Deux mois après sa disparition, la voix de Mahmoud Darwich, le grand poète palestinien, va résonner dimanche à travers le monde, une journée d'hommage au poète et à l'homme. Rue89 s'associe à cet hommage en diffusant un poème de Mahmoud Darwich à paraître dans un prochain recueil.
Cette journée d'hommage au poète palestinien est née au sein d'un réseau d'écrivains et de poètes du monde entier, reliés par internet et l'amour de la langue et de l'engagement. L'initiative a pris racine à Berlin, où s'achève ce weekend un festival de littérature internationale, qui a voulu rendre hommage au poète, mais aussi, précisent les organisateurs, « à son engagement à promouvoir une coexistence pacifique et équitable entre Arabes et Israéliens ».
L'initiative s'est répandue en plusieurs coins du monde, notamment sur l'île de Gorée où réside le Sud-Africain Breyten Breytenbach qui nous avait donné un magnifique texte sur Darwich à sa mort, au Brésil, ou encore à Hong Kong à l'initiative du poète chinois exilé Bei Dao.
En France, la Cité du Livre d'Aix en Provence s'associe à cette journée d'hommage, avec une lecture de poèmes de Mahmoud Darwich à 16h30.
Et plusieurs projets éditoriaux sont en préparation autour du poète disparu, dont celui de la revue La Pensée de Midi qui publiera début novembre un numéro intitulé « Désirs de guerre… Espoirs de paix », dans lequel figurent cinq poèmes de Mahmoud Darwich, disponibles également sur le site des éditions Actes Sud. C'est un de ces poèmes que nous reproduisons aujourd'hui, dans le cadre du partenariat entre La Pensée de Midi et Marseille89.
« Nous serons un peuple, si nous le voulons, lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que le mal n'est pas l'apanage des autres.
Nous serons un peuple lorsque nous ne dirons pas une prière d'action de grâces à la patrie sacrée chaque fois que le pauvre aura trouvé de quoi dîner.
Nous serons un peuple lorsque nous insulterons le sultan et le chambellan du sultan sans être jugés.
Nous serons un peuple lorsque le poète pourra faire une description érotique du ventre de la danseuse.
Nous serons un peuple lorsque nous oublierons ce que nous dit la tribu…, que l'individu s'attachera aux petits détails.
Nous serons un peuple lorsque l'écrivain regardera les étoiles sans dire : notre patrie est encore plus élevée… et plus belle !
Nous serons un peuple lorsque la police des mœurs protégera la prostituée et la femme adultère contre les bastonnades dans les rues.
Nous serons un peuple lorsque le Palestinien ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement.
Nous serons un peuple lorsque le chanteur sera autorisé à psalmodier un verset de la sourate du Rahmân dans un mariage mixte.
Nous serons un peuple lorsque nous respecterons la justesse et que nous respecterons l'erreur. »
► Lire aussi : « L'honneur d'avoir connu Mahmoud Darwich », par Breyten Breytenbach.
► Rectificatif, 5/10/08 à 15h30 : Le poème en question n'est pas inédit, comme nous l'ont fait remarquer plusieurs internautes. Le mot inédit est donc retiré, ce qui n'enlève rien à la qualité et à la force du poème. Nos excuses à tous pour cette confusion.



















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De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 11H07 | 05/10/2008 |
»…lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que le mal n'est pas l'apanage des autres. »
G.W Bush, bientôt en retraite, va pouvoir mettre ce poème en musique.
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 11H28 | 05/10/2008 |
Surprenante, cette convergence qui voit l'internet utilisé par des poètes et des écrivains pour se mettre au service d'une poésie très orale et, à ce titre, qui renvoie aux sources de la poésie.
Pour le poème lui-même, du moins tel que nous pouvons le percevoir à travers la traduction, je trouve qu'il en a écrit de plus beaux ou de moins faciles (celui-ci cède tout de même beaucoup à la rhétorique, il me semble).
Néanmoins, au-delà du contenant, si on pouvait suggérer à tout un chacun de se pénétrer du contenu et du sens des mots de Darwich, nous nous approcherions sans doute un peu plus de la civilisation.
Et, faut-il le préciser, on ferait une grosse erreur en se figurant que ça ne concerne que la Palestine et Israël.
à thierry reboud
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 11H48 | 05/10/2008 |
Vrai, Thierry.
En lisant ce poème je ne peux m'empêcher de penser au « Commencement d'un monde » de J.C.Guillebaud.
Je suis de plus en plus convaincu qu'une nouvelle modernité est en train de naître qui ne sera pas l'apanage de l'occident.
