Decryptage

« Entre les murs » : comment résister à la star-académisation ?

Promo compliquée pour la Palme d'or : comment slalomer entre clichés sociologiques, récupérations, surenchère médiatique ?

Entre les murs (DR)

Mai 2008, festival de Cannes. « Entre les murs », de Laurent Cantet, invité de dernière minute dans la compétition, rafle la palme d'or au nez et à la barbe des principaux favoris. Une sorte d'événement national : la France n'avait pas connu une telle consécration depuis 1987 et le triomphe contesté de Maurice Pialat (« Sous le soleil de Satan »).

Tourné entre les quatre murs d'une classe du collège parisien Françoise Dolto, avec des jeunes comédiens amateurs, le film est plébiscité par un jury international, le président Sean Penn en tête, visiblement ému par la puissance évocatrice de la chose.


Immédiatement, branle-bas de combat médiatique. Même s'ils n'ont pas vu une minute d'« Entre les murs », les politiques de tous bords se bousculent au portillon des congratulations. Christine Albanel et Jack Lang, entre autres, félicitent Cantet, ses jeunes acteurs, et soulignent l'importance d'une oeuvre qui, à tout point de vue, évoque la France d'aujourd'hui.

Les télévisions, si indifférentes en général au destin des films d'auteurs où ne figure pas une star bankable n'en finissent plus de raconter par le menu les scènes de liesse partagées par les « gamins » du film, devenus stars cannoises d'un soir. Le couplet sur la France « black-blanc-beur » qui gagne connaît une nouvelle vigueur, le temps d'une victoire dans le plus important festival de cinéma du monde. Laurent Cantet se souvient :

« Au retour de Cannes, le déferlement médiatique m'a fait peur… Ça ne ressemblait ni au film, ni à la façon dont nous l'avions conçu. Les ados m'ont impressionné. Et ce sentiment perdure aujourd'hui. Ils ont savouré, ils ont apprécié que leur travail soit reconnu, mais ils n'ont jamais pété les plombs. Le groupe a tenu en tant que groupe. Fidèle en cela à l'histoire que raconte le film. »


Sollicitations en vrac.

Au bureau de presse de « Entre les murs », qui assure la promotion des films de Laurent Cantet depuis ses débuts, on n'en revient toujours pas :

« Sans la palme, “Entre les murs” aurait connu le destin habituel des films d'auteur. Avec Cannes, le phénomène d'attraction est devenu invraisemblable. On ne compte plus les sollicitations… Pour nous, depuis dix ans, c'est du jamais vu. La seule comparaison possible, c'est “Huit femmes” de François Ozon, où les demandes d'interviews affluaient de partout. Logique puisque le film comptait à son casting les actrices françaises les plus en vue : Catherine Deneuve, Isabelle Huppert, Emmanuelle Béart…

“Dès l'obtention de la palme, nous avons été assaillis de propositions en tout genre. Les journalistes souhaitaient réaliser des reportages au domicile des ados, dans leurs familles. Certains faisaient le pied de grue à la porte du collège, quémandaient les numéros de portables.

‘Pour Laurent, les producteurs et nous, il était hors de question de céder à la tentation du people. Le motif du film, c'est le groupe, on voulait éviter le phénomènepetite star’. ”

Chez “ Haut et court ”, la boîte de production des films de Cantet, on a pressenti rapidement le danger. “Entre les murs” a beau être une fiction et un objet de cinéma irréductible aux généralités, il témoigne d'un certain état des choses dans la France d'aujourd'hui. D'où les tentations, plus ou moins innocentes, de récupérer l'objet et de le transformer en emblème :

“ Certains ministères nous ont demandé de voir le film. Nous n'avions pas à refuser, mais nous avons toujours été vigilants. Il était hors de question de répondre favorablement quand les politiques souhaitaient organiser des débats en présence de Laurent. Montrer le film, oui. Se servir d'une projection pour prendre une photo avec une poignée de mains, non ”


Politiques, exit !

Résultat : à ce jour, le film demeure à l'abri des récupérations partisanes. Une projection, prévue de longue date, a certes été organisée début septembre à la mairie (PS) du XXe, mais pour l'ensemble du personnel du collège Dolto. Dans la salle, discret, Jean-Paul Huchon. Rien d'étonnant puisque la Région Ile-de-France a apporté son soutien financier à la production.

