Decryptage

Sarkozy lance-t-il des « Etats placebo » de la presse ?

Nicolas Sarkozy a entretenu le suspense sur les détails des Etats généraux de la presse, qu'il inaugure en grande pompe ce jeudi. Pas un mot du Président à ce sujet depuis le mois de juillet, et son appel à la constitution de « grands groupes français indépendants ».

En attendant de connaître précisément les orientations données par le chef de l'Etat et les feuilles de route empruntées par les quatre groupes de travail (lire l'encadré), les acteurs des médias en sont réduits aux conjectures.

Côté journalistes, on s'inquiète, puisque seul l'aspect économique paraît pour l'instant au coeur des préoccupations de l'Elysée. Mais on se prend aussi à espérer : si ce « Grenelle de la presse » constitue un réel lieu de réflexion et de débat servant à l'élaboration des textes de loi, la qualité de l'information pourrait en sortir améliorée.

Quatre tables rondes pour vingt propositions


Préparés par l'ex-directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, les Etats généraux de la presse sont lancés jeudi à 11h00 par un discours du Président, et s'étaleront sur deux mois. Quelques informations ont filtré dans la presse, mais rien n'a été confirmé officiellement. Quatre personnalités des médias ont commencé à constituer les tables rondes qu'ils animeront, entourés chacun d'une vingtaine de personnes.

Arnaud de Puyfontaine animera le groupe sur le « contexte économique de la presse ». Ex-PDG des groupes de presse Emap et Mondadori, ce petit-fils d'un inspecteur général de l'ORTF a aussi présidé l'Association pour la promotion de la presse magazine, le lobby des patrons de ce secteur.

Bruno Patino animera le groupe sur Internet et les développements du numérique. Ex-vice-président du groupe Le Monde et président de Télérama et du Monde interactif, cet ancien journaliste vient d'être nommé directeur de la radio publique France Culture. Il est le co-auteur d'un essai remarqué intitulé « Une presse sans Gutenberg ».

Bruno Frappat animera le groupe sur le métier de journaliste. Ancien directeur de la rédaction du Monde (1991-94), puis de La Croix, il est aujourd'hui président du directoire du groupe Bayard Presse. Ce journaliste devenu patron de presse est considéré comme intègre par la plupart des journalistes.

François Dufour animera le groupe intitulé « presse et société », qui suscite quelque scepticisme. Fondateur du groupe de presse jeunesse Play Bac, cet éditeur a transmis l'an dernier à différents médias ses dix idées pour améliorer la presse.

Emmanuelle Mignon souhaite que chacune de ces tables rondes se mette d'accord sur cinq propositions. En recrutant les participants, les quatre hommes assurent qu'ils ont « reçu des garanties d'indépendance ».

Le hic, c'est qu'en matière de médias, l'exemple de la Commission Copé a montré que Nicolas Sarkozy pioche ce qui lui plaît dans les propositions issues des débats, et y ajoute ensuite quelques mesures de son cru. Si ce trait de caractère du Président se confirme, plusieurs rapports publiés ces dernières années serviront d'esquisses aux orientations qui sortiront de ces Etats généraux.

Rien sur l'exception française des groupes médias tributaires des commandes publiques

Points communs : un criant appel à la levée des seuils anti-concentration pour les groupes de médias ; peu de cas des moyens d'améliorer la qualité de l'information ; et un silence assourdissant sur une triste spécificité bien française, l'appartenance des principaux médias privés à des groupes en partie tributaires des commandes publiques.

Dans un entretien au Monde du 17 juillet, Nicolas Sarkozy évoquait son intention de développer les médias, cette « industrie stratégique » :

« Si vous ne pouvez être viable économiquement, c'est la démocratie qui en pâtira. [Il en va de] la responsabilité du président de la République que d'essayer de construire un modèle économique qui permettra à des grands groupes français d'être indépendants. […] Le grand groupe de communication français Lagardère n'a pas de télévision et le grand groupe de télévision français Bouygues n'a pas de presse. Quant au groupe de télévision Canal +, il n'est présent qu'en France. »

Passons sur quelques légères approximations -Lagardère possède plusieurs télévisions thématiques (MCM, Canal J…) et 20% du groupe Canal+ ; TF1-Bouygues détient plus du tiers du quotidien gratuit Metro France ; et Canal+, filiale de la multinationale Vivendi Universal, conserve plusieurs divisions à l'étranger (principalement dans le cinéma).

