Des centaines d'inconnus se sont réunis sur Governors Island pour improviser une œuvre d'art humaine, coordonnée sur le Web.

(De New York) Le collectif « Improv Everywhere » a encore frappé. Cette fois, sur une petite île au sud de New York… Des centaines d'« agents » se sont réunis pour improviser un œuvre d'art humaine. Analyse d'un phénomène dont le succès mondial révèle une volonté de ré-enchantement de la ville moderne.
L'excitation est palpable. A bord du bateau qui relie Governors Island au reste du monde, on se prépare dans la bonne humeur à une belle aventure collective. Dans un peu plus d'une demi-heure, la foule, plutôt jeune, exécutera une chorégraphie d'une heure, au milieu des bâtisses du XVIIe siècle qui font le charme de cette petite île au sud de New York.
Mais la chorégraphie en question ne ressemble à aucune autre. En effet, aucun des participants n'a idée, à ce moment précis, de son contenu. Ils seront guidés en temps réel par des consignes téléchargées sur leur MP3 avant de venir. « Je suis un peu nerveux, avoue Gary Trudanian, l'un des participants, je ne sais pas à quoi m'attendre. »
Au total, près de mille personnes participent à cette cinquième édition de « MP3 Experiment » du collectif Improv Everywhere. Un projet qui a germé en 2004 dans le cerveau de Charlie Todd, le fondateur du collectif :
« J'ai été inspiré par tous les gens écoutant de la musique dans le métro. J'ai eu l'idée de remplacer la musique par une voix et de créer une chorégraphie ! »
Il y a deux semaines, les « agents » ont reçu un mail les informant du lieu et de l'heure de la manifestation, leur demandant de télécharger -sans l'écouter- une piste sonore avec les exercices à exécuter, de régler leur montre sur l'heure universelle, et enfin d'apporter parapluie et ballon gonflable. Dylan, étudiant, qui à 15h11 s'employait à faire marcher son lecteur MP3 sous une pluie fine, se réjouit :
« C'est vraiment très amusant. On partage une belle expérience avec des inconnus. »
A 15h15 précises, la chorégraphie commence : les participants, leur MP3 aux oreilles, entament un combat de pouces, entre deux éclats de rire. Puis très vite, elle monte en puissance : de l'ouverture synchronisée de parapluies à la formation de cercles de couleurs, le spectacle se conclue par une énorme bataille de ballons au centre de l'île.
« C'est fou ! » s'exclame un curieux contemplant la bataille de loin. « Je n'ai jamais vu quelque chose comme ça ! »
Près de 25 000 « agents en mission » à travers le monde
Depuis sa création en 2001, « Improv Everywhere » a mené quelques 70 missions, dont certaines ont fait le tour du monde : en 2004, il organisait une lecture publique avec un faux Anton Checkhov. Les fans s'étaient déplacés, oubliant que l'écrivain russe était mort depuis plus d'un siècle. En janvier 2008, il organisait une « immobilisation collective » de 207 personnes à Grand Central, l'une des grandes gares de New York. Succès médiatique garanti. (Voir la vidéo)
« L'idée de base d'Improv Everywhere, c'est de s'amuser », résume Todd, comédien et enseignant à l'école d'improvisation « Scene Diego », en aurait recruté plus de mille depuis sa création en février, selon le Wall Street Journal. « The Urban Prankster Network », plate-forme pour les groupes d'improvisation urbaine dans le monde, compte aujourd'hui près de 25 000 membres.
La France n'a pas échappé à la vague : en mars 2008, trois mille personnes se retrouvaient place du Trocadéro à Paris pour un « freeze » de quelques minutes. (Voir la vidéo)
Un mouvement dont l'inspiration remonte à la Guerre du Vietnam
Le postulat de base -une manifestation théâtrale destinée à attirer l'attention- n'est pas nouveau. Certains font remonter son émergence au mouvement situationniste en Europe au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Aux Etats-Unis, la guerre du Vietnam a été le catalyseur. En 1967, l'activiste Abbie Hoffman organisait une manifestation pour le moins insolite, appelant 50 000 personnes à prononcer aux portes du Pentagone des incantations pour soulever le bâtiment.
