Une fondation allemande rémunère des militants du monde alternatif pour qu'ils se consacrent entièrement à leur cause.

(De Berlin) Dans une roulotte de la région de Lüneburg, en Allemagne, vit Cécile Lecomte. Une Française de 26 ans, championne d'escalade, à la carrière de prof écourtée par un militantisme antinucléaire trop envahissant, selon ses employeurs.
Au début de l'année, elle attirait les caméras de toute l'Allemagne pour avoir arrêté seule un train simulant un transport de déchet nucléaire. (Voir la vidéo, sur le site de la WDR.)

Fin septembre, elle passait une journée en prison pour avoir refusé de payer une amende de 5 euros. Depuis qu'elle ne travaille plus comme prof, son militantisme l'occupe à plein temps. « C'est un choix de vie. Je m'engage à plein temps, cela a des conséquences sur ma vie personnelle. » Notamment de vivre avec seulement 300 euros par mois. Ce qui lui suffit, dit-elle. Ou presque.
Depuis cet été, elle a été acceptée dans les rangs des « Bewegungsmitarbeiter », militants super-actifs sponsorisés par la fondation allemande Bewegungsstiftung (« fondation du mouvement »). Ce qui devrait l'aider à boucler ses fins de mois : si ses actions plaisent, d'autres généreux donateurs pourraient se manifester.
« 40 à 60 parrains donnent en moyenne 1 000 euros par mois à chaque travailleur. »
Cette fondation, qui réunit de riches héritiers, s'est donné comme objectif de changer la société en soutenant les plus virulents de ses mouvements sociaux. Sans oublier les individualités qui les portent.
Sur son site, huit travailleurs des mouvements sociaux peuvent actuellement être parrainés par des donateurs. Chacun a sa fiche de présentation, ses faits d'arme, son pedigree d'agitateur :
- Jürgen Heiser, 57 ans, militant contre la peine de mort et pour la libération de Mumia Abu Jamal.
- Edgar Schu, 39 ans, engagé pour les droits des salariés et des chômeurs.
- Stéphanie Mayfield 22 ans, jeune militante féministe.

Libre ensuite à chaque parrain de verser une somme mensuelle au travailleur de son choix. Minimum 10 euros. « Le but, c'est qu'ils puissent militer à plein temps. Ils font véritablement un travail », estime Félix Kolb, 34 ans, l'un des créateurs de la fondation :
« Nous ne les finançons pas directement. Nous leur offrons une sorte de plate-forme à travers laquelle ils peuvent trouver des sponsors. Aujourd'hui, nous avons en tout 40 à 60 parrains qui donnent en moyenne 1 000 euros par mois à chaque travailleur. »
Les fondateurs ? Trois héritiers de moins de 30 ans, militants alternatifs
Les candidatures sont jugées à l'aune de l'engagement politique, et surtout du caractère protestataire des actions. Pas vraiment dans la lignée des fondations caritatives à papa au penchant conservateur.
Sans être affiliée à un parti, la Bewegungsstiftung s'inscrit résolument sur une scène ancrée à la gauche de la gauche. En 2002, les trois fondateurs ont moins de 30 ans, sont tous engagés dans des mouvements alternatifs, et viennent tout juste d'hériter de grosses sommes d'argent.
Qu'en faire ? L'injecter dans l'énergie contestataire, décident-ils. L'initiative séduit d'autres fortunés mal à l'aise avec leur pécule. En six ans d'existence, la Bewegungsstiftung a brassé 3,9 millions d'euros et a réuni 86 donateurs, de tous âges et tous milieux sociaux. L'argent y est employé le plus rationnellement possible pour « changer la société » sur le modèle de fondations alternatives américaines des années 70 - la Haymarket People Fund's, fondées en 1974.
