Une étude du Fonds de financement de la Couverture maladie universelle (CMU) révèle ce mercredi 1er juillet 2009 qu'un quart des médecins parisiens refusent les patients affiliés à la CMU. Leur panel comprend des dentistes, des généralistes et des spécialistes. En septembre 2008, Rue89 avait fait son propre testing auprès de 71 cabinets en médecine générale, gynécologie et ophtalmologie. Dans certains secteurs, le taux de refus pouvait grimper à 40%.

(De nos archives) Roselyne Bachelot poursuit sa mise au pas des médecins libéraux. Après avoir imposé un devis pour tout acte dépassant 70 euros, le cabinet de la ministre de la Santé a annoncé mardi un avant-projet de loi pour sanctionner les praticiens qui refusent de soigner les patients bénéficiant de la Couverture maladie universelle (CMU).
Le texte ne sera présenté qu'en octobre en Conseil des ministres mais il indique que « plusieurs dispositions encadrent et répriment déjà le refus de soins mais il est nécessaire d'interdire très clairement la discrimination pour raisons financières ou sociales ». De fait, les sanctions restent rares, alors qu'il est illégal de refuser un patient au prétexte qu'il dépend de la CMU. Ce qui est tout de même le cas de 4,8 millions de personnes, pour qui la loi prévoit qu'aucun dépassement d'honoraire n'est applicable.
En pleine embardée contre les dépassements d'honoraires, Roselyne Bachelot a décidé de hausser le ton. D'abord en permettant aux Caisses primaires d'assurance maladie de pratiquer des testings auprès des praticiens. Ensuite, en cas de preuve d'un refus de soin, les CPAM pourront prendre des sanctions financières. Et même interdire au médecin tout dépassement d'honoraires à l'avenir s'il récidive.
Pour enfoncer le clou, la ministre de la Santé menace même de rendre ces décisions publiques « parce que le refus de soins est un acte grave ». Le cabinet de la ministre rappelle qu'une enquête téléphonique réalisée « à l'aveugle » dans dix villes de France par l'ONG Médecins du monde en 2006, s'était révélée édifiante : 14 % des médecins déclaraient alors refuser de recevoir des patients CMU. Un chiffre qui grimpait jusqu'à 41 % pour les spécialistes de secteur 2 (conventionnés mais autorisés au dépassements d'honoraires).
Ayant pris connaissance de cet avant-projet de loi ce mardi après-midi, Rue89 a décidé de faire son propre testing téléphonique dans quatre arrondissements parisiens aux réalités sociologiques très variées, du Ier au XXe en passant par le VIIe et le XVIIIe. Deux heures plus tard, 71 cabinets médicaux avaient répondu, dans trois spécialités différentes (médecine générale, ophtalmologie et gynécologie). A chaque secrétaire ou médecin lorsque ce dernier répond en personne, j'ai donné la même version - simplissime :
« Je viens d'arriver dans le quartier et je suis à la recherche d'un médecin. Mais je voulais savoir si vous preniez les patients à la CMU puisque c'est mon cas. »
Voici, spécialité par spécialité, les résultats glanés en 71 coups de fil :
Médecine générale
Au total, trente cabinets contactés. Dans le XXe arrondissement, un médecin sur sept m'a éconduit, pas bavard pour expliquer le sens de son refus. D'autres, acceptant, en ont profité pour glisser au passage « encore heureux : personne n'a le droit de vous refuser, mademoiselle ! »
Dans le Ier arrondissement, un médecin sur huit a également refusé ma demande, arguant que son cabinet n'était « pas équipé pour ». Mauvaise réponse : les praticiens qui ne se sont pas procuré de boîtier pour la carte vitale peuvent très bien remplir un formulaire papier, ce que précise d'ailleurs une de ses consœurs qui tacle volontiers les pratiques moins vertueuses.
