
« Entre les murs », votre critique ciné de la semaine
Mercredi, jour de sortie. C'est aussi le film de la semaine vu par les riverains de Rue89. Difficile, cette semaine, d'échapper à la Palme d'or de Cannes, « Entre les murs » de Laurent Cantet, qui fait débat tant sur le plan cinématographique et sur le thème abordé, celui de l'enseignement dans le contexte multicuturel et socialement complexe d'une école « difficile »…
Le principe est simple : vous faites la critique d'un long-métrage sélectionné par la rédaction. Dites ce que vous avez ressenti plus que des considérations techniques sur la réalisation du film. Vous avez jusqu'à lundi matin pour écrire votre avis et nous le faire parvenir par la boite de contact ou dans les commentaires ci-dessous.
Tous les avis seront représentés, à condition d'être courts (pas plus de 1500 signes), argumentés et conformes à notre charte des commentaires. Lundi après-midi, vous pourrez lire une synthèse de vos critiques, comme nous l'avons fait cette semaine pour le film d'Agnès Jaoui.
Inutile de résumer le film, on en a suffisamment parlé, y compris sur Rue89 pour que personne n'en ignore la trame et le principe. (Voir la vidéo de la bande annonce)
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De Humain
11H08 | 24/09/2008 |
Entre les murs…
Ou l'attribution de Palme d'autosatisfaction, décidée « sous les murs » par le jury Cannois !
Pendant que les photographes se préparent pour photographier les futures stars sur le tapis rouge… Le Jury discutait de la qualité artistique et commerciale des films présentés, mais pas uniquement !
Durant cette même période se jouait une toute autre compétition : En effet, pour la deuxième année à Cannes, les films numériques participent à la compétition.
La palme d'or a été décernée à un film tourné intégralement en numérique !
Un film tourné avec des « acteurs-élèves » dans un lycée…
Avec des amteurs … Moins cher !
Moins cher, moins de moyens… Moins d'acteurs au moment ou les intermmitents sont mis à l'étart
Plus de nombril… Ho non ! Plus de rentabilité !
Économie de moyens, le numérique est moins cher pour celui qui le tourne. Plus facile à monter, plus aisé à manipuler. En un mot, plus rentable.
Preuve ? : A Cannes après sélection de « Gomorra » (film Italien dit « antimafia » mais tourné en 35mm traditionnel), l'autocar remportant la classe des gamins ayant présenté le film « entre les murs » le samedi à fait demi tour, le dimanche matin afin de pouvoir assister à la remise des prix, alors que la proclamation des résultats n'avait lieu que le dimanche soir ! Simple coïncidence.
Ben voyons !
Le cinéma sera comme le reste… Rentable.
à Humain
De nonprophets
12H11 | 24/09/2008 |
je ne savais pas que le bus des djeuns avait subitement fait demi tour, mais je savais que le réalisateur de valse avec bachir (dont j'ai lamentablement oublié le nom) avait été rappelé d'israel pour la cérémonie. Logiquement quand on rappelle un réal, c'est que la palme n'est pas loin. Pourtant avec son film superbe il est reparti la queue entre les jambes……..
comme quoi le jury à l'art de brouiller les pistes
à Humain
De Yann Guégan
Rue89 | 13H09 | 24/09/2008 |
Preuve ? : A Cannes après sélection de « Gomorra » (film Italien dit « antimafia » mais tourné en 35mm traditionnel), l'autocar remportant la classe des gamins ayant présenté le film « entre les murs » le samedi à fait demi tour, le dimanche matin afin de pouvoir assister à la remise des prix, alors que la proclamation des résultats n'avait lieu que le dimanche soir ! Simple coïncidence.
Euh, ça n'a rien d'une « preuve », et c'est une pratique qui n'a rien de secrète ou cachée : le jour de la cérémonie de clotûre, on rappelle ceux qui ont un prix à récupérer. Mais ils ne savent pas cependant de quel prix il s'agit.
Pour le reste, je ne vois pas ce qui vous permet de dire que ce film a obtenu la Palme d'or parce qu'il ne coûtait pas cher à tourner - ça me semble relever de la complotite aïgue.
