29/09/2008 à 20h45

Démago ou utile ? « Entre les murs » divise les riverains


Difficile d'y échapper : la critique de la semaine concernait « Entre les murs », Palme d'Or à Cannes et gros succès en salle. Sur Rue89, vous êtes une cinquantaine à avoir réagi au film, dont bon nombre d'enseignants mais pas seulement. Au final, une double discussion s'est amorcée ainsi entre riverains, d'une part sur l'Ecole ; d'autre part sur la nature du film, qui met en scène des comédiens amateurs mais est signé d'un réalisateur pro, le tout filmé dans un collège qui n'a rien d'un décor de plateau.

Rares sont finalement vos contributions qui portaient sur Laurent Cantet, si ce n'est celle de Valzeur, qui voulait rappeler au passage que « Cantet est un cinéaste, et a même une thématique - comment l'individu s'extraie de la norme et des préjugés pour essayer d'être lui-même ou ce qu'il pense être ».


François Bégaudeau dans « Entre les murs » (DR)

Bégaudeau, un « personnage » qui hérisse ou séduit

Le rôle tenu par François Bégaudeau, auteur du livre dont est tiré le film, mais aussi co-scénariste et acteur de son propre rôle, vous a rendu nettement plus prolixes. Pour nonprophets, « Entre les murs » est « un film intense et dramatique » dont « l'intérêt relève de son propos et non pas de sa réalisation technique ». Il ajoute, quitte à en prendre d'autres à revers :

« Voila un film qui a des choses à dire et qui traite un sujet complexe sans complaisance. »

Scaramouche, qui reconnaît avoir « passé un bon moment de cinéma », tacle tout de même au passage la « démagogie » de François Bégaudeau, rappelant des propos de l'écrivain multicasquettes au sujet de l'évolution du langage :

« L'enfermement dans un univers réduit à 300 mots signifie en effet l'exclusion de toute chance de promotion sociale. Soyons honnêtes : les élèves que nous voyons dans le film n'accéderont jamais au milieu bobo dans lequel évolue leur professeur-acteur. »

Plus savant, Dave Feng estime que le film de Cantet, « sans être en rien un traité de didactique, contient divers passages qui montrent en creux un héritage lointain sur la question pédagogique qui revient, bien plus qu'à Mérieux (laissez-le où il est, ce pauvre vieux) à Jacotot » :

« On peut avoir des désaccords idéologiques avec Bégaudeau, ne pas aimer son style - mais il a quand même une grande qualité, c'est de s'être posé la question de la mission de son sacerdoce et du sens de cette mission dans un système démocratique. »

Teberli le juge pour sa part « interessant et utile » parce que « les souffrances des élèves qui se sentent étrangers à cette école sont sur le même plan que les souffrances des professeurs qui se sentent bien démunis dans cette école ».

« Le mérite de lancer un débat indispensable »

Andelle raconte avoir vu le film en avant première, avant l'avalanche de critiques :

« C'est un bon film, mais de là à recevoir la Palme d'Or… Il a cependant le mérite de lancer un débat indispensable sur l'Ecole. C'est un film généreux ; les personnages sont filmés avec respect (à l'inverse du film “ Être et avoir ”) [...] Le film interroge l'institution scolaire mais trop discrètement je trouve. C'est ce qui m'a déçue. »

RueDeLaPoupéeQuiTousse, ex-enseignante, raconte avoir vu le film « avec un mélage de bonheur(s) et de tristesse(s), similaire à celui éprouvé en enseignant ». Pour elle, « Entre les murs » « reflète vraiment bien » son métier, ainsi que « une certaine solitude de l'enseignant ».

Vinz13, qui a vu le film dans le cadre d'une projection pour les enseignants, s'interroge sur son réalisme :

Pourtant, ce film qui nous parle si merveilleusement de l'Ecole, est aussi, et peu être avant tout, un grand film de cinéma. Les scènes de cours, de la vie de ce collège « difficile », qui font la matière de ce film, et qui sont si criantes de vérités (mis à part peut être une ou deux, notamment celle du conseil de classe), si pleines d'émotions, si vivantes, sont des scènes écrites et jouées. »

Naturaliste ou factice ?

De fait, vous êtes nombreux à avoir migré du débat pédagogique vers une discussion sur la représentation de la réalité sur grand écran. Nombre d'entre vous déplorent qu'on présente l'oeuvre de Cantet et Bégaudeau comme une photographie de la vie scolaire d'aujourd'hui dans un quartier difficile. Valzeur qui y voit « un film partiellement recommandable sinon palpitant » argue pour cela du « point de vue » choisi par le cinéaste : « Un retrait proche de la neutralité qui lui permet de montrer les joutes et palabres faisant office de cours sans “prendre parti” (ouh ! ce gros mot ! ) » :

« Le spectateur lambda (moi, quoi…) s'agace des insupportables figures d'élèves affligés de pratiquement tous les défauts (j'en énumère quelques-uns : ils sont obtus, conformistes, ignorants, agressifs, insolents, arrogants, grossiers, violents,… etc) et peut-être encore plus de la constance du professeur qui s'évertue à faire jaillir une étincelle de cette fange croupissante à coups de discussion citoyenne. [...] On arrive à cette ambivalence impossible à tenir : “Entre les murs” est un film très politiquement correct (des dossiers socio-cul à outrance, football fraternel à la fin) et, aussi, très politiquement incorrect. »

Fifidou (« thésard en physique ») y voit au contraire « un vrai bon film » parce que « le spectateur se sent en empathie avec les personnages grâce au style volontairement documentaire du long métrage »... même si ça se joue au détriment du scénario « qui prend trop l'aspect documentaire, délaissant progression et construction, chute et intrigue ».