Puis, plus pacifiques mais tout aussi surprenant, les « flash mobs », des rassemblements éphémères de plusieurs centaines de personnes, ont défié la chronique à New York au début des années 2000. Le 17 juin 2003, cent personnes se sont rassemblées pendant deux minutes autour d'un tapis à Macy's, avant de se disperser. Bill Wasik, rédacteur-en-chef de Harper's Magazine, fondateur du mouvement « flash mobs » à New York, est l'auteur d'un article, My Crowd, en mars 2006, qui déconstruit le phénomène :
« Les “flash mobs” étaient brefs et peu organisés. Les manifestations d'Improv Everywhere, durent plusieurs dizaines de minutes et sont minutieusement organisées. C'est de la création pure. »
Si en lançant une série de huit « flash mobs » à New York en 2003 Wasik voulait mener une expérience sur le contrôle des masses, Todd, lui, se défend de toute visée autre qu'artistique :
« En tant qu'acteur débutant à New York, je me suis dit : pourquoi ne pas créer ta propre scène plutôt que d'attendre que quelqu'un ne te la donne ? »
La démocratisation d'Internet, YouTube et la minicamera ont permis l'essor du collectif. Le groupe utilise le web pour s'organiser -sa mailing list compterait 13 000 noms- et se faire connaitre. Harold Takooshian, professeur de psychologie à Fordham University (New York) analyse le phénomène :
« 5% d'Improv Everywhere n'est pas nouveau. Les 95% restants proviennent du Web. Internet donne au concept de communauté une nouvelle réalité. Partout dans le monde, on participe à une même aventure. »

Ré-enchanter l'espace urbain face à la « disneyfication »
Le phénomène, récent sous sa forme actuelle, reste assez peu étudié, constate David Andersson, auteur d'une thèse sur Improv Everywhere. Mais, pour cet étudiant d'Harvard, l'explication de son succès est toute trouvée :
« Nous tournons en rond : on va au travail et on revient chez soi en traversant les mêmes lieux. Les groupes comme Improv Everywhere nous réveillent et donnent aux espaces du quotidien une nouvelle dimension. »
Des enchanteurs de l'espace urbain ? Jonathan Winn acquiesce. Pour ce professeur de sociologie à l'université de Northhampton (Massachussetts), Improv Everywhere s'inscrit dans un mouvement de réaction contre « la disneyfication » des grandes villes occidentales, tout comme les guérillas de jardiniers qui plantent des fleurs au beau milieu de trottoirs ou le « found art », forme d'art à base de matériaux récupérés dans la rue :
« Les grandes villes se transforment dans des parcs d'attraction sans âme. Improv Everywhere » est un alchimiste urbain qui transforme les espaces publics en or. Des merveilleux actes d'opposition. »
Reste à savoir combien de temps le mouvement tiendra avant d'être récupéré, comme les « flash mobs » l'ont été par Ford. Todd souligne :
« Nous ne sommes pas contre les sponsors. Si une entreprise veut nous donner de l'argent pour faire ce que nous voulons, pourquoi pas ? J'ai tellement de demandes que je suis en mesure de refuser celles qui menacent l'intégrité de mon projet. »
Photos : Scène de clôture de « MP3 Experiment » sur Governors Island le 27 septembre 2008. Les « agents » de « MP3 Experiment » sur Governors Island le 27 septembre 2008 sont priés d'ouvrir leur parapluie en même temps. Les « agents en verts » affrontent les « rouges » dans un combat de pouce sans merci (Alexis Buisson).


















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De clara57
sarkophobe en résistance | 11H52 | 06/10/2008 |
Monsieur le webmaster, les vidéo ne paraissent pas à l'écran, c'est normal ?
Merci pour la réponse !
clara
à clara57
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 13H58 | 06/10/2008 |
Bonjour Clara,
ici nous n'avons aucun souci avec les vidéos YouTube sur Mac, PC, en Firefox ou Explorer. Safari, en revanche, ne les affiche pas, c'est un bug récurrent sur ce navigateur. Avec tous mes regrets, amitiés,
msk (madame la webmestre)
à clara57
De Artemisia.G
Lulucarabine | 19H08 | 07/10/2008 |
« Monsieur le webmaster » raaah, les stéréotypes quand ils nous tiennent !
De orange
12H45 | 06/10/2008 |
En faite c'est un truc pour se faire plaisir. Comme la masse à du mal à se mobiliser lorsqu'un mec se fait taper dessus, ils font des truc comme ça. C'est vraiment un truc à bobo-populo, oui nous entrons dans une nouvelle époque : comment faire du « happeninge » sans s'engager, comment faire des manifestations de « masse » sans rien dire ; entre l'organisateur qui se fait plaisir par ce qu'il se dit : waouuu aujourd'hui on à eu 3000 personnes ; et les personnes qui se disent « c'est cool on fait des choses avec gens que l'on ne connaient pas ». Y a un truc qui pu dans cette histoire, l'emballage est séduisant mais quand est il du reste, en faite un peu comme une boite de conserve que l'on n'ouvrirai jamais. On vis dans des sociètés qui recherche des sensations forte parce que l'on manque cruellement de fond, alors que juste à coté y a peut être une personne qui peut tout donner et que l'on ignore parce qu'au pretexte qu'elle ne fasse pas « hipe » ou « in ». Le destin de l'homme c'est de construire un avenir radieux pour les autres et non faire de foutaise avec des « manifestations » qui n'on ni queue ni tête ! ! !