à Jonas2
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H22 | 05/10/2008 |
Bonjour Jonas.
Eh bien ça ne fera qu'une conviction de plus que nous partageons ! (Pour aggraver mon cas, j'ajoute que, non content d'en être convaincu, j'ai tendance à l'espérer. Sinon, pas lu le livre de Guillebaud…)
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 11H57 | 05/10/2008 |
D'accord avec le regard que porte Thierry Reboud ci-dessus.
CE QUI SUIT EST POLITIQUEMENT INCORRECT :
J'ose à peine le dire : le procédé rhétorique me rappelle celui de Rudyard Kipling, une référence pourtant à honnir dans un tel contexte : Si… / Si… / Si… / Si… / Tu seras un homme, mon fils !
Evidemment, passer de l'exhortation adressée à une personne (le fils) à celle qu'on destine à un peuple tout entier permet d'éviter tout soupçon d'imitation ou de pastiche…
Il n'empêche : formellement, du moins, il n'est pas facile de faire du neuf avec du vieux
à Jaycib
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 12H18 | 05/10/2008 |
Bonjour Jay, et tout à fait d'accord avec toi : j'ai aussi pensé au poème de Kipling. (Mais c'était surtout pour te dire bonjour…)
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 12H04 | 05/10/2008 |
Magnifique initiative, qu'est la vôtre, et merci de nous faire partager un instant de grâce et de poésie un Dimanche matin !
Personnellement en la « matière » j'ai une façon un peu bizarre de fonctionner.
Je lis, et ensuite je cherche (quand je le peux, et si ce n'est pas trop compliqué, pour mes neurones), à extraire une sorte de « substantifique moelle » de l'œuvre.
Aussi voilà ce que j'ai retenu de plus important comme phrases étayant ce poème :
« Nous serons un peuple lorsque nous ne dirons pas une prière d'action de grâces à la patrie sacrée chaque fois que le pauvre aura trouvé de quoi dîner. »
« Nous serons un peuple lorsque la police des mœurs protégera la prostituée et la femme adultère contre les bastonnades dans les rues. »
Et j'ai noté ceci écrit par Thierry, et qui est important :
« faut-il le préciser, on ferait une grosse erreur en se figurant que ça ne concerne que la Palestine et Israël. »
Voici voilou, ma modeste contribution, et encore merci.
De Amador
13H08 | 05/10/2008 |
Ce poème n'est pas inédit, je l'ai lu cet été dans l'Huma.
à Amador
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H13 | 05/10/2008 |
Merci pour votre remarque, qui m'a incité à rechercher plus en détail : j'ignorais pour L'Huma, mais je viens de vérifier et il a également été publié sur Médiapart, le 12 août.
à thierry reboud
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 13H34 | 05/10/2008 |
Je viens de vérifier, vous avez raison. Désolé, ce poème nous a été présenté comme inédit par nos amis de la Pensée du Midi, qui devaient ignorer eux aussi qu'il avait déjà été publié ailleurs. Cela n'enlève rien à sa qualité, et je retire le mot inédit. Nos excuses à tous.
à Pierre Haski
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 13H41 | 05/10/2008 |
Ne vous mettez pas la rate au court-bouillon, Pierre : ça reste quand même une très bonne chose de lire Darwich sur Rue89.
à thierry reboud
De Pierre Haski
(auteur)
Rue89 | 14H03 | 05/10/2008 |
la rate au court-bouillon ? C'est une expression qui vient d'où ? Je ne l'avais jamais entendue…
à Pierre Haski
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 14H26 | 05/10/2008 |
Eh bien… aucune idée, en fait.
Il y aurait peut-être de quoi faire un article dans le genre de celui sur Au temps pour moi, vous ne croyez pas ? Ou alors un question-réponse comme sur Eco89… A vous de voir. (Mais promis, je vais essayer de me renseigner de mon côté…)
à thierry reboud
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 15H21 | 05/10/2008 |
C'est du « Soupault », que dis je du « Breton », du Surréalisme !
Thierry, modeste, n'ose pas avouer qu'il vient de la « trouver » celle là.
Mais pourtant c'est bien connu !
Prenez un bon morceau de rate, (avant qu'elle ne se dilate, bien sûr), surtout pas une rate qui est ratée, ni une de rat qui soit dératée, non une bonne rate de chez nous, bio si possible, une rate qui ne soit pas « boisée ».
C'est pas bon la ratiboisée !