Les rapports sont unanimes : le salut passe par la concentration

Notons plutôt que cette volonté sarkozienne se retrouve dans le rapport de l'institut Montaigne publié en août 2006 (résumé sur le site du think-tank), dans le rapport du sénateur de Broissia (UMP) d'octobre 2007, et enfin dans celui de l'élue UMP Danièle Giazzi, remis le 11 septembre à Nicolas Sarkozy : assouplir les règles anti-concentration dans le secteur des médias, pour permettre -par exemple- à Bouygues de posséder 100% de TF1 (contre 49% aujourd'hui), à Lagardère de toucher plus d'auditeurs avec ses radios, ou à tout groupe de posséder à la fois des médias d'information en télévision, presse et radio.

Ce serait la fin de la « règle des 2 sur 3 », naguère jugée nécessaire pour assurer le pluralisme. « Quand on lit le rapport Giazzi, on ne peut pas oublier les amitiés du Président, la soirée au Fouquet's, Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère ou Martin Bouygues », commente Jean-Michel Dumay, président du Forum permanent des sociétés de journalistes (qui en regroupe 27, mais n'avait, mercredi soir, été convié à participer à aucune table ronde). « Impossible de faire abstraction de ce contexte-là », ajoute-t-il.

Concentrer plus, alors que la Constitution garantit le pluralisme…

Cette volonté de dérégulation est contestable économiquement, mais s'oppose aussi au bon sens : « Si la concentration était utile à la presse, la presse ne serait pas moribonde », remarque Dominique Pradalié, la secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ), le plus important de la profession, qui n'a été invité à participer qu'à une table ronde, celle sur le métier de journaliste.

Et surtout, au regard de l'actualité politique récente, une question candide se pose : le pluralisme des médias ne vient-il pas d'être inscrit dans la Constitution ? Article 34 :

« La loi fixe les règles concernant […] la liberté, le pluralisme et l'indépendance des médias. »

Voilà sans doute la contradiction la plus flagrante de Nicolas Sarkozy. Pour Dominique Pradalié, c'est une « aberration évidente ».

Mais ces Etats généraux devraient aussi aborder des questions économiques et industrielles plus urgentes (la distribution et la fabrication de la presse), évidentes (le passage au numérique), explosives (les aides publiques à la presse, le droit d'auteur des journalistes à l'heure de la multidiffusion des contenus qu'ils créent), ou les trois à la fois (le rôle néfaste du syndicat du Livre CGT).

Toujours aucun poids ni aucune indépendance pour les rédactions

Quasi absente des rapports, la question de la qualité de l'information, et de son indépendance. Danièle Giazzi préconise la création d'un observatoire du pluralisme… rattaché au Premier ministre ! Elle propose aussi l'ajout de la charte de déontologie des journalistes à leur convention collective, ce qui la rendrait théoriquement opposable aux demandes de leurs patrons.

Mais elle ne dit rien sur la reconnaissance juridique des sociétés de journalistes ou sur leur droit veto à la nomination du directeur de la rédaction, choses qui leur donneraient du poids pour s'opposer efficacement aux atteintes à la liberté de l'information.

Au moment où nombre de spécialistes des médias évoquent une « crise de l'offre éditoriale » parmi les raisons majeures du déclin de la presse écrite, c'est inquiétant. Les journalistes sont donc pendus aux lèvres du Président et des acteurs de ses Etats généraux. Il n'y a qu'une alternative, selon Jean-Michel Dumay :

« Soit c'est un vrai lieu de débat où chacun apporte son opinion pour aboutir à de vraies avancées. Soit c'est totalement pipeau. »

Dominique Pradalié considère que dans ce dernier cas, ce Grenelle n'aura qu'une conséquence sur la presse : « Le malade mourra guéri. »

