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Le domaine d'une famille juive spoliée ressurgit lors d'un procès

Le domaine de l'Ecluse, à Salbris, dans le Loir-et-Cher (DR)

Pour contester l'intérêt à agir de riverains s'opposant à un projet immobilier de la commune de Salbris, dans le Loir-et-Cher, l'avocat de la ville a soutenu devant le tribunal d'Orléans que leur propriété avait été spoliée à une famille juive sous l'Occupation. Les Akar, « propriétaires légitimes », affirment avoir découvert l'existence de ce bien suite à ce procès et demandent maintenant réparation.

L'affaire au départ était plutôt ordinaire : un projet d'implantation d'entrepôts se heurte au mécontentement de riverains. Redoutant des nuisances, ces derniers engagent des recours contre la déclaration d'utilité publique et le permis de construire. Mais l'histoire se corse le jour où l'avocat de la mairie, maître Mialot, remet en cause la qualité de propriétaire d'un des requérants : les héritiers de Fernand Plée qui avait acquis le domaine sous l'Occupation.

Le bien en question, une propriété de huit cents hectares appelée le « Domaine de l'Ecluse », aurait été, selon lui, spolié à une famille juive, les Akar. Maître Mialot explique comment il a fait cette découverte :

L'avocat de la ville de Salbris soutient que ce domaine a été acheté en 1936 par Emile Akar, qui s'est ensuite réfugié en zone libre pendant la guerre. En 1941, un administrateur aurait été nommé par le commissariat aux Questions juives pour gérer le domaine en lieu et place du propriétaire. La vente à Fernand Plée aurait été finalisée en avril 1944. Au cours du procès devant le tribunal administratif, l'avocat de la ville a mis en avant l'argument de la spoliation pour contester l'intérêt à agir et donc la recevabilité du recours des requérants :

Cependant, le tribunal d'Orléans a rejeté, en juillet, les recours contre la déclaration d'intérêt public, sans se prononcer sur cette question. Pourtant, pour maître Mialot, cet argument semble avoir « inversé la religion du tribunal » :

« A la première audience, le commissaire du gouvernement, dans ses conclusions, a affirmé que la déclaration d'utilité publique devait être annulée car elle était illégale en deux points. Entre temps, on a fourni des éléments liés au défaut d'intérêt à agir, c'est à dire la spoliation. Et au cours de la seconde audience, il s'est trouvé qu'il n'y avait plus d'illégalité à reprocher à l'acte qui était attaqué ! »

Pas une seule contestation en soixante-sept ans

Quant-à l'avocat des héritiers de Fernand Plée, il soutient « que le domaine n'a pas été spolié » :

« En 1938, cette propriété avait été mise en vente par Emile Akar, décédé en 1940. Fernand Plée a acheté ce domaine à la femme d'Emile Akar, l'acte de vente a été signé en 1941. Si son consentement n'avait pas été libre et éclairé au moment de la vente, elle aurait cherché à récupérer ce bien après la guerre, or elle ne l'a pas fait. Pendant soixante-sept ans, il n'y a jamais eu une seule contestation. Mes clients sont choqués et estiment que l'honneur de leur grand-père est bafoué. »

Paul Akar, descendant d'Emile, conteste cette version :

« Je crois que la femme d'Emile Akar, ma grand-tante, n'a jamais eu connaissance de ce bien. En tout cas, elle ne nous en a jamais parlé. Ils étaient mariés sous le régime de séparation de biens et s'entendaient très mal. Je pense même qu'ils avaient divorcé, elle n'aurait donc pas hérité de ce bien. A la mort de ma grand-tante en 1979, le membre de notre famille qui s'est occupé de sa succession n'a pas évoqué l'existence de cette propriété. De toute façon, étant juive, elle ne pouvait plus disposer de ses biens pendant la guerre. Alors, même si elle avait hérité du “Domaine de l'Ecluse”, elle aurait été dans ce cas contrainte de le vendre. »

« La requête auprès de la commission Mattéoli n'avait pas abouti »

Jean-François Akar, autre descendant, affirme que sa famille n'avait jamais entendu parler du « Domaine de l'Ecluse » avant ce procès :