à orange
De déluge
menuisier | 13H46 | 06/10/2008 |
Je vous ai mis cinq pastilles : Vous allez en avoir besoin.
Plutot d'accord avec vous (les happenings sans cause), mais outre la vacuité de l'exercice, c'est le coté « masse » qui me gêne : Si il n'y a pas foule, ce n'est pas signifiant, autrement dit on passe du coté comptable, quantifiable.
à orange
De klorydryk
Ingénieur | 16H35 | 06/10/2008 |
Il est dommage de considérer que la participation à un évènement amusant et participatif de 20 minutes implique une vie sans fond.
Comment pouvez-vous déclarer que les personnes baissant les yeux devant une agression sont les mêmes que ceux participant à des freezes ou autres évènements mobilisateurs ? Encore une fois, toutes les raisons sont bonnes pour dire du mal de ce qu'on ne comprend pas.
à orange
De lesuperdidou
Saltimbanque | 17H05 | 06/10/2008 |
Vous avez entièrement raison !
Rien ne vaut un bon attroupement autour d'un bel accident bien saignant : ça c'est cool !
à orange
De floriangers
09H46 | 07/10/2008 |
La société dans laquelle nous vivons nous entraîne toujours à avoir un but qui s'illustre par une constante amélioration, un éternel progrès : faire des études pour trouver un CDI, trouver l'amour pour fonder une famille, avoir des enfants, faire crédit pour la voiture et la maison, et bien sûr, pour combler notre bonheur, acquérir un chien, de race si possible.
La question qu'on pourrait se poser, concernant ce genre de manifestation, est : « à quoi ça sert » ? Et moi je répondrai à tous ceux qui se posent cette question.
A rien, et c'est ça qui est bien.
à orange
De sam09
19H32 | 07/10/2008 |
Je tiens à vous répondre car je suis d'accord avec vous.
On dit qu'il n'y a pas de mal à se faire plaisir. Je réponds à cela que ça dépend comment on se fait plaisir.
En l'occurrence, je pense que les participants à l'œuvre d'art doivent éprouver les mêmes sensations que les chinois qui font des images dans les tribunes avec des bouts de carton de différentes couleurs. Participer à une manifestation collective en tant que cellule et en niant son individualité.
Dans les deux cas, les chinois et les américains vivent respectivement dans des systèmes qui nient l'individualité et qui la recomposent de façon fictive.
Je me demande souvent si nous ne faisons pas la même chose lorsque nous intervenons dans les forums.
De Gudule
15H13 | 06/10/2008 |
Le « bobo d'or » est attribué à orange qui a dégainé le mot qui tue au 2e message !
Avec lequel je suis d'accord, ça me fait penser aux trucs avec les post-it.
C'est les mêmes en fait, bientôt un rassemblement géant de personnes qui mettront des mentos dans du coca tout en envoyant des sms aux ours blancs qui se noient.
à Gudule
De orange
09H25 | 07/10/2008 |
Je le mettrai sur ma boutonnière. Est ce qu'un bobo peut être désargenté ?
à Gudule
De orange
09H25 | 07/10/2008 |
Je le mettrai sur ma boutonnière. Est ce qu'un bobo peut être désargenté ?
à Gudule
De orange
09H25 | 07/10/2008 |
Je le mettrai sur ma boutonnière. Est ce qu'un bobo peut être désargenté ?
à orange
De Gudule
11H18 | 07/10/2008 |
Je n'en sais rien, en tout cas c'est un mot à la mode : sur ta boutonnière ça fera très joli.
De starsss
15H53 | 06/10/2008 |
wouach les baloooons… what the f**k is that ?
Psychologico-pathetique ! I am so desperated, vite un shoot ; -(
De gritche
neutre | 15H38 | 06/10/2008 |
ça fait un moment que je me demande comment une ville peut être vivante autrement que par le commerce.
Ceci est un élément de réponse. L'art, la communication, l'amusement. C'est gratuit et ne comporte aucun message.
