« Pape d'Hitler » proclamait (et titrait) John Cornwell. « Juste parmi les Nations » répond le rabbin David Dalin. L'ignorance encourage la tiédeur : David Dalin y remédie. Et si son espoir que l'on reconnaisse à Pie XII le titre de « Juste parmi les Nations » -pour le cinquantenaire de sa mort- sera vraisemblablement déçu, on peut espérer au moins un frémissement de réhabilitation.
David Dalin engage le débat sans attendre, en questionnant les intentions des contempteurs de Pie XII. Il relève que les auteurs des ouvrages les plus virulents contre Pie XII se trouvent être souvent aussi les auteurs d'ouvrages anti-catholiques et/ou farouchement opposés aux positions de l'Eglise sur nombre de sujets de société, de sorte que leurs charges contre Pie XII ne paraissent pas « exclusivement » motivées par le souci scrupuleux de l'historien pour la vérité, mais « également » par la volonté de mettre à mal l'autorité morale dont pourrait bénéficier l'Eglise.
Pour David Dalin, il y a là une véritable instrumentalisation de la Shoah, et « quels que soient leur sentiment vis-à-vis du catholicisme, les juifs ont le devoir de rejeter toute polémique qui s'approprie la Shoah pour l'utiliser dans une guerre des progressistes contre l'Eglise catholique. »
Et David Dalin multiplie les références aux auteurs juifs qui rejettent cette instrumentalisation : Cecil Roth, Pinchas Lapide, Livia Rothkirchen, Joseph L. Lichten, Jeno Levai, Michael Tagliacozzo, Richard Breitman ou encore Sir Martin Gilbert…
Répliquant au « Pape d'Hitler », l'un des premiers chapitres évoque un Pape « ami des Juifs ». Pour ce faire, Dalin tord le cou aux mauvais procédés de Cornwell, comme la traduction trompeuse de la « Lettre de Munich » de 1919, dans laquelle le futur Pie XII rend compte d'une entrevue entre un évêque et le gouvernement révolutionnaire local. Traduttore tradittore : cela est particulièrement vrai de Cornwell qui utilise l'expression « le reste » (pour désigner les juifs présents) au lieu de « les premiers », « bande » au lieu de « groupe » et, encore, « populace » au lieu de « groupe »… Même la couverture de son ouvrage est pour le moins trompeuse. On croit y voir le Pape sortant d'une visite à Hitler… alors qu'il n'a jamais rencontré Adolf Hitler, et que la photo est tirée d'une visite du nonce apostolique Pacelli à Hindenburg, en 1927 !
Eugenio Pacelli fut, au contraire, le premier pape qui, dans sa jeunesse, ait participé à un repas de sabbat chez des juifs, et le rédacteur, pour Pie XI, de la célèbre encyclique Mit Brennender Sorge, condamnant en 1937 le nazisme :
Secrétaire d'Etat, le Cardinal Pacelli envoya, le 4 avril 1933, une lettre au nonce à Berlin lui demandant d'avertir le régime hitlérien de ne pas persécuter les juifs, ce qui constitue la toute première initiative du Saint-Siège vis-à-vis du régime nazi !
A lui seul, un document article écrit le 13 mars 1940 par le correspondant au Vatican du New York Times, cité par Dalin mérite une attention toute particulière car il met à mal la thèse d'un antisémitisme de Pie XII, celle de son silence, de son inaction et d'une ignorance du monde à l'égard de ces actions.
Au cours d'une entrevue entre Von Ribbentrop et Pie XII, le premier fustigea l'attitude du Saint-Siège, qui se mettait du côté des Alliés. Pie XII réplique en lisant une liste d'atrocités commises par les allemands. Et le New York Times rapporte ceci :
« It was also learned today for the first time that the Pontiff, in the burning words he spoke to Herr Von Ribbentropp, about religious persecution, also came to the defense of the Jews in Germany and Poland » (« Nous avons aussi appris aujourd'hui pour la première fois que parmi les propos acerbes qu'il a tenu à Herr Von Ribbentropp à propos de la persécution religieuse, il a aussi été question de la défense des juifs en Allemagne et en Pologne »)
C'est le tout début du conflit et le monde ne peut ignorer la position de Pie XII s'il se rapporte à titre, en lettres capitales : « LES DROITS DES JUIFS DEFENDUS » !
Un autre document, moins connu que ses messages de Noël 1941 et 1942, doit être relevé. La toute première encyclique de Pie XII condamnait en effet le racisme et, rappelant Saint Paul - « il n'y a plus ni grec ou juif, ni circoncis ou incirconcis ; ni barbare ou Scythe, ni esclave ou homme libre : mais le Christ est tout et il est en tous » - il proclame l'unité du genre humain. Le New York Times ne s'est pas trompé d'interprétation, en titrant : « Le pape condamne les dictateurs, le racisme et ceux qui violent les traités »… et un avion allié en largua 88 000 exemplaires au-dessus de l'Allemagne.
Dalin évoque encore le grief fait au Saint-Siège d'avoir conclu un concordat avec l'Allemagne. Il souligne que sa négociation fut engagée à l'initiative du régime allemand, sous une pression policière permanente : 92 prêtres arrêtés, 16 associations perquisitionnées, 9 publications fermées, le tout en seulement 3 semaines. Et l'Histoire souligne encore qu'un concordat n'est pas une alliance : le concordat signé par Pie VII avec Napoléon, ne l'empêcha d'en être un critique virulent… au point que Napoléon l'enleva et le séquestra.
Il dresse un tableau documenté des interventions directes de Pie XII contre les persécutions. Car, s'il ne s'est pas lancé dans des actions publiques irréfléchies à l'encontre de Hitler, Pie XII s'est exprimé énergiquement là où il pensait que sa parole pouvait être efficace : en Italie, évidemment, en Hongrie, Roumanie et Slovaquie. Deux lettres d'octobre et novembre 1940, attestent ainsi de la délivrance d'instructions directes de la main même de Pie XII.
Selon Pinchas Lapide, historien et théologien juif, le rôle de Pie XII « a été déterminant pour sauver au minimum 700 000, si ce n'est 860 000 juifs, d'une mort certaine aux mains des nazis ». Pour Sir William Gilbert, historien juif de renom, « Des centaines de milliers de juifs [ont été] sauvés par l'Eglise catholique, sous la conduite et avec le soutien du pape Pie XII. »
A Rome, d'après Michael Tagliacozzo, 477 juifs furent recueillis au Vatican même, « 4238 autres trouvèrent refuge dans les nombreux monastères et couvents de Rome » et 3.000 autres furent cachés dans la résidence d'été du Pape, à Castel Gandolfo.
Sur la protection des juifs de Roumanie, Mgr Roncalli, délégué apostolique du Saint-Siège à Istanbul et futur Jean XXIII, eu des contacts directs avec le Grand Rabbin de Palestine, Isaac Herzog, qui lui adressa une lettre, le 28 février 1944, pour lui exprimer sa gratitude pour « les mesures énergiques que vous avez prises et prendrez encore afin de sauver notre malheureux peuple. En cela, vous suivez la tradition, si profondément humaine, du Saint-Siège, et l'inclination des nobles sentiments de votre propre cœur »
En Slovaquie, Léon Poliakov établit que « c'est à la pression exercée par le Vatican sur Mgr Tiso, chef de l'Etat fantoche slovaque, que l'on doit attribuer l'arrêt des déportations de juifs en Slovaquie, l'été 1942, et, par conséquence, la survie de près de 25% des juifs slovaques ». D'après Poliakov, « il n'y a aucun doute que des instructions secrètes ont émané du Vatican pour conseiller vivement aux églises nationales d'intervenir en faveur des Juifs par tous les moyens possibles. »
On peut, pour conclure, rappeler que si l'Eglise souhaite exercer un magistère moral spécifique, il est légitime que l'on fasse preuve à son endroit d'une exigence particulière, aussi « humaine, trop humaine » soit-elle. Pour autant, au vu des éléments collectés par Dalin, on reste interdit face aux procès faits au Pape, et à l'Eglise. Car quelle est l'institution, quel est le pays, la diplomatie qui peut faire état d'autant de protestations contre les persécutions des juifs ? Lesquels ont ainsi caché des juifs, ou contribué activement à leur protection ?