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De compte supprimé16

révolté | 10H36 | 02/10/2008 | Permalien

La liberté, la pluralité et l'indépendance de la presse, son utilité à la démocratie, passent par une multitude de conditions. Certaines sont rarement évoquées. Je me demande quel est l'intérêt d'un paysage médiatique fait de groupes de presse financièrement indépendants et viables quand il s'agit de lutter contre des facteurs bien plus sournois comme :
-l'uniformisation des profils des journalistes. Les rédactions, et plus particulièrement les rédactions en chef, sont trustées par des journalistes formatés dans un tout petit nombre d'écoles : ESJ, CFJ, Sciences-po Paris.
-l'avènement du journaliste généraliste au détriment du journaliste spécialiste.
-la quasi disparition du journalisme d'enquête au profit du faux reportage issu du fil d'info de 2 ou 3 agences internationales de presse/d'images ou d'exercices vains et futiles comme le commentaire de sondages.
-la complicité/proximité qui s'est installée sous différentes formes entre les journalistes (presse locale ou grands médias nationaux), le pouvoir exécutif et le pouvoir économique.
-la parole systématiquement donnée à… des professionnels de la parole médiatique dits « experts, intellectuels… »
-le refus des médias de faire vivre en leur sein un médiateur réellement indépendant.
Quant à ces états généraux, cette stratégie politique a déjà été éprouvée récemment sur la question de l'environnement. La presse va-t-elle, en soutenant servilement cette initiative, servir les intérêts d'un gouvernement et d'un chef d'état qui ont déjà montré leur mépris pour la presse libre et la démocratie. Je le crains.

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Rue89 | 01H11 | 03/10/2008 | Permalien

Merci pour votre analyse, à laquelle je souscris, sauf sur deux points.

1. A Rue89, nous avons choisi de participer à ces Etats généraux (Pierre Haski s'en explique dans un édito), ce qui ne signifie pas que nous soutenons « servilement » cette initiative. Si la tournure qu'elle prend nous déplaît, rien ne nous empêche de claquer la porte des Etats généraux ou, après leur conclusion, de dénoncer l'éventuelle mascarade à laquelle ils auraient abouti. Dans ces deux hypothèses, il serait plus utile de les avoir vécus de l'intérieur, pour mieux les dénoncer.

2. Sur le « formatage » opéré par les écoles, je dois vous préciser que la quasi totalité des journalistes de Rue89 sont passés par l'une ou l'autre des trois écoles que vous citez. C'est le cas aussi de journalistes du Canard Enchaîné, du Monde Diplomatique, de Politis, mais aussi du Point ou du Figaro, etc. Peut-être que ces écoles « formatent » leurs étudiants ; elles apprennent aussi -les écoles de journalisme en tous cas- des techniques qui permettent d'exercer ce métier.

Les journalistes qui sont diplômés de ces écoles ne sont pas, parce qu'ils en sont diplômés, meilleurs ou pires que les autres. Comme le disent les anciens, « la meilleure école de journalisme, c'est le terrain » ou, plus généralement, l'empirisme. L'essentiel, pour un journaliste, est de garder les yeux grand ouverts, afin de rester le plus possible en prise avec la réalité la plus large possible.

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révolté | 14H41 | 03/10/2008 | Permalien

1.L'organisation des états généraux est un piège. Les deux positions (participer ou non) sont délicates à défendre, chacune comporte des inconvénients, mais soyons réalistes. Peu de français vont s'intéresser à ces états généraux, a fortiori dans le contexte actuel de crise économique (je confirme), et encore moins pourront en capter les enjeux car cela implique documentation, réflexion, analyse… en résumé, cela nécessite du temps. Pour la majorité d'entre-nous, la participation massive annoncée de la presse à cette manifestation en fera un succès quelqu'en soit l'issue… que l'on connaît déjà.
Seul un retrait coordonné d'une partie des grands médias participant à l'initiative (je suis sur que vous êtes comme moi sans illusion sur votre capacité d'influence et d'audience) pourrait contrebalancer ce premier effet, et je ne l'envisage pas un seul instant. N'oublions pas que la majorité des médias en France est détenue par des « amis », parfois très personnels, du pouvoir en place. L'objectif majeur de ces états généraux est de servir des intérêts communs. La méthode du grand rassemblement n'est qu'un leurre pour y parvenir. C'est encore (et toujours depuis 18 mois) de la stratégie politique visant à affaiblir la partie adverse pour atteindre un objectif prédéterminé.
La presse avait aussi des éléments et des arguments valables pour refuser de participer à cette initiative : l'indigence du rapport Giazzi, le choix d'E. Mignon comme organisatrice, la méthode et les raisons de la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, ce que le chef de l'état a montré de son rapport aux médias, l'évolution du Grenelle de l'environnement… Avec ou sans elle, l'objectif sera atteint et elle n'en sortira pas grandie mais encore plus affaiblie, plus discréditée car elle aura participé à son propre dévoiement.

