
« Appaloosa », film réalisé par l'acteur américain Ed Harris et récemment sorti dans les salles françaises, se situe dans la grande tradition du western, celle des John Ford et autres Howard Hawks.
L'histoire ? Classique. La ville minière d'Appaloosa au Nouveau-Mexique est en proie à la violence de Randall Bragg (Jeremy Irons) et de ses hommes de main. Les notables locaux, entre préoccupations économiques et souci pour la population (et pour eux-mêmes), font alors appel au marshall itinérant Virgil Cole (Ed Harris) et à son adjoint Everett Hitch (Viggo Mortensen), à la réputation implacable, afin de rétablir l'ordre.
Ce film se présente comme un éloge d'une certaine éthique individualiste, teintée de mélancolie, incarnée superbement par les personnages auxquels donnent corps Ed Harris et Viggo Mortensen, contre les ravages de la loi de l'argent et les lâchetés politiciennes.
Il révélerait donc, en ces temps de crise financière internationale, une tonalité étrangement anticapitaliste, célébrant la grandeur de fortes individualités morales, bien loin des agitations en cours des petits pitres de la politique professionnelle comme Nicolas Sarkozy (ou, à « gauche », comme « l'allumée du Zénith », Ségolène Royal).
Plutôt que la prolifération de condamnations simplement verbales des « excès » de l'argent-roi, il appellerait la sécheresse éthique des actes, guidée par des valeurs autres que monétaires, médiatiques et/ou électoralistes. Il faut dire que le marshall Cole s'attelle au cours du film à la lecture des œuvres complètes de Ralph Waldo Emerson (1803-1882), le grand penseur de l'individualisme démocratique américain…
La démocratie radicalement individualiste d'Emerson
Emerson est notamment l'auteur d'un texte de 1841, intitulé « Self-Reliance » (mal traduit habituellement par « confiance en soi », mais plus proche de quelque chose comme une « confiance dans son autonomie »), dont Ed Harris lit d'ailleurs un passage pendant le film. Emerson écrivait notamment :
« La vertu la plus prisée est le conformisme. L'indépendance et l'autonomie en sont le versant opposé. La société n'aime ni les réalités ni les créateurs, elle préfère les noms et les coutumes. Celui qui veut être un homme doit être non-conformiste. » (trad. franç. in Essais, Paris, Michel Houdiard Éditeur, 1997)
Est-ce un appel à une élite qui se situerait au-dessus de « la masse » des citoyens ordinaires ? Non, l'anticonformisme d'Emerson est un anticonformisme accessible aux hommes ordinaires, et découlant justement de leur égalité démocratique.
Dans une démocratie, chaque humain serait idéalement doté d'une commune humanité, à la différence des sociétés reposant explicitement sur une logique hiérarchique. Cela se manifesterait, entre autres, par un double principe : un égal accès à la raison et des droits égaux (voir « Politics », in « Essays : Second Series », 1844, in « The Essential Writings of Ralph Waldo Emerson », New York, Modern Library, Paperback Edition, 2000).
Cette commune humanité démocratique serait alors une invitation à ce que chacun développe son individualité, car il y aurait une articulation entre les visées d'autogouvernement de la société par elle-même et d'autogouvernement de la personne par elle-même. La démocratie apparaît donc comme une association d'individualités, et non comme une adhésion conservatrice aux coutumes et stéréotypes en usage.
« Le jour où les hommes inconnus agiront d'après des vues originales, l'éclat passera des actes des rois à ceux des hommes justes », ajoutait Emerson. Des hommes justes, comme Virgil Cole et Everett Hitch. Des hommes justes, pas des hommes purs, infaillibles, sans contradictions, mais qui s'efforcent de manière cahoteuse (comme dans une bonne vieille diligence) de confronter une éthique personnelle aux remous du monde.