De même, Bertrand Delanoë a organisé une séance pour les proviseurs de la Capitale et offrira une place de cinéma à tous les élèves parisiens de 4e et de 3e des classes ZEP pour découvrir le film en salles. Une initiative qui n'incite pas vraiment à hurler au loup manipulateur. Réaction prudente chez “Haut et court” :

“ ‘Entre les murs’ suscite logiquement un engouement et des débats. Nous sommes méfiants, mais il serait absurde d'aller par principe contre de genre d'initiatives. Si 10 000 gamins peuvent voir le film gratuitement, tant mieux ! ”

Autre problème : à force d'évoquer “Entre les murs” sur tous les tons, ne risque-t-on pas d'épuiser les résistances des spectateurs potentiels qui pourraient avoir l'impression d'avoir vu le film, avant même d'en découvrir une seule image ? François Bégaudeau, auteur du livre, co-scénariste et acteur ne cache pas sa crainte :

“ Etre ensevelis sous les commentaires ? C'est un danger réel. L'histoire du film, c'est un peu ‘splendeur et misères d'un succès annoncé’. Il y a un bonheur intense à être vu et ‘bien’ consommé. En même temps, on a un peu l'impression de perdre le bébé, de plier sous le poids du sociétal et de l'idéologie.

‘Personnellement, je refuse beaucoup de sollicitations. Quand L'équipe magazine’ veut m'interroger sur la notion de respect ou quand des journalistes m'appellent sur mon portable pour me demander ce que je pense des médailles de Darcos, je refuse. L'idée, c'est de remettre du cinéma dans tout ça ”


Une quasi-polémique sur “les limites de la permissivité”.

Remettre du cinéma dans tout ça ? Un boulot à plein temps… Lorsque, trois mois après le sacre cannois, les projections de presse sont organisées, les journalistes estampillés “Culture” des publications nationales ne sont pas les seuls dans la file d'attente.

Les journalistes “Société”, les spécialistes de l'éducation, accompagnés de profs, souhaitent également découvrir la palme. Et même si “Entre les murs” raconte une histoire et n'entend en rien vanter telle ou telle méthode pédagogique, le film devient contre son gré l'objet d'une quasi-polémique sur “les limites de la permissivité”. Débat sans rapport réel avec la fiction, voire hors sujet, mais probablement inévitable… Laurent Cantet :

“Le film est en prise avec le réel et un thème -l'éducation- qui se prête bien sûr à de très nombreux commentaires. Les débats sont souhaitables, mais il faut préserver la singularité du film. J'ai tendance à lui faire confiance. Il montre un système dans sa complexité. Il oblige à un discours nuancé, il n'est pas récupérable idéologiquement.”

Malgré les nombreuses sollicitations, aucun débat télévisé avec les auteurs du film n'a été organisé autour des problématiques éducatives. Pour sa rentrée cathodique sur France 2 dans l'émission en prime-time d'Arlette Chabot, Xavier Darcos aurait aimé dialoguer avec le cinéaste et son acteur-scénariste François Bégaudeau. Refus des intéressés.

“François et Laurent ne sont pas des spécialistes de la question éducative et ne comptent en rien le devenir, explique-t-on au bureau de presse. Ils souhaitent par ailleurs ne servir de support à personne. Il était donc hors de question qu'ils apparaissent en plateau. En lieu et place, il y a eu un sujet avec les ados et les profs du film, tourné dans le collège Dolto.”

Concernant les acteurs, la promotion a obéi a des règles drastiques, en vue d'échapper à la “star-académisation”. Deux après-midi en tout et pour tout, les ados ont été réunis au collège Dolto. Les journalistes pouvaient y rencontrer le groupe d'acteurs et non deux ou trois de ses membres, jugés “plus vendeurs”. A la télévision, malgré les demandes exponentielles, on les verra sur un seul plateau, celui du “Grand journal”, de Canal +. Conclusion de Laurent Cantet :

“ Les gamins m'ont vraiment étonné de bout en bout. Aucune crise d'ego, pas de caprices. En ce moment, un truc me chiffonne. Le film va être montré au festival de New York et, malheureusement, nous n'avons pu obtenir que dix billets d'avion. Pour la première fois, le groupe va être scindé. Personne ne fait la gueule, mais ça m'attriste… ”

Entre les murs De Laurent Cantet. En salles le 24 Septembre.

66 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de Unstern

De Unstern

19H27 | 18/09/2008 | Permalien

Bon sang, des gens qui jusqu'au bout se respectent eux-mêmes et respectent leur travail, on croit presque rêver.

