Enquete

Guyane : l'armée française blackliste un journaliste de l'AFP

Frédéric Farine, auteur d'articles critiques sur la lutte contre les orpailleurs clandestins, a été écarté d'un voyage de presse.

Rivière polluée par les sites aurifères illégaux à proximité (Fredéric Farine).

Pour éviter de dresser un bilan critique de l'opération Harpie, lancée début 2008 par Nicolas Sarkozy, l'armée a écarté le correspondant de l'AFP d'un voyage de presse. Objectif : « faire de l'image » sur un site d'orpaillage clandestin, alors que les trafiquants contrôlent la forêt. Enquête.

Frédéric Farine est un journaliste qui « mouille sa chemise », comme le dit le colonel François Müller, patron de la gendarmerie en Guyane. Installé depuis longtemps dans ce département français, il va régulièrement sur le terrain visiter les sites clandestins d'exploitation de l'or en pleine forêt amazonienne.

De vraies expéditions, en pirogue ou par les airs, dans des conditions de sécurité très limite. Les chercheurs d'or n'hésitent pas tirer sur les observateurs trop curieux, gendarmes ou journalistes.

Frédéric Farine est aussi un journaliste indépendant et teigneux, du genre qui ne lâche rien. Aussi, il se met en boule lorsqu'il apprend jeudi 2 octobre qu'il n'est pas convié à un voyage de presse organisé le lendemain par la préfecture et les Forces armées de Guyane (FAG).

Objectif de la virée en hélico : le site de « Guérilla », où 80 militaires (gendarmes et soldats) ont fait une descente pour démanteler les installations des orpailleurs. Guérilla est une colline, dans la région de Saül, percée de galeries d'où l'on peut extraire jusqu'à 10 kilos d'or par semaine en concassant la roche extraite du sous-sol.

Un officiel : « Votre ligne éditoriale ne nous convient pas »

Etrangement, toute la presse locale (qui compte cinq médias) a été conviée, sauf lui. Frédéric Farine est pourtant le correspondant local de l'Agence France Presse (AFP), mais aussi le journaliste attitré de la Semaine guyanaise, un hebdomadaire indépendant qui publie des enquêtes aussi fouillées qu'incisives.

Notre confrère part à la pêche aux infos et voici les trois raisons principales avancées par l'un des organisateurs du voyage de presse :

  • « La ligne éditoriale de la Semaine guyanaise ne nous convient pas. »
  • « Si vous venez, il nous faut des garanties. »
  • « Cette opération vise à marquer un contre-coup à la série d'articles que vous avez publié. »

« En entendant ça, j'étais vraiment estomaqué », commente Frédéric Farine. Sa version est confirmée par plusieurs journalistes ayant participé au voyage : à mots couverts, les militaires admettent que Farine n'était pas le bienvenu, cette fois-ci.

Chantier clandestin de la région de Saül, centre de la Guyane (Fredéric Farine).

Pour comprendre, il faut savoir que la Semaine guyanaise a récemment publié, sous sa plume, des articles qui remettent en cause l'efficacité de l'opération Harpie. Sur le seul site de Guérilla, trois interventions des forces de l'ordre en six mois n'ont pas suffi à freiner les ardeurs des clandestins qui, à chaque fois, réinstallent leur matériel.

Harpie ? Une gigantesque opération de maintien de l'ordre, annoncée le 11 février 2008 à Canopi par Nicolas Sarkozy, pour assécher les circuits logistiques utilisés par les orpailleurs. L'idée est de contrôler les fleuves par où transite le matériel des traficants, en déployant 1 000 hommes dans la forêt.

Plutôt efficace dans un premier temps, Harpie a perdu de sa vigueur depuis le rapatriement des renforts (550 hommes) fin juin. Un bilan en demi-teinte, même si les résultats officiellement présentés ne sont pas négligeables.

En tout cas, Frédéric Farine le sait, les clandos sont revenus sur leur site de prédilection. Une réalité difficile à admettre publiquement pour les autorités locales.

