Images à l'appui, Rue89 révèle des violences policières commises mardi en Seine-St-Denis et a enquêté sur leurs circonstances.
Mardi 14 octobre vers 22h00, la police a interpellé Abdoulaye Fofana à son domicile du 5, rue Picasso, cité des Bosquets à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. Les circonstances de cette arrestation ont poussé le procureur de la République de Bobigny à demander jeudi une enquête de l'IGS, la police des polices.
La vidéo que révèle Rue89 montre deux policiers frappant à quatre reprises le jeune homme menotté, qui tombe au sol. Des témoignages recueillis sur place laissent à penser que les actes de violence commis par les policiers ont été beaucoup plus nombreux hors caméra.
Au final, il n'y a pas de blessé grave. Un policier, blessé à la main, a écopé d'un mois d'interruption temporaire de travail. Abdoulaye Fofana a eu deux jours et sa mère six jours. Le policier a porté plainte ; l'avocat de la famille Fofana en déposera six différentes lundi.
L'une des cités les plus « chaudes » de France, épicentre des émeutes de 2005
La cité des Bosquets est une des plus « chaudes » de France. C'est ici que Luc Besson tournait un film avec John Travolta avant de renoncer après des incendies de voitures, dimanche dernier.
La rue Picasso est à l'opposé de la cité, à l'épicentre des émeutes de 2005, à moins de 200 mètres de la limite avec Clichy-sous-Bois ; de l'autre côté, au sud, la même distance sépare les immeubles de Picasso de la villa du maire de Montfermeil, Xavier Lemoine (UMP).
Le contexte conflictuel et cette proximité avec le domicile de l'élu font de cette rue un endroit particulièrement surveillé par les forces de l'ordre. Jour et nuit, plusieurs unités de police se tiennent prêtes à intervenir en cas d'incident.
Mardi soir, vers 21h00, trois jeunes lancent un pavé sur une voiture de police
Mardi soir vers 21h00, trois jeunes lancent un pavé et tirent un mortier de feu d'artifice sur une voiture de police qui passe dans la rue. Environ une heure plus tard, une dizaine d'hommes du Groupe de sécurité de proximité du commissariat de Gagny entrent dans l'escalier du n°5.
Ladj Ly, habitant de l'immeuble et membre du collectif Kourtrajmé, a déjà commencé à filmer les échauffourées.
Le jeune réalisateur, qui vient de faire parler de lui avec un canular présenté par Charles Villeneuve, a donné ces images à Rue89. Elles sont montées, la dizaine de minutes de rushes -que nous avons visionnée- étant ici réduite à ce reportage de 2'21. (Voir la vidéo)
Selon les déclarations d'Abdoulaye Fofana, confirmées par les témoignages d'habitants de l'immeuble que nous avons recueillis sur place, les quatre coups portés dans le hall de l'immeuble ne seraient que les derniers d'une longue série.
La police pense avoir reconnu en lui l'un des auteurs du caillassage de la voiture, en particulier à cause de ses baskets blanches. Selon lui, celles qu'il portait ce soir-là sont blanches, violettes et vertes.
« J'ai demandé pourquoi ils avaient cassé la porte […]. L'un d'eux a dit : “On l'embarque celui-là'.”
Le jeune Français d'origine guinéenne, âgé de 20 ans, étudiant en BTS de négociation-relation client, déclare qu'il n'a pas bougé de chez lui, au 5e étage, depuis le début de la soirée. A jouer sur sa console, puis à regarder le match France-Tunisie. Sa famille sur la télé du salon, lui avec des amis sur la télé de la chambre. La France marque le deuxième but, tout le monde crie de joie. “Juste à ce moment-là, des policiers sont entrés en défonçant la porte de l'appartement”, raconte-t-il.
“J'ai entendu le bruit, je suis allé dans l'entrée. Ils demandaient à ma mère si personne n'était entré ici. On a dit que non, et j'ai demandé pourquoi ils avaient cassé la porte. Ils ont répondu que non, qu'elle était ouverte, et l'un d'eux a dit : ‘On l'embarque celui-là'.’