« Nous étions vaguement au courant qu'un grand-oncle avait eu une propriété en Sologne, mais nous ne savions pas ce qu'elle était devenue ni où elle se situait exactement. Nous avions constitué en 1999 un dossier auprès de la commission d'indemnisation Mattéoli pour essayer de retrouver les biens de nos ancêtres, mais la requête n'avait pas abouti. C'est l'avocat de la mairie de Salbris qui nous a contactés. C'est à ce moment que j'ai entendu parler pour la première fois du Domaine de l'Ecluse. »

Il confie sa réaction suite à la découverte de l'affaire :

Pour l'instant les héritiers de Fernand Plée n'ont toujours pas fait appel. « La famille Akar interviendra spontanément dans la procédure devant le tribunal administratif, aux côtés de la commune, s'il y a appel », explique Paul Akar. Il se justifie :

« C'est important que le projet de la mairie aboutisse, car il va créer de nombreux emplois. En parallèle, nous réfléchissons à une éventuelle action devant le tribunal de grande instance pour que la justice tranche la question de la propriété.

Les héritiers de Fernand Plée sont “sereins”, selon maître Guinot :

“La commune de Salbris, en mettant en avant l'argument de la spoliation ne vise qu'à détourner l'attention des questions de fond, c'est-à-dire du fait que mes clients contestent les nuisances qui pourraient découler de l'implantation de la plate-forme logistique.”

Cette affaire permet d'ouvrir le débat sur la restitution des biens juifs spoliés au cours de la seconde guerre mondiale. Des structures ont été mises en place, comme la commission pour l'indemnisation des victimes de spoliations. “Mais l'Etat n'a surtout pas voulu troubler la paix des familles en allant rechercher systématiquement les biens pour les rendre à ceux qui avaient été spoliés”, conclut maître Mialot.

Photo : le domaine de l'Ecluse, à Salbris, dans le Loir-et-Cher (DR).

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journaleux - blogueur | 22H51 | 16/09/2008 | Permalien

Il convient en effet de scinder les choses en deux, la période actuelle, et la période de l'Occupation, sur laquelle j'ai réagi cet après-midi pour des histoires de son et parce que j'avais eu, en 1990, connaissance de l'affaire.

ACTUELLEMENT :
Le bassin d'emploi de Salbris, paumé en pleine Sologne (charmant coin du Loir-et-Cher), a été très touché par la restructuration de l'industrie d'armement et de l'automobile (notamment Matra à Romorantin), de l'ordre de 2000 emplois (équivalent temps plein directs) sur la fin des années 90. Les collectivités locales cherchent donc du fric…

Un projet piloté par l'américain ProLogis annonce 600 à 800 emplois directs (équivalent temps plein), sur Salbris. Ce qui pourrait induire environ 2000 emplois sur l'ensemble du coin (en tenant compte des 600), d'après une étude économique locale. Ce qui reste à voir par Eco89 peut-être.

Après les européennes viendront les élections régionales… et il faut y penser.

Les actuels véritables propriétaires en titre (quelle que soit la façon et la DATE PRECISE dont le bien ait été acquis) sont de riches propriétaires terriens, considérés sur place comme des citadins, car ils ont un « pied-à-terre » (confortable) dans le 16e arrondissement de Paris. Dans la région solognote, ils ont quelques terrains de chasse et des propriétés (paient donc des taxes foncières… locales). Et sont suffisamment aisés pour attaquer en justice la Déclaration d'Utilité Publique du Préfet, le Plan d'occupation des Sols et toutes les paperasses qui vont avec, car cette histoire de spoliation semblait être partie (volontairement ? ) aux oubliettes.

Là-dessus se joue un argument « écologique » dont les porteurs sont ue famille fort respectable propriétaire d'un château et de 800 ha, à cheval sur deux communes.

Il y a aussi un autre souci (je ne sais pas où il en est) : du stockage d'uranium avait lieu dans le coin encore dans les années 90 (jusqu'à 2000 environ). Le GIAT n'a pas trop pour habitude de communiquer sur ces choses-là…

Et c'est la que l'avocat de Salbris entre en scène et que l'on passe au passé. A savoir y a-t-il eu ou pas spoliation de la famille de l'inventeur des voitures Amilcar ?

Et, prosaïquement, on peut facilement estimer le domaine à 120 ou 150 M€. Ce qui, pour une commune de 6 000 habitants (recensement général 1999) n'est pas une mince affaire dans les finances publiques.

