Images à l'appui, Rue89 révèle des violences policières commises mardi en Seine-St-Denis et a enquêté sur leurs circonstances.
Mardi 14 octobre vers 22h00, la police a interpellé Abdoulaye Fofana à son domicile du 5, rue Picasso, cité des Bosquets à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Les circonstances de cette arrestation ont poussé le procureur de la République de Bobigny à demander jeudi une enquête de l'IGS, la police des polices.
La vidéo que révèle Rue89 montre deux policiers frappant à quatre reprises le jeune homme menotté, qui tombe au sol. Des témoignages recueillis sur place laissent à penser que les actes de violence commis par les policiers ont été beaucoup plus nombreux hors caméra.
Au final, il n'y a pas de blessé grave. Un policier, blessé à la main, a écopé d'un mois d'interruption temporaire de travail. Abdoulaye Fofana a eu deux jours et sa mère six jours. Le policier a porté plainte ; l'avocat de la famille Fofana en déposera six différentes lundi.
L'une des cités les plus « chaudes » de France, épicentre des émeutes de 2005
La cité des Bosquets est une des plus « chaudes » de France. C'est ici que Luc Besson tournait un film avec John Travolta avant de renoncer après des incendies de voitures, dimanche dernier.
La rue Picasso est à l'opposé de la cité, à l'épicentre des émeutes de 2005, à moins de 200 mètres de la limite avec Clichy-sous-Bois ; de l'autre côté, au sud, la même distance sépare les immeubles de Picasso de la villa du maire de Montfermeil, Xavier Lemoine (UMP).
Le contexte conflictuel et cette proximité avec le domicile de l'élu font de cette rue un endroit particulièrement surveillé par les forces de l'ordre. Jour et nuit, plusieurs unités de police se tiennent prêtes à intervenir en cas d'incident.
Mardi soir, vers 21h00, trois jeunes lancent un pavé sur une voiture de police
Mardi soir vers 21h00, trois jeunes lancent un pavé et tirent un mortier de feu d'artifice sur une voiture de police qui passe dans la rue. Environ une heure plus tard, une dizaine d'hommes du Groupe de sécurité de proximité du commissariat de Gagny entrent dans l'escalier du n°5.
Ladj Ly, habitant de l'immeuble et membre du collectif Kourtrajmé, a déjà commencé à filmer les échauffourées.
Le jeune réalisateur, qui vient de faire parler de lui avec un canular présenté par Charles Villeneuve, a donné ces images à Rue89. Elles sont montées, la dizaine de minutes de rushes -que nous avons visionnée- étant ici réduite à ce reportage de 2'21. (Voir la vidéo)
Selon les déclarations d'Abdoulaye Fofana, confirmées par les témoignages d'habitants de l'immeuble que nous avons recueillis sur place, les quatre coups portés dans le hall de l'immeuble ne seraient que les derniers d'une longue série.
La police pense avoir reconnu en lui l'un des auteurs du caillassage de la voiture, en particulier à cause de ses baskets blanches. Selon lui, celles qu'il portait ce soir-là sont blanches, violettes et vertes.
« J'ai demandé pourquoi ils avaient cassé la porte […]. L'un d'eux a dit : “On l'embarque celui-là'.”
Le jeune Français d'origine guinéenne, âgé de 20 ans, étudiant en BTS de négociation-relation client, déclare qu'il n'a pas bougé de chez lui, au 5e étage, depuis le début de la soirée. A jouer sur sa console, puis à regarder le match France-Tunisie. Sa famille sur la télé du salon, lui avec des amis sur la télé de la chambre. La France marque le deuxième but, tout le monde crie de joie. “Juste à ce moment-là, des policiers sont entrés en défonçant la porte de l'appartement”, raconte-t-il.
“J'ai entendu le bruit, je suis allé dans l'entrée. Ils demandaient à ma mère si personne n'était entré ici. On a dit que non, et j'ai demandé pourquoi ils avaient cassé la porte. Ils ont répondu que non, qu'elle était ouverte, et l'un d'eux a dit : ‘On l'embarque celui-là'.’
