Polemique

Faut-il condamner un prof amoureux de son élève ?

Jusqu'où un(e) prof attiré(e) par un(e) de ses élèves doit-il (ne pas) aller ? Et quand l'élève elle-même se définit comme « totalement consentante » ? Le tribunal correctionnel de Guingamp, dans les Côtes d'Armor, a relaxé un enseignant de 43 ans accusé d'« atteinte sexuelle sans contraite » sur une mineure de plus de 15 ans.

Les faits ont démarré il y a trois ans. Lui est prof de français dans un collège de Guingamp. Elle est son élève et vingt-six ans les séparent. Ouest-France, qui a assisté à l'audience, raconte que l'histoire a d'abord démarré sur un registre platonique (« des nuits entières à parler au téléphone »).

Puis, un an plus tard, un premier baiser et, dans la foulée, une histoire charnelle qui commence. Entretemps, elle est passée en seconde mais il est toujours son enseignant. C'est la mère de l'élève qui a décidé de porter plainte, même si sa fille avait atteint la majorité sexuelle (15 ans) et que son journal intime la montre « amoureuse ».

Pour juger cet enseignant, le tribunal a examiné s'il y avait abus d'autorité. Et a conclu que non, là où le parquet requérait un an de prison. Dans la foulée de la décision, la mère et le parquet ont décidé de faire appel.

Sur le Web, on trouve des témoignages par dizaines, principalement sur des forums. Des élèves amoureuses (à décliner au masculin, plus rarement) de leur prof, mais aussi des enseignants qui racontent, profitant de l'anonymat, leur embarras, qui vire parfois au désarroi. Rarement, il s'agit de plastronner -plus souvent, de s'interroger sur les risques juridiques du passage à l'acte.

Mary Kay Letourneau : moins de clémence pour un cas similaire

Car la justice a connu d'autres affaires semblables à celle de Guingamp. Et s'est souvent montrée moins clémente, en France ou à l'étranger. Le cas le plus célèbre a traversé l'Atlantique : c'est celui de Mary Kay Letourneau, enseignante américaine.

Mère de famille au moment de l'idylle, elle avait été jugée coupable par la Cour de l'Etat de Washington après avoir noué une histoire avec Vili Fualaau, élève de douze ans dont toute la presse précisait un peu bizarrement à l'époque qu'il faisait « plus que son âge ». Une petite fille était déjà née lorsque son procès a eu lieu.

Nous étions en novembre 1997, un an après leur rencontre, quand le 20 heures s'en faisait l'écho. Sur France 2, Béatrice Schönberg n'y va pas de main morte et parle « d'amours scandaleuses » : (Voir la vidéo. Il s'agit du journal dans son intégralité, reportez-vous six minutes après le début)

A sa sortie de prison, Marie Kay Letourneau a fini par épouser Vili, en 2005. On ne peut pas en dire autant de Gabrielle Russier. Agrégée de lettres, née dans l'entre-deux guerres, cette Marseillaise est restée célèbre pour s'être suicidée au gaz en 1969 après avoir été condamnée pour « détournement de mineur » : elle avait entretenu une liaison avec un de ses élèves, âgé de seize ans.

« Mourir d'aimer tandis que le monde me juge… »

A l'époque, cette affaire qui bouscule la France pompidolienne est peu relayée dans les médias. Mais, le 22 septembre 1969, un journaliste de RMC s'autorise une question à Georges Pompidou en queue de conférence de presse. Avec sans doute de la gêne et surtout pas mal de silence, le président répond un peu étrangement qu'il ne dira pas « tout ce qu'il a pensé, ni même ce qu'il a fait » mais répondra par des vers destinés par Eluard aux femmes tondues à la Libération :

En écho à la décision du tribunal de Guingamp, un internaute breton nous a envoyé ce mardi matin les paroles de la chanson « Mourir d'aimer », de Charles Aznavour. Ce titre avait justement été composé pour le film éponyme d'André Cayatte, sorti en 1971 et basé sur l'histoire de Gabrielle Russier -un carton au cinéma.