A l'extrémité nord de Paris, le XVIIIe, quartier largement populaire du côté de la Goutte d'Or et des boulevards des Maréchaux… mais plus cossu vers Montmartre. Aucun des sept généralistes appelés n'a refusé « mon » dossier… ex aequo avec le très chic VIIe arrondissement, où tous les généralistes disent recevoir des CMistes sans ciller.
Ophtalmologie
Chez les spécialistes des yeux, il en va autrement : 19 cabinets contactés, pour un total de 5 refus francs… et quelques explications alambiquées. Ainsi, dans le XXe, un ophtalmo sur cinq a refusé de me recevoir en apprenant que j'étais à la CMU. Dans le VIIe, ils étaient deux dans ce cas-là, mais prenaient soin de m'aiguiller vers un un dispensaire.
Dans le XVIIIe, un des deux praticiens réfractaires reconnaissait qu'il ne recevait personne à la CMU dans son cabinet libéral… mais se flattait de recevoir « gratuitement et pour la même qualité comparable depuis 25 ans à l'hôpital ». Attention quand-même : pour les patients CMU, ça se passe uniquement le jeudi après-midi et à l'autre bout de Paris, dans le XIIe arrondissement. Plus difficile, enfin : trouver un ophtalmologiste dans le très central Ier arrondissement. Pour une demi-douzaine de coups de fil, seuls trois cabinets ont répondu, dont un réfractaire.
Gynécologie
Trouver un gynécologue conventionné qui ne fasse pas de dépassements d'honoraires à Paris est réputé galère. Ça se confirme à plus forte raison pour les bénéficiaires de la CMU. Sur 22 gynécologues, huit ont fermé leur porte. Dans le Ier arrondissement, seulement un sur cinq accepte franchement. Deux refusent carrément, tandis que deux autres cabinets précisent soit que le même médecin fait une consultation à l'hôpital, soit que « c'est uniquement l'après-midi quand on est à la CMU ».
Dans le XVIIIe, une gynéco refuse mais aiguille en douceur vers deux consœurs qui consultent gratuitement et trois acceptent aussitôt. Une seule refuse mais sa secrétaire « croit savoir » qu'elle intervient « quelque part en milieu hospitalier ». Dans le XXe arrondissement, il semble plus simple de trouver un gynécologue CMU-compatible : quatre acceptent et le dernier explique qu'il consulte dans un centre de Santé trois demi-journées par semaine.
La palme du refus revient dans cette spécialité au VIIe arrondissement, plutôt accueillant dans les deux autres catégories : seulement deux oui francs pour cinq appels, un refus assorti d'excuses de la part de la secrétaire qui soupire -« C'est un cabinet privé, vous savez“- et une gynéco qui décroche elle-même pour expliquer qu'elle a trop de monde et se cantonne aux problèmes d'infertilité. On termine en beauté avec cette secrétaire qui commence par une explication tortueuse :
‘Humm… voyez avec elle directement… ça dépend… elle seule peut décider de vous accepter, rappelez quand elle est joignable à partir du 1er octobre’.
Pour finir par poser la question qui tue : ‘Comment ça, vous ne travaillez pas du tout ? Oh mais d'ici le 1er octobre, vous aurez sûrement trouvé du travail ! ’ Photo : Consultation dans un hôpital de Mexico (Daniel Aguilar/Reuters).
Photo : consultation dans un hôpital de Mexico (Daniel Aguilar/Reuters), rien à voir avec Edwy Plenel.
► Article resorti de nos archives le 01/07/2009 après la publication de l'enquête du Fonds de financement de la CMU.
























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à bakirez
De orties
11H21 | 10/09/2008 |
@ Bakirez
Je connais, non pas ce centre (et il me faudrait 1 h 1/2 pour m'y rendre), mais le quartier en question, dans lequel des bobos voisinent avec des personnes en situation précaire (les plus nombreux). Et je ne suis pas « CMUiste ».