Des coups de poing, de pied, de flashball et de matraque
Selon ses déclarations, il est ensuite violemment projeté à l'autre bout du palier, tout en étant frappé par les policiers, au nombre d'‘ une dizaine ’. Il est mis à terre puis menotté, pendant que sa famille est maintenue à l'intérieur de l'appartement. Les policiers l'emmènent ensuite par l'escalier.
Il raconte avoir été frappé tout au long de la descente, à coups de poing, de pied, de flashball et de matraque. Ce que confirment des habitants de l'immeuble, interrogés par Rue89. Tous disent avoir été alertés par ses cris.
Au deuxième étage, Esma Elassy :
‘Un policier le frappait sur la tête avec sa matraque pendant qu'un autre le tenait. Il l'a tapé tellement fort que sa tête a cogné le mur. C'était catastrophique, j'étais très choquée. Quoi qu'il ait fait, ce n'était pas la peine de le frapper puisqu'il était déjà menotté.’
Au premier, Nafissa Delai :
‘Je les ai vus lui donner un coup de matraque sur la tête, à travers l'oeilleton de ma porte. J'ai commencé à l'ouvrir, mais un policier m'a demandé de la fermer.’
Le procureur : ‘S'il y a d'autres violences, l'IGS portera ses investigations sur elles.’
François Molins, procureur de la République de Bobigny, confirme avoir saisi l'Inspection générale des services (IGS) pour qu'elle établisse ou non la réalité de ces ‘violences illégitimes’ :
‘Il y a les violences qu'on voit dans la vidéo. S'il y en a d'autres, l'IGS portera aussi ses investigations sur elles.’
La police ayant vu Ladj Ly filmer pendant la soirée, elle lui a demandé de lui fournir copie des images, ce qu'il a fait. Le réalisateur est convoqué lundi à l'IGS, comme la victime des violences.
Légalement, pas d'interpellation à domicile entre 21h00 et 6h00
Selon le procureur Molins, les policiers ont interpellé Abdoulaye Fofana sans avoir enfoncé la porte du domicile familial. Conformément à la loi, puisque, sauf exception (terrorisme, grand banditisme, stupéfiants), la police n'a pas le droit d'entrer par la force dans un domicile entre 21h00 et 6h00. Le magistrat affirme donc que la porte était déjà ouverte :
‘L'homme interpellé a reconnu sur procès verbal qu'il a donné un coup d'épaule dans la porte de l'appartement pour y rentrer, effrayé par les policiers qui couraient derrière lui.’
La version de la famille Fofana est différente (voir la vidéo)
Quand on lui signale qu'Abdoulaye n'a reconnu ce ‘coup d'épaule’ qu'à la seconde des deux dépositions faites pendant sa garde à vue au commissariat, et pas à la première, et qu'il est ensuite revenu à ses premières déclarations face à une substitut du procureur, ce dernier se borne à réaffirmer la motivation des autorités :
‘On se donne les moyens de faire la vérité et la part des choses dans cette affaire. L'IGS n'a pas pour consigne de s'autolimiter.’
Abdoulaye Fofana, qui a passé 48 heures en garde à vue avant d'être déféré vendredi au parquet, sera jugé le 10 décembre au tribunal correctionnel de Bobigny, pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique, en raison du jet de pavé.
Le policier qui a porté plainte s'est-il blessé tout seul ou a-t-il été blessé ?
Le policier qui a déposé plainte affirme que c'est le jeune homme qui l'a blessé lors de l'interpellation ; ce dernier assure qu'il n'était pas en mesure de se débattre, et que l'agent s'est blessé en le frappant.
Abdoulaye Fofana ‘est connu des services de polices’, assure le procureur. Le jeune homme n'a en fait pas de casier judiciaire ; il a été brièvement entendu en 2005 dans une affaire de recel, ce qui lui a valu une inscription au fichier Stic. ‘Son nom est connu du parquet’, insiste le magistrat.
La famille dépose six plaintes, avec neuf circonstances aggravantes
Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille Fofana, se refuse à tout commentaire. Il se borne à indiquer qu'il déposera lundi six plaintes, assorties d'un total de neuf circonstances aggravantes.