« Une vraie renaissance de fondations plus revendicatives en Allemagne »
La fondation est un genre en vogue en Allemagne. L'an dernier, 1 134 nouvelles fondations ont été créées, du jamais vu. Le phénomène s'explique en partie par les nouvelles mesures fiscales favorables mises en place par le gouvernement allemand l'an dernier. Au total, il en existe aujourd'hui 15 500 dans tout le pays qui affichent près de 70 milliards d'euros d'avoirs, selon l'Association fédérale des fondations allemandes (Bundesverband Deutscher Stiftungen).
Toutes sont loin de financer les mouvements de remise en cause de la société capitaliste. « La majorité servent à rendre stable une société injuste », juge Felix Kolb. La sienne, au contraire, attise la fonction protestataire et encourage le changement. Ces dernières années, elle a soutenu les campagnes de mouvements comme Attac ou le groupe LobbyControl.
Mais Kolb note aussi « une vraie renaissance de fondations plus revendicatives en Allemagne ces dix dernières années ». Comme Umverteilen (« redistribuer » en allemand), l'une des pionnières, créée en 1986 par Ulf Mann et qui affiche aujourd'hui un capital de 18 millions d'euros ; ou Filia, fondation militante (27 donatrices et 236 000 euros redistribués en 2007), qui « soutient et encourage un changement de société (…) dans l'intérêt des femmes ».
Quand on demande à Felix Kolb s'il regrette d'avoir investi sa fortune dans cette fondation, il répond du tac au tac « je ne regrette rien ». Après un silence, il précise : « Aucun de nous n'a donné tout son argent. »
Photos : des militants sponsorisés par Bewegungsstiftung (DR).


























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De kevangel
09H42 | 04/10/2008 |
Voilà un article intéressant, une info qu'on ne trouve pas ailleurs. C'est d'autant plus intéressant que l'on sait que la plupart des révolutions viennent des élites bourgeoises plutôt que du peuple (même la révolution française). Alors des riches héritiers qui remettent en cause le système, voilà qui devrait faire trembler tous nos décideurs.
De Anthropia
09H43 | 04/10/2008 |
Seul le capitalisme français garde tout pour sa pomme,et ne soutient que rarement des causes nobles, des vocations, s'il investit c'est dans la pierre, l'art, mais donner à des causes généreuses, rarement, si on compare aux USA, où n'importe quel promoteur ou petit patron verse depuis sa fondation aux causes qui l'intéressent.
On peut critiquer les maîtres de forges paternalistes, qui créaient des structures pour leurs ouvriers, les Médéfiens contemporains sont devenus individualistes et jouent perso.
http://anthropia.blogg.org
De kebra
Bisounours killa | 10H24 | 04/10/2008 |
Si seulement Tapie pouvait lire ces lignes, il trouverait un moyen de faire grandement remonter sa côte et de se venger de ces galères.
Allez Nanard, un beau geste, tu me files 5 millions d'euros défiscalisé, je fais gagner l'initiative pro-chanvre en Suisse et je propage l'incendie aux pays voisins. La régulation du marché du cannabis fera perdre des milliards aux mafias. Autant de liquidités noires en moins pour les banques et beaucoup moins de thunes dans les quartiers, le melt down économique s'accélèrera, nous pourrons enfin réfléchir puis construire un système viable pour les générations futures.
Allez Nanard, un peu de burnes, souviens-toi d'où tu viens, Orly plage, où tu risques d'aller, en exil ou pire, il est grand temps de te la jouer Philippe Egalité et de trahir ta nouvelle classe avant sa destruction.
Allez Narbé, sois cool, tu ne vas pas me contraindre à l'exil en Allemagne, souviens-toi comment ils ont traité Patrick Battiston ! (à mes ami(e)s allemand(e)s : Das ist ein Scherz, ich liebe Sie)
De skalpa
actif et militant ? | 10H29 | 04/10/2008 |
Ce qui est bizarre, je trouve, c'est pourquoi les donateurs ne militent pas eux-mêmes avec leurs fonds ?
