles. Et pour les politiques qui se font griller avec des prostituées payées par l'argent du contribuables ceux là qu'on leur fassent bouffer les clochettes du cul de sarkozy.

Portrait de orties

à survivant Portrait de survivant De orties

21H22 | 22/10/2008 | Permalien

Je vous aurais toppé si la formulation n'avait pas été aussi grossière.

Portrait de Shix

De Shix

Madteam since 2010 | 09H23 | 22/10/2008 | Permalien

Pour travailler avec des ados, dans un cadre beaucoup plus détendu que celui de l'enseignement (éducation populaire), je dois dire que ces sentiments « ému », « attiré », « touchant » etc … on le ressent forcément parfois au contact de certaines jeunes ados quand vous partagez 3 semaines 24h/24. Mais de la même façon, qu'on va s'attacher à un autre « gamin » parce qu'il est un peu pénible mais finalement très sincère, fragile et volontaire … La proximité fait se découvrir les individus.

Ceci étant dir, y a une éthique dans notre/nos métier(s). Et surtout la question qu'il y a à se poser lorsqu'on sent une réelle attirance qui semble réciproque avec une/un mineur(e), c'est effectivement : qu'est-ce qu'attends un/une ado d'une histoire sentimentale ? Comment va-t-elle influer sur sa vie en pleine construction alors qu'elle ne répond pas aux repères qui permettent habituellement de se construire sereinement ? Si nous, sommes à peu près stables car on commence à se connaître, savoir où l'on va et prendre la mesure de nos actes et paroles, ce n'est pas toujours le cas d'un ado.

Refouler ses sentiments, ça fait mal à l'un comme à l'autre, mais l'adulte a une responsabilité : celle de savoir qu'un individu qui se construit à 15 ans est parfois très fragile dans ses certitudes et son estime de soi. Et le jugement des autres qui s'accompagnera d'une perte de repères sur ce que peut être une relation amoureuse dans notre société, peuvent être traumatisants pour un individu en quête d'identité.

Portrait de guerzit

De guerzit

Incomprenant majeur | 09H29 | 22/10/2008 | Permalien

Ah ! l'amour… C'est l'occasion de grandes déclarations optimistes. On s'esbaudit devant de si belles histoires, et puis si l'élève est consentant et amoureux…

A lire l'unanimité des avis sur la nécessité de laisser l'amour s'épanouir, j'en viens à me dire que l'immaturité est répandue et que finalement un adulte n'est pas beaucoup mieux placer qu'un ado pour se définir et définir la teneur de ses relations au monde.

Ayant été prof, je ne parviens pas cependant à comprendre comment on en arrive à regarder ces élèves autrement que comme des élèves. Un élève n'est pas un individu libre de lui même, c'est un individu placé dans une structure qui l'opprime et le libère en même temps, mais qui n'intervient que comme institution. Replacer les liens du prof et de l'élève sur le plan de la relation humaine est pour moi assez idiot. Le filtre de la relation hiérarchique et de l'autorité morale est à mon sens impossible à déchirer.

Cela n'empeche pas d'avoir de l'empathie et un réel intéret pour un élève mais il ne s'agit pas d'une relation sociale. C'est un rapport fonctionnel régit par des codes. Glisser dans la sphère personnelle est regrettable.

Tomber amoureux d'un élève relève plus pour moi de l'incapacité sociale et de la dérive nombriliste qeu d'autre chose. C'est si valorisant de laisser quelqu'un idéaliser sa propre personne, hors de tout contexte.

Et à tous les témoignages de relations réussies et ayant abouti, je dirai que Céline Dion aussi est très contente aussi d'être avec René.

Portrait de brigadoon

à guerzit Portrait de guerzit De brigadoon

ouf!!! | 10H14 | 22/10/2008 | Permalien

Votre commentaire est condescendant et hautain ! A se demander si vous n'êtes pas pétri dans les conventions sociales. Quant à vos analyses :

« Un élève n'est pas un individu libre de lui même, c'est un individu placé dans une structure qui l'opprime et le libère en même temps, mais qui n'intervient que comme institution. »

Je remplace le terme élève par prof ;

Un prof n'est pas un individu libre de lui même, c'est un individu placé dans une structure qui l'opprime et le libère en même temps, mais qui n'intervient que comme institution.

et encore
« Tomber amoureux d'un élève relève plus pour moi de l'incapacité sociale et de la dérive nombriliste qeu d'autre chose. C'est si valorisant de laisser quelqu'un idéaliser sa propre personne, hors de tout contexte. »
Je pense que socialement c'est ce qui se passe dans la tête de nombreux adultes entre eux… pas restrictifs aux ados…

Portrait de guerzit

à brigadoon Portrait de brigadoon De guerzit

Incomprenant majeur | 10H23 | 22/10/2008 | Permalien

Hautain peut-être. Mais je suis vraiment surpris de la teneur des commentaires. Et assez étonné par tant de relativisme à la con. Les discours du genre c'est beau l'amour ne ma convainquent pas et j'avoue avoir du mal à considérer ceux qui les brandissent comme autant d'arguments…

Pour le reste certes, et alors ?