A cheval entre cinéma et réalité, plusieurs d'entre vous se sont tout de même interrogés sur le rôle de Bégaudeau. Ainsi, egide :

« Dans quelle fiction l'auteur figure-t-il lui-même ? N'est-ce-pas de représenter une figure paternelle en rétiaire rhétoriqueur, qui prend toute une classe d'ados dans les filets de sa dialectique, eux qui ne parlent que pour dénommer eux, l'autre, le réel, désespérément, avec la langue de l'échange des biens traduite dans un dialecte péri-urbain. Dans la vrai vie, le professeur est le plus souvent une femme de beaucoup éloignée de la figure du gladiateur. »

La dimension « naturaliste » louée par plusieurs internautes en hérisse toutefois d'autres, comme uleski (« en colère ») pour qui « Entre les murs », « complaisant et bavard, est au cinéma ce que Envoyé Spécial de France 2 est au documentaire » :

« 'Entre les murs » est un film pour rien puisque ceux qui en débattent n'ont aucun pouvoir sur cette institution qu'est l'Education nationale : ils n'y occupent aucun poste stratégique. »

Au moins aussi définitif, LGX assène que « c'est un bon documentaire, mais surement pas un bon film. Nuance ».

« Une version postmoderne de l'arabe de service »

A noter, pour finir, le décryptage très musclé que Laurent Dauré et Dominique Guillemin, critique de cinéma et prof d'histoire-géographie, nous ont envoyé par mail. Reprenant méthodiquement de nombreux interviews de Cantet, ils dénoncent l'ambivalence du discours des auteurs du scénario, la pédagogie séductrice de Bégaudeau et l'illusion de réalisme social valorisée par l'écume médiatique à sa sortie - « un profond malentendu » alors que Cantet nous servirait finalement une « version postmoderne du noir de service où l'on préfère sacrifier une assimilation possible pour encourager des aspirations identitaires finalement conflictuelles » :

« Refusant de proposer des références communes aux élèves, l'école de Cantet met l'accent sur leur personnalité et leur créativité. [...] La médiocrité pour tous comme idéal démocratique. Rejettant la mise à distance, le professeur adopte une approche compassionnelle qui relègue au second plan la transmission des connaissances. [...] Applaudisseurs de l'air du temps, Cantet et Bégaudeau ne sont nullement les iconoclastes progressistes qu'on nous a présentés. Gageons qu'une fois les récompenses récoltées et le tumule médiatique tari, il ne restera d'Entre les murs que le souvenir d'une parodie de débat. Le contraire de ce dont a besoin l'Ecole ».

L'Ecole, c'est justement là qu'exerce Zoup, qui affirme qu'elle n'ira pas voir le film justement parce que « les djeuns qui parlent comme dans la bande annonce sont mon quotidien. Les préoccupations de ces profs sont les miennes » :

« J'ai comme un goût de saturation rien qu'à l'idée d'aller le voir - pourtant j'aime mon métier, j'aime être avec ces ados avec qui il faut avoir de la répartie, de l'attention, être stimulant, être un modèle, un anti-modèle, un humain, une salope, un révélateur, etc… »

A lire aussi : « Entre les murs » : la Palme de la démagogie

Photo : François Bégaudeau dans « Entre les murs » (DR)

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  • léo solo
    • Posté à 21h19 le 29/09/2008

    Excellent film
    Begaudeau n'est pas Martin.
    Je est un autre.
    Film tocsin indispensables
    qui dévoile
    si besoin était
    la misère symbolique dans laquelle
    est enfermée la jeunesse.

  • Dave Feng
    • Posté à 21h51 le 29/09/2008
    • Internaute

    Laurent Dauré et Dominique Guillemin parlent peu du film. leur dessein est de se greffer sur la sortie du film pour intervenir dans un débat politique plus large. Toutefois, afin de dispenser les riverains de la lecture de leur inutile et fastidieuse chronique, je vous propose un résumé :

    1/ Communautarisme = mal. République = bien. (Et attention ! il n'y a pas d'autre case possible ! ).
    2/ Pédagos = mal. Autorité = bien. (là encore, pas d'autre case possible).
    3/ « Il faut un vrai débat sur l'Ecole » = il faut revenir au fouet.

    Et tout cela enveloppé dans une savante phraséologie qui consiste à accuser l'autre des vices que l'on a soi-même (racisme et bêtise).

  • Compte supprimé le 23 janvier 10
    • Posté à 22h01 le 29/09/2008

    gna gna c est beau comme l antique !

    tiens au fait les fils des enseignants , profs , intellectuels bien pensant qui aplaudissent et se congratulent , yep elle est ou leur progeniture en
    classe hein dans quelle ecole elle vas la progeniture qui appelle as accueillir mieux toute la misere du monde elle est ou la progeniture des partageux de l espace de la cité des services publics des autres, pas de leur part a eux la mienne ? parce que la mienne de progeniture elle vas dans des classes de 34 avec 5/6
    langues différentes la mienne de progeniture elle ne comprend pas que le seul droit q uelle ai jusqu a maintenant c est de subir, puis comme elle me dit font
    pas d enfants les profs les toubibs les intellectuels
    les bourgeois bobo gaucho ? font pas d enfants sont pas dans nos ecoles , hein je fais quoi je lui explique que la classe instruite et evoluée da la société a detournée a son profit l ascenseur social et fais jouer les derogs a la carte scolaire sur le dos de mes fils ....

    • Meinhof
      • Posté à 09h52 le 30/09/2008

      Ma femme est instit est notre fille va à l'école du quartier dans lequel on vit.
      Sa classe est pleine et nous ne faisons jouer aucune dérogation ou carte scolaire à la con.

      Des gens qui foutent leurs gosses dans d'autres écoles il y en a partout.
      Arrétez de raconter des conneries...