Et comme Aznavour chantait « Tandis que le monde me juge, je ne vois pour moi qu'un refuge, toute issue m'étant condamnée, mourir d'aimer », cet extrait sur scène pour la route :


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révolté | 21H12 | 21/10/2008 | Permalien

Enfin Sieur ou Dame, un vrai couple fait d'un père et d'une mère se suffit à lui même ! Vous voulez en plus des sentiments ? Vous divaguez !

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11H10 | 22/10/2008 | Permalien

c'est agacant cette façon de renvoyer ce qu'une telle idylle met mal à l'aise à des arguments de moralisateur ou à d'autres problèmes

on dirait les supporters de sarko qui vous disent « ah ui mais tu as vu segolène royal ou mitterand ct mieux peut être ? »

c'est pas le sujet c'est pas parce que il y a des couples nuls ou de mauvais parents que ça justifie tout

concentrons nous sur le sujet : est ce qu'on peut considérer qu'un adulte de 45 ans qui a autorité sur une adolescente de 15 ans peut tomber amoureux d'elle passer à l'acte et considérer que c'est consenti sans se poser de questions ?

après pour autant si ca nous met mal à l'aise cela doit il relever de la justice ?

cessons de se dire que parce que y'a pire aillerus on doit accepeter ça sans broncher
dans ce cas on peut plus parler de rien

Portrait de A.V.

à ClaireChar Portrait de ClaireChar De A.V.

tamagotchi89 | 12H27 | 22/10/2008 | Permalien

J'ai fait exprès d'opposer cette histoire particulière à l'exemple des parents. L'attitude de la société traduit l'hésitation entre deux facettes du couple essentiellement et culturellement différentes : le couple utilitaire et le couple amoureux. Dans notre histoire judéo-chrétienne, le second n'émerge de la marginalité que tardivement et lentement. Le couple actuel porte encore en lui une bonne dose de déterminisme social. S'unir pour s'ancrer socialement et avoir des enfants, fonder un foyer stable et sécuritaire pour les élever, transmettre les valeurs qu'on a reçues. Et pour cela, l'âge, la confession, la situation professionnelle, ont leur importance dans l'échelle des valeurs morales.
Le couple amoureux, étranger à la notion d'utilité, normal pour les adolescents, devient exotique et suspect quand il s'agit d'adultes. Le tabou de la différence d'âge renvoie à la sexualité sans dessein, à l'amour sans valeur matrimoniale.
Pour ceux qui considèrent le couple sous l'angle de la fonction sociale, l'amour entre un enseignant et son élève est nécessairement nocif. Sous l'angle de l'amour, cette histoire est une histoire particulière, avec ses propres valeurs, qui échappe à toute tentative de schématisation des relations enseignant/élève.
Pour moi, vous l'aurez deviné, l'amour est une valeur absolue, et l'équilibre d'une relation en dépend en grande partie (et donc, celui des enfants).

Portrait de hoshiko

à A.V. Portrait de A.V. De hoshiko

15H35 | 22/10/2008 | Permalien

D'habitude j'aime bien ce que vous dites A.V., mais là…

« Dans notre histoire judéo-chrétienne, le second n'émerge de la marginalité que tardivement et lentement. »

Vous avez lu le Cantique des Cantiques ? Je ne dis pas que la majorité des couples s'aimaient passionnément, mais tout le monde avait envie d'aimer.

« Le couple amoureux, étranger à la notion d'utilité, normal pour les adolescents, devient exotique et suspect quand il s'agit d'adultes. »

Euh, vous connaissez beaucoup de couples d'adultes qui ne sont pas amoureux, vous ? Moi, non. Evidemment, de nos jours, c'est + dur de s'aimer toute une vie d'adulte (soit de 20 à 80 ans) que, mettons, jusqu'au milieu du 20e siècle (la mortalité survenant souvent vers 30-40 ans chez au moins un membre du couple). Surtout qu'on a plus de sollicitations. Mais ça ne veut pas dire que les couples d'adultes ne sont pas amoureux. Seulement, ils deviennent monogames en série : 15 ans avec A, 5 ans avec B, 20 ans avec C, plein de coups d'un soir entre chaque et des périodes de célibat.

