Enquete

Cristina, Edvige : des fichiers vieux comme la police

La méthode de fichage des individus a toujours existé chez les forces de l'ordre. Avec plus ou moins de contrôle et d'efficacité…

Le fichier des Renseignements généraux (RG) n'est pas « né en 1991 », comme se plaisent à claironner les défenseurs d'Edvige, qui cherchent à pointer le fait que les socialistes y sont pour quelque chose. Pour autant, il n'est pas faux de dire qu'il y a un « avant » et un « après » 1991. Et autant le dire d'entrée de jeu, avant, c'était un bazar généralisé.

En 1990, Michel Rocard, Premier ministre qui s'est intéressé à la question, entreprend d'officialiser et de rationaliser les pratiques existantes. Au motif qu'une bonne police est une police ayant une bonne mémoire et donc des archives bien ordonnées. Avant cela, la tenue des fichiers de police et de renseignements pouvait varier grandement selon les services ou les époques. Deux anecdotes pour l'illustrer.

Jacques et Bernadette Chirac (Dans la peau de Jacques Chirac)

Jacques Chirac et le désamour des fiches

La première montre jusqu'à quel degré de précision pouvaient aller certaines fiches. Elle a pour héros Jacques Chirac. Elle a été révélée par notre blogueur Philippe Madelin dans sa biographie de ce dernier, et reprise dans son dernier livre « Dans le secret des services » (p. 302).

En 1965, le jeune conseiller technique de Pompidou effectue un voyage en URSS pour négocier un accord de survol de la Sibérie. Dans le train Moscou-Leningrad, une accompagnatrice, officiellement employée à l'agence Air France de Moscou, le cornaque.

« Inutile d'être un grand expert pour comprendre que la belle Soviétique appartient au KGB, lequel lui a fixé pour mission de séduire le jeune conseiller technique. L'histoire ne dit pas s'il a succombé. »

Un correspondant du Sdece avertit la DST, « où l'on se scandalise d'autant plus que Jacques Chirac traîne depuis sa jeunesse étudiante une réputation de cryptocommuniste. Une note de signalement est rédigée et indexée le 29 mars 1965 par le service chargé de l'Union soviétique à la DST (CARU) ».

Matignon est alerté, Chirac placé sur table d'écoute.

« Non sans fureur, l'intéressé découvrira les observations le concernant lorsqu'il prendra lui-même le portefeuille de l'Intérieur, en 1974. Avant sa titularisation à ce portefeuille ministériel, Chirac sera toujours tenu en lisière des grands dossiers estampillés “ secret défense ”. »

En 1974, la fiche Chirac Jacques fut promptement rectifiée.

Rocard : « Se prétend conseiller d'Etat »

La seconde anecdote illustre, elle, le laisser-aller qui pouvait régner dans d'autres fichiers. C'est une légende de l'espionnage, Constantin Melnik qui me la raconte. L'ancien conseiller pour la sécurité de Michel Debré, Premier ministre pendant la guerre d'Algérie (1959-1962), se souvient avoir réclamé un jour la fiche d'un certain Michel Rocard.

« Je pensais trouver un portrait de l'intéressé. J'ai lu : “Se prétend conseiller d'Etat.” C'était vraiment grotesque, les fiches sur les hommes politiques étaient très approximatives, reflétant surtout les a-priori des rédacteurs. »

Dans les années 80, la gendarmerie fiche tout le monde

De l'avis général des praticiens, avant 1991, « c'était tout et n'importe quoi » selon l'expression d'un membre des RG. Avec pour résultat que les années 80 apparaissent beaucoup plus liberticides que la situation actuelle, sans que cela ne soit jamais dit.

L'exemple de la gendarmerie (la meilleure police de renseignement de proximité du pays) est instructif. Entré en 1981 dans l'arme, Patrick Baptendier commence sa carrière à la Brigade territoriale de Clichy-la-Garenne :

« A l'époque, nous remplissions trois types de fiche :

  • la fiche 15 (jaune) pour tous les individus nés dans la commune
  • la fiche 24 (beige) pour les gens résidant dans la commune
  • la fiche 19 (verte) pour tout ceux qui sont nés à l'étranger, qu'ils soient Français ou étrangers

Bien sûr, les gens figurant dans ces fiches n'avaient pas nécessairement commis un délit ou un crime. Nous mettions tous les renseignements possibles : l'immatriculation des voitures, la composition de la famille, les conneries des mômes… tout était écrit à la main : “ C'est le copain de untel, sa femme est comme ça ”, autant d'informations prohibées par la Cnil, mais c'était fait de façon anarchique. »

L'usage de ces fichiers est aussi très anarchique :

« A l'époque, chaque commune avait sa brigade de gendarmerie. Les services de police, en particulier les RG, nous consultaient souvent quand ils en avaient besoin. Puis la situation s'est normalisée. »

1991 : informatisation, centralisation, officialisation

Deux phénomènes vont « assainir » la situation. D'abord, la volonté de l'exécutif de réguler un peu mieux l'activité des services de renseignements. En voulant légaliser le « n'importe quoi » du fichier RG, Michel Rocard déclenche une belle polémique.

Dans une première version, il est prévu de pouvoir inscrire les « origines raciales » sur les fiches. Les associations montent au créneau, le gouvernement recule. Finalement, le décret prévoit de se limiter aux « activités » politiques ou religieuses de ceux qui ont « un rôle politique, économique et social significatif » ou « ayant sollicité, exercé ou exerçant » un mandat public.

L'autre dynamique qui renforce le contrôle sur les fichiers dans les années 90 et 2000 est celle de… l'informatique. En passant des fiches cartonnées au numérique, les fichiers sont régulièrement nettoyés. Les infos -en particulier les condamnations pénales- mises à jour au fur et à mesure. Pourtant, de l'avis des praticiens, personne ne contrôle vraiment ces fichiers, y compris la CNIL dont c'est pourtant l'une des missions.