Tiens, faudra vraiment que j'aille voir le film…

Portrait de Numerosix

à Unstern Portrait de Unstern De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 19H58 | 18/09/2008 | Permalien

Oui , moi aussi , ils m » ont eu . je voulais faire un commentaire cynique glacé et sophistiqué et j » ai même plus envie ..

Bon , rien a voir avec le film . le nom du college .

On voulait des enfants libres à summerhill et on les retrouve coincés à l » ombre dans les murs d » un lycée Dolto , ca fout un sacré coup de blues aux utopies ..

Portrait de Unstern

De Unstern

19H28 | 18/09/2008 | Permalien

fausse manip : -(

Portrait de La_Sarita

De La_Sarita

19H50 | 18/09/2008 | Permalien

On peut saluer que les auteurs tiennent leur ligne et ne veuille pas être récupérés politiquement.

En revanche, je trouve qu'ils pourraient également intervenir sur les questions d'éducation. D'après leur expérience et sans minorer le rôle ou la voix des profs.

En effet, on a toujours beaucoup plus tendance a ecouter les artistes, autant que ca serve a relayer le vecu de ces eleves de ZEP.

Portrait de Ryuu

à La_Sarita Portrait de La_Sarita De Ryuu

Informaticien parisien | 23H19 | 18/09/2008 | Permalien

Les auteurs sont des cinéastes, pas des professionnels de l'éducation. Qu'ils ne souhaitent pas répondre aux questions d'éducation me parait agréablement honnête de leur part, pour une fois que des gens ne s'improvisent pas porte-parole d'une cause, ça me plait.

Zut, rue89… je vais devoir aller le voir, moi qui ne regarde plus le cinéma français…

Portrait de FabiendeMénilmontant

à La_Sarita Portrait de La_Sarita De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 19H57 | 19/09/2008 | Permalien

Pas être récupérés politiquement ?
rien que là :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2008/09/entre-les-murs.html
tu vois les honneurs mairie 20e. ailleurs, j'ai publié des sujets Delanoë, etc…

C'est un poil exagéré.

Portrait de Infovite

De Infovite

Plébéien. | 20H03 | 18/09/2008 | Permalien

Une solution : à la différence de la star-académy à cause des votes d'une majorité de français le nombre d'élèves entre les murs d'une classe… augmente !
http://info-espress.over-blog.com/

Portrait de contact@world-foundry.com

De contact@world-foundry.com

Salarié | 20H05 | 18/09/2008 | Permalien

J'ADORE LA MIXITE SOCIALE ET LE MODELE SOCIAL FRANCAIS.Mais il faut penser à offrir un avenir à nos enfants.

Mais c'est en danger, dette, chômage, délocalisation

A L'AIDE : SAUVEZ NOS EMPLOIS : ACHETEZ MADE IN FRANCE

Le programme :

http://www.christopheabadie.eu/

Portrait de quetzal2012

De quetzal2012

enseignant précaire | 23H12 | 18/09/2008 | Permalien

Là où le bât blesse c'est lorsque Bégaudeau se met (dans ses interviews) à fustiger l'école à l'ancienne, appellant à se souvenir tous ceux qui se sont à un moment ou à un autre « emmerdés » à l'école, en disant non seulement qu'il n » a rien appris à l'école mais qu'à certains élèves il faut niveller par le bas en étudiant pas voltaire par exemple…

c'est archi-faux et cela va dans le sens de la politique que l'on connaît avec le système de « compétences » en guise de « connaissances » par exemple, il suffit pour s'en convaincre de se rappeller ce qu'a dit NS sur la « princesse de Clêves »..

Oui, il faut revoir beaucoup de choses mais rien ne doit se négocier sur les limites que certains (suivez mon idée)voudraient imposer au champ de la culture
Non, tout n'est pas à jeter, et surtout pas le meilleur !
http://alternativealaconstipationdelapensee.blogspot.com

Portrait de tylervince

à quetzal2012 Portrait de quetzal2012 De tylervince

13H11 | 19/09/2008 | Permalien

bah déjà tu n'as pas forcément appris l'orthographe à l'école…mais ce n'est pas si grave…par contre le lien du blog me fait bien marrer car une constipation de la pensée, c'est exactement ce que je ressens à te lire !
Allez, détends-toi 30s ça va passer….il n'y a pas de vérité universelle concernant les méthodes pédagogiques….