Pourquoi les patients pauvres (CMUiste) doivent-ils absolument aller dans un centre de soins où il y aura des heures d'attente - vous savez bien que ces centres ne sont pas assez nombreux - alors que la LOI OBLIGE les médecins à les soigner à leur cabinet (si c'est possible) sans qu'ils déboursent un centime ?
De michel 13
| 21H54 | 09/09/2008 |
Trop souvent ce n'est pas au patient que s'intéresse le médecin, mais à son fric. Eh oui, ma pov » dame, faut bien vivre alors la CMU, je préfère laisser ça aux autres…
De nidolga
Retraité | 22H01 | 09/09/2008 |
Bonsoir,
Voir mon blog sur la pauvreté et ses conséquences, (2ème partie) l'article consacré à la CMU-C.
http://anidom.blog.lemonde.fr/
à nidolga
De bakirez
medecin | 22H29 | 09/09/2008 |
je suis impressionné par la densité de sensibilité à l'article !
est-ce un débat politique partisan qui ne m'intéresse pas du tout car mon seul « parti » est le vôtre ou est-ce
essayer d'avoir une vue pyramidale de la santé et essayer de prendre conscience de sa responsabilité propre en toutes circonstances,..l'humilité est tellement flamboyante ! elle m'a ébloui plus d'une fois !
à bakirez
De orties
11H26 | 10/09/2008 |
@ Bakirez
La solidarité, c'est un gros mot, pour un grand nombre de médecins (pas tous, c'est encore heureux) ? Où en est leur fameux « dévouement » ?
1) Dans les grandes villes, ils n'assurent plus de gardes de nuit, ils les laissent à des groupes privés, ce qui a pour conséquence que le malade est vu par quelqu'un qui ne connaît pas ses antécédents (vous savez comme moi que ce n'est pas anodin)
2) Nous avons déjà parlé des dépassements, la plupart du temps scandaleux
3) On leur a fait un pont d'or pour qu'ils s'informatisent (pourtant leurs moyens leurs permettaient de le faire sans faire payer la collectivité). Il leur a fallu plusieurs années pour s'y mettre
4) Et maintenant, ils refusent de soigner les pauvres alors qu'ils sont tout de mêmes payés pour cela (mais sans dépassement)
Ajoutons qu'ils s'installent où bon leur semble (de préférence là où ils espèrent pouvoir gagner beaucoup d'argent dans des conditions confortables) ce qui entraîne une inégalité (injuste) de leur répartition géographique : j'habite une ville de 15000 habitants près de Paris, et nous avons 9 médecins généralistes et à peu près autant de spécialistes ! ! !
Alors quand vous évoquez une responsabilité, pensez à la votre (les médecins, pas forcément vous, quoique …). Les patients ? Ils peuvent être éduqués, par leur médecin, entre autres.
à bakirez
De orties
11H37 | 10/09/2008 |
Désolée, c'était un doublon
De Taedium vitae
Citoyen, tant d'Europe que du Monde | 22H23 | 09/09/2008 |
Bravo pour cette enquête, qui inquiète un peu et rassure beaucoup, au moins quant aux généralistes, les médecins les plus proches du patient, ceux pour qui le serment d'Hippocrate a le plus de sens (« encore heureux : personne n'a le droit de vous refuser, mademoiselle ! »).
Les spécialistes, eux, devraient réfléchir aux motivations qui les ont poussés à choisir une spécialité après leur cursus de médecine générale : désir de soigner au bout du possible, ou simple désir de d'argent et de notabilité XIX° siècle-esque, au sens de Maupassant ou de Balzac.
Juste, toutefois, (pardon ! ) un petit conseil à la rédactrice (ou au correcteur (ice) : l'usage d'un dictionnaire (« conseur » pour consoeur) et d'une grammaire (« un des deux praticiens réfractaires reconnaissait » pour « un des deux praticiens réfractaires reconnaissaient », entre autres), rendraient vos articles plus percutant encore, en ôtant aux emmerdeurs de mon espèce toute possibilité de râler.