Entrée en scène d'Edvige

« Si vous laissez les flics faire des fiches, vous faites n'importe quoi. Souvenez-vous des écoutes téléphoniques de l'Elysée, avec Carole Bouquet… », constate Constantin Melnik, qui est convaincu que les fichiers de masse, type Edvige, constituent des « tentations dangereuses » :

« Le gouvernement sera forcé de revenir en arrière. L'idée n'est pas mauvaise en soi, compte tenu de la menace terroriste, mais là ils sont allés un peu fort sur la vie sexuelle… De toute façon, plus un fichier est petit, plus il est fiable. Dans les services spécialisés comme le contre-espionnage, on se concentrait sur des personnages précis comme un espion soviétique, sur lequel vous aviez des renseignements précis. Pas n'importe quoi. »

A l'ère du « data mining » post-11 septembre, Edvige ferait entrer les usages policiers dans le XXIe siècle. En effet, ce genre de fichier n'est pas utilisé pour la qualité de ses informations, mais pour sa quantité et sa capacité à « profiler » des groupes sociaux, des comportements, des déviances. Encore peu utilisée en France, cette méthode est déjà très répandue en Allemagne et aux Etats-Unis.

S'il entrait en activité, Edvige serait donc un remix du fichier des RG, mais mis à disposition de l'ensemble des policiers de la sécurité publique. Avec l'éclatement des RG en deux entités, à partir de la création de la DCRI le 1er juillet dernier, le gouvernement n'avait pas le choix. Il était obligé de scinder l'ancien fichier RG en deux. D'un côté les fiches sur les groupes radicaux et violents (islamisme, indépendantisme basque, nationalistes corses… etc). De l'autre, le tout-venant ayant trait à l'ordre public (violences urbaines).

Des problèmes sur la nature des données, mais surtout sur leur usage

La polémique Edvige met donc en lumière la question de l'usage de ces fichiers, de leur contrôle, sans oublier la possibilité de comparer ces données avec d'autres fichiers. Ne l'oublions pas, il existe aujourd'hui 36 fichiers à la disposition des forces de l'ordre. Bien sûr, le décret de 2008 prévoit un garde-fou, inscrit dans l'article 4 :

« Le traitement et les fichiers ne font l'objet d'aucune interconnexion, aucun rapprochement ni aucune forme de mise en relation avec d'autres traitements ou fichiers. »

Dans la pratique, les policiers n'hésitent pas comparer visuellement les fichiers. Pas d'interconnexion, mais un vrai croisement de données, en temps réel. En revanche, les policiers interrogés aujourd'hui confirment que le fichier RG est, en théorie, réservé aux membres du service.

Derrière Edvige, l'inconnu Cristina>

Derrière Edvige, un autre fichier destiné à remplacer le fichier informatisé du terrorisme de 1991 se profile.

Il s'appelle Cristina pour Centralisation du renseignement intérieur pour la sécurité du territoire et les intérêts nationaux. Il est censé rassembler les « données personnelles » classées « secret-défense ». De qui ? Comment ? Pour qui ? Autant de questions qui n'ont pas vraiment de réponse selon Didier Bigo, maître de conférence à l'IEP Paris. (Voir la vidéo)



Avant de refermer le dossier, tous les politiques devraient se souvenir de la fiche Chirac, Jacques, de 1965. Une information que l'intéressé n'a jamais démentie.

Phot : Jacques et Bernadette Chirac (Dans la peau de Jacques Chirac)

92 commentaires (Pour réagir, connectez-vous)

  • Téléchargez votre photo sur votre page perso. Elle apparaitra à côté de vos réactions.
  • Merci de respecter la charte des commentaires, sans quoi nous nous réservons le droit de supprimer votre réaction.
  • Les commentaires sont fermés après quatre jours.
Portrait de jide

De jide

jide.romandie.com | 13H11 | 13/09/2008 | Permalien

Que ces fichiers existent depuis longtemps ne prouve qu'une seule chose : que l'État a toujours eu a cœur de contrôler les citoyens. La nouveauté, c'est la violence de la répression politique, les procès pour outrages, les interdictions de manifester au passage du président. Un fichage offensif, en quelque sorte…

http://jide.romandie.com

Portrait de catapulte

à jide Portrait de jide De catapulte

président de la République | 13H37 | 14/09/2008 | Permalien

« La nouveauté, c'est la violence de la répression politique, “

Non. la nouveauté, et ce qui est dangereux, c'est tout ce monde qui a accès à nos fiches (tous les flics de France, les responsables d'administrations, etc).

Auparavant, à l'ère du papier, même les fiches hyper complètes et inquisitrices étaient moins dangereuses, car elles restaient visibles uniquement des quelques gendarmes qui les avaient remplies et de ceux qui le leur demandaient.

Portrait de Phil2922

De Phil2922

Retraite invalidité | 13H25 | 13/09/2008 | Permalien

La France est le pays européen qui fiche le plus ses citoyens et c'est désolant….

L'autre jour, sur France Inter, j'ai aimé la blague de Stéphane Guillon qui disait : « C'est les mômes qui ne font pas de conneries, qu'il faudrait ficher… ! ».

Avant 1991, c'était le bordel… ? Il aurait fallu faire venir des spécialistes de la Stasi. Quand on a vu le magnifique film « La vie des autres », on ne peut que se tenir prêt à lui faire sa fête à Edvige le 16 octobre… !

http://phil195829.overblog.com

Portrait de ToRDReLoRDRE

De ToRDReLoRDRE

chien de talus | 13H42 | 13/09/2008 | Permalien

La dernière phrase de Didier Bigot est savoureusement vraie ! Pour reprendre l'idée intéressante trouvée par un palestinien arrêté injustement http://www.france-palestine.org/article9737.html, nous pourrions nous attribuer des appartenances et des « déviances » bidons afin de saturer d'erreurs nos fiches personnelles :
Corses militez pour le mouvement gay & lesbien, maghrébins pour la cause nationaliste corse, Basque devenez des antinucléaires, les bretons des faucheurs d'OGM…vous allez bosser les stakhanovistes de La vie des autres !

