La situation de l'association d'aide aux sans papiers est délicate. Samedi, elle devait décider si elle se retirait de l'appel d'offres lancé par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Brice Hortefeux, qui réforme totalement l'accès des organisations humanitaires aux centres de rétention. L'assemblée générale extraordinaire a statué : la Cimade entend poursuivre son action mais demande au ministre de modifier son appel d'offres, qui court jusqu'au 22 octobre.
Rappel de l'épisode précédent : le 2 septembre, le ministère a publié un appel d'offres limitant le rôle des associations comme la Cimade à celui de simples fournisseurs de documents totalement dénués de capacité d'expression. Inacceptable pour le « Comité intermouvements auprès des évacués », jusqu'ici seule ONG habilitée à entrer dans les centres de rétention administrative, depuis 1984.
La Cimade souhaite que d'autres associations interviennent dans les CRA, de plus en plus nombreux et peuplés. Mais le ministère a choisi de diviser les 30 centres en activité au 1er janvier 2009 en huit lots, ce qui laisse redouter une moins bonne coordination et, du coup, risque de ruiner la fonction de témoignage des humanitaires sur les conditions de vie des migrants. Damien Nantes, responsable de l'action en centres de rétention administrative, explique :
« Cette mise en concurrence empêcherait d'avoir une vision globale de la situation. Elle diminuerait aussi grandement la qualité de l'aide juridictionnelle aux étrangers, alors que les procédures sont de plus en plus difficiles à mener, parce que le droit se complexifie. »
L'association va donc « rechercher, avec des associations et organisations non gouvernementales, les conditions permettant la mise en œuvre d'une mission nationale cohérente assumée conjointement ».
Autre grief de la Cimade contre l'appel d'offres, l'obligation de neutralité et de confidentialité qui y figure. En clair, le gouvernement accepte que les associations interviennent, mais comme de dociles et silencieux acteurs humanitaires. Inacceptable pour la Cimade, pour qui le droit d'expression est essentiel.
A la fin de son communiqué de presse, la Cimade « demande au ministre de l'Immigration de modifier le dispositif prévu par le décret et l'appel d'offres ». Une requête formulée très poliment, presque humblement, alors qu'on se demandait si l'association claquerait violemment la porte au nez d'Hortefeux.
C'était probablement ce que souhaitait ce dernier. Et l'association tient avant tout à pouvoir exercer sa mission, puisqu'elle se dit « déterminée à poursuivre son action de défense des étrangers placés en rétention ».
Augustin Scalbert
Article suivi : Hortefeux veut limiter le droit des étrangers en rétention




















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De patrick du 14
toujours naze et qui cotises pas | 14H25 | 05/10/2008 |
j'ais ouï dire que ortefoux briguait l'intérieur
à patrick du 14
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H13 | 06/10/2008 |
Salut Patrick ! Ah bon à l'Intérieur alors là, si c'est vrai ça va ch….
De Phil2922
Retraite invalidité | 14H33 | 05/10/2008 |
Maudit ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale avec son quota annuel d'expulsés…
La CIMADE a raison de vouloir poursuivre sa présence avec d'autres ONG dans les centres de rétention. Il est clair que Porte-flamme désire que ces centres deviennent complètement fermés à tout aide extérieure…
http://phil195829.overblog.com
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 14H47 | 05/10/2008 |
« Sarkozy montre à l » électorat FN qu » il pense à lui »
Titre d » une excellente interview d » Emmanuelle Todd dans Libé papier de samedi sur les problèmes de la CIMAD.
(Je ne sais pas si on peut la trouver sur libé.fr, je comprend encore moins l » architecture sur leur nouveau site que sur l » ancien) .
à Numerosix
De Network 23
identité perdue dans mes papiers | 17H39 | 05/10/2008 |
Salut N°6 !
http://www.liberation.fr/societe/0101121048-sarkozy-montre-a-l-electorat…
Voir aussi les bonnes feuilles du bouquin d'Alexis Spire, Enquête sur les guichets de l'immigration :
http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/10/02/accueillir-ou-reconduire…
http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/10/02/enquete-sur-les-guichet…
à Network 23
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 18H51 | 05/10/2008 |
Merci numéro 23 !
à Network 23
De polincorrect
Célibataire | 23H23 | 06/10/2008 |
Voici quelques commentaires à propos des « bonnes feuilles » du livre d'A. Spire telles qu'elles sont parues dans « Le Monde ».