Donc la rate avec un bon bouillon avec le sempiternel bouquet garni, (thym laurier persil ), et si possible délayée après macération, et éclaircissement avec un peu de fond de veau, frémissement à petit bouillon (celui là), puis ensuite napper la fameuse rate, qui n'en demandait pas plus, en tant que rate des gouts et des couleurs, et qui terminera Pierre et Thierry a non pas chercher l'origine de l'expression, mais à vous « rat-bi- bocher », bien qu'il n'y avait aucun litige !
Radicalement votre !
à adaunis
De thierry reboud
Fan-club à kk, carte n° 1 | 15H25 | 05/10/2008 |
Dis donc, Adau, tu ne voudrais pas l'écrire, l'article ? Tu m'as l'air en pleine forme !
à thierry reboud
De adaunis
Nul part....si adelyne me plaque...... | 15H45 | 05/10/2008 |
Non Thierry, c'est qu'en ce moment, je me « raconte » des histoires à moi même pour essayer d'en tirer quelque chose, et pour la concentration, fait des pauses, et prend du plaisir à vous lire, et ça fait du bien ! ; -)))
à Pierre Haski
De madrid
20H22 | 05/10/2008 |
Bonsoir de Madrid
Mettre la rate au court-bouillon
Mauvais Traitement qu'on peut infliger à son propre corps lorsqu'on se fait du souci.
**
Puisque je suis un bon cuisinier, antre autres, la cuisson au court-bouillon est très lente, donc cela revient à dire que l'on se torture pendant des longs moments.
**
Je ne donne pas ma langue au chat !
De Winston Montag
scribe | 13H34 | 05/10/2008 |
« D'un bout à l'autre, il s'agira de faire comme si le peuple palestinien, non seulement ne devait plus être, mais n'avait jamais été. Les conquérants étaient de ceux qui avaient subi eux-mêmes le plus grand génocide de l'histoire. De ce génocide, les sionistes avaient fait une mal absolu. Mais transformer le plus grand génocide de l'histoire en mal absolu, c'est une vision religieuse et mystique, ce n'est pas une vision historique. Elle n'arrête pas le mal ; au contraire, elle le propage, elle le fait retomber sur d'autres innocents, elle exige une réparation qui fait subir à ces autres une partie de ce que les juifs ont subi (l'expulsion, la mise en ghetto, la disparition comme peuple). Avec des moyens plus “froids” que le génocide, on veut aboutir au même résultat. Les USA et l'Europe devaient réparation aux juifs. Et cette réparation, ils la firent payer par un peuple dont le moins qu'on puisse dire est qu'il n'y était pour rien, singulièrement innocent de tout holocauste et n'en ayant même pas entendu parler. C'est là que le grotesque commence, aussi bien que la violence. Le sionisme, puis l'Etat d'Israël exigeront que les Palestiniens les reconnaissent en droit. Mais lui, l'Etat d'Israël, il ne cessera de nier le fait même d'un peuple palestinien. On ne parlera jamais de Palestiniens, mais d'Arabes de Palestine, comme s'ils s'étaient trouvés là par hasard ou par erreur. Et plus tard, on fera comme si les Palestiniens expulsés venaient du dehors, on ne parlera pas de la première guerre de résistance qu'ils ont menée tout seuls. On en fera les descendants d'Hitler, puisqu'ils ne reconnaissaient pas le droit d'Israël. Mais Israël se réserve le droit de nier leur existence de fait. C'est là que commence une fiction qui devait s'étendre de plus en plus, et peser sur tous ceux qui défendaient la cause palestinienne. Cette fiction, ce pari d'Israël, c'était de faire passer pour antisémites tous ceux qui contesteraient les conditions de fait et les actions de l'Etat sioniste. Cette opération trouve sa source dans la froide politique d'Israël à l'égard des Palestiniens. Israël n'a jamais caché son but, dès le début : faire le vide dans le territoire palestinien. et bien mieux, faire comme si le territoire palestinien était vide, destiné depuis toujours aux sionistes. Il s'agissait bien de colonisation, mais pas au sens européen du XIX° siècle : on n'exploiterait pas les habitants du pays, on les ferait partir. Ceux qui resteraient, on n'en ferait pas une main-d'oeuvre dépendant du territoire, mais plutôt une main-d'oeuvre volante et détachée, comme si c'étaient des immigrés mis en ghetto. Dès le début, c'est l'achat des terres sous la condition qu'elles soient vides d'occupants, ou vidables. C'est un génocide, mais où l'extermination physique reste subordonnée à l'évacuation géographique : n'étant que des Arabes en général, les Palestiniens survivants doivent aller se fondre avec les autres Arabes. (…)
Les Etats-Unis retrouvaient dans Israël un aspect de leur histoire : l'extermination des Indiens, qui, là aussi,ne fut qu'en partie directement physique. il s'agissait de faire le vide, et comme s'il n'y avait jamais eu d'Indiens, sauf dans des ghettos qui en feraient autant d'immigrés du dedans. A beaucoup d'égards, les Palestiniens sont les nouveaux Indiens, les Indiens d'Israël. L'analyse marxiste indique les deux mouvements complémentaires du capitalisme : s'imposer constamment des limites, à l'intérieur desquelles il aménage et exploite son propre système ; Repousser toujours plus loin ces limites, les dépasser pour recommencer en plus grand ou en plus intense sa propre fondation. Repousser les limites, c'était l'acte du capitalisme américain, du rêve américain, repris par Israël et le rêve du Grand Israël sur territoire arabe, sur le dos des Arabes. » (Gilles Deleuze)
http://lesilencequiparle.unblog.fr
à Winston Montag
De madrid
20H29 | 05/10/2008 |
Bonsoir
Merci pour ton article.