Portrait de Nathan56

De Nathan56

Salarié | 13H43 | 13/09/2008 | Permalien

Mais qui est Edwige déjà ? Est-ce déjà une femme ? Un homme ?

Peut-être, sans doute même !

Peut-être un ignoble pervers qui pour mieux se dissimuler aux yeux du public va même jusqu'à prendre comme surnom un délicat prénom suave et enchanteur. Mais ce n'est qu'un surnom… Et si cet ignoble pervers, un jour, dans pas longtemps arrivait à ses fins ? Accéder aux données de votre employeur, votre médecin, votre notaire, votre banquier, votre assureur, etc… Tout ça sous le couvert de la sécurité ! Est-il né d'ailleurs ? Peut-être est-il déjà là aussi ?

En effet, qui peut nous affirmer que dans 5 ans, 10 ans ou 20 ans, demain ( ? ), un despote inhumain ne parvienne au pouvoir dans notre pays, un autre (on entend même aujourd'hui affirmer que…) et fasse main basse sur toutes ces données. Tout ça toujours sous le couvert de la sécurité !

Il y a un peu plus d'un demi siècle, les mêmes prétextes avancés ont produit les effets que l'on connaît. Tout ça depuis qu'un petit bonhomme brun, antisémite, amer, aigri, profondément mauvais et méchant a voulu tout connaître sur tout le monde pour ensuite ne « garder » que ceux qu'il estimait devoir « épargner » pour perpétuer la race « supérieure » comme il prétendait. Plusieurs millions de personnes, dont on disait à l'époque qu'elles représentaient une menace, ont ainsi, à leurs dépends, appris que de simples fiches en papier cartonné classées dans des commissariats, des préfectures, des hôpitaux, des écoles, des syndicats, des entreprises, dans de multiples organismes privés et publics étaient déjà terriblement efficaces. En une nuit, plusieurs centaines… plusieurs milliers de personnes pouvaient disparaître et se retrouver balancées dans des wagons ou parkées dans les stades. Pistées, parfois chassées comme des bêtes… Toi, toi et toi… Le jour J (mais aussi la nuit N), « l'ordre public » accomplissait son sinistre devoir, parfaitement renseigné par les fiches manuscrites ou dactylographiées.

Et aujourd'hui, ces mêmes fiches soit-disant destinées à assurer et préserver l'ordre public, nous « protéger » (de nous même d'ailleurs, de plus en plus, vous avez remarqué ? ) s'échangent en une nano-seconde, se croisent, se transmettent, se font pirater, voler, falsifier…

Vous trouvez ça vraiment réconfortant sur le plan de votre sécurité personnelle de savoir que demain, parce que vous êtes par exemple syndicaliste, homo, malade, adepte d'une divinité indienne ou bien encore tout simplement trésorier d'une banale association loi 1901, vous vous retrouverez fiché et immédiatement « accessible » parce que votre profil personnel présente une menace aux yeux de quelques personnes influentes et pas forcément bien intentionnées à votre égard ?

Aujourd'hui, combien de personnes pourraient ainsi « disparaître » si quelqu'un le décidait et y parvenait ? Etes-vous prêts à parier que vous seriez « épargné » ? C'est pourtant à ce jeu très dangereux que nous jouons tous en ce moment ! Tous ! Nul ne peut prétendre prévoir et anticiper l'avenir mais si cela devait arriver… Les promoteurs d'Edwige avance le cadre légal bien entendu ; mais une loi se viole de nos jours. La loi a toujours été violée, depuis tous temps. Ces mêmes personnes influentes violent également la loi (certaines, pas toutes bien sûr). Mais celles qui le font, très fréquemment, le font en toute impunité. Alors une loi, pour quoi faire ? Elle serait de toute façon contournée si cela s'imposait ! Si des intérêts politiques, financiers, religieux s'en mêlent, tout devient alors malheureusement possible.

On joue aujourd'hui aux apprentis sorciers, avec tout : le climat, les OGM, le nucléaire, notre environnement… Alors pourquoi pas avec nos libertés individuelles ?

L'informatique, cette informatique que l'on glorifie si souvent avec ses millionnaires, ses inventeurs, ses génies, ses visionnaires souvent, cette informatique qui a bouleversé l'économie mondiale en quinze, vingt ans, ces milliers et milliers de réseaux de l'information, ces millions et millions d'adresses IP qui cohabitent, s'observent, s'épient, se traquent, S'ASSASSINENT ! Qui peut prétendre pouvoir tous les sécuriser et les contrôler si ce n'est celui qui veut se les approprier à son usage unique ?

Portrait de Adieu_Monde_Cruel

à Nathan56 Portrait de Nathan56 De Adieu_Monde_Cruel

Lobotomisé | 14H29 | 13/09/2008 | Permalien

100% d'accord avec vous.

Voici ce que j'écrivais le 31/07/2008 sur un forum du point.fr intitulé « Le fichier Edvige n'en finit plus de susciter la polémique » :

[ (…) C'est du fichage tout azimut, pour des justifications suffisamment floues et à propos de suffisamment de personnes pour être potentiellement et monstrueusement dangereux. Dangereux, aujourd'hui 31 juillet 2008 ? Non, sans doute pas. Mais dans 5 ans, dans 10 ans, lorsque des centaines de milliers de fiches seront renseignées ?
(…)
Au fait, qui est censé appuyer sur le bouton « delete » si le Front National (ou un autre parti du même acabit) arrive au pouvoir ? ]

Portrait de jide

à Adieu_Monde_Cruel Portrait de Adieu_Monde_Cruel De jide

jide.romandie.com | 14H45 | 13/09/2008 | Permalien

Mais… un autre parti du même acabit EST au pouvoir !