Des coups de poing, de pied, de flashball et de matraque
Selon ses déclarations, il est ensuite violemment projeté à l'autre bout du palier, tout en étant frappé par les policiers, au nombre d'‘ une dizaine ’. Il est mis à terre puis menotté, pendant que sa famille est maintenue à l'intérieur de l'appartement. Les policiers l'emmènent ensuite par l'escalier.
Il raconte avoir été frappé tout au long de la descente, à coups de poing, de pied, de flashball et de matraque. Ce que confirment des habitants de l'immeuble, interrogés par Rue89. Tous disent avoir été alertés par ses cris.
Au deuxième étage, Esma Elassy :
‘Un policier le frappait sur la tête avec sa matraque pendant qu'un autre le tenait. Il l'a tapé tellement fort que sa tête a cogné le mur. C'était catastrophique, j'étais très choquée. Quoi qu'il ait fait, ce n'était pas la peine de le frapper puisqu'il était déjà menotté.’
Au premier, Nafissa Delai :
‘Je les ai vus lui donner un coup de matraque sur la tête, à travers l'oeilleton de ma porte. J'ai commencé à l'ouvrir, mais un policier m'a demandé de la fermer.’
Le procureur : ‘S'il y a d'autres violences, l'IGS portera ses investigations sur elles.’
François Molins, procureur de la République de Bobigny, confirme avoir saisi l'Inspection générale des services (IGS) pour qu'elle établisse ou non la réalité de ces ‘violences illégitimes’ :
‘Il y a les violences qu'on voit dans la vidéo. S'il y en a d'autres, l'IGS portera aussi ses investigations sur elles.’
La police ayant vu Ladj Ly filmer pendant la soirée, elle lui a demandé de lui fournir copie des images, ce qu'il a fait. Le réalisateur est convoqué lundi à l'IGS, comme la victime des violences.
Légalement, pas d'interpellation à domicile entre 21h00 et 6h00
Selon le procureur Molins, les policiers ont interpellé Abdoulaye Fofana sans avoir enfoncé la porte du domicile familial. Conformément à la loi, puisque, sauf exception (terrorisme, grand banditisme, stupéfiants), la police n'a pas le droit d'entrer par la force dans un domicile entre 21h00 et 6h00. Le magistrat affirme donc que la porte était déjà ouverte :
‘L'homme interpellé a reconnu sur procès verbal qu'il a donné un coup d'épaule dans la porte de l'appartement pour y rentrer, effrayé par les policiers qui couraient derrière lui.’
La version de la famille Fofana est différente (voir la vidéo)
Quand on lui signale qu'Abdoulaye n'a reconnu ce ‘coup d'épaule’ qu'à la seconde des deux dépositions faites pendant sa garde à vue au commissariat, et pas à la première, et qu'il est ensuite revenu à ses premières déclarations face à une substitut du procureur, ce dernier se borne à réaffirmer la motivation des autorités :
‘On se donne les moyens de faire la vérité et la part des choses dans cette affaire. L'IGS n'a pas pour consigne de s'autolimiter.’
Abdoulaye Fofana, qui a passé 48 heures en garde à vue avant d'être déféré vendredi au parquet, sera jugé le 10 décembre au tribunal correctionnel de Bobigny, pour violences volontaires sur personne dépositaire de l'autorité publique, en raison du jet de pavé.
Le policier qui a porté plainte s'est-il blessé tout seul ou a-t-il été blessé ?
Le policier qui a déposé plainte affirme que c'est le jeune homme qui l'a blessé lors de l'interpellation ; ce dernier assure qu'il n'était pas en mesure de se débattre, et que l'agent s'est blessé en le frappant.
Abdoulaye Fofana ‘est connu des services de polices’, assure le procureur. Le jeune homme n'a en fait pas de casier judiciaire ; il a été brièvement entendu en 2005 dans une affaire de recel, ce qui lui a valu une inscription au fichier Stic. ‘Son nom est connu du parquet’, insiste le magistrat.