Portrait de Solognot

à FabiendeMénilmontant Portrait de FabiendeMénilmontant De Solognot

Fonctionnaire | 23H06 | 16/09/2008 | Permalien

Très bonne connaissance du dossier. Sauf les chiffres, pour ce que j'ai lu les 150 millions d'Euros, c'est ce que Prologis met sur la table pour construire la plate-forme. Je pense que pour la valeur du domaine, il faut mieux enlever un 0.

Pour l'uranium, il se raconte que GIAT stockait de l'uranium appauvri sur le site où s'installe Prologis. Ce qui est certain c'est qu'on y fabriquai des munitions.

Mais pour la spoliation, je pense que vous confondez avec une autre histoire. Jamais entendu parlé avant l'été.

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journaleux - blogueur | 08H07 | 17/09/2008 | Permalien

@ Solognot,

voici pile-poil dix-huit ans que je ne travaille plus à LaRép (et non à la NR), où j'ai exercé de février à septembre 1990.
j'étais secrétaire de rédaction (donc à Saran) et m'occupais généralement de la GB2 (Beauce) et de la page contenant Sully et alentours. parfois, je faisais Gien. Pithiviers aussi.
j'ai eu à connaître divers dossiers de spoliation et suis certain que plusieurs se trouvaient en Sologne.
pour vous dire franchement, j'avais depuis le temps oublié le nom de la famille Akar. En revanche, les automobiles Amilcar m'étaient restées gravées dans la tête. Et cela se passait dans le coin. Ai-je mélangé Salbris avec un autre lieu ? possible. Pour des raisons que je ne peux expliquer ici (mais vous pouvez me contacter), ne prenez pas contact avec LaRep ni la NR, mais avec l'hebdo Le Journal de Gien pour approfondir ou recouper.
désolé pour ma méconnaissance du foncier local. je pensais qu'il avait continué à grimper, comme en Beauce.

Pour le dossier de l'uranium, ce n'est pas un « il se raconte ». C'est un fait, que vous aurez bien entendu du mal à prouver (confidentiel défense) qui a commencé avant la Seconde Guerre mondiale… à l'époque où aucune précaution particulière n'était prise. C'est peut-être pour cela que le géant américain ProLogis a déployé fin août les grands moyens… ci-dessous un sujet du Moniteur du 26/08/08, qui vous fera comprendre dans quelles eaux vous nagez actuellement. Ce n'est pas le film « Mille milliards de dollars », mais il faut savoir où l'on met les pieds, et éventuellement faire appel à Eco89 !

Votre région regorge ne non-dits. Il y a vingt ans, parler du camps de Beaune-la-Rolande relevait quasiment de l'invention, pour ne pas dire pire.

Bien cordialement, et bon courage !
Fabien
http://menilmontant.numeriblog.fr/
—————
Deux nominations clés au sein du groupe ProLogis

ProLogis, le plus important propriétaire, développeur et gestionnaire de plates-formes logistiques dans le monde, vient de nommer Ralf Wessel à la direction générale de Global Investment Management Group où il aura la responsabilité de la coordination des différents fonds ProLogis à travers le monde. Simon Nelson prend le poste de Senior Vice President des Fonds et Acquisitions en Europe et de Directeur de l'Asset Management de ProLogis European Properties.

Ralf Wessel
Ralf Wessel est nommé Directeur Général de Global Investment Management, chargé de la création et de la stratégie des nouveaux fonds et des relations avec les investisseurs. « Ralf possède plus de 10 ans d'expérience dans l'investissement immobilier, il a le profil idéal pour ce poste, commente Jeffrey H Schwartz, Chairman et Chief Executive Officer de ProLogis. Il a rejoint ProLogis en 2006, et a contribué au succès des levées de fonds en Europe, et plus récemment de nos fonds en Asie. L'élargissement de ses fonctions est donc naturelle. Ralf Wessel occupait le poste de Senior Vice President of European Fund and Capital Markets, en charge de la gestion des fonds européens et des actifs. Avant de rejoindre ProLogis, il était chez Equity Estate, une société de gestion et d'investissement immobilier basée aux Pays-Bas, où il a initié et structuré de nouveaux vecteurs d'investissement pour les investisseurs internationaux.
M. Wessel est diplômé d'un Master en économie des affaires de l'Université d'Amsterdam et d'un Master en investissement immobilier de la City University de Londres.

