Cher Abdou,
Je ne vais plus mentir. Chaque fois que nous discutons au téléphone, tu entends les mêmes excuses : « J'ai beaucoup de travail », te dis-je, alors que tu pointes la rareté de nos contacts. Ou bien : « Les appels vers l'étranger coûtent cher. » Pour être honnête avec toi et avec moi-même, il n'en est rien. Je ne suis pas des plus laborieux, ou alors je consacre mon temps à le devenir. Mon pouvoir d'achat n'est pas non plus en berne. Mais ici, vois-tu, nous adoptons volontiers cette posture.
Mi-héros, mi-victimes. Histoire de flatter notre ego et de nous délester de nos faiblesses. Vous, les Africains, vous êtes fatalistes. Quand la tristesse vous gagne, vous répondez : « Ça va un peu. » Mais en eussiez-vous l'opportunité, vous vous garderiez bien –superstition ? – de dire que tout va pour le mieux.
Nos différences culturelles, tu les connais. Elles transpirent de nos corps et de nos discours. Jusqu'à aujourd'hui, je négligeais l'un de nos points communs et pas des moindres : le chômage. Plutôt : l'énergie déployée à se forger un destin. La comparaison, à ce niveau, s'arrête là.
Salarié et bénéficiaire de l'allocation de demandeur d'emploi, je suis un mystère pour de nombreux Français. Pas pour ceux qui, comme moi, pigistes, intermittents, saisonniers, intérimaires de tous poils, professionnels en marge des bassins d'emplois, pratiquent à la rame une discipline digne de l'Olympisme : garder la flamme, en évitant les portes coupe-feu. Tu sais : celles qui ne laissent pas le temps de glisser un pied dans l'entrebâillement.
On nous appelle « précaires », un mot qui cache, derrière ses accents de galère domestique, un amour pour le travail. Un acharnement à combler des vides, laissés par des activités pointillistes sur cette toile de fond qu'est l'existence. De mes temps libres, parfois moins inertes que les autres, je m'accommode aussi, quitte à passer pour un pestiféré en cette ère de méfiance collective. Je n'ai pas à me plaindre. Je refuse la fatalité. Il m'arrive de penser que je suis le plus heureux des hommes. L'ego peut-être…
Toi, je sens que ton moral décline. Joindre les deux bouts est une gageure depuis que le prix du kilo de riz s'est envolé. Votre fameux « système D », cette agence d'intérim sans guichetier, doit être mis à rude épreuve.
Tu me dis que tu ne travailles pas. Par chez toi, je me souviens que ça se bouscule pour vendre aux touristes quelques soupçons d'exotisme. Car Dionewar n'est pas Gorée. Le Sine Saloum est une merveilleuse enclave. Aussi dépaysante qu'isolée. Une demi-journée de piste et de mer depuis Dakar. Si je t'envie la mangrove, les pirogues et les fêtes de village, je te donnerai bien un peu de mes infrastructures, tout ce que les Anglo-Saxons appellent « facilities »… Mais n'est-ce pas à ton gouvernement aussi de se soucier de ses lointaines provinces ?
Quant à la pêche, ce que vos mains de Sérères ont toujours su faire, tu ne sembles plus compter dessus. Tu n'as pas besoin de statistiques pour constater l'épuisement de vos réserves halieutiques. Jadis abondantes en poissons, les côtes sénégalaises sont pillées à échelle industrielle par des bateaux battant pavillons étrangers. Là encore, les répercussions sur le coût de vos vies sont prégnantes. Alors le village, la famille, se serrent les coudes. Excuse-moi, j'aurais du commencer par là : comment va la famille ?