La famille dépose six plaintes, avec neuf circonstances aggravantes
Me Yassine Bouzrou, l'avocat de la famille Fofana, se refuse à tout commentaire. Il se borne à indiquer qu'il déposera lundi six plaintes, assorties d'un total de neuf circonstances aggravantes.
Concernant Abdoulaye Fofana : violences volontaires commises par personnes dépositaires de l'autorité publique, en réunion, avec usage ou menace d'une arme, et sous l'emprise manifeste de produits stupéfiants (puisqu'un des policiers ‘sentait le cannabis’, selon la victime) ; subornation de témoin (en raison de la deuxième déposition, jugée litigieuse) ; menaces de mort (émanant d'un policier, toujours selon la victime).
Concernant Mme Fofana, même plainte pour violences volontaires et mêmes circonstances, sauf les stupéfiants.
Concernant le neveu d'Abdoulaye, un bébé qui s'est blessé à la lèvre en courant parce qu'il avait peur, choc émotif pour un mineur de moins de quinze ans.
Enfin, dégradation d'un bien appartenant à autrui (l'appartement), avec effraction.
Vidéo : Ladj Ly/Kourtrajme.com..





















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à leconcombrevert
De compte supprimé 19
20H19 | 20/10/2008 |
Si vous pensez, comme vous le pensez, que dans le fond du fond les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus parce que dieu le père l'a dit et que la loi du père prime sur tout le reste, mettez vous une toque et foutez-moi la paix avec vos éléphants roses sur fond vert.
à compte supprimé 19
De françoise.V
p'tite lyonnaise | 21H00 | 20/10/2008 |
Quel problème avez-vous avec les éléphants roses sur fond vert ?
à françoise.V
De compte supprimé 19
21H19 | 20/10/2008 |
Ils m'exaspèrent.
La bonne humeur vous rend amusante, pour une fois vous m'avez fait rire. Mais c'est plutôt à Concombre qu'il faudrait faire cadeau de cette image : tout son portrait.
à ToRDReLoRDRE
De compte supprimé 19
10H21 | 20/10/2008 |
Je peux te dire qu'on en est pas encore là. Y a de la marge. Je me suis trouvée au Guatemala il y a 25 ans, (comme touriste hein, j'ai pas de velléité à la Che comme certains riverains, moi, je suis seulement une touriste curieuse) et je peux te dire que de voir une colonne blindée passer traverser un village à toute vibure, ça fait un effet certain. Et se retrouver à plat ventre sur le trottoir comme tout le monde à la queue d'un cinéma parce que d'un seul coup les sirènes retentissent et qu'on entend dans les lointains mais pas tellement des rafales de mitraillette, aussi.
Dans le 9-3 c'est un peu dur je sais bien, mais faut pas exagérer non plus. Brazil, c'est pas pour demain, meme avec Sarko. Ceci dit il vaudrait mieux qu'il se casse et qu'il y ait une police de proximité c'est certain.
De nagsomo
citoyen | 18H53 | 19/10/2008 |
et pendant ce temps on siffle la marsseillaise a quelque kilometre de la ! ! !
tant qu'on verra une police agir de la sorte la marseillaise continuera d'etre siffler ! ! !
De Sandek
-////- ^^^^ | 19H44 | 19/10/2008 |
Merci à Rue89 et à Ladj Ly pour son courage. Je suis sous le choc. J'espère que ça donnerait l'idée à quelques jeunes d'investir dans une caméra.
à Sandek
De richelieu94
08H14 | 20/10/2008 |
c'est ce que font les « cop watchers » aux USA ? des citoyens volontaires qui doublent les interventions policières.. branchés sur les fréquences de la police, ils filment les interventions pour prévenir les « bavures » (en fait des violences chroniques…) souvent mal reçues, ils permettent néanmoins (et selon l'aveu de policiers ) de garder plus facilement la tête froide en certaines situations (le tazer serait moins facilement actionné sous le regard de la caméra)…
De richelieu94
19H54 | 19/10/2008 |
celle là, comme les autres, sera bien enterrée… au mieux réponse de la justice au bout de trois ans de procédure… au pire ce sont « des actes isolés »… la France des droits de l'homme quoi…
De Phil2922
Retraite invalidité | 20H18 | 19/10/2008 |
Y'a pas besoin d'une enquête de l'IGS pour être sûr que Fofana s'est fait matraqué par les policiers, alors qu'il était menotté. Il y a suffisamment de témoignages pour le confirmer. D'ores et déjà, ces policiers devraient être arrêtés, mis en prison en attendant que la justice suive son cours… !