« Si vous venez, il nous faut des garanties… »

Cinq morts sur Guérilla
Dans son édition du 11 octobre, la Semaine guyanaise dresse un bilan mitigé de l'opération menée par les FAG sur Guérilla. Le survol du site par un hélicoptère de l'armée, quelques jours avant l'intervention du 2 octobre, aurait alerté les « garimpeiros », leur permettant d'évacuer une partie du matériel en forêt.

Mais il y a plus grave : les gendarmes ont retrouvé deux cadavres à Garoupa, la base logistique des clandestins. Un homme est mis en cause : le chef des orpailleurs, un certain Claudio, 25 ans, aujourd'hui en fuite.

Ce qui fait un total de cinq cadavres découverts en six mois, dont quatre meurtres établis avec certitude parmi les garimpeiros, victimes de réglements de compte. Sur ce point, les autorités sont beaucoup moins communicantes.

Lorsqu'il évoque des « garanties », l'interlocuteur de Frédéric Farine fait allusion à un épisode passé. En mars, à l'issue d'un précédent voyage de presse consacré à l'opération Harpie, Jérôme Vallette, rédacteur en chef de la Semaine guyanaise, a un drôle d'échange avec le commandant des forces françaises en Guyane :

« A la fin de cette visite, j'ai demandé au général Carpentier de pouvoir aller sur une vraie opération, pour constater leur vrai travail, pas l'opération de com » à laquelle nous avions assisté. Il m'a répondu : « D'accord, mais à condition de pouvoir relire l'article. » Bien sûr, j'ai refusé. »

Officiellement, l'armée avance une toute autre raison pour expliquer l'absence de Frédéric Farine du voyage de presse sur Guérilla. Le capitaine Sébastien Van Cayseele, chef de cabinet du général Carpentier, s'en tient à un motif purement technique :

« Nous n'avions pas assez de place dans l'hélicoptère [un gros Puma, ndlr], on a fait un choix, il fera partie du prochain voyage. Mais je vous assure qu'il n'y a pas de lien direct entre la non-présence de M. Farine et la ligne éditoriale de la Semaine guyanaise. »

Un argument peu crédible : plusieurs participants ont vu au moins deux places libres, et l'hélicoptère a fait un arrêt au retour pour se ravitailler en fuel. D'ailleurs, lorsque Laurent Marot, correspondant de Reuters et journaliste de RFO, demande au général Carpentier si l'absence de Farine est liée à une question de ligne éditoriale, l'officier élude : « Je ne souhaite pas répondre à cette question. »

Du côté de la préfecture, on réfute toute pression ou demande de « garanties » quelconque. Vincent Berton, directeur de cabinet du préfet, refuse de commenter l'incident. Il apprécie le journaliste qui, dit-il, fait un « travail rigoureux, sérieux et intéressant : il n'est pas sur une liste noire ».

Même tonalité du côté de la gendarmerie où le colonel Müller « regrette que M. Farine n'ait pas été convié, mais je n'ai pas été organisateur sur cette opération ». Fermez le ban.

Un campement de fortune en forêt (Fredéric Farine).

Off the record, plusieurs participants au voyage -il y avait là le préfet, le procureur de la République, un juge d'instruction- reconnaissent l'erreur tout en avouant leur impuissance : « Nous avons besoin des hélicos de l'armée… »

Le véritable motif du courroux des militaires serait le traitement réservé à un banal fait-divers, qui avait vu un groupe de militaires s'empailler avec un groupe de gendarmes à la sortie d'une discothèque.

L'affaire s'est d'ailleurs terminée à la barre du tribunal correctionnel. En l'évoquant, Frédéric Farine avait eu la chute cruelle, sur le thème : « “S'ils se bagarrent avant d'être en forêt, Harpie commence mal.‘’

Correction le 11/10/08 à 17h : Frédéric Farine n'est plus free-lance, mais depuis un an journaliste salarié de la Semaine guyanaise.

► Le communiqué de Reporters sans frontières, qui demande des explications aux autorités locales.