      Sinon, prouvez le, étude à l'appui.

      • Compte supprimé le 23 janvier 10
        • Posté à 13h08 le 30/09/2008

        ben voyons sur que l education nationale vas nous sortir de telles stats

        sinon faites comme google et tapez reussite scolaire
        des enfants d enseignants
        il sont sureprésentés dans certaines filiere qui comme par hasard sont les bonnes

        il ne s agit pa d attaque had hominem il est legitime pour un parent de vouloir le meilleur pour les siens

        reste que je persiste a dire que la classe eclairée et eduquée de cette société a confisquée l ascenseur social à l usage de sa progeniture

        cette realité est encore plus criante dans les zus ou vous nous expliquez par ailleurs que notre mal d y vivre vient de notre racisme de beauf et non de votre
        aptitude » j entend la votre classe » a vous montrer genereux avec l espace , la cité les services publics des « autres “j entend la nous les ptits blancs vous savez ceux qui sont juste bons pour tf1 m6 ceux a qui il faut expliquer pour qui et pourquoi voter ceux a qui il faut expliquer le beau et la culture ben on a decouvert le net et on sait a qui nous devons nos condition de vie pas au gens fuyant la misere mais a vous les bonnes consciences vous les altruistes vous les aimants l autre mais pas sur votre palier sur le mien !
        je persistes ça n est pas parce que nul n a voulu compter
        vous gardez vos gosses loin de la merde ou votre
        generosité condammne les mien a vivre !
        mais il est ecrit
        au jour de la rétribution a chacun son du

         
        • Meinhof
          • Posté à 14h39 le 30/09/2008

          Les enfants d'enseignants sont peut être aussi dans les bonnes filières parcequ'ils ont eu une éducation différente.
          Les inégalités dues au statut social existent mais dire que les enfants de profs ne vont pas dans les mêmes écoles que tous les autres gamins c'est une pure connerie...

          Votre discours est totalement en contradiction avec la formulation.
          Vu votre façon de vous exprimer vous n'avez pas l'air « sous éduqué. »
          Si on suit votre beau discours, votre progéniture devrait être dans une zone privilégiée...

          Les seuls qui vous condamne à vivre là où vous êtes c'est l'état Français et vous-même.

          • Compte supprimé le 23 janvier 10
            • Posté à 18h12 le 30/09/2008

            certificat d etude ,travail a l age de 16 ans ,56ans

            les arguments que j avance et les chiffres sur google sont déja pondérés par vos arguments , ni voyez aucune attaque personnelle juste un constat de classe, s il est exact que l etat français et le patronnat sont des facteurs importants pour la situation dans les ZUS, reste que la midle classe française petite noblesse
            de notre republique monarchique y est pour beaucoup
            avec son mondialisme partageux de l espace des autres
            qui par capillarisation a finit par convaincre les classes dirigeantes et nous condamne a vivre nous les
            « sous chiens » en citoyens de seconde zone sur notre territoire.
            Je conçois qu il vous serait plus confortable intellectuellement de me combattre si ma colere etait tournée vers plus misereux que moi au motifs qu il sont etrangers non ma rancoeur vas bien vers vous « comme classe » qui nous mettaient eux et nous dans cette situation de confrontation.
            Voyez votre caste telle qu ell est assumez ou pas ,
            rien ne retrancheras de la verité
            le fait que vous soyez
            les beneficiaires priviligies d un systeme conçu a sa naissance pour tous

            • Meinhof
              • Posté à 19h37 le 30/09/2008

              Vous vous trompez de combat.
              Le gouvernement peut vous remercier...

              Encore une fois, vous oubliez votre propre responsabilité.
              Vous auriez pu avoir mieux qu'un certificat d'étude, vous auriez pu reprendre des études, vous auriez pu améliorer votre quotidien.
              Vous n'avez pas su garder le contrôle des choses alors n'attaquez pas ceux qui ont su le faire.

              Je ne suis pas issu d'une famille argenté, j'ai galéré, j'ai vécu deux ans de ma vie sans ressources et pourtant je m'en suis sorti malgré le taux de chômage nettement plus haut qu'à votre époque.

              Que vous gueuliez contre l'état pour l'abandon d'une partie de la population c'est normal mais aller cracher sur les classes soi-disant moyennes c'est juste stupide.
              Vu que vous utilisez magnifiquement bien google, renseignez vous un peu sur ces classes moyennes Françaises, vous vous rendrez compte que ça n'existe plus de la façon dont vous l'imaginez...

              • Compte supprimé le 23 janvier 10
                • Posté à 20h28 le 30/09/2008

                « Encore une fois, vous oubliez votre propre responsabilité. »

                j entend bien le discour si les pauvres sont pauvres
                cela releve de leurs responsabilités , cohérent et liberal, je suis sur que vous savez qu il y a des criteres objectifs tel l age et le milieu sociologique pour augmrnter la taille des murs fussent ils virtuels

                personnellement je me garde de vous juger comme individu essayer si possible de me rendre la pareille

                « Que vous gueuliez contre l'état pour l'abandon d'une partie de la population c'est normal mais aller cracher sur les classes soi-disant moyennes “

                j ai bien compris que vous etiez ‘cette classe’
                en route pour nous rejoindre a l entrepont mais j ai grand peur que ce faisant je ne finnisse moi en fond de cale.
                pour en terminer avec ce sujet puis je vous suggerer un petit test concret et hors virtuel vous choisissez
                le meilleurs lycée de votre residence et vous vous livrez a un bref sondage sociologique.

                ni voyez nul discourtoisie de ma part
                juste de la curiosité votre pseudo
                est patronymique ou une reférence a Ulrike

                • Meinhof
                  • Posté à 09h24 le 01/10/2008

                  Je peux faire tous les tests du monde.
                  Les lycées de ma ville accueillent des populations variées.
                  Celui où ira ma fille accueille nettement plus de gamins des quartiers que de gosses de mèdecins mais il y a les deux.
                  Les résultats de ce lycée sont très corrects.
                  Après, les chances de réussite son évidemment conditionnées par une certaine éducation, il est évident qu'un enfant qui a toujours eu accès à la lecture aura plus de chance que celui qui n'a jamais pu toucher un bouquin.
                  Cela n'a rien à voir avec votre soit-disant organisation des classes moyennes.

