Jacques Brel serait donc mort il y a trente ans.
Non. Il est vivant.
Ceux qui ont eu la chance de le voir sur scène, ceux qui ont eu la chance d'écouter ses chansons en radio, ceux qui ont eu la chance de le découvrir après et ceux qui ont la chance de le découvrir maintenant, ceux-là le savent bien.
J'aime (presque) toute ses chansons. Avec un faible pour « Orly », le plus beau texte qui soit sur la séparation, « Fernand », rage et chagrin et rage jusqu'au blasphème ( « et maintenant, Bon Dieu, tu vas bien rigoler »). Et « Jojo », découvert seulement le jour même où j'appris sa mort. Je vous dis pas l'effet.
Jojo
Je ne rentre plus nulle part
Je m'habille de nos rêves
Orphelin jusqu'aux lèvres
Mais heureux de savoir
Que je te viens déjà
Jacques Brel n'aimait pas trop les suceurs de roue. Il avait fait savoir à un de ces geais amateurs de plume de paon : « Dites à X… qu'il peut cesser de tousser, j'ai cessé de fumer. »
Je n'aime donc pas trop les « grands » chanteurs qui chantent du Brel. Notamment parce qu'ils s'en tiennent frileusement à « Ne me quitte pas » et de plus sans jamais même égaler l'original. Alors que je trouve bien qu'on chante Brassens, qui ne demandait pas mieux, je n'ai pas aimé le disque-hommage à lui consacré il y a quelques années : personne n'atteint sa démesure. Arno, peut-être ? Ne parlons pas du Patagon à crête mordorée, non, dorée…
Si quand même, un groupe féminin, Laïs, qui a quitté les sentiers battus et fait revivre « Grand Jacques ». Et quelques chanteurs ont créé des chansons sur lui, comme Pierre Perret (« Prenez ma nouvelle adresse ») ou plus rare mais aussi précieux, Pierre Delorme (« L'aviateur »). Vous pouvez allonger la liste. Je me souviens aussi d'une classe de mon collège, nous touchant de toute sa sincérité avec « Quand on n'a que l'amour ».
« Gémir n'est pas de mise, aux Marquises », et nulle part.
Gémir, non, mais gueuler en apprenant la vente aux enchères des restes matériels (objets, lettres, etc) de Brel. Sa fille, France, est écœurée par ces manières de nécrophage. En ces jours de financiarite aiguë, ça vous étonne ?


























47
(Pour réagir, connectez-vous)
De Alain Pacifique
03H33 | 09/10/2008 |
j'ai passé plusieurs mois aux Marquises et quand on écoute sa chanson « les Marquises » après y avoir vécu ( un peu ) , et bien c'est vraiment ca. la description qu'il en fait, le rythme de la musique , tout évoque cet archipel magnifique et tellement isolé au mileu du pacifique. grandiose !
à Alain Pacifique
De compte supprimé 22
(auteur)
Lecteur écriveur | 08H52 | 10/10/2008 |
Bon, je reviens ici (merci Alain) pasque la page, en bas, eh ben elle est toute pourrite !
D'abord dire que j'ai apprécié les commentaires. Une fois de plus se vérifie l'idée qu'un article sur un site participatif est une pierre jetée dans l'eau : les ondes qu'elle provoque sont parfois aussi importantes. Un que je voudrais relever, celui de massO, qui prouve que seuls les cons ne changent jamais d'avis, hein mon Benoist ; -) et se termine sur l'hommage qu'un père aime recevoir, même si c'est longtemps après…
Bon, je ne vais pas regretter qu'ils soient tous positifs mais j'aurais aimé de la contradiction sur Brel lui-même. Les consensus universels m'ont toujours fait un peu peur.
Un ami m'a reproché l'emploi de « nécrophage ». Je tiens à dire deux choses :
- La tête sur le billot, je ne dénoncerais pas la personne de Rue89 qui a remplacé le titre que je proposais par celui-là, ci-dessus.
- En matière de nécrophagie, je fais une gradation entre ceux qui, tant qu'à faire revivre des chansons de Brel, ne prennent pas de risques, ceux qui pratiquent l'exil fiscal et ceux (les pires et de loin) qui ont mis des morceaux de Brel à l'encan. De ces derniers, Brel aurait dit :
Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On n'cause pas, Monsieur
On n'cause pas, on compte
Hier, j'ai réentendu Les Marquises et Orly. Ben j'avais la larme à l'œil. Et j'ai retrouvé les fabuleuses orchestrations (Rauber, Jouannest, ne pas oublier Azzola « chauffe Marcel »), qui font partie du caractère unique de ces œuvres. Le caractère unique de ces œuvres est aussi là : lisez une chanson de Brel à voix nue devant des amis, la magie est intacte. Essayez de faire ça avec du Barbelivien (oui, bon, là, la magie, autant parler de string à un Esquimau).
