Sur le terrain 08/10/2008 à 13h32

A Paris, pas de ruée vers l'or, mais beaucoup de curiosité

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89

Dans les pays du Maghreb, les bijoux en or constituent le trésor de toute une famille. Dans la France en guerre, des Juifs ont pu être sauvés grâce à quelques lingots qu'ils avaient précieusement conservés... depuis l'Antiquité, la fortune s'exprime en or. En ces temps de krach boursier mondial, le métal précieux n'a jamais autant mérité son titre de « valeur refuge ».

Le lingot est monté mardi à 21 750 euros, et le napoléon a grimpé à 150 euros, et même 190 euros vendredi. L'once d'or s'affichait lundi à 652 euros pour 31 grammes d'or fin. Des cours en très forte hausse puisque le lingot, qui pèse -à 5 grammes près- un kilo d'or fin, cotait à 17 000 euros il y a quinze jours.

Mais ce n'est pas non plus la « ruée vers l'or », contrairement à ce qu'écrit Capital, selon les spécialistes interrogés.

Pour mieux comprendre comment fonctionne ce marché de matière première pas comme les autres, il faut aller rue Vivienne (IIe arrondissement de Paris), à deux pas de la Bourse, où les cotations sur l'or avaient cours jusqu'en 1984.

Ambiance feutrée, clients discrets et peu loquaces dans ces boutiques aux multiples sas de sécurité. Les boutiquiers ne vivent pas vraiment de la vente d'or, qui ne rapporte que quelques pour cents de commission. Ils ont diversifié leurs activités, proposent tout à la fois du change de devises, du recyclage de bijoux abîmés et surtout de la numismatique, la collection de pièces anciennes.

C'est chez CGB, spécialiste en monnaies anciennes que nous avons rencontré Laurent Schmitt, numismate. Il a vécu bien des crises, se rappelle notamment le début des années 80, où les épargnants faisaient la queue devant les banques pour récupérer leur épargne, et relativise cette « ruée vers l'or ». (Voir la vidéo)

C'est assez logiquement que l'or joue ces temps-ci son rôle de valeur refuge. « Les gens ne veulent plus avoir à faire avec les banques », explique Jean-François Faure, qui a créé début septembre un site. A l'origine de cette initiative, son envie de conseiller les gens : « c'est compliqué d'acheter de l'or » et « c'est plus intéressant de posséder de l'or que n'importe quoi d'autre ». Acheter des lingots prend du temps, et les conserver peut être se révéler compliqué.

Ce que les Français détiennent le plus ce sont les napoléons, héritiers des Louis d'or et des pièces de 20 francs qui circulaient pendant l'Empire. « Les Français en possèdent 3 à 5 000 tonnes, soit plus que la banque de France », souligne Jean-François Faure. Ils recommandent aux acheteurs de pièces en or de les laisser au coffre : la moindre détérioration réduirait leur valeur de 5 à 10%.

Patrice Monamy, patron d'AV-Gold Team, rue Vivienne, constate un regain d'intérêt pour les métaux précieux, notamment chez les détenteurs d'or, qui profiteraient bien de l'envolée :

« Ces derniers temps, on voit beaucoup de gens affolés nous demander s'il faut qu'ils vendent leur or, puisqu'il est au plus haut. Ils ont 45 à 70 ans en moyenne, un peu plus jeunes que la clientèle habituelle. »

Ce mardi, le cours du Napoléon est ainsi passé, lors de la cotation quotidienne, fixée à 13 heures, de 120 à 150 euros. Le cours est donné par la Compagnie parisienne de réescompte, CPR qui détient le quasi-monopole (avec le Comptoir Lyon-Allemand) depuis la disparition des autres intervenants sur le marché français. « Si la valeur du Napoléon en métal pur est de 110 euros, il est déraisonnable de l'acheter au-delà de 150 euros », estime Patrice Monamy.