Il est ainsi évident que le débat autour de l'attitude de Pie XII n'est que partiellement un débat historique. C'est un débat politique, social et religieux, instrumentalisant Pie XII. Grâce à l'ouverture des archives du Vatican, les années à venir devraient voir d'autres revirements comme celui de John Cornwell qui, à l'occasion de la sortie d'un nouveau livre, a déclaré : « Je dirais maintenant (…) que Pie XII avait une si faible capacité d'action qu'il est impossible de juger les motivations de son silence durant la guerre, alors que Rome était sous la botte de Mussolini et plus tard occupé par les allemands ».
Ce qui est impossible à Cornwell ne doit toutefois pas rebuter les lecteurs soucieux de vérité, à la lumière de ce que rapporte notamment David Dalin. Quant à ses partisans, ils se rassureront en constatant que Cornwell reste en forme… Après Pie XII, son dernier livre est cette fois une attaque en règle contre Jean-Paul II.
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De Servais-Jean 4591
alpha-béta | 15H39 | 02/10/2008 |
Il faut bien dire quand même que le Pape Pie XII fut un peu aveugle lorsqu'il ne s'est pas rendu compte de l'existance du génocide qui était en train de se dérouler sous ses yeux en Allemagne.
De koz (auteur)
Blogueur | 15H42 | 02/10/2008 |
Pour un premier commentaire, c'est un sacré premier commentaire. Merci Servais-Jean pour votre commentaire. Je brûle d'envie de pouvoir aussi vous remercier pour votre lecture.
De déluge
menuisier | 15H49 | 02/10/2008 |
D'une manière globale, les hautes instances catholiques (je ne parle pas des curés de base qui se comportèrent comme le reste de la population, à savoir parfois admirablement) furent plus que complaisantes avec les dignitaires nazis en fuite après la défaite du Reich, en les « exfiltrant » vers l'Amérique du Sud.
La haute hiérarchie catholique fut aussi plus que complaisante avec le régime de Franco.
Pie XII fut élu au sein de cette communanuté peu farouche envers les fascismes.
Alors Pie XII, « Juste parmis les Justes » : J'ai un peu de mal à y croire.
Je dois avoir mauvais esprit.
à déluge
De Emmanuel M
Commentateur | 21H43 | 02/10/2008 |
Ne mélangeons pas torchons et serviettes, ou fascisme et nazisme.
Le film amen, de Costa-Gavras, donne une image pertinente de ce qu'a pu être l'attitude de l'Eglise :
* venir en aide aux vaincus, quel que soit leurs origines, y compris pendant la guerre et face aux nazis.
* condamner les autoritarismes, sans rentrer en conflit contre eux. A ce sujet, comme disait Staline « Le pape,combien de divisions ? »
à Emmanuel M
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 22H15 | 02/10/2008 |
Dans votre culture cinématographique il semble manquer le film tourné avec Jean Louis Trintignan où il incarne un potentat du franquisme qui se retrouve façe à un prètre catholique incarné par ? ? ? .
Revoyez donc vos classiques
à Emmanuel M
De koz
(auteur)
Blogueur | 07H09 | 03/10/2008 |
Je doute de l'image pertinente que donne Amen, qui a bien des aspects erronés par ailleurs. N'oubliez pas qu'il s'agit d'une fiction elle-même fondée sur une fiction. Les films ont un peu trop tendance à remplacer les livres d'Histoire.
à koz
De jissé
Ingé retraité | 14H19 | 03/10/2008 |
Koz.
Un film reste un film, soit.
C'est nouveau, ça vient de sortir :
Grâce à vous parole de rabbin devient parole d'évangile.
Nom de diou, fallait oser !
Jissé
à jissé
De koz
(auteur)
Blogueur | 19H10 | 03/10/2008 |
Vous auriez aps un peu tendance à forcer votre talent, vous ?
à koz
De Servais-Jean
4591
alpha-béta | 16H52 | 03/10/2008 |
Concernant le film « Amen », contrairement à vous je pense qu'il montre assez bien la réalité de ce que fut le franquisme pendant la guerre civile.
En outre vous parlez de fiction inspirée d'une fiction mais je me permets de vous faire remarquer que depuis Jules Verne et plus récemment de René Barjavel les écrivains de science fiction se retrouvent toujours en deça de la réalité. L'esprit humain est incapable d'imaginer le pire, seule la « bête humaine », dans le sens que lui a donné Zola en est capable.
à déluge
De macina
retraité | 23H22 | 02/10/2008 |
Pie XII, Juste parmi les justes, moi, je n'y crois pas du tout. Quant au livre de Dalin, à côté de choses utiles, voire excellentes, ce livre comporte maintes exagérations et même des erreurs factuelles.
Voici la plus importante (outre qu'elle est double). L'auteur écrit :
« En mars 1938, il [Pie XI] dissoudra l'Association des “ Amis d'Israël ” (Amici Israel), une organisation catholique qui depuis de nombreuses années s'efforçait de convertir des juifs et qui avait commencé à publier des brochures “ manifestant des sentiments de haine ” envers le peuple juif. »
Tout d'abord, l'association Amici Israel n'a pas été dissoute en mars 1938, mais dix ans auparavant, en mars 1928. Ensuite, non seulement l'association Amici Israel n'avait pas, comme l'affirme le rabbin Dalin, « commencé à publier des brochures “ manifestant des sentiments de haine ” envers le peuple juif », mais elle s'était, au contraire, distinguée par son zèle (jugé alors intempestif par beaucoup) pour l'expurgation des nombreuses formules blessantes pour les Juifs, qui émaillaient tant la liturgie catholique que les ouvrages de théologie et de piété de l'époque. Sur l'histoire, l'action et la doctrine de cette pieuse association, je me permets de renvoyer à mon essai : « Essai d'élucidation des causes et circonstances de l'abolition, par le Saint-Office, de l'“ Opus sacerdotale Amici Israel ” (1926-1928) » (http://www.convertissez-vous.com/f/index.php ? sujet_id=1017).
Voir aussi mon article intitulé « Pie XII et les Juifs, le Mythe du Pape d'Hitler », du rabbin Dalin, est-il un livre fiable ? » (http://www.convertissez-vous.com/f/index.php ? sujet_id=1403).