Portrait de brigadoon

à guerzit Portrait de guerzit De brigadoon

ouf!!! | 10H37 | 22/10/2008 | Permalien

Je vais vous étonner peut être mais comme vous les « discours à la con » sur l'amour me laissent de marbre, mais peut être parce que je pense que l'amour nous échoit et qu'on ne le choisit pas. En ce sens l'amour est à mon avis si généreux qu'il permet de prendre ne compte le bien être de l'Autre et dans le pire des cas de s'effacer pour que l'autre puisse se réaliser (dans sa vie socio professionnel de jeune ou moins jeune adulte).

Les 3/4 des gens n'ont que ce mot à la bouche et cherchent l'amour partout quand il est peut être là tapi dans un coin de notre quotidien….

Après la question sociale c'est de savoir ce qui est condamnable ou non et quels sont les arguments mobilisés pour condamner ou non une relation ? Sont-ils pertinents ? Mais ça n'a rien a voir avec l'amour, non.

Portrait de guerzit

à brigadoon Portrait de brigadoon De guerzit

Incomprenant majeur | 13H18 | 22/10/2008 | Permalien

Entièrement d'accord avec votre dernier paragraphe. Et mon avis est qu'un professeur est professionnellement et socialement tenu de maintenir une distance entre lui et ses élèves.

Portrait de comptesuprimé30

à guerzit Portrait de guerzit De comptesuprimé30

hestia | 11H01 | 22/10/2008 | Permalien

@ guerzit

Vous repérez l'immaturité comment ? !

Est il possible pour vous d'envisager 2 mn que l'humain n'est pas qu'une logique ?

Je ne sais pas ce que signifie « la dérive nombriliste » (je vois bien la dérive de l'iceberg mais du nombril pas du tout ! ), pouvez vous nous éclairer sur ce vous voulez dire ?

« La valorisation hors contexte » : la encore je cale….

c'est vous l'auteur de LQR ? ! !

Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3

à comptesuprimé30 Portrait de comptesuprimé30 De Compte supprimé le 4 janvier 3

| 12H02 | 22/10/2008 | Permalien

Est-il possible pour vous d'envisager 2 mn que vous défendiez l'indéfendable, avec vos bons sentiments à 2 balles ? Vous trouvez anormal que les lois protègent les enfants ?

Portrait de comptesuprimé30

à Compte supprimé le 4 janvier 3 Portrait de Compte supprimé le 4 janvier 3 De comptesuprimé30

hestia | 15H24 | 22/10/2008 | Permalien

@ Béatrice

J'ignore ce qui ne va pas mais vraisemblablement ce sujet vous dérange.
Ce sujet ne traite pas de l'abus sexuel.

Calmez vous….vous nous inquiétez.
Béatrice nous vous avons connu posée, argumentant : là vous redites sans cesse la meme chose alors que nous ne parlons pas de la maltraitance des enfants.

Je vous le redis l'ASE n'est pas intervenue pour maltraitance : jamais il n'a été évoqué une quelconque maltraitance.

Portrait de guerzit

à comptesuprimé30 Portrait de comptesuprimé30 De guerzit

Incomprenant majeur | 13H22 | 22/10/2008 | Permalien

Pour répondre globalement je ne comprends pas qu'un individu puisse réagir aux sollicitations d'une personne plus jeune sur qui il à un ascendant clair du à sa situation d'enseignant.

Et je ne vois pas quel est espace dans lequel un élève et un professeur peuvent trouver le temps de se connaitre et de s'apprécier.