Chez nous, on a beau être unis dans la réussite, c'est seul qu'on se prend des vestes, qu'on doute, qu'on se motive. De savoir qu'on n'a pas besoin de moi me bloque, me fait peur. On ne se jette pas à l'eau comme ça. Toi, tu n'as pas hésité à braver toute l'eau qui nous sépare. Quand ton esquif a échoué au Maroc, le village a pleuré tes compagnons défunts. Par deux fois, tu as dis adieu à ta famille, encore endolorie par la mort de ton frère, il y a quelques années, à Las Palmas. Tu connais dorénavant le danger. Tu m'as dit que tu ne le referais plus. J'aime à te croire. Mais je serais hypocrite à dire ce que j'aurais fait dans ton cas.
A écouter Nicolas Sarkozy, mon Président (ma rigueur scientifique m'impose d'appeler un chat, un chat), il faut choisir unilatéralement les immigrés en fonction de leur profession. Le tien, Abdoulaye Wade, prône plutôt une concertation entre le pays d'origine et le pays d'accueil. Dans les deux cas, j'en ai l'intime conviction, tu ne ferais pas partie des élus. Dans ton pays, les candidats à l'immigration sont trop nombreux et dans mon pays les places sont chères. Les clandestins sont régularisés en très faibles proportions, qu'ils travaillent ou pas.
Attirés par les sirènes zapateristes, vous vous tournez vers l'Espagne. Sa politique conciliante ne résistera pas longtemps à la « directive retour » votée par l'Union européenne en juin. Abdou, sais-tu vraiment quelle est la vie d'un travailleur clandestin en Europe avant que ses démarches n'aboutissent ? Vois-tu les actions que mettent en œuvre les sans-papiers de nos villes pour exister ? Si je te raconte les tracas d'un privilégié à Paris, c'est aussi pour que tu comprennes que là n'est pas l'eldorado que tu crois. Faut-il se voir périr pour s'en convaincre ?
Tout comme j'éprouverais beaucoup de peine à te savoir mort, l'Afrique, tu le sais, ne pourra supporter longtemps ce drame humain. « Rentrée dans l'Histoire » il y a longtemps, elle ne pourra pas non plus vivre éternellement sous perfusion. Elle devra s'émanciper, devenir performante et pleinement décisionnaire. Comment peut-elle parvenir à cet objectif ? Celui qui détient la solution a en main vos destins.
Ce que je sais, c'est que c'est à cette génération, la tienne et la mienne, que revient le devoir de la trouver. Dans 40 ans, nous serons 9 milliards. Les lignes auront bougé. Nous ne parviendrons pas à déloger les origines de la crise. Les gouvernements européens n'auront cessé, dans le même temps, de déloger tes frères.
Si nous ne nous battons pas, je continuerais à te dire que je n'ai pas le temps et tu continueras à m'en demander. L'avenir commence donc par de longues conversations au téléphone. Sans se raconter d'histoires !

























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De Shix
Madteam since 2010 | 13H06 | 17/10/2008 |
Témoignage amer et peut être soucieux d'apporter de l'espérance.
Le fond du message est à porter à chacune de nos conscience hypocrite : arrêtons de nous chercher des excuses et prenons en main ce qui nous revient.
à Shix
De richelieu94
14H48 | 17/10/2008 |
ce qui ne veut rien dire
à richelieu94
De anti_cons
16H17 | 17/10/2008 |
haha
à Shix
De nada
16H47 | 17/10/2008 |
Oui ! et condamnons devant un tribunal tout ces dégueulasses qui spéculent sur le prix du blé, du mais, etc…. il s'agit d'un crime contre l'humanité, ni plus ni moins ! ! ! comment peut on vivre sachant qu'une partie des êtres de ce monde est délaissée aux profits des banques, de ces immondes personnes qui recommenceront ad vitam eternam ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !
à nada
De derjoschi
Etudiant | 18H17 | 17/10/2008 |
et oui t'as raison… toute ces speculations c'est de la merde !