à Yann Guégan
De Suricat
13H37 | 24/09/2008 |
D'une source très fiable, je confirme cette histoire de demi tour de bus et je vous confirme également que personne ne savait pour quel prix le bus avait fait ce retour vers Cannes… Dans la salle, au fur et à mesure des annonces de récompense, l'inventaire de faisait dans la tête de tout le monde et arrivé à la fin, personne ne semblait y croire…
« Palme d'or ? Non, prix spécial du jury ou un truc comme ça. Quoi ? ! Palme d'or ! Palme d'or ! ! ! »
à Suricat
De Zoup
En rappel par rapport au système | 18H34 | 24/09/2008 |
Bon, on parle du film ou du demi-tour de ce bus ?
à Humain
De greenworld
13H15 | 24/09/2008 |
En bref, tu préfères 100 fois « Astérix aux jeux olympiques » avec un budget de 78 millions d'euros,tourné en 35 mm et qui a fait travaillé plein d'intermittents, que « Entre les murs » tourné en HD avec des moyens réduits…
Hé Coco, le cinéma c'est pour celui qui regarde les films, pas pour donner à manger au plus grand nombre. La technique (hd ou 35 mm, fx,…) sont des moyens, pas des fins. Un film tourné à la pd 150 avec des acteurs amateurs sera meilleur si son scénario est bon, que la réalisation est efficace et que les acteurs font leur boulot, qu'une merde à 50 millions d'euros avec des acteurs pros sous prozac, un plateau de 50 personnes et une histoire à deux francs six sous.
On s'en fout de la technique, on veut voir des BONS films.
à Humain
De Terence
08H57 | 25/09/2008 |
Ceux qui font les films ne sont pas des « intermittents » (ce mot ne veut rien dire)ce sont des techniciens de la production cinématographique.
Qu'ils soient engagés pour faire un film n'a rien à voir.
Le numérique, effectivement, c'est le « crime parfait » de Baudrillard, celui qui tue l'artifice qu'est le cinéma sans laisser de trace.
Et quoi qu'on fasse, un film numérique n'est pas un film, c'est une immanence sans corps, creuse.
C'est vrai qu'une illusion sans artifice ne peut être que moins chère, elle n'a pas non plus de valeur, quoi qu'on dise.
à Terence
De Perez
ingé & zikos | 11H57 | 29/09/2008 |
« Et quoi qu'on fasse, un film numérique n'est pas un film, c'est une immanence sans corps, creuse. »
oui oui papy et la vrai musique c'est sur les vinyls…
D'ailleurs c'est pour ça que David Lynch a filmé avec une camera HD sur son dernier film Inland Empire (on n'aime ou pas mais jusqu'a preuve du contraire c'est un film)
Vraiment avec de telles reactions on retournerai a l'age de pierre avec le sourire !
De richelieu94
11H19 | 24/09/2008 |
ben oui le numérique c'est pas mal… parce qu'on a pas forcémment la caméra, les réseaux qui financent un tournage, bref on peut avoir envie de filmer quelquechose sans être dans le sérail ou fils de… on peut même considérer que l'on va mettre son énergie ailleurs que dans les problème techniques qui demande une formation approfondie, ou à rassembler des onds énormes … et puis ca démocratise un peu le tout… je comprends que ca emmerde certains « cinéasteu »
alors oui c'est pas mal… après faire une comparaison entre « gomorra » et « entre les murs » est assez inutile… pourquoi opposer une oeuvre (grandiose d'ailleurs) tirée d'une enquête journalistique et un film réalisée sur presque un an dans une classe reconstituée, où l'on a permis à des jeunes de partciper à uen aventure extraordinaire, de jouer, de s'ouvrir à ue activité qu'il ne pratiqueront peut être plus…. et puis pour une fois que l'on ne les présente pas comme des bruleurs de caisses, on va pas s'en plaindre…. parceque si tu veux du vrai cinéma sur les jeunes tu peux regarder Ma 6T va craquer, les bouzes de kourtrajmé ou les choristes, c'est du vrai ciné pas du numérique et fait par des pros… mais c'est à chier !
ps : croire que le palmares n'est connue que à 20 heures pour Chazal relève d'une naiveté touchante
à richelieu94
De Terence
09H00 | 25/09/2008 |
Quel que soit la technique, il faut peut-être payer l'éclairage, et payer les techniciens, et payer la construction des décors, et payer le réel qui fait l'artifice du film.
Voilà la conception gauchiste et finalement réac : faisons des films pour rien et exploitons les techniciens et les ouvriers qui les font.
Merci pour les idées reçues réacs.
à Terence
De Perez
ingé & zikos | 11H59 | 29/09/2008 |
quel est le probleme de faire un film pour rien ? Ca derange qui ? Et la photographie ca vous derange aussi ?