« Le tabou de la différence d'âge renvoie à la sexualité sans dessein, à l'amour sans valeur matrimoniale.
Pour ceux qui considèrent le couple sous l'angle de la fonction sociale, l'amour entre un enseignant et son élève est nécessairement nocif. »

Non, c'est la différence inverse (femme ménopausée-jeune homme) qui est sans dessein. Un homme n'a pas d'andropause à proprement parler et à 15 ans une fille est particulièrement fertile. Donc, ça correspond au schéma « silver back + jeune gorillette » ou plus humainement « Eddie Barclay et ses diverses épouses ». Bonjour la loi de la jungle !
Après, sur la nocivité, je ne dirais pas ça. Mais, du haut de mes 31, j'aurais du mal à aimer un(e) gamin(e) de 15 ans (mais même déjà 20) rapport à la maturité, alors à 40… Ce qui ne présume bien sûr pas de l'attirance sexuelle que je pourrais avoir.

Portrait de A.V.

à hoshiko Portrait de hoshiko De A.V.

tamagotchi89 | 21H50 | 22/10/2008 | Permalien

Moi aussi, du haut de mes 42 ans, j'aurais du mal à aimer une gamine. Et du haut de mes 18 aussi, vu que je sortais à l'époque avec une prof d'anglais de 13 ans mon aînée et mère de famille. Et qu'à cause de la pression familiale, j'ai renoncé et je m'en suis mordu les doigts. Même ado, j'étais attiré par les trentenaires. Qu'est-ce que j'aurais dû faire ? … Une partouze avec deux adolescentes pour totaliser 35 ans ? Pas sûr que la morale aurait plus apprécié.

Tu as remarqué que dans dans mon commentaire, je parle du couple utilitaire et du couple amoureux comme deux facettes d'une relation ? Je ne les dissocie que de manière fictive, chaque couple étant un dosage des deux, bien entendu. Tu as 31 ans, mon garçon (si tu voyais ma tronche, tu serais mort de rire), et tu n'es pas encore parvenu à l'âge où on commence à faire la part de ce qu'on a fait par conformisme social, et par choix hautement individuel. Attends encore quelques années, et tu commenceras à voir les masques tomber, la part « amour » apparaître dans sa vrai dimension. Dans le kit du couple modèle, on trouve aussi une forme normalisée d'amour.

Quant au « Cantique des cantiques »… tu admettras que sa place est plutôt discrète dans l'héritage biblique (rare l'office où le prêtre ou le rabbin dit « tes effluves, un paradis de grenades, avec le fruit des succulences, hennés avec nards »), et que les exégètes ont vite fait d'en faire une allégorie de l'amour entre les hommes et Dieu.

Enfin, en tant que père-accompagnant-garant de sécurité, Eddie Barclay à son huitième mariage était sans dessein. Je ne crois pas que la loi de la jungle - ni aucune loi, d'ailleurs - soit en jeu ici, sinon le tribunal n'aurait pas prononcé la relaxe.

Ce que je m'efforce d'éviter, c'est de me projeter sur les autres et de faire des généralités sur la maturité présumée des adolescents et des adultes. L'âge n'est pas toujours un critère fiable. Je connais personnellement quelques grandes filles et grands garçons soixantenaires qui n'ont pas pigé grand-chose à l'amour.

Portrait de hoshiko

à A.V. Portrait de A.V. De hoshiko

11H49 | 23/10/2008 | Permalien

« tu n'es pas encore parvenu à l'âge où on commence à faire la part de ce qu'on a fait par conformisme social, et par choix hautement individuel »

Si, si.
Je ne vais pas te raconter ma vie, mais j'ai fait des choses « parce qu'il fallait ».
Tout comme j'estime, pour paraphraser Churchill à propos de la démocratie, que la monogamie est le moins pire des systèmes possibles*.