http://phil195829.overblog.com
De Neoxys
Professeur | 20H27 | 19/10/2008 |
Je trouve ce reportage vidéo d'une mauvais fois suffisante pour me faire réagir dans ces commentaires. Je ne reviendrais pas sur le débat « peut-on comprendre les policiers » ou autres « les jeunes des cités sont sous le diktat sécuritaire ». Simplement souligner qu'un groupe comme Kourtrajmé (Auteur des clips « Justice-Stress » et « Sheitan-Batard de barbares » d'une violence inouïe) qui se trouve au bon endroit au bon moment, ça laisse réfléchir. D'autant plus que leur expérience leur permet de nous sortir des larmes, des cries et des images troubles, de quoi faire larmoyer la ménagère ! En coupant le son, on voit finalement qu'il ne se passe pas grand chose … Pour ce qui est du témoignage de jeune homme, on est en pleins dans l'expérience de Schrodinger …
Du scoop, du scoop et une fausse morale à la clef, on ne trouve pas que des comptes dans les poubelles ; )
De cooki1977n
Mal barré... | 20H31 | 19/10/2008 |
Dans cette histoire, y a ceux qui ont déjà eût à faire à la police…. et les autres.
Et oui, comme une personne l'a très judicieusement fait remarquer, y a pas qu'avec la « racaille » que la « flicaille » aime « jouer aux cowboys », l'honnète travailleur bien BLANC peut lui aussi se faire « bousculer » pour un simple contrôle routier ou une altercation des plus banale…
Et les années à venir ne nous prépare rien de bon…. fichages, doubles peines, peines planchers, comparutions immédiate, présomption de culpabilité, et avec les test ADN, un simple éternuement sur une scène de crime vous colle comme suspect… voir plus si affinité !
Les conditions de merde du travail de ces chers forces de police n'excusent en rien leurs comportements de plus en plus musclé.
La banlieue c'est pas rose, la banlieue c'est morose…
De érostrate
20H39 | 19/10/2008 |
merci à Rue 89 !
De Marcopolo
Musichien | 20H49 | 19/10/2008 |
Effectivement, l'article paraît bien orienté et le coté émotionnel est mis en avant via les vidéos proposées. Apprends-t-on réellement quelques choses de précis sur les circonstances de ces violences ? Evidemment j'ai envie de dire que cette violence policière est intolérable dans un pays ou les droits de l'homme sont sans arrêt mis en avant et qu'un acharnement contre une personne déjà maîtrisée par des menottes ne me parait pas des plus utile. Cela dit, donner son avis les fesses confortablement installées dans un fauteuil (cela a déjà été dit plus haut par John Doe) et c'est mon cas, ne permet pas idéalemnt de ressentir la complexité des situations dans ces quartiers visiblement difficiles. D » un coté une minorité de délinquants, au milieu des gens qui cherchent à vivre le plus paisiblement possible et de l'autre, les forces de l'ordre qui tentent de faire leur boulot. Alors comment ne pas rentrer dans l'engrenage de la répression abusive qui va forcement décupler la haine de certaines personnes en difficultés sociales, affectives, financières et sans perspective d'avenir ? Quels que soient les actes commis par les délinquants, la police doit montrer l'exemple et doit être irréprochable. C'est vrai aussi que ce n'est pas toujours facile de garder son sang froid face à des provocations et c'est pour cela que la formation des policiers doit être renforcée, développée pour éviter les actes de « vengeances policières ». Si les gens sensés représenter la loi et l'exemplarité se conduisent comme des soudards, c'est la porte ouverte à toutes les dérives. La misère intellectuelle, sociale et financière appelle la violence, la violence appelle d'autres violences…
De violeta
psy | 21H32 | 19/10/2008 |
Il va de la responsabilités de l'État ne pas jeter de l'huile sur le feu ni dans la tête d'une jeunesse bien paumée. Pourtant on assiste, au contraire, à cette méthode qui fit le succès de Sarkozy : aller chercher l'affrontement. Rappelez-vous : « Descends si t'en as le courage ! … »
La police d'aujourd'hui FAIT PEUR. On est en droit de supposer que des ordres confus autorisent les dépassements constatés dans les initiatives que prennent des policiers ;
Le fait que tout policier est assermenté condamne « le soupçonné » à être toujours coupable. Comme dans un mauvais théâtre, lors des procès, on assiste de nos jours, à de piètres jérémiades sur quelques blessures peu sérieuses qui touchent les forces de l'ordre : un doigt plié, une éraflure sur la joue ou une entorse. Ne sont-ce pas les risques du métier de policier ? Tout fait recette et prétexte à l'inculpation.