Concernant Abdoulaye Fofana : violences volontaires commises par personnes dépositaires de l'autorité publique, en réunion, avec usage ou menace d'une arme, et sous l'emprise manifeste de produits stupéfiants (puisqu'un des policiers ‘sentait le cannabis’, selon la victime) ; subornation de témoin (en raison de la deuxième déposition, jugée litigieuse) ; menaces de mort (émanant d'un policier, toujours selon la victime).
Concernant Mme Fofana, même plainte pour violences volontaires et mêmes circonstances, sauf les stupéfiants.
Concernant le neveu d'Abdoulaye, un bébé qui s'est blessé à la lèvre en courant parce qu'il avait peur, choc émotif pour un mineur de moins de quinze ans.
Enfin, dégradation d'un bien appartenant à autrui (l'appartement), avec effraction.
Vidéo : Ladj Ly/Kourtrajme.com..




















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à Arnaud Aubron
De Bardamu
difficile | 14H16 | 19/10/2008 |
C'est un peu fort de café ! Vous indiquez dans l'article vous-même que « trois jeunes lancent un pavé et tirent un mortier de feu d'artifice sur une voiture qui passe dans la rue » et que c'est ce qui va motiver l'intervention des forces de l'ordre, et ensuite vous me demandez comment je le sais ?
? ? ?
La police est intervenue comme ça, alors ? Elle a vu de la lumière, elle est entrée ?
Il manque un point d'interrogation au titre, ayez l'honnêteté de le reconnaître.
Avant de voir (de loin et confusément) des coups de matraque (mais j'ai du mal à compter une dizaine de policiers, vous avez de bons yeux…) on entend des hurlements dans la cage d'escalier. Vous savez ce qui s'y est passé ? Moi non plus. Les témoignages de la famille et des autres habitants de l'immeuble sont autant sujets à caution que ceux des policiers, non ?
Qu'il y ait présomption de bavure, soit. Mais votre titre reste racoleur et idéologiquement orienté.
Tiens au fait, dans un lien de l'article, il est question d'une autre agression : « un journaliste de France 2 a été roué de coups mardi et s'est fait voler sa caméra », vous pourriez avoir un entretien avec cette dame qui vous décrira la bonne ambiance qui règne dans ce quartier.
à Bardamu
De Arnaud Aubron
Rue89 | 15H07 | 19/10/2008 |
Ce que je vous demande c'est : en quoi est-ce « le seul fait avéré ». Pourquoi retenez-vous celui-là et pas les autres ? Nous l'avons en effet écrit, mais nous avons écrit beaucoup d'autres choses que vous ne considérez plus cette fois comme des « faites avérés ». Pourquoi cette différence de traitement ?
Et je ne pense pas qu'il manque de point d'interrogation dans ce titre, car on voit nettement sur la vidéo (peut-être avez-vous effectivement des problèmes de vue auquel cas je ne vous en veux pas) des policiers asséner des coups de matraque à un homme menotté, dont une fois alors qu'il est à terre, et ce alors qu'ils sont dix autour de lui. Et nous avons cinq témoins qui confirment cette version de la violence policière. Et ce, encore une fois, que le jeune homme soit coupable ou pas.
Croyez-vous vraiment que le procureur aurait demandé une enquête à l'IGS si il s'agissait d'une banale interpellation au cours de laquelle un jeune homme use de violence sur les policiers ?
Quant à votre remarque sur le journaliste, elle est symptomatique. En quoi le fait qu'un journaliste se soit fait tabasser (il y en a malheureusement beaucoup trop) dans un autre quartier interfère avec notre affaire ? Parce que si d'autres jeunes dans un autre endroit ont été violents avec un journaliste, ce jeune-là est donc forcément un peu coupable ? Je pense que cette histoire n'a d'intérêt à vos yeux que par ce qu'elle vous renforce dans l'idée que de toutes façons, les policiers ont raison quoi qu'il arrive et que le jeune avait dû bien le chercher…
à Arnaud Aubron
De Bardamu
difficile | 15H41 | 19/10/2008 |
Je ne remets pas en cause le fait q'un homme menotté soit frappé, c'est visible, même si on ne voit pas très bien la scène, et, je vous remercie de votre sollicitude, ma vue est excellente.
