Plus qu'une entreprise, le constructeur automobile est un symbole national qui périclite. Décryptage en images.

« On a fait pas mal de route ensemble et ce n'est pas prêt de s'arrêter. » La pub pour le dernier 4X4 de Renault célèbre le lien très particulier unissant, depuis plus d'un siècle, le constructeur et les Français.
Pas sûr que les salariés du groupe en apprécient le slogan. Pour six mille d'entre eux, la route s'arrêtera en avril 2009, à l'expiration d'un plan de départs volontaires. Et pour le grand public aussi, ce slogan prend aujourd'hui un sens particulier.
Car Renault est plus qu'une entreprise : l'ancienne Régie reste un symbole national, même si l'Etat n'en détient plus que 15 %. « C'est une histoire amoureuse avec les Français », résume Robert Zarader, président du cabinet de conseil Equancy & Co et co-auteur de « La Bêtise économique » (éditions Perrin), un livre se penchant sur des cas similaires, comme celui de LU-Danone. Décryptage et retour en images avec l'INA.
La fierté nationale
Nationalisé au lendemain de la guerre, Renault devient vite une source de fierté nationale, commente Robert Zarader :
Cette fierté s'exprime ainsi en 1966, à la sortie de la millionième 4L.
La « réussite mondiale » de Renault sera consacrée en 1999, lorsque le constructeur français se porte au secours du géant japonais Nissan, dont Carlos Ghosn prend la direction. Le numéro deux de Renault remplit pleinement sa mission grâce à une gestion serrée des coûts et des effectifs. Une méthode qu'il entend désormais appliquer en France.
La mémoire de la gauche
« Solidarité avec les travailleurs » : en mai 1968, c'est évidemment à l'usine Renault de Boulogne-Billancourt que les étudiants du Quartier latin tentent d'établir la jonction avec la classe ouvrière. Les chaînes de montage s'arrêtent, les ouvriers spécialisés rêvent d'autogestion.
Billancourt, c'est aussi les grandes grèves de 1947, en soutien au Parti communiste, les harangues de Sartre devant les grilles, ou la mort en 1972 du militant maoïste Pierre Overney, tué par un agent de sécurité alors qu'il tentait de pénétrer dans l'usine. L'histoire de Renault sera marquée par un autre événement tragique : en 1986, le président de la Régie, Georges Besse, est assassiné par le groupe d'extrême-gauche Action directe.
La fin des illusions
Mars 1992 : la dernière voiture sort des chaînes de Billancourt. Cette fermeture était prévue de longue date. Mais, cinq ans plus tard, celle de l'usine de Vilvorde, en Belgique, provoque un véritable électrochoc. Chez les salariés du groupe, qui organisent une grève à l'échelle européenne, mais aussi dans l'opinion publique.
Le contexte électoral (avec la dissolution de l'Assemblée nationale par Jacques Chirac) exacerbe les passions : Renault ferme ses usines historiques mais s'implante en Europe de l'Est ou en Amérique du sud. Le débat sur la mondialisation et les délocalisations est lancé.
Un groupe mondialisé
Pour Robert Zarader, un facteur nouveau atténue l'image franco-française du constructeur : la personnalité de Carlos Ghosn, arrivé à la tête du groupe en 2005. L'image de ce « cost-killer » est très éloignée de celle de son prédécesseur, l'énarque Louis Schweitzer :
« Carlos Ghosn est à la fois brésilien et français, même un petit peu japonais avec son passage chez Nissan. C'est un personnage mondial. »
Un personnage très médiatisé depuis son arrivée chez Nissan.
Renault serait-il aujourd'hui prisonnier de son histoire ?
« Les racines d'une entreprise peuvent être un avantage, mais aussi un handicap », estime Robert Zarader :
Il n'est pas évident que cet équilibre puisse résister à la stratégie de Carlos Ghosn.
Photo : au salon de l'automobile en septembre 2000 (Jack Dabaghian/Reuters).


















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De padiran
Chroniqueur mondain | 17H59 | 11/09/2008 |
Le problème de RENAULT est le même que celui de tous les constructeur Européens ou Américains, pérenniser la fabrication en masse de voiture « moyenne gamme » à 25000€ en prix de base parce que c'est là que se situe leurs meilleurs marges (donc de meilleurs profits pour l'actionnaire)
A grand renfort de marketting vantant des qualités maintes fois rabachées, ils poursuivent la fabrication de produits dépassés.
Les consommateurs, conscient de son pouvoir d'achat en baisse et du coût des carburants en hausse préfèrent la LOGAN et autres petites cylindrées pour leurs déplacements journaliers.
Les pays asiatiques sont très réactifs en matière de renouvellement de leur produits et sont beaucoup plus à l'écoute des besoins des consommateurs dans le monde entier.
