Le tribunal administratif de Montpellier a annulé ce mardi l'élection du maire UMP de Perpignan, Jean-Paul Alduy. Une élection qui avait été contestée en justice après la découverte de bulletins de vote cachés dans la chaussette d'un président de bureau de vote, frère d'un colistier du candidat UMP.
Rue89 vous avait conté cette triste histoire au lendemain des élections municipales au mois de mars :
« La paire de chaussette incriminée appartient au président du quatrième bureau de vote de la ville. Dimanche vers 19 heures, alors que les membres du bureau de vote installé dans l'école Léon-Blum, quartier du Haut-Vernet, ont déjà commencé à dépouiller les bulletins, Georges Garcia est pris en flagrant délit. Des enveloppes dépassent de sa poche.
On s'indigne. Il rougit, veut aller aux toilettes. On le retient, les esprits s'échauffent. La police arrive et l'emmène dans une autre salle. Là, un témoin le voit sortir de l'une de ses chaussettes sept bulletins supplémentaires qu'il tente de cacher sur une armoire. Les documents sont saisis, et le soir même, Georges Garcia est placé en garde à vue par le procureur de la République, Jean-Pierre Dreno, qui ouvre une information judiciaire. »
Ce mardi, le tribunal administratif de Montpellier a estimé, dans un jugement que s'est procuré Rue89, que la fraude était bien avérée et que le faible écart de voix entre les deux candidats pouvait altérer la sincérité du résultat. Par ailleurs, Georges Garcia a été mis en examen pour fraude électorale.
Jacqueline Amiel-Donat, la candidate socialiste malheureuse qui menait une liste d'union et avait introduit le recours, a confié à Rue89 éprouver « un sentiment de plénitude » :
« Les choses sont en ordre. Vous savez, je suis professeure de droit et avocate, je crois au droit et à la justice. Le tribunal a rendu la justice. Il n'y a pas eu de cris au tribunal, seulement quelques larmes de ma part. Le coup des chaussettes, ça fait rire, mais c'est une salissure. Il fallait enlever cette indignité qui pesait sur Perpignan. »
Egalement contacté par Rue89, Jean-Paul Alduy s'est d'abord refusé à tout commentaire au moment de l'annonce du jugement, avant d'accorder une interview quelques minutes plus tard au Point.fr. Interview dans laquelle il affirme être « victime d'un lynchage médiatique » et annonce son intention de « faire appel de cette décision devant le Conseil d'Etat ».
Cette requête suspendrait le jugement du tribunal administratif. Le Conseil d'Etat aurait alors six mois pour se prononcer.
Une requête qui désole Jacqueline Amiel-Donat, qui « ne voit pas comment il va faire pour continuer à gouverner la ville avec les habitants, les électeurs qui vont lui jeter ça sur le nez ».
► Mis à jour le 07/10/2008 à 11h33 après la réaction de Jacqueline Amiel-Donat, à 11h51 après l'obtention du jugement et à 14h33 après la réaction de Jean-Paul Alduy.
► Article suivi : Fraude électorale à Perpignan : la chaussette brûle toujours

























5
De Jaùsep
| 10H42 | 07/10/2008 |
Je ne comprends pas que l'on puisse sanctionner aujourd'hui, quelqu'un qui a voulu remplir son bas de laine pour combler des déficits !
De Michel G
Carcassonne | 11H09 | 07/10/2008 |
Je suis surpris que ce meme tribunal n'ai pas annulé l'election de Carcassonne ou le maire UMP, qui passe avec 56 voix d'avance, a été mis en cause dans un systeme de fausses procurations, plusieurs personne ayant porté plainte. J'avoue ne plus tres bien comprendre les meandres de la justice Française. Et pourtant « nul n'est sensé ignorer la loi ».
De Asder
des croissants actifs | 11H30 | 07/10/2008 |
Voilà bien le problème : les élus qui ont fraudé ne perdent jamais leur capacité à se représenter un jour ou l'autre. Ce n'est pas la peine de citer des noms, car non seulement c'est dangereux mais il y en aurait trop. Comment se prétendre en démocratie quand on sait que certains candidats qui se présentent ont des casseroles au derrière ou pire du sang sur les mains. Et que disent les leaders de partis politiques face à de telles attitudes. Pourquoi ne les condamnent-ils pas clairement et fermement et ne virent-ils pas ces galeux de leur parti ? Comme on voit que ce n'est pas le cas, ça laisse songeur sur la qualité de notre démocratie.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 11H44 | 07/10/2008 |
Egalement contacté par Rue89, Jean-Paul Alduy se refuse pour l'heure à tout commentaire.
A mon avis, Alduy doit avoir des préventions contre vous parce qu'il y a des endroits où il n'a pas ce genre de coquetterie !
http://www.lefigaro.fr/politique/2008/10/07/01002-20081007ARTFIG00430-l-…
De nemo3637
Déchoukeur | 19H49 | 07/10/2008 |
Perpignan reste une ville étrange. Son centre ville, au cachet indéniable, a beaucoup de mal à se rénover. Et, contrairement à ce qui se passe dans la plupart des villes du sud, on fuit ce centre pour s'établir à la périphérie. Le phénomène de rénovation et de spéculation qui a eu lieu ailleurs n'a pas atteint la ville catalane. Certains se réjouiront peut-être de ce manque d'attrait des spéculateurs. Sauf que ledit centre garde encore des pans entiers de quartiers insalubres. La municipalité n'a jamais cherché - à dessein - à intégrer la communauté gitane qui reste cantonnée dans son quartier de mauvaise réputation.Il n'y a jamais eu de politique urbaine d'ensemble mais des pratiques liées au clientèlisme. On y montre les gitans comme des épouvantails alors que dans maintes villes espagnoles, leur présence n'a pas terni la ville, leur apportant plutôt un plus culturel. Mais il faut une volonté politique que les élus perpignanais n'ont guère montrée jusqu'à présent.