Le concept : un coup de main à un agriculteur bio contre le gîte et le couvert. Gros plan sur une nouvelle façon de voyager.
C'est une petite ferme isolée, perdue parmi de grandes étendues vertes, à une trentaine de kilomètres de Nancy (Meurthe-et-Moselle). A la tête de cette exploitation de deux hectares, un couple d'agriculteurs bio, qui a préféré garder l'anonymat.
Depuis sept ans, ils sont membres du réseau international Wwoof (Worldwide opportunities on organic farms ou Willing workers on organic farms, en français « aides bénévoles dans des fermes biologiques », ndlr), qui leur permet d'accueillir des voyageurs venant de tous les horizons. Contre quelques heures de travail (entre quatre et six par jour), les Wwoofeurs sont nourris et logés. Le but : un échange culturel qui permet de partager des connaissances sur l'agriculture saine, tout en voyageant autrement.
De l'entraide et non une besogne
Véronique, 30 ans, brune pétillante aux yeux bleus, vient d'arriver dans la ferme lorraine. Originaire des Pays de la Loire, cette traductrice en langue des signes s'est offert une année sabbatique :
« J'en ai eu ras-le-bol, j'ai eu envie de me rapprocher de mes idées écolos. »
La jeune femme s'est d'abord arrêtée à Pierry (Marne), où elle a « wwoofé » pour la première fois. « C'était génial. J'ai rencontré des gens très intéressants et appris beaucoup de choses sur le travail à la ferme », s'enthousiasme t-elle.
Puis Véronique a enfourché son vélo pour venir jusqu'ici en Loraine, où elle doit rester quinze jours. Comme tout « wwoofeur », libre à elle de partir quand elle le désire. Lors de sa première matinée, l'agricultrice en herbe prend ses repères, visite les lieux. Rapidement, elle devra prendre part aux tâches quotidiennes : nourrir les bêtes, réparer les clôtures, aller dans les champs, etc. C'est peut-être un premier pas vers une reconversion professionnelle :
« J'attends de voir comment ça se passe, mais pourquoi pas se lancer dans le maraîchage. »
Mais attention, il s'agit d'une entraide, et non d'une besogne. Interdiction de forcer ces touristes atypiques à pratiquer telle ou telle activité. Le wwoofeur est invité à discuter avec son hôte des conditions de séjour, en fonction de ses compétences et de ses capacités physiques.
Mouvement populaire dans quarante pays en réseau
Depuis 2001, l'hôte de Véronique a vu défiler des dizaines de wwoofeurs. Elle peut raconter des anecdotes sur chacun d'entre eux. Dans le lot, beaucoup de coups de cœur et quelques déceptions. Il a même fallu en mettre à la porte. Comme ce « bellâtre californien d'une cinquantaine d'années qui passait son temps à draguer les filles, sortir faire la fête et boire de l'alcool », se souvient l'agricultrice. Aujourd'hui, elle prend garde à sélectionner ses invités, « en fonction du premier contact », par mail ou par téléphone.
L'exploitation de Sylvie fait partie des 350 fermes biologiques membres de l'association de loi 1901 Wwoof France. Chaque pays adhérent a sa propre association, chargée de mettre en lien hôtes et woofeurs, moyennant une cotisation annuelle (de 15 à 25€ pour une personne, suivant les formules). Au total, une quarantaine de pays font partie du réseau.
Ce mouvement populaire ne cesse de se développer. Né dans les années 70 en Angleterre, il doit son origine à Suzanne Coppard, une citadine en quête de campagne. Plus développé dans les pays anglo-saxons (l'Australie compte 10 000 hôtes et 20 000 wwoofeurs selon les données de Wwoof France), le concept est arrivé en France il y a une dizaine d'années. Environ 4 000 wwoofeurs auraient déjà foulé le sol français, qu'ils soient étrangers ou habitants du pays.