Ce livre est la synthèse de plusieurs enquêtes menées entre 2003 et 2007 . Il est regrettable de passer autant de temps sur un dossier ou ouvrage sans être capable d'exactitude dans la description des faits ou des lois et règlements.
A. Spire : …depuis 2003, le durcissement s'est transformé en acharnement : en à peine cinq ans, la loi a été modifiée à quatre reprises, toujours dans le même sens : précarisation du séjour des étrangers et renforcement de la lutte contre l'immigration irrégulière.
polincorrect : Le 2ème axe est vrai et une politique convergente est menée à l'échelle de l'UE de façon parfaitement explicite. Concernant la précarisation, c'est partiellement faux puisqu'au contraire plusieurs dispositions visent à accorder plus de droits aux immigrants économiques : extension de la durée du séjour, droits pour les familles…
A Spire : …d'un côté, ils adoptent des lois répressives qui respectent en apparence les droits fondamentaux mais, de l'autre, ils délèguent aux fractions subalternes de l'Administration le soin de rendre ces droits inopérants.
Polincorrect : La délégation aux échelons administratifs inférieurs de l'application des lois et règlements est un principe constitutif de fonctionnement de l'Etat, sinon on ne voit pas très bien à quoi ils serviraient. Même si cela comporte effectivement quelques pièges, la responsabilisation des acteurs de l'organisation ne peut pas non plus être critiquée en soi. L'auteur précisant plus loin que « l'adhésion au maintien de l'ordre national ne résulte donc ni d'une formation spécifique ni d'instructions écrites ; elle provient davantage d'un apprentissage quotidien de normes pratiques qui se diffusent au sein d'un même bureau et d'un service à l'autre. », l'observation d'autres environnements professionnels le conduirait à des conclusions semblables en fonction des finalités plus ou moins explicites, mais en l'occurrence le travail est au contraire beaucoup plus formalisé, même si cela n'est pas explicitement mis en avant par les agents, car il s'agit d'une matière juridique contestable et contestée. Le point-clé étant que les droits inopérants ne seraient plus respectés du fait de cette délégation, cela supposerait que ces agents ne respectent pas les lois et règlements ou les appliquent selon d'autres directives y contrevenant (hypothèse écartée par l'auteur). Les décisions sont dès lors attaquables sur la base de ces mêmes lois et règlements que les administrations sont censées appliquer mais les figures d'avocats et d'associations de soutien aux immigrés manquent singulièrement dans les pages publiées, ainsi qu'une jurisprudence qui montrerait des errements de l'administration, en particulier pour les décisions d'admission plutôt que les reconduites. Mais la description de l'organisation et les procédures de décision n'apparaissent pas du tout dans les pages publiées, l'analyse portant essentiellement sur les perceptions des guichetiers dont on ne voit pas quel est le rôle au-delà du travail d'accueil.
A. Spire : L'arsenal législatif visant à renforcer le contrôle de l'immigration est allé de pair avec le développement de dispositifs donnant de plus en plus de pouvoir aux échelons locaux…Selon la loi de juillet 2006, ce sont les agents des directions départementales du travail qui ont le pouvoir de décider si la profession demandée répond localement aux besoins de main-d'œuvre. Ils peuvent également moduler la durée de l'autorisation en fonction de la nature du contrat de travail ou de la conjoncture économique du département.
Polincorrect : C'est faux en matière d'immigration économique puisque les directions départementales du travail se sont justement vu retirer leur pouvoir d'opposer la situation de l'emploi pour la délivrance des autorisations de travail dans le cadre des listes professionnelles pour les métiers et zones géographiques présentant des difficultés de recrutement, pour les travailleurs détachés au sein d'un même groupe (article L313-10 du CESEDA) et pour les étudiants étrangers. La circulaire du 7 janvier 2008 confère même un pouvoir supplémentaire de vérification des candidatures aux préfets de région avant transfert aux DDT, mais la délivrance de l'autorisation de travail par le préfet départemental avait été fixée par un décret de 1988 et non par la loi de juillet 2006. Quant aux durées de séjour, elles sont encadrées par la loi et les règlements et elles ont été allongées, en particulier pour la carte « salarié » d'1 an avant août 2007 à 12 mois ou plus ensuite et l'autorisation provisoire de travail portée de 3 à 12 mois.