Ce système est vicié, il ne va pas s'arranger si personne ne dit rien. Ce soir je suis agréablement surprise du propos de RUE 89.
Le bon ton consiste à dire que le métier de policier est difficile. Bien sur personne ne le conteste… et puis on va pas se mettre la police à dos surtout que, quand c'est le cas, ça valse. Policier c'est un métier et, contrairement à ce que disent certains, ils savent très bien ce qu'ils font, sauf pétage de plombs .
Mais quand on voit que ça généralise il y a un blême !
je vous signale l'aventure désastreuse qui arriva au metteur en scène Suisse patrick Morh. Il subit le même type de violence, en Avignon, cet été 2008 lors d'un contrôle policier. Retrouvez son plaidoyer défendant la nécessité dans notre pays que les esprits s'élèvent contre l'aggravation, chaque jour plus importante, des violences policières.
Il a porté plainte. Mais que peut la justice aujourd'hui ? Vous le retrouvez ici :
http://reveilcitoyen.org/spip.php ? article170
à violeta
De kane85
21H51 | 19/10/2008 |
Merci d'avoir parlé de Patrick Morh. Je cherchais justement le lien.
C'est un excellent témoignage des dérapages de plus en plus fréquent de la police.
Effectivement, aujourd'hui la police fait peur et on hésite à aller leur parler pour un renseignement ou pour une aide quelconque !
Il est vrai que le métier de policier est dur mais les personnes qui l'exercent l'ont choisi.
Il est vrai qu'il y a agression et délinquance de la part de certains jeunes des cités mais est-ce une raison pour frapper à tour de bras un jeune menotté qu'il soit coupable ou pas d'ailleurs.
Si on doit raser les murs à chaque fois que l'on croise un policier de peur qu'il nous saute dessus et nous menotte à la moindre parole…
J'ai été éduquée avec l'idée que la police était là pour nous protéger… comme dit dans un post plus haut, maintenant j'en doute et aurais plutôt tendance à les éviter et ne surtout rien leur demander…
Je ne pense pas être la seule dans cette situation et c'est en cela que c'est grave. Quand les forces qui représentent l'autorité mais aussi la protection d'un pays sont vues comme quelque chose de dangereux… On est pas loin du rejet pur et simple des instances de ce pays.
à kane85
De violeta
psy | 22H19 | 19/10/2008 |
à Kane 85
c'est tout un climat qui est entretenu. La violence fait partie d'une idéologie de la défense par l'attaque. Sarkozy est resté le ministre de l'intérieur et il est pétri de ce type de rapports dans les difficultés que rencontre notre pays. C'est systématique : il « rentre dedans », je ne crois pas pourtant que ce soient des réactions enfantines .