Histoire de se donner bonne conscience ?
Comme l'Oréal ou Leclerc qui donnent pour la défense de l'environnement ?
http://kprodukt.blogspot.com
De Numerosix
Prisonnier dans le village global | 11H12 | 04/10/2008 |
Ca reste un peu anecdotique mais c'est très intéressant quand même.
On attend effectivement que des « élites » un peu plus intelligentes que les autres , plus généreuses, plus politisées , voire simplement plus réalistes et pensant qu'eux meme et leurs enfants vivraient mieux dans un monde moins absurde ,injuste, égoïste et crétinisé, se mettent massivement à financer des vrais changements de sociétés ( et ne pas juste se dédouaner en faisant la charité comme certains ).
D'autre part , je pense que la Rue (89 Strasse ? )devrait s » intéresser plus souvent à ce qui se passe en Allemagne , le pays le mieux « dénaziifié » du monde. Il y a beaucoup plus de choses et de modèles à prendre pour nous chez nos voisins zallemands qu'aux zÉtats Unis ..
De GanLanShu
shodavid.blog.lemonde.fr | 10H47 | 04/10/2008 |
Great job ! Il faudrait un contre-article qui irait dans le sens de ce qu'évoque Skalpa mais là, at last goddamit ! , rue89 fait son boulot ! On peut comprendre le refus de tout sectarisme et la nécessité d'un pluralisme fédérateur mais ce type d'article est beaucoup, beaucoup, trop rare… Le projet fondateur n'était-il pas essentiellement novateur, alternatif ? Merci à Stéphanie Pichon d'apporter la preuve que c'est jouable sans sombrer dans le krypto-militantisme.
De mechante langue
11H22 | 04/10/2008 |
« On attend effectivement que des “ élites ” un peu plus intelligentes que les autres , plus généreuses, plus politisées , voire simplement plus réalistes et pensant qu'eux meme et leurs enfants vivraient mieux dans un monde moins absurde ,injuste, égoïste et crétinisé, se mettent massivement à financer des vrais changements de sociétés ( et ne pas juste se dédouaner en faisant la charité comme certains ). “
Je suis classé parmi les méchants du forum , mais pourtant d'avoir l'impression d'etre l'un des rares a etre a gauche .
Si je ne crois pas a la lutte des classes , je crois a l'égoïsme de classe : c'est a dire que l'on agit toujours directement ou indirectement pour son interet ou du moins jamais contre son interet .
S'ils veulent ‘financer’ un monde meilleur qu'ils investissent dans les syndicats , les organisations réellement représentatives des ouvriers ..ect ..
Quand vous regardez qui ils soutiennent et qui ils financent vous remarquerez que c'est toujours des mouvements dont la cible par ricochet (mais prinicpale) est le ‘prolétariat’ , désormais réduit a la caricature du beauf fasciste .
Je me demande si je ne vire pas coco , mais devant les ‘idiots utiles’ j'ai vraiment envie d'avoir un couteau entre les dents
De bifteack
pierreux | 11H27 | 04/10/2008 |
C'est une bonne choses qu'il y est des gens avec de gros moyen financiers qui essayent de faire avancer la société dans un sens positif . Comme le disais Herbert Marcus c'est souvent au extrêmes des sociétés que ce trouvent les contestations les plus réalistes de remise en causes des systèmes car c'est parmi les plus marginaliser ou les plus aises que ce trouvent les gens qui vivent le plus hors de ce même système et des schémas mentaux véhiculer par celui-ci et on le regard le plus réaliste hors de toute personnalisation par rapport a celui-ci.
De caro
délinquante avérée | 11H31 | 04/10/2008 |
voyez-vous, méchante langue, les syndicats ne défendent QUE les salariés, c'est leur objet. Ce ne sont donc pas eux qui vont militer pour un changement de société, ils militent pour l'amélioration des conditions de travail, nuance. C'est pourquoi, à mon avis, il est très intéressant que des groupes non encartés militent, eux, pour l'avènement d'une autre société égalitaire, écologique, non big brother.