à nada
De richelieu94
08H42 | 20/10/2008 |
non… il ne s'agit pas d'un crime… ni contre l'humanité ni contre rien du tout.. la justiciabilité du droit à l'alimentation a toujour été bloquée (notamment par les très écolo canada, norvège, nouvelle zélande)… et quand bien même un tel droit signifierait une remise en question des circuits et du paysage mondial de l'agroalimentaire… ce que personne ne veut à droite, ni à gauche (y compris les plus à gauche malgrès les dicours)… ce droit (juste et indispensable) mettrait à la porte des entreprises des dizaines de milliers de salariés en europe et excluerait durablement les ONG de ce juteux marché … et ça « c'est plus important » que la souveraineté alimentaire…
De Infovite
Plébéien. | 13H36 | 17/10/2008 |
Une lettre d'un « pair sans » emploi qui fait que loin… très loin d'être des étrangers ; nous sommes des frères d'infortune mais riches des combats à venir pour notre avenir commun !
http://info-espress.over-blog.com/
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H05 | 17/10/2008 |
Hier, Daniel Mermet a épinglé Martin Bouygues dans son émission « Là bas, si j'y suis ». Témoignages audio à l'appui, il a montré le grand nombre de précaires sans papiers qu'il y avait sur ses chantiers. Demandé au téléphone par la journaliste de l'émission, ni le RH, ni Bouygues n'ont voulu répondre à France Inter.
Je n'ai pas retenu les chiffres du délégué CGT sur le nombre de sans papiers, mais c'était édifiant… !
Témoignage émouvant d'un intérimaire sans papiers qui travaille sur les chantiers de Bouygues quand on lui demande ce qu'il fait quand il ne travaille pas. Il répond : « J'évite de sortir…avec les contrôles… ».
http://phil195829.overblog.com
à Phil2922
De Mr_Quiconque
16H51 | 17/10/2008 |
Le(s) lien(s) vers cette (ces) émission(s) afin que chacun puisse se faire son idée est un petit plus pouvant s'avérer utile (afin que nous puissions écouter directement la parole de ces travailleurs sans papiers plutôt que celle de leur porte-parole) :
Leurs bras nous sont soumis :
http://www.la-bas.org/article.php3 ? id_article=1522
Leurs bras nous sont acquis :
http://www.la-bas.org/article.php3 ? id_article=1523
« Cette main d'œuvre étrangère est une main d'œuvre que j'aime beaucoup, parce qu'il y a vingt ans que je travaille avec une majorité d'étrangers, donc je les connais bien.
Les étrangers sont des gens qui ont beaucoup de qualités, et ils ont une qualité fondamentale pour moi employeur, c'est qu'ils viennent chez nous pour travailler. […] Alors, ça c'est à leur actif, mais par contre, ils ne parlent pas notre langue, ils ne sont pas tellement qualifiés et puis ils viennent avec une idée en tête, c'est d'amasser un pécule et de nous quitter quand ils auront amassé un pécule suffisant. » Ainsi s'exprimait Francis Bouygues en 1970.
De beerootfr
rentier baroudeur | 14H12 | 17/10/2008 |
Je vis au Sénégal plusieurs mois par an depuis plusieurs années.
La réfexion que m'inspire cet article est qu'il s'agit (peut être)d'une lettre d'un précaire, mais un précaire intellectuel, à son ami sénégalais, mais sénégalais intellectuel.
… ou d'une lettre à un autre précaire intellectuel non sénégalais.
Mais elle ne peut pas être comprise par les non intellectuels, qu'ils soient français ou sénégalais.
Je ne dois pas en être un moi même, d'intellectuel : je n'ai rien retenu de la « substantifique moëlle » du message que vous avez voulu faire passer quand je suis arrivé au bout de la lecture de l'article.