                  Au passage, je ne fais pas partie de quelque classe moyenne que ce soit, je ne suis même pas imposable.
                  Vous pensez que je vous répond parceque je me sens attaqué mais ce n'est pas le cas, je vous répond uniquement parceque vous racontez des conneries.

                  Et oui, je persiste et je signe, on est toujours maitre de son destin même si certains doivent se battre plus que les autres pour s'en sortir.
                  Si vous pensez que votre condition est due au destin, que vous n'aviez aucune chance je vous conseille d'allumer le gaz parceque lutter ne sert à rien...

          • Compte supprimé le 4 janvier 3
            • Posté à 16h01 le 01/10/2008

            Vous n'avez jamais vu ce qu'on appelle une « classe Camif » ?

            NAF a en grande partie raison.

        • Miss Bouzland
          • Posté à 18h10 le 30/09/2008

          Si les enfants d'enseignants réussissent mieux, c'est tout simplement parce qu'ils ont la chance d'avoir des parents qui peuvent les aider pour le travail à la maison. Il paraît évident qu'un enfant réussira mieux si un de ses parents peut lui expliquer à la maison ce petit détail de maths qui pourrait lui faire perdre définitivement pied.

          Alors oui, on peut parler d'injustice sociale dans une certaine mesure. De là à dire que les enseignants tirent toute la couverture sur leurs enfants, c'est faire preuve d'une paranoïa haineuse et aveugle !

          Les enseignants savent plus que quiconque qu'il existe dans chaque école des profs investis dans leur mission et d'autres qui s'en foutent... Mais je ne pense pas qu'ils soient les premiers à faire sauter la carte scolaire, bien au contraire !

        7 autres commentaires
  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    Le marché autant que possible, (...)
    • Posté à 22h31 le 29/09/2008
    • Internaute
      Le marché autant que possible, (...)

    Une tranche de vie de la France de demain....
    et par endroit, déja d'aujourd'hui.

    • said sellali
      said sellali répond à Pierrrrre
      • Posté à 00h08 le 30/09/2008

      Pierrre
      Que vous arrive t-il ? Pour une fois que vous faites un commentaire réfléchi, sans aucun cliché ; cela mérite 4 étoiles pour vous encourager sur cette voie.
      Quant au film, il m'a rappelé mes années collège avec les aspects positifs-brassage ethnique et confessionnel, professeur compétent pour qui on avait plaisir à bosser- ,comme négatifs(les 2 ou 3 fouteurs de merde en total perdition, qui devaient être mis hors d'état de nuire à leur grand malheur, pour le bien des 25 autres élèves).

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à said sellali
        Le marché autant que possible, (...)
        • Posté à 08h31 le 30/09/2008
        • Internaute
          Le marché autant que possible, (...)

         »..... Pour une fois que vous faites un commentaire réfléchi, sans aucun cliché.... »

        ► Vous vous trompez doublement :

        ♦ mes commentaires, je les réfléchis tous, même les plus anodins

        ♦ celui ci s'appuie sur un sacré cliché se situant dans la même thématique de mes autres interventions.

      • Ryze-
        Ryze- répond à said sellali
        • Posté à 11h58 le 30/09/2008

        Said, désolé de te décevoir, mais comme a l'accoutumée, l'intervention de pierre est saupoudré de ce parfum nauséabonde de racisme primaire et de poujadisme dont il nous a habitué. Par « c'est l'école de demain et d'aujourd'hui par certain endroit » (ou un truc dans le genre) il s/ entend tout un tas de saloperies qui, quand on a l'habitude du personnage et de ses interventions, en disent long sur ce qu'il pense.
        Comme il le dit lui même, toutes ses interventions sont réfléchies (même s'il raconte que de la m** c'est bien ça qui est malheureux d'ailleurs...)
        Pauvre pierre, irrécupérable je pense...

         
        • Pierrrrre
          Pierrrrre répond à Ryze-
          Le marché autant que possible, (...)
          • Posté à 15h12 le 30/09/2008
          • Internaute
            Le marché autant que possible, (...)

           »....nauséabonde de racisme primaire et de poujadisme....tout un tas de saloperies... »

          Travailleur Social de Seine Saint Denis ?
          en tous cas, vous en avez le vocabulaire et l'insulte à la bouche...

          relations et conversations à la Pitt's Bull..
          avec des « tum'cherches » et des « niktamer » entre virgules...

          vous ne savez qu'essayer de salir le contradicteur, de le souiller par les mots les plus vils que vous connaissez, et votre vocabulaire en la matière est bien pourvu.

          –––––-

          « irrécupérable je pense… »

          ► mais non, je vous assure, petit passage à une clinique psychiatrique ou un centre de rééducation par le travail, et serais pret à chanter l'Internationale, et vous tendre le poing fermé ou la main ouverte, à votre convenance... vous savez, moi, chez le dentiste, je vendrais père et mère pourqu'il range sa roulette...