Pour le Cantique des Cantiques, d'accord avec toi. Mais tu avoueras que l'Ancien Testament est assez chaud (voire pervers, genre Lot et ses filles). Le Nouveau, moins, mais la Chrétienté a un problème avec le sexe en général, preuve que rien ne l'intéresse autant…

« en tant que père-accompagnant-garant de sécurité »

Preuve qu'Eddie avait compris inconsciemment la psychologie évolutionniste : les femelles veulent un partenaire jeune et beau (pour avoir des enfants vigoureux) ou vieux et riche (pour que les enfants soient bien nourris). Et ses femmes aussi ; )

« de faire des généralités sur la maturité présumée des adolescents et des adultes »

M'en parlez pas ! A 18 ans, je suis sortie avec un p'tit jeune de 16 et il était plus mature qu'un 31aire que j'ai aussi connu à la même époque. Mais tous les 2 moins qu'un 23aire…

« à cause de la pression familiale, j'ai renoncé »

Vraiment désolée pour toi.

* Oui, je sais, la vraie citation de Churchill est « It has been said that democracy is the worst form of government except all the others that have been tried. »

ps : ne me dis pas « mon garçon » stp, je suis XX : )

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à hoshiko Portrait de hoshiko De A.V.

tamagotchi89 | 12H22 | 23/10/2008 | Permalien

Désolé pour la confusion des genres, Hoshiko. Et rien à redire à ton commentaire.

Portrait de hoshiko

à A.V. Portrait de A.V. De hoshiko

15H27 | 23/10/2008 | Permalien

Pas grave, avec mon vrai prénom ça m'arrive aussi : )
Pourtant, contrairement à Camille de Rue69, mon prénom n'est pas épicène.

Mais rares sont les gens qui se trompent en me voyant… même si j'ai les cheveux courts.

Portrait de hoshiko

à A.V. Portrait de A.V. De hoshiko

16H44 | 22/10/2008 | Permalien

Doublon, désolée.

Portrait de compte supprimé 22

De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 20H57 | 21/10/2008 | Permalien

Chloé Leprince, moi j'avais trouvé la réaction de Pompidou d'une rare qualité, toute en pudeur et compassion.

Sans faire mon charognard, j'aimerais savoir ce que sont devenus Rossi et surtout ses parents.

Portrait de marie 75

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De marie 75 3563

21H12 | 21/10/2008 | Permalien

dark ages ! ! ! !
le moyen âge à côté du sarkozisme devient de la peite bière.

Portrait de compte supprimé16

De compte supprimé16

révolté | 21H08 | 21/10/2008 | Permalien

Je crains le pire : la grande prétresse locale du sexe, déjà auteur récemment d'un « remarquable » article sur « les relations sexuelles au travail », va peut-être nous sortir de derrière (ouiche… pas terrible mais au niveau) les fagots un non moins certainement « remarquable » article sur « les relations sexuelles à l'école ». Au secours ! A moi Jean Ciseaudoux !

Portrait de Camille

à compte supprimé16 Portrait de compte supprimé16 De Camille

Mauvais genre | 13H42 | 22/10/2008 | Permalien

Pas d'inquiétude Léo-baby, tranquillisez vous et dormez bien, vous ne serez pas obligée de me lire.

Portrait de VIRAT

De VIRAT

21H11 | 21/10/2008 | Permalien

Pour illustrer cet article, à lire, de Rachid O. : Un enfant ébloui. Récit de son amour pour son professeur.