Simon Nelson
Simon Nelson a été nommé Senior Vice President des Fonds et Acquisitions en Europe et Directeur de l'Asset Management de ProLogis European Properties. “ Je suis heureux que Simon me succède à ce poste, cette promotion est méritée, commente Ralf Wessel, Directeur Général de Global Investment Management. Je suis convaincu qu'il continuera à parfaitement gérer nos activités de levée de fonds et plans de croissance en Europe. Simon Nelson a rejoint ProLogis en 2001. Initialement en charge des acquisitions en Europe du Sud, il était plus récemment Responsable des acquisitions européennes. Avant de rejoindre le groupe, Simon Nelson était Directeur Investissement chez DTZ en France où il avait en charge tous les aspects de l'investissement immobilier commercial.
Simon Nelson est titulaire d'un Master de français et italien de l'université d'Edimbourg, et d'un Master en gestion immobilière et développement de l'Université de l'East London.

Portrait de Lucius Sergius

à Gil BERT Portrait de Gil BERT De Lucius Sergius

Citoyen | 23H08 | 16/09/2008 | Permalien

« n'est il pas envisageable de dresser une liste des biens vendus de façon suspecte pendant cette période glauque ? »

 : -)))))

Tous les biens ?
Vraiment ?
Et puis on pourrait aussi chercher ce que sont devenus certains biens non réclamés, acquis par des collabos qui se sont aussi eux-même évanouis dans le néant après guerre, pendant qu'on y est…
J'imagine bien la panique dans certains chouettes quartiers…
Les implications politiques, aussi. : -)))))
Peut-être l'occasion de renouveler le paysage en profondeur…
Pour la mise en oeuvre, avec les blocages en perspectives, vaudrait mieux peut-être demander à quelqu'un de très très compétent, quand même… Genre Gérard Majax.

Sinon c'était une des touches de fraîcheur de la journée.

Delenda Carthago

Portrait de Scif

De Scif

patatoïde | 17H56 | 16/09/2008 | Permalien

La méthode de l'avocat est excitante et diablement intelligente, bien qu'un peu scabreuse.
En tout cas, il a bien piégé le tribunal administratif : si celui-ci avait retenu son intention première, c'est-à-dire d'annuler l'acte, il aurait du se prononcer au préalable sur la question de l'intérêt à agir. Il l'aurait écartée : pour avoir intérêt à agir, il suffit d'avoir la qualité de propriétaire « apparent » (car il ne lui revient pas de se prononcer effectivement sur la propriété du domaine, c'est un autre juge, une autre question) ; la famille Plée étant bien propriétaire apparent … Mais ce faisant, il prêtait le flanc à une mésinterprétation de sa décision : l'impression de leur reconnaître la propriété réelle, et donc de confirmer la spoliation. Dans un contexte polémique et sur une question hautement électrique, le tribunal a choisi un profil bas … Au grand bénéfice du client de l'avocat !

Portrait de Gil BERT

à Scif Portrait de Scif De Gil BERT

Je suis un humain, mais je me soign... | 07H40 | 17/09/2008 | Permalien

C'est effectivement scabreux, voir pervers. Si je comprend bien le tribunal n'est tenu de répondre à l'avocat que dans le cas ou il rendrait un jugement qui serait défavorable à ce dernier. L'avocat pose donc une question à laquelle le tribunal ne peux ou ne souhaite pas répondre. Le tribunal déboute donc l'autre partie. C'est un chouette jeux, mais il faudrait peut être changer le nom : « La Justice » ça prête à confusion. (Même si en l'occurrence, il semble que la décision rendue soit - par hasard - la meilleure.)

Portrait de contact@world-foundry.com

De contact@world-foundry.com

Salarié | 20H18 | 16/09/2008 | Permalien

La France à une histoire pas facile à porter. Mais il semblerait intéressant de rendre justice et de ne pas oublier même après plusieurs dizaines d'année.

Comprendre l'histoire et veiller pour qu'elle ne se répète pas est important surtout dans les périodes difficiles.

Un beau geste de la france envers une population qui s'ouvre. Nous sommes une terre d'acceuil et avons un modèle à sauvegarder. Militons pour le Made In France.

Portrait de BULDOZER

De BULDOZER

Chômeur en Sologne | 21H06 | 16/09/2008 | Permalien

Cette histoire ne risque-t-elle pas de finir sur le bureau du procureur ? Deux motifs pour cette question :

1/ Article 321-1 du Code Pénal : « Le recel est le fait de dissimuler, de détenir ou de transmettre une chose, ou de faire office d'intermédiaire afin de la transmettre, en sachant que cette chose provient d'un crime ou d'un délit. Constitue également un recel le fait, en connaissance de cause, de bénéficier, par tout moyen, du produit d'un crime ou d'un délit. Le recel est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 375.000 euros d'amende. »

Le droit français ne serait-il pas prêt à consacrer le « recel de crime contre l'humanité » ? Pour les actuels occupants ce serait dur, mais pour leurs notaires ?