Portrait de PhiPoePsy

De PhiPoePsy

Etudiant à Strasbourg | 22H20 | 18/09/2008 | Permalien

Oui, c'est presque miraculeux de voir à quel point certaines équipes de film sont fidèles à une éthique : peu courant de nos jours… J'espère surtout que les flots et flux incontrôlables de commentaires partisans ne noieront ni les critiques cinématographiques, ni les débats portant sur les grands thèmes du film (le « pouvoir de la parole » plutôt que la « méthode pédagogique », « l'intégration scolaire » plutôt que les « portraits sociaux », « l'école » plutôt que « l'éducation nationale », etc.). Bref, il faut, moi aussi, que j'aille le voir…

Portrait de anouar94

De anouar94

Célibataire | 23H38 | 18/09/2008 | Permalien

Moi qui m'attendais à ce qu'on parle de la Star Ac'… D'ailleurs ça reprend bientôt mes loulous

Portrait de re-belle

à anouar94 Portrait de anouar94 De re-belle

mère au foyer | 09H01 | 19/09/2008 | Permalien

star ac' ! ! ! …beurk ! ! ! …
il y a autre chose à voir ! ! ! …comme ce film par exemple ! ! ! …

Portrait de Caballero

De Caballero

téléphobe | 05H49 | 19/09/2008 | Permalien

Bon, d'habitude, je ne vois jamais ces films qui parlent de l'école : je ne vais pas au cinéma pour me retrouver au boulot… Celui-ci, je vais peut-être essayer.

Mais surtout, pour une fois que quelqu'un qui ne connaît RIEN à la pédagogie se retient de jouer les experts, c'est à saluer bien bas. Elever des enfants, tout le monde le fait, et croit pouvoir en parler, MAIS :

- Enseigner et élever sont deux choses très différentes (surtout enseigner à 30 et en élever 2 ou 3).
- Sans mauvais esprit, certains pourraient s'abstenir d'élever.
- Ce n'est pas parce que l'on a des souvenirs d'école que l'on peut parler de l'école d'aujourd'hui. Et je passe mon temps dans différents collèges, en ZEP ou non, avec les élèves de SEGPA, ceux qui sont le plus mal, le plus en échec, le plus en colère, avec de bonnes raisons.

Portrait de caliban

à Caballero Portrait de Caballero De caliban

précaire | 06H54 | 19/09/2008 | Permalien

je suis en partie d'accord avec toi mais ce n'est pas parce que nous ne sommes pas des experts en pédagogie que l'on doit se taire, bien que je soit d'accord que certains pourraient s'abstenir d'élever et arrêter de vouloir enseigner aux profs (je pense qu'il y se problème dans tous les métiers en contact avec la masse).

Portrait de Colonel Fabien

à Caballero Portrait de Caballero De Colonel Fabien

www.get_anxious.com | 09H27 | 19/09/2008 | Permalien

Vous ne devriez pas vous priver de certains film en fonction du thème général qu'ils abordent, en l'occurrence, l'école. Certains d'entre eux sont excellents ; « Half Nelson » par exemple, pour ne citer que celui-là.

La question est de toute façon ailleurs : peut-on s'exprimer sur un sujet sans pour autant être un expert ?
Heureusement, car si seuls les experts avaient le droit de citer, sur quelque sujet que ce soit, on resterait enfermés dans les mêmes schémas de pensée et on ne pourrait trouver de solutions novatrices.
C'est la confrontation des idées qui fait avancer le débat. Les expert sont là pour apporter leur expertise, tout simplement. Mais s'ils avaient une parfaite maîtrise du sujet, il n'y aurait jamais à se poser de question.
Il ne faut pas non plus vouloir apprendre leur métier aux profs, ils l'apprennent d'eux-même, tous les jours, en se remettant en cause. J'ai suffisamment d'amis dans l'enseignement pour partager leurs expériences et savoir que personne n'a de solution universelle.

Portrait de jojo1er

à Caballero Portrait de Caballero De jojo1er

13H12 | 19/09/2008 | Permalien

« quelqu'un qui ne connaît RIEN à la pédagogie se retient de jouer les experts, c'est à saluer bien bas »
De toute façon quand on voit le niveau de la pédagogie dans notre beau pays, on se demande combien de milliers de kilomètres il faut faire pour trouver un « expert » et désolé mais dans cette matière les instits et les profs n'ont pas à frimer devant grand monde.

En l'état actuel notre système scolaire fait beaucoup plus appel à la résistance psychologique des enseignants qu'à leurs qualités de pédagogues.