Portrait de Sexus Empiricus

à Adieu_Monde_Cruel Portrait de Adieu_Monde_Cruel De Sexus Empiricus

19H02 | 13/09/2008 | Permalien

Votre contribution du 31/07 est, à mon avis, autrement plus perspicace que celle du 13/09 dans laquelle vous martelez que « les mots ont un sens ». Serait-ce une profession de foi ?
Car vous aviez montré vous-même qu'un mot d'allure aussi anodine que l'adjectif « dangereux » a un contenu, non seulement flasque dans son extension, mais variable dans son acception, notamment si on y introduit le facteur temps, - preuve que les mots n'ont pas un sens, mais des sens très divers et ondoyants (sinon il n'y aurait pas à interpréter les textes de loi, et la jurisprudence n'aurait pas lieu d'être).
Non, les mots dont se sert le législateur pour énoncer la loi n'ont pas un sens, car ce sont des abstractions et des fictions sans contenu fixe. Il suffit d'avoir assisté une seule fois à un procès au tribunal pour savoir que « liberté », « égalité », toutes nos grandes idées et un grand nombre des termes de la langue des lois n'ont pas l'évidence d'une essence platonicienne.

Si sens il y a, celui-ci n'est pas donné d'avance, mais préparé, et c'est justement ce qui se prépare qui est inquiétant.
En gros, le sens est tellement vague, si évasif (passer « d'attenter à la sûreté de l'Etat en ayant recours à la violence » à « la possibilité éventuelle de porter atteinte à l'ordre public », comme vous le remarquez) qu'il tourne à l'auberge espagnole, avec la porte grande ouverte à toutes les dérives et tous les glissements de sens.
Voilà l'objection qu'on peut faire à la lettre de ce texte : d'avoir un sens indéterminé, non limité et incontrôlé.

Quant à son esprit, il rôde depuis le début du XIXe siècle dans toutes les techniques politiques du pouvoir : dans sa volonté de savoir, l'esprit d'Edvige vient de Bentham, - c'est le panopticon !

Quant au dispositif lui-même, ce n'est pas le bouton « delete » qui fait défaut. C'est la routine d'exécution qui devrait rendre Edvige amnésique ou vierge - comme on le dit du casier judiciaire - à une fréquence pré-définie.
Mais laissons cela, car au-delà de mes arguties, je suis d'accord avec vous.

Portrait de Adieu_Monde_Cruel

à Sexus Empiricus Portrait de Sexus Empiricus De Adieu_Monde_Cruel

Lobotomisé | 20H53 | 13/09/2008 | Permalien

Cher Sexus,
point de martèlement intentionnel, juste la volonté de réaliser une épanadiplose (ou une épiphore, je ne sais plus quel est le terme adéquat).

Cordialement.

Portrait de Talou

à Adieu_Monde_Cruel Portrait de Adieu_Monde_Cruel De Talou

20H00 | 15/09/2008 | Permalien

Suis d'accord avec ce que vous écrivez, mais je crains une chose : Morin s'est « dévoué » pour lâcher la bombe lors de l'idyllique week-end chic UMP ; Depuis, ça « occupe … Et basta le pouvoir d'achat, la suppression des 35 heures et de la Sécu , les retraites etc… ==> Que ce soit EDVIGE ou CRISTINA, cela leur fait gagner du temps (et focaliser l'attention du peuple sur autre chose que ses préoccupations quotidiennes)
P.S : Pourquoi ? ? ? Le Front Nat… il n'y est pas, au pouvoir à votre avis ? ? ? (il les a chopées où, ses voix, le “grand Nico” ? …)

Portrait de Les Chats

à Nathan56 Portrait de Nathan56 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 10H10 | 14/09/2008 | Permalien

@Nathan56
« Et aujourd'hui, ces mêmes fiches soit-disant destinées à assurer et préserver l'ordre public, nous protéger »

Nous protéger ? L'Etat français n'a jamais rien fait pour protéger ses citoyens, lorsqu'il l'a fait c'était sous la pression, ou parce que ça lui rapporte financièrement.

Portrait de BrunoC

De BrunoC

( ° ) ( ° ) | 13H45 | 13/09/2008 | Permalien

Un résumé romancé des méthodes policières de Vichy à nos jours (ou presque) dans « Itinéraire d'un salaud ordinaire » (Didier Daeninck - Gallimard)

Portrait de Adieu_Monde_Cruel

De Adieu_Monde_Cruel

Lobotomisé | 14H04 | 13/09/2008 | Permalien

Les mots ont un sens.

Dans l'ancien fichier des RG (décret 91-1051 du 14 octobre 1991, accessible sur le site « legifrance »), il est écrit que les informations recueillies ne pourront l'être (à l'exclusion de tout autre motif) que « lorsqu'elles concernent des personnes qui peuvent, en raison de leur activité individuelle ou collective, PORTER ATTEINTE A LA SURETE DE L'ETAT OU A LA SECURITE PUBLIQUE, PAR LE RECOURS OU LE SOUTIEN ACTIF APPORTE A LA VIOLENCE AINSI QUE LES PERSONNES ENTRETENANT OU AYANT ENTRETENU DES RELATIONS DIRECTES ET NON FORTUITES AVEC CELLES-CI. »

Dans le nouveau fichier EDVIGE (décret n° 2008-632 du 27 juin 2008, également accessible sur le site « legifrance »), il est désormais possible « DE CENTRALISER ET D'ANALYSER LES INFORMATIONS RELATIVES AUX INDIVIDUS, GROUPES, ORGANISATIONS ET PERSONNES MORALES QUI, EN RAISON DE LEUR ACTIVITE INDIVIDUELLE OU COLLECTIVE, SONT SUSCEPTIBLES DE PORTER ATTEINTE A L'ORDRE PUBLIC. »

On passe donc, pour résumer, d'attenter à la sûreté de l'Etat en ayant recours à la violence à la possibilité éventuelle de porter atteinte à l'ordre public.