2. J'ai cité ces 3 écoles à dessein. Vos informations sur le profil courant des journaliste de la presse française ne font qu'apporter de l'eau à mon moulin. La presse et Rue 89 sont donc en grand danger et l'ennemi de l'intérieur, l'uniformité, progresse. La rhétorique « sur le terrain » est d'un autre âge, elle ne correspond plus à la réalité du fonctionnement de la presse d'aujourd'hui et décrite dans mon précédent message. Elle appartient à une époque ou les journalistes avaient des formations et des parcours divers, se formant par la pratique aux dites « techniques », finalement assez simples, du moins pour les plus importantes. Cette relative diversité génératrice d'une subjectivité fondamentale (vous avez bien lu) est aussi un élément de protection de la liberté car elle favorise le développement et l'expression de perceptions, d'opinions, de points de vue, de perspectives différents. Former de jeunes esprits à des techniques professionnelles dans des écoles très productrices de normes et dirigées et animées par des « anciens » me semblent offrir bien moins de garanties.

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09H08 | 02/10/2008 | Permalien

Il faudrait aussi insister sur la responsablité du journaliste. Le doit de dire et d'écrire n'importe quoi sans courir aucun risque, cela ne doit pas exister ! Au nm de quoi, ces petits messieurs auraient-ils des droits que n'auraient pas les autres citoyens ?

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Back in the USSR | 11H33 | 02/10/2008 | Permalien

« Le doit de dire et d'écrire n'importe quoi sans courir aucun risque, cela ne doit pas exister ! “
Mais ça n'existe pas mon cher ! souviens-toi de la journaliste de TF1 qui s'est fait virer pour faute grave après avoir annoncé en direct et à tort la mort d'un enfant…

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à compte désactivé 2 Portrait de compte désactivé 2 De Cirdec

Cadre qui commence à comprendre com... | 12H27 | 02/10/2008 | Permalien

T'es pas content qu'il y en ait d'autres que toi a ecrire n'importe quoi ?

Portrait de Llewellyn

De Llewellyn

internetteux | 09H30 | 02/10/2008 | Permalien

Bonjour,

Une autre remarque par rapport à ces états généraux : la question de la presse en ligne. Sauf erreur, ont été audités sur le sujet des groupes de presse traditionnels (tous dotés de leurs sites), Mediapart (des anciens du Monde) et Rue89 (des anciens de Libé).
Bref, vu de Giazzi, la presse en ligne ne peut pas être une création ex nihilo, il doit forcément s'agir d'une émanation plus ou moins directe de structures et de modes de fonctionnement déjà existants. Pas un mot sur les nombreux sites qui existent depuis une dizaine d'années et qui, eux, génèrent de nouvelles cartes de presse, à la différence des groupes traditionnels, plus portés sur le plan « social ».
Désolé pour Rue89, à mes yeux un modèle en matière de qualité de journalisme en ligne, mais qui ne dispose pas de la même expérience de la survie sur Internet que d'autres sites qui ont su résister aux crises du Web.
Avec de telles « sources d'informations », Giazzi et ses commanditaires élyséens sont partis pour nous pondre de belles recommandations sur la nécessité de sponsoriser la presse « de qualité », i.e. la presse aux ordres de Dassault, Bolloré et Lagardère, qui est en train de dégoûter les lecteurs du journalisme par ses pratiques.

Portrait de compte désactivé 2

De compte désactivé 2

10H03 | 02/10/2008 | Permalien

Il faudrait surtout mettre fin à la dictature invraisemblable du syndicat du livre sur la presse !

Portrait de anamaywong

De anamaywong

10H04 | 02/10/2008 | Permalien

A lire dans le monde diplomatique : « ces patrons qui veulent devenir journaliste »

Portrait de Mr_Quiconque

à anamaywong Portrait de anamaywong De Mr_Quiconque

12H18 | 02/10/2008 | Permalien

Il serait bon de donner le lien, lorsqu'il existe, pointant vers ce que vous citez ou voulez faire connaitre.

C'est un petit effort qui peut s'avérer utile.

Merci.

Ces patrons qui veulent être journalistes.
http://blog.mondediplo.net/2008-09-27-Ces-patrons-qui-veulent-etre-journ…

Portrait de compte supprimé 22

De compte supprimé 22

Lecteur écriveur | 10H51 | 02/10/2008 | Permalien

Lire ce projet destiné à assurer l'indépendance des médias et lire en même temps les démèlés des journalistes du Figaro avec leur actionnaire principal, c'est astap » !