A part cela, bravo !
De désabusée
22H41 | 09/09/2008 |
« un des deux praticiens réfractaires reconnaissaient »
UN (des deux praticiens) reconnaissait,un sur les deux reconnait et non pas les deux qui reconnaissent.
De geff
22H43 | 09/09/2008 |
bravo pour ce travail !
De RODSCA
médecin | 22H44 | 09/09/2008 |
Alors ça y'est ! on a trouvé le bouc émissaire des difficultés de l'accés aux soins :
le médecin de secteur 2 cupide fainéant et raciste vis à vis des pauvres.
C'est facile il suffit de suivre la campagne de presse actuellement en cour.
Sauf que si on réfléchit…
Les dépassements d'honoraires ne sont pas remboursés par la sécu donc n'entrent pas dans son déficit.
La pénurie des médecins a été organisée, PLANIFIéE par l'Etat et l'utilisation du numérus clausus pendant des années (raisonnement d'énarque : moins de médecins donc moins d'actes donc moins de déficit… heu ? et les malades ? ? ? ).
Il existe des structures publiques ou mutualistes avec des consultations de secteur 1 qui sont à la disposition des malades dans chaque arrondissement parisien mais il est fréquent que les patients prennent rendez vous et ne s'y présentent pas ; ils bloquent ainsi la place d'autres patients (et oui chacun sa responsabilité dans l'accés aux soins).
Pour les campagnes CF plus haut la pénurie
Il serait plus intelligent de demander aux praticiens libéraux d'assurer quelques heures de consultations dans ses structures et de laisser les patients et les médecins qui se font confiance dans les cabinets libéraux.
à RODSCA
De michel 13
| 23H14 | 09/09/2008 |
Rodsca votre propos ne répond pas du tout à l'article montrant que de nombreux médecins refusent la CMU. Pour des questions de fric et d'image de marque. Il ne sert à rien d'argumenter comme vous le faites sur la Sécu (certes, c'est le patient qui paie les dépassements d'honoraires) ni sur la pénurie de médecins. Trop souvent les médecins privilégient leur confort personnel (importants besoins d'argent 4x4, bateau, etc) au détriment de leurs patients notamment les plus démunis. C'est tout simplement le sujet de l'article. Vous vous êtes senti visé ?
à RODSCA
De orties
11H43 | 10/09/2008 |
« Les dépassements d'honoraires ne sont pas remboursés par la sécu donc n'entrent pas dans son déficit. »
Mais ils entrent dans celui du budget des malades = SELECTION PAR L'ARGENT.
« La pénurie des médecins a été organisée, PLANIFIéE par l'Etat et l'utilisation du numérus clausus pendant des années (raisonnement d'énarque : moins de médecins donc moins d'actes donc moins de déficit… heu ? et les malades ? ? ? ). »
Faux : il a été voulu par les médecins (moins il y a de monde pour partager le gâteau, plus les parts sont grosses).
« Il serait plus intelligent de demander aux praticiens libéraux d'assurer quelques heures de consultations dans ses structures »
Vous êtes certains que TOUS accepteraient ? Pas moi.
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 22H58 | 09/09/2008 |
Il y aura des problèmes de coût tant que les médecins seront rémunérés à l'acte ; ce qui a comme conséquence qu'ils ont tout intérêt à ne pas vous guérir trop vite pour vous voir revenir.
Il faudrait prendre le problème par l'autre bout ; payer le médecin tant qu'on est bien portant, et cesser lorsqu'on tombe malade. On guérirait peut-être alors plus vite…
C'était ainsi qu'on pratiquait dans la Chine traditionnelle.
à argiope
De deecurl
| 07H57 | 10/09/2008 |
apparemment vous ne sortez pas de Paris (où la surpopulation de médecins dans les beaux quartiers fait qu'il s'ennuient) ou vous ne connaissez pas de médecins.
ceux que je connais sont submergés de patients, ont des délais de plusieurs semaines, et n'ont pas besoin de faire durer le mal des patients pour gagner correctement leur vie, et en secteur 1 en plus.
