Le concept : un coup de main à un agriculteur bio contre le gîte et le couvert. Gros plan sur une nouvelle façon de voyager.
C'est une petite ferme isolée, perdue parmi de grandes étendues vertes, à une trentaine de kilomètres de Nancy (Meurthe-et-Moselle). A la tête de cette exploitation de deux hectares, un couple d'agriculteurs bio, qui a préféré garder l'anonymat.
Depuis sept ans, ils sont membres du réseau international Wwoof (Worldwide opportunities on organic farms ou Willing workers on organic farms, en français « aides bénévoles dans des fermes biologiques », ndlr), qui leur permet d'accueillir des voyageurs venant de tous les horizons. Contre quelques heures de travail (entre quatre et six par jour), les Wwoofeurs sont nourris et logés. Le but : un échange culturel qui permet de partager des connaissances sur l'agriculture saine, tout en voyageant autrement.
De l'entraide et non une besogne
Véronique, 30 ans, brune pétillante aux yeux bleus, vient d'arriver dans la ferme lorraine. Originaire des Pays de la Loire, cette traductrice en langue des signes s'est offert une année sabbatique :
« J'en ai eu ras-le-bol, j'ai eu envie de me rapprocher de mes idées écolos. »
La jeune femme s'est d'abord arrêtée à Pierry (Marne), où elle a « wwoofé » pour la première fois. « C'était génial. J'ai rencontré des gens très intéressants et appris beaucoup de choses sur le travail à la ferme », s'enthousiasme t-elle.
Puis Véronique a enfourché son vélo pour venir jusqu'ici en Loraine, où elle doit rester quinze jours. Comme tout « wwoofeur », libre à elle de partir quand elle le désire. Lors de sa première matinée, l'agricultrice en herbe prend ses repères, visite les lieux. Rapidement, elle devra prendre part aux tâches quotidiennes : nourrir les bêtes, réparer les clôtures, aller dans les champs, etc. C'est peut-être un premier pas vers une reconversion professionnelle :
« J'attends de voir comment ça se passe, mais pourquoi pas se lancer dans le maraîchage. »
Mais attention, il s'agit d'une entraide, et non d'une besogne. Interdiction de forcer ces touristes atypiques à pratiquer telle ou telle activité. Le wwoofeur est invité à discuter avec son hôte des conditions de séjour, en fonction de ses compétences et de ses capacités physiques.
Mouvement populaire dans quarante pays en réseau
Depuis 2001, l'hôte de Véronique a vu défiler des dizaines de wwoofeurs. Elle peut raconter des anecdotes sur chacun d'entre eux. Dans le lot, beaucoup de coups de cœur et quelques déceptions. Il a même fallu en mettre à la porte. Comme ce « bellâtre californien d'une cinquantaine d'années qui passait son temps à draguer les filles, sortir faire la fête et boire de l'alcool », se souvient l'agricultrice. Aujourd'hui, elle prend garde à sélectionner ses invités, « en fonction du premier contact », par mail ou par téléphone.
L'exploitation de Sylvie fait partie des 350 fermes biologiques membres de l'association de loi 1901 Wwoof France. Chaque pays adhérent a sa propre association, chargée de mettre en lien hôtes et woofeurs, moyennant une cotisation annuelle (de 15 à 25€ pour une personne, suivant les formules). Au total, une quarantaine de pays font partie du réseau.
Ce mouvement populaire ne cesse de se développer. Né dans les années 70 en Angleterre, il doit son origine à Suzanne Coppard, une citadine en quête de campagne. Plus développé dans les pays anglo-saxons (l'Australie compte 10 000 hôtes et 20 000 wwoofeurs selon les données de Wwoof France), le concept est arrivé en France il y a une dizaine d'années. Environ 4 000 wwoofeurs auraient déjà foulé le sol français, qu'ils soient étrangers ou habitants du pays.