Surtout que Le Figaro, notamment Madame, c'est pas vraiment des gauchisses haïs par Gaga ! Voir le dernier FigMad, allumé par le Canard dans « Dura luxe sed luxe » (dernière page). Un bijou, mais pour un euro et des seulement.

Où on apprend, entre autres, qu'on peut se faire brusher les cheveux par le merlan de Sharon Stone pour 1000 euros. Je n'aurais rien contre mille euros évidemment. Mais si je pense aux CD, aux livres à acheter, au voyage à faire avec…

Sur ce bijou, une perle. Mâhâme Iñès de la Frange s'indigne qu'on galvaude le luxe en ces termes : « Quand j'entends quelqu'un dire “ je mange des coquillettes et du jambon devant ma télé, et c'est mon luxe à moi ”, je ne suis pas d'accord ».

Voilà. Pour un riche, le vrai bonheur n'est pas dans la longueur de son yatch, mais de savoir que les pauvres sont non seulement pauvres mais malheureux. Et un pauvre heureux avec son plat de nouilles, la Nénès, ça la rend vénèr…

Ah ma chochotte. Pas foutue capable de voir que ce pauvre, quand il est planté béat devant sa télé, ne pense pas à venir serrer ton cou ou celui de tes pareils.

Naaan, j'rigole. Tu as un trop joli cou.

Portrait de Numerosix

De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 11H05 | 02/10/2008 | Permalien

PARIS - Nicolas Sarkozy a lancé jeudi les Etats généraux de la presse en créant quatre groupes de travail destinés à réfléchir à l'avenir de la presse française.

« Je déclare ouvert le Grand Magic Circus de la Presse écrite et ses animaux tristes ! »

Portrait de Manoplas

De Manoplas

en los madriles | 11H07 | 02/10/2008 | Permalien

Sarkozy va achever de transformer la presse et les médias en outils de propagande, encore plus qu'ils ne le sont déjà…
Je vis en Espagne, et quand il dit que le groupe Canal+ n'est présent qu'en France… Il suffit d'allumer le poste et de trouver Canal+ España, ou faire un petit tour sur wikipédia où l'on voit bien que ce groupe n'est pas présent qu'en France, et pas seulement dans le domaine du cinéma, c'est un exemple parmi tant d'autres de la manière de prendre des données partielles, de les manipuler pour les adapter à son discours et le tour est joué.
On a eu la flambante démonstration en Espagne de la couverture médiatique mensongère orchestrée par l'état des attentats de Madrid, ou du naufrage du Prestige sur les cotes de Galice…Durant l'époque Aznar, c'était toujours à mourir de rire (jaune) de voir les journalistes espagnols de TVE commenter les meetings du PP : les gens sifflaient, insultaient et huaient les dirigeants de manière assez évidente, mais les journalistes continuaient à affirmer que c'était une véritable ovation, c'était aussi gros que ça.
Malgré le changement de gouvernement,l'alliance Etat-information ne fait pas bon ménage, avec la couverture plus que partiale de sujets comme ceux de l'ETA par exemple, aucun contrepoids, aucun débat d'opinion…
C'est ce qui nous attend : plus de liberté d'informer, plus de liberté de débat, d'opinion, ni d'indépendance, cynisme ouvertement affiché …
L'information comme outil de lobotomisation, et cadeau aux copains. C'est tellement pratique d'être président.

Portrait de Augustin Scalbert

à Manoplas Portrait de Manoplas De Augustin Scalbert (auteur)

Rue89 | 15H28 | 02/10/2008 | Permalien

Canal+ Espagne n'appartient plus à Canal+. Depuis plusieurs années, le groupe a décidé de vendre toutes ses filiales de télévision à l'étranger.

Portrait de Manoplas

à Augustin Scalbert Portrait de Augustin Scalbert De Manoplas

en los madriles | 18H20 | 02/10/2008 | Permalien

Autant pour moi…

Portrait de beluga

De beluga

Perdue en Sarkoland | 11H21 | 02/10/2008 | Permalien

Le nouvel ordre mondial est en marche…

Portrait de Donsar

De Donsar

petitpatron | 11H47 | 02/10/2008 | Permalien

États généraux des marchands d'armes et des financiers, orchestrés par les béni-ouiouistes, sous le haut patronage de l'association des amis du CAC40. Coïncidence ? Complot ? Ce même jour, Le Plan B numéro 15 est en kiosques…

Portrait de Akoibon

De Akoibon

autocritique | 12H18 | 02/10/2008 | Permalien

Le mari de la chanteuse lance ce qu'il peut en l'air et devrait, loi de la « gravité » oblige, se le prendre dans la face un jour ou l'autre.