Emerson est parfois tenté par les protections de « la solitude » afin de consolider l'autonomie de chacun. C'est à cause de ces penchants solitaires, dans son approche de l'individualité, qu'il a pu être légitimement critiqué comme préfigurant un ultra-individualisme devenu courant, prétendant s'être extirpé de tous les rapports sociaux qui participent pourtant à la fabrication de notre unicité personnelle.
Cette critique a été notamment portée par le philosophe François Flahaut (dans « Be yourself ! Au-delà de la conception occidentale de l'individu », Paris, Mille et une nuits, 2006). Mais il y a toute une série d'éléments chez Emerson qui complexifient son point de vue de manière intéressante par rapport à cette tendance réelle.
Emerson était aussi attaché à l'amour et à l'amitié, et voyait alors idéalement la démocratie comme « une nation d'amis », récusant les comportements « égoïstes » (selfish) au profit de la valorisation du « sentiment moral » et de la quête du « bien commun » (commonwealth), l'individualité étant inséré dans un cadre moral et politique (voir « Politics », op. cit.). Il approfondira dans un texte de 1870 l'articulation/tension entre « solitude » et « société » (« Society and Solitude », in The Essential Writings of Ralph Waldo Emerson, op. cit.) :
« La solitude est impraticable, et la société fatale. Nous devons garder notre tête dans l'une et nos mains dans l'autre. »
Solitude, amitié, repères éthiques, règles collectives : les personnages de Cole et de Hitch sont travaillés par ces contradictions. Cole apparaît davantage attaché au cadre légal de son action, mais il semble parfois menacé par l'insensibilisation dans l'application de la loi. Pour Hitch, les lois constituent un cadre comme une autre et il est plus sensible à des sentiments moraux qui débordent ce cadre.
Pour donner quelques années de répit au couple bancal formé par le vieux Cole et la jeune veuve Allison French (Renée Zellwegger) menacé par l'argent et le pouvoir de Bragg, Hitch provoquera en duel Bragg. Cela contre les règles légales rigides qu'il avait contribué à instaurer dans Appaloosa et en risquant, de surcroît, sa vie. Puis il repartira comme un « lomesone cow-boy », laissant Cole à son bien provisoire bonheur…
La désobéissance civile : le refus que les autres parlent et agissent en mon nom
Les complications de la pensée d'Emerson, comme les va-et-vient avec les personnages d'Appaloosa, viennent appuyer la lecture proposée par la philosophe Sandra Laugier de l'individualisme démocratique américain (dans son livre « Une autre pensée politique américaine – La démocratie radicale d'Emerson à Stanley Cavell », Paris, Michel Houdiard Éditeur, 2004).
Pour cette philosophie politique, l'appartenance à une collectivité serait, dans le même temps, préalable à mon intervention et enjeu de mon intervention. L'appartenance à une collectivité serait déjà là, car je parle à l'intérieur d'un langage ordinaire, qui est un langage partagé et commun, qui me précède historiquement.
Mais ce langage ordinaire partagé, si familier, ménagerait des espaces de doutes et de questionnements. Est-ce que j'arrive bien à trouver ma voix ? Est-ce que ma voix individuelle se reconnaît dans la voix collective de la collectivité ? Est-ce que je suis bien représenté ?
Le commun apparaîtrait tout à fois comme un point de départ et comme un point d'interrogation. Une forme paradoxale émergerait alors : « Le dissentiment n'est pas dissolution du consentement, mais conflit sur son contenu ». C'est pourquoi je peux retirer ma voix au consensus, je dois même retirer ma voix au conformisme, quand je ne reconnais plus les valeurs de la collectivité dans sa voix collective. Laugier ajoute :
« Toute la pensée de la désobéissance civile est contenue dans ce principe : je peux refuser que les autres, ou par exemple mon gouvernement, mon pays, parlent et agissent en mon nom. »
Ici Emerson rejoindrait son grand ami Henry Thoreau (1817-1862), praticien et théoricien de la désobéissance civile (voir « La Désobéissance civile de 1849 », trad. fr. Mille et une nuits, 1996).