        2 autres commentaires
  • RueDeLaPoupéeQuiTousse
    • Posté à 23h21 le 29/09/2008
    • Internaute

    Juste quelques précisions. J'ai enseigné, j'enseignerai peut-être à nouveau, mais je n'enseigne plus. Et je ne suis pas une femme. En outre, mon propos mettait nettement l'accent non sur la solitude, certes bien réelle, de l'enseignant, mais sur la dureté du mur qui sépare l'enseignant - dans le film comme dans mon expérience du métier - des élèves.

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à RueDeLaPoupéeQuiTousse
      Auteur(e) de l'article
      • Posté à 09h12 le 30/09/2008
        rédacteur

      Bonjour
      OK j'ajoute bien volontiers la précision au papier de synthese toutefois il s'agit d'extraits de vos commentaires et en renvoyant sur les pages d'utilisateurs le papier de synthese permet aux internautes qui souhaiteraient retrouver l'intégralité de votre message d'y accéder.

      • monisme
        • Posté à 14h24 le 02/10/2008

        « Le romantisme de l'activiste passé (on s'y laissa parfois séduire, erreur de jeunesse ici avouée) : et bien drôle de jeunesse mais drôle de vieillesse aussi qui consiste à qualifier Action Directe d'activisme romantique. Je prends d'ordinaire davantage de leçons que je n'en donne et me demande donc si je ne souffre pas là d'une méconnaissance ahurissante tant du romantisme que de “ l'activisme gauchiste ”. A défaut, bien entendu, il peut s'agir de votre part d'un lieu commun et peut-être disiez-vous hier : c'est romantique comme on dit aujourd'hui : c'est magique. Alors, lorsque vous rajoutez que “ c'est la mise en perspective historique qui devrait nous guider ” je suis bien d'accord mais suis effrayé. De quelle Histoire parlez-vous ?

  • Teberli
    • Posté à 23h51 le 29/09/2008

    Pink Floyd : The Wall, c'était clair aussi

    Ici, c'est un peu différent, c'est plus désepérant encore : le prof est tout aussi enfermé dans un rôle de figurant que ses élèves.

    La finalité de cette école de la République - (Liberté Egalité Fraternité sont des mots vidés de leur sens par la réalité économique et politique) - leur échappe à tous, tout comme la finalité de la vie dans cette société libérale échappe à ceux qui se débattent pour survivre.

    Cette école est le reflet d'une société absurde (libérale et donc sans liberté réelle )

    Les seuls qui s'en sortent sont ceux qui observent ce qui se passe dans la cage, entre les murs, ceux qui contrôlent le système.

  • Le_Baron_N
    Le_Baron_N
    Spéculateur
    • Posté à 00h23 le 30/09/2008
    • Internaute
      Spéculateur

    Ce film est un reportage de plus sur une génération perdue. Perdue mais aussi sacrifiée. Beaucoup de propos ci et là se veulent bienveillants, alors qu'ils ne sont condescendants. Aussi, sous couvert de principe d'égalité, on laisse ces morveux s'enfermer dans une sous-culture. Le geolier ici prend les traits d'un professeur qui accepte de s'isoler avec eux quelque temps.. Seulement lui a les clefs du savoir, et s'il joue à leur montrer l'espace d'un instant qu'il sait aussi parler caillera, il peut à tout moment revenir à la réalité de sa caste. Où l'on voit donc que l'approche sentimentale de l'éducation, méprise et condamne les non-initiés..
    Parti pris misérabiliste donc que celui de Cantet ; un cinéma de miséreux, qui décrit une education nationale des plus .. misérables.

    • Kereven
      Kereven répond à Le_Baron_N
      • Posté à 00h37 le 30/09/2008

      bin c'est gaie.
      on termine par quoi, les barbituriques ou la pendaison ?

      • Teberli
        Teberli répond à Kereven
        • Posté à 08h20 le 30/09/2008

        Au lieu de terminer, il vaut mieux commencer.

        Si vous ne vous intéressez pas à la politique, elle, elle s'occupe de vous de toute façon et on voit bien, si on est dans la situation des méprisés-dominés-exploités-rejetés par la société libérale qu'il faut s'organiser et lutter efficacement.

        Un nouveau parti anticapitaliste veut se baser sur la situation réelle et l'exigence de justice absolue. Alors si toutes et tous construisent ce parti à l'image de leurs besoins et de leurs rêves, les barbituriques ou la pendaison ne seront pas pour eux.

         
        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 16h04 le 01/10/2008

          « barbituriques ou la pendaison ne seront pas pour eux. »

          Non, ce sera juste une balle dans la tête pour ceux qui ne seront pas d'accord avec eux, comme ça c'est toujours fait dans les sociétés non « libérales » !

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Troublante est la fin :

     » si ça sert à rien , pourquoi vous me l'enseignez « 

     » Monsieur , j'ai rien appris cette année « .

    Quel est son message , l'école ne sert à rien , et comme dis scaramouche
    “Soyons honnêtes : les élèves que nous voyons dans le film ( des élèves représentatifs pour moi) n'accéderont jamais au milieu bobo dans lequel évolue leur professeur-acteur. ”

    • Teberli
      • Posté à 08h33 le 30/09/2008

      Ce« milieu bobo dans lequel évolue leur professeur-acteur. » n'est peut-être pas aussi enviable que vous semblez le croire : salaire très modeste ( + parent isolé parfois ou souvent donc peu de ressources), fatigue extrême parfois (physique et morale) après une ou deux heures de « cours » particulièrement difficiles, bref ... tout n'est bas BOBO et les professeurs ramassent au passage plein de petits ou gros bobos.

      Il existe des professeurs bobos au sens bourgeois du terme mais une société de bourgeois n'est peut-être pas en soi le cadre idéal d'une vie épanouissante et solidaire à la fois.