A. Spire : Les agents des DDT…sont ainsi en mesure de contraindre les étrangers à s'orienter vers tel ou tel secteur, en les assignant à un statut de séjour précaire et en les plaçant du même coup sous la dépendance étroite de leur employeur.
Polincorrect : La notion de statut de séjour précaire est donc fausse selon les clarifications précédentes et les garanties ont même été renforcées puisque la carte « salarié » donne accès à toute activité salariée au bout de 2 ans. De plus, il est absurde de croire que les agents de la DDT, qui n'exécutent que des tâches de contrôle, prennent l'initiative d'orienter vers tel ou tel secteur. Ce sont en effet les candidats eux-mêmes ou les employeurs qui décident de soumettre une demande d'autorisation de travail. C'est donc toute l'orientation de la politique migratoire légale qui n'est tout simplement pas comprise par l'auteur, qui a privilégié une analyse des pratiques avec une grille de lecture héritée de Bourdieu. Mais c'est surtout sa propre philosophie explicite inspirant la critique de la loi et des pratiques dérivées qui est choquante : au nom de quoi les autorités françaises devraient-elles s'affranchir de la prise en compte des besoins de main-d'oeuvre pour accueillir des étrangers alors que le chômage reste très élevé en France, en particulier d'ailleurs dans les secteurs LIBERALISES par les lois et règlements précités, par exemple l'informatique ? De plus, les éléments qui viennent d'être corrigés mettent en lumière la défaillances des organisations qui ont permis la publication des travaux concernés, comme conséquence de la prégnance d'un radicalisme idéologique et obscurantiste en matière d'immigration : celle de l'organisme de recherche en sciences sociales, qui a soutenu les travaux, et celle de l'éditeur bien que rien n'interdise un éditeur de publier des contre-vérités tant qu'elles ne sont pas jugées attentatoires à d'autres intérêts.
à polincorrect
De mechante langue
01H29 | 07/10/2008 |
Excellente mise au point
à Numerosix
De suffren
08H58 | 06/10/2008 |
« Sarkozy montre a l'electorat FN qu'il pense a lui »
J'avoue ne + rien comprendre.
J'entends dire et je lis partout que le FN est mort.
Donc que ses electeurs ont disparus.Et Sarkozy penserait a ces disparus ?
Mais alors,on m'aurait menti ?
Ils sont toujours la ?
à suffren
De Thomas GREDAT
| 09H43 | 06/10/2008 |
Bien sûr qu'ils sont toujours là. Ce sont ces fameux 4% que Sarkozy a bichonnés pendant sa campagne, arguant même auprès de ses collaborateurs que sans leur vote la campagne était perdue.
Donc, oui, il montre à ces électeurs qu'il agit pour bouter hors ces méchants clandestins qui viennent manger le pain des gentils français. Exploitant sans vergogne la peur de l'autre (qui est l'origine même du racisme et de la xénophobie) à des fins purement électoralistes.
Ni lui ni Hortefeux ne sont racistes à titre personnel. Ils font le sale boulot pour gagner des voix, c'est tout. Par là-même, ils jouent un jeu dangereux.
à suffren
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H21 | 06/10/2008 |
Oui le FN en tant que parti est mort, mais ses idées et ses électeurs sont bien vivants et plus actifs que jamais.
Ils ont simplement reporté leur voix sur sarko, de toutes façons le FN irait avec n'importe qui pourrait mettre en application ses idées puisque leur chef est inexistant et pas présidentiable pour l'instant.
Comme quoi un facho peut toujours en cacher un autre et un plus soft est encore plus dangereux, la masse ne le remarque même pas. La preuve …… le diable s'habille en Prada ?
De supprimé à la demande du riverain 28.04.09
14H47 | 05/10/2008 |
http://www.educationsansfrontieres.org/spip.php ? article15292
De jack-no
15H42 | 05/10/2008 |
arretez le cinéma, la Cimade. les subventions sont trop bonnes pour cracher dessus. que d'hypocrisies, ceux en situations régulières (français et etrangers) sont dans la panade. rien n'est fait pour eux.
à jack-no
De comptesuprimé30
hestia | 21H26 | 05/10/2008 |
ben alors on aide les » français d'abord »…..mais c'est quoi un « français d'abord » ? ! ! !
