en images 20/10/2008 à 13h14

Travailleurs, travailleuses, ce qui vous fait trimer

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Le photographe François-Xavier Seren, travaille depuis trente ans sur « les Français », avec l’ambition de mettre au jour différentes communautés, telles que les aristocrates, les paysans, les SDF.

Dans « C’est quoi ce travail... » il a sélectionné vingt-quatre modèles, d’âge et d’origine sociale variés. Chacun a choisi le lieu du portrait et la pose. Mais les modèles donnent bien plus que leur image. Elles ont aussi accepté de répondre à trois questions, qui sont retranscrites en intégralité : « Que représente pour vous le travail ? L’avez-vous choisi ? Combien de temps y consacrez-vous ? ».



Freelance, François-Xavier Seren alterne le moyen format pour les portraits et le classique 24x36 en reportage. Il s’exprime de préférence en noir et blanc, même si ses reportages pour la presse sont essentiellement réalisés en couleur.

Cette série a pour point de départ un étonnement : « Autour de moi, le travail prend de plus en plus d’importance, on dirait que c’est la seule façon de s’épanouir », nous confie François-Xavier Seren :

« Je voulais creuser, savoir pourquoi le travail prenait autant de place dans l’accomplissement de l’individu. J’ai appris que même si l’on n’a pas choisi son métier, on peut y trouver une reconnaissance, sociale et matérielle. Tout cela a élargi mon horizon. »

« Ce sentiment de jouer un rôle dans la société »

Pour trouver ses « cobayes », François-Xavier Seren a pioché pour partie dans son entourage, mais a aussi voulu élargir le spectre. Il a essuyé quelques refus, chez un vendeur du marché, un ouvrier du bâtiment, un mécanicien de la RATP, un éducateur social... « Des gens qui veulent être reconnus pour autre chose que ce qu’ils sont », estime-t-il, qui craignent d’être enfermés dans leur fonction sociale peut-être.

Globalement, le photographe a été touché par la foi qu’ont ses modèles dans le travail, « ce sentiment de jouer un rôle dans la collectivité ». « Seul le plus jeune, qui a 26 ans et travaille comme concepteur-rédacteur dans une agence de com, a dit qu’il travaillait pour pas être au chômage ».

► Le site de François-Xavier Seren et son book
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  • dt_ytsejam_dt
    dt_ytsejam_dt
    Frouze en Suisse.
    • Posté à 14h47 le 20/10/2008
    • Internaute 39847
      Frouze en Suisse.