Portrait de JePise

De JePise

retraité | 12H17 | 02/10/2008 | Permalien

Nous voguons vers une presse aux ordres : la concentration ne sera qu » unifier les infos . Un groupe détient des dizaines de titres , chaque titre ne dit pas sur sa couverture qu'il appartient à un groupe ; une info ou un scoop est donné à toute la chaîne sans variation.
C'est l'info émiettée qui montre la pluralité des opinions mais en réalité c'est toujours la même.
Plus d'observations ou d'analyses différentes de celles obligées par les tenants des capitaux .
Et chaque titre est une entreprise qui doit vendre , vendre, faire du bénéfice.
Bouygue n'a que 49% de TF1, quand il aura 100% ,nous aurons un seul canal comme la télé d'état une PRAVDA dans un état démocratique .
C'est une avancée extraordinaire dans la longue marche pour « l'émancipation » des citoyens .
Et ne parlons pas des médias publiques car le gvt veut les affaiblir et surtout comme j'ai vu sur un post : supprimons les syndicats.
Une info ,une seule : la voix de la France ( bon sang où ai-je entendu ça)

Portrait de essonne-2008

De essonne-2008

Journaliste | 12H23 | 02/10/2008 | Permalien

y'a moyen de participer à ce grand moment ? ? Je n'ai trouvé aucune adresse, ni aucun site qui permette de suivre ces assises. Quelqu'un a des infos ? ? ?
www.boocan.com

Portrait de Augustin Scalbert

De Augustin Scalbert (auteur)

Rue89 | 12H48 | 02/10/2008 | Permalien

A la conférence de lancement à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a déclaré vouloir que « les citoyens » participent au débat, d'où la création de ce site :

www.etatsgenerauxdelapresseecrite.fr

Portrait de Lairderien

De Lairderien

13H29 | 02/10/2008 | Permalien

Je ne vous ferais pas l'injure de croire que vous pouvez imaginer une seule seconde, que de ce site puisse émerger des propositions qui pourraient être retenue par notre omniprésident.

Ces Etats généraux n'ont qu'un seul but : entériner les choix de cette poignées de gens qui dirigent le pays, pour notre plus grand bien et dans l'intéret des seuls copains et coquins de sarkozy.

Les chiens peuvent aboyer, la caravane sarkozyste passera ! ! !

Portrait de vincelle

à Lairderien Portrait de Lairderien De vincelle

15H30 | 02/10/2008 | Permalien

>« Les chiens peuvent aboyer, la caravane sarkozyste passera ! ! ! »

…et les journaleux de service feront « comme si de rien n'était » (ça ne vous rappelle rien, cette phrase cynique ? )

la méthode sarko : toutes les saloperies sont possibles, ne mettant en place des « commisions », des « rapports », des « états généraux », des « grenelles »…
bref, des machins composés en majorité de salauds et de lèche-culs.

(cf les 400 millions d'euros refilés à tapie : 3 « juges » privés « rémunérés » à coup de millions)

…et les journaleux de service feront « comme si de rien n'était » , comme si tout cela était « normal » . La soupe est si bonne.

Portrait de Mr_Quiconque

De Mr_Quiconque

19H23 | 02/10/2008 | Permalien

Ah oui je vois le genre : continuer à entretenir l'illusion que nous avons notre mot à dire, que nous serons entendus, que nous vivons dans une démocratie représentative.

Oui bien sûr. Parlez-en au non au traité européen et aux Irlandais.

Quelle bonne blague ce site.

(Lairderien, ami voisin du dessus, je t'invite à leur faire connaitre le fond de ta pensée : ils se foutent de nous. Vous vous en foutez mais personnellement je les ai incendié, parce qu'il n'y a plus que ça pour être constructif. Le « chers amis, chers lecteurs que pensez-vous de », terminé, c'est bidon).

Sinon, PAC_ : « Pourquoi est-ce à l'Etat d'organiser des états généraux de la presse ? Je trouve surprenant que personne ne s'étonne de cette ingérence de l'Etat dans le secteur marchand ».

Réponse :
Pour la discréditer encore plus en renforçant l'image d'une presse ne faisant plus que suivre les initiatives de l'Etat ? ? !