à Alain Pacifique
De et puis il y a frida
rien | 19H01 | 11/10/2008 |
Apres avoir lu tout les commentaires je m'etonne de ne voir aucune fois citee la chanson « la ville s'endormait »…
à et puis il y a frida
De Thomas GREDAT
| 19H15 | 12/10/2008 |
Il y en a tellement qui méritent d'être citées ! Mais je suis d'accord avec vous : « La ville s'endormait » est un de mes titres préférés de Brel. Une des perles de son dernier album.
Allez faire un tour sur YouTube : elle y est.
De Alex Engwete
Consultant | 04H48 | 09/10/2008 |
à Alex Engwete
De zorglub
insulaire en exil | 07H33 | 09/10/2008 |
« Sa fille, France, est écœurée par ces manières de nécrophage »
Il y a une vingtaine d'année sa fille faisait le tour de France (notre pays) pour le Rotary club ! ! ! Alors, la bienséance sur les nécrophages …
Pour le Grand Georges, il faudra attendre 2011 pour les 30 ans de sa mort ; -)
La Camarde l'a fauché trop tôt lui aussi : -(
Jacques Brel a dans une de ses chanson dit cette phrase sublime : « Je Te frère »
La simplicité transparait dans « L'aventure c'est l'aventure » où il est plus vrai que nature : -)
à zorglub
De Thomas GREDAT
| 09H59 | 09/10/2008 |
France Brel semble en effet mal placée pour donner des leçons. En 2003, pour les vingt-cinq ans de la mort de son père, elle autorisa la publication de cinq chansons inédites. François Rauber et Gérard Jouhannest, les plus fidèles compagnons et les meilleurs collaborateurs de Brel, furent meurtris de cette décision, prise sans leur aval.
Sur un autre plan, on peut regretter, sur le site officiel de Jacques Brel, le mutisme concernant Madly Bamy, sa dernière compagne. Comme si elle n'avait jamais existé.
à zorglub
De parti
punishment park | 16H02 | 09/10/2008 |
même maccione est potable dans l'aventure c'est l'aventure…
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 07H45 | 09/10/2008 |
C'est sympa, que la Rue vous ait offert cette tribune que vous consacrez au « grand Jacques » !
Vous vous en tirez fort bien, et au delà, prouvez votre attachement à son œuvre et au « bonhomme ».
C'est exact, que « Orly » tiré de son dernier album, (les Marquises) est l'un de ses textes le plus abouti.
Personnellement j'y adjoindrais moi, « Sur la place », tiré de son premier « microsillon » ou l'un des premiers si je ne m'abuse, et fort peu connu.
Une recherche sur Google, un click et les amateurs trouveront !
Oublions effectivement les tentatives pathétiques de celles et ceux qui ont essayé de nous le faire revivre, (au passage bravo pour le « patagon doré »).
Nous le faire revivre, comme vous dites, inutile puisqu'il n'est pas mort ! (longue digression possible sur ce sujet).
Vous vous offusquez également, (moi aussi) à juste titre, (comme sa fille France, gardienne du temple), de cette vente aux enchères :
« (objets, lettres, etc) de Brel. Sa fille, France, est écœurée par ces manières de nécrophage. »
Je connais assez bien le parcours de l'homme qui est le sujet de votre « papier ».
Une personne, une seule personne à mon avis pouvait et détenait ces « biens matériels » .
D'ailleurs, (au passage), le manuscrit original d » « Amsterdam » s'est adjugé à un prix record !
Cette personne, qui a accompagné Jacques dans ses derniers moments les plus tragiques, doit avoir des raisons, que seul sa conscience est à même de juger !
NB : « JoJo » était son ami, son secrétaire, son confident.
à adaunis
De compte supprimé 22
(auteur)
Lecteur écriveur | 08H23 | 09/10/2008 |
Sa première femme aussi, Miche, a râlé. L'identité du vendeur n'est pas donnée dans les médias qui racontent ces enchères. On peut le comprendre : sans doute pas envie de se retrouver avec des charretées de fumier devant sa porte, même s'il a les moyens de le faire évacuer. La mode (avec quelques raisons, non) est de détester les spéculateurs. Je crois que ceux qui spéculent sur l'art sont encore pires.
J'ai envoyé ce texte à Jean-Pierre Leloir, auteur entre autres de la fameuse photo Brel-Brassens-Ferré.
http://www.photo-leloir.net/
(Bon, je vous laisse pour la journée. Soyez sages et allez réécouter vos disques, K7, CD… Je sais pas : l'Air de la Bêtise. Très à la mode, lui aussi…)
à compte supprimé 22
De zorglub
insulaire en exil | 08H30 | 09/10/2008 |
« (Bon, je vous laisse pour la journée. Soyez sages et allez réécouter vos disques, K7, CD… Je sais pas : l'Air de la Bêtise. Très à la mode, lui aussi…)
… Au suivant : -)
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 08H30 | 09/10/2008 |
Je suis personnellement sensible à la reprise d'« Amsterdam » par Bowie.
