Alors que les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale s'ouvrent à Washington, et que les ministres des Finances multiplient les réunions sur fond de krach boursier, une initiative discrète des Nations unies, lancée en 2007 en partenariat avec la Banque mondiale, mériterait d'être sur le devant de la scène : elle vise à aider les pays en développement à recouvrer des milliards de dollars d'avoirs volés.
Avec cette « Initiative pour la restitution des avoirs volés », les chefs d'Etats présents à Washington osent en effet, en pleine tempête financière mondiale, employer des mots imprononçables il y a encore quelques mois : régulation internationale, contrôle des opérateurs financiers, lutte contre les paradis fiscaux…
Une conséquence directe et certainement inattendue de telles mesures, si elles arrivent un jour, serait la fin d'une trop longue fête pour les chefs d'États corrompus.
Les premières victimes de la libéralisation commerciale et financière imposée à marche forcée depuis les années 1980 sont en effet les Etats les plus pauvres de la planète et leur population.
Les principales cause de l'opulence et de la longévité de nombreux dictateurs sont connues :
- Un droit à géométrie variable pour attirer les investisseurs étrangers qui encourage la corruption
- La banalisation de l'évasion fiscale via des comptes off-shore
- Le secret bancaire
40 milliards de dollars détournés chaque année par des dirigeants corrompus
L'opacité du système financier internationale a facilité l'enrichissement d'une poignée de dirigeants au détriment des populations. Et c'est souvent tout espoir de gestion saine des finances publiques qui s'est écroulé avec.
Un contrôle des flux financiers plus strict et plus transparence aiderait donc à mettre un terme à ces pratiques : la confiscation des richesses d'un pays dans les mains d'une poignée de personne au détriment de toute une population.
Selon les estimations de la Banque, « les dirigeants corrompus des pays pauvres détournent chaque année jusqu'à 40 milliards de dollars. » Le Nigeria a ainsi passé cinq ans à tenter de rapatrier un demi-milliard de dollars volé, à l'abri dans des banques suisses. Les Philippines ont quant à elles mis dix-huit ans pour recouvrer 624 millions de dollars volés par Marcos.
Encouragements à ratifier la Convention des Nations unies contre la corruption, soutien technique aux efforts des pays en développement pour rapatrier les avoirs volés… l'initiative est un premier pas qui mérite d'être soutenu.
Surveiller de près l'ensemble des flux financiers qui sortent des pays pauvres
Mais à la faveur de la crise que la planète financière traverse, cette initiative devrait changer d'échelle. Il ne s'agirait plus de ne s'intéresser qu'au seul patrimoine des dictateurs, mais bien de regarder de plus près l'ensemble des autres flux qui sortent des pays en développement.
N'oublions pas que pour chaque euro d'aide publique versé à l'Afrique, environ cinq euros sortent du continent pour s'abriter sur des comptes offshores.
L'Union européenne a un rôle crucial à jouer pour instaurer une législation afin de réguler les marchés financiers et encourager plus de transparence. De fait, l'Europe est certainement la région du monde ou ces questions avancent le plus ces derniers temps.
L'Allemagne, la France… : de plus en plus de pays européens reconnaissent enfin que les pertes financières dans les pays du sud liées à l'évasion fiscale sont fatales au développement. La conférence des Nations unies sur le financement du développement à Doha, fin novembre, offre à l'Union européenne une occasion unique de mettre ces dossiers à l'agenda international.
A défaut d'une initiative au niveau multilatéral, le renforcement de l'échange d'information entre pays membres de l'Union et un contrôle renforcé des paradis fiscaux, à nos portes, seraient un pas de plus.
► A lire aussi : Dictateurs africains : biens mal acquis, pas poursuivis

























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De Boysbeer
sur Mars | 15H43 | 11/10/2008 |
Il serait peut être un jour temps que l'on change la manière de faire.
Opacité telle que les personnes qui se sont fait des couilles en or en pariant juste avant les attentats du 11/09/2001 sur la baisse des actions (qques dizaines de millions de dollars, voire plus) ne se sont jamais fait inquiéter.
Il aura fallu que le système entier se casse la gueule pour que l'on commence à penser à ce « léger problème » d'opacité récurente dans un système qui le permet complètement, mais il semble évident que les politiques, eux même initiateurs et garants de ce système mis en place assez récemment s'arrèterons qu'aux intentions plutôt qu'aux actes une fois « l'addition payée » par nos gentils contribuable américains et européen.
De la poudre aux yeux destiné à « calmer » le jeux et demander aux zentils citoyens de leur faire confiance.
J'adore le titre également :
« La crise financière pourrait compliquer la vie des dirigeants corrompus »
J'aime bien le « pourrait », signe d'une grande incertitude en la matière, on aurait pu également rajouter « éventuellement si au cas ou, mais en fait non » juste après le « pourrait »
« Compliquer », autrement dit en rien interdir l'opacité ou le détournement, mais juste demander un peu plus de temps ou d'artifice juridico/économique pour arriver à ses fins.