Il faudrait songer à faire candidature pour remplacer Gua(i)no
à beerootfr
De richelieu94
14H45 | 17/10/2008 |
entièrement d'accord… ya du guaino.. de la bonne volonté, de la condescendance, de la naiveté et de l'intelligence aussi… il a l'air sympa ce gars… mais c'est comme RUE89 en ce moment on voit pas bien sur quoi ça repose et où ça va …. bien à vous
à beerootfr
De RETRO
artiste guitariste/chanteur/travell... | 07H36 | 18/10/2008 |
je traine mon vieux bahut,mes klebars et ma guitar dans ces coins la dpuis 5ans,et si tu est aussi baroudeur que ça,tu doit comprendre le texte,ça fais des années que je rabache le meme discours a mes potes qui vont se crever en mer (pour le prix d'un petit commerce)direction las palmas,ou lanzarotte,afin DE JOUIR DE LA VIE SUPER DES CLANDESTIN DE FRANCE(ce sont les passeur qui distillent les fantasmagories sur le continent europeen,aux africains).
on m'a dit un jour(de vent a TANTAN)« en france ya des magazins qui on une sonnette quand elle tintinabulent,les gens remplissent leurs caddies GRATOS ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! “et j'ai eut un putains de mal a leurs prouver l'inverse.elle sert a sa cette lettre a dire et redire partager du temps et des mots,pour jouir de nos frere partout dans le monde ; retro
à RETRO
De richelieu94
08H47 | 20/10/2008 |
ouais.. et on courera dans les champs de coquelicots, on mangera des champignons et la vie sera belle, car on est entre frêres.. super… mais je vois pas où ça mène.. et quand bien même si un mec veut passer, ni la mort, ni une réalité « non fantasmagorique » ne l'arrêtera.. de plus, plus ces pays se « développeront », plus il y a aura de candidats à l'émmmigration.
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 15H20 | 17/10/2008 |
Je ne sais pas qui est votre ami sénégalais, mais ce dont je suis pratiquement sur c'est que sa première réaction après cette lecture risque certainement de se résumer à un grand éclat de rire.
Excusez-moi mais l'impression immédiate que m'a donné ce texte est de réentendre du Finkielkraut décrivant les banlieues ou du Zemmour parlant de l'Afrique, deux grands esprits de la pensée « par la télévision », dans la droite-ligne de l'idéologie du « co-développement » façon Hortefeux. Et si je vous dis cela c'est que ce texte commence par être parsemé de petites phrases malsaines : « Vous, les Africains, vous êtes fatalistes. », « de déloger tes frères. ». Revoilà, l'Homme africain que l'on ressucite, lui et ses frères, la ligne de séparation chez vous est donc d'entrée de jeu non plus fondée sur les conditions matérielles d'existence mais sur de pures notions abstraites (« L'Afrique et L'africain »), de la pensée binaire au manichéisme il n'y a qu'un pas. Et l'intervenant précédent a bien raison de vous en renvoyer à Guaino.
D'autant plus que l'on y retrouve une foule de stéréotypes pour l'agrémenter, en particulier :
« Tu me dis que tu ne travailles pas. Par chez toi, je me souviens que ça se bouscule pour vendre aux touristes quelques soupçons d'exotisme. »
Pour en arriver à si profonde analyse de la situation africaine, je suppose que vous avez du passer énormément de temps dans les campagnes pour ne pas voir partout des gens qui se lèves aux aurores pour aller travailler les champs du matin au soir, des vieillards et des femmes qui se déplacent avachis sous le bois des branches bien après l'âge de la « retraite », des enfants qui travaillent dès le plus jeune âge au point d'être déscolarisés, tant que ça pour des gens qui ne « travaillent pas ». A moins que vous vous soyez contentés d'observer ce qui se passe autour des grands hôtels, et de toute la misère qu'attire les plus désespérés en tout genre.
Ca ne serait peut-être pas aussi flagrant si on y trouvait un « tu » systématiquement à la place d'un « vous » dont on se demande bien d'où il sort :
« Quand la tristesse “ vous ”( ? ) gagne, “ vous ”( ? ) répondez : “ Ça va un peu. ” Mais en eussiez-vous l'opportunité, “ vous ”( ? ) vous garderiez bien –superstition ? – de dire que tout va pour le mieux. »
Qui est ce vous ?
