
C'est un message d'alerte que vient de lancer l'association d'aide contre les abus bancaires (AACAB). Elle a relevé ces derniers mois des « pressions des banques sur les usagers » de deux ordres : augmentations malhonnêtes des taux de crédit, ou saisies intempestives de biens dans le cadre de crédits-relais.
« Depuis le mois de juin, les contentieux se multiplient », constate Jean-Jacques Defaix président de l'AACAB. Rue89 a pu consulter des lettres de victimes, qui depuis ont fait respecter leurs droits. Les abus relevés par l'ACAAB sont de deux types, mais ils révèlent tous deux l'état d'esprit de plus en plus fébrile des établissements.
Les achats d'immobilier sur plan
Il faut savoir que lorsqu'une banque accorde un crédit immobilier pour un bien qui n'est pas encore construit, le crédit se décompose en deux phases. Durant deux ans maximum (la période dite « d'anticipation »), l'emprunteur ne rembourse pas le crédit lui-même mais seulement les intérêts.
Un taux qui passe de 3,55 à 4,88%
Une cliente du Crédit Agricole de Bretagne, désireuse de garder l'anonymat, témoigne ainsi :
« A la suite d'une défaillance de l'entrepreneur et des intempéries, la livraison s'est trouvée reportée (d'un an, ndlr). De ce fait, les versements ont aussi été retardés. J'ai prévenu ma banque, qui m'a répondu que ceci ne posait pas de problème. »
Quelques semaines plus tard, la banque change de ton : « Il y a un petit souci », me dit ma conseillère. En effet, la banque me dit qu'elle perd de l'argent avec ce dossier ; les taux ont grimpé depuis et ils sont obligés de me demander de signer un avenant ; le taux sera maintenant de 4,88% au lieu de 3,55% ».
Face à ce type d'agissement, l'ACAAB est catégorique : « la banque n'a pas le droit de changer le taux du crédit ». La cliente du Crédit Agricole de Bretagne a d'ailleurs obtenu gain de cause.
Une fois l'appartement ou la maison achevée, le crédit est alors réellement ouvert, le client commence à rembourser son achat, mais dans des conditions définies à l'étape initiale. Cette seconde phase (« dite d'amortissement ») ressemble au remboursement classique d'un bien immobilier.
Mais il arrive parfois que le client ait rencontré des problèmes lors de la construction de son bien, et que deux ans après l'engagement, le bien ne soit pas achevé de construire. « C'est alors que les banques en profitent, avec des subtilités épouvantables », pour tenter de revoir les taux de crédits à la hausse, remarque Jean-Jacques Defaix (lire ci-contre).
Les prêts-relais
En général, les prêts-relais sont accordés pour deux ans : j'achète un bien immobilier sans encore avoir vendu le mien, la banque m'accorde un prêt me permettant d'emménager tout de suite. Si au bout de deux ans, le bien que j'ai quitté n'est pas vendu, la banque peut le saisir.
Désormais, « les banques passent à l'action sans discussion. Ayant besoin de liquidités, elles refusent d'éventuellement rallonger le prêt et vendent le bien, qui leur appartient puisqu'il a été hypothéqué », détaille Jean-Jacques Defaix.
Or le soudain ralentissement des prix sur le marché immobilier bloque un certain nombre de ventes, et met dans l'embarras les très nombreux détenteurs de prêts-relais.
Le conseil de l'ACAAB est très clair : « Baissez tout de suite le prix pour vendre votre bien plutôt que de vous le faire saisir. Mieux vaut se couper un doigt qu'un bras ». Avis aux entendeurs…
Photo : clients à un guichet automatique à Paris (Charles Platiau/Reuters).
► Lire aussi : Faillites bancaires : que risquez-vous concrètement ?




















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De La_Sarita
12H21 | 19/09/2008 |
Ce qui compte c'est qu'il y ait des garde-fous qui empechent les banques et les entreprises en général de commetre des abus. Elles ont tendance a justifier leurs exces avec l'arrivée de cette crise, qui les plombe parce qu'elles ont pris trop de risques.
Et evidemment, c'est souvent le gentil particulier qui débourse pour sauver les entreprises non prévoyantes, et leurs actionnaires avides mais pas solidaires.
De Lapin Bleu
Journaliste n°89910 | 12H48 | 19/09/2008 |
Bonjour La_Sarita,
Vous écrivez :
»…l'arrivée de cette crise, qui les plombe parce qu'elles ont pris trop de risques ».
Vous vouliez sans doute écrire :
»…l'arrivée de cette crise, qui les plombe parce qu'elles se sont délestées du risque pendant tant d'années (refusant ainsi de faire leur métier, tout en continuant à faire semblant pour justifier leurs copieux honoraires), et qu'elles sont contraintes de le réintégrer en catastrophe maintenant que tout pète ».
Bien cordialement,
De noke33
13H30 | 19/09/2008 |
attention aux raccourcis : « la banque peut vendre mon bien qui lui appartient car elle a une hypothèque. » Mr Defaix, une hypothèque est une garantie, qui pour être mise en jeu suppose un commandement de saisie immobilière (plusieurs semaines…), une vente à la Barre du Tribunal (encore des semaines de délais), puis expulsion des propriétaires avec l'appui de la force publique (si le préfet l'autorise….). Avant d'en arriver là, on a le temps de vendre à l'amiable en baissant effectivement et malheureusement son prix. La période est déjà suffisamment tendue pour tous, pour ne pas en rajouter dans les raccourcis, dignes du journal de 20h de TF1 ou télé UMP comme vous voulez.