Et les notes y afférant :
[2] Faire de Mit brennender Sorge, « un document décidément favorable aux juifs », est caractéristique de la tendance à l'apologie, voire au panégyrique des fervents défenseurs de l'honneur de l'Eglise, en général, et de celui des papes, en particulier, à propos de l'attitude de cette institution face au drame de la Shoah, et de l'action ou de l'inaction de certains responsables ecclésiastiques contemporains de ces événements. Il n'est que de se reporter au texte de cette encyclique pour se convaincre qu'elle ne prend pas la défense des Juifs, en particulier, mais celle de l'Ancien Testament. Il y est si peu question des Juifs, que ce terme n'y figure absolument pas. Pas plus d'ailleurs que ceux d'« israélite », ni d'« Israël ». Pire, les deux seules allusions au « peuple » juif (sans cet adjectif d'ailleurs) sont péjoratives ; qu'on en juge : 1) A propos des Livres sacrés, Pie XI explique : « À côté d'innombrables traits de grandeur et de noblesse, ils nous décrivent aussi le peuple choisi, porteur de la Révélation et de la Promesse, s'égarant sans cesse loin de son Dieu pour se tourner vers le monde ; 2) il parle également du “Christ qui a reçu son humaine nature d'un peuple qui devait le crucifier”. La phrase introductive de l'encyclique témoigne clairement de sa nature et de son but :
“ C'est avec une vive inquiétude et un étonnement croissant que depuis longtemps Nous suivons des yeux les douloureuses épreuves de l'Église et les vexations de plus en plus graves dont souffrent ceux et celles qui lui restent fidèles par le coeur et la conduite, au milieu du pays et du peuple auxquels saint Boniface a porté autrefois le lumineux message, la bonne nouvelle du Christ et du Royaume de Dieu. ”
Il est donc bien clair que ce que déplore le pape, ce ne sont pas les misères des Juifs, comme tente de nous le faire accroire le rabbin professeur Dalin, mais celles dont sont victimes l'Eglise et la foi des fidèles. Pour mémoire, une exégèse erronée de même nature a déjà été faite, à propos des sermons du cardinal allemand Faulhaber, réputés prononcés en défense des Juifs, alors qu'il s'agissait d'une défense de l'Ancien Testament, que répudiaient les “Deutsche Christen”, chrétiens acquis aux thèses raciales nazies et partisans d'une Église d'obédience national-socialiste. (Voir : “Le Cardinal Faulhaber a-t-il tenu tête à l'antisémitisme nazi dans les années 30 ? ”, et “Le cardinal Faulhaber et l'antisémitisme nazi des années trente”). Il est atterrant de constater, comme je l'ai fait ailleurs, il y a quelques années, que cette contrevérité figure dans une note de la Déclaration romaine du 16 mars 1998, dite “de Repentance” et intitulée “Nous nous souvenons” (texte français dans La Documentation Catholique n° 2179, du 5 avril 1998, pp. 336-340). On peut y lire l'assertion suivante, censée s'appuyer sur quelques pages d'un ouvrage de l'historien allemand L. Volk (Der Bayerische Episkopat und der Nationalsozialismus 1930-1934, Mainz, 1966, pp. 170-174 ; cité dans La Documentation Catholique, op. cit., p. 340, n. 11), consacré à l'étude des rapports entre l'épiscopat de Bavière et le National-Socialisme dans les années 1930-1934 : “ Les sermons bien connus du cardinal Faulhaber en 1933, l'année même où le national-socialisme parvint au pouvoir… exprimèrent clairement le rejet exprès de la propagande antisémite nazie ”.
[3] C'est la double erreur la plus atterrante de l'auteur. Tout d'abord, l'association Amici Israel n'a pas été dissoute en mars 1938, mais dix ans auparavant, en mars 1928. (Il suffisait d'entrer les mots “Amici Israel” dans le moteur de recherche de Google pour trouver, en première page des résultats et en cinquième position, l'information suivante :
“Convertissez-vous ! : Causes de l'abolition par le Saint Office de … Le décret du Saint-Office abolissant l'association Amici Israel (25 mars 1928) …… Une affaire comme celle d'Amici Israel n'eût-elle pu – et cela sans… www.convertissez-vous.com/f/index.php ? sujet_id=1017).
Ensuite, non seulement l'association Amici Israel n'avait pas, comme l'affirme le rabbin Dalin, ‘commencé à publier des brochures manifestant des sentiments de haine ’ envers le peuple juif”, mais elle s'était, au contraire, distinguée par son zèle (jugé alors intempestif par beaucoup) pour l'expurgation des nombreuses formules blessantes pour les Juifs, qui émaillaient tant la liturgie catholique que les ouvrages de théologie et de piété de l'époque. Sur l'histoire, l'action et la doctrine de cette pieuse association, je me permets de renvoyer à mon essai : “Essai d'élucidation des causes et circonstances de l'abolition, par le Saint-Office, de l'‘ Opus sacerdotale Amici Israel ’ (1926-1928)”. Ces inexactitudes graves illustrent le caractère superficiel de la connaissance du sujet, qui est celle du rabbin professeur Dalin. Et elle est d'autant plus impardonnable (a fortiori pour un historien), qu'il est très facile à quiconque d'accéder à une information exacte sur le sujet, par différents moyens. Une simple recherche sur Google, par exemple, eût permis à l'auteur de découvrir, en anglais et en d'autres langues, ce qui est communément connu sous le nom des “Dix points de Seelisberg”. En lisant le texte ci-dessous (repris d'un site protestant, mais il figure également sur d'autres sites, catholiques et même juifs et non confessionnels, y compris en anglais), on aura tôt fait de comprendre que l'attitude des Amici Israel envers les Juifs était tout sauf animée de “sentiments de haine” :
1. Rappeler que c'est le même Dieu vivant qui nous parle à tous, dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament.
2. Rappeler que Jésus est né d'une vierge juive, de la race de David et du Peuple d'Israël, et que Son amour éternel et Son pardon embrassent son propre peuple et le monde entier.
3. Rappeler que les premiers disciples, les Apôtres et les premiers martyrs étaient juifs.
4. Rappeler que le précepte fondamental du Christianisme, celui de l'amour de Dieu et du prochain, promulgué déjà dans l'Ancien Testament, et confirmé par Jésus, oblige “Chrétiens et Juifs” dans toutes les relations humaines, sans aucune exception.
5. Éviter de rabaisser le judaïsme biblique ou post-biblique, dans le but d'exalter le christianisme.
6. Éviter d'user du mot “Juifs” au sens exclusif de “ennemis de Jésus” ou de la locution “ennemis de Jésus” pour désigner le peuple juif tout entier.
7. Éviter de présenter la Passion de telle manière que l'odieux de la mise à mort de Jésus retombe sur les Juifs seuls. Ce ne sont pas les Juifs qui en sont responsables, car la Croix, qui nous sauve tous, révèle que c'est à cause de nos péchés à tous que le Christ est mort. Rappeler à tous les parents et éducateurs chrétiens la grave responsabilité qu'ils encourent du fait de présenter l'Évangile et surtout le récit de la Passion d'une manière simpliste. En effet, ils risquent par là d'inspirer, qu'ils le veuillent ou non, l'aversion dans la conscience ou le subconscient de leurs enfants ou auditeurs. Psychologiquement parlant, chez des âmes simples, mues par un amour ardent et une vive compassion pour le Sauveur crucifié, l'horreur qu'ils éprouvent tout naturellement envers les persécuteurs de Jésus, tournera facilement à une haine généralisée des Juifs de tous les temps, y compris ceux d'aujourd'hui.
8. Éviter de rapporter les malédictions scripturaires et le cri d'une foule excitée : “ Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ”, sans rappeler que ce cri ne saurait prévaloir contre la prière infiniment plus puissante de Jésus : “ Père, pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu'ils font ”.
9. Éviter d'accréditer l'opinion impie que le peuple juif est réprouvé, maudit, réservé pour une destinée de souffrances.
10. Éviter de parler des Juifs comme s'ils n'avaient pas été les premiers à être de l'Église.