Ce n'est quand même pas qu'un simple glissement sémantique !

Dernier « détail » : le décret de 1991 (sur l'ancien fichier des RG) prévoyait une possibilité pour le citoyen d'accéder aux informations le concernant (ou avoir la confirmation qu'aucune information le concernant n'était présente), après bien sûr vérification que la divulgation des éléments ne soient pas préjudiciable !
Or, cette possibilité d'accès a disparu dans EDVIGE. Et comme l'ancien fichier a été basculé dans le nouveau, même les anciennes données ne sont plus accessibles.

Vraiment, je crois que les mots ont un sens.

Portrait de Les Chats

à Adieu_Monde_Cruel Portrait de Adieu_Monde_Cruel De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 09H43 | 14/09/2008 | Permalien

Bien vu Adieu_Monde_Cruel ! !
On peut douter fortement que la police respecte le règlement de ces fichiers, vu qu'ils ne respectent même pas le règlement du TaserX26.
Quand au glissement sémantique VOLONTAIRE, c'est le langage habituel de sarko pour étendre et généraliser ses pouvoirs.
Je trouve particulièrement légère la réaction des opposants qui ne prennent pas en compte ces dérives sémantiques. Est-ce bien normal qu'un individu ne puisse avoir accès à ses données personnelles ?
Que dit l'Europe à ce sujet ?
Que l'on puisse bloquer cet accès à un criminel ou un terroriste, on peut comprendre, mais pour tout le reste de la population sans problème majeur, c'est inadmissible.

Portrait de raskolnikov

à Adieu_Monde_Cruel Portrait de Adieu_Monde_Cruel De raskolnikov

simple citoyen | 17H17 | 15/09/2008 | Permalien

Depuis que le monde est monde on fiche les gens pour moult raisons alors ce qui est indispensable à savoir qui peut avoir accés et utiliser et à quelles fins ces fichiers le reste c'est de la démagogie

Portrait de Sexus Empiricus

De Sexus Empiricus

14H12 | 13/09/2008 | Permalien

Voici une fiche de renseignements, qui vaut bien celle de Chirac, Jacques.
« C'est un gros garçon… Il va très rarement dans les salons… Il va beaucoup au spectacle et vit toujours avec quelque actrice… Il achète beaucoup de livres. Il rentre tous les soirs à minuit. »

À vue de nez, ça date d'avant 1991, tellement c'est « le bazar ». Mais, est-ce bien la police de Paris ? On dirait plutôt un commérage rapporté de la conciergerie, tellement le fichier fourmille de détails copieux et saugrenus. On ne voit pas ce que le secret-défense, ou la sécurité, ou la raison d'Etat peut trouver de si important à savoir dans ces ragots demi-mondains.

On demande à connaître la source. Wanted ?
Epoque de la chute de Napoléon. Paris, 1814, Rapport de Police. Le type visé était connu des services secrets sous le nom de B.H. Lui qui adorait l'incognito n'avait pourtant rien fait, aucun délit à se reprocher ni à cacher. On sait seulement qu'il avait en horreur ce que, depuis l'épisode de la vache folle, il est convenu d'appliquer aussi bien aux denrées périssables qu'aux personnes, au cas où… - la « traçabilité » !

Portrait de contact@world-foundry.com

De contact@world-foundry.com

Salarié | 14H20 | 13/09/2008 | Permalien

Je veux être fiché comme un militant pour le Made In France, tant que ce fichier est hébergé par des ordinateurs Français, cela ne me dérange pas.

http://blog.foundry-forge.com/

Un film passionnant d'Anne Roumanof à voir absolument, youtube vient de supprimer sa diffusion,elle critique le made in china…

Fiché moi mais gardé mon boulot en france.

Portrait de Mon-Al

De Mon-Al

roturière :-) | 15H16 | 13/09/2008 | Permalien

Nous sommes tous fichés et depuis fort longtemps : certains désignent Vidocq comme l'inventeur des « fichages » d'Etat …

Mais nous le sommes aussi par bien d'autres choses :

-par les impôts,
-la sécurité sociale
-la carte bancaire
-la carte de paiement du magasin de ton choix
-le téléphone portable
Internet dès qu'on allume son ordinateur et ou si on s'inscrit sur des sites comme Facebook, MSN etc ..

Donc, effectivement et ceci bien avant 1991 se faisait … ayant longtemps milité et fait partie d'associations diverses, il suffisait, pour avoir des « renseignements » sur un nouvel arrivant de savoir « où » téléphoner pour savoir …

La seule différence, maintenant, c'est que les fichiers sont informatisés et peuvent être croisés. Et utilisés par des personnes accréditées … Donc, on met fin à l'hypocrisie et on officialise ce qui a été fait de tout temps.

Les faits nouveaux sont les renseignements relatifs à l'orientation sexuelle et à la maladie … ce qui va être révisé.

C'est la première fois que j'interviens sur le sujet Edvige. Probablement pour éviter de nager à contre-courant. Mais les cris d'orfraies qui nous assourdissent depuis une bonne semaine sont arrivées bien tardivement … et proférés par des personnages sans grande envergure : Morin ( qui a voulu se faire mousser devant son parti, mais il était de ceux qui ont approuvé le décrêt lors de sa mise en forme) et l'inénarrable Bayrou qui n'en manque décidément pas une ! ! ! Ces protestations ont servi à revoir la copie. Dommage que cette copie n'ait pas été discutée avant d'être dévoilée … mais c'est l'habitude de ce gouvernement de « lancer » des fusées, quitte à revenir en arrière si çà coince - je dis de ce gouvernement, mais il n'est pas le premier à agir ainsi …

Quant aux hommes politique ou publics ils ont toujours été fichés … et même « écoutés », mais je ne veux pas revenir au temps des « écoutes de l'Elysée », celà remonte au siècle dernier et après tout : nobody's perfect, isn't it ?