Photos : Rivière polluée par les sites aurifères illégaux à proximité - Chantier clandestin de la région de Saül, centre de la Guyane - Un campement d'orpailleurs clandestins (Fredéric Farine).

47 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de déluge

De déluge

menuisier | 11H38 | 11/10/2008 | Permalien

Ce que je ne m'explique pas est que les journalistes participant à cette opération de com », sâchant la censure dont était victime F Farine, n'aient pas, par solidarité ET pour le libre exercice de leur métier, refusés d'embarquer.

Le journalisme « embedded » ne vaut rien.

Portrait de David Servenay

De David Servenay (auteur)

Rue89 | 11H48 | 11/10/2008 | Permalien

Votre argument mérite d'être examiné, déluge.

La difficulté pour travailler sur ce sujet, ce sont les conditions d'accès aux sites d'orpaillage clandestins, accessibles soit en pirogue, soit parfois uniquement par les airs et plutôt en hélicoptère. Je vous laisse imaginer les notes de frais pour un tel reportage.

Aussi, les quelques occasions de se rendre sur place sont plutôt rares. D'après les confrères interrogés, les pouvoirs publics organisent ce genre de voyage de presse environ deux fois par an pour la presse locale. Dans ce cas, je ne suis pas d'accord sur votre argument du journalisme « embedded ».

C'est important de vérifier les dires des autorités sur l'efficacité de telle ou telle opération, y compris en se rendant sur place avec les dites autorités.

Enfin, les confrères de Frédéric Farine ne sont pas restés les bras croisés : ils ont interrogés, on the record, les officiers présents. Ils ont relaté l'incident dans France Guyane. Enfin, Laurent Marot, correspondant de Reuters, a aussi refusé de faire une dépêche sur le sujet, par solidarité avec son homologue de l'AFP.

Dernier point : le club de la presse de Guyane doit se réunir aujourd'hui pour décider d'une réaction collective à cet incident.

Portrait de déluge

à David Servenay Portrait de David Servenay De déluge

menuisier | 12H13 | 11/10/2008 | Permalien

Très bien et merci pour l'explication.

Tant mieux si ils ne laissent pas passer l'affaire comme ça, d'autant que le sujet est d'importance, étant donné la catastrophe écologique que constitue l'orpaillage sauvage (polution au mercure et empoisonnement des populations locales).

Par ailleurs, en se constituant en « pool » indépendant de l'armée, ne pourraient-ils pas louer les services d'un hélico et ainsi réduire leurs frais sans passer sous les fourches caudines de l'armée ?
(ceci écrit dans la plus totale ignorance de la faisabilité de la chose).

Portrait de Lapin Bleu

à déluge Portrait de déluge De Lapin Bleu

Journaliste n°89910 | 12H54 | 11/10/2008 | Permalien

Par ailleurs, en se constituant en « pool » indépendant de l'armée, ne pourraient-ils pas louer les services d'un hélico et ainsi réduire leurs frais sans passer sous les fourches caudines de l'armée ? (ceci écrit dans la plus totale ignorance de la faisabilité de la chose)

Salut Déluge,

Votre précision entre parenthèses me fait sourire… : )

Car en effet, l'équation [(Revenus d'un pigiste « mouillant sa chemise » en 2008) x (Collectif de pigistes) / (Coût d'une heure de vol en hélicoptère)] interdit de penser sérieusement à une telle action !

Peut-être qu'à l'avenir, dans le monde qui se prépare, RSF enverra -sur le mode Greenpeace- des hélicoptères de « presse libre » sur des théâtres d'informations chaudes ? Ca se limitera alors probablement à quelques gros « coups » par an.

Mais pour avoir été pigiste et animé divers collectifs, je peux vous dire que la faisabilité que vous évoquez est pour ainsi dire nulle.