Portrait de Grognard des temps modernes

De Grognard des temps modernes

Demi solde | 09H54 | 22/10/2008 | Permalien

Prof de Français amoureux d'une jeune femme histoire d'amour qui se finit au tribunal….Mieux vaut être un vieux rockeur….OOOOOPTIC 2000…

Portrait de monisme

De monisme

clm | 09H58 | 22/10/2008 | Permalien

Associer Pompidou et Aznavour, on pourrait soupçonner cette journaliste d'avoir eu une culture pompidolienne malgré que, étant jeune, elle trouvait du romantisme au Rouillan d'action directe a-t-elle écrit.
J'écoute Pompidou et je me dis : bien. Sauf que Pompidou était Président de la République chef du conseil supérieure de la magistrature, chef d'un gouvernement ultra-conservateur et d'une chancellerie à la botte de laquelle était la justice (temps et mœurs ont-ils vraiment évolués ? ) . Pompidou n'a pas dit « ce qu'il a pensé ni tout ce qu'il a fait ». Agrégé de lettres, il répond par Eluard. Je réponds par Verlaine : « et tout le reste est littérature » ?

Portrait de Chloé Leprince

à monisme Portrait de monisme De Chloé Leprince (auteur)

Rue89 | 11H18 | 22/10/2008 | Permalien

Je vous demande pardon ? Où avez vous lu que je trouvais du romantisme au Rouillan d'action directe comme vous dites ? Vous aurez certainement mal lu l'article consacré au portrait qu'en brossent deux avocats proches d'Action directe a l'époque… Où avez vous lu d'ailleurs que mes articles étaient empreints d'un quelconque rapport à ce que je trouve romantique (ou pas) ? VOus m'etonnez…
Quant à mon grand âge…

Portrait de monisme

à Chloé Leprince Portrait de Chloé Leprince De monisme

clm | 09H59 | 23/10/2008 | Permalien

Je vous prie sincèrement de m'excuser s'il apparaît que je vous ai attribué à tort : « Le romantisme de l'activiste passé (on s'y laissa parfois séduire, erreur de jeunesse ici avouée) … c'est la mise en perspective historique qui devrait nous guider ».
Question d'âge, je n'ai rien à vous reprocher le mien étant quasi certain. J'ai été amusé simplement par le rapprochement Pompidou-Aznavour parce que les Beart Aznavour et autres en tant que chantres d'une culture télévisée overdose sous Pompidou (P.S : j'aime beaucoup des trucs de Béart et Aznavour).

Portrait de Chloé Leprince

à monisme Portrait de monisme De Chloé Leprince (auteur)

Rue89 | 10H42 | 23/10/2008 | Permalien

Pour etre tout a fait explicite et pour ceux qui lisent notre échange, en effet, il me semble tout a fait exclu et pas du tout journalistique pour tout vous dire d'ecrire une formule telle que « Le romantisme de l'activiste passé (on s'y laissa parfois séduire, erreur de jeunesse ici avouée) … c'est la mise en perspective historique qui devrait nous guider » dans un article ! !

Portrait de Erwan69100

De Erwan69100

09H59 | 22/10/2008 | Permalien

Il y a un rapport fort avec la relation père-fille qui est très désagréable et nauséabond de manière générale, comme le dit T.GREDAT, un rapport d'autorité professeur-Eleve qui fausse la relation. Une part de fantasme aussi, je pense de la part de certain(e)s élèves. Maintenant il s'agit d'ouvrir les yeux : 26 ans de différences n'est tout simplement pas excusable. Et que l'on ne vienne pas me parler d'amour. Quand un 1/4 de siècle sépare deux individus je vois mal comment une relation sincère peut se créer et se développer mis à part si le but ultime est de tomber dans la Gériatrie…Je n'ai qu'à dire : P.A.J.
Place Aux Jeunes !

Portrait de Herve Nantes

De Herve Nantes

10H06 | 22/10/2008 | Permalien

Magnifique témoignage.
Le désir peut être plus beau que l'acte lui-même. Offrons-nous de temps en temps le luxe de ne pas succomber, ne serait-ce que pour le délice de se retenir.

Portrait de Léonard

De Léonard

chercheur (errer humanum est) | 10H26 | 22/10/2008 | Permalien

Pour information, les règles déontologiques dans les universités concernant les rapports entre professeur et étudiant, qui sont donc des adultes, sont devenues très fermes aux Etats-Unis depuis au moins une dizaine d'années et dans d'autres pays (et même récemment Israel, suite à une plainte récente) : les rapports sexuels, y compris consensuels, entre enseignant et étudiant, sont interdits si l'enseignant est responsable, directement ou non, de l'évaluation du travail de l'étudiant. Il revient à l'enseignant de s'assurer qu'il n'a aucun contrôle ou rôle d'évaluation sur l'autre personne. A défaut de quoi il est passible de sanction (qui varie d'une université à une autre). Tout cela est accessible et largement documenté sur la toile (avec une recherche sur « sexual harassment » par exemple).