Portrait de Adieu_Monde_Cruel

à Mon-Al Portrait de Mon-Al De Adieu_Monde_Cruel

Lobotomisé | 16H27 | 13/09/2008 | Permalien

Allons, allons, arrêtons de faire comme si ma carte de fidélité du magasin TrucMuche contenant la liste de mes achats (de produits en vente libre, par définition) et le fichage par EDVIGE étaient comparables.

Bien sûr que nous sommes tous présents a minima dans des dizaines de fichiers et c'est obligé, à moins de vivre en autarcie complète (encore que je soupçonne qu'il puisse exister un fichier contenant les personnes n'apparaissant dans aucun fichier).

La seule vraie défiance que j'ai par rapport à EDVIGE, c'est le fait que pour y figurer, il suffise dorénavant d'être susceptible de porter atteinte à l'ordre public. C'est la porte ouverte à tous les abus.

Mme Alliot-Marie a déclaré [que ce fichier ne serait] « utilisé que dans des cas extrêmement limités ».
Alors pourquoi ne pas l'avoir mis dans le décret ?
En lieu et place, ont a « susceptible de… ».

Etre susceptible de… Je suis susceptible d'avoir un jour le Nobel de littérature : je sais écrire et j'ai un QI supérieur à 30 (enfin je crois).

Portrait de DBL8

à Adieu_Monde_Cruel Portrait de Adieu_Monde_Cruel De DBL8

Retraité | 06H08 | 14/09/2008 | Permalien

 »…ma carte de fidélité du magasin TrucMuche… »

Mouai… mais cela ne les empêche pas d'utiliser les données des adhérents pour les enseignes de leurs groupes.
Pourquoi pensez-vous que vous recevez de la pub d'enseignes ou vous n'avez jamais été ?
Et les fiches de clients qui sont revendues ? !

Ce fichiers fait parler de lui pour des raisons qui ne sont pas anodines, mais il y a, à mon avis) longtemps que certaines informations y sont déjà, sauf que ce n'était pas connu, OU pas voulu diffuser par les médias qui il faut bien le dire nous bourrent le crâne !
Parfois à juste raison.

Portrait de Talou

à DBL8 Portrait de DBL8 De Talou

19H55 | 15/09/2008 | Permalien

Suis d'accord avec ce que vous écrivez pour la plupart, mais je crains une chose : Morin s'est « dévoué » pour lâcher la bombe lors de l'idyllique week-end chic UMP ; Depuis, ça « occupe … Et basta le pouvoir d'achat, la suppression des 35 heures et de la Sécu , les retraites etc… ==> Que ce soit EDVIGE ou CRISTINA, cela leur fait gagner du temps (et focaliser l'attention du peuple sur autre chose que ses préoccupations quotidiennes)

Portrait de Les Chats

à Adieu_Monde_Cruel Portrait de Adieu_Monde_Cruel De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 09H48 | 14/09/2008 | Permalien

« porter atteinte à l'ordre public »

Vaste programme ! ! ! Où trouve t-on la définition exacte de cette phrase, si définition il y a ?

Portrait de Adieu_Monde_Cruel

à Les Chats Portrait de Les Chats De Adieu_Monde_Cruel

Lobotomisé | 11H20 | 14/09/2008 | Permalien

Très bonne question Les_Chats !

Voici une compilation de ce que j'ai pu trouver sur le site http://www.conseil-constitutionnel.fr/ au sujet de la notion d » « ordre public ».

Tout ce qui est entre [ ] provient du site mentionné.

[ « Le Conseil constitutionnel n'a jamais défini ce qu'il entendait par ordre public… mais, à la lecture de ces décisions, il est facile de comprendre ce à quoi il fait référence. Il s'agit en fait d'une notion que tout le monde comprend sans qu'il soit besoin de lui donner une définition précise !

Il est cependant possible de dire que la définition donnée de l'ordre public par le Conseil constitutionnel est très proche de celle utilisée en droit administratif français depuis plus de deux siècles.

Elle recouvre “ le bon ordre, la sécurité, la salubrité et la tranquillité publique ”. En revanche, elle n'englobe pas, comme en matière administrative, “ la dignité de la personne humaine ”, pour la raison que ce principe dispose d'un fondement spécifique dans le Préambule de la Constitution de 1946.

De même, si la notion d'ordre public présente un lien de parenté assez fort avec celle d'intérêt général, le Conseil constitutionnel distingue nettement l'une et l'autre dans ses décisions. Garantie de la sécurité des personnes et des biens, l'ordre public est regardé par la jurisprudence du Conseil comme le “ bouclier ” de certaines des plus fondamentales de nos libertés : “ La prévention des atteintes à l'ordre public est nécessaire à la sauvegarde de droits de valeur constitutionnelle ”.