Risque d'exploitation
La plupart des personnes qui ont tenté l'expérience n'ont qu'une seule envie : repartir. Sauf lorsque le supposé coup de main se transforme en exploitation, quand certains hôtes profitent d'une main d'œuvre quasi-gratuite. Max, 25 ans, en a fait les frais. Il est parti en Nouvelle-Zélande avec un ami, pour travailler et voir du pays. Sur place, les deux jeunes hommes entendent parler du wwoofing, et débarquent dans une ferme :
« Au début on travaillait dix à douze heures par jour. On ne comptait pas nos heures, l'environnement était superbe, le travail avec les bêtes assez agréable. Puis on s'est rendus compte que l'on avait pas le retour attendu, les propriétaires n'étaient même pas sur place, ils ne nous ont rien transmis. Nous devions monter à cheval, au lieu de ça, nous avons construit un abri. Puis on a pris nos aises, et on ne travaillait que quatre heures par jour. Ensuite, on a fini par partir. »
Pour Max, le wwoofing, c'est fini, même s'il avoue qu'en théorie « le principe est génial ».
Pas de statut légal en France
Les associations wwoof n'ont ni le temps ni les moyens d'aller contrôler chaque ferme, d'où certains débordements. Ils incitent les wwoofeurs à leur faire part des éventuels problèmes, afin de prendre les mesures nécessaires.
Le wwoofing se retrouve confronté à un autre problème. Il n'a pas de statut légal en France. Ce n'est pas considéré comme du bénévolat ni comme du volontariat associatif puisqu'il y a une rémunération en nature. Quant à l'entraide, elle n'est pas reconnue dans le secteur agricole, excepté entre agriculteurs.
Le wwoofing peut-il être considéré comme du travail illégal ? La MSA (Mutualité sociale agricole) annonce que « s'il (le wwoofeur, ndlr) effectue une prestation de travail sous la subordination juridique de l'employeur et moyennant une rémunération (y compris sous formes d'avantages en nature), la personne doit être considérée comme salariée et donc être déclarée à la MSA en tant que telle ».
En attendant une éventuelle proposition de loi, Wwoof France va être obligé de ruser et de reformuler le contenu du site. « Nous n'avons pas d'autres choix », soupire un des responsables de l'association. Cela passe, par exemple, par enlever le type de logement ou de nourriture, habituellement précisé dans le descriptif des hôtes. Le tout est de ne pas expliquer clairement que c'est un échange de services.
Dans d'autres pays, il n'y a pas de loi à proprement parler, mais c'est largement toléré. Comme en Australie, où l'on peut renouveler son « working holiday visa » avec comme motif le wwoofing.
Une nouvelle forme de tourisme ?
Tout comme le couch surfing, le wwoofing est un moyen de voyager à moindre coût et de faciliter les rencontres. Ce tourisme alternatif va-t-il encore se développer ? Jean Viard, directeur de recherches à Sciences-Po Paris, a notamment travaillé sur la campagne et le tourisme :


























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De kawouede
21H34 | 24/09/2008 |
En tout cas ça vaut mieux que de séjourner chez un dictateur libyen ou syrien ou chinois en échange d'un réacteur EPR.
De som
21H49 | 24/09/2008 |
Bonne idée de présenter le wwoofing.
Quelques points négatifs sur la forme qui gênent quand même :
- cet article arrive fin septembre…un peu trop tard pour les vacances d'été non ? mauvais timing…
- l'article est premier de la page d'accueil alors qu'il est un article d'information et non pas d'actualité. Je ne dis pas qu'il n'a pas sa place sur Rue89 mais sans doute serait-il mieux juste dans sa rubrique (société).
à som
De lesuperdidou
Saltimbanque | 08H05 | 25/09/2008 |
Et pour ceux qui peuvent prendre de vacances et qui bossent chez le producteur bio,on continue à les payer ?
à lesuperdidou
De lesuperdidou
Saltimbanque | 08H27 | 25/09/2008 |
Rectif : il faut lire : « Et pour ceux qui NE peuvent PAS prendre de vacances… »
Méa coulpa.
De Adibou
21H51 | 24/09/2008 |
J'crois que je vais profiter de mes congés payés de l'Educ Nat pour aller wwoofer quelque part cet été ! !
Excellent idée, j'adore.
à Adibou
De lesuperdidou
Saltimbanque | 08H10 | 25/09/2008 |
ça vous arrive de vous relire et de prendre du recul ?