Je dis simplement que nous ne savons pas ce qui se passe dans l'escalier, quelle est la réaction du jeune homme menotté (on peut se rebeller de façon très efficace même en étant menotté, si vous avez déjà assisté à des interpellations « musclées », cela ne vous a sans doute pas échappé), quelle est la réaction de la famille, et des autres locataires, peut-être « solidaires » du jeune homme…
Si j'évoquais d'autre part l'histoire du journaliste tabassé, ce n'est pas pour amalgamer les deux affaires, mais pour faire sentir que les policiers (qui ont effectivement l'air d'être très nerveux et inquiets sur les images plutôt que conquérants, vous l'admettrez…) interviennent en milieu ultra hostile, avec l'obligation de ramener très vite avec eux les suspects s'ils ne veulent pas que la Cité entière débarque pour les empêcher d'agir… Or maîtriser quelqu'un peut nécessiter l'emploi de la violence. Dans des limites qu'il ne faut évidemment pas franchir, et je suis loin d'être le thuriféraire acharné de la gent pandorique que vous rêvez.
Dans votre hâte et votre satisfaction évidente à « sortir » une nouvelle affaire Rodney King, vous dites « bavure, forcément bavure ».
C'est là qu'intervient l'idéologie et que cesse le journalisme. Ou que commence le journalisme dit d'« opinion », mais il faut alors l'assumer.
à Bardamu
De mechante langue
15H48 | 19/10/2008 |
Tres bien !
à Bardamu
De m a i a
aquoiboniste | 18H13 | 19/10/2008 |
« ultra hostile »
On rêve ! ! ! Vous vivez où, pour sortir de telles incohérences ?
à m a i a
De Bardamu
difficile | 19H25 | 19/10/2008 |
@ Maia
Incohérences ?
Où ça ?
à Bardamu
De m a i a
aquoiboniste | 19H51 | 19/10/2008 |
Ce que vous voyez sur les images vous apparaît comme un climat « ultra hostile » envers les policiers ?
Un peu de sérieux, tout de même…
à Arnaud Aubron
De -Candide-
Jardinateur | 15H58 | 19/10/2008 |
Un autre fait avéré est que a 1'04 » de la video de Ladj Ly ont entend une voix lointaine et forte (probablement un policier) qui crie :
« Pédé….Allah ouakbar ! »
L'enquète de l'IGS nous dira s'il s'agit d'un manquement au devoir de réserve et une atteinte à la laïcité.
Bon trève de mauvaise plaisanterie :
En fait, je n'ai toujours pas compris s'il s'agissait de la suite du canular de Kourtrajmé, ou si le tournage de Besson avait enfin pu démarrer.
à Arnaud Aubron
De PierPaolo_California
23H17 | 20/10/2008 |
ARNAUD Aubron, vous demandiez pourquoi cet article est nul. il est vrai que « nul » c'est court comme argument. Aussi court que sont insupportables la bêtise crasse, la haine rance et la laideur de trop de commentaires de cet article et d'autres. A quand un modérateur ? J'ai rarement le temps de me promener dans le quartier mais le sujetaujurd'hui me touche.
Comme entrée en matière rue 89 aurait pu mettre :
« Un reportage de Ladj LY, envoyé spécial dans les territoires où aucun de nous ne peut plus aller sans se faire agresser violemment et dépouiller son matos tellement la situation s'est aggravée. Aussi car deux générations de journalistes sont responsables de l'image caricaturale, injuste, partielle, paresseuse, opportuniste, et médiocre, de ces banlieues où nous nous rendions comme l'on se rend au zoo, depuis 25 ans, et où nous allons maintenant comme on part en zone de guerre.