Portrait de Thomas GREDAT

De Thomas GREDAT

| 21H28 | 21/10/2008 | Permalien

« Faut-il condamner un prof amoureux de son élève ? » Faut-il condamner un banquier qui a encouragé une famille à s'endetter ? Mais laissons cela…
Je m'aperçois qu'il m'est difficile d'aborder le problème par la réflexion, par le biais de principes moraux, de généralités humaines. Difficile d'invoquer la morale ou le désir. Comme l'a dit un jour Mitterrand : « Où s'arrête la liberté, où commence la licence ? »
Cela fait bientôt neuf ans que je donne des cours particuliers à de jeunes élèves, en collège et lycée. Il est donc courant que je me retrouve confronté à des jeunes filles dans la plénitude de l'adolescence (on va dire ça comme ça). Dans certains cas, la jeune fille en question découvre ses atouts de séduction et commence à les mettre en valeur.
Quand on est confronté à une personne de sexe opposé, a-t-on automatiquement ce qu'on appelle des « arrière-pensées » ? Oui, particulièrement si on est un homme et si le vis-à-vis a des arguments incitant aux arrière-pensées en question. En est-il ainsi dans le cas d'une jeune fille mineure ? La réponse est oui.
La question n'est pas ce que l'on peut éprouver, mais ce que l'on décide d'en faire.
Le contexte du cours particulier implique une certaine proximité. Quand on est un homme et qu'on passe une heure ou deux avec une jeune fille, il est difficile de ne pas penser à ce genre de chose. Je résous généralement le problème en me disant que j'ai une position d'autorité, et que me laisser aller à ce genre d'histoire serait un abus de cette position. Je l'envisage comme une question de respect de moi-même et de la jeune personne dont les parents m'ont accordé leur confiance. Il faut parfois faire des efforts pour s'en souvenir.
L'idéal serait de dissocier les deux. Facile à dire…
Je crois que la situation, en général, est faussée. Faussée par le rapport maître-élève, qui fait que l'un peut idéaliser l'autre, et l'autre vouloir le protéger, le « sauver » (pourquoi pas ? ). Faussée aussi par la différence d'âges. Un adulte et un adolescent n'ont pas les mêmes attentes de la vie. N'y a-t-il pas risque de malentendu ?
Je me souviens d'une de mes élèves. Elle était en première, je la faisais bosser pour le bac français. Elle était très intelligente et d'une grande gentillesse. Je m'étais senti ému. J'avais l'impression que c'était réciproque. Elle avait dix-sept ans, j'en avais trente.
J'allais vous dire que je m'en étais consciencieusement tenu à mon rôle de pédagogue, mais la vérité c'est que j'ai eu la trouille. D'une situation particulière que je ne me sentais pas le courage d'assumer. Un enseignant qui a une histoire avec une de ses élèves… Je n'aurais pas pu. Il n'y a jamais rien eu. J'ai fait mon boulot, elle a réussi son bac français et j'en ai été très heureux pour elle. Elle m'a écrit l'année suivante, alors que je ne lui donnais plus de cours, pour m'apprendre qu'elle avait eu le bac. C'est une attention qui m'a beaucoup touché.
Est-ce que j'ai eu raison de maintenir la cloison, cette fameuse « distance pédagogique » ? Aujourd'hui encore, je n'en suis pas sûr. Je me dis qu'il ne fallait pas tout mélanger, et en cela je pense avoir bien fait. Est-ce que je le regrette ? La réponse est oui.
Pourrais-je condamner un homme, alors que j'aurais peut-être pu être à sa place ? Que ce n'est pas l'envie qui m'en a manqué, seulement le courage ? Ou l'inconscience ?
Ma seule certitude ? c'est que, dans un tel cas de figure, il vaut mieux choisir entre être maître et élève et être amants. Je pense que notre position de maître nous donne une autorité, qui est aussi une responsabilité.
Mais le maître est aussi un être humain.
Dans l'affaire qui nous occupe, je pense simplement que l'enseignant ne doit plus avoir cette élève sous sa responsabilité. L'élève ayant atteint sa majorité sexuelle, le reste les regarde.
Vous avez parlé de deux exemples : celui de Mary Kay Letourneau et celui, ô combien tragique, de Gabrielle Russier. Que serait-il advenu si elles avaient été des hommes ?

Portrait de Panama

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De Panama

enseignant | 22H05 | 21/10/2008 | Permalien

J'allais faire un commentaire, mais je viens de lire le vôtre et j'ai effacé le mien. Je ne disais pas exactement la même chose, mais vous le dites mieux et plus subtilement. Dans le contexte d'un cours « normal » (dans une salle de classe), les mêmes idées, les mêmes émotions, et les mêmes règles interviennent. Le cas de Mary Kay Letourneau est frappant parce qu'il est extrêmement « romantique ». Dans l'immense majorité des cas, cependant, on peut être assez sûr que céder à une attirance réciproque ferait de sales dégâts chez l'élève concerné(e), qui est rarement en mesure de faire la différence entre aimer et rêver qu'on aime.

Portrait de Thomas GREDAT

à Panama Portrait de Panama De Thomas GREDAT

| 22H16 | 21/10/2008 | Permalien

Je vous remercie pour votre témoignage d'enseignant. Et aussi pour votre dernière phrase, qui exprime très justement, et très exactement, une chose que je n'ai pas su dire et qui a son importance. C'est même ce qui fait toute la complexité de ce genre d'histoire… et qui m'a servi de ligne rouge.
Bien confraternellement.