Il a longtemps terminé ses concerts par cette chanson.
Il existe une version longue de près de 7 mn, qui est éblouissante.
Sur le net , je n'ai trouvé que celle ci…
Et Noir Désir dans « Ces gens là “ , c'est pas mal non plus !
‘>
à Charles Mouloud
De zorglub
insulaire en exil | 08H35 | 09/10/2008 |
http://www.dailymotion.com/video/x3hkzo_angeces-genslavielsam-2005
Christian Décamps et le groupe Ange, aussi ; -)
version studio dans l'album « Le cimetière des arlequins »
à Charles Mouloud
De déluge
menuisier | 11H49 | 09/10/2008 |
La version de 7 minutes d« Amsterdam » est sur le double album « Live at the Beeb », et elle est bien effectivement.
à déluge
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 12H52 | 09/10/2008 |
Fan quasi inconditionnel, tu parles mon ami que je l'ai tossi cet album !
Mais les vidéos sont rares sur le net….
à Charles Mouloud
De déluge
menuisier | 14H42 | 09/10/2008 |
C'était pas pour toi mon Charles.
Je sais bien que tu l'as déjà : On en avait causé y a quelques temps.
Elle t'a libéré ?
à Charles Mouloud
De compte supprimé 22
(auteur)
Lecteur écriveur | 09H00 | 10/10/2008 |
Bowie, oui.
Noirdez, non. Pour bibi, grosse déception.
Un autre auteur sur le même thème : Jehan Jonas pour « L'album de famille »
Une autre Jacques Belge : Jacques Debronckart. Cherchez « Mutins de 1917 » et « la Religion ». Vous aurez du mal : ces chansons furent censurées.
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 08H45 | 09/10/2008 |
On n'oublie rien de rien
On n'oublie
rien du tout
On n'oublie rien de rien
On s'habitue
c'est tout !
De mick69
08H48 | 09/10/2008 |
Dans « Ces gens là », il y a une phrase très actuelle :
Chez ces gens-là
On ne pense pas, Monsieur
On ne pense pas,
On prie !
De michel 13
| 08H48 | 09/10/2008 |
Oui Brel est toujours là pour tous ceux qui l'aiment encore. Comment l'oublier, comment oublier ses textes, ses chansons ? Brel est unique et les copieurs n'arriveront jamais à égaler l'original. Ses cris d'amour, de colère, de désespoir nous aident à vivre.
Merci Grand Jacques.
De PAULA17
09H25 | 09/10/2008 |
Brel est intemporel.
Brel a laissé l » empreinte d » un géant, à cause de la puissance d'écriture, flambée des mots, tempêtes d » émotions, de l » intensité, de l » incandescence de l » interprétation, le voir donne toujours des frissons.
De Thomas GREDAT
| 09H50 | 09/10/2008 |
Quelle belle initiative vous averz eue, cher PMB, en ce jour si tristemet anniversaire ! Comment parler aujourd'hui du poète Brel en évitant les poncifs sur « Le plat pays » et « Ne me quitte pas » ? En rappelant, comme vous le faites, qu'il est aussi l'auteur de textes magnifiques, comme celui d'Orly :
« Et brusquement il pleure,
Il pleure à gros bouillons,
Tout entourés qu'ils sont
D'adipeux en sueur
Et de bouffeurs d'espoir qui les montrent du nez,
Mais ces deux déchirés, superbes de chagrin,
Abandonnent aux chiens l'exploit de les juger. »
En rappelant aussi l'interprète hors-pair qui s'épuisait à faire vivre ses chansons. Les images d'archives de l'INA nous montrent sur scène un homme ruisselant, tour à tour comique, pathétique, pitoyable et magnifique, habité par ses chansons et donnant la pleine mesure de son art de comédien. Brel vomissait de trac en coulisses, il ne trichait pas. Le public de l'Olympia ne s'y trompa pas, qui salua d'une clameur de surprise et d'un rugissement de plaisir les dernières mesures d'« Amsterdam ».
Rappeler aussi que Brel sut mener sa vie jusque dans ses désordres. Il quitta la scène quand il sentit l'enthousiasme le quitter, il abandonna la chanson avant qu'elle ne l'abandonne, pour lui revenir quand il eut du nouveau à lui et à nous offrir (et quelle offrande, Seigneur ! que ce dernier album ! Oui, j'invoque Dieu pour évoquer la mémoire de ce grand mécréant, il faut bien une telle échelle pour mesurer la grandeur et la profondeur). Chanteur, poète, acteur, réalisateur, mais aussi voyageur, Brel alla au bout de ses désirs. Un courage qui n'est pas toujours celui des pauvres mortels que nous sommes.