    Bonjour Nemo, l’approche Marxiste du travail, et notamment sa transcription dans la valeur de la Marchandise, pour pertinente qu’elle fut sous la plume de Marx ne doit pas occulter les mutations intervenues lors de ces 150 derniers années. A défaut de le comprendre, je crains que l’on ne puisse ni appréhender les problématiques actuelles ni encore moins les résoudre. Comme je l’ai déjà fait remarquer précédemment, Marx, en son temps fondit sa critique du Capitalisme sur une étude précise, concrète et contemporaine du système qu’il entendait dénoncer. L’axiome premier de Marx qui repose sur le principe que la Valeur d’une Marchandise est constitué avant tout par le Travail Humain, nécessaire à sa fabrication est a replacé dans l’époque dans laquelle il fut énoncé. Epoque qui voyait l’industrialisation bousculer les schémas établis notamment quand à l’organisation du travail. Or, cette analyse reste éminemment descriptive non seulement d’une économie productiviste mais aussi d’une économie de moindre technologie. D’une économie productiviste dans le sens où le travail étant la seule source de création de valeur seule une production continue est susceptible de maintenir cette création de valeur ce qui peut impliquer la prédominance de l’Offre sur la demande ou tout au moins la déconnection de l’Offre à la demande. Or, cela ne pose pas de problème lorsque la demande est fonction des seuls besoins puisque les acteurs doivent satisfaire cette demande pour survivre, il y aura permanence de cette dernière. Le problème est que, qu’on le veuille ou non, nous sommes à présent dans une demande de désirs, c’est-à-dire qu’au-delà de leurs besoins « vitaux », les acteurs cherchent à satisfaire des besoins d’apparence plus secondaires et par là même plus difficilement identifiables et quantifiables. D’une économie de moindre technologie d’autre part car la Division du Travail décrite par Marx et source selon lui de la spoliation de la Valeur Travail est à présent devenue indispensable de part la complexité technologique des Marchandises Produites. Aujourd’hui, personne n’est capable par son seul travail, de produire la plupart des biens de consommations courant. Pire, la part de l’intervention mécanique dans la production est beaucoup plus importante qu’avant impliquant de facto un accroissement de la Valeur Moyen de Production dans la Valeur de la Marchandise.
    Par ailleurs, cette approche tend, à mon sens, à ne prendre en compte que la composante matérielle du Travail puisque la finalité du travail, ne réside que dans la composante créatrice de valeur à travers la production de marchandise. Cette approche occulte une part importante de la composante sociale du travail qui ne se traduit pas que dans les nécessaires revenus que l’on peut en tirer, mais aussi et avant tout dans la notion d’intégration à l’effort collectif, dans la notion d’appartenance au groupe social voir même dans la notion de réalisation de soi et la notion d’autonomie relative. Si la problématique ne reposait que sur la valeur du travail, le traitement social du chômage par l’apport d’un revenu de compensation suffirait à résoudre la problématique. Or nous savons tous que pour la plupart des personnes connaissant une période de chômage, la problématique de revenu est certes importante, peut se révéler essentielle, mais n’est jamais seule.
    Le travail reste donc bien sur avant tout un moyen de création de valeur générant les revenus qui nous sont nécessaire pour vivre mais reste aussi un fort moyen de socialisation, un vecteur d’échanges et un moyen de réalisation personnel.

    • nemo3637
      nemo3637 répond à dt_ytsejam_dt
      Déchoukeur
      • Posté à 16h44 le 20/10/2008
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      dt_ytsejam_dt

      Votre analyse est intéressante quant à l’évolution et à la place du travail dans cette société. Cependant je remarque que vous rejoignez, en fait ce que je dis : « Pire, la part de l’intervention mécanique dans la production est beaucoup plus importante qu’avant impliquant de facto un accroissement de la Valeur Moyen de Production dans la Valeur de la Marchandise. » Pour le coup c’est exactement ce que dit Marx en remarquant l’évolution de la part du capital fixe par rapport au capital variable. On pourrait même, dans la même logique, vous demander de développer encore ici pour en arriver à la perception d’une baisse tendancielle du taux de profit ( !).... Marx n’est donc pas une si vieille lune que ça.
      Par contre je suis en désaccord avec certaines énonciations qui servent votre argumentation : « Aujourd’hui, personne n’est capable par son seul travail, de produire la plupart des biens de consommations courant. » C’est évidemment absurde et personne n’affirme une chose pareille.
      En résumé, une seule question claire (qui appelle une réponse claire) : d’où vient la valeur des biens produits si elle ne vient pas du travail ? Des modes, de l’esprit insufflé dans des objets ? ...

       
      • dt_ytsejam_dt
        dt_ytsejam_dt répond à nemo3637
        Frouze en Suisse.
        • Posté à 18h32 le 20/10/2008
        • Internaute 39847
          Frouze en Suisse.