De mechante langue
12H08 | 04/10/2008 |
Si vous voulez une société juste ,égalitaire ect .., il vous faut un interet général fort et pour l'incarner un état ou des structures fortes.
Vous remarquerez que ces mouvements au contraire luttent pour le démentellement de toute forme d'état et non pour sa transformation . On est trés proche du libertarisme , mais le libertarisme c'est de l'individualisme , rien d'autre .
De Firenze
| 12H24 | 04/10/2008 |
Le concept est évidemment très intéressant, et l'Allemagne semble être le berceau idéal pour qu'il puisse faire ses preuves, notamment pour son esprit de communauté très fort et de rassemblement à l'échelle nationale - je crois que ce n'est plus à prouver.
Ah si Rosa en avait bénéficié…
Et je partage entièrement l'avis de Numerosix, l'Allemagne n'est pas assez présente auf der 89. Straße (pour les puristes), et cette raison est toujours parmi les premières de mon infidélité au site.
De Benjiz
12H38 | 04/10/2008 |
D'après l'article, les fondateurs c-a-d les premiers donateurs fortunés , sont/étaient eux-mêmes impliqué dans le mouvement alternatif.
De Poney
Etudiant | 13H30 | 04/10/2008 |
Pouah, la démocratie va bien évidemment sur la bonne route en permettant à des minorités aisées de faire valoir leurs intérêts pendant que les autres travaillent.
Allez ! Soutenons la société civile, oh oui que la cause est noble, et l'institution est si légitime !
Et même l'enfant est plus transgressif que ces pauvres militants, en ouvrant la fiole de Cif de sa maman.
Un bien bel instrument que viennent d'inventer ces Allemands.
L'autocollant Demokratie jaune est ironique j'espère ?
Quand cessera cette vaine agitation, peut-être parlerons nous enfin d'action ? La pensée tragique se perds.
De pierrejcallard
www.nouvellesociete.org | 16H44 | 04/10/2008 |
Je trouve aussi cette initiative extrêmeent intéressante. On se demande d'où viendra la révolution/réforme nécessaire d enotre société moribonde Peut-être de cette symbiose inusitée entre ceux qui veulent le changement et ceux qui peuvent le faire. Remarquer que c'est un cas d'espéce d'un phénoméne plus large de conscience sociale gratuite qui se manifeste aussi chez tous ceux qui écrivent des idées sur internet sans être rémunéré
Pierre JC Allard
http://nouvellesociete.org/5067.html
http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/067-resolution/
De Dan51
17H38 | 04/10/2008 |
Il y a une erreur dans les chiffres donnés sur les FONDATIONS en Allemagne.
L'auteur ne cite qu'une Confédération qui regroupe quelques milliers de fondations, mais il en existe bien davantage en Allemagne, elles remontent au Moyen-Age et ont toujours joué un rôle très important dans la société.
La voici, traduction d'un article de la FAZ du 24 aout 2008 :
Il y a plus de 65.000 fondations dans le pays. Elles donnent chaque année plusieurs dizaines de milliards pour soutenir des projets scientifiques, sociaux, culturels et environnementaux.
La restauration de monuments, l'intégration d'enfants immigrés, l'avancée scientifique ou la création de réserves et parcs naturels - il y a presque une fondation par objectif à but non lucratif.
L'Allemagne ne manque pas de fondations. Créer une fondation n'a jamais été aussi populaire qu'aujourd'hui. L'an dernier, plus d'un millier de fondations de droit civil ont été créées, selon la Confédération fédérale des fondations allemandes de Berlin.
Dans les années 50, il s'en créait 300 par an et dans les années 60 pas plus de 500. Hans Fleisch, secrétaire général de la Confédération fédérale disait avec satisfaction lors de la journée de la Fondation à Munich, que le nombre de fondations augmentait en Allemagne plus que dans tout autre pays d'Europe. La Confédération compte 3.000 membres qui représentent 6.000 fondations, la plus grande Confédération du monde.