à gritche
De lesuperdidou
Saltimbanque | 17H08 | 06/10/2008 |
Relisez-vous.
De Karveelt
Etudia,t | 16H00 | 06/10/2008 |
Juste pour dire que je suis assez atterré de lire ce genre de commentaires, depuis quand la rue est-elle un espace réservé uniquement à la contestation politique et sociale ? D'autres formes d'expression ont également leur place sur les trottoirs ou dans les parcs, sous prétexte qu'aucun discours n'émane de ce genre de manifestations elles ne se résumeraient qu'à « des communications ludiques et gratuites »… personnellement je suis ravi de voir des citadins s'approprier et investir l'espace public pour proposer ce genre d'instants absurdes et poétiques contre justement la marchandisation et la rationnalisation de cet espace… l'art est également porteur de discours, peut-être un peu plus difficile à appréhender mais pourtant essentiel il me semble…
à Karveelt
De orange
09H24 | 07/10/2008 |
Depuis que la rue est interdite, depuis toujours toutes expression artistique est interdite par les force de l'ordre et par tous les pouvoirs politique en place et encore plus en ce moment. Si cette « manifestation » autrement dit regroupement de gens d'accord entre eux est laissé faire c'est parce que justement elle ne raconte rien et qu'il ne risque pas d'avoir de « débordement » ou de contestation. Tant que tu te réunis sans rien dire ça va, on te laisse faire. mais si tu te réunis pour faire entendre tes idées ou ton art dans la rue en france et de plus en plus en Europe tu te fais embarqué élico presto. On te laisse t'exprimer à condition que tu ne déranges point ; Le dérangement c'est fait pour remettre en question tes positions afin de voir ou revoir une certaine façon de pensée, là en l'occurrence , les pouvoir ne le souhaite pas. ET comme les « masses » bobo-beauf-populo n'arrive plus à manifesté, justement à cause d'une dépolitisation des gens de manière très général, une manifestion comme celle-ci leurs donne en quelque sorte une sorte de petite liberté qu'ils achètent au rabais.
à Karveelt
De orange
09H24 | 07/10/2008 |
Depuis que la rue est interdite, depuis toujours toutes expression artistique est interdite par les force de l'ordre et par tous les pouvoirs politique en place et encore plus en ce moment. Si cette « manifestation » autrement dit regroupement de gens d'accord entre eux est laissé faire c'est parce que justement elle ne raconte rien et qu'il ne risque pas d'avoir de « débordement » ou de contestation. Tant que tu te réunis sans rien dire ça va, on te laisse faire. mais si tu te réunis pour faire entendre tes idées ou ton art dans la rue en france et de plus en plus en Europe tu te fais embarqué élico presto. On te laisse t'exprimer à condition que tu ne déranges point ; Le dérangement c'est fait pour remettre en question tes positions afin de voir ou revoir une certaine façon de pensée, là en l'occurrence , les pouvoir ne le souhaite pas. ET comme les « masses » bobo-beauf-populo n'arrive plus à manifesté, justement à cause d'une dépolitisation des gens de manière très général, une manifestion comme celle-ci leurs donne en quelque sorte une sorte de petite liberté qu'ils achètent au rabais.
à Karveelt
De Gudule
11H19 | 07/10/2008 |
« des communications ludiques et gratuites »…
surtout avec un MP3
De PhiPoePsy
Etudiant à Strasbourg | 19H50 | 06/10/2008 |
J'adore ! Que ce soit artistique (compositions d'improvisations à contraintes, comme Improv » Everywhere) ou social (au sens premier -donc pas sociétal- comme les Free Hugs), ces initiatives parviennent à réintroduire du TOUCHER (du tact) dans les communautés virtuelles qui ont tendances à distancier par l'image… Redéfinir l'espace via la vie au lieu de tenter de caser la vie dans l'espace : voilà le principe des ces happenings : ce qui ARRIVE, sans cause, sans raison et sans utilité. Ce sont des rencontres plus que des « mouvement de masse », c'est pourquoi c'est plus important que n'importe quel événement politique.
De sanlucar
02H49 | 07/10/2008 |
eh rue89 parlez nous donc plutot de ce qui s'est passé hier à sandouville, c'est infiniment plus important que de parler de cette gamine ! marre des sujets sans interêt ! !
à sanlucar
De orange
09H04 | 07/10/2008 |
Vous avez infiniment raison.
à sanlucar
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 14H19 | 07/10/2008 |
Bonjour Sanlucar,
il n'y a qu'à demander !