Maintenant si vous trouvez quand même que les certifiés et agrégés sont plus pédagogues que les gens qui élèvent leurs enfants, non seulement cela est bien discutable mais surtout il n'y a vraiment pas là de quoi se gargariser l'égo…ce serait plutôt une tare de notre système éducatif qui se transmet de générations en générations bien assises sur les bancs de l'école en attendant de devenir à son un parent dénué de ? ? ? Ah oui…pédagogie ; -)

Si il y avait de vrais experts en pédagogie dans notre système éducatifs ils seraient bien coupables de ne pas transmettre leur savoir à la populace, heureusement ce n'est pas le cas, nous avons des experts en maths, en lettres, en histoire, en langues, etc…mais de pédagogues point.

Jojo1er, …

Portrait de Julos

à jojo1er Portrait de jojo1er De Julos

ex E.N | 16H31 | 19/09/2008 | Permalien

Dites-moi Jojo (l'affreux ? ) seriez-vous avant tout le …1er à vous précipiter pour affirmer des choses que manifestement vous maîtrisez mal (quelle expertise ! )

Des experts en pédagogie je vous garantis que ça existe, encore faut-il avoir fait l'effort de les rencontrer (en chair et en os, dans leurs classes ou dans leurs écrits). Simplement, on les écoute peu ou pas du tout ! Le mot « pédagogue » est même devenu dans la bouche de certains comme une insulte !
Alors de grâce, faites un petit effort et lisez l'analyse que fait P. Meirieu du livre et du film « Entre les murs » sur son site :
http://www.meirieu.com/nouveautesblocnotes.htm

Pour le reste, la décision d'aller voir le film (et de lire le livre éponyme ? ) vous appartient.

Je suis à votre disposition pour en discuter après…

Portrait de jojo1er

à Julos Portrait de Julos De jojo1er

12H16 | 20/09/2008 | Permalien

Jojolafreu bous salue bien …os.

Vous feriez mieux de conseiller aux profs divers et variés d'aller voir ce film, ce serait sans doute plus utile. Je ne suis pas enseignant. J'ai une _excuse_.

De quel don divin vous prétendez-vous détenteur pour croire pouvoir décider que tout ce qui a trait de près ou de loin à la pédagogie doit rester le domaine exclusif de réflexion, d'expertise et de parole des enseignants ?

Le mec qui m'a appris les bases de la cuisine n'était pas cuisinier, il était enseignant. Je permets même à un représentants des forces de l'ordre de sanctionner ma conduite, il n'a pourtant jamais été routier.

Mais la pédagogie est une matière à part, elle reste le domaine exclusif de ceux qui enseignent. Et ainsi selon certains enseignants, leur propriété exclusive.

Mais comme ce ne sont pas les immortels qui enseignent l'orthographe à nos enfants, comme les chauffeurs routiers ne vont pas donner de leçons dans les auto-écoles, comme les bilingues ne donnent pas de cours de langue, comme les grutiers ne donnent pas de cours de physique…, vous constaterez que ce ne sont pas les prostituées qui donnent des cours d'éducation sexuelle à nos enfants.

Alors accordez-moi tout de même de poser la question : la pédagogie n'est-elle pas la seule matière ou les enseignants devraient étudier, au lieu d'enseigner, auprès de leurs élèves mais aussi du monde qui les entoure ?

Et au final la pédagogie n'est-elle pas la seule matière sur laquelle un enseignant doit écouter et non parler ?

Vous, en grand représentant de la gloire de notre éducation nationale, prétendez dicter qui a droit de parole ou de silence sur la pédagogie ? Je préfère en rire…

Sinon faites gaffe au domaine de parole que je pourrais à mon tour vous interdire, vous ne connaissez d'ailleurs pas mon métier, « lol »

Jojo1er, …j'emmerde tout expert proclamé, auto ou non.

Portrait de Julos

à jojo1er Portrait de jojo1er De Julos

ex E.N | 12H49 | 20/09/2008 | Permalien

« De quel don divin vous prétendez-vous détenteur pour croire pouvoir décider que tout ce qui a trait de près ou de loin à la pédagogie doit rester le domaine exclusif de réflexion, d'expertise et de parole des enseignants ? »

***************
Mais qui dit ça ? A part vous, affreux Jojo !
Vous affirmez dans votre commentaire qu'il n'y a pas de pédagogues, en estimant que les profs ne le sont pas assez ou ne font pas assez acte de pédagogie dans leur enseignement. Et moi, qui connaît un peu ce domaine, je vous dis que vous vous trompez et que vous parlez sans savoir. D'ailleurs, vous avez l'air de confondre « éducation » et « pédagogie ». Personne ne demande aux parents d'être pédagogues dans leur façon d'éduquer leurs enfants. Par contre, s'ils veulent aider leur enfant à apprendre à nager, ou à skier, il vaut mieux qu'ils s'y prennent avec pédagogie. Le prof, lui, quand il enseigne, c'est son savoir-faire, la pédagogie. Par contre, ce n'est pas son job, a priori, d'éduquer ses élèves.