  • Thierry Catrou
    • Posté à 07h27 le 30/09/2008

    Et si c'était vrai ? L'école ne serait qu'un fantasme et le fim est pur révélateur ? Ne serait-ce pas encore l'école que l'on ne veut pas voir ? Celle où l'on « abandonne » enseignants et élèves dans ces zones « grises » au marge de nos sociétés d'abondance. La palme d'or est un voyage ethnologique aux périphéries de l'inframonde, celui que l'on imaginait tellement loin que l'on pouvait être sûr qu'il ne n,ous concernerait jamais, seulement voilà, les classes moyennes seraient en danger... Effroi !

  • rp
    rp
    • Posté à 08h19 le 30/09/2008

    Je n'ai pas vu ce film et n'irai pas.
    La bande annonce me suffit.

    Par contre je vais enseigner dans une petite heure... comme tous les jours...

    Le quotidien de l'enseignant je connais, sous toutes ses formes depuis 30 ans, de Bagnères de Bigorre à Nanterre...

    Dommage de ne pas avoir un film qui me sorte de l'ordinaire à aller voir : o(

    Je suis quand même effaré par tout ce battage pour un micro événement qui passe d'habitude inaperçu pour la bonne raison que tout le monde s'en fout !

  • MorganeFDS
    MorganeFDS
    étudiante
    • Posté à 08h51 le 30/09/2008
    • Internaute
      étudiante

    Je vous invite tous à aller voir le texte sur le site findeseance.
    Pour ma part, je trouve bien plus démago la personne qui compare ce film à « Etre et avoir » (jugé irrespectueux, retourne voir le film et lire des articles sur l'affaire, tu verras que t'es hors sujet...), quant à ceux qui se permettent d'écrire alors qu'ils n'ont meme pas pris la peine d'aller voir le film (surtout parce qu'ils sont profs et qu'ils voient ça tous les jours, CE FILM N'EST PAS UN DOCUMENTAIRE, CE FILM A EU LA PALME D'OR PARCE QUE C'EST UN GRAND FILM DE CINEMA et IL NE POSE PAS QUE DES QUESTIONS D'ORDRE SOCIAL). Chacun va voir ce film avec deja des à priori, chacun y voit finalement le message qu'il a envie (alors qu'il y en a pas tout simplement)

    • andelle
      andelle répond à MorganeFDS
      • Posté à 09h12 le 30/09/2008

      Dans le film « être et avoir », j'ai trouvé que les réalisateurs étaient irrespectueux des personnes. Par exemple le père de famille, agriculteur,qui veut faire faire ses devoirs à son fils est totalement ridiculisé. On a voulu faire un film sur la poésie de la classe unique à la campagne, genre « Ah comme c'était bien ! “et on a soigneusement évité qu'aucun ordinateur n'entre dans le champ de la caméra. J'ai eu des échanges avec l'instituteur fort intéressants et qui me confirment dans mon impression que là dedans personne n'a été respecté. Même le petit Jojo dont on a fait un clown charmant.

  • Emma T.
    Emma T.
    Meilleurs Voeux et Autres (...)
    • Posté à 08h54 le 30/09/2008
    • Internaute
      Meilleurs Voeux et Autres (...)

    Une info parallèle pour ceux qui n'ont pas le cinéma : le aussi très bon « Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte » de Thierry Jonquet est en poche Points Seuil.

  • Marc Gelone
    Marc Gelone
    On rigole...On rigole...
    • Posté à 09h37 le 30/09/2008
    • Internaute
      On rigole...On rigole...

    Magnifique la photo...

    Et tellement vraie : o)

  • patrick du 14-
    • Posté à 09h38 le 30/09/2008

    pas vu , j'attendrais qu'il passe a la tv vautré au fond de mon canapé

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 10h44 le 30/09/2008
    • Internaute
      en boule

    Je n'ai toujours pas eu le temps de voir le film - je ne désespère pas, Palme d'Or aidant, il restera à l'affiche quelques semaines et ma baby-sitter finira par être disponible...
    Je suis un peu affligée, quoique pas surprise finalement, de la teneur d'une grande majorité de commentaires, qui considèrent que le film *devrait* refléter fidèlement la réalité, et *devrait* aussi se montrer à la hauteur de ce qu'on (le public, les politiques, les enseignants, et si ça se trouve ma tante) projette sur lui (même si ça ne semble pas correspondre à l'intention première de Cantet en tout cas, je ne sais pas pour Bégaudeau). En fait, tout le monde fait de la récupération sans le savoir, un peu comme Monsieur Jourdain faisait de la prose...
    Même s'il se base sur un vécu, un film reflète d'abord et surtout le point de vue du cinéaste et est une oeuvre personnelle. Qu'il s'agisse de fiction ou non est secondaire, il s'agit avant tout de subjectivité. Visionner les autres films de Cantet (je sais, je radote, ou je prosélytise) pourrait utilement remettre les choses en perspective, et montrer ce que ce film, comme les autres, doit aux thèmes sur lesquels il travaille depuis le début.
    Mais sans doute mes remarques ne font que montrer les limites du commentaire de film sur un site dédié, avant tout, à l'actualité.

  • actimem
    • Posté à 11h20 le 30/09/2008

    Avouons que la France a montré la meilleure mauvaise application de son modèle extraordinaire . Et pour apaiser les consciences, on sort de temps en temps des scoops plus ou moins maladroits. Seuls les petits esprit ou les esprits malsains donnent l'impression d'y croire.