        Nemo3637 – Pour répondre à votre question claire, je pourrais prendre deux approches.
        La première, que je qualifierais de « Comptable » reposerais sur l’addition des différents Couts de Production mis en œuvre pour produire la Marchandise donnée (biens ou services). Dans cette approche, plus le procédé de production sera « simple » plus je tendrais vers une valeur proche de la Valeur Travail. Prenons l’exemple d’un Cantonnier, la Valeur de la Marchandise produite (des routes carrossables) peut directement être assimilable à la valeur du temps de travail du cantonnier…Si je voulais faire une analyse plus fine, je devrais y ajouter le cout d’achat de sa pelle mais celui-ci peut-être assimilé à la Valeur du temps de travail du fabricant d’outil…de même que le cout des matières premières (bois et minerais de fer) nécessaires à la fabrication de la pelle peuvent être assimilés à la Valeur du temps de travail nécessaire à leur extraction et à leur transformation…Bref dans cet exemple il semblerait que la Valeur de la Marchandise soit bien une somme de Valeur Travail…Mais le problème reste que lorsque le procédé de fabrication devient complexe, je dois aussi considérer un ensemble de couts non-directement productifs, appelons les Couts d’Organisation du Travail…Dès lors se pose la vrai question, si la valeur de la marchandise provient uniquement du travail, comment valoriser ce travail ? Dit autrement, la Valeur d’une journée de travail du Cantonnier est elle égale à la valeur d’une Journée de travail du mineur, du bucheron et du fabricant de pelles ? Tout de suite intervient la nécessité de trouver une Valeur Etalon, que Marx définie comme la Valeur d’Echange de la Force de Travail ou comme la Valeur de Temps de travail nécessaire à la Production de denrées alimentaires permettant à l’ouvrier de créer sa propre force de travail. Le problème est que cette durée n’est pas la même d’un individu à l’autre (on pourrait éventuellement faire des moyennes…) mais surtout, selon l’activité (plus ou moins physique), selon le travail lui-même, la quantité de denrées alimentaires nécessaire à la mise en œuvre de la force de travail ne va pas être le même…Je suis très loin d’avoir l’esprit de Marx, mais j’avoue que j’ai un peu de mal à entrevoir comment passer de la théorie à la pratique pour mettre au point cette valorisation. Quid du travail purement intellectuel ? Bref, la limite de l’approche me semble bien rester dans sa mise en pratique.
        La deuxième approche me permet en même temps de répondre à Arghh sur le concept de fétichisme développé par Marx…Marx distingue la Valeur d’Usage (fonction de l’utilité de la marchandise pour le consommateur) de la Valeur d’Echange (fonction des autres marchandises susceptibles d’être échangées contre la marchandise considérée). Les deux se rejoignant en fait puisque sur la base de la Valeur d’Usage de la Marchandise que je recherche je vais construire la Valeur d’Echange de celle que je souhaite apporter pour l’obtenir. En fait, le principal point d’achoppement vient du fait que pour qu’il y ait échange, il faut qu’il y ait accord sur les valeurs et là, plus les Marchandises sont nombreuses et complexes, plus les acteurs auront effectivement tendance à considérer la Valeur relative des Marchandises l’une à l’autre indépendamment de la Valeur Travail d’origine. En gros, pour faire simple, plus les marchandises sont nombreuses et complexes, moins il est possible de se référer comparativement à la Valeur du temps nécessaire pour les produire et donc les Marchandises deviennent aussi de simples véhicules de valeur. Il y a donc apparente contradiction entre des rapports de productions éminemment sociaux (c’est-à-dire des relations entres des humains) et le leur matérialisation dans la Marchandise qui devient « objet fétiche » de cette production, masquant ainsi son aspect social. On remarque cependant que tout ceci, ce que Marx considère comme le fétichisme de la Marchandise procède bien du seul besoin d’activer les échanges dans un contexte d’auto régulation entre les acteurs. Considérer que ce Fétichisme de la Marchandise est néfaste et doive être corrigé revient à opérer à l’encontre du « Naturel » humain. Non pas que cela soit intrinsèquement critiquable mais pose cependant la limite même d’un système qui ne puisse perdurer que dans un dirigisme fort.
        Pour finir, je réaffirme que si l’on considère que le système actuel doit être changé, repensé, réorienté la référence à Marx me semble éventuellement pertinente dans une optique d’inspiration quand à la méthodologie d’analyse des dysfonctionnements, d’exposé des problématiques et de proposition d’axes d’améliorations,…qui reste admirable chez lui. Elle demande par contre à être repensée notamment dans un contexte où nous produisons de plus en plus de Marchandises ne couvrant aucun besoins matériels réels. Marx n’est pas, et n’a jamais été une « Vieille Lune » pour reprendre l’expression de Nemo, pas plus que Pascal, Descarte, Aristote...et tant d’autres…Leurs travaux, leurs pensées sont l’indispensable base aux travaux contemporains mais ne sont plus à considérer en l’Etat. Le principale défaut de Marx au final est sans doute une certaine pertinence dans l’analyse et une extrême théorisation qui rendent difficile la reprise de ses concepts à des fins d’approfondissement ou d’amélioration…Marx serait sans doute le premier ravi que l’on reprenne ses travaux dans une approche critique afin de bâtir de nouvelles théories.