L'alliance du pouvoir politique et de l'argent : d'Appaloosa à Sarkozy
A l'opposé de cet individualisme démocratique actif, les ordres sociaux dominants (y compris ceux qui se proclament « démocratiques ») tendent à développer une mentalité suiviste de « troupeau ». Le conformisme y règne au double détriment du développement de l'individualité de chacun et de la quête du bien commun. C'est en ce sens qu'il faut entendre Emerson (« Self-Reliance », op. cit.) :
Après avoir passé presque trente ans à faire l'apologie du caractère supposé naturellement bienfaisant de « l'économie de marché », des illusoires miracles de « la dérégulation » néolibérale, ou de l'improbable importance de la richesse des riches pour le bien-être de l'ensemble de société, les beaux parleurs comme Sarkozy (ou les marionnettes « socialistes » de la machinerie néocapitaliste, comme Pascal Lamy à l'OMC ou DSK au FMI) font mine de fustiger « les excès » de la finance et osent parler de « morale »…
Sarkozy en rajoute même dans le grand écart car après s'être affiché jet set et bling bling, il se la joue Zorro qui va sauver le monde. Pantomime pitoyable ! Cependant, les hommes qui tentent difficilement d'être justes, au risque continuel de l'erreur ou de la mort, comme Cole et Hitch, n'auraient que faire de ces bavassages. Mélancoliques, ils percevraient que l'alliance de l'argent et du pouvoir politique est sur le point d'endormir les consciences démocratiques et d'écraser le sens de l'honneur.
Dans le film d'Ed Harris, l'ancien méchant, Bragg, est gracié par le Président des Etats-Unis pour de louches raisons. Il revient alors à Appaloosa, abandonne les armes, arrose la ville de son argent et fait des affaires avec des notables locaux amadoués, vite oublieux du passé proche. Ce sont les deux shérifs qui commencent à faire tâche dans le paysage, avec leurs « vielles » règles : l'argent archaïse rapidement les valeurs non pécuniaires…
Finalement, à la manière des politiciens d'Appaloosa, Sarkozy aura frimé une fois de plus, avec des trémolos critiques, mais pour, au bout du compte, renflouer le monde de la finance en perdition. Et nous voilà, comme Cole et Hitch, mélancoliques face à cette nouvelle phase de l'alliance du pouvoir politique et de l'argent.
D'Appaloosa à Marx
Pourtant, il n'y a guère de sens à vouloir « moraliser » une logique socio-économique, le capitalisme, par définition a-moral car se préoccupant de la seule accumulation du capital dans une dynamique de profit.
Il n'y a pas grand sens, non plus, hors des effets de manche médiatiques, à faire mine d'identifier quelques « responsables » individuels, constitués alors comme boucs émissaires pour la vindicte populaire. Car la machine capitaliste est une construction collective qui, si elle profite à une minorité et si elle est alimentée par les appétits de cette minorité, n'est vraiment contrôlée par personne.
Elle peut même parfois devenir folle, en écrasant jusqu'à certains de ceux qu'elle avait enrichis (et encore plus ceux qui n'en ont retiré tout au plus que des miettes). Marx le rappelait magistralement dans la préface à la première édition du livre un du « Capital » (1867) :
« Il s'agit ici des personnes qu'autant qu'elles sont la personnification des catégories économiques, les supports d'intérêts et de rapports de classes déterminés. Mon point de vue (…) peut moins que tout autre rendre l'individu responsable de rapports dont il reste socialement la créature, quoiqu'il puisse faire pour s'en dégager. »
Pas d'analyse du capitalisme sans la médiation de « l'idéologie » et de ses auto-illusions, dans l'espace des semi-obscurités juxtaposant appât du gain et bonne conscience moralisante, si l'on suit encore Marx. Dans un contexte critique pour le capitalisme, la gauche officielle, qui a liquidé l'héritage anticapitaliste de Jaurès, se trouve désarmée et même débordée rhétoriquement sur sa gauche par l'illusionnisme sarkozyste.