à deecurl
De argiope
chatouille ou pique, c'est selon | 10H31 | 10/09/2008 |
Il y a une scandaleuse disparité de densité de praticiens entre les villes et les campagnes (200 médecins pour 100000 hab dans l'Eure, 4 fois plus à Paris) ; cette disparité est justement due à l'attractivité de la ville qui procure plus grand confort et revenu aux praticiens.
L'exercice de la médecine est la seule activité économique dans laquelle plus l'offre augmente, plus la demande augmente.
Le médecin animé plus par l'ambition de s'enrichir que le désir de soigner aura donc tout intérêt à préférer une clinique de chirurgie esthétique à Nice plutôt qu'un cabinet de généraliste à Trifouillis-les-Oies.
Je pensais à ceci dans mon premier post.
à argiope
De Pamir35
Inernaute à mes heures | 10H32 | 10/09/2008 |
Les chinois à l » « époque traditionnelle » était-il moins malades que maintenant. Idée reçu quand tu nous tient…
à Pamir35
De orties
11H45 | 10/09/2008 |
D'après une émission de l'excellente série « le dessous des cartes », il semblerait que oui. En tous cas, ils étaient mieux soignés
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 22H59 | 09/09/2008 |
Les medecins ont certainement beaucoup de defauts.
Peut-etre faudrait-il leur demander ce qu'ils pensent du CMU. Ils y en a effectivement qui gagnent tres bien leur vie (rien a voir avec les grands patrons de l'industrie) mais la majorite a des salaires de cadres superieurs pour des etudes beaucoup plus longues.
Il faut arreter de se monter les uns contres les autres.
Je sais personnellement que, (i) les delais d'attente chez les ophtalmos et les gynecos sont longs (plusieurs semaines), (ii) un medecin m'a dit que cela lui faisait de la paperasse en plus.
à Venezuela
De orties
11H55 | 10/09/2008 |
Les études des médecins sont, certes, longues, mais ils peuvent très tôt(dès la 4ème année)assurer des gardes payées (pas trop, mais enfin ! )au CHU. Les stages d'externat sont (un peu) payés : tout cela mis bout à bout peut permettre de vivre pendant une partie de leurs études.
De plus, elles sont moins difficiles que celles des ingénieurs ou des professeurs agrégés (je sais par expérience personnelle de quoi je parle). Il suffit d'être bosseur pour les réussir.
à orties
De deecurl
| 12H38 | 10/09/2008 |
par expérience personnelle aussi, je suis ingénieur et je rigole bien : j'aurais été incapable de faire médecine. trop long, trop de concurrence et de pression.
je ne me prononce pas sur l'agrégation, je ne connais pas mais il me semble que là, c'est ardu.
enfin je ne sais pas si là est le débat, et puis ça dépend sans doute d'un ressenti personnel.
à deecurl
De orties
15H44 | 10/09/2008 |
J'ai pu comparer, croyez-moi !
De bakirez
medecin | 22H57 | 09/09/2008 |
je suis certainement « naïf » ! ! ! ! ! ! !
je vous souhaite cependant une délicieuse nuit..oubliez cependant « les médecins » et débordez d'amour pour vous-même ! ..pour mieux essayer d'appréhender l'autre
gros bec comme disent les canadiens
PS : notre système de santé,avec ses dérives,est quand même sympa ! ..et perfectible tout comme vous tous et moi !
De Anne-Sophie
Intermitente du spectacle | 23H05 | 09/09/2008 |
« Le lobby tout-puissant des médecins »… je crains que cette forme d'humour ne m'échappe.
J'ai par contre deux questions pratiques : dans quel délai le montant des honoraires est-il reversé aux médecins ? Est-il normal de les mettre en situation de faire cette avance aux patients qui -fort heureusement- reçoivent des soins gratuitement ?