Le simple montage - Rue 89 juge nécessaire de préciser l'avoir fait soi même - trahit encore cette paresse de céder à la facilité ( des enfants pleurent ? Oui. Des flics qui cognent ? re-oui, Tout cela est bien dramatique. Mais encore ? ) c'est comme ça que vous prétendez faire votre info différente ? il y aurait beaucoup à dire mais passons, pour ne pas monopoliser le temps de parole. Passons sur l'analyse détaillée du montage et des images, aussi sur le collectif kourtajmé dont fait partie l'auteur de ces images.
Le terme d'apartheid évoqué plus haut dans les commentaires est juste. il règne une situation qui doit absolument cesser pour que l'espèce de mini guerre civile permanente qui perdure trouve des issues. Dans la guerre avec la police il ne s'agit que d'une petite partie de “ jeunes ”, la majorité des habitants sont des gens comme moi, je dis “ moi ” parce que à vous entendre et en majorité, vous donnez l'impression de vous considérer comme étant différents de tous “ ces gens là ”. C'est à dire des gens qui vont bosser si ils ont un travail et n'aspirent qu'à vivre en paix, que leurs enfants grandissent, des jeunes qui veulent s'installer avec leur copine, quitter l'appart familial, trouver un travail… Il règne même dans certaines cités un esprit de village et une chaleur qui n'existent pas beaucoup ailleurs. Ce malgré les difficultés et les injustices, en nombre abyssal.
Dans ces zones depuis 20 ans, l'abandon progressif des transports,services sociaux, écoles, postes & services, désertion de l'état dont la seule présence se limite à la BAC et aux forces d'intervention.
Il s'est tenu à Nanterre début octobre 2008 le forum social des quartiers populaires. Aucun reportage ni ici ni pratiquement nulle part sur ces trois jours de débats. Pourtant, au cours de ces rencontres se sont tenues plusieurs tables rondes sur le thème des violences policières. Où étiez vous rue 89 ? Où étaient Ladl Ly et son collectif pseudo militant d'ailleurs ?
Depuis 30 ans, combien de jeunes tombés sous les balles de la police ? Combien d'innocents, ou coupables menottés - ou mieux, menottés et attachés – ont été tabassés, parfois à mort et aujourd'hui ça continue.
il y a aussi des gens qui se font rouer de coups et voler leur moto par des sauvages, il y en a souvent.
Enfin il serait juste de redire l'enfer qu'est devenu le travail des policiers dans certains secteurs, et je m'étonne qu'il n'y ait pas plus d'agents qui pètent un câble et tirent dans le tas. Ils ne sont donc pas tant dénués de sang froid que cela, même si, à titre personnel je ne les aime pas dans ce qu'ils représentent , pour ce qu'ils font, et que j'abhorre l'ordre qu'ils incarnent dans ces situations, en dignes descendants de la police de Thiers . En outre il est vrai que parfois, totalement à bout et isolés, eux aussi, ils se suicident en silence. Le ministère de tutelle n'aime pas parler de ces chiffres là.
Bon, et une fois qu'on a dit ça, on fait quoi ? Chacun sort ses blessures pour accuser l'autre alors que les vraies responsabilités/ causes ne sont jamais évoquées dans tous ces reportages ?
Pissez sur vos claviers tant que vous voulez, cette liberté là est précieuse, même si parfois certains commentaires ou la bêtise insondable que je rencontre dans le cyberquartier Rue 89 me font fulminer. Pour la garder et pour que notre société reste vivable il va falloir se décoller de l'ordinateur, interrompre un temps nos analyses et commentaires, gémissements et pleurs, accusations et cris, joies ou colères, et revenir vers le terrain, la réalité.
S'engager, agir, à son niveau, dans son arrondissement, son quartier, à son travail, ou que vous soyez et reconstruire du lien. Aussi presser infiniment les autorités parce que, comme le disent ceux qui savent de quoi ils parlent :
“ IL FAUT QUE ÇA CESSE ! ! ! ”
à PierPaolo_California
De Augustin Scalbert
(auteur)
Rue89 | 00H17 | 21/10/2008 |
Monsieur,
vous avez raison de critiquer notre absence au forum social des quartiers populaires. Malheureusement, sauf erreur de ma part, nous n'y avons pas été invités.