Risque d'exploitation
La plupart des personnes qui ont tenté l'expérience n'ont qu'une seule envie : repartir. Sauf lorsque le supposé coup de main se transforme en exploitation, quand certains hôtes profitent d'une main d'œuvre quasi-gratuite. Max, 25 ans, en a fait les frais. Il est parti en Nouvelle-Zélande avec un ami, pour travailler et voir du pays. Sur place, les deux jeunes hommes entendent parler du wwoofing, et débarquent dans une ferme :
« Au début on travaillait dix à douze heures par jour. On ne comptait pas nos heures, l'environnement était superbe, le travail avec les bêtes assez agréable. Puis on s'est rendus compte que l'on avait pas le retour attendu, les propriétaires n'étaient même pas sur place, ils ne nous ont rien transmis. Nous devions monter à cheval, au lieu de ça, nous avons construit un abri. Puis on a pris nos aises, et on ne travaillait que quatre heures par jour. Ensuite, on a fini par partir. »
Pour Max, le wwoofing, c'est fini, même s'il avoue qu'en théorie « le principe est génial ».
Pas de statut légal en France
Les associations wwoof n'ont ni le temps ni les moyens d'aller contrôler chaque ferme, d'où certains débordements. Ils incitent les wwoofeurs à leur faire part des éventuels problèmes, afin de prendre les mesures nécessaires.
Le wwoofing se retrouve confronté à un autre problème. Il n'a pas de statut légal en France. Ce n'est pas considéré comme du bénévolat ni comme du volontariat associatif puisqu'il y a une rémunération en nature. Quant à l'entraide, elle n'est pas reconnue dans le secteur agricole, excepté entre agriculteurs.
Le wwoofing peut-il être considéré comme du travail illégal ? La MSA (Mutualité sociale agricole) annonce que « s'il (le wwoofeur, ndlr) effectue une prestation de travail sous la subordination juridique de l'employeur et moyennant une rémunération (y compris sous formes d'avantages en nature), la personne doit être considérée comme salariée et donc être déclarée à la MSA en tant que telle ».
En attendant une éventuelle proposition de loi, Wwoof France va être obligé de ruser et de reformuler le contenu du site. « Nous n'avons pas d'autres choix », soupire un des responsables de l'association. Cela passe, par exemple, par enlever le type de logement ou de nourriture, habituellement précisé dans le descriptif des hôtes. Le tout est de ne pas expliquer clairement que c'est un échange de services.
Dans d'autres pays, il n'y a pas de loi à proprement parler, mais c'est largement toléré. Comme en Australie, où l'on peut renouveler son « working holiday visa » avec comme motif le wwoofing.
Une nouvelle forme de tourisme ?
Tout comme le couch surfing, le wwoofing est un moyen de voyager à moindre coût et de faciliter les rencontres. Ce tourisme alternatif va-t-il encore se développer ? Jean Viard, directeur de recherches à Sciences-Po Paris, a notamment travaillé sur la campagne et le tourisme :




















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De PMPfromWDE
23H01 | 24/09/2008 |
woof woof ! Petite utopie du jour…
Les mains dans la terre, à désherber, semer, planter, récolter, préparer le fumier avec le compost (fruits/légumes/résidus de toilettes sêches) des citadins, épandre, arracher, ratisser, voir les plantes pousser, aller se baigner tout nu dans la rivière d'à coté quand on a trop chaud sous la serre, regarder les dindes, les cochons, les pintades, les chiots, les chatons, les enfants de familles recomposées (1 ado franco-australien, 3 italo-cévennolles…), manger des tomates cueillies dans l'heure, faire la sieste sous la tonnelle ou dans le hamac, repartir de plus belle au travail, bien rire avec les fermiers qui se chamaillent (un normand et un italienne, ça fait deux têtes de mule) et quand la journée se termine, s'endormir du sommeil du juste, les reins un peu usés mais le bonheur en plein coeur !
petite charte du vrai woofeur écolo-bio :
pas d'avion pour sauver la planète
covoiturage ou transport en commun pour aller à la ferme
participer à toutes les tâches sinon ça devient un stage gratuit qui coûte à l'employeur (en temps d'accueil, déjà que c'est pas les plus riches des indé le paysan)
choisir une ferme bio-végétarienne raisonnée durable qui limite ses achats lointains et fonctionne du mieux qu'elle peut en autarcie/autonomie alimentaire, énergétique, en eau… Pourquoi pas une AMAP en plus ?