      1 autres commentaires
    • argh
      argh répond à dt_ytsejam_dt
      Pour une révolution sanglante (...)
      • Posté à 16h43 le 20/10/2008
      • Internaute 55024
        Pour une révolution sanglante (...)

      « L’axiome premier de Marx qui repose sur le principe que la Valeur d’une Marchandise est constitué avant tout par le Travail Humain »

      Il s’agit là de sa valeur d’échange. Sa valeur d’usage, quant à elle, n’est pas déterminée quantitativement, monétairement, et n’a rien à voir avec la quantité de travail (ex : l’eau).

      La valeur d’usage des marchandises, pas plus hier qu’aujourd’hui, n’a permis de satisfaire des « besoins(...) identifiables et quantifiables ». Quantifier les besoins, surtout sur la base de la valeur marchande, c’est sombrer dans le fétichisme. Et Marx a écris un très bon chapitre là-dessus dans le Capital.

  • Mr_Quiconque
    • Posté à 14h20 le 20/10/2008
    • Internaute 53003

    « avec l’ambition de mettre au jour différentes communautés, telles que les aristocrates, les paysans, les SDF ».

    Ce serait bien de développer un peu plus parce que ça ressemble beaucoup à des petites cases dans lesquelles classer un peu facilement ses sujets qui sont surement plus que ce simple « résumé ».
    Portraits de SDF, portraits d’aristo, sous couvert de communautarisme...bof.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 14h23 le 20/10/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    PANEL

    La moitié des salariés français touchent un revenu inférieur à 1483 euros net mensuel (source Insee). Combien dans le « panel » de François-Xavier Seren ?

    (Deux — trois maxi — sur vingt-quatre « modèles ».)

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 14h36 le 20/10/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    La valeur travail prendrait plus de valeur chez les salariés qui gagnent le SMIC alors qu’ils font un travail difficile, répétitif, si ce SMIC était à la hauteur du coût actuel de la vie. Le travail ne semble pas respecté par les « décideurs » actuels qui s’en mettent plein les poches en cumulant, par exemple, plusieurs mandats politiques, en ne s’offusquant pas des salaires mirifiques que touchent des footballeurs professionnels et certains artistes. D’autre part, pas besoin d’avoir un panel de gens pour voir que la société actuelle ne valorise pas le travail en privatisant les boîtes qui font du bénef pour permettre aux actionnaires de spéculer... !

    Ce n’est pas le RSA qui va revaloriser le travail. Rendez-vous dans un an pour faire le point si les journalistes de rue89 travaillent encore. Au fait, vous en pensez quoi, vous, du boulot... ? !

    Lien

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h17 le 20/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Travailleurs, travailleuses, ce qui vous fait trimer

    Que tu te prépares pour n’importe quoi,
    Avant de mettre à pleine gomme,
    Juste ce que tu sais faire, le minimum.