De nonprophets
12H06 | 24/09/2008 |
L'intérêt de ce film relève de son propos et non pas de sa réalisation technique. Voila un film qui a des choses à dire et qui traite un sujet complexe sans complaisance.
Autant le livre avait un côté jubilatoire, autant le film est autrement plus dramatique. Ici plus question de se cacher derrière l'écriture.
De plus, ce film ne prend jamais parti, et ne montre aucune complaisance envers le corps enseignant et le corps enseigné. Il présente des situations complexes auxquelles il n'apporte pas de réponses. Ici pas d'aspect professoral à la Pennac, qui nous montrait dans sa dernière bouse comment être un bon prof.Ce film pose des questions importantes (l'incompréhension qui règne entre les profs et les élèves, à quoi sert l'école ? etc…). Il a également la décence de ne pas donner de réponses simplistes à ces questions. Au final un film intense et dramatique (voir la scène où une des filles qu'on ne voit pas du film annonce qu'elle ne sait pas ce qu'elle a appris cette année).Une interprétation magistrale de Bégaudeau qui passe par tous les états tout en restant crédible.
Une palme amplement méritée à mon humble avis.
De vinz13
bisounours gauchiste | 12H19 | 24/09/2008 |
J'ai pu assister à une avant première organisé conjointement par le Snes 13 et la FCPE 13 hier soir au cinéma les variétés de Marseille. Le film était suivit d'un débat, que les organisateurs ont voulu « politique », ce qui se conçoit.
Pourtant, ce film qui nous parle si merveilleusement de l'école, est aussi, et peu être avant tout, un grand film de cinéma. Les scènes de cours, de la vie de ce collège « difficile », qui font la matière de ce film, et qui sont si criantes de vérités (mis à part peut être une ou deux, notamment celle du conseil de classe), si pleines d'émotions, si vivantes , sont des scènes écrites et jouées. D'après des scènes vécues, j'imagine, par l'enseignant-écrivain-comédien François Bégaudeau (parfait), certes,
La caméra filme au plus près des enseignants, des élèves, elle cherche (et trouve) sans cesse ces petits moments de vie, intenses et fugaces, où tout se joue, en bien comme en mal. Elle réussi à capter le flot d'émotions qui jaillit de cette classe, toujours avec pudeur, sans voyeurisme. C'est ce qui, à mon sens, fait l'universalité de ce film, et a du marquer le jury du festival de Cannes.
Cela dit, le film nous parle tout de même de l'école, de notre école Républicaine. Et que nous dit-il ? Qu'elle souffre, indéniablement. De quoi ? Laurent Cantet ne donne, et c'est une autre force du film, aucune réponse tranchée. L'école se prête si peu aux analyses simplistes. Tout juste ébauche t » il quelques pistes. Il montre aussi une école qui ne vit pas en dehors des grands et des petits problèmes de la société, une école qui se pose des grandes et des (toutes) petites question, sur elle même, sur son rôle, sur le prix du café… Il y a une scène magnifique, ou l'une des enseignante annonce sa grossesse à ses collègues en même temps que l'on apprends que la mère d'un des élèves, sans papiers, est menacée d'expultions : la vie dans toute sa complexité, ses drames et ses petits bonheurs
D'ailleurs, le film nous donne aussi à voir une école, qui malgré tout ses problèmes, reste emplie d'humanité, et où la question du savoir et de sa transmission, c'est ce que moi j'ai compris de la dernière scène, occupe encore la place centrale…
De Superblaireau
comme son pseudo l'indique | 12H40 | 24/09/2008 |
http://tonneville.miniville.fr
De vinz13
bisounours gauchiste | 12H45 | 24/09/2008 |
Humain je ne comprends absolument pas ta réaction. Tu te permet de critiquer négativement ce film, sans même l'avoir vu, simplement du fait qu'il a été tourné en numérique. Moi j'appelle cela du poujadisme. Je te cite «
“Économie de moyens, le numérique est moins cher pour celui qui le tourne. Plus facile à monter, plus aisé à manipuler. En un mot, plus rentable.”
Donc selon toi c'est un crime de tourner en numérique, parce que c'est plus simple et moins coûteux. Et ceux qui utilisent cette technique serait tous des rapaces. C'est vrai qu » Haut et court n'a jamais produit et distribué que des bouses commerciales et ineptes…
Et puis, je ne vois pas pourquoi les intermittents pâtiraient des économies ainsi réalisée sur les pellicules et le temps passé en post-production… sans parler du gain écologique (moins de déchets, d'agents chimiques…)
Non vraiment des propos d'une telle incohérence, d'une telle absurdité m'étonnent de la part d'un riverain.