Pour vous sortir de l'écran (oui je sais il est pas bio ni sa conso de tout), rien de mieux.
On peut woofer près de chez soi, une fois par ci par là toute l'année, du coup t'apprends mieux les saisons le rythme du maraichage.
On peut réinventer l'échange local.
On peut arrêter de courir, de compter, d'entasser, de consommer n'importe quoi…
De Jaycib
Désagrégé de l'Université | 22H34 | 24/09/2008 |
On pourrait pas se passer de vocables comme « wwoofing », surtout en français ?
Le mot « woof » veut dire quelque chose en anglais (trame d'un textile), mais si le deuxième « w » peut à la rigueur donner l'impression d'un changement de sens en anglais, en français, ça ne donne que l'onomatopée correspondant à l'aboiement d'un chien anglo-saxon !
Sans y avoir réfléchi plus de 30 secondes, je proposerai « tourifermaide » à la place de wwoofer ! C'est un peu long, mais phonétiquement plus savoureux, je trouve !
De nemo3637
Déchoukeur | 23H10 | 24/09/2008 |
Je signale le réseau de Coopéquita avec lequel on peut voyager et séjourner. L'été passé j'ai aidé à la vente et à la confection des cornets de frites de la CNT, dans une foire artisanale dans le Lot-et-Garonne.Paysage magnifique. Petite bouteille de vin bio sympa acheté à un producteur local. Dégustation. Chants révolutionnaires. On s'est bien amusé.Et puis j'ai continué mon périple pour me retrouver dans les Pyrénées-Orientales. J'arrête là parce que ça n'intéresse pas tout le monde…
De fatalyst
00H25 | 25/09/2008 |
Mais c'est du grand n'importe quoi ! ! ! Le « tu travailles à la ferme et je te donne le gite et le couvert » existe depuis des années en France mais sous d'autre nom… Il n'y a que les Parisiens pour « wwoofer » comme ça ; -)
Tiens, un exemple d'actualité, les vendanges : Combien de gens (Espagnol, Portugais….) sont venus dans le Médoc pour faire les vendanges… (j'ai passé mes weekend et mes vacances( + de 15 ans) à coté de Lesparre ; Bégadan pour ne pas le nommer et la coopérative fait du bon vin en plus…) Et ils étaient heureux d'avoir le gite et le couvert déduit de leur indemnité….( et je vous dit pas les soirées avec les nanas…. c'était GÉNIAL ! ! ! )
J'ai l'impression que là haut (à Paris) vous découvrez l'écologie ces dernières années, non ? ? ? (pas tous heureusement).
Mais rassurez-vous, nous, les bouseux provinciaux, ont sait ce tenir, ont ne pètent que dehors, pour reprendre Louis de Funes et « la soupe aux choux ».
C'est ni plus ni moins du troc pour un trip pour moi voilà.
Savoir traire une vache ou donner à manger aux cochons suggère de l'humilité et de la détente.
Humer le fumier le matin après un gros bol de chocolat et des tartines grosses comme ça ! ! ! où l'on met trois tonnes de beurres et de la confitures de prunes ou de figues et de coings…
Nous Allions aider « Jeannot » à nourrir les poules et les canards et plus tard dans la journée dans les « trous d'abreuvoirs » des vaches, nous récupèrerions, mon frère et moi des anguilles que l'ont exhibées, comme des trophées à nos différentes voisines hurlant de terreur…
Et que dire des familles Allemandes, Anglaise entre autres… Elles venaient chaque années, de fin juin à fin septembre, pour « vivre la nature » (c'est l'expression qui me reste d'une famille anglaise) ; et ils participaient à la vie du village corps et âmes si je puis dire… Pour moi le WWoofing n'est que le nom d'une pratique déjà coutumière en France mais si elle peut (ou doit) se développer et s'accroitre, tant mieux ! ! !
bien à vous : -)