Parce que mon expérience me ferait bien au contraire dire l'exact opposé de cette phrase. Ici, il suffira à certain qu'on égratine leur voiture pour que ce soit la fin du monde, dans d'autres endroit savoir que l'on aura simplement de quoi se nourrir permettra souvent d'avoir l'esprit tranquille.
D'où l'impression que j'en tire que cette lettre n'est pas fondamentalement adressée à un sénégalais mais avant tout à vous même et à un lectorat conforté dans ses propres stéréotypes.
Vous parlez des « sans-papiers » en France comme s'il s'agissait d'un comportement généralisable à tout africain, alors que non seulement parmis les africains ceux qui font le choix de l'exil, relativement à la population résidente en Afrique, sont rare, mais plus encore, ceux qui choisissent la France, comme le montre les chiffres de l'Ofpra(lien) sont en baisse régulière.
Et puis après tout, il n'est pas obligé d'en rire, il peut aussi par exemple vous répondre ça :
»Lettre ouverte à ceux qui se sont contentés de naître »
à Weatherboy
De Gaël Lombart
(auteur)
Journaliste | 17H56 | 17/10/2008 |
Bonjour,
Exprimer des préjugés, c'est une critique que vous pouvez adresser à mon texte, c'est aussi la plus évidente.
Je suis pétri de préjugés. Comme vous… Je ne les aurais mis autant en valeur si je ne les assumais pas. Quand deux hommes qui n'ont pas la même vie se parlent, les clichés ressortent souvent. C'est avec la discussion qu'on affine le regard que l'on peut porter sur l'autre. Abdou est une personne unique avec ses lacunes. J'ai mes lacunes. On ne parle pas entre experts.
Finkielkraut, Zemmour, Guaino, je n'ai rien à voir avec ces gens-là. Le conseiller de Sarkozy, c'est « l'Afrique n'est pas entrée dans l'Histoire ». Je dis « elle est entrée dans l'Histoire il y a longtemps ». Je demande à Abdou d'en être certain. Et c'est vous, pas moi, qui parlez de l'Homme africain…
Ne prenez pas cette lettre pour une morale applicable à chacun. C'est simplement un début d'échange nouveau entre deux personnes…
Si cette missive ne vous parle pas, c'est aussi que vous n'êtes pas lui.
à Gaël Lombart
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 18H32 | 17/10/2008 |
Bonjour,
Effectivement je ne suis pas Abdou (je précise, au cas où…) et soyons d'accord que seul lui serait à même d'en juger. Je n'ai rien à rajouter à votre second paragraphe avec lequel je suis entièrement d'accord.
Peut-être la forme de l'échange (privé rendu public sur un média) vous a conduit alors à passer à certains moments d'une situation individuelle à une généralité, de la personne unique au ton d » « expert » comme vous dîtes, sur un terrain où il n'y en a pas (hors ceux auto-proclamés sus-cités), malgré vous alors, et c'est bien ce qui m'a sauté aux yeux quand j'ai lu le texte (par exemple le passage du « tu » au « vous » m'a surpris pour une correspondance privée, ou le « superstition ? », au lieu de « tu es superstitieux ? » par exemple). La reconnaissance de nos imperfections est ce qui nous rend humain.
En tout cas merci pour la réponse et les explications
à Gaël Lombart
De loux
11H48 | 18/10/2008 |
Vous connaissez visiblement bien le Sénégal. Une seule erreur importante à corriger : la surpêche et la disparition des réserves halieutiques n'est pas le fait des méchants espagnols ou chinois mais d'une pêche artisanale qui a surexploité les côtes : 90% de la pêche est réalisée par 13.000 pirogues !
à loux
De richelieu94
08H54 | 20/10/2008 |
en même temps ils n'ont pas eu le choix… depuis 30 ans, il ya aurait du avoir une politique d'incitation à la restructuration des flottes, une limitation de la vente des droits de pêche aux nations étrangères, une valorisation des activités de transformation… ; non, depuis 30 ans une articulation(Migration-transferts, aide-bureaucratie-ONG, investissements-tourisme)… c'est pas top pour qu'un pays puisse évoluer à sa sauce sur des bases saines.. donc faire le procés des pécheurs sénégalais c'est dire aux pauvres « crever de faim mais ne vous attaquer pas à la nature »… par contre les français sont heureux d'acheter du poisson sénégalais à carrefour , intermarché, bref ces chaines qui arment des flottes, pêchent là bas, transforment sur des navires usines et vendent ici….