Les gauches radicales et altermondialistes apparaissent plus ajustées à la situation. Mais sauront-elles intégrer à leur anticapitalisme la voix de l'individualité venant d'outre-Atlantique, d'Emerson à Appaloosa ? Ce faisant, elles rejoindraient, encore une fois, un certain Marx, étonnamment individualiste si l'on abandonne la lecture unilatéralement « collectiviste » de ses écrits qui a longtemps dominé. Le « Manifeste du parti communiste » (1848) ne proclamait-il pas :
« L'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses conflits de classes, fait place à une association où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous ? »
Cela ne nous invite-t-il pas à remplacer le langage dit « marxiste » des « masses » par celui, plus libertaire et marxien, de l'association des individualités ?





















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De Bardamu
difficile | 17H00 | 15/10/2008 |
La dernière phrase de l'article est éclairante :
« Cela ne nous invite-t-il pas à remplacer le langage dit “ marxiste ” des “ masses ” par celui, plus libertaire et marxien, de l'association des individualités ? »
Eh oui. Et, cher Corcuff, « l'association des individualités », c'est la définition même du libéralisme politique.
Content de voir que vous avez trouvé enfin votre chemin de Damas. Vous pouvez quitter la LCR.
à Bardamu
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 23H40 | 15/10/2008 |
On peut dire qu'Emerson pensait en termes d'Ubuntu, sans le connaître sans doute. C'est bien qu'un film américain rappelle cette vision tellement humaine, et non surhumaine. La grande force de la nature humaine, si on ne la pervertit pas par des règles qui la conduisent sur des grandes routes d'erreur collective, c'est de fonctionner d'une façon a-logique, par des raccourcis bien loin d'une construction philosophique à la Descartes.
De compte désactivé 2
17H01 | 15/10/2008 |
Y a qu'à Sciences Po qu'on trouve encore des marxistes, des défenseurs de cette idéologie de salopards qui est responsable du massacre de CENT MILLIONS D'INNOCENTS, qui a institué un système où la misère est garantie pour le plus grand nombre, à l'exception d'une bourgeoisie rouge où l'on se partage les bons morceaux, un régime flicars où l'on forme les enfants à dénoncer leurs parents ! Et c'est ce qu'on enseigne à Sciences Po ? ? ? ? Quelle honte !
à compte désactivé 2
De Adibou
17H15 | 15/10/2008 |
Tissu d'âneries. Karl Marx et sa doctrine ne sont en rien responsables de l'application sanguinaire qui en a été faite en URSS.
Pour préciser, on parle de Marxisme-Léninisme puis de Stalinisme (entre autres) pour évoquer les doctrines mises en places en URSS et non de Marxisme pur.
Être Marxiste ce n'est en aucun cas faire l'apologie des goulag et des dérives du régime soviétique. C'est plutôt avoir une approche matérialiste de l'économie et de l'Histoire en se fondant à la fois sur les écrits de Marx mais aussi ceux d'Engels.
D'ailleurs Marx a dit de lui-même qu'il n'était pas Marxiste devant la récupération que certains faisaient de ses idées.
Un peu de lecture ne vous ferait pas de mal cher Kamarad…
De pablico
18H16 | 15/10/2008 |
restons froid, et posons nous la question :
si le marxisme a fait des millions de mort, le capitalisme a fait quoi ? il les a compté ? il n'a jamais fait de morts ? il est irréprochable ? n'est-il pas au moins coupable de non assistance à personnes en danger ?
soyons raisonnables et ne nous envoyons pas des images toutes faites à la tête. Le problème n'est plus là. tout ça est dépassé. Il y a un avenir devant nous…
à pablico
De Bardamu
difficile | 19H51 | 15/10/2008 |
Le parallèle entre marxisme et capitalisme est absurde.