« Renault et PSA : les usines françaises en danger »
L'automobile ne connaîtra pas le même sort que la sidérurgie : c'est le message que Nicolas Sarkozy a voulu faire passer en se rendant, ce lundi, à Sandouville. Les faits semblent pourtant lui donner tort. Renault, Peugeot et Citroën taillent dans leurs effectifs en France, et préfèrent s'implanter en Europe de l'Est et en Amérique du Sud. Des marchés qui, eux, ne connaissent pas la crise…
Lire la suite sur Eco89
http://eco.rue89.com/2008/10/06/renault-et-psa-les-usines-francaises-en-…
Merci pour votre intérêt pour la Rue, et n'hésitez surtout pas à jeter un œil dans les autres artères…
De PLBC
Professeur associé à Paris 1 | 08H55 | 07/10/2008 |
Le 7 mars 2008, une rencontre-débat a été organisée sur ces questions à Paris : « Flash Mob, Flash Mobs, Burning Man, fêtes de rue : zoom sur les zones artistiques autonomes temporaires »
« Un attroupement éclair de citadins anonymes effectuant une action incongrue dans l'espace public (Flash Mob) ; une ville éphémère de plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le désert du Nevada (Burning Man) ; un faux carambolage à l'intersection de deux boulevards londoniens (Reclaim the Streets) ; un câlin dans la rue offert par un inconnu (Free Hugs) ; une fête disco dans un wagon de métro ; un pique-nique sur un rond point… Cette rencontre a proposé un retour sur ces pratiques insolites qui se multiplient dans les grandes métropoles depuis une dizaine d'années et sont souvent rapprochées du concept de Zone d'Autonomie Temporaire, forgé par le théoricien libertaire Hakim Bey. Réappropriations subversives et ludiques de l'espace public, performances néo-situationnistes, nouvelles formes de sociabilité urbaine, ou gags potaches destinés aux médias ? »
Pour écouter en ligne des extraits de cette rencontre : http://masterpcep.over-blog.com/categorie-310794.html
De Valdo Lydeker
journaliste, auteur | 13H31 | 07/10/2008 |
Je crois qu'il y a un peu de confusion. Entre précisément des manifs purement ludiques comme les flash mob et de véritables happenings politiques comme l'action de Reclaim The Streets (proche des Yes men). Mais orange a raison de le souligner une action artistique de rue qui en rentre pas dans les cases des « festivals », autorisation, commissions de sécurité, etc devient tout de suite illégale !
et m^me dans le cadre d'un festival.. regardez ce qui est arrivé à Princesses peluches dans une municipalité passablement facho du Var, Cuers (vous trouverez facilement, je n'ai pasd le lien) Rien que pour celà, je n'ai pas envie de condamner trop vite… et aussi parce que comme le dit quelqu'unn plus haut, quelque chose qui ne sert à rien est foncièrement sympathique dans une société utilitariste !
A part ça, chers riverains, je proposerais bien un moratoire sur l'utilisation du mot « bobo » dans les commentaires. A vous lire, on est toujours le bobo de quelqu'un d'autre… et, plus inquiétant, ce mot qui au départ désignait une catégorie sociale bien précise est omniprésent dans tous les commentaires acerbes dès qu'on parle d'art et de culture (pour tout et n'importe quoi d'abord) . Si s'intéresser à l'art, défendre les sans-papiers, ne pas trouver tous les défauts de la terre au film de Cantet vous met dans la catégorie des « bobos parisiens » même si vous êtes au RMI, je préfèrerai toujours les bobos aux bobeaufs !
Ce mot ne serait-il pas devenu l'arme fatale de l'éternel poujadisme ?
De sam09
19H40 | 07/10/2008 |
Pauvres gens !
Les participants à l'œuvre d'art doivent éprouver les mêmes sensations que les Chinois qui font des images dans les tribunes avec des bouts de carton de différentes couleurs. Participer à une manifestation collective en tant que cellule et en niant son individualité.
Dans les deux cas, les Chinois et les Américains vivent dans leurs systèmes respectifs qui nient tous deux l'individualité. Pour en recomposer une de façon factice, et toujours déléguée à une instance supérieure qui est censée les représenter tous.
De guerzit
Incomprenant majeur | 16H48 | 08/10/2008 |
Bobo ou pas, utile ou non, la vidéo de Grand Central est impressionnante…
De Kind3rbueno
Etudiant | 15H59 | 10/10/2008 |
Ces mouvements de réunions éphémères sont formidables : -)
Pas encore pu y participer, mais c'est avec ImproveEverywhere que j'ai trouvé un intérêt à Facebook… Vivement de prochaines éditions plus originales que le simple Freeze en France !