-- lapinesquement,

Portrait de déluge

à Lapin Bleu Portrait de Lapin Bleu De déluge

menuisier | 16H42 | 11/10/2008 | Permalien

Ok, ok : -)

Portrait de richy

à déluge Portrait de déluge De richy

12H12 | 11/10/2008 | Permalien

croyez vous que dans l hélico il y avait un journaliste ? un homme de metier ne perds pas son ame dans ce genre de pantalonade !
encore bravo mr les journalistes(sic)

Portrait de Yann Guégan

à richy Portrait de richy De Yann Guégan

Rue89 | 13H36 | 11/10/2008 | Permalien

Ah bon ? Et que devraient faire les journalistes guyanais, selon vous, pour pouvoir informer sur ces opérations en pleine jungle ? Qui sont les « hommes de métier » dont vous parlez, et qui refuseraient d'aller ainsi sur le terrain ?

Portrait de Jonas2

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De Jonas2

Les mouches ne me trouveront pas as... | 14H13 | 11/10/2008 | Permalien

C'est une question de hiérarchie dans les sujets d'information et les principes éthiques, Yann.

Ne pas broncher quand il y a une telle entrave à la liberté de la presse me paraît autrement plus grave que de rater une énième couverture sur le sujet de l'orpaillage. D'autant que ce « voyage organisé“me semble plus ou moins sous embargo des autorités.

Plus urgent. Il ne s'agit pas de limiter la question à ce simple fait mais de la mettre en perspective quant au rôle que ‘l'on veut faire jouer’ aux média.

Je vais plus loin que Déluge. Je pense que la presse se décrédibilise complètement dans ce genre d'avatars.
Si les journalistes commencent à entonner la vieille rengaine du ‘armons nous partez’, je n'hésiterai pas à parler de presse couchée avec les rares têtes qui dépasseront systématiquement tondues et l'info complètement aseptisée.

J'espère que les journalistes guyanais vont redresser bruyamment la tête en produisant des papiers sans rewriting de qui que ce soit pour dénoncer ce qui vient de se passer.
Là, en l'occurrence, il s'agissait de ne pas confondre opération de com sarkosienne et dénonciation du désastre écologique que constitue l'orpaillage.

Portrait de Gandijyn

à Yann Guégan Portrait de Yann Guégan De Gandijyn

15H08 | 11/10/2008 | Permalien

L'armée à ses propres circuits d'information et de comm, et savent très bien les mettre en service opérationnel, dès lors que cela peut servir le « bonne cause » ( ? ). Faire appel à des journalistes indépendants est sans doute l'unique moyen de faire témoigner d'opérations « légitimes » et « légales », à grand coups de fusil, fumigènes et système pyrotechnique pour détruire les pompes, et « placers »… sauf que, quand les militaires arrivent sur place, les orpailleurs ont déjà quittés le camp, reviennent deux jours après le passage très médiatisé…
Monnayer sa place est doit être aisé… pas besoin de compte en banque : cela se négocie en pépite brute !

Portrait de violeta

à déluge Portrait de déluge De violeta

psy | 14H23 | 11/10/2008 | Permalien

innocence quand tu nous tiens !
« L'humanité est appelée à disparaître, bon débarras ! » : Yves paccalet ; http://www.yves-paccalet.fr/blog/

Portrait de Lapin Bleu

à violeta Portrait de violeta De Lapin Bleu

Journaliste n°89910 | 14H35 | 11/10/2008 | Permalien

Salut « violeta »,

Vous savez sans doute déjà que j'ai a-do-ré votre dernier lien « banksters.tv »…

Mais Yves Paccalet, j'ai du mal.
Je suis allé environ jusqu'à un peu plus des trois-quarts de son bouquin dont vous citez le titre tel un leitmotiv. Je me suis arrêté rebuté. A part enfiler comme des perles sur un fil les diverses catastrophes écologiques de ces dernières décennies, recommander au gens de ne pas faire d'enfants parce que c'est « anti-écologique » (tout en expliquant que, bon d'accord, lui a fait des enfants mais c'est parce qu'il était jeune et irresponsable, mais que maintenant, c'est sûr, il ne faut pas faire d'enfants si on ne veut pas être complice de tous ces salauds), d'en faire un livre histoire de prendre sa part au vaste merchandising « fin du monde » actuellement à l'oeuvre, je ne vois pas l'intérêt de sa réflexion.