2/ L'ordonnance du 9 juin 1945 relative « aux transferts et transactions d'apparence légale effectués par l'ennemi » dit que ces transactions sont nulles. Elle précise que le juge peut être saisi par le propriétaire spolié ou par le ministère public, donc le procureur.

L'avocat de la commune est un malin. Comme son objectif est de faciliter la création d'emplois contre un gros propriétaire qui vise sa tranquilité, il a moralement doublement raison. La question que je me pose est de savoir si les occupants du château ont été prévenus avant le jugement ; la procédure administrative est écrite, il y a du y avoir un mémoire avant l'audience. Comment ont-ils pu se maintenir ?

Portrait de Solognot

à BULDOZER Portrait de BULDOZER De Solognot

Fonctionnaire | 22H33 | 16/09/2008 | Permalien

Pour ce qui est du recel, je constate que l'auteur de l'article est titulaire d'un master de droit international. Quelle est son opinion du point de vue du droit ?

Portrait de c_hannoyer

à BULDOZER Portrait de BULDOZER De c_hannoyer

11H30 | 17/09/2008 | Permalien

L'avocat est doublement un gros malin : avec sa disqualification morale des héritiers Plée (ils sont quasiment accusés d'être des collaborationnistes de la pire espèce comme leur ancêtre alors que personne ne semble avoir été condamné pour ces faits, et qu'ils en sont innocents jusqu'à preuve du contraire ! ), il escamote entièrement le débat actuel : le projet mis-en-cause est-il pertinent ? son intérêt est-il réel ?

En fait, la mairie passe « d'accusée » à « procureur » en déplaçant le débat et esquive une question pourtant pertinente : la mairie n'a-t'elle pas un intérêt immédiat (impots locaux…) à un projet dont l'apport réel est faible (entrepôt : peu d'emploi en réalité) et dont les nuisances à longue échéance sont importantes. Ce ne serait pas la première fois qu'une mairie sacrifie l'intéret à long terme de la commune (exemple d'Arcachon).

Portrait de DOC

à c_hannoyer Portrait de c_hannoyer De DOC

Prof | 20H06 | 17/09/2008 | Permalien

800 emplois pour 6000 habitants… le ratio ne va pas dans votre sens. Certes je ne connais pas franchement le projet de plateforme, mais il semble avéré qu'elle soit créatrice d'emplois. On comprend pourquoi le Maire de la commune va mouiller sa chemise sur ce dossier.

L'ami qui m'a parlé de cette affaire voit cela d'un point de vu « local ». Il ne partage pas votre point de vue. Il a fait deux papiers dans Le Post

http://www.lepost.fr/article/2008/07/06/1219884_chateau-spolie-a-des-jui…

http://www.lepost.fr/article/2008/07/22/1228815_lorsque-les-bobos-de-dro…

Pour ce qui est du spoliateur, c'est l'Etat français, il ne faut pas confondre. Mais effectivement, les actuels occupants voient leur titre de propriété remis en cause par cette affaire. Il faut regarder leur situation du point de vue juridique. Il ne faut pas regarder la situation des petits enfants du point de vue moral pour ce qui concerne la spoliation. Ils n'étaient pas nés !

Pour ce qui est de leur opposition à la création d'emplois, cela regarde les gens qui vivent sur place, mais ne confondons pas les deux.

Portrait de Gil BERT

De Gil BERT

Je suis un humain, mais je me soign... | 21H13 | 16/09/2008 | Permalien

Je dis 2 choses
1/les réactions de la justice sont étranges : la spoliation avérée ou non ne devrait pas entrer en ligne de compte quant à la validation du projet de la mairie. Ce sont 2 affaires complètement dissociées. Je n'ai évidement pas d'appréciation sur la validité dudit projet. Ce qui émerge ici, c'est un manque de courage.
2/Que les héritiers, et là encore je suis incompétent pour juger de leur bonne ou de leur mauvaise foi, disposent ou non d'un pouvoir d'inertie, je m'étonne candidement que l'état français n'est pas à un moment ou à un autre tenter de rendre un minimum de justice dans des affaires comme celle ci, qui doivent être nombreuses. Je crois que c'est le minimum que nous, état français, puissions faire en l'occurrence.