M. Macina
à macina
De MarcTibo
"Change Can Happen", Explorateur, O... | 00H29 | 03/10/2008 |
mon dieu, un bigot a la rue …
à MarcTibo
De compte supprimé 22
Lecteur écriveur | 10H16 | 03/10/2008 |
MarcTibo, relisez mieux ce post, je ne pense pas qu'il émane d'un bigot…
Au fait, Koz, votre réaction au post de macina ?
à compte supprimé 22
De macina
retraité | 20H35 | 09/10/2008 |
Merci, PMB, de m'avoir lavé de l'insulte de « bigot ».
Quant aux échanges avec Koz, je suis au regret de vous dire que ce dernier a tout fait pour discréditer mon expertise - certes, limitée, mais expertise tout de même - et ce, non avec des faits, mais par des arguments ad hominem, tel, entre autres, celui-ci, qui est inutilement blessant et ne repose que sur le préjugé de son auteur :
« Cela ne permet pas d'établir que sa fiabilité [celle de P. Lapide] soit en cause, quelle que soit l'estime dans laquelle vous tenez votre propre opinion. » (http://www.koztoujours.fr/ ? p=1455)
Dommage !
J'apprécie que Rue89 ait abordé ce sujet avec franchise. Mais, au vu de l'agressivité de cet intervenant, je ne crois pas que je continuerai à alimenter le débat. Je suis un vieil universitaire, très habitué au Net, mais effarouché par la violence des échanges sur les forums. Il faut me pardonner.
M. Macina
m.macina@skynet.be
à macina
De koz
(auteur)
Blogueur | 14H22 | 03/10/2008 |
Pour tenter de répondre (à l'invitation de PMB) à ce que j'arrive à lire, je dirais que je veux bien admettre qu'il y ait des inexactitudes dans le livre de Dalin. Je n'ai pas tout vérifier. Mais ce que j'ai vérifié était exact et déjà suffisamment révélateur.
Pour aller plus loin, Monsieur Macina a également publié un autre article sur ce livre (http://www.upjf.org/bibliographie/article-13045-146-7-pie-xii-pape-hitle…) qui ne me semble pas exempt d'inexactitudes et de partialité.
Pour reprendre ses termes, sa critique de l'encyclique me paraît « controuvée ». Pour démontrer que l'encyclique n'est pas une condamnation de l'antisémitisme, il va jusqu'à citer la lettre de Saint Paul (il n'y a plus ni juif ni grec etc…). So what ? Cette lettre aurait-elle une interprétation antisémite ? Si oui, elle est tout autant antigrecque. Lorsque le Pape cite Saint Paul, c'est bien dans l'esprit d'une unité du genre humain.
Les quatre extraits qu'il cite, dans lesquels il voit des allusions désobligeantes à l'égard des juifs ne me convainque pas le moins du monde. Ainsi de celui-ci :
« Le saint Evangile raconte que, quand Jésus fut crucifié, les ténèbres se firent sur toute la terre (Matth., XXVII, 45) : effrayant symbole de ce qui est arrivé et arrive encore dans les esprits, partout où l'incrédulité aveugle et orgueilleuse d'elle-même a de fait exclu le Christ de la vie moderne, spécialement de la vie publique, et, avec la foi au Christ, a ébranlé aussi la foi en Dieu. » [C'est l'auteur qui graisse]
Faut-il vraiment voir là une allusion désobligeante pour les juifs ?
Il en est de même des autres paragraphes :
« Comme un jour le Précurseur du Seigneur, en réponse à ceux qui l'interrogeaient pour s'éclairer, proclamait : Voici l'Agneau de Dieu (Io, I, 29), les avertissant par là que le Désiré des Nations (Agg., II, 8) demeurait, quoique encore inconnu, au milieu d'eux, ainsi le représentant du Christ adressait suppliant son cri vigoureux : Voici votre Roi ! (Io, XIX, 14) aux renégats, aux sceptiques, aux indécis, aux hésitants, qui refusaient de suivre le Rédempteur glorieux toujours vivant et agissant dans son Eglise, ou ne le suivaient qu'avec insouciance et lenteur. »
« Le crime de lèse-majesté contre le Roi des Rois et Seigneur des Seigneurs (I Tim., VI, 15, Apoc., XIX, 16) perpétré par une éducation indifférente ou hostile à l'esprit chrétien, le renversement du “Laissez venir à moi les petits enfants” (Marc, X, 14) porteraient des fruits bien amers. »
« Et tandis que Notre cœur de pasteur observe, douloureux et préoccupé, voilà que surgit devant Nos yeux l'image du Bon Pasteur, et il Nous semble que Nous devons répéter au monde en son nom la plainte : Si tu savais… ce qui peut t'apporter la paix ! Mais non, cela est maintenant caché à tes yeux ! (Luc, XIX, 42). »
Trouver dans ces paragraphes des propos désobligeants pour les juifs, c'est faire montre d'une « bonne volonté » manifeste. Ces extraits n'étaient ni plus ni moins que des invitations, en 1939, à suivre le Christ, et à ne pas adopter le comportement de ceux qui ne l'ont pas suivi. De là à en faire des allusions désobligeantes pour les juifs, franchement…
Enfin, le fait de dire, en gros, « ceci n'est qu'un petit échantillon des critiques qui pourraient être faites, mais ça pourrait être bien pire » ne me convainc pas. Dans mon boulot, je rencontre souvent des adversaires qui, ne pouvant citer qu'un vague grief, affirme que ce n'est qu'un exemple révélateur d'une longue liste de griefs.
à koz
De macina
retraité | 01H58 | 05/10/2008 |
Cher Coz,
On est toujours partial aux yeux de quelqu'un. Surtout quand on a des convictions. Vous-même, êtes-vous d'une impartialité à toute épreuve ? Moi pas.
Pour vous rendre (aimablement) la politesse, je m'étonne que vous passiez si facilement sous silence ce qu'il y a d'objectif, voire d'indiscutable, dans trois au moins de mes critiques du livre de Dalin. Vous ne répondez rien à mes griefs envers l'auteur, que je résume en ces termes :
• Comment un historien digne de ce nom peut-il situer en 1938 (en précisant : « au moment même où le premier ministre britannique, Neville Chamberlain, tentait d'apaiser Hitler »), l'événement - largement connu des universitaires qui ont étudié sérieusement l'attitude de l'Eglise à l'égard des Juifs – de la dissolution d'« Amici Israel », qui avait eu lieu 10 ans auparavant ?
• Comment peut-il accuser cette association catholique, connue pour être extrêmement pro-judaïque (trop déploraient maints contemporains), d'avoir « publié des brochures manifestant des sentiments de haine envers le peuple juif ».
• Comment peut-il commettre l'énorme contresens consistant à interpréter le commentaire final du décret pontifical de dissolution (« Parce qu'il réprouve toutes les haines et animosités entre les peuples, le Siège apostolique condamne au plus haut point la haine contre le peuple autrefois choisi par Dieu, cette haine qu'aujourd'hui on a coutume de désigner sous le nom d'antisémitisme »), comme visant cette association, alors que ce codicille avait été ajouté précisément pour que les fidèles ne pensent pas qu'était condamné le philosémitisme fervent dont elle faisait preuve.
Pour ne pas allonger le discours sur ce point, je me permets, si la chose vous intéresse, de vous renvoyer à ma monographie concernant l'histoire, l'action et la doctrine de cette pieuse association : « Essai d'élucidation des causes et circonstances de l'abolition, par le Saint-Office, de l'“Opus sacerdotale Amici Israel” (1926-1928) » (http://www.convertissez-vous.com/f/index.php ? sujet_id=1017).