Les rieurs d'aujourd'hui sur les voitures Chinoises et bientôt Indiennes sont les mêmes que ceux qui faisaient des gorges chaudes lors de la mise sur le marché des voitures Japonaises et Coréennes
Les constructeurs Américains de voitures sont au bord du précipice à cause de leur total aveuglement sur les besoins réels de leurs compatriotes, espérons que nos constructeurs retrouvent la vue et le bon sens pour adapter rapidement leurs produits à notre bourse et à nos besoins
De Choucroute
20H19 | 11/09/2008 |
Renault est devenue une société privée capitaliste comme une autre. Elle ne bénéficie plus de cette image de laboratoire social qui était la sienne depuis l'après guerre et qui était un puissant levier commercial. cette image lui permettait d'avoir un plus par rapport aux autres marques. Renault a accompagnée l'évolution de la société avec des modèles qui ont permis à de nombreux salariés modestes de rouler en voiture. Aujourd'hui Renault est considérée comme les autres marques ni plus ni moins.Alors c'est certainement la fin d'une histoire d'amour. Mais ce n'est pas propre à Renault. Aujourd'hui le consommateur n'a plus le réflexe citoyen et achète le meilleur rapport qualité prix, l'origine du produit importe peu.
De Nossireh
servir la vérité n'est pas la possé... | 07H14 | 12/09/2008 |
Le premier problème de Renault, c'est d'abord la qualité des voitures (je ne parle pas du haut de la gamme).
J'ai roulé Renault durant des années, à partir de 150 000 KM mes Clio ont commencé à avoir beaucoup de problèmes.
Le deuxième problème de Renault, c'est son réseau. Une de mes Clio est resté un mois et demi au garage … ils n'arrivaient pas à trouver la panne (une panne électronique)et ma voiture était encore sous garantie. Je l'ai finalement sortie du garage pour l'amener chez un spécialiste en électronique auto … en 10 minutes il a trouvé la panne … il a juste fallu encore 4 jours pour faire venir la pièce de chez Renault et encore 15 minutes pour faire la réparation.
Aujourd'hui, je roule japonais … et je suis très content.
De Triquoise
rouge de honte | 08H10 | 12/09/2008 |
Je ne suis pas spécialiste, alors quelqu'un pourrait-il m'expliquer la raison de la situation suivante :
à la recherche d'un véhicule, j'ai prospecté pour une Renault (entre autre). J'ai fait une demi-douzaine de concessionnaires, et les prix, même négociés, sont pratiquement les mêmes partout.
Sur les conseils d'un ami, je suis allé voir un « mandataire » qui m'a proposé exactement le même modèle (venant d'Italie) 30 % moins cher (sur du neuf).
Du coup, je me pose bêtement la question de savoir pourquoi les voitures françaises sont plus chères en France qu'à l'étranger.
De richy
09H02 | 12/09/2008 |
Quel est le véritable problème de Renault ?
La fiabilité et la durée de vie de leurs véhicules, je m'explique : étude de l'automobile club usa aaaa,corroborée par l'étude de 60 millions de consommateurs, véhicule le plus fiables(calcul du nombre de pannes par 100 000 km), en tête les Japonaises, Honda Mazda Toyota (pratiquement pas de panne) ; Renault est très trés loin derrière pourquoi :
Dès la pensée du véhicule le problème commence, les Japonais pensent un véhicule dans son ensemble car ils vont le vendre à plusieurs millions d'exemplaires sur plusieurs années voir une décennie,donc dés la conception toutes les pièces sont conçues étudier pour une fiabilité totale, de plus tout est fait en interne pratiquement pas de sous-traitante en cas de problème , on règle le problème en interne on a donc accès immédiatement au service d'autres par les Japonais ont une mentalité qui les amène à vouloir faire mieux que le maître,
À l'inverse chez Renault on conçoit le véhicule la manière suivante assemblage de pièces disparates, provenance de chez les sous-traitants qui eux-mêmes sous-traitent chez d'autres sous-traitants dont on ignore tout et sur lesquels on n'a aucune réactivité, du simple fait que les pièces proviennent sur les sites et sont montés immédiatement (flux tendus) donc si la pièce n'est pas de qualité on la monte quand même, d'autre part comme les sous-traitants sont amenés à fournir les pièces à des prix défiants toute concurrence, vous imaginez la qualité de ses pièces, maintenant Renault externalise même la conception des pièces ! !
Problème suivant les méthodes de vente, créer l'événement, renouveler en permanence la gamme avec de nouveaux véhicules, ce qui oblige en permanence à modifier des chaînes de montage et à mettre la pression sur les bureaux d'études pour sortir de nouveaux modèles comment voulez-vous qu'un nouveau modèle à peine sorti le modèle suivant étant déjà prêt à sortir « arriver à fiabiliser les véhicules
De le soudanais
ici et là | 09H04 | 12/09/2008 |
Né dans les années 70s, je ne me sens aucune affection particulière pour Renault, ni même Peugeot ou Citroën, si un jour je dois acheter une voiture (fortement improbable), la marque sera un critère secondaire, en revanche l'impact écologique ou le coût seront importants. Et puis pourquoi acheter neuf, je suis effaré par les publicités qui déclarent qu'une voiture pour 7000, 8000 ou 15000 euros c'est donné, je ne comprends pas… ! Il y a suffisamment de voitures qui encombrent nos rues pour éviter d'en rajouter une autre !