* L'ordre public n'est explicitement mentionné qu'une fois dans nos textes constitutionnels. C'est l'article 11 de la Déclaration de 1789 : “Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi”.

comme l'a rappelé le Conseil constitutionnel dans une décision récente sur la sécurité intérieure (mars 2003), il appartient au législateur d'assurer la conciliation entre, d'une part, la prévention des atteintes à l'ordre public et la recherche des auteurs d'infractions, toutes deux nécessaires à la sauvegarde de droits et de principes de valeur constitutionnelle, et, d'autre part, l'exercice des libertés constitutionnellement garanties, au nombre desquelles figurent le respect de la vie privée (protégé par l'article 2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789), la liberté d'aller et venir (protégée par l'article 4 de la Déclaration), ainsi que la liberté individuelle, que l'article 66 de la Constitution (en vertu duquel “ Nul ne peut être arbitrairement détenu ”) place sous la surveillance de l'autorité judiciaire. ]

Donc, on pourrait appliquer (audacieusement mais respectueusement) à l'ordre public la phrase devenue célèbre d'un juge de la Cour suprême des États-Unis : “ Je ne sais pas définir ce qu'est la pornographie, mais je sais la reconnaître lorsque j'en vois. ”

Portrait de zénon denon 84

De zénon denon 84

Bonne | 15H54 | 13/09/2008 | Permalien

Je me suis souvent demandé pourquoi
on ne revenait pas au chèque postal .
En suppression de la bleue carte ! ! !
C'est vrai ça demande un peu plus de temps
pour payer ,mais ça vaudrait le coup,non . ?
On retrouverait de belles queues au
carefour du coin (je parle de l'hyper ),
Tien on pourrait parler au quidam qu'est devant
ou derrière ,au choix .
On aurait le temps de chausser ses lunettes
pour lire les etiquettes (écrites en tout petit)
,Mieux on aurait même le temps de rapporter
la boite de thon péchée hors zone ;
*
Bon c'est vrai je rêve un peu .Qouique ?

Portrait de Les Chats

à zénon denon 84 Portrait de zénon denon 84 De Les Chats

En grève du zèle contre le nettoyeu... | 09H58 | 14/09/2008 | Permalien

Mais non on ne retrouverait pas la queue en payant par chèque, vu que la plupart des magasins passent le chèque dans une machine qui le rempli du montant dû, il n'y a plus qu'à le signer et présenter ses papiers.
La seule différence c'est que la caissière note les références du document d'identité, certains magasins prennent même une copie de votre identité une bonne fois pour toute (je crois).
D'ailleurs je me demande si c'est bien légal de prendre une copie d'une pièce d'identité, je croyais qu'à part le titulaire, il n'y avait que la police qui avait le droit.

Portrait de Keldan

à zénon denon 84 Portrait de zénon denon 84 De Keldan

Polytoxicomane à temps partiel | 13H56 | 15/09/2008 | Permalien

Là c'est moi qui dois rêver, trouver un type qui regrette les chéquiers…

On met dix ans pour payer, ça prend de la place, ça s'abîme cent fois plus vite qu'une carte, ça craint l'eau, des fois il faut écrire à la main dessus (une véritable torture), une fois le carnet fini c'est toute une galère pour en récupérer un et il n'y a aucune sécurité (j'ai déjà fait signé un de mes chèques par le destinataire et la banque n'a même pas bronché).

Mais j'ai une grande nouvelle qui va te réjouir : tu peux encore payer par chèque et faire tout ce que tu as indiqué dans ta liste.

Portrait de Danielle29

De Danielle29

16H56 | 13/09/2008 | Permalien

Et l'on voudrait maintenant nous faire croire que, « grâce au président de la République », le « brouillon » d'Edvige va être revu et corrigé ? Pour qui nous prend-on ?
Il est évident que Sarkosy en a été l'initiateur, et que cela n'est que simple (simpliste ? ) stratégie politique que d'arriver dans la tempête pour appeler ses ministres « à la raison et à la cohérence » avec l'habit du sauveur : le test est râté, des citoyens et des élus se sont mobilisés, faisons marche arrière…Ce n'est pas la première fois que ce processus est utilisé par ce gouvernement.
Il y a une soixantaine d'année, certain en avait fait son ordinaire politique.

Portrait de Redab

De Redab

17H12 | 13/09/2008 | Permalien

A force d'ignorer, de mésestimer les transformations fragmentées introduites par l'informatique dans notre Société, il se pourrait qu'elle tombât dans un trou noir que même les plus nazis ne pouvaient imaginer.

Oui l'informatique avec les cartes bancaires nous fait gagner du temps dans les queues par rapport aux chèques. Oui elle nous fait gagner du temps pour réserver des billets de train.

Mais ce ne sont que des situations particulières. Avec ces facilités arrivent des situations d'une toute autre ampleur.

L'informatique amène une certaine transparence, jamais égalée plus tôt ! Qu'en fait-on avec Edvige ? De tout temps dans toute démocratie, il y a eu une police et un service de renseignements. Que signifie la place de ce service de renseignements dans une démocratie informatisée ?

Actuellement le projet Edvige apparaît malheureusement comme une simple traduction des fichiers existant avant sur un support informatique ! Navrant !
Mais les critiques sont aussi du même ordre ! Paresse !

Les enjeux sont d'une autre nature.

Il ne s'agit pas seulement des usages, des contrôles par des magistrats, des interconnexions entre fichiers comme Edvige et Cristina.

Les questions sont plus profondes : il faut revenir sur les rôles de la police dans une démocratie, sur les situations qu'elle affronte, sur les informations dont elle aurait besoin, professionellement. On ne peut faire l'économie de cette refonte de la démocratie du fait des déploiements informatiques.

Toute la conception d'Edvige date du siècle dernier, et cela est vraiment gravissime.

Portrait de Bourgade

De Bourgade

journaliste | 20H35 | 13/09/2008 | Permalien

Il me semble que la mise en place de ce fichier a un contenu politique qui n'a pas été suffisamment analysé. C'est le même gouvernement, qui représente les intérêts des super-riches - au point d'oser afficher sa collusion avec un culot que l'on n'avait jamais vu jusques-là en république -, qui rabote le droit de grève et n'a jamais caché son intention de détruire le code du travail, qui met en place les outils dont il a besoin pour fliquer le mouvement social : militants, syndicalistes, responsables associatifs, étudiants, lycéens…etc.