D'autant plus que le film est magnifique et loin d'être « commercial »…
à vinz13
De Humain
13H43 | 24/09/2008 |
Ben voyons !
Faisons des économies sur tout… Les studios (école prêtée, lampadaire changés) caméras numériques, « acteurs » volontaires etc…
Nommons ceci le progrés… Si vous le voulez ! !
Si un film est « commercial » et, par contre gagne de l'argent, tuons, et soyons donc de ceux qui ne le plébiscitent pas !
Ceci me fait penser aux opéras musicaux, dont nous en France sommes les seuls à faire les séances avec bande magnétique enregistrée….(Sauf pour la première ! ) !
Et ensuite, nous nous désolons devant les musiciens qui ne trouvent plus de travail.
De plus, de mon point le vue le « crime » comme vous le ditres, n'est pas de tourner en numérique mais au moment de la Palme de faire une sorte de pied de nez a Darcos, et cérise sur le gâteau, de recompenser un film très rentable.
Vous en souvenez vous ?
A mon sens il n'y a pas de « crime » c'est certain.
Ce qui me gène est qu'au dernier moment le jury à changer de casaque pour récompenser un « numérique »….
Sinon je n'ai rien à dire quand au reste.
à Humain
De Maaltanen
étudiante | 14H41 | 26/09/2008 |
C'est très fort de parler de récompenser un film « rentable » avant même qu'il ne soit sorti. ; -)
Parce que bon, même si le film n'avait coûté que 3 euros (ce qui n'est pas le cas), s'il n'avait pas trouvé d'exploitant, on n'aurait guère pu parler de « rentabilité ».
Oui, ce film a été tourné en numérique. Et alors ? Le numérique est à présent un outil qui compte, et avec lequel il faut apprendre à composer. Vive la nouveauté, vive l'expérimentation ! Auriez vous snobé « le chanteur de jazz » en 1927 ? Auriez vous snobé les premiers films couleur par la suite ?
Arriver à créer un film, et à lui donner une vie critique et commerciale, alors qu'il avait au départ un budget modeste, je trouve cela plutôt encourageant. Le système cinématographique français est déjà assez codifié comme cela pour cracher sur ce qui sort un peu du lot. Et ce, même si ça n'a pas été tourné en 35 mm … : )
Allez quoi, élargissez votre champ de définition du mot « cinéma » ! Le cinéma, ce n'est plus seulement de la pellicule, et du son pris à côté. Le numérique est un outil nouveau, qui agrandit le champ des possibles. On devrait s'en réjouir.
De Ouinouin
aime bien donner son avis | 13H27 | 24/09/2008 |
J'avais déjà posé la question la semaine dernière mais je n'ai pas eu de réponse.
Avez-vous décidé de ne proposer que des films français ? ?
à Ouinouin
De Marie-Sophie Keller
Rue89 Eco89 | 15H38 | 24/09/2008 |
Bonjour, nous n'avons rien décidé de tel, seul le hasard fait que les deux premiers films proposés sont français.
à Marie-Sophie Keller
De compte supprimé 13
19H04 | 24/09/2008 |
3 e : vous oubliez le 1er Houellbecq…
-------------
en revanche un vrai documentaire (pas français)
S.O.P. de Erroll Morris (Standard Operating Procedure)
pas envisagé ?
Abu Ghraib… c'est quoi ? …
à Marie-Sophie Keller
De Ouinouin
aime bien donner son avis | 08H30 | 25/09/2008 |
Merci pour votre réponse
De Seydou Yéké
(nom propre) | 13H28 | 24/09/2008 |
Lu sur un forum reproduisant une page de Arrêt sur images (pour rire un peu) :
debat le 28/05/2008 par la rédaction
« Entre les murs », financé par Fadela Amara ?
Petites récupérations autour de la palme française
C'était prévisible…
Le mouvement de contestation contre les réformes successives de Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, tombe au moment même où la palme d'or cannoise est remise au film de Laurent Cantet , « Entre les murs ».