à jack-no
De Les Chats
En grève du zèle contre le nettoyeu... | 16H28 | 06/10/2008 |
Vous ne pensez pas que des gens puissent avoir des idéaux, sans pour cela rechercher l'intérêt financier ?
De Infovite
Plébéien. | 15H52 | 05/10/2008 |
Un appel d'offres… pas choisi !
http://info-espress.over-blog.com/
De ToRDReLoRDRE
chien de talus | 16H01 | 05/10/2008 |
La CIMADE est trop polie (tout en restant honnête).
De herisson66
arbitre libre | 16H07 | 05/10/2008 |
Ben voyons, tapons sur la cimade parce qu'elle touche des subs…bientôt on pourra lui dire ferme ta gueul puisque tu touches des subs…c'est bine çà la question…peut ton encore être une asso une asso non gouvernenmentale et a voir son libre arbitre en tant que personne morale, et parce que l'on est reconnu comme représentant aussi l'espace citoyen du « pas tout à fait pas vraiment, ou pas du tout d'accord, que l'on est reconnu par l'état régalien dans ce rôle..la question est là
doit on laisser la cimade se retrouver dan sla meme position que la croix rouge (qui malheureusement accepta le rôle à l'intention des juifs en france pour préparer leur “accompagnement”, en pensant limiter la casse, et maintenir un espace humanitaire.
On ne doit pas laisser faire : le fait meme de dire à des asso comme la cimade, voila quel est ton rôle humanitaire, et nous allos te le définir, à l'aune de ce que tu ne pourras pas dire. En quoi cette politique, si elle ne doit pas avoit honte,doit elle bailloner les persones morales qui les représentent ?
De caro
délinquante avérée | 16H16 | 05/10/2008 |
Sur la sitation dans les CRA : je dirais qu'ils ne sont pas seulement peuplés (comme dans le texte) mais sur-peuplés.
Il y a un autre point dans la réforme de Boutefeux : les organisations qui emporteraient les appels d'offre feront du simple renseignement auprès des retenus. Ils ne pourront plus les aider, comme actuellement, par exemple à remplir les dossiers, appeler les avocats etc
Et, bien sûr, la loi du silence devra régner, en contradiction avec l'objet de quasiment toutes les associations humanitaires qui est aussi de TEMOIGNER. Et les témoignages sont à l'heure actuelle tellement la preuve que les CRA sont des zones de non droits, que Boutefeux cherche à toute force les faire taire. J'espère qu'il n'y arrivera pas.
Pour la destruction des CRA, véritables prisons pour non délinquants. Les retenus n'ont ni volé, ni tué.
De jissé
Ingé retraité | 16H36 | 05/10/2008 |
Bonsoir.
Une société a de fortes chances d'emporter le marché :
La « Rama Yade limited Co »
Prada actionnaire principal.
Jc
De kane85
16H44 | 05/10/2008 |
On ne veut pas que la cimade (ou qui que ce soit) témoigne !
Si tout était parfait, humain et correct dans les CRA, il n'y aurait pas besoin de demander l'obligation de neutralité et de confidentialité !
Si on l'exige, c'est qu'il y a des choses à cacher et ce n'est pas supportable.
C'est décidément une manie de nos chers politiciens au pouvoir de vouloir à tout prix faire taire les gens !
De yan
loin | 16H46 | 05/10/2008 |
Centres de rétention : la Cimade poursuit son bras de fer
les titre est mal choisi. La Cimade n'a rien demandée, c'est bien hortefeu qui à cherché ce bras de fer.
Taper sur les pauvres pour faire oublier qu'on est pote avec les riches.
c'est pitoyable.
à yan
De Augustin Scalbert
Rue89 | 17H10 | 05/10/2008 |
Oui, votre remarque est juste, je modifie.