    • Alain Pacifique
      Alain Pacifique répond à Numerosix
      enfin!! ça marche !
      • Posté à 04h23 le 21/10/2008
      • Internaute 24637
        enfin!! ça marche !

      c’est malin Numérosix, maintenant je suis en train de chercher si j’ai une copie cd de l’album « Higelin à Mogador ». ca fait un bail que je ne l’ai pas écouté. je crois qu’à cette époque là, je travaillais ( pour vivre, pas le contraire !).

  • Nadja.R
    Nadja.R
    Clown lyrique
    • Posté à 15h33 le 20/10/2008
    • Internaute 19039
      Clown lyrique

    Super travail, merci au photographe François-Xavier Seren pour ce beau (et intéressant) diapo d’actualité.
    Rare les photographes qui s’intéressent aux gens autour de nous, ils préfèrent en général aller photographier les enfants des pays pauvres comme ça ils font d’une pierre 2 coups : 1°je suis photographe humaniste 2°en plus mes modèles me réclameront pas un rond ni aucun droit à l’image, et leurs parents n’ont pas internet et ne vont jamais à la fnac.

  • marie 75
    • Posté à 17h35 le 20/10/2008
    • Internaute 3563

    La crise risque de créer 20 millions de chômeurs d’ici fin 2009 (BIT)

    La crise financière risque de créer 20 millions de nouveaux chômeurs dans le monde d’ici la fin 2009, selon le directeur général du Bureau international du travail (BIT), Juan Somavia.
    Selon des estimations du BIT, « le nombre de chômeurs (dans le monde, ndlr) pourrait passer de 190 millions en 2007 à 210 millions fin 2009 », a déclaré M. Somavia lors d’une conférence de presse.

    Il a ajouté que ces chiffres pourraient s’aggraver en fonction de l’impact de la crise sur l’économie réelle.

    « Nous avons besoin d’une action rapide et coordonnée des gouvernements pour prévenir une crise sociale qui pourrait s’avérer sévère, longue et globale », a souligné le directeur général du BIT.

    (GFR)
    cf l’echo

  • Hordesfers
    • Posté à 11h47 le 21/10/2008
    • Internaute 26457

    Que représente pour vous le travail ?

    Le travail ne représente, pour moi, rien d’autre que son étymologie ; trepalium : instrument de torture conçu par l’intellect pour asservir le corps.

    Le travail est la marque de l’esclavage. Le revendiquer, en faire une valeur, c’est révéler et affirmer sa soif de servitude.

    En revanche, si l’on se considère comme un maître, c’est une valeur dont il faut impérativement s’affranchir mais néanmoins clamer haut et fort pour la faire accepter par l’esclave et l’obséquieux, la leur faire revendiquer, voire même désirer et aimer,la leur faire accomplir de gré ou de force afin qu’ils s’en abrutissent, avec pour unique pensée d’en récolter les fruits sans le moindre effort, grâce à l’organisation politique, économique et sociale de la Société, à l’éducation et à la détention des informations, de la technique et des moyens de production.

    D’ailleurs, ceux qui prônent le plus la valeur travail ne sont-ils pas les mêmes qui désirent s’en affranchir pour la faire exécuter par autrui, et cherchent des moyens plus rapides, plus aisés pour quérir des biens et l’importance qu’ils leur permettent d’obtenir ?

    Profiter du labeur d’autrui sans souffrir des nuisances que celui-ci représente et rendre dépendant, voire accro, celui qui l’exécute. Victoire de l’esprit sur le corps.

    Ce n’est aussi qu’un mot, une pseudo-valeur, derrière laquelle se dissimule l’omniprésente motivation : acquérir de la puissance, gravir les échelles hiérarchiques,quérir un certain pouvoir de domination sur autrui. D’ailleurs, toute l’éducation, basée sur une compétition acharnée entre les individus pour leur intégration dans l’un des barreaux de la grande échelle du pouvoir, orchestrée par la carotte et le bâton, avec un zeste de pseudo-morale, ne vise qu’à la conception d’esclaves dociles et adhérents aux valeurs inculquées. Par la suite, leur place dépendra de leur renonciation à réclamer leur liberté (sous toutes ses formes). Ainsi, chacun deviendra le maillon tremblotant d’une société parfaitement injuste mais parfaitement intégrée par les esprits décervelés et entretenue par les intérêts qu’ils auront à la soutenir, à la défendre et à disséminer ses valeurs.