Dénoncer est aisé, changer plus difficile et contribuer à la solution sans doute encore plus.

-- lapinesquement,

Portrait de violeta

à Lapin Bleu Portrait de Lapin Bleu De violeta

psy | 22H41 | 11/10/2008 | Permalien

bonsoir
c'est juste parce que sa vision un tantinet Nietzschéenne et accablée me convient, pas vraiment j'en conviens dans le détails que vous relevez. Mais se poser encore aujourd'hui des questions sur l'improbable noirceur de l'âme humaine, après la SHOA, c'est ne pas avoir compris l'immensité de la perversion de l'homme. Si l'on ne mesure pas ce qu'il est capable d'inventer dans l'horreur, nous ne parviendrons jamais à relever l'espoir d'une humanité possible… Aujourd'hui plus que jamais nous avons besoin d'une profonde lucidité -n'en déplaise à léo Férré- pour tenter de déjouer les pires pièges à venir ou alors notre ESPÈCE disparaîtra, qu'on le veuille ou non.

C'est bien parce que la « fin de partie » n'est pas encore définitive que l'on peut se permettre d'en jouer.

Portrait de Lapin Bleu

à violeta Portrait de violeta De Lapin Bleu

Journaliste n°89910 | 09H29 | 12/10/2008 | Permalien

J'aime votre réponse violeta.

-- Blue Rabbit

Portrait de bolomig

De bolomig

11H50 | 11/10/2008 | Permalien

§arkoland s'étend avec sa poudre aux yeux,ses mensonges, sa censure pour donner l'impression que notre « Petit » qui croit être un « Grand » agit. Tous ses « beaux discours »
ne sont que mauvaises et maladroites illusions. Tiens ! on va faire une commission ….

Portrait de Servais-Jean

De Servais-Jean 4591

alpha-béta | 12H07 | 11/10/2008 | Permalien

Si l'AFP se comportait en bonne courroie de transmission des déclarations péremptoires du pouvoir ainsi que l'avait demandé Raffarin toutes ces histoires n'existeraient pas et les journalistes de l'AFP disposeraient d'une place réservée dans les moyens de locomotion des tenants de la parole officielle.

Portrait de richy

De richy

12H09 | 11/10/2008 | Permalien

les militaires ne sont pas des professionnels aguerris ,a l'image de leurs mentors politiques,ils ne sont plus que de vulgaires comuniquants incompétents ! !

Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 12H34 | 11/10/2008 | Permalien

Le silence est d'or.
Alors les journalistes… dehors !
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de Gandijyn

De Gandijyn

12H51 | 11/10/2008 | Permalien

10 kgs d'or par semaine ! … ça laisse rêveur, surtout en cette période de crise où l'or est une valeur refuge ! …
N'y aurait-il pas des circuits d'extraction et de diffusion d'or, via les circuits officiels, où un malencontreux journaliste (enquêteur style « Encu…. de mouche en plein vol », teigne perspicace ou coupeur de cheveux en quatre ! ) aurait eu la bonne idée de fouiner dans les affaires de l'Etat ? Depuis quelques années, les rapports de Mme Taubira faisant mention de la pollution au mercure et atteinte des populations amérindiennes sont en circulation… c'est une problématique « négligeable » au regard de ce que cela peut rapporter !
Depuis quand les militaires « vérifient-ils » les écrits des journalistes indépendants ?

Portrait de Lapin Bleu

De Lapin Bleu

Journaliste n°89910 | 13H34 | 11/10/2008 | Permalien

Salut à tous,

La comm » sarkozienne devient ubuesque, en Guyane comme ailleurs.

Concernant spécifiquement le 973, il s'avère que la méga-démago-médiatico-tournée de Sarkozy concernant l'orpaillage clandestin, sa première tournée présidentielle en outre-Mer, aura au moins servi à quelque chose. Notre président de la République a fourni des moyens logistiques (en l'espèce un moteur hors-bord) à un homme qui alimentait les camps d'orpailleurs clandestins !