C'est à mon sens extrêmement travaillé et est sensé apporter l'ORDRE qui contrôle les tentatives de rébellion. C'est sensé conditionner les citoyens à la peur de cette violence et donc au respect absolu jusqu'à l'obéissance, de toute force de l'ordre. Dans sa décision exprimée de rendre à la POLICE le crédit d'autorité qu'elle avait perdue, (il y a eu, à un moment, beaucoup de policiers tués) il oppose des pratiques sauvages qui ne restaurent ni le respect perdu ni l'efficience du corps professionnel. La complaisance à raidir les prestations de notre police « à l'américaine », ne fait que l'éloigner du peuple jour après jour. Mais peut-être est-ce ce que veut Sarkozy ? Les policiers-éducateurs des quartiers cela ne lui convenait pas. Les relations amicales qui humanisent ne l'intéressent pas. Ce qu'il veut c'est que l'on respecte sans moufter son AUTORITE.
Ici, Un autre témoignage :
http://isia.hautetfort.com/archive/2008/09/15/a-la-police-et-aux-citoyen…
De fru69
Dessinateur-plasticien | 21H34 | 19/10/2008 |
On dirait parfois, en lisant les certains commentaires qu'il s'agit d'une guerre où les deux camps sont à armes égales, et qu'il est de bonne guerre justement de se défouler sur ceux d'en face quand on en a choppé un. Alors évidemment que les policiers se retrouvent dans un climat de tension, sont sous pression ect…Mais cette tension qui l'a crée ? Est-ce qu'elle tombe du ciel ? La situation dans laquelle les jeunes de cité vivent (Chomage, précarité, harcellement policier orchestré pour bien faire comprendre aux gens qu'ils n'ont pas interet à se rebeller et subir leur situation sans broncher) est-elle tombée du ciel ?
Comme l'expliquent bien des sociologues comme Loïc Wacquant (Disciple de Pierre Bourdieu) dans des bouquins comme « punir les pauvres », ou « les prisons de la misère », cette situation est la conséquence directe et prévisible des politiques néo-libérales qui ont les mêmes effets partout dans le monde, et qui plongeant et maintenant des populations entières dans la précarité forcée, demandant d'être accompagnées d'un durcissement de l'appareil répressif pour éviter les révoltes sociales. Je trouve d'ailleurs nos jeunes de banlieue bien dociles au regard de ce qu'ils subissent, mais bon, ils essyent dejà de survivre au quotidien et de ne pas pêter les plombs parfois.
Donc pour revenir à cette sorte de pseudo-légimité qu'aurait la police à se venger une fois qu'elle choppe un « délinquant » présumé. Je vous demande d'imaginer la même scène avec des blancs de la classe moyenne ou un PDG qui se ferait tabasser, est-ce que cela vous choquerait plus ? Ou bien qu'un arabe ou un noir se fasse tabasser, c'est plus ou moins normal, de toute façon, ces gens là ne sentent pas la douleur, ou bien finalement ils l'ont bien cherché, n'est-ce pas ?
Imaginez également que c'est la même logique qui poussent les soldats dans les guerres à aller raser des villages de civils, violer les femmes tuer les enfants et les vieillards en représailles à des pertes dans leurs rangs (Français en Algérie, Américains au vietnam ou en Irak, Israeliens en Palestine, ou même les nazis à Oradour sur glane, toutes les armées font la même chose). C'est la même logique.
Une armée ou une police, ce n'est pas la même chose qu'une bande de jeunes d'un quartier populaire, une armée ou une police, ça représente un Etat, c'est armé, c'est organisé, ça obéit à des ordres, ça sait ce que ça fait. Ils ont beau être sous pression, ils savent ce qu'ils font, et quand ils tabassent quelqu'un en groupe comme dans la vidéo, ils le font consciemment et ils sont tous d'accord pour le faire, je ne pense pas que c'est juste comme un coup qui part tout seul par enervement, d'une ou plusieurs personnes.
A mon sens, c'est une culture de la vendeance et de la représaille qui semble normal parmis certains policiers et qui est tolérée par la hierarchie tant que cela ne se sait pas.
En tous cas, si tout le monde avait les moyens de vivre dignement, ces quartiers défavorisés n'existeraient pas et il n'y aurait pas besoin de leur mettre des armées de flics pour s'assurer qu'il restent bien tranquilles.