Chaque histoire est évidemment unique. Gide disait que l'art naît de contraintes et meurt de liberté (les oulipiens en ont fait leur devise depuis) : on peut le dire aussi, dans une certaine mesure, de l'amour.

Cela étant, on peut faire quelques remarques de bon sens :

1) Dans une relation entre partenaires dont les statuts sont inégaux et dont l'un a la responsabilité d'évaluer le travail de l'autre, il y a des risques. Ces risques sont réputés assumés par les partenaires. Cependant la consensualité est chose subjective et peut elle aussi varier, particulièrement rétrospectivement.

2) Dans une telle relation, la personne en position d'autorité doit assumer le poids principal de la responsabilité.

Portrait de mechante langue

De mechante langue

10H45 | 22/10/2008 | Permalien

Un prof s'est entiché de moi quand j'avais quinze ans. J'en garde un terible souvenir d'etouffement , de culpabilité et d'emprise .
J'ai ensuite enseigné deux ans et j'ai pu voir le rapport de séduction que certains élèves pouvaient tenter d'etablir .
Il n'y a pas de symétrie dans les rapports entre un élève et son prof .
Et au désir , aux pulsions on doit opposer l'ethique .

Portrait de A.V.

à mechante langue Portrait de mechante langue De A.V.

tamagotchi89 | 13H09 | 22/10/2008 | Permalien

Quand j'étais petit, ma mère a renversé une tasse de café brûlant sur moi. Ça m'a fait très mal. Il n'y a pas de symétrie dans les rapports mère-enfant.
Des axiomes comme celui-là, je peux t'en sortir à la pelle.

Portrait de brigadoon

à A.V. Portrait de A.V. De brigadoon

ouf!!! | 13H30 | 22/10/2008 | Permalien

Excellent. On sait maintenant pourquoi méchante langue réagit aussi vivement à un tel article et en oublie de penser…. Un prof s'est entiché d'elle ! ! ! ! Le pauvre il ne sait pas a quoi il a echappé !

Portrait de sûrderien

à mechante langue Portrait de mechante langue De sûrderien

paresseux | 18H59 | 22/10/2008 | Permalien

IL ETAIT MYOPE ?

Portrait de sûrderien

à mechante langue Portrait de mechante langue De sûrderien

paresseux | 09H41 | 24/10/2008 | Permalien

eh ben, il était pas dégouté !

Portrait de Jaycib

De Jaycib

Désagrégé de l'Université | 10H55 | 22/10/2008 | Permalien

Ce sujet ayant été traité (brièvement) dans A Chaud hier, je suis frappé par la différence qualitative entre les commentaires d'hier (plutôt « légalistes », avec force références à l'autorité et à la responsabilité) et ceux d'aujourd'hui, franchement plus convaincants du fait des diverses confidences émouvantes/troublantes faites par des profs (et ex-élèves).

Beaucoup de profs de ma génération ont été confrontés à des situations telles que celle décrite dans l'article de Chloë. Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui, car les relations entre les sexes ont pu évoluer, mais dans mon cas, tout contact entre le prof que j'étais et une élève distinguée pour sa sensibilité et sa « compatibilité » intellectuelle et pour cause d'admiration réciproque suscitait entre les protagonistes, a priori parfaitement innocents, une sorte d'« électricité statique », une forme de reconnaisance mutuelle confinant peu à peu à la découverte de l'âme soeur. Il faut sans doute se défier de ce genre d'attraction quand on est prof. Mais ce dernier n'est pas de marbre, et, en plus, la question de sa responsabilité d'adulte face à une mineure ne se pose souvent pas du tout !

Qu'il s'agisse d'une illusion ou d'une réalité profonde, la relation amoureuse qui en découle parfois me paraît particulièrement difficile à juger. En l'occurrence, la motivation du prof n'est pas celle d'un pédophile, et la motivation de la jeune fille n'a rien à voir avec celle d'une sorte de « Lolita » plus ou moins diabolique.

Le tribunal de Guingamp a relaxé le prof sur la foi des témoignages (y compris celui de sa jeune amante) et de son parcours spécifique antérieur. A mon sens, il serait inopportun de casser ce jugement sur la base d'une interprétation stricte de ce qu'est la responsabilité de l'adulte en situation d'« autorité ».

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