à loux
De verseau974
19H56 | 21/10/2008 |
Je me demande comment 13000 pirogues à rames et à voile peuvent pecher 90% des ressources halieutiques. surtout que ces mêmes ressources se trouvent en haute mer, à la limite des eaux teritoriales sénégalaises d'une part , et que la pêche se pratique avec des filets génats , ongs de plusieurs kilomètres…Avez vous une idée du poids d'un de ces filets ?
je vous invite à regarder « Planete Thalassa, National Géographic Channel ou encore Ushuaia TV ».
Ces bateaux sous pavillon non sénégalais, nous en voyons remonter le canal de Mozambique pour certains, ou embouquer l'entrée de Gibraltar pour d'autres.
Posez donc la question suivante : d'où viennent les poissons que vous achetez en grande surface ? A part les « panés “ bien sur ! ! ! !
Cordialement
à Weatherboy
De Roland Petitevarlope
La moutarde me monte au nez | 19H11 | 17/10/2008 |
ça fait plaisir, merci. Marre (même s'ils sont de bonne foi et avec un cœur gros comme ça)des gentils membres d'ONG « maisons » qui passent leurs vacances à Saly, Joal ou Cap Skirring et vont visiter la brousse en calèche ou pire en engins pétaradants. Ils vont construire des toilettes dans les villages et sont étonnés qu'à leur retour, elles soient transformées en rangement pour les outils, construire des écoles en parpaing et tôle au lieu de banco etc.. (j'ai des dizaines d'exemples encore pire). C'est tellement plus facile d'aller faire sa bonne action que de demander aux populations locales leurs besoins (et pas aux politiques). Et tout ça avec l'argent des contribuables par l'intermédiaire des subventions européennes, conseils régionaux, départementaux, mairies accordées par des fonctionnaires et politiques qui n'y connaissent rien. Je suis bien évidemment POUR ces subventions, mais elles doivent être attribuées à de vrais projets puis contrôlées.
à Roland Petitevarlope
De richelieu94
09H07 | 20/10/2008 |
et les actions réalisées uniquement par des sénégalais… les ONG dans leur bonne volonté ne se rendent même pas compte qu'elles sont les jouets des grands argentiers et manitous de l'ultralibéralisme… le marché s'autorégule et pousse la développement…oui mais les failles du développement ? les ONG sont là pour y remédier… oui mais de quoi vivent les ONG ? de dons de grandes entreprises ultralibérale, de l'investissement de leurs fonds propres en bourse, du charity buisness en occident… oui mais comment se fait il que les gens ne le voient pas ? parce qu'il ya des millions de petits gars blancs un peu paumés qui ne trouvant pas de « sens à leur vie », sont heureux de venir passer 6 mois, un an ou deux ans sur place, coryant qu'ils sont utiles… mais il ne voient rien ? non, les discours sdont bien rodées, et puis il suffit de les entourre de trois blacks, de leur faire une fête de village et de leur coller deux-trois marmots dans le bras,de dire « interculuralité » et « solidaire » pour qu'ils soient persuadés du bien fondé de leurs actions.. et si ca ne suffit pas et qu'on les place devant l'absurdité de leurs actions, ils diront « ouais, mais y en marre des disours, il faut agir “ (tiens c'est ce que dit la Banque Mondiale à chaque fois qu'elle lance une politiqiue d'incitation…. le serpent se mordrait il la queue ? ? ?