Par ailleurs, je maintiens, avec la quasi-totalité des historiens de l'Eglise, spécialisés dans cette période, que « Mit Brennender Sorge » n'était absolument pas une encyclique favorable aux juifs. Il va de soi qu'elle ne leur était pas hostile, bien sûr. Mais son propos – justifié, au demeurant, et extrêmement courageux pour l'époque - était non de combattre l'antisémitisme, comme tant d'auteurs chrétiens l'ont répété à satiété, mais de rendre clair aux fidèles catholiques que l'Eglise condamnait fermement le racisme sur fond de droit du sang, prôné par les nazis. Je m'étonne que vous ne sembliez pas troublé par le fait que les mots « juif », « Israël », et « israélite » ne figurent pas dans ce document, censé défendre les membres de notre peuple. Cette « discrétion » ne vous semble-t-elle pas étrange ?
Pourquoi semblez-vous avoir tant de mal à reconnaître qu'un professeur qui commet de telles erreurs et déforme ainsi la réalité, manque aux qualités élémentaires dont doit faire preuve un historien, et qu'il est fatal qu'on éprouve une certaine défiance à l'égard de son livre que l'on pare de tant de qualités ?
Bref, je peux comprendre votre désir légitime de valoriser un auteur, d'autant plus louable, je suppose, qu'il est juif et que contrairement à tant d'autres de ses coreligionnaires, il exalte le « juste des nations » que serait Pie XII. Malheureusement, des juifs comme moi – qui, quoique très jeune alors, ai eu le malheur d'être contemporain de la Shoah - ne peuvent, EN CONSCIENCE, après des années d'études du sujet, se convaincre que ce pape a fait, comme Dalin veut le prouver, tout ce qu'il pouvait pour sauver notre peuple. Si la chose était avérée, cela se serait su.
Pour autant, je ne nie pas que l'auteur porte à notre connaissance des faits intéressants et des documents encore peu connus, voire ignorés. En effet, contrairement à de nombreux thuriféraires qui n'en ont effleuré que des bonnes feuilles, j'ai lu ce livre en entier. Il faudrait tout un site pour en discuter les nombreuses approximations, ou affirmations optimistes et tranchées, qui sonnent davantage comme des professions de foi, que comme le jugement équilibré de l'historien digne de ce nom, habitué à porter sur les événements un regard exempt de passion, d'anachronisme et de militance.
En bref, tant les quelques pièces qu'il verse au dossier, que les conclusions optimistes qu'il en tire ne me convainquent pas. J'ai peut-être tort, mais je suis sincère, et j'ai trop analysé, à titre professionnel, l'attitude de l'Eglise catholique, en tant qu'institution, durant cette période difficile, pour me laisser impressionner par une apologie aussi appuyée, que des milliers de faits et des centaines de textes m'inclinent malheureusement à accueillir avec beaucoup de réserve, voire de scepticisme.
J'en viens enfin à ce qui me concerne personnellement. Vous dites m'avoir lu, et affirmez que mon écrit n'est pas non plus exempt d'inexactitudes : c'est bien possible. Mais pourquoi ne pas en évoquer une seule ?
Vous dites aussi que mon texte n'est pas exempt de partialité : c'est bien possible. Mais vous n'en donnez pas un seul exemple.
En tout état de cause, ni vous ni moi ne referons l'histoire par commentaires sur le Web, mais j'apprécie que ces questions soient évoquées sur l'excellent site qu'est Rue89, et qu'elles vous aient fait réagir avec une sincérité que je salue bien volontiers, même si je ne partage pas vos arguments.
Cordialement.
M. Macina
P.S. : Qui est PMB ?
à macina
De koz
(auteur)
Blogueur | 22H16 | 06/10/2008 |
Je devrai peut-être prendre davantage le temps de vous répondre, mais je préfère vous citer. En tout cas ce que vous-mêmes publiez sur votre site, et qui me semble concerner l'essentiel (puis-je me permettre de noter que, sur tout le livre de Dalin, vous semblez vous focaliser sur un point, la question de cette association ? ) : l'interview de Sir Martin Gilbert.
http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-14881-132-6-pie-xii-yad-vas…
à koz
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 09H56 | 08/10/2008 |
Interview intéressant, d'accord.
Mais puisque vous vous intéressez aux opinions des rabbins, voilà un autre qui vient de se prononcer.
Article du Monde :
Invité au synode réuni à Rome, le grand rabbin de Haïfa revient sur l'attitude de l'Eglise pendant la Shoah
LE MONDE | 07.10.08 | 14h34 • Mis à jour le 07.10.08 | 14h34
L'intervention, historique, du rabbin israélien Shear Yashuv Cohen devant le synode des évêques réuni à Rome, lundi 6 octobre, favorisera-t-elle un dialogue apaisé entre juifs et chrétiens ?
Prenant la parole, lundi 6 octobre, le grand rabbin de Haïfa a évoqué « l'histoire faite de sang et de larmes (entre les juifs) et les responsables et les fidèles de l'Eglise catholique ». Sortant de son discours écrit et dans une allusion au pape Pie XII, il a dénoncé le silence des responsables religieux sur le sort des juifs durant la Shoah. « Nous ne pouvons pas oublier le fait douloureux que de grands leaders religieux ne se soient pas élevés pour sauver nos frères et qu'ils aient choisi de garder le silence. Nous ne pouvons pas pardonner et oublier cela et j'espère que vous comprenez notre peine », a-t-il déclaré devant les évêques réunis autour de « la parole de Dieu ». M. Cohen a toutefois estimé que sa présence était « un signal d'espoir et un message d'amour ».
253 évêques et cardinaux, représentant 1,1 milliard de catholiques, sont réunis jusqu'au 26 octobre au Vatican pour discuter de la diffusion de « la parole de Dieu ».
Le 18 septembre, Benoît XVI avait rendu hommage à Pie XII, estimant que ce pape controversé « n'avait pas épargné ses efforts pour intervenir en faveur (des juifs) ». Son procès en béatification est en cours au Vatican et, le 9 octobre, jour du 50e anniversaire de sa mort, le synode devrait assister à une messe en sa mémoire. A la sortie du synode, le rabbin, qui copréside la commission pour le dialogue entre Israël et le Vatican, s'est déclaré « contre la béatification de Pie XII ».
Ce nouveau différend intervient quelques mois après les tensions qui ont marqué les relations entre l'Eglise catholique et la communauté juive. En libéralisant, en juillet 2007, le rite ancien de l'Eglise, qui comprend, outre la messe en latin, une prière pour la « conversion des juifs », Benoît XVI avait suscité la désapprobation de religieux juifs et de spécialistes du dialogue judéo-chrétien. Le pape avait alors modifié les termes de la prière en février 2008 ; mais il y est toujours demandé que « Dieu éclaire le coeur des juifs, afin qu'ils connaissent Jésus-Christ ».
Dans un entretien à La Repubblica, lundi, M. Cohen a estimé que le dialogue entre juifs et chrétiens repose sur « le respect réciproque », espérant que « le soupçon que l'on veuille nous convertir n'a plus de raison d'être ». Pour le rapporteur du synode, le cardinal Marc Ouellet, « compte tenu de l'histoire tragique des relations entre (le peuple juif) et l'Eglise, celle-ci est invitée à réparer l'injustice commise à l'égard des juifs mais aussi à un nouveau respect pour l'interprétation juive de l'Ancien Testament ».