  • A déménagé le 8-10
    • Posté à 11h39 le 30/09/2008

    Dave Feng dit de Bégaudeau : « il a quand même une grande qualité, c'est de s'être posé la question de la mission de son sacerdoce et du sens de cette mission dans un système démocratique. »

    Malheureusement et dans le seul domaine mais vital de la langue, il lui donne la plus mauvaise réponse possible. Car il accepte, voire encourage son appauvrissement (plus de grammaire étudiée méthodiquement, plus de travail sur les synonymes, dédain des « classiques », etc). Appauvrissement accéléré par la vogue des SMS, des « chats MSN », des skyblogs d'ados, pour beaucoup terrifiants terrains quasi-vides. Attention, les mômes ne sont pas les premiers responsables de cette décadence, victimes qu'ils sont de flatteurs calculateurs empressés de fabriquer des « cerveaux disponibles » privés d'une culture ouverte, diverse et complexe, et sur lesquels ils auront tout pouvoir. Un Bégaudeau peut bien prêcher pour une « simplification » de la langue, lui, la langue complexe, il l'a et l'utilise pour manipuler. Je reverrai toute ma vie ce père dans une réunion, car il a fondé ce qui m'a fait me battre pour les élèves. Un ouvrier, perdu au fond, qui trépignait car une Madame de Grand-Air au premier rang sortait des énormités en beau langage. Et moi, huit jours après, de le croiser, de lui demander pourquoi il ne l'avait pas bâchée alors que je connaissais ses idées, pertinentes : ah Monsieur, je ne savais pas comment le faire.

    PS1 Je n'irai pas voir ce film, pas par préjugé mais parce que je n'enseigne plus. Pas envie de revivre ce qui m'a fait souffrir à la fin : l'impuissance devant une catastrophe en marche.

    PS2 Marc Gelone trouve la photo magnifique. Parce qu'on voit Grand Sage Blanc montrer la voie à li brav » nèg un peu concons ?

    (Heu, les riverains, ça pas être vision à moi, hein. Ça être ironie pour Identitaire 1er)

  • Buggy
    • Posté à 13h13 le 30/09/2008
    • Internaute

    Vous me faites chier à vous esbaudir devant ce docu. fiction.
    Y'a 35 ans c'était déjà comme ça. J'étais un de ces mômes analphabêtes, entré en sixème sans savoi lire. Il y avait trois ou quatre nationalités, 30% ne savaient pas lire, 30% un peu et les autres avaient le niveau.
    Encore une fois on redécouvre l'eau tiède, et blablabla et patati et patata.

    Mieux on était dans un ville de province à 800 bornes du 93 et dans ma cité on y avait entassés les prolos, émigrés et vieux pauvres.

    C'est comme dans le film de Benguigui, j'ai vu des extraits. Un jeune mec râle, ses frangins galèrent pour touver du taf. Lui-même en droit prépare Science-po. Seulement le gus ne sait pas parler français, alors je veux bien qu'il l'a ramène mais faudrait arrêter de rêver. Il est né ici et ce traine un accent comme si il était né au bled, comment ça se fait ?
    Ah pardon c'est pas politiquement correct, alors n'en parlons pas et faite moi un procès, sauf que si le cafard que je suis est arabe ça va coincé.

    J'évalue à 25% les bacheliers d'aujourd'hui capables de comprendre les textes étudiés au lycée avant 68. Je ne veux pas faire mon Alain Finkielkraut mais il a un peu raison, c'est pas en lisant le menu de la pizzeria que je m'en suis sorti.

    Le bac pour tous c'est la grande illusion.

    Bug, Cafard résilient et véner des bobos bien pensants et des rebeus victimes.

  • Philippe Madelin
    • Posté à 13h26 le 30/09/2008

    Désolé, j'ai laissé passer quelques petites fautes…
    En bon riverain de rue89, j'ajoute une pierre à l'édifice, déjà publiée dans mon blog personnel.
    Eh bien je vois que le monde de l'éducation est toujours aussi fou. Comme hier trop de profs » craquent pour retourner dans l'univers ordinaire ou rejoindre une quelconque « maison de repos ». Aujourd'hui comme hier, les collégiens sont d'affreux chenapans, prêts à toutes les provocations pour pousser à bout leurs profs. Mais justement : il me semble me souvenir « dans mon temps » de ce que nous appelions des chahuts et des monômes au cours desquels étaient commis des excès incroyables. En classe et hors classe. Nous avons défoncé une cloison avec les pupitres, mis les profs » au panier à papier, saboté des années entières quand l'enseignant nous déplaisait. L'insolence était de règle et pratiquée avec ardeur. On se battait dans les murs et hors les murs, on poursuivait les enseignants dans la rue pour les terroriser. Dans la ville de province dont je fréquentais le lycée en Première, à quelques dizaines nous avons saccagé un hôtel pendant un monôme. D'ailleurs, ces « monômes » ont été interdits dès le début des années 1960. Et pas vraiment de différence entre le public et le privé.
    Je vois dans ce film quelques « nouveautés ». Il paraît que les collégiens d'aujourd'hui sont encore plus violents que naguère. Peut-être à l'image de la société. Il paraît qu'ils ne savent rien à l'issue de leurs études secondaires. Peut-être à l'image de notre société. Il paraît qu'ils détestent tant les études qu'ils préfèrent se réfugier dans le silence, dans le fond de la classe. Peut-être parce que le système d'enseignement n'est plus adapté.
    La plus grande différence entre le temps obscur que j'ai vécu et celui d'aujourd'hui tient en ceci : à l'époque les « classes pauvres » n'avaient pas le temps de troubler le bon ordre des classes, on dépassait rarement le niveau du Brevet de premier cycle, les gens d'en bas étaient systématiquement orientés vers ce que l'on appelait l'apprentissage, c'est-à-dire des emplois de bas étage, avec une vague obligation scolaire. Ceux d'en haut allaient chez les Jésuites, au lycée, au pire à l'Ecole des Roches. On n'aurait jamais suggéré qu'ils puissent devenir des hommes et des femmes de peu, et même des voyous.
    Je ne suis pas convaincu que les collégiens d'aujourd'hui soient vraiment pires. Dans leur grande majorité ils finissent leur cycle secondaire. Vouloir démontrer que le fait d'être black ou beur te condamne à l'expulsion du système relève du racisme pur et simple.
    Cantet et Bégaudeau ne sont pas racistes, ils sont au contraire pétris de bonnes intentions, ils veulent croire en l'école, malgré les dérapages. Mais après avoir bien regardé ce film subsiste un profond malaise. Ces collégiens sont-ils condamnés d'avance ?