Pour le reste de votre message, sachez :
- que j'ai été à Montfermeil samedi pour enquêter sur le contexte de cette bavure, et que je n'ai pas été dépouillé ou agressé ;
- que le fait que j'aie pu m'y rendre sans histoire n'enlève rien au fait que la situation dans ces quartiers s'aggrave, que le travail des policiers y est extrêmement difficile, qu'ils sont l'objet de provocations fréquentes voire constantes de la part d'une partie de la jeunesse de ces quartiers ;
- que les journalistes -ou plutôt les médias- ont une part de responsabilité dans cette situation, et surtout dans la manière dont elle est perçue par l'ensemble des gens qui n'habitent pas ces quartiers.
Je ne vois absolument pas ce qui vous permet, à la lecture de mon article, de sous-entendre que je cherche à occulter ces aspects de la situation. Pardonnez-moi de vous dire que vous n'avez pas compris une chose essentielle à propos de mon article : ce n'est pas un article de fond sur la situation des banlieues, le travail des policiers, celui de mes confrères, les provocations de certains jeunes, l'« apartheid » ou l'« esprit de village » de certains quartiers.
C'est un article sur un fait, et un seul : une bavure policière dont nous publions les images. En me rendant à Montfermeil pour enquêter, je me suis efforcé de contextualiser ce fait, et ce SEUL fait. Ai-je occulté le fait que ce quartier des Bosquets est particulièrement sensible ? Non. Ai-je occulté le fait que les policiers avaient été victimes d'un lancer de projectiles ? Non. Parce que cela fait partie du contexte de ce fait précis. Tout ce que vous me reprochez de ne pas avoir écrit représente le contexte général des quartiers de banlieue, qui n'était pas l'objet de cet article.
Je suis entièrement d'accord avec vous quand vous écrivez qu'il « devient urgentissime de regarder les causes de ces situations plutôt que de parler sans cesse de leurs conséquences ». A Rue89, nous ne parlons pas « sans cesse » de leurs conséquences. On nous a apporté ce document filmé, qui prouvait la réalité de cette bavure-là (et pas de tout le travail des policiers en général dans ces quartiers comme vous semblez l'avoir compris).
Etant donnée la gravité d'un tel acte, ils nous a semblé important de le publier, après en avoir retracé le contexte.
à Bardamu
De criton
étudiant | 14H48 | 19/10/2008 |
Bardamu a raison, on voit clairement que ce jeune halogène de couleur se jette violemment contre la matraque dans le seul but de bénéficier d'une bavure et de pouvoir passer aux infos.
Mais ça ne trompe personne, sauf les « zozos », bobos socialistes parisiens qui ont la naiveté de croire, contrairement à ces phares de la pensée que sont pierrre, barnabu et autres, qu'un noir peut être autre chose qu'un voyou.
à criton
De Bardamu
difficile | 14H53 | 19/10/2008 |
« Halogène de couleur », c'est excellent, même si vous ne l'avez pas fait exprès !
à Bardamu
De criton
étudiant | 15H35 | 19/10/2008 |
Si je l'ai fait exprès
à criton
De Bardamu
difficile | 15H39 | 19/10/2008 |
Bien sûr. Ce n'était donc pas une bavure.
De Rue-bicond
Une "poussière consciente" comme vo... | 12H56 | 19/10/2008 |
Que l'enquête de l'IGS suive son cours bien sûr, mais en attendant et même s'il s'avère qu'il s'agissait bien du jeune homme poursuivi, ces policiers n'avaient pas le droit de faire ce qu'ils ont fait à une personne menottée. Sans parler du véritable jeté d'huile sur le feu aux conséquences inconnues, que de tels manques de sang froid peuvent occasionner dans des temps déjà bien sombres.