Lundi, le rabbin Cohen a par ailleurs abordé un terrain politique. Demandant aux évêques « d'élever la voix pour qu'ensemble, avec l'aide du monde libre, nous défendions et sauvions Israël des mains de nos ennemis », dans une allusion au président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
Stéphanie Le Bars
Article paru dans l'édition du 08.10.08.
http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/10/07/invite-au-synode-reuni-a…
Article de Haaretz :
Haifa Chief Rabbi at Vatican : Wartime Pope let Jews down
By Reuters
Tags : Pope, Israel news, Vatican
The first Jew to address a Vatican synod on Monday told the gathering that Jews « cannot forgive and forget » that some major religious leaders during World War Two did not speak out against the Holocaust.
Rabbi Shear-Yashuv Cohen's words, spoken in the presence of Pope Benedict, were a clear reference to wartime Pope Pius XII, who many Jews say did not do enough to help them.
Rabbi Shear-Yashuv Cohen told Reuters earlier Monday that wartime Pope Pius XII should have done more to help Jews during the Holocaust.
Cohen he might have stayed away if he had known the major Church gathering coincided with ceremonies to honor Pius on the 50th anniversary of his death.
« We feel that the late pope [Pius] should have spoken up much more strongly than he did, » said Cohen, 80, in an interview hours before he was due to address the gathering of Catholic bishops from around the world.
Cohen said that in his speech he planned to make an indirect reference to Jewish disappointment about Pius as well as an appeal to all religious leaders to denounce Iranian President Mahmoud Ahmadinejad.
Last month Pope Benedict forcefully defended Pius, saying he « spared no effort » on behalf of Jews during World War II.
Some Jews maintain Pius did not do enough to save Jews while the Vatican says he worked behind the scenes to help because more direct intervention would have worsened the situation.
« He may have helped in secrecy many of the victims and many of the refugees but the question is “could he have raised his voice and would it have helped or not ? '” Cohen said.
“We, as the victims, feel yes. I am not empowered by the families of the millions of deceased to say ‘we forget, we forgive,'’ said Cohen, who is chief rabbi of Haifa in Israel.
Pius is one of the most difficult issues in Catholic-Jewish relations. On Thursday the Vatican marks the 50th anniversary of his death, Benedict celebrates a Mass in his memory and there will be a conference and photo show on his papacy next month.
‘I did not know [the anniversary commemorations] happened during the same meeting. If I had known … I might have refrained from coming because we feel that the pain is still here,’ Cohen said.
‘I have to make it very clear that we, the rabbis, the leadership of the Jewish people, cannot as long as the survivors still feel painful agree that this leader of the Church in a time of crisis should be honored now. It is not our decision. It pains us. We are sorry it is being done,’ he said.
Cohen said only God knows if Pius spoke out enough against the Holocaust : ‘God is the judge … he knows the truth’.
War archives
Urged by historians to open up all its archives from World War II, the Vatican says some are closed for organizational reasons but that most of the significant documentation regarding Pius is already open to scholars.
Last year, the Vatican's saint-making department voted in favor of a decree recognizing Pius” “heroic virtues”, a major hurdle in a long process toward possible sainthood that began in 1967. But Pope Benedict has so far not approved the decree.
Some Jewish groups say the Vatican should freeze the process of beatification but others say it is an internal Church matter.
Cohen said he would also appeal to the synod to denounce Ahmadinejad, who made another virulent anti-Israel speech last month at the United Nations. He said he would “appeal to the leaders of religion not to keep quiet, not to stand aside”.
“He says that he wants to annihilate Israel and destroy it. The problem in the days of the Second World War was that people didn't believe that what Adolf Hitler was saying, he really meant to fulfill”.
“Unfortunately we had the Holocaust and I am sure that if we have a painful memory it is because we don't feel that enough was done by the leadership of the religions in the world and other powerful leaders to stop it at that time. We expect them to do it today,” he said. »
Last update - 10/06/2008
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1026980.html
à leconcombrevert
De thierry756
étudiant | 11H38 | 08/10/2008 |
Outre que ce rabbin était invité pour parler de la centralité de l'écriture dans la tradition juive et non profiter - avec un certain manque de courtoisie- de cette occasion historique pour polémiquer sur Pie XII, on ne lui demandait pas plus de dicter au vatican la conduite de la politique vaticane concernant l'Iran..ou le « sauvetage d » Israel de la main de ses ennemis ». Cette culpabilisation pour ensuite dérivé sur la politique actuelle, dans laquelle Israél n'est pas indemne de tout reproche.., n'est pas du meilleur effet..
Cohen faisait partie d'un mouvement lié à l'Irgoun, un groupe armé recherchant la création d'un état juif.
Au cours des combats qui ont entouré la reconnaissance de la nation de l'Israël en 1948, au cours desquels les forces juives ont perdu le contrôle de la vieille ville de Jérusalem, Cohen a été blessé à la jambe et a passé un certain temps dans un camp de prisonnier de guerre en Jordanie. Rabbin en chef de Haïfa, Cohen a longtemps été un conseiller et un guide spirituel de l'armée israélienne. Il est également un ancien adjoint au maire de Jérusalem.
à thierry756
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 12H42 | 08/10/2008 |
Dans l'interview à Haaretz il explique que Pie XII constitue un des sujets les plus difficiles dans les rapports entre juifs et catholiques.
« Pius is one of the most difficult issues in Catholic-Jewish relations. »
Il précise dans l'interview à Haaretz qu'en venant au synode il ne savait pas que Pie XII serait commémoré pendant cet évenement et que si il l'avais su il se serait peut-etre abstenu de venir, « car nous pensons que la douleur est toujours présente ».
« I did not know [the anniversary commemorations] happened during the same meeting. If I had known … I might have refrained from coming because we feel that the pain is still here, » Cohen said.
à leconcombrevert
De thierry756
étudiant | 13H36 | 08/10/2008 |
Oui c'est devenu un sujet difficile. ça ne l'était pas lorsque son collègue le Grand rabbin de Jérusalem, Isaac Herzog, dsait en 1945 : « Le peuple d'Israël n'oubliera jamais ce que Sa Sainteté et ses envoyés, inspirés des principes éternels de la religion, qui sont à la base de l'authentique civilisation, ont fait pour nos frères et soeurs malchanceux dans l'heure la plus tragique de notre histoire, preuve vivante de la Divine Providence en ce monde ».
Au lendemain de la mort de Papa Pacelli, le même Herzog déclara : « La mort de Pie XII est une grave perte pour tout le monde libre. Les catholiques ne sont pas les seuls à en déplorer le décès »….
Bien sûr et la manière dont Pie XII est présenté de manière cricaturale aujourd'hui à Yad Vashem ( cf l'interview du dessus ) n'a jamais conduit à ce qu'un responsable du Vatican ne se rende aux invitations…et aucun dignitaire religieux catholique se permettait d'adresser ce genre de propos alors qu'il serait invité dans une grande enceinte juive de Jérusalem…
On aboutit à dire à appeler les dirigeants catholiques « à élever votre voix, en sorte qu'avec l'aide du monde libre, nous puissions protéger et sauver Israël des mains de nos ennemis. » en contrepoint bien entendu au silence abominable de Pie XII…
je trouve entièrement hors de propos qu'un représentant juif invité à parler aux évêques catholiques en profite pour plonger l'assemblée dans l'embarras, et qui plus est sur la base de légendes noires, en tout cas largement controversée faisant l'objet de discussions.
Non il y a aussi de la part de CERTAINS juifs orthodoxes la volonté d'une victimisation permanente qui s'appuie sur la Shoah pour tenter de tout justifier et retourner bien des situations.