  • Julos
    • Posté à 16h41 le 30/09/2008

    Il est bien peu question des élèves dans les commentaires. Ces élèves/comédiens sont des adolescents, ils sont sensés être en classe de 4e dans le film, âgés donc de 14/15 ans.
    Que nous disent les neurosciences sur le cerveau de ces jeunes gens ?
    Le Nouvels Obs a consacré un article à cette question. En voici les 1ères lignes ci-dessous, les plus curieux trouveront l'intégralité à cette adresse :

    Lien

    [« Un “ âge bête”, l'adolescence ? Quelle erreur ! La science établit aujourd'hui qu'à 12 ans les ados disposent d'un maximum de matière grise... Hélas, encore en friche ! L'adolescence, c'est la période clé où le capital de neurones disponibles s'organise et se spécialise. Et cela ne va pas sans turbulences... Sous la conduite du grand neurologue, Jay Giedd, Michel de Pracontal est parti à la découverte de ce continent si mal connu : la tête de nos enfants...“]...

  • dt_ytsejam_dt
    • Posté à 17h23 le 30/09/2008

    En ces temps de crises financières (pluriel intentionnel) qui réveillent, au moins sur ce site, les bonnes vieilles luttes des classes et illustrent de façon si criante le vertigineux accroissement des inégalités, je ne peux m'empêcher de me demander si nous ne devrions pas chercher dans ce qui semble être l'échec de notre système éducatif la ou les raisons de cette situation. Je ne peux empêcher de me dire que, à trop vouloir regarder les effets (inégalités) on en oublie les causes. Je ne peux empêcher de me dire que les pourfendeurs de ces mêmes inégalités proposent plus souvent de les résoudre in-fine par des systèmes de redistribution certes défendables mais non générateurs d'amélioration sur le long terme…Je ne peux m'empêcher de déplorer le manque de moyens donner par TOUS nos politiques au traitement à la racine de ce mal désormais endémique. Si je voulais résumer ma pensée, je dirais que sur une course, on veille à ce que les coureurs partent du même point, en même temps et parcours la même distance. On ne coupe pas une jambe, ni ne rajoute des poids à ceux supposés meilleurs que les autres. L'illustration vaut ce qu'elle vaut mais ne devrait-il pas en être de même dans la société ? Ne devrait-on pas plutôt veiller à garantir l'égalité des chances que l'égalité tout court ? Et dès lors, l'égalité des chances ne passe t'elle pas par garantir un égal accès au savoir et à l'éducation ? L'Ecole de la République me semble bâtit sur ce principe en tout cas. Bien sur, l'on m'objectera que pour beaucoup le mal est fait et bien sur il continuer à essayer d'aider ceux qui sont dans cette situation. Mais, la notion d'Etat Providence (que je ne critique pas) ne sert-elle pas trop souvent d'alibi pour ne pas mettre en œuvre des réformes plus profondes visant justement à permettre cette égalité des chances ? J'avoue humblement ne pas avoir de réponse à cela. Je me demande simplement ce qui pourrait être fait pour que les inégalités qui existent actuellement ne soient pas systématiquement reproduites de parents en enfants et en petits-enfants…Cela passe par l'éducation à n'en point douter mais sous quelles formes ?

  • harnayd
    harnayd
    artiste
    • Posté à 09h31 le 01/10/2008
    • Internaute
      artiste

    Reflechissez a la responsabilite qu'est de faire des gosses dans notre societe gangrenee... si vous avez des problemes avec vos gosses, assumez... l'education d'un enfant ne se fait pas a l'ecole mais a la maison, c'est a chaque parent de faire un gros travail... les ecoles et le systeme educatif ne sont qu'une grosse machine conformiste qui permet l'endoctrinement des futurs citoyens d'une societe, l'ecole est la machine qui forme nos futurs travailleurs, esclaves d'un etat capitaliste... faire un gosse, c'est une putain de responsabilite... envoyer vos momes a l'ecole ? mais vous les envoyer au casse pipe : ecole - universite - travail - retraite - cimetierre... la vie est belle, ouais... j'ai 30 ans, je gagne a peine le smic, je contriube a ma societe, mais je ne l'aime point, l'espece humaine qui ne pense qu » son petit profit egoiste me debecte et pourtant j'aime profondement mon voisin, chaque nouvelle rencontre est un echange createur... alors ce film est un bon divertissement, un miroir forcement fausse de notre societe, j'ai deja travaille avec ces gosses, ce sont des victimes a la fois du systeme mais surtout les victimes des parents qui les ont engendres... je ne veux pas de gosse, la nature humaine m'effraie parfois... je ne pense pas etre egoiste dans cette decision, mais j'aimerais comme
    tout le monde voir grandir ma progeniture... peut-etre faut-il penser au present, a profiter du temps qui nous est imparti sur cette planete, a faire le bien sans etre trop egoiste, et ne pas penser a faire fructifier ses genes... l'espece humaine s'eteindra un beau jour comme tout le reste, si elle ne fini pas par se suicider... ce film est le temoignage maladroit d'une humanite qui n'a pas su vivre ensemble avec intelligence et qui fait forcement souffrir les siens... l'humanite est encore une grande adolescente, alors esperons qu'elle se donnere les moyens de murir sur une voie meilleure, oui, esperons-le...