Un film au coeur de l'actualité puisqu'il évoque les soucis, mais aussi le plaisir (grande nouveauté), que peut éprouver un professeur de français dans un collège difficile. Il s'inspire largement d'un livre, portant le même nom, de François Bégaudeau. L'auteur interprète lui-même le rôle de l'enseignant ; les jeunes acteurs sont tous élèves au collège Françoise Dolto, situé dans le XXème arrondissement de Paris.
Le 27 mai, le député PS de Loire-Atlantique Michel Ménard a suscité l'indignation des bancs UMP de l'Assemblée nationale, en posant une question sur les réductions de postes dans l'Education nationale.
Et c'est sur la fameuse palme d'or qu'il appuie son intervention.
Xavier Darcos se défend. Son arme : l'attaque :
« Si je comprends bien, au Palmarès de Cannes, il y a deux Palmes d'or : la Palme d'or du film “Entre les murs” et la Palme d'or de la récupération, par le parti socialiste, d'un film qui d'ailleurs, je vous le signale, a été cofinancé par les services de Fadela Amara. »
Fadela Amara aurait donc participé au financement du film de Laurent Cantet. Mais comment ?
Le point de liaison entre le film et Fadela Amara n'est autre que l'Acsé : l'Agence nationale pour la cohésion et l'égalité des chances. Lorsqu'Azoug Begag était ministre de l'Egalité des Chances, au lendemain des émeutes des banlieues de 2005, un fonds « Image de la diversité » avait été créé. Il est abondé à la fois par l'Acsé et par le CNC (Centre National de la Cinématographie). L'Acsé a ainsi délivré 3,2 millions d'euros en 2007.
En novembre 2007, cette structure avait donné son accord pour le financement du film « Entre les murs », à raison de 100 000 euros, (sur les 3 millions d'euros du budget global du film). Cet accord avait été donné en amont, le film n'en était alors qu'à l'état de scénario.
Le financement par « les services de Fadela Amara » est donc indirect et…limité.
En outre, l'Acsé est sous la tutelle conjointe du Ministère du Logement et…du Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire.
Pourtant, Darcos n'a pas spécifié que ce film avait été co-financé par les services de Brice Hortefeux.
En outre, le ministre ne s'est pas privé, lui non plus, de réagir à la palme française.
Lundi 26 mai, Darcos qualifiait dans un communiqué, la palme d'or de « très bel hommage aux enseignantsde France qui, malgré des conditions de travail parfois difficiles, font preuve d'un dévouement et d'un mérite exceptionnels qui doivent être salué. »
Et il avait ajouté que ce film « invite la Nation à redécouvrir son école et à l'aider à relever les défis qui sont les siens » (formule qui ne mange pas de pain).
Quant à Pujadas, il précise que cette palme d'or est aussi « un succès pour France 2 ».
La palme d'or est comme la victoire : elle a beaucoup de pères…
Par la rédaction le 28/05/2008
De Alain Provist
13H30 | 24/09/2008 |
En lisant le « roman » de François Bégaudeau, j'avais ressenti une impression un peu désagréable. L'écrivain prenait comme cobaye de son écriture littéraire les situations de son milieu professionnel et pour rendre les dialogues plus pittoresques ne cherchait pas à les atténuer en tant que pédagogue. Autrement dit, c'est l'écrivain plus que le professeur qui témoignait, sûr de sa supériorité linguistique et intellectuelle sur un groupe d'élèves aussi spontanés que peu à même de rivaliser dans ces joutes rhétoriques. Je trouvais même à Bégaudeau une forme de cruauté voire de mépris un peu ricaneur pour ses élèves. En regardant le film, cette supériorité narquoise de l'écrivain sur ces non-lecteurs n'apparaît plus. François, l'alter ego de Bégaudeau, semble beaucoup plus démuni sur le registre de l'oralité où les collégiens bénéficient de l'effet de nombre et de l'habitude des réparties cinglantes. Mais en tant qu'enseignant, ce qui m'a gêné c'est de voir que ce professeur se met en position de danger justement en jouant le jeu d'une confrontation psychologique et langagière. Alors que le collège n'est pas fait pour cela. C'est en établissant des règles, en mettant entre les élèves et l'enseignant le rite du savoir et des méthodes qu'on parvient à vivre une expérience intellectuelle commune qui ne soit ni tout à fait sur le terrain de l'un ni tout à fait sur celui de l'autre. Dans ce film, les élèves jouent leur rôle d'élèves piégés par un système scolaire pour lequel ils n'ont pas toutes les clés et qu'ils essaient de formater à leur mesure. Mais je trouve que parfois, dans ce film, les adultes ne jouent pas toujours le leur comme au moment du conseil de classe par exemple. Personne ne dit rien aux deux jeunes déléguées quand celles-ci ricanent, mâchent du chewing-gum, mangent des gâteaux et sortent sans demander la permission. Au lieu de traiter de « pétasses » ces deux élèves, le professeur aurait dû, avec le principal, leur rappeler les règles du comportement en société… Il y a beaucoup d'autres choses à dire mais j'ai déjà dépassé le cadre imparti. Pour conclure provisoirement, je dirai que ce film mérite d'être vu pour le débat qu'il suscite. Quant à savoir si c'est un film de cinéma et s'il méritait la Palme d'Or ?