Bref, de la poudre aux yeux et en plus l'article le suggère ^^
à Boysbeer
De bloozmarch
15H50 | 12/10/2008 |
Comme le dit si bien Christine Lagarde on pourrait aussi leur demander de se regarder plus souvent dans leur glace, l » efficacité d » une telle mesure, facultative quand même, ne soyons pas trop durs, étant dévastatrice, tout le monde le sait !
De expat
16H49 | 11/10/2008 |
Pourquoi ne parle-t-on jamais des dirigeants europeens corrompus qui se mettent beaucoup d'argent dans les poches a tous les niveaux ?
On peut ajouter que le systeme d'aide est certainement aussi corrompu que le dictateur moyen, l'argent ne va jamais en Afrique, les produits (chers) doivent etre achete dans les pays preteurs, puis le pret est lentement rembourse en vendant l'Afrique morceau par morceau a bas prix !
De re-belle
mère au foyer | 21H44 | 11/10/2008 |
ILS SONT TOUS CORROMPUS ! ! ! …
de toute façon crise ou pas crise la note à payer est et sera toujours pour les memes ! ! ! …
je veux parler de nous « pauvres contribuables » ! ! ! …
mais avec tant de scandales et de la folie des grandeurs, comment se fait-il que nous réagissons point ? ? ? ! ! ! …
est-ce une preuve que nous sommes de minables complices ? ? ? ! ! ! …
pourtant une bonne grève généralisée des paiements d'impots ! ! ! ! …ou bien une bonne manif un 68 bis et tout le monde dans la rue en hurlant le total mécontentement ! ! ! …
cela ferait du bien pour certains qui ont la facheuse habitude de piquer dans la caisse donc « notre argent » ! ! ! …
…dans la rue je ne vois rien et j'entends rien…
si le peuple ne dit rein et ne fait rien, pourquoi certains (toujours les memes) s'en priveraient-ils de nous vider ce qui reste de nos poches déjà bien perçées
à re-belle
De papy55
prof. en province | 13H05 | 12/10/2008 |
….crise ou pas crise…la note à payer….pour les mêmes…….nous pauvres contribuables !
Ce n'est qu'une réponse partielle ! En effet, c'est que nombreux seront ceux qui, non contribuables, vont payer quand même, par le biais des conséquences de la crise, ils ont aujourd'hui bien peu (et la crise existe concrètement pour eux depuis longtemps ! ), et demain ils auront encore moins !
Ceux qui sont à l'origine de la crise sont depuis bien longtemps à l'abri, et cherchent déjà tous les moyens pour se dispenser de la note à payer et même en tirer tous les profits !
De Hors-cases
Chômeur surdiplômé trop vieux | 21H48 | 11/10/2008 |
Y EN A T'IL(S) QUI NE LE SOI(EN)T PAS ?
De affreuxjojo
00H27 | 12/10/2008 |
« La libéralisation commerciale et financière » n'a pas vraiment débuté dans les années 80. Les coups d'états en Indonésie et au Chili sont très antérieurs. Organisés par les services secrets Américains (pour la partie militaires) et par les « Chicagos Boys » ( pour la partie financière) ces coups d'états ont permis le pillage systématique des richesses de ces pays au profit d'entreprises privées (principalement américaines) et de leurs représentants et agents d'influence locaux. Annoncer « 40 milliards détournés par des dirigeants corrompus » c'est être très loin de la réalité. Pinochet par exemple avait détourné quelques millions sur des comptes à l'étranger. S'intéresser à cela est utile. Mais ne s'intéresser qu'a cela, c'est passer a côté d'un pillage bien plus gigantesque de l'ensemble des richesses. Pour le dire autrement, la corruption et le vol ne sont que les aspect illégaux de ce pillage. Le pillage le plus massif est, lui, légalisé, organisé, encouragé par le fonctionnement néo-libéral des sociétés. Les sommes détournées par les chefs d'état corrompus ne sont que la rémunération occulte qui leur est octroyée, leur pourboire, pour des détournement incomparablement plus grands.
Je ne pense pas que combattre quelques corrompus soit suffisant.Cela pourrait faire sauter quelques dictateurs pourris. Nul ne s'en plaindra. Mais ils seront rapidement remplacés. C'est l'ensemble du fonctionnement économique des sociétés qui doit être repensé pour que les richesses crées par les peuples ne leur soit pas confisquées par des minorités. Pour moi le problème n'est pas seulement d'ordre législatif, il est plus largement d'ordre politique.
De re-belle
mère au foyer | 01H59 | 12/10/2008 |
quand le FMI fabrique la misère
un documentaire qui en dit long sur l'exploitation mondiale afin de contenter les pays industrialisés ! ! ! …
http://video.google.fr/videoplay ? docid=4584572542018047702