Portrait de Venezuela

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De Venezuela

vit aux Pays-Bas | 00H04 | 22/10/2008 | Permalien

Thierry et Panama vos reactions me « reconcilient » avec les hommes, surtout apres certains commentaires sur l'affaire DSK !
Car moi meme lorsque je me suis trouvee face a de tres jeunes gens, je me suis dit que cela ne se fait pas et que je ne pourrais plus me regarder en face et je me demandais si vous les hommes pensiez la meme chose (il y a plus de pedophiles hommes que femmes non).

Portrait de sam09

à Venezuela Portrait de Venezuela De sam09

06H24 | 22/10/2008 | Permalien

« il y a plus de pédophiles hommes que femmes non) »

On ne le sait pas, ça laisse moins de traces.

Quant à faire la différence entre « aimer et croire aimer », je crois que c'est la même chose.

Faut-il exclure Platon des écoles ? Autres temps, autres mœurs…

Portrait de A.V.

à Venezuela Portrait de Venezuela De A.V.

tamagotchi89 | 08H47 | 22/10/2008 | Permalien

@ Venezuela

Les hommes sont (presque) tous des prédateurs et l'amour se planifie toujours. C'est marrant cette tendance à partir d'une histoire particulière pour extrapoler à l'ensemble de la population élèves/enseignants. Ne serait-ce pas le mécanisme derrière le jugement ?

Portrait de chrisreal

à A.V. Portrait de A.V. De chrisreal

Prof Université | 11H05 | 22/10/2008 | Permalien

bonjour
si mécanisme il y a c'est celui de la reproduction de l'espèce, ie un mécanisme biologique visant à assurer la meilleure continuité possible au groupe homo sapiens….après, mais après seulement, vient la morale et ses règles (aussi variables que datées ; par exemple, il était normal à l'époque de la monarchie, de marier sa fille jeunette à un vieux barbon très blasonné….sans que les responsables très chrétiens y trouvent à redire et sans que quiconque se préoccupe des ravages sur la santé de la gamine, objet du troc ! ! ! )
Pour les enseignants (je suis Universitaire, situation où le problème est à la fois plus grand et en même temps moins risqué juridiquement), seule la déontologie personnelle sert de règle de conduite et de garde-fou ! ! ! à ce jour, j'ai toujours tenu bon, mais j'avoue que ce n'est guère aussi facile qu'il y paraît ! ! !
Pour les obsédés de la condamnation à priori, relire les propos de jésus sur la femme adultère.
cHRIS

Portrait de brigadoon

à Panama Portrait de Panama De brigadoon

ouf!!! | 08H38 | 22/10/2008 | Permalien

Avez vous pensé que l'élève pouvait faire des dégats sur l'adulte ? Amoureux ou sociaux ? Percevoir les adultes comme des gens forts et ayant pouvoir et réponse à tout c'est là le mensonge…. Donc pas d'amour, juste du cul ! L'amour n'est pas le mensonge…

Pourquoi croire que nous avons le pouvoir de détruire des ados ou des jeunes gens, ils ont aussi ce pouvoir et ils le savent : coucher avec un adulte, détruire son couple, lui faire perdre son job, etc., c'est dans tous les téléfilms américains de 2ème zone…

En plus il y a quelque chose de sale dans le fait qu'ue personne plus âgée sorte avec une plus jeune ; le sexe comme les ans sont sales ! ! !

Portrait de compte supprimé16

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De compte supprimé16

révolté | 01H31 | 22/10/2008 | Permalien

Je trouve la tranche de vie assez gnangnante et votre conclusion sur l'affaire « qui nous occupe » moralisante, malgré tous les efforts que vous faites pour tenir la morale à distance (cf plus bas, votre citation).