à Alain Provist
De nonprophets
13H39 | 24/09/2008 |
Ce que tu dis est très vrai : les élèves sont piégés dans un système qu'il ne comprennent pas et les adultes ne remplissent pas toujours leur rôle. Mais c'est qui donne à ce film son coté terriblement humain où les faiblesses de chacun sont affichées au grand jour. Parfois l'humain prend le dessus sur le pédaguogue…
à Alain Provist
De Rem67
enseignant | 23H21 | 26/09/2008 |
Oui, en tant que prof de Zep, le conseil de classe m a gêné, par le manque de réaction des adultes, qui m'a semblé irréaliste. Mais sinon je trouve le film honnête et réaliste, sauf le niveau de langage des élèves qui est trop soutenu (si,si).
Les profs sont ternes, je trouve mes collègues et ma salle de prof bien plus vivante.
Un film à voir à mon avis car il montre une réalité que peu de gens soupçonnent.
Et puis surtout, la fin du film arrive à nous faire percevoir la richesse intérieure des élèves, et ce malgré l'agacement que leur comportement provoque au début. Cette richesse , qui arrive à survivre malgré notre système éducatif inadapté et qui est, je pense, le carburant des enseignant.
De Maryk
Toulouse | 13H32 | 24/09/2008 |
J'irai le voir dans la semaine, en tout cas je ne porte pas de jugement sans l'avoir vu, cependant je n'ai entendu que de bons échos.
Je pense que ce film va nous rappelez le film « l'esquive » je suis sûre que les deux films se rejoignent.
En tout cas je vais y aller mais je suis sûre de ne pas être déçu, quand j'ai vu la joie de ces jeunes lors de la remise des prix j'étais ému donc vivement ce week end
De Alain Provist
14H07 | 24/09/2008 |
suite de mon commentaire :
[…]Je reconnais que ce document fuit le manichéisme, le lyrisme, le simplisme, le didactisme de la plupart des films documentaires ou de fiction sur l'école. L'absence de scénario préjudiciable dans une optique romanesque prouve que la classe comme la vie progresse dans l'incertitude et avec une part d'improvisation et donc d'hésitation (témoins ces mots malheureux que n'auraient pas dû prononcer François). On s'attache aux personnages et puisque nous sommes du métier, il nous prend souvent l'envie de sortir de ces murs ou d'entrer dans l'écran pour intervenir. Reste une question ? Entre les murs méritait-il la Palme d'or ? Ce n'est assurément pas une œuvre de fiction mettant en scène les talents de composition d'un réalisateur et d'interprétation d'acteurs chevronnés. On est plus proche ici de Cousteau ou de Michael Moore. Mais justement, ces cinéastes ont été récompensés à Cannes et c'est peut-être là aussi une des missions du cinéma que de donner à voir ce monde silencieux que l'on n'entend pas derrière les murs.
De LGX
Acheteur | 15H16 | 24/09/2008 |
C'est un bon documentaire, mais surement pas un bon film. Nuance.
Pour moi, Cousteau, Moore ou Cantet n'ont rien à faire à Cannes. De plus ou moins bon journaliste, mais en aucun cas des réalisateurs au sens cinématographique du terme.
à LGX
De moutardoné
réveillé | 23H32 | 24/09/2008 |
Le cinéma documentaire est du cinéma, tout comme les réalisateurs de documentaires sont des réalisateurs « au sens cinématographique du terme », ne vous en déplaise.
Vous confondez deux choses qui n'ont rien à voir : le reportage de journalisme et le film documentaire.
De Alain Provist
15H23 | 24/09/2008 |
Que ceux qui s'amusent à « nazer » les comentaires proposent plutôt des arguments, cela sera plus constructif et découragera moins ceux qui s'expriment (quoi que franchement j'en ai vu d'autres)