a debattre 17/10/2008 à 12h24

Du microcrédit à Paris pour financer vos projets, pas vos problèmes

Benoît Granger | Chercheur en microfinance

La mairie de Paris vient de mettre sur son site un texte de présentation du microcrédit qui est proposé par le Crédit Municipal aux personnes « exclues du crédit bancaire classique ».

Le prêt lui-même est fait dans des conditions exceptionnelles : 300 à 3 000 euros pour six à trente-six mois, et 4% de taux d’intérêt tout compris : à comparer aux intérêts que les sociétés de crédit à la consommation peuvent facturer aujourd’hui pour les petits prêts ! Voir les taux-plafonds : 9,77% pour des prêts personnels de plus de 1 500 euros, mais 21% au troisième trimestre 2008 pour un prêt de moins de 1500€).

Pas fait pour les « restructurations de dettes »

Mais tout n’est pas si simple. Ce microcrédit est fait pour financer « des projets ». Non pas des créations d’entreprises (il existe l’Adie et France initiative dans ce domaine), mais des projets liés à la vie quotidienne ; notamment à la recherche d’emploi. Par exemple acheter un scooter ou financer son permis de conduire pour prendre un nouvel emploi fait typiquement partie des critères. Les promoteurs insistent sur le fait que le microcrédit personnel n’est pas fait pour les « restructurations de dettes » (encore que…).

Ce crédit est destiné avant tout aux personnes en grande difficulté, car il n’a pas pour vocation de concurrencer les banques. C’est pourquoi les emprunteurs peuvent bénéficier d’un accompagnement social. Plusieurs associations sont déjà impliquées, comme Cresus, spécialisée dans la prévention du surendettement ; Habitat et Humanisme qui, depuis une quinzaine d’années, finance des logements pour les plus démunis, et d’autres.

Au Mont de piété, pas que des prêts sur gage…

Le Crédit municipal est à Paris la banque leader de cette opération. C’est logique car le bon vieux « Mont de piété » est une banque sociale, sans but lucratif, qui appartient à la Ville de Paris. Si la formule du microcrédit personnel ne vous convient pas, vous pouvez regarder de près les autres produits du Crédit municipal. Il est surtout connu pour ses prêts sur gage, mais il pratique aussi les « restructurations de dettes » (hors ce programme spécifique) dans des conditions beaucoup plus loyales et supportables que les officines qui font paraître des annonces dans les journaux gratuits.

Ce microcrédit personnel annoncé à Paris est le lent développement d’une opération lancée depuis plusieurs années à parti du Fond de cohésion sociale, qui est géré par la Caisse des dépôts pour le compte de l’État. Il a été testé dans de nombreux départements, avant de connaitre une extension progressive, à Paris et ailleurs. Mais c’est lent, lourd et couteux. Voir le rapport de l’Agence nouvelle pour les solidarités actives, créée par Martin Hirsch, sur le développement de cette formule.

Mais c’est une alternative aux risques de surendettement crées par l’offre des sociétés financières spécialisées qui, souvent à leur corps défendant, sont présentes dans la plupart des dossiers de surendettement traités par la Banque de France.

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  • Benoît Granger
    Benoît Granger
    Auteur(e) de l'article Chercheur en microfinance
    • Posté à 16h17 le 17/10/2008
    • Expert 1916
      Chercheur en microfinance

    Belle anecdote ! Mais il s’agit bien de microcrédit professionnel, pour produire des choses et les vendre... et donc s’enrichir, au mieux !

    Sur la microfinance au Sud, la meilleure source est le site

    Lien

    largement alimenté par les filiales de la Banque mondiale.

  • Humain
    • Posté à 15h41 le 17/10/2008
    • Internaute 21387

    Entre chez « ma tante » et les crédits révolving de type Sofinco, Cofidis et autres arnaqueurs, je pense que les ménages Français ont des cheveux gris à se faire !

    Les nouveaux « subprime » ce sont les crédits révolving !

    Et les surendettements qui vont avec ... !

    • marie 75
      marie 75 répond à Humain
      • Posté à 17h38 le 17/10/2008
      • Internaute 3563

      au crédit municipal ... les queues s’allongent ! ! ! ! ! ! !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 16h28 le 17/10/2008
    • Internaute 33755

    S’il n’est pas possible de créer une entreprise avec ce « micro-crédit » alors ce n’est pas un micro-crédit car originellement le micro-crédit sert à financer les initiatives entrepreneuriales. C’est tout juste une alloc’ de plus.

    @ Benoit Granger
    Ce qu’il serait intéressant de voir est si la philosophie du micro-crédit tel qu’imaginé par Muhammad Yunus est appliquée dans ce cadre, à savoir une responsabilité forte du prêteur. Sont-ils, emprunteurs et prêteurs, main dans la main ? Ont-ils le même objectif, c’est-à-dire que l’emprunteur réussisse dans son « financement de projet », autrement dit, le banquier est-il responsable autant de la réussite que de l’échec (responsabilité jugé par son employeur, directeur de banque) ? Merci

    • Benoît Granger
      Benoît Granger répond à A déménagé le 25 octobre
      Auteur(e) de l'article Chercheur en microfinance
      • Posté à 19h20 le 17/10/2008
      • Expert 1916
        Chercheur en microfinance

      Ca, c’est la vraie question ! Ici, il s’agit bien de microcrédit personnel : c’est à dire conçu pour des projets personnels. Donc c’est la confiance entre l’un et l’autre qui fonde la « qualité » de la relation.

      Dans le cas du microcrédit professionnel ( = pour financer une activité, une micro entreprise), la confiance ne suffit pas. Il faut en plus une compétence technique très particulière en accompagnement de projets que maîtrisent les réseaux spécialisés. J’ai cité l’Adie et France initiative... Il n’y en a pas beaucoup d’autres (si : France Active, qui dépend de la Caisse des dépôts).

      L’un des problèmes aujourd’hui est que les apprentis - créateurs préfèrent parfois s’adresser à l’une des sociétés spécialisées dans le Crédit conso pour une raison simple : on ne va pas leur poser les mille et une questions que l’on pose à un créateur sur ses clients, sur son plan d’affaire, sur ses perspectives professionnelles, etc... C’est ce qui donne du « crédit flou », dans lequel on ne sait plus très bien comment est estimé le risque du prêteur !

    • Benoît Granger
      Benoît Granger répond à A déménagé le 25 octobre
      Auteur(e) de l'article Chercheur en microfinance
      • Posté à 19h21 le 17/10/2008
      • Expert 1916
        Chercheur en microfinance

      Ca, c’est la vraie question ! Ici, il s’agit bien de microcrédit personnel : c’est à dire conçu pour des projets personnels. Donc c’est la confiance entre l’un et l’autre qui fonde la « qualité » de la relation.

      Dans le cas du microcrédit professionnel ( = pour financer une activité, une micro entreprise), la confiance ne suffit pas. Il faut en plus une compétence technique très particulière en accompagnement de projets que maîtrisent les réseaux spécialisés. J’ai cité l’Adie et France initiative... Il n’y en a pas beaucoup d’autres (si : France Active, qui dépend de la Caisse des dépôts).

      L’un des problèmes aujourd’hui est que les apprentis - créateurs préfèrent parfois s’adresser à l’une des sociétés spécialisées dans le Crédit conso pour une raison simple : on ne va pas leur poser les mille et une questions que l’on pose à un créateur sur ses clients, sur son plan d’affaire, sur ses perspectives professionnelles, etc... C’est ce qui donne du « crédit flou », dans lequel on ne sait plus très bien comment est estimé le risque du prêteur !