Quant à votre façon :
-de rationaliser en terme d'expérience générale votre expérience particulière (alors que vous-même parlez en introduction de la difficulté d'aborder « le problème par la réflexion, par le biais de principes moraux, de généralités humaines »),
-et de décréter ce qui fausse les rapports humains, sous-entendant sans doute qu'il y a des rapports humains qui ne le sont pas…

Disons que l'ensemble est franchement très court. Vous auriez du continuer sur l'analyse de la responsabilité, ça commençait bien…

Portrait de Panama

à compte supprimé16 Portrait de compte supprimé16 De Panama

enseignant | 00H00 | 23/10/2008 | Permalien

Ça vous arrive, Léo, de dire un truc constructif au lieu de donner des leçons (et des baffes) ? Vous êtes fâchés avec le monde entier, ou quoi ? Vous voulez voir si vous arrivez à faire 100 % de « naze » chaque fois que vous postez un commentaire ? Je suis sûr que vous avez des choses fort intéressantes à dire, et ça nous instruirait si vous daigniez partager votre sagesse.

« “ Faut-il condamner un prof amoureux de son élève ? ” Faut-il condamner un banquier qui a encouragé une famille à s'endetter ? Mais laissons cela… »
Votre introduction a failli m'empêcher de continuer de lire le reste, comparant quelque chose d'incomparable.
Je suis cependant touché par la véracité de vos propos, que je partage.
Nous sommes avant-tout des êtres qui ressentent, certains avec plus de nuances que d'autres.
Quelle serait l'issue et la durée d'une relation entre une mineure de 15ans qui a des attentes totalement différentes d'un adulte de 30, quand bien même ce dernier se démènerait pour répondre à ce genre d'attentes prépubertes.
Punir me semble totalement destructeur, psychanalyser ? pourquoi pas…

Portrait de compte supprimé 22

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 08H38 | 22/10/2008 | Permalien

« Est-ce que j'ai eu raison de maintenir la cloison, cette fameuse “ distance pédagogique ” ? Aujourd'hui encore, je n'en suis pas sûr. Je me dis qu'il ne fallait pas tout mélanger, et en cela je pense avoir bien fait. Est-ce que je le regrette ? La réponse est oui. »

Cela renvoie à une des plus belles chansons de Brassens, au moins une des plus poignantes : « La princesse et le Croquenotes » :

Y a pas eu détournement de mineure,
Le croque-note au matin, de bonne heure,
A l'anglaise a filé dans la charette
Des chiffonniers en grattant sa guitare.
Passant par là quelques vingt ans plus tard,
Il a le sentiment qu'il le regrette.

Portrait de Thomas GREDAT

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De Thomas GREDAT

| 11H34 | 22/10/2008 | Permalien

Oui, PMB, mais, dans la chanson, le Croque-notes n'était pas enseignant.

Portrait de sûrderien

à compte supprimé 22 Portrait de compte supprimé 22 De sûrderien

paresseux | 15H58 | 22/10/2008 | Permalien

P.M.B

et « La maîtresse d'école “ c'était pas une

merveille .

Portrait de sûrderien

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De sûrderien

paresseux | 15H35 | 22/10/2008 | Permalien

A Thomas Grédat.

Félicitations . très chouette , très touchant ,

très sincère , très intelligent . Ca fait du bien

de lire une prose humaine et fort bien écrite .

Non , non, je n'ai pas l'intention de vous emprunter

de l'argent. Je pense ce que j'écris ; je peux être

très méchant avec ces salopards de fachos , qui

ne savent qu'éructer moralisme , répression

condamnation , jugement etc. « se taper une fille

de 20 ans “ tu rends compte ce qu'implique ,par

rapport aux femmes , de tels propos !

Mais toi , ce que tu as écrit , c'est du miel !

Bravo , merci , et marche à l'ombre .

un amoureux des femmes et des jeunes filles .

Portrait de Boysbeer

à Thomas GREDAT Portrait de Thomas GREDAT De Boysbeer

sur Mars | 16H07 | 22/10/2008 | Permalien

On voit ici le point de vue du professeur, mais pas celui d'un élève.

A 15 ans, on est certes en général plus influençable qu'à 30 ans, mais comme dans toutes les généralités il y a des exceptions, et il y a parfois des élèves de 15 ans qui sont parfaitement bien dans leurs baskets et des adultes de 30 ans qui ne le sont pas.