à thierry756
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 16H09 | 08/10/2008 |
À moins que ce ne fut peu courtois par le Vaticane de procéder à la célébration d'un personnage aussi controversé que Pie XII en présence de leur hôte juif ….
Il y a toujours au moins deux manières de voire les faits, Thierry, et la votre n'est pas forcement la plus objective.
Et vous ne serais pas en train de nous faire un discours parfaitement victimaire - L'église et son pape dans le rôle de la victime innocente de la vindicte de certains juifs ?
En tout cas relisez vos conclusions … enfin, je reste poli, mais il y aurait beaucoup à dire.
à leconcombrevert
De thierry756
étudiant | 22H27 | 08/10/2008 |
L'Etat d'Israel dans les conflits qui opposent les peuples au moyen orient est loin d'être exempt de tout reproche - à mons que vous ne le pensiez pas- et je persiste à dire que certains utilisent la Shoah à des fins politiques actuelles. je ne vois pas ce que vient faire le couplet politique du rabbin ici ? juste aprés la dénonçiation du présumé silence de Pie XII ? …
« On n'a pas le droit, honnêtement, d'exploiter cette tragédie à des fins partisanes, dans un pareil débat. Et c'est vrai, en particulier, quand cette pratique aboutit à déprécier le témoignage des survivants qui ont fait l'éloge du souverain pontife pour ses actions en leur faveur. Imputer la condamnation qui revient à Hitler et aux Nazis à un pape qui s'opposa à eux et était ami des juifs est une abominable calomnie (….) Pie XII, lui aussi, mérite d'être reconnu comme »Juste des nations« et c'est ce que je démontre dans le présent ouvrage. Aucun autre pape dans l'Histoire n'a jamais auparavant, été comme lui, aussi universellement loué par les juifs pour ce qu'il a fait pendant la Shoah, pour sauver des vies. »
David Dalin
à thierry756
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 23H13 | 08/10/2008 |
Certes, l'état d'Israël, plutôt ceux qui le gouvernent et qui portent la responsabilité de son administration et de l'administration des territoires occupés ne sont pas exempt de fautes.
C'est loin d'être la première fois que je le dis sur Rue89.
Mais qu'est-ce que ça change ? Faut-il en conclure que plus personne n » ait le droit d'en appeler à la solidarité et à la protection internationale devant la menace que constitue - du moins en paroles - l'Iran de Ahmednejad pour la survie d'Israël et les Israëliéns ?
Thierry, ce n'est peut-être pas du chantage que de dire :
Ne vous mèlez pas de nos envies de sanctification de Pie XII, ne vous avisez pas de nous contredire ; après on vera ce qu'on fera pour vous concernant Israël ?
Étais-ce pour cette raison qu'on avait cru fin d'inviter un rabbin à ce synode, pour pouvoir célébrer Pie XII en sa présence ? Je commence à avoir un doûte ….
Ecoutez, que l'église le considère saint, ça la regarde. Mais qu'elle veuille à tout prix pouvoir se baser sur le soutien de / des Juifs dans ce dessein, c'est autre chose.
Et je suis de plus en plus troublée de voir à quel point vous et votre église semblez considérer que les Juifs vous doivent quelque chose à cet égard.
à leconcombrevert
De thierry756
étudiant | 23H40 | 08/10/2008 |
Le Vatican a cet égard a toujours eu le souçi d'un discours pondéré qui n'humilie personne.
une messe est dîte à l'occasion du 50 ème anniversaire de la mort de Pie XII , ça n'a rien à voir avec le synode qui se tient chaque année à Rome à la même période ( en Octobre)..
Le rabbin n'était invité qu'une journée, celle d'hier, et pas celle du 9 Octobre ! Pour parler de la centralité de l'écriture dans la tradition juive puisque le synode est consacré à la parole de Dieu et que la leture juive est une lecture possible de l'AT. C'était une belle occasion puisque cela nous rapproche chrétiens et juifs. C'est pour ça qu'il a été invité, on ne va pas inviter un rabbin sur le thème de l'Eucharistie vous comprenez bien.. !
On ne peut pas nier qu'il y a des pressions ( mais y compris dans l'Eglise) pour ne pas béatifier Pie XII, du moins pas tout de suite du fait d'une controverse trop importante autour de ce rôle qu'il a eu pendant la guerre.
Personnellement je serais tenté de dire que rien ne presse, et que si le dialogue sur ce sujet peut se poursuivre, poursuivons le, attendons l'ouverture complète des archives vaticanes etc… Il y a trop de polémiques, on le voit et le but ce n'est pas de choquer les juifs, le but c'est aussi et surtout de regarder vers l'avenir. Mais il faut bien reconnaitre que tant de choses ont été dites ( le Pape d'Hitler..) qui sont fausses, on a le droit aussi de défendre la mémoire de cet homme souvent grandement caricaturé ces dernières décennies.
à thierry756
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 16H43 | 08/10/2008 |
Une autre reponse :
http://tzvee.blogspot.com/2008/10/rabbi-shear-yashuv-cohen-suffers.html
à leconcombrevert
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 19H43 | 08/10/2008 |
Et voilà la reponse du Vatican au rabbin Shear-Yashuv Cohen :
Last update - 20 : 15 08/10/2008
Vatican defends wartime pope against charge he turned blind eye to Holocaust
By Reuters
Tags : Holocaust, Vatican
The Vatican on Wednesday rejected charges that wartime Pope Pius XII turned a blind eye to the Holocaust, saying it was a « black legend » not backed up by history.
An editorial in the Vatican newspaper defended Pius two days after the first Jew to address a Church synod, Haifa's Chief Rabbi Shear-Yashuv Cohen, told the gathering that Jews « cannot forgive and forget » Pius's silence.
The Osservatore Romano called him a « man of peace » who tried to do his best during one of the most violent periods in history. The editorial was published on the eve of commemorations to mark the 50th anniversary of his death.
« He confronted the wartime tragedy like no leader of his time did. Even when faced with the monstrous persecution of the Jews [he worked] in a suffered silence which is understandable and whose aim was an efficient endeavor of charity and undeniable help, » the newspaper said.
Some Jews maintain Pius did not do enough. The Vatican says he worked quietly behind the scenes to help Jews because more direct intervention would have worsened the situation.
The newspaper denounced what it called « black legend about a pope who was insensitive to the Shoah, or even pro-Nazi. »
It rejected such accusations, saying they were « above all inconsistent from the historical point of view, apart from being denigrating ».
The papacy of Pius, from 1939 to 1958, was one of the most difficult issues in Catholic-Jewish relations. Many books have been written about it, with most defenders saying the situation would have been worse for Jews if he had spoken out forcefully against Hitler.
Last month, Benedict said Pius « spared no effort » to help Jews.
He spoke to the U.S.-based Pave the Way Foundation, a mixed Jewish-Catholic group which prepared a 200-page compilation of documents, diplomatic cables and newspaper clippings from the period - some of them previously unpublished - showing Pius did much to help Jews during the war.
Urged by historians to open all its archives from World War II, the Vatican says some are closed for organizational reasons but most of the significant documentation regarding Pius is open to scholars.
Last year, the Vatican's saint-making department voted in favor of a decree recognizing Pius's « heroic virtues », a major hurdle in a long process toward possible sainthood that began in 1967. But Pope Benedict has so far not approved the decree.
Some Jewish groups say the Vatican should freeze the process of beatification. Others say it is an internal Church matter.
http://www.haaretz.com/hasen/spages/1027629.html
à macina
De thierry756
étudiant | 22H28 | 07/10/2008 |
Vous même ne voyez que ce que vous voulez bien retenir.