Evidemment que ce n'est pas un métier facile, bien sûr qu'il ne faut pas généraliser, évidemment que les jeunes recrues sont maintenues sous pression par le système pour être … efficaces, il n'empêche qu'en dehors de la peur de l'animal qui attaque pour se défendre, seule l'in-com-pé-tence agresse. Alors une bonne fois pour toutes, qu'ils soient sérieusement formés y compris par des équipes de psychiatres s'il le faut, au lieu d'être laissés à l'abandon ou pire, élevés à la haine et à la xénophobie. Où alors que le premier d'entre eux, dise clairement que la France n'a pas les moyens de se doter d'une police aussi professionnelle que compétente.
à Rue-bicond
De mao-tse-toung
grand démocrate réformateur | 13H26 | 19/10/2008 |
« ces policiers n'avaient pas le droit de faire ce qu'ils ont fait à une personne menottée »
Ben voyons, ils auraient peut-être du l'attirer dehors avec des toast au foie gras ? ? ?
Et s'il n'aime pas ça ? ? ?
Par contre caillassage de voiture de flics et cocktail de feu d'artifice, ça c'est permis ! ! !
Dans ces banlieues, ils ne comprennent que la matraque, donc donnons leurs-en ! !
Et suffisament pour qu'ils comprennent qu'il faut arrêter de jouer .
à mao-tse-toung
De mechante langue
15H36 | 19/10/2008 |
« Ben voyons, ils auraient peut-être du l'attirer dehors avec des toast au foie gras ? ? ?
Et s'il n'aime pas ça ? ? ? »
: -))
De Zorko
Cuté | 13H01 | 19/10/2008 |
C'est la loi du talion, on est agressé, on agresse. Des criminels beaucoup plus dangereux sont traités avec plus d'indulgence s'is ne se défendent pas. Faut-il répondre à la violence par la violence, je ne le pense pas, c'est un engrenage infernal. On frappe de petits délinquants mais on « limoge » des traders jouant avec notre argent. Les coups pour les pauvres gens, des courbettes aux plus importants. Qu'on les envoie en Afghanistan, ces flics violents, ils pourront montrer leur courage.
à Zorko
De mechante langue
13H35 | 19/10/2008 |
Faire des délinquants l'avant garde du prolétariats , c'est un peu risqué .
Ils sont aussi predateurs que les traders et l'impunité des uns ne sert qu'a justifier celle des autres
De chinchilla1967
plate | 13H11 | 19/10/2008 |
L'affaire de la semaine : un mec se fait interpeller. Pendant ce temps les contribuables du monde entier se font racketter. Hé ouais. Déménageons tous au Vésinet !
De Infovite
Plébéien. | 13H20 | 19/10/2008 |
Certains commentaires ne sont pas des bavures mais bien l'expression d'une idéologie liberticide et haineuse.
La France des droits de l'homme est plus que jamais une priorité absolue.
Nous serons nombreux au rendez-vous de l'Histoire pour ne pas se rendre et baisser les bras !
Merci à Rue89 pour cet article.
à Infovite
De mechante langue
15H16 | 19/10/2008 |
« Certains commentaires ne sont pas des bavures mais bien l'expression d'une idéologie liberticide et haineuse. »
Pures incantations risibles
« La France des droits de l'homme est plus que jamais une priorité absolue. »
Cdelle de la liberté d'aller et venir en sécurité par exemple ?
à mechante langue
De jojo1er
12H30 | 20/10/2008 |
Ou celle de rester chez soi a regarder un match entre amis sans se faire menotter et tabasser (dans l'ordre hein) ? …ah non celle là n'existe pas…enfin pas dans tous les quartiers, pas pour toutes les couleurs de peau…
Jojo1er, …
De dommarco
travailleur | 13H13 | 19/10/2008 |
Les bavures ont toujours existé, a part qu'avant il y avait mort d'homme beaucoup plus facilement auparavant.
Ce qui est scandaleux, c'est le gout de veangeance de l'autorité policière qui n'accepte pas les risques de son métier.
Ce qui est inquiétant c'est que le faux témoignage de la part d'une autorité supérieure dans laquelle on se devrait d'avoir confiance fausse les principes fondamentaux d'un état de droit. N'importe quel bonhomme peut se retrouver au mitard sur le simple délit de faciès ou protestation républicaine avec sur le dos des charges douteuses et forcément partiales.