Qui n'a été nazé que 8 fois, pour le moment, courage.
**
Le problème persiste sur ce site en ce qui concerne le vote.
je viens de mettre 4 étoiles, il affiche 9 nazes.
**
Les ordinatuers devient-ils ……. ?
à madrid
De solstice
pigiste | 10H15 | 06/10/2008 |
Moi j'ai mis « top » pour que cela ne se replie pas. Franchement, je voulais juste mettre « utile » parce que c'est limite illisible :
C'est bien d'argumenter mais faites des paragraphes et ne mélangez pas tout…
Mais il y a effectivement des arguments qui dérangent, et qui mériteraient un meilleur traitement.
De actimem
15H01 | 05/10/2008 |
« Nous serons un peuple lorsque nous insulterons le sultan et le chambellan du sultan sans être jugés. »
direct Edvige !
« Nous serons un peuple lorsque le poète pourra faire une description érotique du ventre de la danseuse. »
direct « Voici »
De caro
délinquante avérée | 17H24 | 05/10/2008 |
Mahmoud Darwich, merveilleux poète, parti trop tôt, mais dont les oeuvres doivent être largement diffusées. En 2003, il terminait ainsi son allocution à l'ouverture des journées qui lui étaient consacrées à la Cité du Livre d'Aix en Provence :
Il est vrai qu'une poésie qui ne conserverait pas sa vivacité en d'autres temps serait une poésie qui se dissoudrait aussi rapidement que le présent change.
Il est vrai, aussi, que la poésie emporte avec elle son devenir et qu'elle renaîtra, demain.
Mais il n'en est pas moins vrai que le poète ne peut pas renvoyer l » « ici » et le « maintenant » vers un ailleurs ni vers un autre temps. C'est en ce temps de tempête que la poésie a besoin que soient posées les questions qu'elle soulève, seule, d'une façon qui la rende présente et vivante.
Rendre le langage vivant, rendre le fluide de vie aux paroles, voilà qui ne peut se faire sans redonner à la vie le sens de la vie. En cela, la quête du sens est la quête de l'essence, c'est là notre questionnement humain, collectif et personnel.
C'est ce qui rend la poésie à la fois possible et nécessaire. Car la quête du sens, c'est la quête de la liberté.
De Jonas2
Les mouches ne me trouveront pas as... | 16H07 | 05/10/2008 |
et la quête des sens c'est la quête du libertinage, Caro : -))
à Jonas2
De caro
délinquante avérée | 17H38 | 05/10/2008 |
bien vu Jonas2 ; ))
il faudrait en faire une grande pancarte pour les sociétés un peu coincée.
@ Thierry
Quant à l'expression « se mettre la rate au court bouillon », personne n'en connait trop l'origine
Elle semble récente (XXe siècle) et, si un de ses éléments a fait l'objet d'un titre de San-Antonio, « la rate au court-bouillon » en 1965, l'expression elle-même se trouve en 1970 dans « la méthode à Mimile - l'argot sans peine » d'Alphonse Boudard et Etienne Luc.
on n'est pas bien avancé ; )
De marie.sauvage
Apatoudi | 16H31 | 05/10/2008 |
Merci Rue89 pour le poésie, pour le poème de Mahmoud Darwich. Je recommande chaudement le recueil d'entretiens intitulé « Mahmoud Darwiche, La Palestine comme métaphore » Chez Babel, une édition format poche. (traduits de l'arabe et de l'hébreu). Quelques phrases extraites de ces entretiens avec plusieurs poètes + une poétesse :
« S'il n'y a pas d'étranger dans mon identité ; je ne me reconnais pas. Je ne peux me définir que dans le rapport dialectique entre moi et l'Autre. Si je suis seul, sans l'Autre, que puis-je comprendre ? » (p.159)
« Le language du désespoir est plus fort que celui de l'espoir. »
Sinon, je connais et utilise l'expression « (ne pas) Se mettre la rate au court-bouillon ». Je l'ai connu en France, à Paris quand j'y suis arrivée. Je ne l'entendais pas auparavant. Ça ressemble à un argot parisien.