Contrairement à ce que l'on dit souvent, l'opposition existe dans ce pays. Elle est tenace, dynamique et combative. C'est le mouvement social. Je vous épargne la liste des nombreux exemples de cette lutte permanente contre la mise en coupe réglée du pays par les intérêts supérieurs du profit et de la spéculation. Certes, elle ne trouve pas sa traduction politique. Mais elle existe. (A mon sens, on ne peut rien comprendre de la crise du PS sans s'intéresser à ses relations avec le mouvement social, à sa sociologie.)

Au delà de la formidable machine à produire de la démagogie - les fonctionnaires, les privilégiés, les chômeurs, les immigrés, la dette et toutes ces conneries - qui l'a fait élire en carburant à plein régime sur toutes les antennes et dans toutes les colonnes depuis 15 ans, la promesse électorale de Sarkozy à ses copains, la fameuse rupture, ce n'est rien d'autre que cela : briser une fois pour toute l'échine de la seule véritable opposition aux intérêts des super-riches.

Ce qui est inquiétant à mon avis, c'est que l'on voit bien que ces gens qui dirigent le pays et captent une part toujours croissante des richesses qu'il produit supportent de moins en moins les contraintes de la démocratie et de l'état de droit, en tant qu'instrument de la résistance sociale à l'ordre qu'ils appellent de leurs voeux. Les dernières élections nous ont ainsi offert le spectacle d'une simple course de chevaux ou le pronostic hippico-sondagier tient lieu désormais de débat démocratique. Le peuple veut donner son avis ? Pas d'inquiétudes, Arlette Chabot est là pour concocter un échantillon représentatif des victimes collatérales du système - chômeurs, précaires, petits patrons et artisans et même handicapés (pour l'émotion) - et autres représentants patentés de la « France d'en bas » livrés à l'exercice affligeant de la doléance clientéliste et consummériste. Le référendum sur la constitution européenne ? Mais qui sont les imbéciles qui ont imaginé que l'on devait demander son avis au peuple ? (Les irlandais, quelle belle bande de salopards ingrats, n'est ce pas ? ) La liberté de s'opposer à la chasse aux immigrés ? On criminalise le soutien aux sans papiers. La liberté de dire ce que l'on veut - et même, pourquoi pas, n'importe quoi - et surtout son opposition à la liberté d'écraser, piller, licencier, expulser : on lâche, pour faire taire son monde, la police de la pensée, l'armée des pitres et tartufes, éditorialo-moralistes, pseudo-journalistes, aboyeurs professionnels, chroniqueurs cool et autres penseurs éclairés de la démocratie moderne.

En fait de modernité, revoilà la fille aînée de l'église et les racines chrétiennes de la France ; l'union sacrée et l'émotion patriotarde - Arlette Chabot, toujours - dans la guerre « contre-insurrectionnelle » en Afghanistan ; la virilité perdue de la gent masculine ; l'autorité parentale en crise et que sais-je encore… La liste est longue des impostures de cette soi-disant modernité qui a le bon goût des idées les plus réactionnaires de la bourgeoisie pudibonde et bigote du 19ème siècle. Je vous l'épargne.

Pour conclure - et oui, tout arrive à qui sait attendre - la démocratie n'a rien à faire avec les bons sentiments et la morale. C'est un processus dynamique et historique étroitement lié à la lutte politique pour le progrès et la justice sociale. (Si l'on avait attendu que les riches inventent la démocratie, on en serait toujours au suffrage censitaire entre gens bien nés). C'est cela que le sarkozysme veut foutre en l'air et c'est pour cela que l'on a besoin de moderniser les « fichiers » : pour resserrer les mailles du flicage, abonder les moyens de pressions et affuter les armes de la calomnie. Le reste, à mon avis et ça n'engage bien entendu que moi, ce n'est que des belles paroles et de la mauvaise télévision…

Portrait de droits_de_l_hommiste

De droits_de_l_hommiste

17H32 | 13/09/2008 | Permalien

Je trouve tout à fait désolant que l'auteur de l'article tombe dans le tour de prestidigitation monté par N. Sarkozy. On attire l'attention sur le fichage des personnalités politiques, économiques, syndicales, religieuses, et l'on discute : de toutes façons, il y a toujours eu une police politique et des fiches politiques, faut-il ou non y mettre les orientations sexuelles et le patrimoine, etc…
Leurre que tout cela. Avec la complicité de la classe politique, PS en tête, je pense que le gouvernement va édulcorer le fichage politique, et dire ainsi qu'il respecte les libertés publiques et qu'il a tenu compte des soucis exprimés par les pétition.
En fait il n'en est absolument rien. Ce à quoi tient vraiment le président (je le dis parce qu'il l'a dit) c'est le fichage sécuritaire en particulier des jeunes de banlieue.
Ce fichage s'appuye sur un texte absolument inouï puisqu'il permet de ficher toute personne « susceptible de porter atteinte à l'ordre public ». Qui est « susceptible ? “ A la police aux ordres du gouvernement pas forcément démocratique de décider.
Je trouve que discuter à perte de vue du fichage des RG et des hommes politiques est se faire abuser par le prestidigitateur.
Ce qui compte vraiment c'est le retrait pur et simple du fichage de toute personne ‘susceptible’.

Vous avez aimé cet article ? Achetez votre plaque et soutenez l'indépendance de Rue89

Appelez le 08 99 78 00 93 (1,68 € / appel)

Envoyez « RUE » par SMS au 81027 (1,5 € / SMS)

En savoir plus

Accrochez une plaque Rue89 sur votre page de membre et dans vos commentaires. Votre plaque, qui comportera votre numéro de riverain, apparaîtra pendant un mois.

123456
Rentrez le code que vous recevrez dans le cadre ci-dessous pour activer votre plaque

Connectez-vous pour entrer votre code