Cf.
« Complicité d'orpaillage clandestin »

http://www.rfi.fr/actufr/articles/104/article_71418.asp

Joseph Chanel, 58 ans, maire de la commune amérindienne de Camopi a été reconnu coupable de complicité d'orpaillage clandestin et condamné à 10 mois de prison avec sursis. Il a déclaré avoir utilisé un moteur offert par Nicolas Sarkozy pour ses transports illicites de denrées en pirogue. Le moteur a été confisqué par la justice. Le Parquet qui avait requis un an de prison dont 6 mois avec sursis a fait appel.

Grâce à son statut d'élu, le maire-trafiquant passait allègrement tous les barrages de gendarmerie postés sur le fleuve pour vaquer tranquillement à ses occupations. Il a été arrêté par les enfants de villages voisins qui l'ont emmené aux gendarmes.

Des enfants, incorruptibles, qui arrêtent le maire-ayant-reçu-le-président. Quelle plus belle image de la collusion « politiques/trafiquants » et du dysfonctionnement de nos institutions républicaines sous l'effet du sarkozysme tout puissant ? !

-- lapinesquement,

Portrait de Teberli

De Teberli

Enseignant | 13H46 | 11/10/2008 | Permalien

Ne peut être un vrai journaliste qui le veut.

Si le journaliste ne veut pas vendre son âme, ce sera difficile car les acheteurs sont puissants et leur pognon maîtrise l'info libérale - tant pour ce qui concerne la presse que pour les radios ou télés.

Si le journaliste est libéral, il ne verra même pas que les média sont aux ordres car il devancera les ordres.

Siné Hebdo et le Canard Enchaîné méritent notre soutien sur le long terme. Réservez votre argent dispo pour les soutenir énergiquement et ne le gaspillez pas sur la presse qui affiche son soutien au libéralisme calamiteux.

Portrait de Lapin Bleu

à Teberli Portrait de Teberli De Lapin Bleu

Journaliste n°89910 | 14H01 | 11/10/2008 | Permalien

Salut « Teberli »,

Vous dites :
« Ne gaspillez pas [votre argent dispo] sur la presse qui affiche son soutien au libéralisme calamiteux »

Je tiens juste à apporter une nuance, en tant que journaliste :

« La presse qui soutient le libéralisme calamiteux » n'est pas une notion qui s'applique uniformément à la presse. Un titre de presse ne travaille en théorie avant tout que pour ses lecteurs. Ce contrat tacite, c'est la ligne éditoriale. A ce titre, il n'est pas problématique, je pense, que des titres « soutiennent le libéralisme calamiteux », si leurs lecteurs sont des capitalistes calamiteux (presse financière par exemple, voire presse économique dans le cadre des médias éco « mainstream »).

A l'occasion du débat sur le TCE, en tant que patisan du non, je n'ai jamais trouvé anormal que Le Figaro où Les Echos militent pour le oui. C'était plus choquant de voir que Libé ou Le Nouvel Obs le faisaient aussi (et ça a signé leur trahison envers leurs lecteurs, en touchant -en le niant ça va de soi- au fondement de leur ligne éditoriale).

En tant que journaliste, je sais traiter une même info pour L'Humanité, Le Figaro, Minute, France-Soir, La Vie du Rail où La Semaine du Pays de Caux.

Les lecteurs de la presse sont de leur côté libres de lire ce qu'ils veulent.

-- lapinesquement,

Portrait de Teberli

à Lapin Bleu Portrait de Lapin Bleu De Teberli

Enseignant | 23H05 | 12/10/2008 | Permalien

C'est bien ce que signifie ma contribution : Ne pas acheter la presse « de gauche » qui soutient le libéralisme ou qui veut le réformer pour qu'il soit mois rejeté est un acte de civisme anticapitaliste.

Bon courage à tous les vrais journalistes, ils méritent le soutien de tous. Je pense qu'il faut aussi que les citoyens soutiennent etélargissent la liberté de la presse en donnant les infos qu'ils possèdent aux quelques journaux ou radios dignes de ce nom, dignes d'être lus ou écoutés.