De gladiateur thrace
prothesiste dentaire | 16H59 | 05/10/2008 |
Mardi 15 janvier 2008
« Je suis fatigué. On n'a aucune communication avec l'extérieur. Rien ne sort d'ici. Il n'y a pas d'eau chaude dans les douches. Le ballon d'eau n'est pas suffisant pour tout le monde. On ne peut pas laver nos affaires. Il n'y a pas de chauffage dans certaines chambres. Mais le commandant s'en fout. On est deux cent cinquante dans le centre. On est écœuré. La police emmène les médias là où il y a eu des travaux, pour montrer aux Français à la télé, à la radio, que tout va bien, que nous sommes calmes, tranquilles et qu'ils s'occupent bien de nous. Notre mouvement a été sans conséquences. On fait des réunions entre les deux pavillons : une personne se rend au grillage pour raconter aux autres ce qui se passe dans l'autre pavillon, et vice-versa. Les gens de la Cimade ne veulent pas monter dans les chambres pour se rendre compte de la situation et de nos problèmes. Leurs recours ne changent rien. Parce que j'essaie d'organiser des choses, beaucoup de flics sont contre moi. »
à gladiateur thrace
De mechante langue
01H47 | 06/10/2008 |
« Parce que j'essaie d'organiser des choses, beaucoup de flics sont contre moi. » »
Normal ! Qu'est ce qu'ils veulent organiser ?
à mechante langue
De déluge
menuisier | 07H57 | 06/10/2008 |
Savez plus lire ?
à déluge
De mechante langue
13H24 | 06/10/2008 |
Oui je sais lire et on ne sait pas ce qu'ils veulent organiser !
Vous non plus vous n'en avez pas idée ?
à déluge
De brogilo
in angulo | 13H44 | 06/10/2008 |
Aie pitié, Déluge, ce pauvre Méchante Langue a beau être bourré de statistiques jusqu'à la gueule, il n'a rien dans le cornet.
à mechante langue
De dalun
15H38 | 06/10/2008 |
cette langue chante la haine, pas frais ce gosier.faut consulter .
De gladiateur thrace
prothesiste dentaire | 17H01 | 05/10/2008 |
Lundi 14 avril 2008
CRA 1. « Les flics nous donnent les rasoirs entre huit heures et dix heures du matin en échange de nos cartes. Pour pouvoir récupérer nos cartes, on doit leur rendre le rasoir. On n'a jamais les mêmes rasoirs. Samedi, un mec devait être expulsé vers l'Algérie. Pour ne pas partir, il s'est ouvert la jambe avec la lame du rasoir, en allant prendre sa douche. Il a failli se couper une veine. Ils l'ont emmené à l'hôpital, mais ils l'ont mal recousu. Ils l'ont ramené hier soir. Je lui ai dit que c'était une connerie. La semaine prochaine, ils le reprendront. Depuis que je suis ici, quatre ou cinq gars ont fait des tentatives de suicide pour ne pas être expulsés. Certains se pendent, d'autres avalent des pièces de monnaie. Ceux qui refusent l'embarquement sont ramenés au centre pour être réexpulsés plus tard. Si je suis expulsé, je vais accepter. Quand c'est la deuxième fois qu'ils tentent de t'expulser, ils te scotchent comme un animal et je ne veux vraiment pas partir scotché comme un animal. Aujourd'hui, une bagarre a éclaté entre un Algérien et un Égyptien. Quand les flics sont montés, ils n'ont pas essayé de calmer les choses. Le capitaine était là. L'un des flics m'a dit : “Pourquoi t'y vas pas toi ? Tu dois être du côté de ton pote algérien.” Je lui ai répondu que c'était à lui que j'avais envie de casser la gueule et pas à mes frères ! Un autre flic nous a dit : “Vous les Algériens, vous êtes tous des terroristes ! ” L'un de nous l'a insulté. Alors les flics sont revenus à plusieurs. Ils ont pris le gars. Ils l'ont mis dans une chambre et lui ont cassé la gueule, il a des marques partout. Je vous ai vus samedi sur le parking. En montant l'escalier et en s'appuyant sur une barre, on peut apercevoir le parking qu'ils ont essayé de nous cacher avec la bâche verte. Mais après, les flics nous ont empêchés de nous rassembler. Ils viennent à quatre ou cinq, ils se mettent parmi nous. Ils essaient de capter l'attention des retenus en leur parlant d'autres choses. Les gens se font avoir facilement et ça marche. Après votre visite sur le parking, le commandant est venu en nous disant qu'on pouvait toujours crier, que ça ne servait à rien. Il nous a fait la morale pendant plus d'une heure. Quand il vient, les détenus l'appellent “chef”. Je leur demande toujours d'arrêter. Ce n'est pas leur chef ! De toute manière, ils veulent nous casser le moral. J'ai dit au gars : “Vous arrivez à vous réunir pour faire la prière. Mais vous vous bagarrez entre vous. Et quand les flics arrivent, vous n'arrivez pas à vous unir contre eux.” »