A 15 ans, j'avais fait des choix que j'assume entièrement maintenant et toujours, est ce que je les regrette ? non, j'assume point barre et mes « erreurs » incluses.
Le tout est d'apprendre de ses erreurs pour ne pas les refaire, ça s'appelle l'expérience.

Dans ce cas précis, il y a plusieurs choses qui priment.

à 16 ans, je me suis tappé une nana (ou l'inverse ^^) à qui je donnais entre 22 et 25 ans tant au niveau physique que niveau maturité. Imaginez ma surprise quand elle m'a demandé comment c'était la seconde ! Je n'y croyais pas

A 18 ans, une gamine d'à peu pret 11/13 ans était très « avenante » avec moi… Sérieux je lache l'affaire direct, je reste gentil mais sans plus.
Elle m'invite un jour au resto… je dis que je n'ai pas de voiture, elle me réponds « pas de soucis, je t'emmène avec la mienne »… Dans ma tête je rigole bien profond et je dis « ok pas de soucis »
et hop voilà qu'elle m'emmene… en voiture et vu comment elle conduisait, elle avait pas mal de kilomètre au Q, je dois avouer que là… je me demandais ce qu'il se passait, et j'apprend au resto… qu'elle était thésarde et vu ses connaissances scientifique, pas de soucis la dessus…
Elle avait en fait 23 ans et en dehors de son boulot, elle paraissait vraiment gamine.

Depuis, je ne m'aventure jamais dans la projection d'age quand je vois qqn (et de plus, maintenant je n'ai qu'une femme, la mienne ^^)

Donc oui, une « gamine » de 15 ans peut faire vraiment femme mature.

Après, ce genre d'expérience décrite dans le sujet, pour l'avoir un peu vécu (à même pas 15 ans), voilà ce que j'ai à dire.
Le plus compliqué à gérer, c'est le tabou ultime sur ce sujet… Si celà venait à se savoir, elle perdait son taf.
Alors qui « domine » l'autre dans ce genre de cas ?
Je ne me suis jamais senti « victime » ni « manipulé », ça s'est fait voilà tout.
Est ce que ça m'a mis un « coup au moral » ? Rien du tout, y'a eu du bon temps. ça n'a pas pu continuer car le secret est trop lourd à gérer dans ce genre de cas.

à ce jour ou j'ai passé la trentaine, ce fut une bonne expérience d'un point de vue relationel mais vu le secret à entretenir même avec nos amis, surtout ça le plus lourd à porter.

Ce que je dis, c'est que chaque cas est particulier.
Si un prof use et abuse de son charme et de sa tchatche pour abuser des élèves, là, c'est largement condamnable, mais à partir du moment ou la maturité de l'élève est suffisante pour que l'élève assume entièrement ses choix, et bien c'est son affaire voilà tout.
De plus, qui séduit qui dans ce genre d'histoire ?

Dans mon cas, si procès il y avait eu, je l'aurais défendue bec et ongle, et mon avis la dessus avec 20 ans de plus n'a changé en rien. Je n'ai en rien été victime et elle ne m'a en rien manipulé.

Par contre ce genre de relation est ultra merdique en raison de la chappe de plomb morale qui est dessus.
On infantilise parfois un peu trop les adolescents en leur disant ce qu'ils doivent penser et faire.
De plus pour avoir le coeur brisé, inutile de passer nécessairement par ce genre de relation, des ados de 15 ans peuvent être de pur(e)s salop(e)s également entre eux.

Donc pour ma part, si le prof a été acquité, c'est qu'il y a eu les raisons pour.
Pourquoi il y a un procès, c'est pour régler ce genre de litige en prenant compte de chaque cas particulier et peut être qu'on pourrait faire un peu confiance à la justice parfois.
Si la nana se sent bien dans sa peau et qu'en plus elle défend son mec qui se trouve être son prof, et bien voilà… même si ça peut choquer, il faut savoir faire un peu la part des choses.
Maintenant, vrai que ce genre de relation est merdique à la base, car ça entraine automatiquement plein de suspicions (car la relation d'autorité peut être biaisée), des possiblies sévères complications en cas de ruptures amoureuse, voire un procès au Q et perso, si j'étais prof et célibataire, j'éviterai les relations avec les élèves comme la peste ^^

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