C'est la porte ouverte à tous les débordements confortés par une impunité latente.
Il faut filmer et se servir de tous les moyens pour dénoncer cette forme d'oppression qui de fait pas honneur aux valeurs profondes de notre république.
De argh
Pour une révolution sanglante - NE ... | 13H21 | 19/10/2008 |
On voit bien que vous ne vous êtes jamais frotté à un crs : ce sont des tanks ambulants qui ne craignent rien de la part de quelques personnes désarmées. Quand il n'y a qu'UNE personne désarmée, et qu'elle est menottée, un coup de matraque n'est que la concrétisation d'une pulsion sadique.
Quant à l'amour de « l'ordre et de la justice », ces jeunes ne l'auront certainement pas, et c'est tant mieux : cette vidéo montre bien ce que c'est, « l'ordre et la justice ». Les petits fachos du forums en donnent une idée complémentaire.
Et sinon, pour avoir testé aussi, les flics savent faire avouer n'importe quoi à n'importe qui.
à argh
De mechante langue
15H53 | 19/10/2008 |
« Les petits fachos du forums en donnent une idée complémentaire. »
Les délinquants sont toujours des fachos puisqu'ils appliquent la loi du plus fort.
Et en plus ils sont ultra libéraux . Marx appelait ça le parasitisme social
« Quant à l'amour de “ l'ordre et de la justice ”, ces jeunes ne l'auront certainement pas, “
Mais si ils adorent l'ordre surtout sans la justice . Pour le ‘bisness’ il faut de l'ordre , maintenu par les caids .
à mechante langue
De argh
Pour une révolution sanglante - NE ... | 17H35 | 19/10/2008 |
« Les délinquants sont toujours des fachos puisqu'ils appliquent la loi du plus fort. »
C'est vrai, c'est flagrant dans la vidéo, vous avez vu leurs casques et leurs matraques
« Et en plus ils sont ultra libéraux . Marx appelait ça le parasitisme social »
Sophisme. Lumpen prolétariat et rentiers sont des parasites sociaux. Cela ne fait pas du lumpen-prolétariat une association de rentiers.
« Mais si ils adorent l'ordre surtout sans la justice . Pour le “ bisness ” il faut de l'ordre , maintenu par les caids . »
Amalgame de merde. Les mafieux sont des capitalistes comme les autres, qui ont leur propre police, mais qui ont également besoin de la police normale. La mafia repose elle aussi sur la propriété privée, dont la police est l'ange gardien. Ceux qui caillassent la police devraient faire de même avec la mafia, car il subissent les deux oppressions. Par ailleurs, tu devrait savoir que les quartiers tenus par la mafia sont nettement plus calmes -et plus hospitaliers pour la police- que les autres.
à mechante langue
De Zorko
Cuté | 11H45 | 20/10/2008 |
@méchante langue
Tape « parasite social » dans un moteur de recherche, tu seras étonné du résultat…
De Camille
Mauvais genre | 13H21 | 19/10/2008 |
Malheureusement, ces scènes sont banales à crever. Comment s'étonner qu'ils ne « fonctionnent pas selon la loi » quand ces jeunes ne bénéficient pas de la loi ?
à Camille
De mao-tse-toung
grand démocrate réformateur | 13H52 | 19/10/2008 |
« C'est votre haine pour la gauche qui vous fait agir ainsi ? »
Mais arrêtez votre angélisme, la loi, ils ne l'ont JAMAIS respectée …
Que ce soit vis-à-vis des flics, des voisins, de la drogue, du sexe (tournante), etc …
Et ils n'ont pas eu besoin des flics pour cela, des parents et une justice laxistes suffisent amplement .
Les interventions policières ne sont malheureusemnt pour eux (les flics) que ce que l'on voit, la vitrine , l'arrière boutique où la justice et les parents démissionaires, sont sciemment et systématiquement occultés .
Mais ça arrange tellement de monde cet état de fait ! ! !