à richelieu94
De Gaël Lombart
(auteur)
Journaliste | 09H57 | 20/10/2008 |
C'est beau. J'aimerais comme vous tout connaître de tout. On vous parle relation d'amitié, vous répondez ONG, multinationales, etc. Ce doit être difficile, non, de vivre avec une conscience exacerbée comme la vôtre ? Nous sommes dans la caverne, montrez-nous la lumière !
à Gaël Lombart
De richelieu94
11H24 | 20/10/2008 |
ce post ne s'adressait pas à vous mais au précédent, qui évoqué la place des ONG dans la région… j'ai dit ce que je pensais de votre lettre : elle est gentille, polie, sympa et je souhaite que vous en ayez plein comme ça avec votre pote (qui lui même a l'air d'avoir des préoccupations intéressantes)… ensuite, je reconnais le courrou du journaliste offensé (pensiez vous avoir un prix avec une telle réflexion ? )… pas de blem, mais souffrez, Monsieur, que l'on n'accorde que peu de crédit à vos écrits, vu que que la vision de l'Afrique par RUE89 est devenue plus que discutable…. dans quelques temps vous rejoindrez le cortège des pleureuses afropessimistes où vous pourrez échnager avec Guaino, Hortefeux et les altermondialistes lobotomisés au pamphlet et peu familliarisés avec les problématqiues profondes du mal développement… bien à vous sincèrement
à richelieu94
De Gaël Lombart
(auteur)
Journaliste | 09H58 | 21/10/2008 |
Vraiment, je tiens à vous rassurer, il en faut plus pour me courroucer et je n'étais pas à la recherche d'un prix en envoyant ce texte à Rue89 (mais où allez-vous chercher tout ça ? ). Non, ce que je vous dis n'est pas autocentré, je ris simplement de votre propension à avoir un avis sur tout sans jamais apporter de solution au « mal développement » comme vous dites. Quant à ce besoin permanent de placer un discours dans la lignée d'un personnel politique, il témoigne d'un manque d'arguments évident. Pardonnez-moi, mais chacun ses références…
De Pierrot287
15H17 | 17/10/2008 |
Un précaire, ça baisse l'échine, un précaire ça ne conteste pas, un précaire ça ne manifeste pas, un précaire ça ne fait pas la grève, un précaire ça ferme sa gueule !
Bravo Sarkô, beau boulot, tout est tranquille en Sarkozie, on peut flatter, et gâter les riches….
Jaurès, revient vite, y a vachement de boulot ici, tout est à refaire …
à Pierrot287
De Mr_Quiconque
21H59 | 17/10/2008 |
Attention de ne pas trop généraliser abusivement :
« Un précaire, ça baisse l'échine ».
Je suis précaire et je sais qu'un précaire n'a pas peur de perdre son emploi. D'avoir des contrats renouvelés toutes les 2 ou 3 semaines ça aide à s'habituer à perdre son poste toutes les 2 ou 3 semaines pour en trouver un ailleurs.
« un précaire ça ne conteste pas ».
Quand certaines conditions de travail ou certaines personnes de l'entreprise utilisatrice nous tapent sur les nerfs, pour la raison citée précédemment on peut contester. C'est vrai que dans ce cas on sera le premier a dégager, contrairement à un embauché qui ne sera pas licencié pour ce motif.
Mais on peut claquer la porte et croyez-moi ça arrive. Le problème est qu'après notre départ les conditions que l'ont a quittées ne s'arrangent pour le remplaçant parce qu'il y a toujours un autre précaire pour prendre la place. Là est le problème quand les employeurs ont à disposition un stock « inépuisable » qui ne demande qu'à travailler.
« un précaire ça ne manifeste pas ».
Certains précaires ont une conscience de classe ou tout du moins une forme de conscience sociale et peuvent se joindre à d'autres revendications quand il n'apprécie pas certaines réformes.
Je ne vois pas ce qui empêche un précaire de se joindre au personnel des hopitaux par exemple pour les soutenir lorsqu'ils manifestent.
« un précaire ça ferme sa gueule ».
Non, pour certaines raisons précédentes.