Portrait de violeta

De violeta

psy | 14H19 | 11/10/2008 | Permalien

ça vous étonne ? Il y a un bail déjà que le cinéaste Philippe Lafaix nous avait interpellés dans son film « LA LOI DE LA JUNGLE ».
J'avais trouvé ça si insupportable et attristant ce mépris de l'écosystème local avec l'aval des autorités françaises qui « promotionnent » les grandes entreprises dans le même temps de son faux respect pour les assoiffés d'OR….

http://www.dailymotion.com/video/xg051_doc-la-loi-de-la-jungle

Portrait de caro

à violeta Portrait de violeta De caro

délinquante avérée | 16H42 | 11/10/2008 | Permalien

excellent film. Bien s'accrocher et avoir un récipient à portée de main.

Portrait de kanaboy 3b12

De kanaboy 3b12

préparateur en pharmacie, complice ... | 14H43 | 11/10/2008 | Permalien

hé bien dans l'indifférence générale qui prime ici en Guyane, nous assistons a ce déballage de moyens exorbitants pour « lutter » contre l'orpaillage (traduire : arriver trop tard et détruire un moteur sur 6 et 2 carbets) ; et voyons du coté de la côte, un peu dégoutés, les radars fixes et les contrôles routiers fleurir comme en métropole dans le sillage du convoi sarko , interminable tout comme le montant d'un tel déplacement, inutile de surcroit.

En somme, sarko le bref en ces temps de crise (traduire : revers de la médaille), a encore 4 belles années façon 30 glorieuses devant lui… pas nous.

alors, action ou vérité ?
à défaut de pouvoir agir , crions celle qui blesse !

Portrait de Pierrrrre

De Pierrrrre

16H39 | 11/10/2008 | Permalien

effectivement, toutes les armées du monde vérouillent l'information.
Elles se sont souvent faites piéger par des journalistes dont l'intention était propagandiste,
et les images récoltées ne sont rien par rapport à l'utilisation qui en est faite et qui dépend uniquement du journaliste.

L'éthique journalistique est suffisamment bafouée par l'obligation de propagande que se doit d'exercer le journaliste afin de pouvoir conserver son travail.

Il est certes des exemples de journalisme indépendants et intègres, et peut-être en est-ce un, mais son éviction doit être rapprochée avec une pratique évidente d'un journalisme de propagande anti occidentale et s'évertuant à chercher la bavure dans toute intervention.

L'armée se protège,
mais elle devrait le faire plus nettement et sans louvoyer..

Portrait de Teberli

à Pierrrrre Portrait de Pierrrrre De Teberli

Enseignant | 23H18 | 12/10/2008 | Permalien

Pierrrrrrrre soutient les armées et de préférences les armées d'occupation du libéralisme-capitalisme. Il ne soutient pas la Liberté de la presse et les journalistes qui ne sont pas aux ordres. Il choisit son camp.

Il reconnait qu'« Il est certes des exemples de journalisme indépendants et intègres, et peut-être en est-ce un » - ce n'est peut-être pas très courant dans son camp, et ç'est presque incongru dans sa façon de voir les choses.

L'Age de Pierrrrrre n'est pas tout à fait terminé malgré les preuves crisistimes de son agonie.

Portrait de caro

De caro

délinquante avérée | 16H40 | 11/10/2008 | Permalien

Le texte de Rue89 est déjà en ligne sur le site guyanais « blada » :
http://www.blada.com/

Qui est Frédéric Farine ?

Comme il est dit dans le texte, il mouille sa chemise depuis longtemps contre l'orpaillage clandestin. Cela lui a valu son poste à RFO en 2004

Mais qu'a-t-il donc écrit ?
http://www.tonkeul.com/guyanefarwest.html

et des procès, comme celui-ci, aussi en 2004

http://www.blada.com/chroniques/2004/104-Un_proces_pour_la_liberte_de_la…

les dangers du mercure utilisé pour l'orpaillage : un article de F. Farine en 2006 et les problèmes n'ont faire que s'aggraver

http://www.rfi.fr/actufr/articles/075/article_42251.asp

une pétition contre l'orpaillage
http://www.cyberacteurs.org/actions/lettre.php ? id=330

Frédéric Farine est un gêneur, un empêcheur de tourner en rond, un dénonciateur de l'impunité des orpailleurs et de leur possibilité d'empoisonner encore plus les populations amérindiennes.

