Travailleurs, travailleuses, ce qui vous fait trimer
Le photographe François-Xavier Seren, travaille depuis trente ans sur « les Français », avec l’ambition de mettre au jour différentes communautés, telles que les aristocrates, les paysans, les SDF.
Dans « C’est quoi ce travail... » il a sélectionné vingt-quatre modèles, d’âge et d’origine sociale variés. Chacun a choisi le lieu du portrait et la pose. Mais les modèles donnent bien plus que leur image. Elles ont aussi accepté de répondre à trois questions, qui sont retranscrites en intégralité : « Que représente pour vous le travail ? L’avez-vous choisi ? Combien de temps y consacrez-vous ? ».
Freelance, François-Xavier Seren alterne le moyen format pour les portraits et le classique 24x36 en reportage. Il s’exprime de préférence en noir et blanc, même si ses reportages pour la presse sont essentiellement réalisés en couleur.
Cette série a pour point de départ un étonnement : « Autour de moi, le travail prend de plus en plus d’importance, on dirait que c’est la seule façon de s’épanouir », nous confie François-Xavier Seren :
« Je voulais creuser, savoir pourquoi le travail prenait autant de place dans l’accomplissement de l’individu. J’ai appris que même si l’on n’a pas choisi son métier, on peut y trouver une reconnaissance, sociale et matérielle. Tout cela a élargi mon horizon. »
« Ce sentiment de jouer un rôle dans la société »
Pour trouver ses « cobayes », François-Xavier Seren a pioché pour partie dans son entourage, mais a aussi voulu élargir le spectre. Il a essuyé quelques refus, chez un vendeur du marché, un ouvrier du bâtiment, un mécanicien de la RATP, un éducateur social... « Des gens qui veulent être reconnus pour autre chose que ce qu’ils sont », estime-t-il, qui craignent d’être enfermés dans leur fonction sociale peut-être.
Globalement, le photographe a été touché par la foi qu’ont ses modèles dans le travail, « ce sentiment de jouer un rôle dans la collectivité ». « Seul le plus jeune, qui a 26 ans et travaille comme concepteur-rédacteur dans une agence de com, a dit qu’il travaillait pour pas être au chômage ».
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Frouze en Suisse.
Frouze en Suisse.
Bonjour Nemo, l’approche Marxiste du travail, et notamment sa transcription dans la valeur de la Marchandise, pour pertinente qu’elle fut sous la plume de Marx ne doit pas occulter les mutations intervenues lors de ces 150 derniers années. A défaut de le comprendre, je crains que l’on ne puisse ni appréhender les problématiques actuelles ni encore moins les résoudre. Comme je l’ai déjà fait remarquer précédemment, Marx, en son temps fondit sa critique du Capitalisme sur une étude précise, concrète et contemporaine du système qu’il entendait dénoncer. L’axiome premier de Marx qui repose sur le principe que la Valeur d’une Marchandise est constitué avant tout par le Travail Humain, nécessaire à sa fabrication est a replacé dans l’époque dans laquelle il fut énoncé. Epoque qui voyait l’industrialisation bousculer les schémas établis notamment quand à l’organisation du travail. Or, cette analyse reste éminemment descriptive non seulement d’une économie productiviste mais aussi d’une économie de moindre technologie. D’une économie productiviste dans le sens où le travail étant la seule source de création de valeur seule une production continue est susceptible de maintenir cette création de valeur ce qui peut impliquer la prédominance de l’Offre sur la demande ou tout au moins la déconnection de l’Offre à la demande. Or, cela ne pose pas de problème lorsque la demande est fonction des seuls besoins puisque les acteurs doivent satisfaire cette demande pour survivre, il y aura permanence de cette dernière. Le problème est que, qu’on le veuille ou non, nous sommes à présent dans une demande de désirs, c’est-à-dire qu’au-delà de leurs besoins « vitaux », les acteurs cherchent à satisfaire des besoins d’apparence plus secondaires et par là même plus difficilement identifiables et quantifiables. D’une économie de moindre technologie d’autre part car la Division du Travail décrite par Marx et source selon lui de la spoliation de la Valeur Travail est à présent devenue indispensable de part la complexité technologique des Marchandises Produites. Aujourd’hui, personne n’est capable par son seul travail, de produire la plupart des biens de consommations courant. Pire, la part de l’intervention mécanique dans la production est beaucoup plus importante qu’avant impliquant de facto un accroissement de la Valeur Moyen de Production dans la Valeur de la Marchandise.
Par ailleurs, cette approche tend, à mon sens, à ne prendre en compte que la composante matérielle du Travail puisque la finalité du travail, ne réside que dans la composante créatrice de valeur à travers la production de marchandise. Cette approche occulte une part importante de la composante sociale du travail qui ne se traduit pas que dans les nécessaires revenus que l’on peut en tirer, mais aussi et avant tout dans la notion d’intégration à l’effort collectif, dans la notion d’appartenance au groupe social voir même dans la notion de réalisation de soi et la notion d’autonomie relative. Si la problématique ne reposait que sur la valeur du travail, le traitement social du chômage par l’apport d’un revenu de compensation suffirait à résoudre la problématique. Or nous savons tous que pour la plupart des personnes connaissant une période de chômage, la problématique de revenu est certes importante, peut se révéler essentielle, mais n’est jamais seule.
Le travail reste donc bien sur avant tout un moyen de création de valeur générant les revenus qui nous sont nécessaire pour vivre mais reste aussi un fort moyen de socialisation, un vecteur d’échanges et un moyen de réalisation personnel.




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