    Derrière la noble apparence des diplômes censés récompenser le labeur des lauréats, leur niveau de connaissance etc. se dissimule également la récompense de l’assimilation des valeurs fausses, destructrices de l’élite fourvoyée et déliquescente, le désir profond d’intégrer une place de choix dans l’échelle des hiérarchies.

    Travailler, c’est abrutir la vie,cajôler l’ennui, épouser la répétition et la mort. C’est dégénérer l’hommo sapiens en le condamnant à n’être qu’un hommo economicus.

    Dépossédé de lui-même pour acquérir ce qui lui est extérieur,il ne lui reste plus qu’à produire et répéter par le travail ce qui le sépare de son humanité.

    Répéter inlassablement les gestes qui chaque jour font de soi un handicapé de la joie de vivre, un déserteur de la vie créative.

    Bref ! Quiconque vante les vertus du travail n’est qu’un imposteur, un courtisan, un rampant, un esclave servile, un profiteur, un esclavagiste etc.

    Il n’y a que l’activité qui puisse être revendiquée. Contrairement au travail qui est toujours imposé pour diverses raisons (entre autres celle de la survie dans un monde qui a fait du travail l’unique possibilité de survie), l’activité est librement choisie. Personne ne peut l’imposer. Mieux, elle est le prolongement de notre être. Elle est l’expression de la liberté. L’être préservé de l’avoir déploie son énergie et ne comptabilise pas son temps. Sa motivation principale n’est pas l’argent, ni la volonté de puissance, ni la reconnaissance irresponsable et enfantine, mais simplement l’amour de ce qu’il fait, la quête de perfectibilité, le besoin de créativité.

    Avec le travail, l’être economicus sanctifie la mort. Pas étonnant que ce monde prenne eau de tous côtés avec une telle fascination pour la mort !

    Parmi nous, combien ne sont-ils pas des esclavagistes, en exigeant, par exemple, des chômeurs, d’exécuter des tâches dont personne ne voudrait sous prétexte que s’ils veulent survivre, ceux-ci doivent accepter tout et n’importe quoi.

    Combien, parmi nous, exerçant une activité maquillée en travail (à cause des motivations sousjacentes qui les animent, reconnaissance, volonté de puissance... ) font-ils l’apologie du travail alors qu’ils ignorent tout de ce qu’est un travail et de l’ennui de ceux qui le subissent ? Comment peut-on s’épanouir lorsque l’on accomplit des tâches inintéressantes, non conformes avec ses aspirations, avec ses qualités propre, avec sa soif de créativité, de nouveauté, de vie... ? Comment accepter de sacrifier la majeure partie de son temps à cette horreur qu’est le travail, alors que l’activité ou les activités que l’on souhaite accomplir (artistiques, par exemple, dépoussiérées de la vanité qui motive tant de pseudo-artistes : quête de reconnaissance, aisance, idôlatrie, luxe etc.) nécessitent beaucoup de temps et d’investissement. Réaliser des oeuvres de qualité nécessite du temps, de l’énergie... De plus, le véritable créateur ne recherche pas la notoriété à tout prix mais surtout de réaliser quelque chose du mieux qu’il peut avec ce qu’il est au moment où il le fait.

    La nécessité imposée de travailler détruit tout. Les relations sur les lieux de travail ne sont trop souvent qu’hypocrisie, compétition, attitudes larvaires, tentatives de harcèlement, d’intimidation, bref, le terrain de jeu de notre animalité.

    Désolé, je n’ai pas le temps de terminer mon post....