Et la police pourrait être utilisée pour être vraiment au service des citoyens (Dois-je rappeller que c'est un service public, payé par nos impots ? )et non au service d'un Etat lui même au service des interets économiques dominants (Et pour qui l'Etat est prêt à sortir des milliards d'un chapeau, par contre les populations qui galèrent peuvent toujours aller se faire voir, puisque si ils sont pauvres non seulement ils en servent plus à rien si ce n'est à nous parasiter, mais en plus ils l'on surement bien cherché).
Et les politiciens savent très bien ce qu'ils font. On récolte ce que l'on sème.
Mêmes causes mêmes consèquences.
à fru69
De Chabert
étudiant | 00H09 | 20/10/2008 |
hé bien voilà un article pertinent et construit. La correspondance avec les armées en temps de guerre est judicieuse. à lire aussi de Wacquant : « corps et âme »… Passionnant ; )
à fru69
De mechante langue
10H06 | 20/10/2008 |
Je voudrai vous répondre sur deux points .
Il n'y a pas de revendication sociale dans la délinquence . On ne l'a jamais constaté nulle part .
Bien au contraire ce que vous appelez l'« ultra libéralisme » ce satisfait trés bien de la délinquance . Et la délinquance a toujours été un barage contreles revendications sopciales
Et la délinquance n'a pas comme unique source des causes sociales loin de là , mais aussi culturelles , politiques et familiales. Pire il semble meme que les causes économiques et sociales n'arrivent pas en téte dans les origines de la criminalité.
à mechante langue
De caro
délinquante avérée | 12H01 | 20/10/2008 |
vous mettez sur le même plan « délinquence » et « criminalité ». Est-ce la même chose pour vous ?
Le délinquant qui vole pour manger est donc un « criminel » ? Le délinquant qui manifeste, arrêté pour « trouble à l'ordre public » ou « outrage », est donc un criminel ?
Intéressant, votre vision de la société, tout à fait en accord avec les lois actuelles de répression.
à mechante langue
De tooms4444
p'tit con | 09H30 | 21/10/2008 |
Encore un qu'a pas lu Françoise Dolto…
à fru69
De simk100
spationaute | 21H45 | 20/10/2008 |
« Comme l'expliquent bien des sociologues comme Loïc Wacquant (Disciple de Pierre Bourdieu) dans des bouquins comme “ punir les pauvres ”, ou “ les prisons de la misère ”, cette situation est la conséquence directe et prévisible des politiques néo-libérales qui ont les mêmes effets partout dans le monde, et qui plongeant et maintenant des populations »
______
LOl ça fait 20 ans et plus que les sociologues lèchent le cul de la racaille « jeunes » , culpabilisent les « français » (parce que pour les « jeunes » français = blancs) la société française, l'État (sur endetté n'en fait jamais assez)
que les sociologues aillent vivre dans la banlieue qu'ils aiment tant auprès de leurs chouchoux : quand leurs enfants se seront fait tabasser, leur femme traiter de pute si elle a le malheur de mettre une jupe un jour et qu'eux mêmes se feront « bolosser » ils seront tout content de retourner vivre dans leurs quartiers de bobos d'où ils peuvent plus facilement donner des leçons de tolérance infinie.
à simk100
De tooms4444
p'tit con | 09H38 | 21/10/2008 |
Ca t'arrange bien, j'imagine, que les gens parqués dans ces ghettos en sortent au petit matin pour nettoyer tes bureaux climatisés…
J'ai vécu 20 ans dans une cité et suis bien content d'en être sorti, en effet. Mais c'est un peu facile et sans doute très lâche de penser que les conséquences n'ont pas de cause.
Tous ce que réclament ces « jeunes » c'est un avenir. On ne leur « lèche pas le cul », on essaye d'écouter.
De Evinc
En révolte | 21H38 | 19/10/2008 |
Et dire qu » ils n » avaient même pas sifflés la Marseillaise…
De Oister
Payé à rien foutre | 21H46 | 19/10/2008 |
Il faut mettre sur pied des « copswatchers » comme aux Etats unis.
Filmez la police dès que vous le pouvez, dès qu'ils font une opération à laquelle vous assistez.