Il n'y a jamais eu des gens réunis autour d'une table pour se dire « instaurons le capitalisme » !
Le communisme, en revanche a bel et bien été décidé et mis en place, à partir de la théorie marxiste, qui est une théorie révolutionnaire ne reculant pas devant l'appel à la violence, et non pas une réflexion philosophique pure comme on essaie de nous le vendre maintenant.
à Bardamu
De Adibou
19H57 | 15/10/2008 |
Effectivement, Marx a organisé sa pensée par rapport à l'étude des sociétés humaines depuis l'antiquité.
Il en a conclu que leur Histoire était régie par les conflits entre les classes et que le prolétariat devait prendre le pouvoir par la force, car il était maintenu dans sa condition prolétaire par la force.
Le capitalisme est violent. C'est la loi de la jungle à l'échelle humaine. Il faut être aveugle (ou de droite, ou les deux) pour ne pas le voir.
à Adibou
De Bardamu
difficile | 20H24 | 15/10/2008 |
C'est exact.
Pour un marxiste conséquent la « dictature du prolétariat » est une étape indispensable.
La violence est donc inscrite au coeur du projet marxiste.
Quand vous écrivez plus haut « Karl Marx et sa doctrine ne sont en rien responsables de l'application sanguinaire qui en a été faite en URSS. » vous êtes donc dans l'erreur.
à Bardamu
De Adibou
09H03 | 16/10/2008 |
Sauf que la violence est pour Marx un moyen mais en aucun cas une fin.
à Adibou
De Werner Bremed
Exilé | 09H27 | 16/10/2008 |
Marx lui même était, à ma connaissance, contre le recours à la violence et s'est détaché des mouvements qui le récupéraient et qui pronaient la Révolution (donc la violence) en son nom (tel Lénine). La dictature du prolétariat ne devait survenir que d'elle-même, sans violence, une fois que les consciences seraient prêtes pour cela et que le capitalisme se serait effondré de lui-même.
S'il y a violence du côté de Marx et c'est paradoxal, c'est qu'il soutenait plutôt les politiques capitalistes et colonisiatrices, et donc injustes, dans la mesure où celles-ci permettraient d'arriver plus vite à la chute du capitalisme.
Il ne faut pas tout confondre.
à Bardamu
De Pierre Ruscassie
01H34 | 16/10/2008 |
Le communisme (ou plutôt le stalinisme, pour ceux qui savent de quoi il s'agit) n'a pas été « décidé et mis en place à partir de la théorie marxiste » !
En effet, la « théorie marxiste » (ou plus exactement la « théorie de Marx » pour qui saisit la nuance) est une théorie du capitalisme, exposée dans « Le Capital ».
Une théorie est une explication qui permet de comprendre une réalité. C'est ce qu'a fait Marx pour le capitalisme.
Une théorie n'est pas un programme…
à Bardamu
De déluge
menuisier | 09H05 | 16/10/2008 |
« Il n'y a jamais eu des gens réunis autour d'une table pour se dire “ instaurons le capitalisme ” ! “
C'est d'une stupidité sans nom.
Ce n'est pas parcequ'il n'y a pas eu d'acte fondateur (au sens de la rédaction du ‘manifeste’), que le capitalisme découlerait d'un ordre naturel, presque divin puisque non ‘créé’.
Il s'agit d'un type d'organisation sociale, et donc il est parfaitement fondé de comparer capitalisme et marxisme.
Les sophismes, ça y va bardamu.
à déluge
De Bardamu
difficile | 22H37 | 16/10/2008 |
Le capitalisme n'a été décidé par personne, il découle effectivement d'une évolution des échanges économiques et des rapports de production. Il ne s'agit pas du tout d'un « type d'organisation social » qui relève de la décision politique.
Mettre sur le même plan capitalisme (phénomène économique) et communisme (décision politique) est donc ce qu'en philosophie on appelle une erreur de catégorie.