Portrait de Solognot

à Gil BERT Portrait de Gil BERT De Solognot

Fonctionnaire | 22H31 | 16/09/2008 | Permalien

Vous avez raison, sachez que les hypothèques sont en cours de numérisation, il serait peut-être envisageable de faire une recherche sur « commissariat général aux questions juives » sur tous les titres de propriété. On y verrait plus clair…

Portrait de FabiendeMénilmontant

à Solognot Portrait de Solognot De FabiendeMénilmontant

journaleux - blogueur | 08H21 | 17/09/2008 | Permalien

@ Solognot,

dans le mesure où le « commissariat général aux questions juives » n'existe plus, peut-être que, en s'inspirant de cet exemple :
http://menilmontant.numeriblog.fr/mon_weblog/2008/08/les-malgr-elles.htm…
qui cet été a « fabriqué » 5800 anciens combattants, il faudrait mettre ledit ministère sur le coup ?

le souci dans les titres de propriété est que parfois les transferts sont écrits AU DOS (comme au cadastre). si numérisation d'un seule côté il y a, toute trace disparaîtra !

Portrait de pierrejcallard

De pierrejcallard

www.nouvellesociete.org | 02H10 | 17/09/2008 | Permalien

Excusez ma naiveté, mais est-il fréquent qu'on oublie simplement une châtesu qui vaut quelques millions et 800 hectares de terre qui en valent encore plus sans faire de réclamation ? Il me semble qu'au plus tard en 1946, un Akar aurait dû se manifester…

Pierre JC Allard

http://nouvellesociete.wordpress.com

Portrait de DOC

De DOC

Prof | 09H45 | 17/09/2008 | Permalien

Cette situation est hélas assez fréquente, c'est d'ailleurs pour cela que tant d'histoires ressortent 70 ans après. Placez vous un peu dans le contexte d'une famille juive en 1945. Vous rentrez d'un petit voyage en Europe centrale. Vos parents sont morts, vos oncles, vont cousins ont disparus. Vous avez déjà du mal à récupérer votre appartement qui est occupé par quelqu'un d'autre. Ensuite vous essayez de récupérer les biens de vos parents… Pour ceux de vos oncles et tantes, vous ne vous en occupez que lorsque vous vous êtes reconstruit. Encore faut-il aussi que vous ayez connaissance de quoi ils étaient propriétaires.
Si les enfants avaient disparus, les biens restaient souvent entre les mains de ceux qui étaient dedans. Les ordonnances de 45 donnaient pourtant obligation aux administrateurs du CGQJ et aux acheteurs de se signaler auprès du Ministère des Finances, mais dans le contexte de 1945, certains ont préféré rester « discret ».
Peut-être Monsieur Plée n'a pas fait les formalités auprès du Ministère des Finances. Peut-être il les a fait et l'Etat n'a pas fait son travail. Mais il est tout a fait plausible que les neveux AKAR n'aient jamais été informés.

Portrait de moa98

De moa98

la France d'en bas | 03H38 | 17/09/2008 | Permalien

Comme c'est facile de fermer les yeux quand on ne veut rien voir

Portrait de AbdulAziz

De AbdulAziz

PEINARDE | 08H35 | 17/09/2008 | Permalien

Rendons aux « AKAR » ce qui appartient aux AKAR.Est-ce que les taxes foncieres et immobilieres sont a jour ? Les investigations : Notaire Enregistrement au Cadastre existent depuis bien longtemps,d'ailleurs c'est,probablement, la lecture attentive des actes qui a conduit a re-attribuer ce bien aux descendants de cet honorable Emile AKAR.Elean Donean Castle ,un splendide chateau d'Ecosse ,a ete rendu a la famille proprietaire apres 700 ans de lutte et procedures.

Portrait de Caroline Fleuriot

De Caroline Fleuriot (auteur)

Etudiante en journalisme | 10H45 | 17/09/2008 | Permalien

Merci pour vos commentaires, ils m'ont permis de me rendre compte que j'avais oublié de préciser que la vente avait été finalisée en avril 1944. Voilà c'est corrigé. Par contre, pour la question du recel, je n'ai pas d'éléments à apporter pour le moment.

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