Surveillés, ils seont moins portés sur la matraque. De plus nous pourrons identifier les frappeurs plus facilement et prendre les mesures qui s'imposent.
De shibari
chargé de clientèle | 22H41 | 19/10/2008 |
Toujours et encore le même scénario ! Au final, l'enquête de l'IGS sera torpillée et l'affaire sera classée sans suite(s)…Affligeant… Attendons quand même le résultat de tout ça même si,à mon avis, l'affaire est déjà classée. Bonsoir !
De yros
23H02 | 19/10/2008 |
Dix keufs armés jusqu'aux dents tabassant un mec menotté, c'est ça la police.
Cette engeance soutenue par la politique xénophobe de leurs patrons a vraiment de quoi flipper grave, parce que la haine et la violence qu'elle suscite n'est pas près de disparaître, bien au contraire. Après autant de bavures, de dénis des droits de l'homme, il ne faut pas qu'ils s'étonnent de se faire caillasser (voire tirer dessus).
Ces crétins aux ordres, « assermentés » qu'ils disent, qui mentent comme ils respirent, vont bien trouver quelques délits d'outrages à agent pour se disculper ?
Ben tiens ! pourquoi se gêner, not » guignol en chef est bien immunisé et donc inattaquable, cela ne l'empêche pas de porter plainte contre n'importe qui et n'importe quoi !
Enfin, même rue89, dès que je croise une meute de ce genre de cowboys, je change de trottoir.
De ganima
chomeur de longue durée furtur trav... | 23H28 | 19/10/2008 |
bonsoir,
Ceux qui sont septiques devant un tel article c'est qu'ils ne connaissent pas leurs police.
malheureusement c'est money courante en france ce genre de comportement dans tous les corps de métier on se serre les coudes pour cacher la vérité.
et spécialement dans la police, ils mentent ils maquillent la vérité, ils passent à tabac en toute impunité même des femmes, et cela n'est pas nouveau !
quand les suppects sont menotés ils les tapent disent ils pour leurs bien pour les empècher de se faire du mal à eux même !
je suis temoin, pour l'avoir vécu une fois dans ma vie !
sacrée expèrience je sais aujourd'hui que des policiers sont tout aussi dangeureux et malhonnètes que ceux qu'ils sont censés arréter.
et que le problème s'aggrave de mois en mois mais qu'il n'est pas nouveau.
quand on pense que des civils travaillent dans la police et ont accés au information sur messieurs et mes dames tout le monde.
on peut s'autoriser à penser bien des choses dont une que vont faire des personnes qui se prennent pour des policiers avec ces informations quand on voit les modèles qu'ils peuvent avoir ?
?
salut
De N.MARECHAL
23H59 | 19/10/2008 |
l'IGS est saisie, c'est déjà une bonne chose.
Dans cette affaire, je pense à ce petit garçon, témoin de cette scène que tout le monde oubliera très vite.
Mais lui, le petit garcon ne l'oubliera jamais ! ! !
Pour le reste on peut dire merci Sarko, la police a peur, les habitants ont peurs, tout le monde a peur.
Et quand on a peur, on ne controle plus rien.
De Chad
00H53 | 20/10/2008 |
Les policiers auraient tort de se gêner. Ils ne sont pratiquement jamais condamnés quelles que soient les preuves apportées par les personnes molestées. Et dès qu'il y a violence (je n'aime pas ce terme de bavure, pourquoi ne dit-on pas il y a eu une bavure d'un jeune face à un policier quand il l'a caillassé), le policier parle à chaque fois d'outrage et rebellion, ce qui permet en plus d'obtenir une somme d'argent en dédommagement. Quand à la police des polices, ça m'a toujours fait rire (jaune) de laisser croire que la justice puisse être sereine quand elle est à la fois juge et partie.
Brassens pourrait-il encore chanter « Hécatombe » ?
« moi, j'bichais car je les adore…sous la forme de macchabé »
Ces violences policières qui se terminent parfois par la mort sont à gerber.
Les policiers ne devraient pas être au-dessus des lois.