Les fondations allemandes gèrent une fortune d'environ 100 milliards d'Euros et mettent leurs revenus de l'ordre de plusieurs dizaines de milliards par an à disposition des objectifs qu'elles se sont fixés.
Je mets juste en parallèle le Budget de l'Etat français :
Au total, en 2006, les recettes brutes de l'État se sont élevées à 287 milliards d'euros, auxquelles il faut soustraire un peu plus de 65 milliards de prélèvements au profit des collectivités territoriales et des communautés européennes. Les recettes réelles nettes de l'État français auront donc été de 221 milliards d'euros.
La fortune des fondations allemandes est de quelque 100 milliards d'Euros, un peu moins de la moitié de toutes les recettes de l'Etat français… on voit quel est leur poids dans le pays, sans elles, la vie serait toute différente.
Et contrairement à l'Etat français, elles ne font AUCUNE DETTE, car elles travaillent uniquement avec les intérêts de l'argent qu'elles ont placé.
De Dan51
17H46 | 04/10/2008 |
Vous parlez de choses que vous ne connaissez pas, malheureusement, et jugez de bien haut…
Il existe plus de 65.000 fondations en Allemagne - depuis le Moyen-Age - et elles gèrent à peu près la moitié du budget de l'Etat français - sans faire aucune dette, car elles utilisent l'argent placé par les donateurs qui n'y ont plus accès, car l'argent appartient désormais à la fondation qu'ils ont créée.
Elles sont actives dans TOUS les domaines de la société, particulièrement pour financer la RECHERCHE - celle de la France souffre d'un Etat dont « les caisses sont vides » - la protection de l'environnement, l'intégration des immigrés, etc. etc…
Il est temps qu'en France on arrête de parler comme du temps de la Révolution maintenant le pays dans la médiocrité.
De Coqueli-so
18H17 | 04/10/2008 |
Les allemands font très fort et leur conscience « écologique » m'épate. Et c'est un pays auquel j'aimerais que la France s'inspire en plusieurs domaines.
S'il est vrai qu'on peut « tiquer » sur la provenance des « subventions », il est à noter que bien souvent, ce sont des gens qui ont une certaine « aisance » matérielle et intellectuelle qui défendent les « gens d'en bas », ceux-là même qui n'ont guère d'autres loisirs que de s'occuper de boucler leur « faim » de mois.
Comme quoi l'argent ne fait pas forcément le bonheur de ceux qui le possèdent, mais n'altère pas obligatoirement leur sens des valeurs ….
Futurs gagnants du Loto, à bon entendeur !
De ramiro
apprenti polémiste | 18H33 | 04/10/2008 |
Ce qu'est intéressant, là dedans, c'est que ces gens réinventent des formes d'organisations qui existent déjà : cela s'appelle des « professionnels de la politiques » et les organisations qui les rémunèrent leur offrent des postes de « permanents » …
a part ça, tout ce petit monde prétend réinventer le monde, ne veulent pas s'organiser dans les partis politiques et les syndicats, ne militent pas mais font de la « communication politique »…
Autre chose…Au moins dans un syndicat, on sait d'où vient l'argent, c'est celui des travailleurs qui cotisent, et a ce titre on se sent peut être un peu plus responsable…non ?
De Ashel
écrivain | 18H44 | 04/10/2008 |
Et ce qui est aussi intéressant, à lire les commentaires, est de voir combien on a encore envie de croire qu'il existe des mécènes désintéressés ! Sans verser dans le cynisme,tentons au moins de demeurer lucide ! Ce qui n'empêche pas de trouver inétressante la démarche allemande et surtout l'article qui en rend compte ! Et je rejoins tous les riverains qui pensent qu'en effet, Rue89 sera toujours bienvenu de nous tenir informés de ce qui se passe en Allemagne.