EDIT :
Je viens de regarder le début du discours…mais qu'est-ce qu'il est mauvais ! aucune conviction, des intonations feintes, maladroites, exagérées quand elles ne sont pas grotesques…pffff.

« Ce qui est mauvais pour la presse est mauvais pour la démocratie ».
C'est un président qui le dit..mais quelle ânerie. La démocratie repose sur une séparation claire des pouvoirs législatif, exécutifs et judiciaire. Ce qui est mauvais pour une démocratie c'est un président qui empiète sur ces pouvoirs. Ce qui est mauvais pour la presse c'est un président qui empiète sur celle-ci.

Ce qui est mauvais pour la démocratie peut être mauvais pour la presse, et non l'inverse. On ne peut pas compter que sur la presse pour établir une démocratie.

Mais le plus grotesque c'est encore un président qui dit ce que doit être ou non la presse !

De quel droit ?

D'une part la presse n'est pas tenu de parler de lui ou d'écouter ce qu'il a a dire.
D'autre part de quel droit vient il dire ce que doit être la presse que moi, que nous lisons ?

Portrait de vincelle

De vincelle

20H03 | 02/10/2008 | Permalien

et oui ! ce qui est étonnant c'est qu'AUCUN journaliste ne dénonce cette imposture !

ils y participent même ! ils se prennent même à espérer ! ! ! (sic)

c'est si bête, un journaliste ? ou si lèche-cul ? ou les 2 ?

Portrait de Keldan

De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 12H57 | 02/10/2008 | Permalien

Ils peuvent bien en faire ce qu'ils veulent de leur presse, ça vaut pas un clou, le seul intérêt des journaux c'est de pouvoir mettre du papier au fond des cageots.
Et puis si Bouygues détient 100% de TF1, au moins j'aurais plus à me demander s'il n'y a pas une légère part de vérité dans ce qu'ils racontent.

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 13H23 | 02/10/2008 | Permalien

Siné : « Moi, je suis viable financièrement, alors qu'il ne vienne pas m'emmerder le “Bling-Bling” qui a soutenu Val dans son procès… ! ».

http://phil195829.overblog.com

Portrait de DARKP

De DARKP

Dauphin | 13H46 | 02/10/2008 | Permalien

Nico qui lance les états généraux de la presse pour ses potes Bouygues, boloré et lagardère, je trouve cela vraiment très très malsain…
Je crois que nous touchons vraiment le fond. De toute façon les gratuits que possèdent TF1, Boloré ou lagardère ont déjà tué les journaux à faible tirage dans les grandes villes. Fin de la première étape, maintenant il faut faire en sorte que cela s'étende à l'audiovisuel et au livre. Ensuite on pourra vraiment dire que nous somme dans une dictature à la pensée unique. Heureusement nous changeons progressivement nos modes d'informations et nous somme passé au mode interactif avec internet. Chacun va y piocher ce qu'il veut. mais cela ne concerne encore qu'une petite partie de la population, le gros des électeurs de plus de 50 ans et les jeunes sont victimes du lavage de cerveau quotidien à travers la télévision (+ de 3 heures par jours) et dans les transports avec les « gratuits ». On sait pourtant combien rien n'est gratuit en ce monde et pourtant tout le monde s'y laisse prendre. La bonne action serait de boycotter ces torchons et d'acheter « SON » journal, plutôt que cette daube pré-machée… Idem avec la TV qu'il faut savoir éteindre. mais qui parmi nous est capable de résister à 4 pages gratos le matin au réveil et qui peut se prévaloir de ne pas avoir la TV ou tout simplement d'en être maitre ? Ayant pas mal voyager et dans des pays réputés durs j'ai tjrs constater que la liberté c'est d'abord un état d'esprit et une attitude responsable. Un cubain, un africain, un russe, un chinois peut se vanter d'être libre par le simple fait de refuser de lire les journaux d'état, de ne pas s'abreuvoir du fiel des journaleux locaux, d'évoluer dans des groupes de relations dissidents… mais chez nous, on crie au loup mais on ne lutte pas, ni individuellement, ni collectivement, on subit en ronchonnant sur nos liberté perdues. Comme Dit le canard « la liberté d'expression ne s'use que si on ne s'en sert pas ». Ceci dit même si j'adore CE canard, le ton est à la critique non constructive, aucun développements, aucune proposition, c'est un journal de dénonciation des conneries de la semaine sans plus. Drôle à petite dose mais rapidement stressant… L'esprit critique risque de disparaitre, il faut vraiment en avoir conscience. C'est notre devoir individuellement et en groupe d'agir de manière responsable en consommant en phase avec nos idées. Que ce soit pour la bouffe, pour l'info, pour les transports, la vie quoi… Il ne suffit pas de dire « bouh on tue la liberté d'expression » il faut être conscient que le petit geste du matin qui consiste à dire « non merci je n'en veut pas de ton 20 minutes (tf1), Direct S/M (haha boloré), j'achète “mon journal”. D'appuyer sur ce putain de bouton pour lâcher la télé et se faire une toile, un musée, l'amour,… de boycotter les produit conteant du x-paraben, des graisses végétales hydrogénées, de l'huile de palme, du lait chinois,… effectivement c'est dur mais personne ne peut le faire pour vous ! !