De madrid
20H32 | 05/10/2008 |
Bonsoir
Je recolle ma réponse :
ettre la rate au court-bouillon
Mauvais Traitement qu'on peut infliger à son propre corps lorsqu'on se fait du souci.
**
Puisque je suis un bon cuisinier, antre autres, la cuisson au court-bouillon est très lente, donc cela revient à dire que l'on se torture pendant des longs moments.
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Je ne donne pas ma langue, encore moins, ma rate au chat !
à madrid
De madrid
20H34 | 05/10/2008 |
entre autres ..désolé ..j'ai râté la touhe
De amilcar
peureux célèbre | 22H31 | 05/10/2008 |
ben moi je le trouve pas très bon ce poème, il y en a de bien meilleurs de mahmoud darwich, certains sont vraiment très beau, mais celui-ci, les palestiniens sont un peuple, qui en doute ? et on peut être un peuple sans beaucoup de qualités, un peuple ordinaire, enfin il me semble que les palestiniens sont un peuple, depuis longtemps même.
à amilcar
De Weatherboy
Comédien dans un système oligarchiq... | 16H53 | 06/10/2008 |
Bonjour cher voisin, je crois que lu un peu rapidement il est certainement possible de faire faire un contre-sens à ce texte, car il ne faut pas oublier son titre qui n'a certainement pas été choisi par hasard.
Combien ont déjà fondé de peuples mythiques en ne respectant pas ce premier vers :
« lorsque nous saurons que nous ne sommes pas des anges et que le mal n'est pas l'apanage des autres. »
où encore moins le « Seulement » de cette phrase :
« ne se souviendra de son drapeau que sur les stades, dans les concours de beauté et lors des commémorations de la Nakba. Seulement. »
Puisque c'est justement le cas de tous les nationalismes ? Il serait difficile de prendre ces « commandements » au pied de la lettre.
En revanche, il y a déjà énormément dans ce titre que j'aime beaucoup d'ailleurs, et qui éclaire ce texte d'un sens nouveau.
Il se substitue au « si Dieu le veux » (Inch Allah), et ne prend donc plus un ailleurs irrationnel, comme le cœur moteur du changement, mais soi-même et sa propre capacité d'action matérielle sur le monde.
Il ne prend plus « les autres » en référence, mais en appelle à forger sa propre morale (nous), non plus sur des caractères encore une fois irrationnels mais sur des considération qui font appel à la Raison, et c'est bien en cela qu'elle permet de retrouver tous les hommes dans une morale universelle (chacun des vers du texte). Je trouve qu'il y a de ce point de vue une orientation qui le rapproche de ce que disait Sartre à propos des « Damnés de la Terre » de Fanon : ce texte ne s'adresse pas à vous Européens, il n'en a que faire désormais. Et c'est bien je crois le fait de lire ce texte en tant qu « Européen », ou pluôt dans son rôle, qui donne ce premier sens incohérent évoqué plus haut, au texte.
De ces deux points de vues amener à s'interroger non seulement sur sa propre responsabilité, mais surtout sur ses propres possibilités d'actions n'est pas plus rassurant pour tout pouvoir puisque loin de l'exonérer, ce genre d'interrogation est depuis La Boétie le début de la conscience anarchiste, ou tout du moins de la remise en cause de ce pouvoir.
En bref, ici on s'éloigne de la perspective du pouvoir pour observer le monde sous un angle différent : non pas celui des autres, mais le notre, le mien.
C'est dans ce sens je trouve que la suite du texte retrouve toute sa cohérence
Sans doute je vais un peu loin en rapprochant un croyant de l'anarchie, mais il y a de la lucidité révolutionnaire là dedans, autant que sa générosité.
De Hortus
23H11 | 05/10/2008 |
Vous trouverez deux autres poèmes à la mémoire de Mahmoud Darwich, l'un en arabe, l'autre en français, sur le site de la merveilleuse poète tunisienne Monia Boulila :
http://www.boulila.org/Monblog/