Mais le cours quotidien français peut ne pas refléter le cour international fixé à la bourse de New York, comme l'explique encore Laurent Schmitt, estime Laurent Schmitt. (Voir la vidéo)

En tous cas, pour Jean-François Faure, pas de doute, l'or continuera de monter du fait d'une demande structurellement supérieure à l'offre, comme il l'explique sur son site L'or et l'argent.

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  • marie 75
    • Posté à 14h10 le 08/10/2008

    les gros poissons ont acheté de l'or cet été, avec infos en poche.

  • zphilou
    • Posté à 14h14 le 08/10/2008

    Amis retraités floués par la crise.... ? ? ? ? ?

    Un seul conseil : « Vendez vos dents.... ! ! ! »

  • infiltré_
    • Posté à 15h50 le 08/10/2008

    correction, pour marie,

    Les gros poisson ont commencé à acheté l'or avant la guerre de afghanistan, la guerre en irak et avant la tentative ratée de commencer la guerre en syrie voir en iran en 2007

    Regardez les courbes c'est intéressant :

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  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h05 le 08/10/2008
    • Internaute
      Now future & karpe diem

    J'aime bien cette rue, j'y passe régulièrement en partant du boulot, afin de regarder les pièces exposées dans les vitrines.
    Mais je n'ai pas remarqué qu'il y avait plus de monde que d'habitude. Enfin on ne peut pas dire que ça soit désert comme coin, et puis ce n'est pas l'intérieur que je regarde.

    Mais la prochaine fois que j'y croise un vieux à l'air angoissé, signe qu'il se trimballe soit des liasses de billets, soit des pièces en or, je vais rigoler un bon coup en le regardant avec l'air de celui qui veut le déposséder de sa fortune : D

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 17h55 le 08/10/2008
    • Internaute
      Déchoukeur

    La thésaurisation de l'or signifie donc le ralentissement des échanges économiques puisque c'est autant d'argent qui n'est pas remis dans le circuit et qui dort au fond du placard. Après tout cela peut paraître raisonnable quand aucun autre investissement ne semble fiable et que les revenus disparaissent. Cela se faisait beaucoup dans les dernières années de l'Empire romain.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 17h57 le 08/10/2008
    • Internaute
      Retraite invalidité

    Mais où est donc OR ni car... ? !

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  • Dust
    • Posté à 05h52 le 09/10/2008
    • Internaute

    Cela me faisait penser aux publicités en masses, aux boutiques incalculable qu'il y a un peu partout aux USA en ce moment sur le thème « vendez nous vos bijoux en or et autres breloques, vous aurez du cash tout de suite »

  • Argos
    • Posté à 07h49 le 09/10/2008

    Et pendant ce temps là, PERSONNE ne dénonce la stagnation du prix de l'essence à la pompe, malgré la division quasiment par 2 du prix du brut ! ! !

    Les compagnies pétrolières ont trouvé le moyen de se faire de la trésorerie sur notre dos sans passer par les banques.
    Un secteur de moins à sauver pour le nain de l'Elysée, on ne sait jamais et ces entreprises ont certainement gardé la bonne habitude de financer ..... ce que la justice ne condamne JAMAIS.

  • zénon denon 84
    • Posté à 19h13 le 09/10/2008
    • Internaute
      Bonne

    Juste remarque ,
    J'aimerais savoir une bonne fois pour toute :
    entre le moment ou le prix augmente sur les marchés
    et celui ou « ils » le répercute à la pompe : combien de temps ?
    à l'inverse,
    quand ça baisse : combien de temps .
    Ca me semble simple ,non .Toute dérive ,tout retard sera sanctionné .
    Chiche ,mme Lagarde , du porte_monnaie ...

  • DIDIERPETOSSE
    • Posté à 19h15 le 09/10/2008

    Sophie Verney ecrit :

    « Dans la France en guerre, des Juifs ont pu être sauvés grâce à quelques lingots qu'ils avaient précieusement conservés... »

    Que voila un raccourci de l'histoire dangereux.

    Combien sont morts malgré leurs lingots, ?
    Combien vivaient simplement et n'avaient pas de lingots ?

    Attention après 29 ce fut Hitler.

    En ces temps de crise il faut rester vigilant.