Moi, les enseignants pédagogues que je connais ils sont tous pour une collaboration école/famille. Là aussi je ne sais pas où vous avez entendu dire que les enseignants demandaient que les parents se taisent sur les questions pédagogiques. Seriez pas un peu parano des fois ?

« Jojo1er, …j'emmerde tout expert proclamé, auto ou non. »
****************
Ben dites donc qu'est-ce que vous devez vous auto-emmerder alors !

Portrait de patrick du 14

De patrick du 14

toujours naze et qui cotises pas | 06H50 | 19/09/2008 | Permalien

la star ac c'est çe soir a la télé pour çe film je verrais, c'est bien un film hein, enlevé moi un doute

Portrait de Numerosix

à patrick du 14 Portrait de patrick du 14 De Numerosix

Prisonnier dans le village global | 07H18 | 19/09/2008 | Permalien

Oui, au fait . il y a un scénario ?

Portrait de azerty69

De azerty69

ExecutieveBranleur | 08H18 | 19/09/2008 | Permalien

J'adore canne. De riches arrogants bien de droite roulant en 4*4 élisent en palme d'or des films de gauche humaniste et écolo…

Le pire c'est que ça marche. Au lieu de faire 22.000 entrées, ces primés vont faire 100-500.000 entrées auprès d'amateurs de films d'auteurs…une seule fois par an.
ON a beau papoter avec ces amis et sur rue89 que ces films sont GENIALISSIMES, y'a pas a dire on c'est fait chier pendant la représentation.

Portrait de ras-la-patience

à azerty69 Portrait de azerty69 De ras-la-patience

09H54 | 19/09/2008 | Permalien

on ne peut pas dire que « huit femmes » était un film d'auteur, et malgré sa brochette de stars, c'était une vraie daube, tirée d'une vieille pièce de théâtre de Bernard Thomas, elle- même chiante à souhait.
et vous avez raison ; ça a marché !
moralité : suivons nos instincts au lieu des palmes d'or…

Portrait de Jack Sullivan

à azerty69 Portrait de azerty69 De Jack Sullivan

en boule | 10H41 | 19/09/2008 | Permalien

Petite remarque : une récompense n'est ni une bonne raison de voir un film, ni une bonne raison de ne *pas* le voir.
The proof of the pudding is in the eating : il faut voir par soi-même pour se faire une opinion en connaissance de cause (au lieu de se faire une opinion en fonction… de l'opinion des autres).

Portrait de azerty69

à Jack Sullivan Portrait de Jack Sullivan De azerty69

ExecutieveBranleur | 13H52 | 19/09/2008 | Permalien

Il faudrait que je vois les 500 films qui sortent par an pour me faire une idée ? ! ?
On est bien obligé d'avoir des à priori sur les films en salles pour choisir ce que l'on veut voir.

Portrait de Jack Sullivan

à azerty69 Portrait de azerty69 De Jack Sullivan

en boule | 14H51 | 19/09/2008 | Permalien

Mais pourquoi voulez-vous à tout prix avoir une idée à l'avance ? La découverte, l'aventure, l'inconnu, c'est bien aussi !
Si vous voulez vivre sans prise de risque, vous êtes mal barré, mon vieux : -)

Portrait de tooms4444

De tooms4444

p'tit con | 08H57 | 19/09/2008 | Permalien

Les billets pour new York qui manquent, ils pourraient pas passer sur le budget des profits faits sur les 10000 places payées par Delanoé ?
Je sais, je fais du mauvais esprit ; je sors (sur Bakchich).

Portrait de ragondine

à tooms4444 Portrait de tooms4444 De ragondine

ethnologue | 09H16 | 19/09/2008 | Permalien

pourquoi les billets ne sont pas prélevés sur les profit dégagées par l'audience du film franchement quelle pingrerie de la part des auteurs

Portrait de ragondine

à ragondine Portrait de ragondine De ragondine

ethnologue | 09H22 | 19/09/2008 | Permalien

excusez moi pour les fautes je corrige
« pourquoi les billets et le montant du séjour à New-York ne sont-ils pas prélevés sur les profits dégagés par l'audience du film franchement quelle pingrerie de la part des auteurs »

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code