De le passant qui passe
19H14 | 04/10/2008 |
L'article ne dit pas si la fondation tourne à perte ou si elle fait des bénéfices - cas le plus probable.
Alors quand de riches héritiers investissent dans des fondations qui leur permettent de bénéficier de réductions d'impôts, d'exonération de droits de succession, effectivement, il y a de quoi être sceptique.
(même Bill Gates a la sienne)
parce que la politique et la croissance de l'Allemagne, c'est aussi ça ou ça.
Voilà qui nous change des infos des médias de masse et tout de suite, ça calme.
De BobLaMouche
subversion + construction = substru... | 11H00 | 05/10/2008 |
Disons que par essence, ce genre de fondation n'est pas du tout tournée vers une critique de l'économie. Elles générent ainsi des comportements typiques : spécialisation et cloisonnement des activités humaines, délégation systématique entraînant la non-responsabilité, professionnalisation, etc. Ce sont les conséquences de l'utilisation du salariat au sens large.
Il faudrait regarder en détail leur statuts et mode de fonctionnement, mais s'il s'agit uniquement pour de riches personnes de « bien » employer de l'argent qui leur pèse, on peut craindre l'inverse de ce qui était escompté à l'origine. Ce la pourrait bien aboutir non-pas à un changement de la société, mais une stabilisation de l'idéologie sous-jascente : l'échangisme. Parce qu'une fois de plus, on reste dans la représentation (voir l'intervention de Ramiro, un peu plus haut). Les militant-e-s professionnel-le-s luttent « pour les autres » (qui du coup se laissent à penser qu'illes n'ont plus rien à faire), faisant valoir un intéret général qui a autant de définitions qu'il y a d'individus (puisque ceux-ci ne font rien pour partager leurs idées et formuler des projets). Et comme n'importe quel-le salarié-e, illes vivent du travail d'inconnu-e-s, l'argent faisant office de médiation, opacifiant toute relation, cloisonnant les rôles production/consommation.
D'autre part, vu le climat actuel, on peut s'attendre à ce que ce genre de fondation soit démantelée sous prétexte de financement terroriste, si elles commencent à prendre de l'importance.
Pour moi la meilleure façon d'utiliser une somme d'argent est de la faire disparaître purement et simplement (ou au minimum de la retirer du système banquaire). En dehors de cela, c'est la réflexion sur l'utilisation de nos vie qui me semble primordiale : que faisons-nous de notre quotidien, à quoi travaillons-nous, comment intégrons-nous nos activités avec nos relations aux autres, proches ou plus lointains ?
Donc contrairement à beaucoup d'autres réactions ici, je ne suis pas très enthousiaste sur de telles initiatives, ou en tous cas je n'y place aucun espoir de changement social significatif.
De kestiontoi
travailleur forcé | 19H55 | 05/10/2008 |
« si on compare aux USA, où n'importe quel promoteur ou petit patron verse depuis sa fondation aux causes qui l'intéressent. » (Anthropia)
Mais d'en quel but ?
Pourquoi n'acceptent-ils pas de payer plus d'impots à un état qui serait plus social ? ? ?
De Stéphanie Pichon (auteur)
Journaliste | 14H33 | 06/10/2008 |
La fondation fait des bénéfices, et augmente chaque année son capital. D'une part parce qu'elle a de plus en plus de donateurs. D'autre part parce qu'elle place son argent, en prenant soin évidemment d'être en adéquation avec sa ligne politique et de n'investir que dans des placements destinés à des programmes sociaux, écologiques, etc… Elle tient également à ce que tout soit décidé démocratiquement et non pas selon le bon vouloir des fondateurs. Pas de personnalisation de la fondation, comme c'est très souvent le cas. Plutôt une gestion collégiale.
D'autre part, les fondations en allemagne, bénéficient toutes de larges exonérations fiscales, qui ont encore été renforcées l'an dernier par le gouvernement.