Ne perdez pas de temps en vaines insultes, essayez d'argumenter, ou au moins de comprendre les arguments des autres.
à Bardamu
De libermind
étudiant | 10H27 | 22/10/2008 |
« Le capitalisme n'a été décidé par personne, il découle effectivement d'une évolution des échanges économiques et des rapports de production. Il ne s'agit pas du tout d'un “ type d'organisation social ” qui relève de la décision politique. »
évolution « naturelle » des échanges, dépendant de l'offre et de la demande : un rapport de force quoi, en 4 mots « loi de la jungle ».cqfd.
ps : je m'appuie sur tes arguments.
à Bardamu
De pablico
11H55 | 16/10/2008 |
après guerre ils se sont mis autour d'une table pour en définir des règles….
mais vous avez raison, la loi de la jungle est la loi divine, puisque naturelle, le plus fort a raison et impose sa loi même si elle est bête, même si elle est meurtrière, même si elle fait des ravages.
la « loi des hommes » qui essaye de mettre de l'ordre là dedans, ne tient jamais longtemps, puisque basée sur un concept.
mais percevrons à trouver une loi a peu près juste même si elle ne dure qu'un temps….car la loi de la jungle revient toujours au galop. (chassez le naturel et il revient au galop)
De Adelyne sur le sable
Si je savais | 17H52 | 15/10/2008 |
Ga et tout, ga et rien, ga begie, ga garine, ga rgamelle, ga melle, est partout aujourd'hui.
Son trac-teur doit être tombé en panne, et il a du couler une « bielle » !
De la « béarnaise » dans l'moteur mon gagounet ?
TU fais dans la « proctologie » ?
Bien sûr « l'autoroute du savoir », t'a épargné, sentant trop le rance, une puanteur, quelque chose de nauséabond, qui émarge toujours en lisière.
Zut, mes enfants veulent prendre ma place.
T'as d'la chance, j't'aurais bien fait la « cosette », dans tes « bas fonds ».
à Adelyne sur le sable
De Ouko
Citoyen réinformateur ..... | 18H20 | 15/10/2008 |
Réponse à l'effrontée Adelyne ….
Gaëtan a raison.. allez plutôt préparer le repas du soir …..
Ouko.
à Ouko
De parti
punishment park | 21H35 | 15/10/2008 |
marc gélone…tu faiblis…o)
à parti
De déluge
menuisier | 09H00 | 16/10/2008 |
Pour faiblir, il faut avoir été fort, lamorille.
Celui-ci, c'est rien du tout, comme les autres.
De TizBee
17H47 | 15/10/2008 |
Pour une fois, je vais faire un commentaire totalement non fondé et hors sujet.
Juste parce qu'il y a « Sarkozy » dans le titre, je ne lirais pas cet article.
Dès lors qu'on se met à regarder tout, critiquer tout, blaguer sur tout et n'importe quoi, discuter avec tous, sans pouvoir échapper une seule fois à cette référence, ça devient de l'obsession et c'est insupportable.
Donc même si votre analyse est intéressante, éclairante, documentée, intelligente, tout ce que vous voulez, parce qu'il y a cette référence, je ne le lirais pas.
Il n'y a plus un seul domaine, un seul endroit, une seule sphère où l'on y échappe, de la critique au cynisme en passant par le sous-entendu malsain, l'analyse politique de comptoir ou la simple discussion passionnée entre amis, et moi, je sature.
Ce film est un western américain, qui bien avant « Impitoyable », creusait déjà profondément le sillon de la critique sociale, et toute société occidentale pouvait en tirer des enseignements.
Pour tout le reste, appelez ça pollution, matraquage, lavage des cerveaux ou marketing viral, mais quoi qu'il en soit, ça ne m'intéresse pas.
Continuez avec vos obsessions, mais sans moi.