Portrait de adaunis

De adaunis

Nul part....si adelyne me plaque...... | 14H30 | 02/10/2008 | Permalien

Il faut pour comprendre et commenter cet article d'Augustin Scalbert, au demeurant très intéressant, avoir à mon humble avis une base de départ qui me semble méconnue du grand public.

Notre « grand Président », à l'époque de l'école Science Pô, dont il n'a pas terminé le « cursus », se rêvait « journaliste » !
Cela est connu de tous les exégètes et observateurs du pouvoir politique, depuis au moins une trentaine d'années.

Quand à ces États généraux qu'il inaugure en grande pompe ce jeudi, (merci Mr Scalbert), est ce de l'humour caché ? ( Je parle des pompes ! )

Ce « Grenelle de la presse » : cette terminologie signifiant tout et rien, mis en valeur depuis quelque temps, déterminent bien la « petitesse d'imaginations » des participants et des initiateurs.

« Esquisses aux orientations qui sortiront de ces États généraux. »
Tout de suite, les grands mots !
En adviendra t-il de grands remèdes ? Prenez ça avec ironie, mais quelle belle « masturbation intellectuelle » à devenir, au cas où il en ressortirait quelque chose !

Je sais, je sais, (c'est pas du Gabin) je fais dans le facile et la dérision.
Mais sérieusement, vous n'en avez pas marre de ces « réunions formelles », de ces « comités tartempions », de ces états « machin chose », comme si il ne c'était rien passé depuis des décennies, comme si les « forbans » et « imposteurs » précédents soit disant près du peuple, n'avaient rien fait ni réfléchi à quoi que ce soit !

Vous n'en avez pas assez qu'ils vous roulent dans la farine, eux et certains médias, (justement qui sont l'objet de cette réunion) !
En cette période de crise majeure, on accumule quelques faits divers (Rouillan an co), pour dissiper l'atmosphère orageuse qui s'accumule sur nos « tronches », et noyer le poisson !

Augustin Scalbert met bien l'accent sur un fait précis :
« Quand on lit le rapport Giazzi, on ne peut pas oublier les amitiés du Président, la soirée au Fouquet's, Vincent Bolloré, Arnaud Lagardère ou Martin Bouygues », commente Jean-Michel Dumay, président du Forum permanent des sociétés de journalistes (qui en regroupe 27, mais n'avait, mercredi soir, été convié à participer à aucune table ronde).

Voilà qui est clair net et précis.
Alors pour commenter un tel article, il est utile de lire et de s'imprégner (ce que je fais souvent en matière littéraire avant de m'attaquer à l'oeuvre) des deux dernières phrases :
Selon Jean-Michel Dumay : « Soit c'est un vrai lieu de débat où chacun apporte son opinion pour aboutir à de vraies avancées. Soit c'est totalement pipeau. »
Dominique Pradalié considère que dans ce dernier cas, ce Grenelle n'aura qu'une conséquence sur la presse : « Le malade mourra guéri. »

Ben voilà, on pouvait faire court !
Pas comme moi !

Portrait de tooms4444

De tooms4444

p'tit con | 16H27 | 02/10/2008 | Permalien

Entendu sur France Inter : le Grand Chef va demander une évaluation de l'efficacité des aides au journalisme (1 milliard par an quand même ; mais qu'est-ce que c'est qu'un milliard, de nos jours) ?
'tain, c'est génial ; vivement qu'on en sâche plus sur l'efficacité des exonérations de charges des entreprises…

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