De PMPfromWDE
23H01 | 24/09/2008 |
woof woof ! Petite utopie du jour…
Les mains dans la terre, à désherber, semer, planter, récolter, préparer le fumier avec le compost (fruits/légumes/résidus de toilettes sêches) des citadins, épandre, arracher, ratisser, voir les plantes pousser, aller se baigner tout nu dans la rivière d'à coté quand on a trop chaud sous la serre, regarder les dindes, les cochons, les pintades, les chiots, les chatons, les enfants de familles recomposées (1 ado franco-australien, 3 italo-cévennolles…), manger des tomates cueillies dans l'heure, faire la sieste sous la tonnelle ou dans le hamac, repartir de plus belle au travail, bien rire avec les fermiers qui se chamaillent (un normand et un italienne, ça fait deux têtes de mule) et quand la journée se termine, s'endormir du sommeil du juste, les reins un peu usés mais le bonheur en plein coeur !
petite charte du vrai woofeur écolo-bio :
pas d'avion pour sauver la planète
covoiturage ou transport en commun pour aller à la ferme
participer à toutes les tâches sinon ça devient un stage gratuit qui coûte à l'employeur (en temps d'accueil, déjà que c'est pas les plus riches des indé le paysan)
choisir une ferme bio-végétarienne raisonnée durable qui limite ses achats lointains et fonctionne du mieux qu'elle peut en autarcie/autonomie alimentaire, énergétique, en eau… Pourquoi pas une AMAP en plus ?
Pour vous sortir de l'écran (oui je sais il est pas bio ni sa conso de tout), rien de mieux.
On peut woofer près de chez soi, une fois par ci par là toute l'année, du coup t'apprends mieux les saisons le rythme du maraichage.
On peut réinventer l'échange local.
On peut arrêter de courir, de compter, d'entasser, de consommer n'importe quoi…
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 22H34 | 24/09/2008 |
On pourrait pas se passer de vocables comme « wwoofing », surtout en français ?
Le mot « woof » veut dire quelque chose en anglais (trame d'un textile), mais si le deuxième « w » peut à la rigueur donner l'impression d'un changement de sens en anglais, en français, ça ne donne que l'onomatopée correspondant à l'aboiement d'un chien anglo-saxon !
Sans y avoir réfléchi plus de 30 secondes, je proposerai « tourifermaide » à la place de wwoofer ! C'est un peu long, mais phonétiquement plus savoureux, je trouve !
à Jaycib
De lesuperdidou
Saltimbanque | 08H11 | 25/09/2008 |
On pourrait se passer de wwoofing tout simplement !
De Teberli
Enseignant | 22H44 | 24/09/2008 |
Nicolas nous racontera sûrement son Wwoofing chez Georges et ses amis de la ferme à dollars. Travailler plus pour voyager plus.
De nemo3637
Déchoukeur | 23H10 | 24/09/2008 |
Je signale le réseau de Coopéquita avec lequel on peut voyager et séjourner. L'été passé j'ai aidé à la vente et à la confection des cornets de frites de la CNT, dans une foire artisanale dans le Lot-et-Garonne.Paysage magnifique. Petite bouteille de vin bio sympa acheté à un producteur local. Dégustation. Chants révolutionnaires. On s'est bien amusé.Et puis j'ai continué mon périple pour me retrouver dans les Pyrénées-Orientales. J'arrête là parce que ça n'intéresse pas tout le monde…
à nemo3637
De DBL8
Retraité | 06H27 | 25/09/2008 |
De la part de la CNT et la FA, ce n'est pas nouveau en effet.
Idéologiquement opposé, il y avait aussi autrefois les séminaires qui accueillaient (gratuitement ou presque) les fidèles qui voyageaient.
à nemo3637
De lesuperdidou
Saltimbanque | 07H37 | 25/09/2008 |
Youkaîdi,youkaîda !
et si t'avais pas été là un chomeur aurait pu bosser et être payé.Mais je comprends : les vacances c'est sacré !
De Charles Mouloud
Bras gauche de la Vénus de Millau | 23H12 | 24/09/2008 |
M'ouais !
Si pour se taper une cuisse, faut se farcir le dindon de la vieille fermière ! Non merci !
à Charles Mouloud
De nemo3637
Déchoukeur | 23H42 | 24/09/2008 |
Ah il faut que chacun y mette un peu du sien, bien sûr.