De affreuxjojo
21H23 | 15/10/2008 |
Le communisme a pris le chemin de la dictature du prolétariat dès la Première Internationale. Les mouvements ouvriers se partageait entre l'anarcho-syndicalisme et un communisme organisé de façon centralisée. L'anarcho-syndicalisme faisait de l'épanouissement individuel le moyen et le but du communisme. Pour les marxistes orthodoxes la révolution devait être organisée de façon disciplinée. C'est cette vision qui l'a emporté. Ce qui a sans doute causé la mort du communisme après de longues convulsions.
à affreuxjojo
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 23H46 | 15/10/2008 |
Entièrement d'accord, l'éviction de Bakounine par Lénine a pesé lourd sur le destin du monde. Leurs conceptions étaient tellement opposées que l'une devait céder le pas à l'autre. Choix funeste.
De asozial
aus Berlin | 23H42 | 15/10/2008 |
merci pour ton article, qui donne envie de lire Emerson et de voir le film…
quand le capitalisme se sera autophagocyté, essayons de conserver parmi les ruines de notre monde sa machine propagandiste qu'est Hollywood, parmi tant de médiocrité il y aura eu quand même pas mal de chefs-d'oeuvre…
De Pierre Ruscassie
01H18 | 16/10/2008 |
Le libéralisme n'est pas l'association des individualités, mais la promotion de l'élite (la liberté du renard dans le poulailler).
L'égalité des droits des individus associés, ça s'appelle la démocratie !
à Pierre Ruscassie
De Bardamu
difficile | 22H39 | 16/10/2008 |
Tiens, c'est bizarre, la démocratie ne s'est développée, historiquement QUE dans les pays acceptant l'économie de marché, et donc le libéralisme économique.
Quelle étrange coïncidence…
à Bardamu
De léo solo
12H13 | 17/10/2008 |
On se demande encore ce qu'en pense louisèze
De parousnik
08H55 | 16/10/2008 |
Le Libéralisme…ce n'est rien d'autre que l'usure et une certaine escroquerie légalisée. Le libéralisme c'est aussi le chantage et la menace… Le Libéralisme c'est la dictature de l'argent…ou tout s'achète. Le libéralisme est le synonyme de féodalisme… Le libéralisme c'est l'ambition des imbéciles…
à parousnik
De Gotch
15306
ancien ouvrier de la banque | 09H09 | 16/10/2008 |
Bravo Parousnik…. J'espère que d'autres ne vont pas nazer à mort votre intervention, comme les miennes l'ont été…. Je dois être persona non grata chez certains maintenant !
De Julianito-anticapitaliste
10H05 | 16/10/2008 |
Que d'approximations et d'erreur dans les posts des riverains ! On se croirait ç un repas de famille où, après quelques bouteilles, tout le monde raconte n'importe quoi sur le marxisme….
Tout d'abord Lénine n'a pas pu évincer Bakounine de la première Internationale, car il n'avait que 6 ans à la mort du penseur anarchiste…
Ensuite Marx ne s'est pas éloigné de la théorie de Lénine étant donné que Marx était mort depuis longtemps quand Lénine est entré en politique…
Marx ne s'est pas opposé à la violence et son camarade Engels a donné une belle définition de la « dictature du prolétariat » : « Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C'était la dictature du prolétariat. »
Et Marx n'a jamais proposé de programme mais une théorie du Capitalisme dans « Le Capital ». Il faut le lire avant de dire n'importe quoi ! ! !
Lisez un peu avant de débattre sur tel ou tel sujet….
Pour les écrits des penseurs marxistes, tout est là : http://www.marxists.org/francais/index.htm
à Julianito-anticapitaliste
De Bardamu
difficile | 22H42 | 16/10/2008 |
C'est juste dans l'ensemble. En effet, Marx a amplement jusifié la violence révolutionnaire. Mais dire que Marx n'a jamais proposé de programme politique est faux.
Il a bien écrit le Manifeste, que je sache.