La liberté de la presse ? qu'est ça quo pour not'bienaiméprésident ?

Ma famille en Guyane m'avait envoyé les articles de la presse, articles de soulagement lorsque le géant Cambior n'a pas eu l'autorisation d'exploiter des gisements au beau milieu des marais de Kaw. Mais la bataille n'est pas gagnée et la survie des populations vaut bien qu'on se bouge.

Portrait de weenana

De weenana

locataire baobab27 | 20H19 | 11/10/2008 | Permalien

FF me pardonnera mais ça aura au moins servi à afficher l'orpillage en Guyane en première page d'un média métropolitain. Y'a-t-il un seul journaliste qui s'est inquiété de savoir qui était Philippe GROS ? Il a été abattu d'une balle dans la nuque, il y a deux ans, il aimait trop la Guyane pour accepter qu'on la pille, qu'on empoissonne ses rivières et tous les peuples qui en dépendent.
Qu'elle aurait été la couverture médiatique pour un homme abattu comme un chien en métropole ?
Combien de rédactions auraient envoyé leur meilleur reporter, comment de chaînes de télévision auraient leurs reporters ?
La seule fois, où on les a vu déboulé en grand nombre, les journalistes, c'est quand droit dans leurs bottes en plastique, ils ont pourchassé le président pour lui demander son avis sur le « road movie » de la mairie de Neuilly.
Juste à coté d'une rivière polluée au mercure.
Après Philippe, il y a eu Capi, Domingo, et deux gendarmes, des citoyens de France, et tous les anonymes enterrés à la va-vite dans la forêt primaire, auxquels aucun grand média national n'a porté l'intérêt qu'ils méritaient,au vu l'importance du problème que cela révèle : l'abandon par la France de tout une partie de son propre territoire, des peuples premiers qui y survivent,aux mains de pilleurs, de pollueurs et voir de tueurs.
Et c'est pas faute de squatter leur boite courriel.
L'opération Harpie a été « trop » efficace, et la raison officielle de son abandon - son coût financier trop important - n'est que foutaise.
Aucune rédaction n'est allée chercher les raisons réelles de cet abandon.
Et pourtant, il y a de la matière, corruption, politique, économie parallèle.
Du pain béni pour tout journaliste qui sait encore ce que son métier veut dire.
En Guyane, nous sommes des centaines de milliers de français à nous appeler potentiellement Philippe Gros.
J'espère que la Guyane va s'accrocher à cet article, pour qu'enfin que cela se sache.

Portrait de Gandijyn

à weenana Portrait de weenana De Gandijyn

20H47 | 11/10/2008 | Permalien

Si on devait (réellement) investiguer les comptes personnels (depuis les 30 dernières années) des avocats, huissiers, maires, dentistes, médecins, certains officier de police et gendarmes, ex-légionnaires convertis en mercenaires, ingénieurs du CNES … population locale … la Guyane se devrait d'être un paradis (fiscal ? ). Elle se transforme en poubelle (rejet de mercure, rejets des propergols d'Ariane, …) les caïmans ont largement grossi leur rangs en dévorant de la chair humaine (prédécoupée au coupe-coupe, ou jetée avec pieds et mains liées - marais de kaw, ou mangrove, le lieu importe peu)… Aucune trace , personne n'a rien vu, rien entendu et les Brésiliens ne sont pas obligatoirmement les plus méchants ! Evidemment, la fièvre de l'or, mais aussi des pierres semi-précieuses (venant du Brésil) font qui certains, après avoir goûté au bouillon d'awara y résident définitivement… Des agents ont des contrats de 3 voire 6 ans, d'autres, à vie ( ? )… La jungle n'est pas du côté de la faune, ni de la flore !

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code