Même chose pour les pharmaciens, etc…
à Anne-Sophie
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 23H12 | 09/09/2008 |
Car pendant ce temps, il faut bien qu'ils payent leurs cotisations sociales, le loyer de leur cabinet, les prets sur leur materiel, leur secretaire, etc…
à Venezuela
De monika
ex secrétaire médicale | 09H57 | 12/09/2008 |
leur secrétaire : certains (pas tous heureusement) font des économies sur le dos des secrétaires, à savoir ne pas majorer les heures supplémentaires !
J'ai cotoyé beaucoup de secrétaires médicales durant ma carrière, la plupart étaient payées au smic !
à Anne-Sophie
De Chloé Leprince
(auteur)
Rue89 | 23H16 | 09/09/2008 |
J'invite nos riverains médecins libéraux à vous répondre ici ou par mail et je repondrai en cas contraire d'ici quelque jours… mais les témoignages sont bienvenus !
à Chloé Leprince
De Millecalottes SARKASTIK
Variable | 11H16 | 10/09/2008 |
Allons, allons, si la démarche est de comprendre pour résoudre cette problématique que je condamne, moins de stigmatisations, me semblerait plus à propos ! Ayons le courage de reconnaitre que les débuts de l'AME et de la CMU furent très laborieux. Faisant l'objet de traitements manuels à l'époque, les professionnels se perdaient dans un méandre administratif, n'ayant pour égal que sa lenteur. Les choses ont heureusement évolué, le système est aujourd'hui au point (et voire parfois plus rapide…) mais il reste à convaincre ceux qui furent échaudés initialement. Faisant abstraction des voyous, s'ils existent, au risque de paraitre moi aussi très « NAIF » ! ! !
Nous payons aussi le prix d'erreurs passées sur la densité médicale qui contraint aujourd'hui les médecins à gérer les files d'attente. Soyons lucide, dans celles-ci, les critères de « tri » existent et sont parfois totalement justifiés comme les urgences, et les « recommandations » des collègues pour des cas beaucoup « plus sérieux », que la « pathologie ordinaire ». Faisant le lien avec l'article d'Amélia Blanchot « Vos solutions pour combler le déficit de la Sécurité sociale » du 5/8/2008 où j'ai eu l'occasion de réagir sur la démographie médicale et les travers à éviter (début de la page 3) :
http://www.rue89.com/2008/08/05/vos-solutions-pour-combler-le-deficit-de…
Je précise que je suis pour le « testing » et les devis gratuits préalables de la Roseline (plus démago que toujours), et même pour la généralisation de ceux-ci dans toutes les professions y compris l'artisanat.
Mais, n'y voyez qu'un trait d'humour SARKASTIK comme toujours ! (Concernant l'artisanat ! )
Bien cordialement
De Immyr
Médecin Généraliste | 08H29 | 10/09/2008 |
Avec la carte vitale, le reversement des honoraires au médecin est extrêmement rapide, entre 4-6 jours maximum, et si la plupart des médecins font comme moi (comptabilité 2-3 fois par mois), la CMU est plus vite reportée sur les comptes professionnelles que les chèques mises en banque.
Par ailleurs le soin n'est pas gratuit. La sécurité sociale existe comme élément de solidarité pour tout le monde et c'est nos cotisations qui la payent. 70% de n'importe quelle consultation et 100% des consultations pour affection longue durée est à son compte et le CMU ne couvre que la part complémentaire que notre assurance complémentaire paye. Donc les gens bénéficiant de la CMU ne bénéficient que d'une cotisation gratuite à une complémentaire.
De Teberli
Enseignant | 23H07 | 09/09/2008 |
Soit Roselyne s'est trompée, soit elle va rejoindre les anti-capitalistes et amener la discussion sur le terrain révolutionnaire.
à Teberli
De Venezuela
vit aux Pays-Bas | 23H10 | 09/09/2008 |
Le gouvernement finance le RSA en taxant les assurances-vie, c'est dans la meme logique.