Mit Brennender sorge n'en demeure pas moins une condamnation violente du national soçialisme.
« c'est pour quiconque confesse le Christ un devoir de dégager nettement sa resposabilité, de libérer sa conscience de toute coopération à une telle machination et à une telle corruption » .
La nouvelle révélation dérivant du Mythe du sang et de la race y est fermement condamné..
C'est quand même on ne peut plus clair, et j'aimerais savoir QUI ( en tant qu'autorité étatique ou moral) a osé élever publiquement la voix de la même manière ?
Par ailleurs, pourquoi ne mentionnez-vous pas le décret du 25 septembre 1928, du Saint-Office qui condamne tout particulièrement « la haine contre le peuple jadis élu de Dieu et notamment cette haine qu'on a l'habitude de désigner par le mot antisémitisme ».
Dans son numéro du 9 février 1929, La Documentation catholique consacre un dossier de 24 pages à Un mouvement politico-religieux en Allemagne : le racisme. Dans ce numéro, le cardinal Bertram, archevêque de Breslau, dénonce ce racisme comme « un poison », comme un « nationalisme satanique ».
Dans les numéros de La DC du 18 octobre 1930, du 15 novembre 1930, du 21 mars 1931 et du 25 février-mars 1933, de nombreuses dénonciations sont indiquées, venant tout à la fois de Rome et des évêques allemands : « Il est interdit à tout catholique d'être membre inscrit au parti de Hitler… Aussi longtemps qu'un catholique est membre inscrit au parti de Hitler, il ne peut recevoir les sacrements. »
Le 6 septembre 1938, le pape Pie XI prononce des paroles très fortes devant des journalistes belges : « Par le Christ et dans le Christ, nous sommes de la descendance spirituelle d'Abraham. Non, il n'est pas possible aux chrétiens de participer à l'antisémitisme. Nous reconnaissons à quiconque le droit de se défendre, de prendre les moyens de se protéger contre tout ce qui menace ses intérêts légitimes. Mais l'antisémitisme est inadmissible. Nous sommes spirituellement des sémites. »
à thierry756
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 15H32 | 08/10/2008 |
« Dans les numéros de La DC du 18 octobre 1930, du 15 novembre 1930, du 21 mars 1931 et du 25 février-mars 1933, de nombreuses dénonciations sont indiquées, venant tout à la fois de Rome et des évêques allemands : “ Il est interdit à tout catholique d'être membre inscrit au parti de Hitler… Aussi longtemps qu'un catholique est membre inscrit au parti de Hitler, il ne peut recevoir les sacrements. ”
C'est vrai et j'avais moi-meme relevé l'interdiction faite au catholiques de devenir membres du NSDAP.
C'est sans doute pour cette raison que Hans Globke, juriste, membre du parti catholique Zentrum, à la fois catholique fervant et haut fonctionaire très influent (et commentateur juridique des lois dites de Nuremberg) en matière de la reglementation anti-sémite concernant les Juifs au ministère de l'intérieur nazi n'a jamais rejoint le parti nazi.
Cela lui a permis de se marrier en 1934 avec les sacrements de l'église.
D'ailleurs, dés 1929, en fonction au ministère de l'intérieur de la Prusse, il s'était prononcé en faveur d'une loi interdisant aux Juifs “de se cacher sous des noms germaniques” !
Et malgré son implication “jusqu'au coude” il fit une belle carrière d'après guerre sous le chancelier Adenauer, catholique, tete du parti chrétien-démocrate, qui le prit comme sécrétaire d'état et directeur de cabinet à la chancelerie…..
http://en.wikipedia.org/wiki/Hans_Globke
(je vous renvoie à la page wiki en anglais parce que'elle est beaucoup plus complète que celle en francais, qui n'existe d'ailleurs meme pas.)
Je vous invite aussi à regarder le documentaire sur cette biographie exemplaire sur ARTE ce soir.
21 : 50 Le nazi qui conseillait Adenauer
Du Troisième Reich aux premières décennies de la RFA, le parcours sans embûches de Hans Maria Globke.
http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=928130,day=5,week=41,y…
à leconcombrevert
De thierry756
étudiant | 23H01 | 08/10/2008 |
vous évoquez le comportement de Hans Maria Globke, il ne fût malheureusement pas le seul loin de là parmi les catholiques allemands. J'en suis parfaitement d'accord et jepense que personne ne nie ça.
A côté de ces gens là, il y eut aussi des catholiques qui sont conduit de la meilleure manière, comme l'archevèque de Berlin, qui fit dire des prières publiques dés 1938 « pour les juifs persécutés » ou évoquant les progroms « Dehors la synagogue brûle, celle là aussi est la maison de Dieu » . Cette simple attitude lui valut d'être interrogé par la Gestapo à qui il répondit « mon seul fuhrer, c'est Jésus Christ ». Aprés avoir été torturé il mourra en déportation.
mais la question est celle de l'attitude la hiérarchie puisque selon vous s'exprimer clairement aurait dû stopper l'entreprise nazie ? Oui ou non le Vatican a t-il condamné le nazisme ? oui ou non a t-il été interdit aux catholiques d'être membres du NSDAP, oui ou non le pape Pie XI a t-il dit qu'il n'était pas possible pour un chrétien d'être antisémite ?
Mit Brennender Sorge est on ne peut plus clair ( même s'il n'est pas cité le mot juif) sur l'antinomie de la doctrine nazie avec le christianisme.
Désolé je redis « C'est pour QUICONQUE CONFESSE LE CHRIST UN DEVOIR de dégager nettement sa responsabilité, de libérer sa conscience de toute coopération coupable à une telle machination et à une telle corruption ». Alors pourquoi tous les catholiques n'ont-ils suivi cette recommandation ?
à thierry756
De leconcombrevert
La vraie vérité >:-)) | 00H35 | 09/10/2008 |
Je ne mets pas en doûte l'attitude très courageuse en faveur des Juifs de certains membres du clergé catholique, comme celle du chanoine de la cathédrale de Berlin, Bernard Lichtenberg, de Berlin, mort en déportation
http://www.dhm.de/lemo/html/biografien/LichtenbergBernhard/index.html
de son évêque, Graf von Preysing, de l'évêque von Galen et bien d'autres.
Je ne mets pas en doûte non plus, que Pie XII était opposé à la politique du Reich, qu'il a sauvé des Juifs.
Cependant, tout est question de dégrées. Et le reproche qu'on fait au pape - si je comprends bien - est d'être resté dans ses actions en déça de ses possibilités en tant que chef de l'église catholique, d'avoir agi dans le souci de ne pas nuire à la position de l'église par des prises de positions trop voyantes.
Alors que d'autres, comme Lichtenberg, par exemple, ont tout risqué, tout donné. Et ce sont eux qui ont sauvé l'honneur de l'église, à mon avis.
Pie XII, par contre, s'est donc - peut-être - comporté en honnête homme, en bon gestionaire de l'église.
Mais est-ce suffisant pour en faire un saint ?
Je vous fais juge.
Puis il y a l'après guerre :
Une fois de plus Pie XII a préféré adopter le comportement d'un chef d'église, moins que celui d'un juste, à mon avis.
Sinon, comment a-t-il pu tolerer que un homme compromis comme Globke puisse faire carrière au côtés de Adenauer à la tête d'un gouvernement chretien-démocrate très lié à l'église catholique ?
Comment a-t-il pu couvrir un Papon etc.