De Alex Engwete
Consultant | 23H52 | 24/09/2008 |
De fatalyst
00H25 | 25/09/2008 |
Mais c'est du grand n'importe quoi ! ! ! Le « tu travailles à la ferme et je te donne le gite et le couvert » existe depuis des années en France mais sous d'autre nom… Il n'y a que les Parisiens pour « wwoofer » comme ça ; -)
Tiens, un exemple d'actualité, les vendanges : Combien de gens (Espagnol, Portugais….) sont venus dans le Médoc pour faire les vendanges… (j'ai passé mes weekend et mes vacances( + de 15 ans) à coté de Lesparre ; Bégadan pour ne pas le nommer et la coopérative fait du bon vin en plus…) Et ils étaient heureux d'avoir le gite et le couvert déduit de leur indemnité….( et je vous dit pas les soirées avec les nanas…. c'était GÉNIAL ! ! ! )
J'ai l'impression que là haut (à Paris) vous découvrez l'écologie ces dernières années, non ? ? ? (pas tous heureusement).
Mais rassurez-vous, nous, les bouseux provinciaux, ont sait ce tenir, ont ne pètent que dehors, pour reprendre Louis de Funes et « la soupe aux choux ».
C'est ni plus ni moins du troc pour un trip pour moi voilà.
Savoir traire une vache ou donner à manger aux cochons suggère de l'humilité et de la détente.
Humer le fumier le matin après un gros bol de chocolat et des tartines grosses comme ça ! ! ! où l'on met trois tonnes de beurres et de la confitures de prunes ou de figues et de coings…
Nous Allions aider « Jeannot » à nourrir les poules et les canards et plus tard dans la journée dans les « trous d'abreuvoirs » des vaches, nous récupèrerions, mon frère et moi des anguilles que l'ont exhibées, comme des trophées à nos différentes voisines hurlant de terreur…
Et que dire des familles Allemandes, Anglaise entre autres… Elles venaient chaque années, de fin juin à fin septembre, pour « vivre la nature » (c'est l'expression qui me reste d'une famille anglaise) ; et ils participaient à la vie du village corps et âmes si je puis dire… Pour moi le WWoofing n'est que le nom d'une pratique déjà coutumière en France mais si elle peut (ou doit) se développer et s'accroitre, tant mieux ! ! !
bien à vous : -)
à fatalyst
De Jeece
Suicidé | 01H19 | 25/09/2008 |
Ouais. Y'a quand même une grande différence entre apprendre la travaille à la ferme et se casser le dos aux vendanges. Ceci dit, j'ai adoré les vendanges plusieurs fois. Il doit y aussi y avoir une grande différence entre les rapports avec des exploitants de fermes bio et les rapports avec des exploitants vinicoles du beaujolais. Mais les cons sont partouts et c'est sûr ils sont plus concentrés en ville.
Ah mais je me souviens maintenant. J'ai vécu un paquet d'années en Auvergne. J'ai fait du Woofing pour quelques voisins. Ben je me souviens pas si le lait était gratuit en retour. Faudra que je demande à mes parents. Par contre le fromage dégueulasse, lui, il l'était : )
à fatalyst
De Adibou
05H29 | 25/09/2008 |
Bon je le prends pour moi : )
Mais j'habite au fin fond de la Seine et Marne, perdu entre les champs, les étangs et les bois.
Quelques fermes éparses se disputent l'espace avec quelques maisons individuelles pas plus nombreuses.
Je suis une dualité ambulante, mi-bouseux mi-citadin, et oui je connaissais ces pratiques (j'ai fait les vendanges, mon grand-père les fait aussi en échange de la possibilité de pouvoir chasser sur les terres du vigneron (ok la chasse c'est mal)) mais quand elles permettent de le faire dans des fermes bio c'est extra.
Surtout que là, c'est quelque chose d'organisé et qui va beaucoup plus loin que la simple démarche individuelle. Il s'agit ni plus ni moins que d'un alter-tourisme ou d'une alter-économie, en marge d'un monde de fou qu'on nous impose et dans lequel on vit.
Tant qu'à faire, autant aller « wwoofer » avec des personnes qui partagent cet vision et pas dans une ferme industrielle…
à Adibou
De lesuperdidou
Saltimbanque | 08H31 | 25/09/2008 |
ça c'est un révolutionnaire qui fait trembler la société ! on est sauvé !
à lesuperdidou
De Adibou
12H19 | 25/09/2008 |
Et toi, tu fais quoi pour changer le monde, monsieur le donneur de leçons ?