Vous faites un gros amalgame à l'aide de préjugés, reprenez-vous, laissez tomber ces préjugés qui ne sont qu'un voile troublant le jugement.
Il me semble que les ouvriers, les précaires, les intermittents, les fonctionnaires, les sans-papiers manifestent et ouvrent leur gueule.
Bravo surtout au courage des précaires sans-papiers qui devrait avoir toute notre estime. Ils manifestent aussi même si leur lutte n'est pas assez répercutée dans les médias des marchands de béton, de canons et patrons du CAC40…et pour cause, ce sont eux qui les exploitent et qui s'en servent pour exercer une pression à la baisse sur les salaires de tous les autres.
Les manifestants ne sont certes pas assez nombreux, si nous perdons tous du terrain concernant les acquis sociaux c'est aussi parce que nous ne sommes pas assez à manifester dans la rue. Nous ne sommes pas assez solidaires les uns des autres. C'est avant tout cela qui mine nos acquis sociaux, nous ne nous serrons hélas pas assez les coudes, la meilleure preuve est que vous venez de stigmatiser (durement) le précaire. Le pouvoir l'a bien compris, fabriquer des motifs pour que nous nous stigmatisions les uns les autres, diviser pour mieux régner. Votre intervention en est la parfaite illustration ainsi que les votes qui approuvent votre propos.
C'est triste de s'en prendre à des victimes d'un système inéquitable et à 2 vitesses plutôt qu'aux organisateurs de cette désintégration sociale.
Il n'y a que la présence physique dans la rue qui peut mettre en échec le politique qui lui n'est maitre que de la joute oratoire.
Les précaires sans papiers ne déméritent pas, loin de là. Ils ne courbent pas l'échine, pas encore. Peut être que les précaires sans papiers aimeraient vous voir dans leurs manifs, fraternellement, vous qui n'êtes pas sans papiers et ne craignez pas d'avoir les flics au cul sur délit de faciès.
Je ne vous jette pas la pierre, moi aussi je suis trop souvent absent sur le terrain de ces luttes mais au moins je ne m'en réjouis pas.
Par contre on n'entend pas souvent les salariés du privé. Si ? ; )
De PANCH
Cadre | 15H45 | 17/10/2008 |
Beaucoup de riverains souhaiteraient pouvoir descendre dans la rue (la vrai - même si l'on est très bien sur R89) pour exprimer leur mécontentement. On s'en rend compte jour après jour en lisant nos posts… Et la frustration monte car les syndicats sont mattés et les partis d'opposition à la déroute.
Il serait vraiment bien que vous ouvriez un espace du type : « descendons dans la rue » afin que les riverains (qui participent de part leur commentaires au dynamisme du site) puissent définir les modalités d'un rassemeblement d'envergure, calme, pacifique mais déterminé.
L'IDEE EST LANCEE. A RUE 89 DE JOUER.
CA URGE…. MOBILISONS NOUS…
ECRIRE SUR CES PAGES NE SUFFIT PAS…
à PANCH
De marie 75
3563
15H51 | 17/10/2008 |
j'avais réclamé une R89 sociale …
C'est kif-kif…
Mais no news …
Ca doit coincer au niveau des actionnaires.
à marie 75
De kiki21120
sans emploi | 05H35 | 18/10/2008 |
@ Marie 75
OK une RUE89 sociale mais pluraliste, sinon il y aurai réduction des opinions émises et risque de désintérêt d'une part des riverains
à PANCH
De kiki21120
sans emploi | 05H26 | 18/10/2008 |
ils y a beaucoup d'organisations dans lesquelles chacun peut militer.
Je ne pense pas que demander à RUE89 d'organiser la rébellion contre les injustices du système soit une bonne idée.
RUE89 est un journal où les articles sont très souvent intéressant. Il ne faut pas qu'il fasse l'erreur de Politis avec son appel qui divise plus encore la gauche radicale.
pour en revenir à l'article, je trouve qu'il ressemble à certain spots télévisés servant à dissuader l'émigration des jeunes africains de leur pays.