Alors, un modèle ce Brel ? Pas si vite ! Pas toujours courageux, notamment en amour, surtout en amour. « Ne me quitte pas » était d'abord une chanson sur la lâcheté des hommes. C'est lui qui l'a dit. Surtout, il dilapida en quelques années le don unique d'une santé éclatante, et c'est un homme épuisé qui vint échouer aux Marquises, « Orphelin jusqu'aux lèvres » de Jojo, mais aussi usé par sa bougeotte, face émergée de l'angoisse d'un fils de famille aisée, élevé dans des principes rigides et grandi dans une trop grande solitude, à peine apaisée par la présence de son grand frère Pierre. Ecoutez « Mon enfance », et osez ne pas être secoué de sanglots quand s'élève le dernier vers.
Cet acharnement à vivre, à aimer, à créer, à ne pas s'enfoncer dans une vie fixée et sans horizons, était aussi une fuite.
La vie de Brel ressemble à ses chansons. Une petite étincelle qui prend, allumant lentement un feu qui devient flamme, qui explose en brasier, éclate en incendie, avant de retomber pour se consumer doucement, dans les derniers rougeoiements des ultimes braises.
Mais cette flamme « brûle encore, bien qu'ayant tout brûlé ».
De Ophélie Neiman
Rue89 | 09H57 | 09/10/2008 |
C'est amusant : ceux qui adorent Brel citent souvent Orly alors même que cette chanson reste peu connue. Pour ma part, quand mes amis me demandent pourquoi Jacques Brel me bouleverse plus que quiconque, je leur fait d'abord écouter Orly. Puis La Fanette.
Côté reprise, je reste toujours sensible au travail de Matthieu Chédid avec « Au suivant », surtout quand on voit des milliers de fan la reprendre avec tant de ferveur comme sur cette vidéo :
Pour une reprise plus rock-déjantée, voir le duo -M- et Camille :
Camille et -M- : Au Suivant
Et puis, quand même, toujours :
« Et maintenant, ils pleurent
Je veux dire tous les deux
Tout à l'heure c'était lui
Lorsque je disais “il”
Tout encastrés qu'ils sont
Ils n'entendent plus rien
Que les sanglots de l'autre
Et puis
Et puis infiniment
Comme deux corps qui prient
Infiniment, lentement,
Ces deux corps se séparent
Et en se séparant
Ces deux corps se déchirent
Et je vous jure qu'ils crient »
Orly. 1977
à Ophélie Neiman
De Thomas GREDAT
| 10H03 | 09/10/2008 |
« Et puis ils se reprennent,
Redeviennent un seul, redeviennent le feu,
Et puis se redéchirent,
Se tiennent par les yeux. »
De Ophélie Neiman
Rue89 | 10H23 | 09/10/2008 |
Bon puisqu'on en parle tellement :
Orly :
à Ophélie Neiman
De compte supprimé 22
(auteur)
Lecteur écriveur | 09H10 | 10/10/2008 |
Ben oui, Gainsbarre, la chanson n'est pas un art mineur, c'est un art court…
De zénon denon 84
Bonne | 10H28 | 09/10/2008 |
AH BREL… Le tres grand Homme .
Oui il est toujours vivant. Tant mieux !
J'ai le souvenir (en 1993) Arte pour
les 15 ans de sa disparition des vivants
avait consacré une superbe soirée
avec juste qq mots
de Claude Jean Philippe /superbe ,
pour dire ,de la qualité de l'émission TELE
voici ce qu'en disait le critique média du » Monde »
daté du 12 octobre 1993 …
« Le regard baigné de sueur et de larmes,ces
mains tendues en une supplique de pierre,cette
bouche figée par l'appel ou tordue d'une
cruauté déchirante : BREL nous apparut intact,
sur arte ,possédé et fiévreux, étonnamment
semblable aux pochettes des 33 tours d'antan.O
magie des archives O miracle de sainte INA ,
Brel ne vieillira ne villira plus ….
… etc (je ne cite que le début du beau papier
de Daniel Scneidermann )
Le reste,tout le reste n'a pas bcp d'importance
lui(BREL) qui passait beaucoup de son temps
à chanter aussi …dans les prisons.
MERCI à toi
JACQUES .
De lesuperdidou
Saltimbanque | 10H35 | 09/10/2008 |
Je pleure encore.
De marie 75 3563
10H44 | 09/10/2008 |
Le Grand Jacques …
« Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? “
à marie 75
De zorglub
insulaire en exil | 14H24 | 09/10/2008 |
…« 15 heures par jour le corps en laisse,
laisse au visage un teint de cendre »