Marre des révolutionnaires de canapé…
à Adibou
De lesuperdidou
Saltimbanque | 12H27 | 25/09/2008 |
J'attends pas les vacances pour avoir un comportement citoyen.
à lesuperdidou
De Adibou
15H57 | 25/09/2008 |
Bah on est 2. J'vais pas te faire l'historique de mon passé militant parce qu'on est pas là pour ça.
Mais arrête de juger sans connaître s'il te plaît.
Juste pour info quand même : j'ai 23 ans et 7 ans de militantisme associatif, syndical et politique derrière moi.
Eh oui, je veux changer le monde, même quand je pars en vacances.
à Adibou
De lesuperdidou
Saltimbanque | 16H16 | 25/09/2008 |
Sans même qu'il soit question d'argent mais tout simplement de troc de service pourquoi ces généreux producteurs bio n'accueilleraient-ils pas chez eux tous les SDF et tous les Crêve-la-Faim avant d'accueiilir ceux qui peuvent prendre des vacances ?
à lesuperdidou
De Adibou
18H35 | 25/09/2008 |
J'te rejoins sur ce point, j'ai eu la même pensée tout à l'heure.
Mais cela serait sans doute contraire au droit du travail… Ce qui met un frein certain à beaucoup d'initiatives.
à Adibou
De nemo3637
Déchoukeur | 18H40 | 25/09/2008 |
Faux. On y accueille les SDF. Et depuis longtemps. On les garde à condition qu'ils bossent un minimum.
à nemo3637
De lesuperdidou
Saltimbanque | 18H50 | 25/09/2008 |
c'est vrai : dans les fermes, les chiens qui ne travaillent pas (gardiennage,chasse,etc…) on leur fout un coup de fusil.
à fatalyst
De PMPfromWDE
08H42 | 25/09/2008 |
perso si c'est à moi entre autres que cette missive bien caricaturale s'adresse…
Je suis pas parisien, je suis mi-normand mi-chaoui par le sang (ça se voit pas), j'ai jamais vécu à Paris, même si j'y bosse de temps en temps. Dans ma famille de chaque coté, il y a encore actif des agriculteurs, des arboriculteurs…
Petit, j'allais le jeudi puis le mercredi, pendant que ma maman travaillait chez un maraicher (sans engrais, à la terre chauffée à la vapeur s'il vous plait) qui avait un fils de mon age et quand la grande distrib commandait des endives, des poireaux, il fallait tous s'y coller à les nettoyer…
Vers l'adolescence, j'ai fait les moissons pour mon cousin et lui ai aussi enlevé les silex des champs du fin fond du Perche…
J'ai fait quand j'étais jeune (même si je le suis encore), les vendanges « avec les filles“(hum, nous y reviendrons) le vin, le gîte, le couvert.
Tiens la semaine prochaine après avoir bien travaillé, je vais dans le Maconnais faire tranquillement les vendanges pendant mon jeûne (sic) chez un ami de la famille, qui fait du vin ‘naturel’ pour pas dire bio, qui n'a rien à voir avec les vins stéréotypés ou les casse-tête archi-sur-sulfatés qu'on nous vend maintenant.
Depuis bientôt 20 ans je vis certes en ville dans le sud, et j'ai évolué.
D'abord, mon besoin de vivre au plus près de la nature me fait marcher et être à la campagne/montagne le plus souvent possible.
Ensuite, je suis en totale rupture avec les concepts sociaux didactiques actuels : être fonctionnaire, chef d'entreprise, indépendant, actionnaire, bref gagner le plus possible par n'importe quel moyen, et mourir d'enfermement, démotivation, surmenage (pas tous bien-sûr) ou subir la pollution, le stress, ou bien alors être libre mais précaire, donc souvent sans le sou, et subir malgré soi l'attaque, l'emprisonnement de la pub, des magasins qui étalent leurs marchandises inutiles, venues de nulle part et fabriquées pas des enfants là-bas et la frustration qui peut découler malgré soi (re) de ces assauts.
Mais quel monde inutile ! Quel illusion ! Quoi nous en France, on en est encore à l'illusion consumériste ?
Mais quelle misère ! Quels arriérés nous sommes à se mesurer (quelle autre utilité ? ) à la taille de son 4X4, de son fusil de chasse, de sa méchanceté, de son écran plasma, de son mac air/Iphone/Ipod même, j'en passe et des pires (les femmes comme marchandises, objets de jouissance (sous texte aux vendanges chez certains) et pas vraiment des sujets/égales) ! En allant droit dans le mur : plus de saison, plus d'ozone, plus de glaciers sur les montagnes, plus d'iles et de rivages, plus de pétrole. Avec en prime, une bonne guerre avec l'Iran pour écouler les stocks (un mauvais pari ? ), relancer le marché, et une toute petite évacuation de population à Tricastin parce ‘non la centrale nucléaire a pas grand chose on vous dit mais on est des gens sérieux, on va faire comme si vous pourriez être en danger depuis plusieurs semaines que le premier incident’ a eu lieu et vous bouger de là juste le temps de vérifier que non c'est vraiment pas sérieux” ? Ah c'est sûr les Coteaux du Tricastin vont pas être cher sur le marché cette année !
Je m'égare certes !
S'élever un peu du raz des pâquerettes pour regarder devant soi et autour de soi, l'impact de ses actes, de son mode de consommation, de la manière dont on est citoyen du monde. Si on a des enfants ou qu'on les aime, penser à ce qu'on leur refile comme bombe avec cette planète à cette vitesse direction le mur ! Mais garder les pieds sur terre, les mains dans la terre autant que possible aussi, oui.
Voilà je travaille presque quand je veux (un peu trop encore), du coup je vais à la ferme quand je peux. Et c'est une AMAP : c'est à dire que les “clients” ont choisi de garantir au paysan et la jolie femme qui l'accompagne (oui il y a des magnifiques fermières/crémières de 20 à au moins 50 ans, monsieur du vieux dindon ! ) un revenu (avancé même par les “clients”, tous les six mois) garanti quelque soit le résultat du travail du fermier et donc le contenu du panier. Si c'est pas le monde à l'envers, ça. Parce que pour que le monde change, ben, faut tous s'y mettre. Pas seulement le paysan seul à risquer son choix pour nous.
Et puis, on oppose toujours le fait que consommer local/bio c'est plus cher. Mais si on met dans le prix qu'on paye, les impots et les taxes qui servent à subventionner l'agriculture intensive ou à tenter illusoirement de réparer les dégats occasionnés par toutes les activités humaines ne gérant pas ou n'ayant pas réduit leur impact écologique, sans compter les banques, les entreprises qui se font subventionner “pour sauver la face de l'état face au délocalisation ou autres” et les spéculateurs qui rachètent les dettes de nos sécus (qui est aussi le fait d'un mode de vie qui ne nous donne pas la santé et se traduit aussi en frais médicaux) ou états pour nous faire rembourser non plus les vraies dettes mais leurs dividendes en plus et surtout aussi… Ouf !
Et bien tout ça fait un sacré prix du panier qui ne tient en plus pas compte de la valeur réelle du travail produit par celui qui a produit concrètement, parce que lui subit la loi des fluctuations du marché soit disant libre et se retrouve avec un coût de production supérieur au prix de vente !
Allez, grrrrrr, je vais bosser !
à fatalyst
De BobLaMouche
subversion + construction = substru... | 21H55 | 25/09/2008 |
Tu sembles oublier que 3/4 de la population française est urbaine, et que la plupart des ruraux restant ne sont pas des paysans mais travaillent en ville, ne faisant plus qu'habiter des « campagnes dortoires ». La population agricole est en chute libre, les « exploitations » deviennent de plus en plus grandes, mécanisée et désertes. La population des « bouseux provinciaux » dont tu parles se réduit comme une peau de chagrin, c'est un fait. Et encore, ceux qui restent, saisonniers, ouvriers ou entrepreneurs agricoles, peinent souvent à joindre les deux bouts, victimes de l'exploitation directe (employeur) ou indirecte (lois et situation du marché). Il ne faut pas oublier qu'il y a énormément de souffrance dans le monde agricole moderne.
Il n'y a donc rien d'inutile à décrire, mettre un nom sur, promouvoir et critiquer ce genre de pratique, qui reste bien marginale face à l'emploi de la vie de la majorité de l'immense majorité des gens.
De Jeece
Suicidé | 01H07 | 25/09/2008 |
Alors ça c'est dingue ! Je pensais à ce genre d'action il y a quelques jours sans connaître ces réseaux. Mais c'est très bien. Merci Améliat.